Benoît XIV

Prospero Lorenzo Lambertini naît dans une illustre famille, le 31 mars 1675, à Bologne. Il étudie la théologie, le droit canonique et le droit civil et devient avocat consistorial.
Chanoine de Saint-Pierre en 1712, archevêque de Théodosie in partibus en 1726, évêque d’Ancône en 1727, il est cardinal en 1728 et archevêque de Bologne en 1731.
Après la mort du pape Clément XII, le conclave, divisé en factions, se trouve dans le plus grand embarras pour lui choisir un successeur, lorsque le cardinal Lambertini lance, avec son enjouement ordinaire, à quelques-uns de ses collègues : « Eh ! Pourquoi vous consumer ici en vaines discussions ou en recherches ? Voulez-vous un saint ? Nommez Gatti ; un politique ? Aldovrandi ; un bon homme ? Prenez-moi ! ».
Elu le 17 août 1740, il choisit le nom de Benoît ; il est intronisé le 25.
Benoît XIV se définit lui-même d’emblée comme un honnête homme. Il est vertueux et charitable.
Il encourage le commerce (dont il protège la liberté) et l’agriculture, mais reste cependant très conservateur pour ce qui concerne les réformes liturgiques.
Erudit, il fréquente les grands auteurs : Dante, l’Arioste et le Tasse.
Passionné de littérature, il est resté célèbre pour sa grande ouverture d'esprit et son intérêt pour le siècle des Lumières et son esprit libertaire.
Personnalité à multiples facettes, il excelle dans l’art de la concession et du compromis qu’il érige volontiers en principe au cours de ses négociations.
Il écrit des ouvrages de droit canon ; il précise : « Il ne faut pas dire, Immaculée conception de la bienheureuse Vierge Marie, mais Conception de la bienheureuse Vierge Marie immaculée. »
Benoît XIV prend position contre l'Assomption dans De festis Domini Nostri Jesus Christi et Beatae Virginis Mariae : « L'Assomption de la bienheureuse Vierge n'est pas un article de foi... les textes de l'Ecriture que l'on a l'habitude de citer en sa faveur peuvent être interprétés autrement et la tradition ne suffit pas pour élever cette doctrine au rang des articles de foi... ».
Il consacre le Colisée au culte des martyrs.
Il entame plusieurs réformes, particulièrement celle de l’Inquisition (il abolit l’inquisition en Toscane et réforme la congrégation de l’index en la rendant plus circonspecte dans ses condamnations) et se heurte à la résistance de la Congrégation de la Sainte Inquisition qui le contredit et même intrigue contre lui [sur sol lit de mort, on tente de lui faire signer l’élévation au cardinalat de son adversaire le franciscain Ganganelli (il sera pape sous le nom de Clément XIV)].
Benoît XIV impose aux Juifs le port de la rouelle.
En 1751, pour contrer les accusations pernicieuses de meurtre rituel en Pologne, Jacob Zelig, diplomate juif, se rend auprès du pape pour le convaincre de faire pression sur le clergé local afin qu'elles cessent. Le pape charge alors le cardinal Ganganelli d'une enquête qui parvient à la conclusion que les accusations sont sans fondement et malveillantes.
Benoît XIV rédige plusieurs bulles et encycliques destinées à réglementer les mariages mixtes (entre protestants et catholiques) et à mettre fin aux querelles relatives aux rites indiens et chinois.
Il encourage fortement l’enseignement et la science, crée les chaires de physique, chimie et mathématiques à l’université de Rome et rétablit l’académie de Bologne.
En littérature, il favorise la traduction en italien des principaux ouvrages anglais et français.
Pour savoir ce que le pape pense des philosophes et de leurs écrits, il suffit de lire la lettre qu’il écrit, sur ce sujet, au cardinal de Tencin : « Je gémis de ce que la France se remplit de beaux esprits, qui affectent l’incrédulité, tandis que ses plus grands génies furent autrefois soumis à la religion. Je gémis de ce qu’on prend la honte même pour la gloire, des railleries pour des arguments ; de ce qu’on regarde enfin ce siècle comme éclairé parce qu’il est plus audacieux. En donnant à la terre ce qu’on ôte au Ciel, à la nature ce qu’on soustrait à Dieu, on forme un chaos qu’il est impossible de débrouiller. L’homme n’est plus lui-même si on l’isole d’un créateur ; et le terme de son existence doit faire le supplice de sa vie. Vos auteurs ont vu qu’ils ne pouvaient prétendre à des réputations aussi brillantes que les anciens, et ils ont dit dans leur cœur : Ouvrons-nous un chemin à travers les paradoxes, et nous étonnerons par la singularité. La nation aimable, mais légère, les a crus sur parole, d’autant mieux qu’on se plaît à ne plus rien approfondir, et l’on a crié de toutes parts : Voilà nos oracles et nos dieux, ils permettent tout, excepté l’assassinat et le vol : rien de plus commode ; il faut les écouter. Quand les passions portent la bannière, on est sûr de voir une nombreuse procession ».
Benoît restreint l’usage des indulgences.
Il sévit contre les usuriers et les faux nobles.
Il diminue le nombre des fêtes.
Il fait mesurer un arc du méridien et exécuter de grands travaux publics.
Il fonde des académies.

