CLÉMENT VI

Pierre Roger, fils d'un riche chevalier limousin, naît en 1290/1291 à Maumont en Limousin (son père achètera la seigneurie de Rosiers d'Egletons en Corrèze en 1333).
A 10 ans, en 1301, il entre à l'abbaye bénédictine de La Chaise-Dieu en Haute-Loire ; l'abbé l'envoie faire ses études à la Sorbonne à Paris en 1307.
Maître en théologie (mai 1323), il est ordonné prêtre et remarqué pour ses talents oratoires ; proviseur à la Sorbonne, il y enseigne jusqu’en 1326 où il est abbé de Fécamp.
Evêque d'Arras en 1328, il est archevêque de Sens en 1329, puis de Rouen en 1330.
Chancelier de France, il est l'ambassadeur de Philippe VI en Angleterre et à Avignon et le porte-parole du clergé à l'assemblée de Vincennes sur les juridictions ecclésiastiques en 1329.
Il est chargé par Jean XXII de prêcher la Croisade en 1333.
En 1338, à la demande du roi de France, il est nommé cardinal au titre de Santi Nereo e Achilleo.
Elu pape à l’unanimité le 7 mai 1342, il choisit le nom de Clément ; il est intronisé le 19.
A l'issue de son somptueux couronnement, un gigantesque banquet est servi à plus de cinq mille convives ; peu après, Clément VI déclare : "Praedecessores nostri nesciverunt esse papa" (Nos prédécesseurs ne surent pas être pape).
Il cherche à centraliser l’administration de l’Eglise et des finances en décrétant que tous les bénéfices ecclésiastiques (propriétés de l’Eglise produisant des revenus) sont sous la seule juridiction de la papauté : il se heurte à une forte résistance entraînant de lourdes pertes pour la trésorerie papale.
Il confie d'importantes missions diplomatiques à Guy de Boulogne (+ 1373), cardinal-prêtre de Sainte-Cécile.
Mécène généreux, il préside à une des cours les plus fastueuses d’Europe au sein de laquelle il accueille Pétrarque qui fait l’éloge de son savoir et de sa mémoire. Son mode de vie lui vaut le surnom de "Clément le Magnifique".
Il pratique le népotisme en nommant des membres de sa famille à des postes importants. Il nomme son frère, Hugues Roger, cardinal-prêtre de Tulle en 1342.
Il fait ouvrir par la "Révérende Chambre Apostolique" un compte spécial pour les Dames de la famille de Notre Saint-Père le Pape (la favorite est Cécile de Comminges, vicomtesse de Turenne).
Il fait reconstruire l’Eglise de La Chaise-Dieu en Auvergne.
Il meurt à Avignon le 6 décembre 1352, au moment où se négocie avec l’empereur Cantacuzène la réunion de l’Eglise grecque.
Le 8 avril 1353, il sera enseveli dans un cuir de cerf à l’abbaye de La Chaise-Dieu où il avait été moine ; pendant les guerres de religion, sa sépulture sera profanée et des calvinistes boiront dans son crâne.

On lui a reproché sa préoccupation constante de travailler à l’agrandissement de sa famille, son luxe et ses mœurs déréglées ; d’autres ont parlé de sa clémence, de sa libéralité, de sa piété et de son discernement, même dans le choix des cardinaux.

Prophétie de Malachie : De rosa Atrebatensi (De la rose d’Arras).


1342. 7 mai, élection du pape ; il fait construire le Palais Neuf. 21 Juillet, après la mort de son père Charles Ier Robert, Louis Ier le Grand est couronné roi de Hongrie. 15 septembre, à l'âge de 5 ans, Louis Ier de Sicile dit Louis l'Enfant succède à son père Pierre II, le roi de Sicile. Le pape Clément VI excommunie Marguerite de Carinthie (Margarete Maultasch) et son nouveau mari, Louis V, margrave de Brandebourg 6.

