Adrien VI

Adriaan Florenszoon Boeyens d'Edel, fils d'un menuisier, naît le 2 mars 1459 à Utrecht.
Etudes à l’université de Louvain ; docteur en théologie.
Ami d'Erasme.
Recteur de l’université de Louvain en 1493 et en 1501.
Doyen de l’église Saint Pierre en 1497.
Chancelier de l’université jusqu’en 1507.
Evêque de Tortosa (1516) puis cardinal d'Utrecht en 1517.
Elu pape le 9 janvier 1522 (plus ou moins imposé par Charles Quint dont il fut le précepteur en 1507), il choisit de conserver son nom de baptême (Adrien). Il est intronisé le 31 août.
Adrien (Hadrien) VI est l'unique pape néerlandais et le dernier pape non italien avant Jean-Paul II.
Un chroniqueur contemporain commente ainsi son élection 1 : « Conformément à la décision de Dieu, les cardinaux, jusque-là désunis, ont élus contre leur propre gré Adrien de Tortosa qui n’était pas présent au conclave. C’est un homme tout simple, qui ne s’est distingué jusqu’ici que par la crainte de Dieu ; à Louvain il ne vivait que de science (...) A la nouvelle de son élection il n’a donné aucun signe de joie, mais a soupiré profondément ».
Instruit, charitable, simple, vertueux et zélé, il souhaite réformer l’Eglise pour stopper la montée du luthéranisme.
Il tente de réformer la Curie.
Il essaie de rassembler les princes chrétiens contre les Turcs et ne parvient pas à réconcilier Charles Quint et François Ier.
Il est détesté des Romains dont il hait les statues antiques et dont les mœurs le scandalisent.
Il meurt le 14 septembre 1523 (malaria).

Prophétie de Malachie : Leo Florentius (Le lion de Florent).


1522. 9 janvier, élection du pape. 7 février, le Traité de Bruxelles complète le traité de Worms signé l'année précédente : il reconnaît à Ferdinand, frère cadet de Charles Quint, la possession des cinq Etats des Habsbourg (Autriche, Carinthie, Carniole, Tyrol, Styrie) ; Ferdinand est nommé gouverneur d'Allemagne du Sud, du Tyrol et de Haute-Alsace. 19 juin, Traité de Windsor entre l'empereur Charles Quint et le roi d'Angleterre Henri VIII qui se mettent d'accord pour envahir la France. Epidémie de peste à Rome. France, premier emprunt d’état. Désaccord entre Münzer, partisan du changement religieux et social, et Luther pour qui la religion est en dehors de la politique. Inquisition aux Pays-Bas. Fin août, le pape, venant d'Espagne, arrive à Rome. 6 septembre, retour à Séville de l’expédition Magellan, effectuée pour le compte de l’Espagne, après un voyage de 3 ans ; partie le 20 septembre 1519, elle boucle le premier tour du monde ; un seul des 5 navires, le Victoria, revient, sous le commandement d'El Cano ; il n’y a que 18 survivants (sur 265) ; Magellan a été tué le 27 avril 1521. 21 septembre, caché sous le nom de "Chevalier de Saint-Georges", Martin Luther publie à Wittenberg sa traduction de la Bible en allemand à partir du grec : la Bible de Luther (1510-22) sera condamnée pour 1 400 erreurs de traduction et d’interprétation : la plus notable (corrigée dans les versions modernes) ajoute l’adjectif "seule" dans le verset 28 du chapitre III de l’Épître aux Romains : « l'homme est justifié par la foi SEULE, à l'exclusion des oeuvres de la Loi ». 15 octobre, le conquistador espagnol, Hernan Cortes, est nommé gouverneur général de la Nouvelle-Espagne par Charles Quint. 20 décembre, l’immense armée de Soliman le Magnifique prend Rhodes (qu’elle assiège depuis le 28 juillet) aux Chevaliers Hospitaliers : Soliman leur ayant accordé la vie sauve, le Grand Maître, Philippe de Villiers, et les 160 Chevaliers survivants (sur 300) quittent Rhodes le 1er janvier 1523.

1523. Au début de l'année, Martin Luther fait paraître : De l'autorité temporelle et des limites de l'obéissance qu'on lui doit. 20 janvier, Christian II de Danemark est chassé du trône par l'assemblée réunie à Viborg : son oncle, Frédéric Ier de Danemark, est élu roi de Danemark et de Norvège. 29 janvier, "Dispute de Zurich" : le canton de Zurich est le premier État à se séparer de l'Église de Rome ; à la demande du Conseil de ville, le prédicateur Ulrich Zwingli soutient 67 thèses en présence de plusieurs centaines de personnes et du vicaire général de Constance ; le Conseil de ville approuve ses idées (refus de la doctrine de la transsubstantiation et caractère strictement symbolique du pain et du vin dans la Cène) et décide la suppression des images dans les lieux de culte puis la sécularisation des biens du clergé 2. 18 mars, François Ier crée le Trésor de l'Epargne qui a pour mission de regrouper dans une seule caisse, les recettes et les dépenses de la monarchie. 5 avril, à Pâques, Thomas Münzer introduit la nouvelle liturgie à Allstedt. 7 mai, la révolte des chevaliers allemands, partisans de la Réforme, est écrasée par l’archevêque de Trèves. 6 juin, Gustave Vasa est élu roi de Suède (fête nationale). 8 juin, le savant et humaniste français Jacques Lefèvre d’Etaples publie sa traduction des Évangiles en français : le Nouveau Testament en français qui sera mis à l’index à cause de notes d’inspiration luthérienne. 1er juillet, à Bruxelles, Henri Voes et Jean Van Essem, moines augustins partisans de Luther, condamnés à mort par l’inquisition, sont brûlés vifs. 3 août, le pape prend, contre François Ier, le parti de Charles Quint et d'Henri VIII avec lesquels il s'allie. 8 août, Paris, le moine augustin Jean Vallière est brûlé vif. 8 août, sur le parvis de Notre-Dame de Paris, sont brûlés en autodafé sur ordre de l'évêché, plusieurs livres des théologiens réformistes Martin Luther et de Philipp Melanchthon, traduits et édités par Loys Barquin. 14 septembre, mort du pape. 14 septembre, l'armée française passe le Tessin et marche sur Milan.


Notes
1 Ludwig von Pastor. Histoire de papes depuis la fin du Moyen-Age
2 L’anabaptisme naît à Zurich d’un schisme entre Zwingli, réformateur du canton, et certains de ses disciples ; les anabaptistes pratiquent le baptême des seuls adultes sur profession de leur foi, d’où le nom de "re-baptiseurs" (anabaptistes) donné au groupe, puisque tous ses membres ont déjà été baptisés enfants ; les intéressés refusent quant à eux toute valeur à ce premier baptême ; ils s’appellent "frères" et l’habitude a subsisté de désigner les anabaptistes pacifiques suisses par le vocable de "frères suisses" ; c’est le seul des mouvements anabaptistes du XVIe siècle à avoir une descendance dans les assemblées mennonites.

Sources


Liste des papes


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; toute reproduction à but non lucratif est autorisée.

Date de mise à jour :
11/11/2017
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