Montesquieu, quittant Rome, va faire ses adieux au pape. « Mon cher Président, lui dit le pontife, avant de nous séparer je veux que vous emportiez quelque souvenir de mon amitié, je vous accorde la permission de faire gras toute votre vie, et j’étends cette faveur à toute votre famille ». Montesquieu remercie et prend congé. L’évêque camérier lui expédie la bulle de dispense, mais accompagnée d’une note tellement élevée que le moraliste la renvoie avec un « Je remercie Sa Sainteté de sa bienveillance ; mais le pape est un si honnête homme ! Je m’en rapporte à sa parole, et Dieu aussi »

Un jour que le pape passe par une rue de Rome, un fanatique jette une pierre dans son carrosse ; on l’arrête sur-le-champ, et comme on se dispose à lui faire subir la peine due à son attentat, Benoît, toujours rempli de piété, dit avec la plus grande douceur : « S’il est insensé, il faut le plaindre ; s’il ne l’est pas, je lui remets son crime. Il ferait beau voir le vicaire de Jésus-Christ ne pas pardonner, pendant que le Seigneur lui-même pria pour ses bourreaux. » Et on relâche le coupable.

Voltaire lui dédie sa tragédie Mahomet ou le Fanatisme (Grand Théâtre de Lille, 1741, Comédie Française, 1742) ; le pape, grand ami des lettres, lui répond par une lettre affectueuse et lui envoie sa bénédiction apostolique.

Il souffre de la goutte et en meurt le 3 mai 1758, à Rome.

Prophétie de Malachie : Animal rurale (animal rustique).

Une épitaphe de l'écrivain britannique Horace Walpole (1717-1797) exprime en quelle estime Benoît fut tenu par ses contemporains : « Aimé des catholiques, estimé des protestants, monarque sans favori, pape sans népotisme et, malgré son esprit et son savoir, docteur sans orgueil, censeur sans sévérité ».

Benoît XIV a dit : "Il n'y a rien de mieux que ce que les Français font bien, et rien de pire que ce qu'ils font mal."


1740. 17 août, élection du pape. En Syrie, des Arméniens s’unissent à l’Eglise romaine. 20 octobre, en Autriche, mort de l’empereur Charles VI sans héritier mâle : conformément à la Pragmatique Sanction qu’il avait promulgué en 1713, la succession doit revenir à sa fille Marie-Thérèse, mais cette disposition est contestée par l’électeur de Bavière, Charles-Albert, soutenu par la France, la Prusse et l’Espagne ; Marie-Thérèse d’Autriche, appuyée par l’Angleterre et les Pays-Bas, ne sera reconnue héritière de l’Autriche, qu’après 8 ans de guerre (guerre de succession d’Autriche), par le traité d’Aix-la-Chapelle (1748). 28 octobre (17 octobre du calendrier julien) : décès de la tsarine Anna Ivanovna ; début du règne d'Ivan VI de Russie, proclamé tsar à l’âge de deux mois sous la tutelle de Biron, le favori d’Anna Ivanovna ; le 19 novembre (8 novembre du calendrier julien), le général Burckhardt de Munnich fait arrêter Biron qui est emprisonné à Schlüsselburg ; Anna Léopoldovna, mère de l’empereur, est proclamée régente. Frédéric II : L’Antimachiavel. Jean Astruc, médecin et écrivain : Traité des maladies vénériennes. Jacques Cassini fils, astronome français : Eléments d'astronomie.

1741. Le pape limite les chemins de croix à un seul par paroisse. Benoît XIV, "qui l’aimoit particulièrement" (selon Dezallier), commande à Pierre-Hubert Subleyras son portrait ; en 1747, il lui commande la Messe de saint Basile pour être exécutée en mosaïques pour Saint-Pierre. 25 juin, à Pozsony (Bratislava), Marie-Thérèse d'Autriche est couronnée reine de Bohême et de Hongrie. 26 juillet (15 juillet du calendrier julien) : Alekseï Tchirikov, appartenant à la deuxième expédition du Kamtchatka, dirigée par le navigateur danois Vitus Bering, atteint l'Alaska après avoir découvert le détroit (qui prendra le nom de Béring) qui sépare l'Asie de l'Amérique dans la partie nord de l'océan Pacifique ; le navire de Bering est en vue de l'île Kayak le lendemain. 1er août au 10 octobre : les Russes d'Alekseï Tchirikov explorent la côte sud de l'Alaska et les Îles Aléoutiennes. 10 août, Bataille de Colachel : le pacha de Travancore vainc la Compagnie hollandaise des Indes orientales. 3 septembre, Bataille de Vilmanstrand : victoire de la Russie sur la Suède. 6 décembre (25 novembre du calendrier julien), Ivan VI de Russie (1 an) est renversé par un coup d’État nationaliste : Ielizaveta Petrovna, file de Pierre le Grand, devient Elisabeth Ire, impératrice de Russie ; Ivan VI et sa mère, Anna Léopoldovna, sont emprisonnés ; Anna Léopoldovna mourra le 18 mars 1746 et Ivan sera alors enfermé dans la forteresse de Chlisselbourg, sous le nom de « Prisonnier numéro 1 » ; en 1764, une tentative de coup d'État sera dirigée contre l'impératrice Catherine II, alors régnante, afin de restaurer Ivan VI, « l'homme au masque de fer », sur le trône : il sera alors assassiné par un de ses geôliers le 15 ou 16 juillet (4 ou 5 juillet du calendrier julien). 19 décembre, à Prague, l'électeur de Bavière, Charles Albert, est couronné roi de Bohème. 20 décembre, Benoît XIV condamne l’esclavage des Amérindiens. 25 décembre, à Uppsala en Suède, le physicien et astronome suédois, Anders Celsius, met au point une échelle thermométrique centésimale (degrés Celsius).