1343. 20 janvier, à la mort de son beau-père, Robert Ier de Naples, Jeanne Ire de Naples hérite du royaume de Naples et du comté de Provence. 12 avril, bulle du pape contre l'empereur Louis de Bavière qui a trois mois pour renoncer à son titre. La gabelle s’étend dans tout le royaume de France. Cola di Rienzo (dit Rienzi) fait partie de l’ambassade envoyée à Clément VI, qui a élu Avignon pour résidence, afin de le persuader de regagner la Ville éternelle ; bien que cette démarche échoue, Rienzo y gagne la confiance et l’amitié du pape qui, en 1344, le nommera secrétaire de la "Camera capitolina" et lui promettra d'établir un jubilé pour 1350 ; Cola di Rienzo comprendra qu'il n'obtiendra rien d'autre et reviendra à Rome pour préparer sa révolution (1347) 5. 8 juillet, Traité de Kalisz entre les chevaliers Teutoniques et le royaume de Pologne. 3 septembre, bulle fondant l'université de Pise. 23 septembre, lors du siège d'Algésiras dans le royaume de Grenade, Philippe III de Navarre est tué d'une flèche à la gorge à Jerez de la Frontera ; son fils, Charles II de Navarre dit « Charles le Mauvais, lui succède.

1344. En mars, le concile tenu à Paris par l'archevêque de Sens, en présence de cinq évêques, consacre son treizième et dernier canon à la recommandation de la pratique de l'Angélus à la fin de chaque journée. 11 avril, Humbert II, dauphin du Viennois, choisit pour héritier le fils aîné du roi de France, à condition qu’il porte le titre et les armes de "Dauphin". Le pape nomme grand maître des Canaries l’amiral de France Louis de La Cerda (qui n’ira jamais sur ces îles). Pour lutter contre les Turcs qui font régner l’insécurité en mer Égée, Clément VI renouvelle la Sainte Ligue dont les participants bénéficient des privilèges des croisés : la prise de la citadelle de Smyrne en octobre représente un beau succès, que prolonge la croisade du dauphin Humbert de Savoie (1345). 16 juillet, le roi Pierre IV d'Aragon, qui a envahi les îles Baléares (royaume de Majorque), s'empare des comtés de Roussillon et de Cerdagne. 28 octobre, la ligue maritime italienne prend Smyrne que les Chevaliers de Rhodes occupent jusqu’en 1402. 21 novembre, à Prague, début de la construction de la cathédrale Saint-Guy ; au début de l'année, la ville a été élevée au rang d'archevêché par le pape. En décembre, ordonnance du roi de France, Philippe VI de Valois, reconnaissant au Parlement de Paris le droit de présenter des remontrances. 31 décembre, mort d'Otto Ier de Poméranie-Stettin (Poméranie occidentale) : son fils Barnim III le Grand lui succède.

1345. Clément, pour mieux lutter contre les Turcs, parvient à opérer une jonction entre les flottes du roi de Chypre, du grand maître de Rhodes et des doges de Gênes et de Venise, sous la conduite de Humbert, dernier dauphin de Vienne ; la croisade se termine sans résultat par un armistice ; Humbert se fait moine, et devient patriarche d’Alexandrie. La division du temps selon le système sexagésimal est adoptée 4. Le pape envisage de modifier le calendrier. 11 juin, assassinat du grand-duc byzantin Alexis Apokaukos : au cours d'une inspection dans le nouveau donjon de son palais, les prisonniers et travailleurs forcés se rebellèrent et le tuèrent ; sa tête fut accrochée aux grilles de la prison. 24 juillet, à Gand, Jacob van Artevelde, qui gouverne le comté de Flandre, est tué lors d'une émeute. 18 septembre, à Aversa, André de Hongrie, époux de Jeanne Ire de Naples, est assassiné : on soupçonne sa femme et son amant, Louis de Tarente, d'en être les instigateurs. 26 septembre, mort de Jean de Montfort, duc de Bretagne en 1341 pendant la guerre de Succession, en pleine guerre de Cent Ans ; allié du roi d'Angleterre Edouard III, contre le roi de France Philippe VI de Valois, il fut capturé par l'armée de Jean Le Bon fin 1341, et emprisonné à Paris durant près de quatre ans ; au mois de mars 1345, il parvint à s'échapper et reprit le combat, mais il tomba malade et mourut.