1742. 12 février, à Francfort, Charles Albert est couronné empereur du Saint-Empire romain germanique. 3 avril, à Paris, mort de Melchior de Polignac (cardinal, diplomate et écrivain de l’Académie française, il est l’auteur de l’Anti-Lucrèce, poème latin cherchant à réfuter le matérialisme). 17 mai, Bataille de Chotusitz (Chotusice) en Bohème entre les Prussiens et les Autrichiens qui doivent battre en retraite. 11 juin, le Traité de Breslau, signé secrètement par Frédéric II de Prusse et Marie-Thérèse d'Autriche, met fin à la première guerre de Silésie. 11 juillet, la bulle Ex quo singulari providentia condamne l’action des jésuites en Chine, les trouvant "trop chinois" (trop bienveillants vis-à-vis du confucianisme) ; le pape demande à tous les missionnaires un serment de soumission et leur interdit de baptiser tout Chinois qui n’a pas renoncé au culte des ancêtres et aux rites confucéens : fin de la Querelle des rites. 4 septembre, à Helsinki, les Suédois sont vaincus par les Russes. David Hume : Essais moraux et politiques 3.

1743. 1er janvier, les fils La Vérendrye, Louis-Joseph et François Gaultier remontent le Haut Missouri jusqu'au pied des montagnes Rocheuses ; le 30 mars, ils revendiquent l'Ouest américain pour la France. 29 janvier, à Issy-les-Moulineaux, décès d'André Hercule de Fleury ; nommé cardinal en septembre 1726, il fut appelé par Louis XVI pour remplacer le duc de Bourbon au poste de premier ministre ; membre de l'Académie française, de l'Académie des sciences et de l''Académie des inscriptions et belles-lettres, il conserva son poste de premier ministre jusqu'à sa mort, ce qui lui valut le surnom de "Son éternité". 8 février, Bataille de Camposanto (province de Modène) : les forces espagnoles sont vaincues par l'armée austro-piémontaise. 27 juin, Bataille de Dettingen en Bavière : les armées françaises du maréchal de Noailles ne parviennent pas à contrer l'offensive des Britannico-Hanovriens et des Autrichiens. 7 août, Traité d'Abo (Turku) entre la Russie et la Suède ; la Carélie est annexée par les Russes. 25 octobre, Traité de Fontainebleau : la dynastie des Bourbons signent le 2ème pacte des familles entre l'Espagne et la France, accord d'union et d'alliance perpétuelle.

1744. 22 au 23 février, Bataille navale du cap Sicié près de Toulon : victoire de la flotte franco-espagnole sur les Britanniques. 15 mars, Louis XV déclare la guerre à la Grande-Bretagne et à l'Autriche. 29 mars, contre-déclaration de guerre de la Grande-Bretagne à la France. 20 avril, Bataille de Vilafranca de Mar (Villefranche-sur-Mer) : les armées franco-espagnoles vainquent les anglo-sardes et s'emparent du comté de Nice. Expulsion massive des juifs du ghetto de Prague. 19 juillet, Bataille de Pierrelongue, dans les Alpes, près de Bellino : les troupes françaises vainquent les troupes piémontaises et sardes. 12 septembre, la bulle Omnium sollicitudinum interdit aux missionnaires de baptiser toute personne qui n’a pas renoncé aux rites indiens. 30 septembre, Bataille de la Madonne de l'Olmo ou Bataille de Coni : les armées franco-espagnoles repoussent les Sardes.

1745. 8 janvier, Traité de Varsovie établissant une quadruple alliance entre la Pologne, la Hongrie, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas pour contenir l'essor de l'Empire prussien. 20 janvier, à Munich, mort de Charles VII, l'empereur du Saint-Empire romain germanique. 11 mai, Bataille de Fontenoy (Belgique) : les Français du Maréchal Maurice de Saxe remportent la victoire sur les Anglo-Hollandais. 11 mai au 27 juin, troisième Guerre intercoloniale : siège et prise de la forteresse de Louisbourg sur l'Île du Cap-Breton par les Britanniques. 4 juin, Bataille de Hohenfriedberg en Silésie : les Prussiens défont les Autrichiens. 24 juin, le roi fait don à Antoinette Poisson du domaine de Pompadour, acquis le 15 juin par la Couronne auprès du prince de Conti, la créant ainsi marquise de Pompadour ; elle sera nommée dame du Palais en 1756. 13 septembre, à Francfort-sur-le-Main, l'archiduchesse Marie-Thérèse, héritière de la Maison d'Autriche, fait couronner empereur son mari (François Stéphane de Lorraine, Grand-duc de Toscane) sous le nom de François Ier et obtient des puissances européennes la reconnaissance de la pragmatique sanction. 21 septembre, Bataille de Prestonpans près d'Édimbourg en Ecosse : victoire des jacobites (partisans de Charles Édouard Stuart, "Bonnie Prince Charlie", qu'ils veulent placer sur le trône d'Angleterre et d'Ecosse), qui ont débarqué le 2 août, sur l'armée hanovrienne de George II. 30 septembre, Bataille de Soor : les forces prussiennes vainquent les armées austro-saxonnes. 1er novembre, par la lettre encyclique Vix pervenit, Sur l'usure et autres profits malhonnêtes, adressée aux évêques d’Italie, Benoît XIV renouvelle les prohibitions traditionnelles contre l’usure, c’est-à-dire le prêt à intérêts, mais avec des correctifs qui permettent de distinguer entre prêt de consommation et capital productif (étendues en 1836 à l’Église universelle par le pape Grégoire XVI, ces prohibitions n’ont jamais été annulées formellement et l’Église n’a plus abordé la question). 15 décembre, Bataille de Kesselsdorf : victoire des Prussiens sur les Saxons. Le pape publie De sacrosancto missae sacrificio (Sur le sacrifice de la messe).

1746. 17 janvier, Bataille de Falkirk : dernier succès notable des jacobites sur l'armée anglaise. 27 avril (16 avril du calendrier julien), Bataille de Culloden : les troupes britanniques de Cumberland défont l'armée jacobite ; Cumberland entreprend la reconquête systématique de l’Écosse (1747). Le typhus tue 513 marins de l’escadre du chevalier Pionsin. 22 juin au 27 octobre, échec de l'expédition du duc d'Anville pour reprendre l'Acadie aux Britanniques : la flotte est sévèrement affectée par les tempêtes et la maladie ; étant donné l'état lamentable des troupes restantes, l'officier Jacques-Pierre de Taffanel de La Jonquière décide d'abandonner le siège d'Annapolis Royal. 6 juillet, Bataille navale de Négapatam dans l'océan indien entre la flotte française et l'armée anglaise ; la France s'emparera de Madras le 24 septembre. 9 juillet, décès de Philippe V : son fils Ferdinand VI devient roi d'Espagne et des Indes. 6 août, après le décès de Christian VI, son fils Frédéric V devient roi de Danemark et de Norvège. 11 octobre, Bataille de Rocourt : les armées françaises vainquent les forces alliées (Angleterre, Autriche, Hollande). 22 octobre, fondation du collège de Princeton dans le New Jersey. Diderot : Pensées philosophiques (il attaque le christianisme et prône une "religion naturelle").

1746-1784. Persécutions en Chine.

1747. 14 février, arrêt du Roi créant l’Ecole des Ponts et Chaussées. 25 avril, à Versailles, décès du chirurgien François Gigot de Lapeyronie d'une maladie qui porte son nom. 9 juin, au Japon, l'empereur Momozono (6 ans) succède à son père, l'empereur Sakuramachi. 19 juin, en Perse, Nadir Shah, cruel et autoritaire, qui tente de réconcilier chiites et sunnites, est assassiné : son neveu Adil Châh s'empare du pouvoir. 2 juillet, Bataille de Lauffeld : l'armée française vainc les armées britannique et autrichienne. 19 juillet, Bataille de L'Assietta : les armées françaises et espagnoles sont battues par l'armée piémontaise. 1er septembre, en Corse, le colonel de Choiseul-Beaupré débarque avec son armée à Bastia qu'il reprend à la coalition anglo-austro-sarde. En octobre, les chefs afghans choisissent pour souverain un des généraux de Nadir Shah : Ahmad Shâh Durrani, membre de la tribu Abdali, lequel, élu padishah à Kandahar par une assemblée de Loya Jirga, fonde l'Empire d’Afghanistan. 22 novembre, Guillaume IV d'Orange-Nassau est nommé chef politique et militaire (stathouder) des Provinces-Unies.

1748. 23 mars, premières fouilles de la cité de Pompéi. 29 avril, trois jours après le décès de son père Muhammad Shah, Ahmed Shah Bahadur lui succède comme 15e empereur moghol. 7 mai, prise de Maastricht. En mai, création de l’Ecole du Génie de Mézières sur proposition du comte d'Argenson. 27 septembre, suite à l'apparition du grand navire de guerre à voiles (nave, galion puis vaisseau), Louis XV publie une ordonnance qui abolit l'institution des galères et incorpore ces dernières dans la marine royale ; les galériens sont destinés aux travaux de fatigues des arsenaux ; la nouveauté du bagne est d'être un établissement à terre dans lequel on enferme les galériens 6. 17 octobre, en Inde, devant la résistance de Joseph François Dupleix, les Anglais lèvent le siège de Pondichéry. 18 octobre, Traité d’Aix La Chapelle : la France restitue ses conquêtes à l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche (Pays-Bas du sud) ; reconnaissance de la possession du duché de Silésie et du comté de Glatz par le royaume de Prusse (confirmation du traité de Breslau ; la France n’a tiré aucun avantage des affrontements contrairement au roi de Prusse : elle "a travaillé pour le roi de Prusse") ; L'Isle Royale et la Forteresse de Louisbourg sont restitués à la France, Madras à l'Angleterre. A Genève, De l’esprit des lois écrit par Charles de Secondat, baron de la Brède et de Montesquieu (initié à la loge Horn Tavern de Westminster à Londres en 1730) est publié anonymement ; l’ouvrage (l’œuvre de sa vie qu’il a remaniée pendant 14 ans) a immédiatement un immense retentissement mais il est attaqué par les jésuites et les jansénistes qui critiquent violemment l’éloge de la religion naturelle ; la faculté de théologie de Paris (560 000 habitants) condamne l’ouvrage ; il est mis à l’Index par le pape. Maria Gaetana Agnesi publie Instituzioni analitiche ad uso della gioventu italiana qui traite des quantités finies et des calculs infinitésimaux. Le pape publie De synodo diocesana (Sur le synode diocésain) ; Benoît croit que St. Pierre a choisi l'Église romaine soit sur l'ordre de Notre-Seigneur, soit par sa propre autorité, agissant sur inspiration et conseil divins.