1346. 13 avril, bulle de déposition contre l'empereur Louis IV de Bavière. Louis de Bavière mécontente Jean de Bohême et les Grands qui l’abandonnent. 16 avril, le roi de Serbie, Étienne Douchan, qui s'est déclaré "empereur" en 1345, est couronné "empereur des Serbes et des Grecs" sous le nom de "Stefan Uros IV Dusan" par le patriarche Siméon et le patriarche serbe Joannicius II. A Londres, expulsion des lépreux. 11 juillet, à l’instigation du pape, Charles IV de Luxembourg, fils de Jean de Bohême, est élu roi des Romains ; la guerre civile commencera quand Louis de Bavière mourra le 11 octobre 1347). 26 août, à la tombée de la nuit, à Crécy-en-Ponthieu, Edouard III d’Angleterre bat le roi de France Philippe VI de Valois dont la troupe, trois plus nombreuse, est décimée par les archers anglais ; Jean Ier de Luxembourg, dit l'Aveugle, meurt au cours de la bataille ; Philippe doit s’enfuir du champ de bataille ; il gagne le château de Lobroye où il supplie que l’on ouvre la porte à l’"infortuné roi de France". 29 août, le Danemark vend l'Estonie à l'Ordre Teutonique contre 19 000 marks d'argent : profitant de la rébellion en Estlandie (1343), l’ordre teutonique a gagné du terrain jusqu’à Tallinn (Reval en allemand). 4 septembre, début du Siège de Calais jusqu'à la victoire anglaise le 3 août 1347. 17 octobre, David II d'Écosse, allié à la France selon les termes de l'Auld Alliance (Vieille Alliance), envahit l'Angleterre ; les troupes écossaises perdent la Bataille de Neville's Cross : David II est capturé et emprisonné durant 11 ans.

1347. 3 février, Empire byzantin : Jean Cantacuzène, aidé des Turcs et des Serbes prend Constantinople, chasse la régente Anne de Savoie soutenue par les Bulgares et se fait reconnaître empereur principal ; le tsar serbe Étienne Douchan se retourne contre Jean Cantacuzène, s'empare de toute la Macédoine sauf de Thessalonique, puis de l'Épire, de l'Albanie, de l'Acarnanie, de l'Étolie et de la Thessalie. 9 au 14 mars, concile de Paris : le premier canon défend les condamnations des clercs par les juges séculiers. 3 avril, un décret du roi de Bohême, Charles IV, décide la construction de la « Nouvelle Ville » de Prague. 20 mai, à la Pentecôte, au Capitole de Rome, Cola di Rienzo (dit Rienzi), instigateur d’une révolte populaire tendant à restaurer le régime communal et assisté du vicaire pontifical Raymond d'Ovieto, se fait élire par le peuple "tribun et libérateur de la sacrée république romaine" ; une nouvelle Constitution est adoptée lui donnant des pouvoirs quasi dictatoriaux ; Rienzo chasse alors les Orsini et les Colonna de la ville et prend des mesures pour rétablir l'ordre ; Clément VI approuve le coup d'État mais se méfie du rêve de Rienzo de vouloir unifier l'Italie avec Rome comme capitale ; en août, Cola, qui a déclaré Rome "capitale du monde", révèle qu’il est une sorte de messie-empereur ; le légat Bertrand du Deux est chargé par Clément VI de le poursuivre comme hérétique ; victorieux d’une révolte des barons, Cola s’aliène par des violences arbitraires et les fêtes pompeuses qu'il organise une population éprouvée par la disette ; le 15 décembre, le cardinal Bertrand de Déaulx et les sénateurs Bertoldo Orsini et Luca Savelli rétablissent l'ancien ordre seigneurial ; le dictateur, excommunié par le pape, n'a que le temps de s'enfuir ; après avoir trouvé refuge chez les Spirituels franciscains de Monte Marilla, Cola di Rienzo se rendra à Prague en 1350 et tentera de persuader l'empereur Charles IV de venir délivrer l'Italie, mais celui-ci le fera arrêter et livrer au pape qui le libèrera sur la demande de Pétrarque ; rappelé en 1353 par le pape Innocent VI pour remettre de l’ordre à Rome, il y sera paré par le cardinal Albornoz du titre de sénateur le 1er août 1354 ; le 8 octobre 1354, à l'issue d’un soulèvement populaire organisé par les Colonna, il sera exécuté à la hache, son cadavre sera brûlé et ses cendres jetées dans le Tibre 5. 31 mai, Empire byzantin : Jean VI Cantacuzène reçoit la couronne impériale des mains du patriarche de Jérusalem. 18 juin, la France perd la Bataille de la Roche-Derrien ; les troupes anglaises font prisonnier Charles de Blois. 3 août, les Anglais prennent Calais (abandonné par le roi de France) qu'ils assiégeaient depuis le 4 septembre 1346 ; Edouard III Plantagenêt promet d’éviter le massacre à condition que lui soit livré 6 bourgeois de la ville, en chemise, la corde au cou ; la reine implore la clémence du roi : finalement les 6 bourgeois seront emmenés en Angleterre puis libérés contre rançon. En septembre, l'épidémie de peste noire, transportée par des bateaux génois venus de Caffa, atteint Messine, puis Gênes et Marseille (1er novembre) et se répand dans toute l'Europe ; Venise sera atteinte en juin 1348 ; jusqu’en 1351, la grande peste ou peste noire fait près de 25 millions de morts en Europe (de 30 à 50% de la population) dont 7 millions en France (soit 42% de la population) ; la maladie refera ensuite régulièrement son apparition dans les différents pays touchés. 15 septembre, prise de Tunis par le royaume mérinide du Maroc. 25 septembre, Gaston III de Foix-Béarn, comte de Foix, affirme la souveraineté du Béarn et sa neutralité dans le conflit opposant le roi de France au roi d'Angleterre. 28 septembre, troisième trêve dans la guerre de Cent Ans signée près de Calais avec la médiation du pape Clément VI. 11 octobre, mort de Louis IV du Saint-Empire (Louis III de Bavière) : son fils aîné Louis lui succède (Louis V) comme duc de Bavière et comte de Hollande et de Hainault, en commun avec ses 5 frères. 4 novembre, paix entre Jeanne de Naples et Louis Ier de Sicile ; les angevins de Naples reconnaissent à Louis la possession de la Sicile contre le paiement d'un cens annuel au Saint-Siège et une assistance militaire ; le pape ne reconnait pas le traité.