1749. 2 janvier, une lettre patente généralise le "billet de congé" qui impose aux compagnons des métiers de se munir d'un congé écrit lorsqu'ils quittent un maître pour être embauchés ailleurs. 4 janvier, Bataille au large de Céphalonie en Grèce : au cours d'un combat acharné, un navire de commerce vénitien est pris par deux navires tripolitains ; les Vénitiens, amenés à Tripoli, sont soignés sur ordre du pacha Mohamed Qaramanli qui les laisse repartir en récompense de leur courage. Rafles à Paris pour envoyer les chômeurs et les prostituées dans les colonies 5. En mai, réforme fiscale, édit du vingtième. Diderot publie la Lettre sur les aveugles à l’usage de ceux qui voient où il affirme son scepticisme et s’oriente vers le matérialisme ; la Lettre lui vaut d’être arrêté, condamné à 3 mois de prison et enfermé à Vincennes du 24 juillet au 3 novembre. 21 juin, le nouveau gouverneur britannique de la Nouvelle-Écosse, Edward Cornwallis, débarque à Chibouctou en Acadie, avec 2 576 colons ; le 12 juillet, le siège du gouvernement de la Nouvelle-Écosse est transféré d'Annapolis Royal à la ville nouvellement fondée : Halifax. 23 juillet, Charles des Herbiers reprend possession de Louisbourg (Canada) pour le roi de France ; les troupes britanniques évacuent la ville le 30. En octobre, édit sur les biens de mainmorte. En décembre, émeutes à Paris à cause de la misère.

1750. Année sainte. Léonard de Port Maurice fait édifier au Colisée 14 chapelles pour les 14 stations du Chemin de croix, ainsi qu’une grande croix au milieu de l’arène (en 1964, Paul VI reprendra la tradition du Chemin de croix au Colisée). 13 janvier, Traité de Madrid prévoyant des rectifications de frontières entre le Portugal et l'Espagne en Amérique du Sud : la Colônia de Sacramento est échangée contre les sept missions jésuites de l’Uruguay ; les Indiens des réductions jésuites, soutenus et armés par les religieux, refusent l’incorporation au Portugal : Guerre des Guaranis (fin en 1756). 22 et 23 mai, à Paris, l'émotion provoquée par les enlèvements d’enfants dégénère en émeute 1. On brûle à Wurtzbourg, en Bavière, une religieuse qui avoue avoir pratiqué divers maléfices pour faire périr plusieurs personnes. En Grande-Bretagne, apparition des shakers ou shaking quakers ("trembleurs", à cause du tremblement mystique qui les saisissait ou parce que le fondateur George Fox avait exhorté le juge qui l’accusait pour ses idées à trembler devant la parole de Dieu ?), nom donné à la Société Unie des Croyants dans la Seconde Venue du Christ. 31 juillet, Joseph Ier de Portugal, dit le Réformateur, succède à son père Jean V et devient roi du Portugal ; le 3 août, Sebastião José de Carvalho e Melo (futur marquis de Pombal), devient son ministre des Affaires Étrangères.

1751. 25 mars, Adolphe-Frédéric est sacré roi de Suède. 31 mars, le futur George III du Royaume-Uni devient prince de Galles à la mort de son père, Frédéric de Galles. 18 mai, la bulle Providas Romanorum Pontificium confirme la bulle In eminenti de Clément XII (1738) qui condamne la Franc-maçonnerie ; Benoît XIV menace les chrétiens qui fréquentent les francs-maçons d'excommunication ; il considère que les loges maçonniques mettent en péril le catholicisme, puisqu'elles ont pour but de s'étendre et qu'elles tolèrent toutes les religions. 24 juin, en Allemagne, fondation par le baron Karl Gotthelf von Hund und Altengrottkau de la Stricte Observance qui insiste sur les origines templières de la franc-maçonnerie. 22 octobre, Guillaume V d'Orange-Nassau, 3 ans, devient stathouder des Provinces-Unies : sa mère est régente. 27 octobre, au Japon, début de l'Ère Horeki.

1751 (1er juillet) à 1778. Publication de l’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers. Le libraire Le Breton confia, en 1745, la traduction de la Cyclopaedia de l’Anglais et Chambers, à l’abbé de Gua de Malves de l’Académie des sciences qui engagea Diderot et d’Alembert. Lesquels prirent la direction de l’Encyclopédie en 1748 et en firent une œuvre originale. Voltaire écrivit les articles "élégance, éloquence, esprit et imagination" ; Montesquieu l’article "goût" ; Rousseau les articles sur la musique ; on doit à Helvétius et à l’abbé de Condillac les développements de philosophie ; à l’abbé Yvon la théologie ; à Holbach la chimie ; à Daubenton l’histoire naturelle ; à Marmontel la critique littéraire ; à Dumarsais la grammaire ; à Turgot l’économie politique. L’Encyclopédie concurrence le Dictionnaire de Trévoux ; elle est jugée subversive par les jésuites qui la qualifient "d'athée et de matérialiste".

1752. 7 février, un arrêt du conseil du roi Louis XV interdit l’impression et la diffusion des deux premiers volumes de L’Encyclopédie (ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers) condamnée par le Parlement de Paris : les thèses développées par l’abbé de Prades, un des contributeurs de l’Encyclopédie, sont, selon les membres du conseil, "contaminées par l’esprit voltairien" ; l’ecclésiastique devra se réfugier en Prusse ; après intervention du ministre Malesherbes, la publication reprendra. Benoît XIV érige l’abbaye de Fulda en évêché. 15 juin, à Philadelphie, pendant un orage, le physicien Benjamin Franklin invente le paratonnerre : il lance un cerf-volant muni d’une pointe métallique et capte l’électricité atmosphérique (discuté et contesté). 1er août, à Paris, Querelle des Bouffons qui divise les intellectuels français, en opposant le traditionalisme baroque de Rameau aux idées des encyclopédistes et surtout à un Rousseau précurseur du romantisme. 2 septembre, la Grande Bretagne et tout l'Empire britannique adoptent le calendrier grégorien : le lendemain du 2 septembre 1752 est le 14 septembre.