1348. 11 janvier, à Bénévent, arrivée de Louis Ier de Hongrie avec six mille hommes d'armes : la reine Jeanne de Naples s'enfuit en Provence le 15 ; Louis se rend maître du royaume de Naples mais, à cause de la peste, il retourne en Hongrie fin avril. 2 février, Bataille de la Streva : les chevaliers teutoniques battent l’armée du Grand-duché de Lituanie. 28 février, les Cortes d'Alcalá,  convoqués par Alphonse XI de Castille promulguent l'ordonnance d'Alcala (Ordenamiento de Alcalá), somme de 58 lois. 8 mars, le roi de Bohême Charles IV, empereur du Saint Empire romain germanique, devant faire face à une forte croissance démographique de la capitale royale, fonde la nouvelle ville de Prague. 10 avril, Bataille de Kairouan : le sultan mérinide du Maroc, Abû al-Hasan ben Utman, est battu par plusieurs tribus arabes de Tunisie et les zianides d'Algérie révoltées contre son autorité. 13 avril, massacre de Juifs à Toulon. 23 avril, jour de la saint Georges, le roi d’Angleterre, Edouard III, inspiré par le roman du roi Arthur et des chevaliers de la Table ronde, fonde l’Ordre de la Jarretière 7 qui rassemble 24 chevaliers autour du souverain. 17 mai, pillage du quartier juif de Barcelone. 9 juin, Clément VI achète à Jeanne Ire de Naples, reine de Naples et comtesse de Provence ["accusée, avec trop de vraisemblance, d’avoir fait étrangler son mari" (André de Hongrie, en 1345, ndlr) selon Voltaire, pour épouser son amant Louis de Tarente, et qui a besoin d’argent pour faire la guerre à Louis Ier de Hongrie, frère aîné du défunt, qui a envahi Naples], la ville d’Avignon et le Comtat Venaissin, pour la somme de 80 000 florins d’or ; le pape règlera le différend en faveur de Jeanne : "le pape la déclara innocente du meurtre de son mari, mais il ne la paya point. Elle réclama quatre fois juridiquement contre cette vente illusoire" 2. 4 juillet, bulle du pape protégeant les Juifs et excommuniant les antisémites. 15 septembre, à Chillon sur le lac Léman, les Juifs de la ville sont arrêtés et torturés jusqu'à ce qu'ils avouent avoir empoisonné les puits ; ceux qui ne sont pas massacrés sont expulsés. 26 septembre, bulle Quamvis perfidiam innocentant les juifs de la propagation de la peste ; le pape protège les juifs [accusés d’avoir empoisonnés des puits et d’être responsables de l’épidémie de peste noire qui ravage l’Europe] en faisant remarquer qu’eux aussi sont frappés par la maladie et en leur ouvrant le Comtat Venaissin ("Juifs du pape")