1753. 14 janvier, à Oxford, mort de Georges Berkeley, philosophe et prêtre de l'Eglise anglicane, surtout connu pour sa théorisation de l'idéalisme empirique. 3 avril, à la chambre des Lords, première lecture du Jew Bill, loi ayant pour but de mettre en place la naturalisation des juifs, afin d'améliorer leur statut civique en Grande-Bretagne ; après une deuxième lecture, le 17, à la chambre des Communes, la loi soulève un sentiment antisémite dans tout le pays : elle sera annulée par le Parlement en janvier 1754. Diderot : Pensées sur l’interprétation de la nature.

1754. 9 avril, mort de Christian von Wolff, philosophe, juriste et mathématicien allemand : élève de Leibniz, il développa un "rationalisme dogmatique" affirmant la liaison absolue des phénomènes entre eux au sein d’un univers réglé logique. Mai à juillet, reprise des combats entre Britanniques et Français dans les territoires des vallées de l'Ohio et du Mississippi. 29 avril, premier affrontement dans la guerre des Guaranis au Paraguay entre les troupes portugaises et les Indiens Guaranis. 28 mai, Bataille de Jumonville-Glen entre les Français et les Anglais pour le contrôle de la vallée de l'Ohio : après l'affrontement, l'officier français, Joseph Coulon de Villiers, sieur de Jumonville, fait prisonnier, est tué d’un coup de tomahawk par Half King, un Indien combattant avec les britanniques placés sous le commandement de Georges Washington. Fondation du Chapitre des Juges Ecossais à Montpellier par Martinez de Pasqually. 3 juillet, Bataille de Fort Necessity : Coulon de Villiers, avec 600 Français et 100 Amérindiens, attaque Washington au fort Necessity, défendu par 400 hommes et neuf canons ; Washington capitule ; le gouvernement britannique autorise le gouverneur du Massachusetts à attaquer certains forts français. 10 juillet, le savant et homme politique américain Benjamin Franklin présente un projet de Constitution qui est adopté par le congrès d'Albany. Etienne Bonnot, abbé de Condillac : Traité des Sensations 4. Turgot : Lettre sur la tolérance.

1755. 25 janvier, création de l'Université de Moscou. 4 mars, bref Ad assiduas réclamant pour l'Église "le pouvoir absolu, souverain, indépendant de toute autorité séculière". 20 avril, lors de la consulte qui se réunit au couvent Saint-François de Caccia, Pasquale (Pascal) Paoli est appelé par les principaux chefs corses révoltés contre Gênes. 29 avril, Pasquale (Pascal) Paoli, sous-lieutenant au Royal-Farnèse de Naples, débarque en Corse. Louis de Bourbon, comte de Clermont, donne de nouveaux statuts à la Grande Loge de France. La suette miliaire touche la plaine du Pô. 26 mai, à Valence, le bandit Louis Mandrin est roué vif ; le religieux qui l’assiste s’évanouit ; l’évêque demande au bourreau l’étranglement afin d’abréger l’agonie. 4 au 16 juin, Bataille de Fort Beauséjour en Acadie : les troupes britanniques écrasent les troupes françaises. 17 juin, le Fort Gaspareaux, faiblement défendu par les Français, se rend aux Anglais : l'Acadie est entièrement sous contrôle britannique. 9 juillet, Bataille de Monongahela : les Britanniques, sous le commandement du général Edward Braddock, qui tentent de chasser les Français de Fort Duquesne en Pennsylvanie, se débandent face aux troupes françaises et à leurs alliés indiens qui se montrent très offensifs ; Braddock meurt de ses blessures le 13 et l'armée anglo-américaine est mise en déroute. 10 juillet, Pierre Rigaud de Vaudreuil, gouverneur de Louisiane de 1742 à 1755, est nommé gouverneur général de Nouvelle-France. 13, 14 et 15 juillet, la consulte qui se tient au Couvent Saint-Antoine de la Casabianca (Sant'Antone di a Casabianca) proclame Pasquale (Pascal) Paoli général en chef de la Nation Corse : la Cunsulta jette les bases de la Constitution de la future Corse indépendante (fin en 1769). 26 juillet, après enquête de l’Inquisition, les autorités vénitiennes emprisonnent Giovanni Giacomo Casanova (1725-1798) pour impiété, mœurs dissolues et pratique de la sorcellerie ; il s’évadera des Plombs le 31 octobre 2. 28 juillet, au Canada, sur la recommandation du juge en chef de la Nouvelle-Écosse, Jonathan Belcher, le Conseil de Nouvelle-Ecosse prend la décision unanime de déporter en Nouvelle-Angleterre les Acadiens (colons d’origine française) qui refusent de prêter allégeance au roi d’Angleterre ; ce projet est gardé secret pour éviter que les Acadiens ne s'enfuient avec leur bétail ; le lieutenant-colonel John Winslow affirme : « Nous avons entrepris de nous débarrasser de l'une des plaies d'Égypte » ; 7 000 personnes sur 13 000 mourront pendant l’exode, le Grand Dérangement ; les rescapés iront en Europe, aux Malouines, en Géorgie, dans la région de Boston et en Louisiane. 6 août au 26 août, raid de Willard et Lewis : plusieurs acadiens sont faits prisonniers. 10 août, raid de Sylvanus Cobb pour rassembler des acadiens dans le secteur des Trois-Rivières, mais les acadiens de cette région sont en fuite. 11 août, Grand Dérangement des Acadiens de la région de Beaubassin, rassemblés à Fort Cumberland. 3 septembre, à la Bataille de Petitcoudiac victoire des Acadiens résistant à la déportation par la Grande-Bretagne. 5 septembre, Grand Dérangement à Grand-Pré et à Pisiguit ; 6 000 à 7 000 Acadiens, soit la moitié de la population, sont expulsés à l'automne vers les colonies du Massachusetts et de Géorgie. 8 septembre, Bataille du Lac George dans le nord de la colonie de New York : victoire britannique sur les Français. 1er novembre, au matin, Lisbonne est presque entièrement détruite par 3 secousses sismiques très violentes qui provoquent plusieurs raz-de-marée et de nombreux incendies (10 000 à 100 000 morts) ; les jésuites, détestés par le marquis de Pombal, Premier ministre anticlérical, parlent de châtiment divin. 16 au 18 novembre, à Corte, seconde Constitution corse (la 1ère datant de 1735) votée à la Cunsulta di Corti. Jean-Jacques Rousseau : Discours sur l’origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes.

1756. 10 février, au Paraguay, Bataille de Caibaté : les Guaranis sont écrasés par les troupes portugaise et espagnoles coalisées ; fin de la Guerre des Guaranis débutée en 1750 suite à la signature du traité de Madrid entre Ferdinand VI et Jean V, qui expropriait les Indiens de leur territoire. 1er mai, le Traité de Versailles, signé à Jouy-en-Josas entre la France et l'Autriche, traité de neutralité et d'alliance défensive, manifeste la politique dite « de renversement des alliances » : pour la première fois depuis 1498, le Roi de France est allié avec la maison de Habsbourg. 5 mai, Carvalho e Melo (futur marquis de Pombal) devient Premier ministre du roi du Portugal Joseph Ier : il interdit les autodafés et retire tous droits à l’Inquisition. 12 mai, Louis-Joseph de Montcalm arrive à Québec et devient le subalterne de Vaudreuil. 17 mai, Louis XV déclare la guerre à l'Angleterre (début de la Guerre de sept ans) ; la France, l'Autriche, la Russie, la Saxe, la Suède et l'Espagne s'opposent à la Grande-Bretagne, la Prusse et le Hanovre. 20 mai, Bataille navale de Minorque : la coalition franco-espagnole vainc les Britanniques. 9 juin, la France déclare la guerre au Royaume-Uni. En juillet, à Versailles, création d’un nouvel impôt : le second vingtième. Franc-maçonnerie aux Pays-Bas. Charles Michel, abbé de l’Epée, crée la première école publique pour les sourds-muets. 10 au 14 août, Bataille de Fort Oswego au Canada : Louis-Joseph de Montcalm et ses troupes, alliés aux Amérindiens, détruisent ce fort anglais ; ils prennent ensuite le Fort William Henry qui domine la vallée de l'Hudson, ce qui permet à Montcalm de contrôler la région des Grands Lacs. 29 août, l'armée prussienne envahit la Saxe dont le roi doit capituler à Pirna malgré l'intervention des Russes ; l'attaque de la Saxe en août puis de l'Autriche par la Prusse déclenche les hostilités sur le continent ; l'armée autrichienne (130 000 hommes), l'armée russe (120 000), l'armée française (130 000), l'armée du Saint Empire (armée des Cercles) et l'armée suédoise interviennent contre les 150 000 hommes de Frédéric II de Prusse et les 55 000 Britanniques du Hanovre ; Louis XV doit intervenir pour éviter l'écroulement de l'Autriche. 31 août, les troupes de la Régence d'Alger prennent Tunis d'assaut. 10 septembre, prise de Dresde par les Prussiens ; début du siège de Pirna. 22 septembre, à Alger, Ali Ier Pacha, bey de Tunis destitué le 2 septembre, est étranglé par des partisans de son cousin et successeur, Rachid. 1er octobre, Bataille de Lobositz en Bohême : la Prusse vainc l'Autriche ; Frédéric II entreprend sans succès le siège de Prague. 17 octobre, capitulation de la Saxe à Pirna. En octobre, encyclique mettant fin à l’affaire des billets de confession : on exigeait des mourants des billets de confession signés par des prêtres adhérents à la bulle Unigenitus (donc non-jansénistes) sinon l’extrême-onction leur était refusée. 1er novembre, la France envoie un corps expéditionnaire en Corse commandé par le marquis de Castrie : des garnisons françaises sont installées à Ajaccio, Bastia et Saint-Florent. 31 décembre, la Russie intègre le traité de Versailles (1er mai) ; l'alliance franco-autrichienne est renforcée par la Russie, la Saxe et la Suède.