1349. 9 janvier, la population juive de Bâle, accusée d'être responsable de la propagation de la peste, est massacrée et incinérée. 24 janvier, Giovanni Visconti règne seul sur Milan à la mort de son frère Luchino. 14 février, à Strasbourg, 900 des 1 884 habitants juifs de la ville, accusés d'être les responsables de la peste, sont brûlés vifs dans un cimetière. 21 mars, la plupart des juifs d'Erfurt sont massacrés par le reste de la population qui les rend responsable de la peste ; les Juifs d’Allemagne fuient vers la Pologne. 3, 7 ou 9 avril, à Munich, mort de Guillaume d’Occam 1, probablement de la peste. 18 juin, l'Ordonnance dite des Travailleurs prise par Edouard III d'Angleterre vise à réguler et à contrôler les prix et à obliger tous les Anglais de moins de 60 ans à travailler ; Interdiction de la mendicité en Angleterre. 16 juillet, Humbert II, dernier dauphin du Viennois, délie ses sujets de leur serment de fidélité qu'ils devront désormais prêter au dauphin Charles (futur roi de France sous le nom de Charles V) : le Dauphiné passe ainsi au Royaume de France à la condition que le fils du roi et héritier du trône porte dorénavant le titre de "dauphin". 18 août, une bulle du pape Clément VI proclame une Année sainte du 24 décembre 1349 au 24 décembre 1350 (en 1350, pour cette deuxième année sainte - après celle de 1300 - viendront à Rome 1 200 000 pèlerins) et décide que le jubilé aura lieu tous les 50 ans. 6 octobre, début du règne de Charles II le Mauvais, roi de Navarre. 20 octobre, le pape condamne la doctrine des flagellants et interdit leurs processions 3. 25 octobre, à Majorque, Bataille de Llucmajor : Jacques III de Majorque est tué par les troupes de Pierre IV d'Aragon : fin du Royaume de Majorque qui est intégré définitivement à la Couronne d'Aragon.

1350. 26 mars, début du règne du roi de Castille, Pierre Ier dit Le Cruel. 8 avril, Charles, futur roi de France (Charles V) épouse Jeanne de Bourbon (celle-ci étant la fille d’Elisabeth de Valois, sœur de Philippe VI le grand-père de Charles, le pape accorde une dispense). Padoue, exécution de 24 dolciniens. 22 août, à Nogent-le-Roi, mort de Philippe VI : Jean II, dit le Bon [non à cause de sa bonté, mais parce qu’il sera "bon" (brave) au combat], lui succède ; il sera sacré à Reims le 26 septembre. 29 août, Bataille navale de L'Espagnols sur Mer ou Bataille de Winchelsea : la flotte anglaise vainc la flotte castillane.

1351. 25 mars, à Ploërmel, Combat des Trente : lors de la guerre de succession de Bretagne, suite à un défi, 30 Bretons de Charles de Blois affrontent 30 Anglais de Jean de Montfort ; les Français emmenés par Beaumanoir sont vainqueurs. 20 juillet, le duc de Moravie, Boleslas III de Plock, est tué alors qu'il participe à une croisade contre le grand-duché de Lituanie. Firuz Chah dirige le nord de l’Inde : 180 000 personnes sont réduites en esclavage, destruction de temples hindous. 14 septembre, Winrich von Kniprode est élu Grand-Maître de l'Ordre Teutonique (22e).

1352. 6 janvier, à Saint-Ouen, première célébration de l’Ordre de l’Etoile créé par Jean II le Bon le 16 novembre 1351 : premier ordre de chevalerie français, il est placé sous le patronage de Notre-Dame de la Noble Maison et tous les membres jurent de ne jamais reculer dans le combat (les insignes sont un anneau dont le chaton figure une étoile émaillée, timbrée d’un soleil d’or, et un fermail de même forme à fixer sur le manteau ou le chaperon). 21 avril, mort du duc de Pologne, Boleslas III le Prodigue ou le Généreux. 23 mai, Jeanne Ire de Naples et Louis de Tarente sont couronnés reine et roi de Naples. 14 août, Bataille de Mauron : les forces anglo-bretonnes du parti de Jean IV de Montfort vainquent, grâce à leurs archers anglais et gallois, les forces franco-bretonnes soutenant le comte Charles de Blois. 6 décembre, le pape meurt de la gravelle en Avignon.