1757. 5 janvier, vers 18 h, dans les jardins du château de Versailles, Louis XV est blessé très légèrement à l’épaule par un coup de canif porté par le valet de chambre Robert François Damiens dont le mobile reste inconnu (était-il le père d'une fillette violée par le roi amateur de très jeunes filles, selon la thèse de l'historienne-romancière Marion Sigaut ?) ; le 28 mars, Damiens sera exécuté : mutilé, brûlé, écartelé (4 heures de supplice ; c’est le dernier écartèlement de l’histoire). 14 mars, à Portsmouth, sur le HMS Monarch, l'amiral britannique John Byng, condamné pour trahison, par la cour martiale d'Angleterre, suite à son abandon d'un fort assiégé par les Français lors de la bataille de Minorque, est fusillé. 21 avril, victoire prussienne sur les Autrichiens à la Bataille de Reichenberg. 16 juin, Huygens invente l'horloge à pendule. 18 juin, Bataille de Kollin : l'armée autrichienne vainc les troupes prussiennes. 23 juillet, Bataille de Sabbath Day Point au Lac Georges (Canada) ; victoire française et amérindienne contre les anglais. 26 juillet, Bataille de Hastenbeck : victoire des troupes françaises qui occupent la totalité de Hanovre. 3 au 6 août, Bataille du Lac George : Louis-Joseph, marquis de Montcalm, assiège le fort William Henry défendu par 2 500 Britanniques avec 6 200 soldats et 1 800 Indiens ; le fort est pris le 9. 7 septembre, Bataille de Moys à Görlitz en Silésie : l'armée prussienne est écrasée par l'armée autrichienne. 15 octobre, après que Casanova 2 a présenté au duc de Choiseul son compatriote Casalbigi, expert en loteries génoises, le Conseil du roi établit une loterie permanente en faveur de l'Ecole royale militaire. 4 novembre, création de l'Académie des Beaux-Arts de Russie ; début de la construction du théâtre de Saint-Pétersbourg. 5 novembre, les Prussiens battent les Français à Rossbach. 22 novembre, Bataille de Breslau : l'armée autrichienne vainc les troupes prussiennes. 5 décembre, les Prussiens battent les Autrichiens à Leuthen. 8 décembre, des résistants acadiens et des Micmacs font une guérilla contre les britanniques qui mène à la Bataille de Bloody Creek près de Annapolis Royal : victoires des Acadiens et des Micmacs. 19 décembre, les Prussiens reprennent Breslau.

1758. 1er avril, le pape accepte que soit nommé un cardinal portugais "recommandé par le gouvernement" pour enquêter sur les jésuites. 29 avril, Première des trois batailles navales de Gondelour, la capitale des comptoirs français en Inde : la marine française vainc la marine britannique. 3 mai, à Rome, mort du pape Benoît XIV. 8 juin, les troupes britanniques assiègent la forteresse de Louisbourg sur l'île de Cap-Breton, à l'entrée du golfe Saint-Laurent : les Français cèderont Louisbourg aux Britanniques le 27 juillet.


Notes
1 Quelques centaines d'enfants disparaissent à Paris entre décembre 1749 et mai 1750. Ces enlèvements d'enfants sont le fait des sbires du lieutenant général de police Berryer, et de leur façon d’appliquer les mesures d'une ordonnance du 12 novembre 1749, visant à débarrasser Paris "de tous les mendiants et vagabonds, de quelque âge ou sexe qu'ils puissent être" (le comte d’Argenson, chargé du département de Paris, veut débarrasser la capitale des filles de mauvaise vie et des vagabonds en les envoyant peupler la Louisiane). Quinze livres sont versées "par tête d'enfant volé". « Dans les razzias de petits vagabonds qu'on faisait pour le Mississipi, opération déjà si arbitraire et si cruelle, les policiers et les sergents enlevaient pêle-mêle des enfants de bourgeois et d'artisans. C'était devenu un commerce très-lucratif. L'imagination populaire s'exalta et reprit les vieilles histoires de lèpre guérie par des bains de sang, etc. Le Bien-Aimé était devenu un objet d'horreur pour le peuple. Il y eut de violentes émeutes à Paris en 1750, à propos d'enlèvement d'enfants. Des archers furent assommés, des gens du peuple tués, d'autres pendus. Dans un de ces mouvements, la foule parla d'aller brûler Versailles. La cour tremblait, quoique entourée de forces considérables. On mit des gardes au pont de Sèvres et, au défilé de Meudon. Le roi évita désormais de traverser Paris quand il allait à Compiègne » (Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle. Pierre Larousse).
2 Giovanni Giacomo Casanova (1725-1798) fut placé en pension et éduqué par un prêtre ; il reçut la tonsure et les ordres mineurs avant de devenir secrétaire d’un cardinal. Il fut soldat, joueur professionnel, traducteur, écrivain, espion et même agent secret de l’Inquisition. Franc-maçon initié à Lyon en 1750 puis membre d’une loge anglaise à Paris, et alchimiste, il laissa croire qu’il était parfaitement initié aux mystères de la Kabbale. Avec l’abbé de Bernis, ambassadeur à Venise, il partagea durant plusieurs mois les faveurs d’une religieuse. Le 26 juillet 1755, après enquête de l’Inquisition, les autorités vénitiennes l'emprisonnèrent pour impiété, mœurs dissolues et pratique de la sorcellerie ; il s’évada de la prison des Plombs le 31 octobre. Il gagna Paris où Bernis, devenu ministre, l’appuya et lui permit de créer la première loterie publique française en 1757. Le 4 juin 1798, il termina ses jours au château de Dux, en Bohême, en tant que bibliothécaire écrivain. http://fr.wikipedia.org/wiki/Giacomo_Casanova
3 Le philosophe écossais David Hume (Essais philosophiques sur l’entendement humain parus en 1748, Dialogues sur la religion naturelle rédigés en 1750) et le philosophe allemand Emmanuel Kant (La Seule Base possible pour la démonstration de l’existence de Dieu en 1763, Critique de la raison pure en 1781) sont les fondateurs de l’agnosticisme moderne.
4 Dans le sillage de Locke, Etienne Bonnot, abbé de Condillac, fait dériver la connaissance à la fois de la réflexion et de la sensation ; il a publié en 1746 Essai sur l’origine des connaissances humaines ; il publie en 1776 Le Commerce et le Gouvernement considérés relativement l’un à l’autre, ouvrage qui le fait considéré par certains comme l’un des fondateurs de la science économique moderne.
5 http://www.guervin.fr/histoire_et_religion/Histoire_Lorraine.html
6 http://www.phanelle.fr/gribouille1789/bagnards/annexes/loisetdecret_001.htm

Sources


Liste des papes


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; toute reproduction à but non lucratif est autorisée.

Date de mise à jour :
24/07/2017
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