Notes
1 Guillaume d’Occam (ou d’Ockham), franciscain et théologien anglais, né en 1295 ou 1300, est le représentant le plus notoire du nominalisme et le précurseur des empiristes anglais. Surnommé Venerabilis inceptor et Doctor invincibilis par ses admirateurs, il exposa sa doctrine dans ses Commentaires des sentences, ses Quodlibeta septem et dans son Centiloquium theologicum. Il contribua à séparer la philosophie (fondée sur la raison) et la théologie (fondée sur la révélation) ; il permit ainsi le développement autonome de la science fondée uniquement sur l’expérimentation. Le nominalisme, est la doctrine qui affirme que les idées générales ne sont que des mots, auxquels ne correspond aucune réalité dans l’esprit. Dès l’Antiquité, le philosophe cynique Antisthène, combattant la théorie platonicienne des idées, s’écriait : "Je vois bien le cheval, je ne vois pas la chevalité." Le nominalisme s’opposait donc au réalisme platonicien selon lequel les idées possèdent une existence et une réalité propre, indépendante de l’esprit qui les pense. C’est au Moyen Age que le nominalisme prit un développement considérable avec Roscelin (fin Xe s.), qui eut l’audace de l’appliquer à la théologie et de s’opposer ainsi à la trinité réelle, qui eût conduit, selon lui, à un trithéisme. L’empiriste Hume reprendra les thèmes du nominalisme et soutiendra fonder notre connaissance uniquement sur l’expérience ; le rationaliste Kant prétendra, au contraire, la fonder sur la raison. Clément VI accorda son pardon au petit groupe de spirituels franciscains irréductibles (Ockham venait de mourir, le 7 avril 1349 d'après Fabricius ; il avait renvoyé le sceau de l’ordre, reçu de Cézène à sa mort, mais il n’est pas certain qu’il ait fait acte de soumission).
2 Voltaire, Dictionnaire Philosophique
3 « En l’an de grâce de Notre Seigneur 1349 allèrent les pénitents. Ils sortirent d’abord d’Allemagne. Ce furent des gens qui faisaient pénitences publiques et se battaient de verges à aiguillons de fer. Ils se déchiraient le dos et les épaules en chantant des chansons bien pitoyables sur la Nativité et la Passion [...] Ils faisaient leur pénitence trente-trois jours et demi, autant que Jésus-Christ passa d’années sur terre. Puis ils retournaient chez eux. Cette chose fut commencée pour prier Notre Seigneur de refréner sa colère et casser ses verges […] En ce temps furent généralement par tout le monde pris et brûlés les juifs, leurs avoirs confisqués, excepté en Avignon, en terre d’Église ». (Froissart)
4 Toute l’Histoire. André Jouette. Ed. Perrin. 1989
5 http://fr.wikipedia.org/wiki/Cola_di_Rienzo
6 En 1330, Marguerite de Carinthie (Margarete Maultasch) a été mariée à l'âge de douze ans, à Jean-Henri, margrave de Moravie, fils de Jean l'Aveugle, comte de Luxembourg, qui avait déposé le père de Marguerite du trône de Bohême en 1310, et également le plus jeune frère de Charles IV de Luxembourg, le futur empereur romain germanique. En 1341, Marguerite chassa son mari avec l'aide de l'aristocratie tyrolienne et épousa Louis V, margrave de Brandebourg, sans avoir obtenu le divorce avec Jean-Henri. Louis est le fils aîné de l'empereur Louis IV de Bavière, un Wittelsbach, et de sa première épouse, Béatrice de Schlesien-Glogau. Louis de Bavière a pris sur lui de déclarer nul et non avenu le mariage de Marguerite et de Jean-Henri. Guillaume d'Ockham et Marsile de Padoue ont justifié ce premier "mariage civil" du Moyen âge. Cependant, le pape Clément VI excommunie Marguerite et son nouveau mari en 1342. Le scandale se propage à travers l'Europe. En 1359, en grande partie grâce à l'influence des nouvelles alliances acquises par le mariage du fils de Louis, Meinhard III de Wittelsbach à Marguerite d'Autriche, fille d'Albert II de Habsbourg, en 1358, Marguerite et son deuxième mari seront absous de l'excommunication par un nouveau pape, Innocent VI. http://fr.wikipedia.org/wiki/Marguerite_de_Carinthie
7 C'est, à ce qu'il paraît, en commémoration de la victoire de Crécy (26 août 1346, ndlr) qu'Edouard III créa cet ordre à Windsor, et on croit qu'il lui attribua pour insigne une jarretière bleue, qui se porte à la jambe gauche, parce qu'il avait donné pour mot de ralliement le jour de la bataille le mot jarretière (garter en anglais). Le nombre des chevaliers de l'ordre est demeuré fixé à 26, y compris le roi (ou la reine), chef de l'ordre. http://www.cosmovisions.com/$Jarretiere.htm#hzjGDgbMsJkITPS2.99

Sources


Liste des papes


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; toute reproduction à but non lucratif est autorisée.

Date de mise à jour : 14/02/2017

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