Célestin V

Pietro Angeleri dit Pietro del Morrone, Italien, naît à Isernia dans les Abruzzes en 1209.
Il est moine bénédictin au monastère de Faifoli (province de Bénévent) dont il sera l’abbé de 1276 à 1279.
En 1239, des études sacerdotales le mènent à la prêtrise à Rome, puis il retourne dans son monastère.
A plusieurs reprises, il fait de longues expériences de vie érémitique en plusieurs endroits, notamment sur le mont Morrone, dans les Pouilles, et sur le mont Maiella, près de Sulmona.
Il fonde en 1251 les Ermites de Saint-Damien ou Frères de l’Esprit-Saint (du nom de l’abbaye du Saint-Esprit, à Sulmona dans les Abruzzes), une communauté de spirituels suivant la règle de Saint Benoît (Badia morronese) qui sera la base de l'ordre des Célestins. Après une première autorisation accordée en 1263 par le pape Urbain IV, l’ordre est officiellement approuvé en 1274 par Grégoire X, après que Pietro s'est rendu à pied, en hiver 1273, à Lyon où débutaient les travaux du second concile de Lyon, afin de défendre les statuts de l'ordre menacé de suppression. Ne pas confondre ces Célestins bénédictins avec les Ermites du pape Célestin V, des spirituels franciscains, les Pauperes heremitae domini Caelestini, qu'il autorisera lui-même le 27 septembre 1294 et que Boniface VIII supprimera en 1295.
Elu pape le 5 juillet 1294, à Pérouse, après un conclave de plus de deux ans, il choisit le nom de Célestin ; il est consacré le 29 août à L'Aquila.
Célestin V passe les quelques mois de son pontificat soit à l’abbaye de Sulmona, soit à Capoue ou à Naples.
Inexpérimenté, écrasé par le poids de ses responsabilités, effrayé par les intrigues (Charles II d’Anjou, roi de Sicile, a profité de son ignorance pour dicter la politique de l’Eglise) et incapable de résister aux pressions du roi de France Philippe IV le Bel, il démissionne (il y aurait été poussé par le cardinal Caetani, le futur Boniface VIII, son successeur) le 13 décembre 1294. Sa démission sera longtemps appelée "Le grand refus".
Boniface VIII, pour empêcher les adeptes de Célestin de déclencher un schisme, le met au secret, en résidence forcée, à Anagni puis au château de Fumone jusqu’à sa mort, le 19 mai 1296.
C'est Boniface VIII qui célèbre à Rome sa messe de funérailles.

Après examen d'un grand nombre de miracles survenus pendant sa vie et après sa mort, Clément V l'inscrira au nombre des Saints, en 1313, sous le nom de "saint Pierre Célestin", fêté le 19 mai.
En 1668, Clément IX étendra sa fête à toute l’Eglise universelle.
Pierre Célestin est le saint patron des imprimeurs, des relieurs et des libraires.

Prophétie de Malachie : Ex eremo celsus (En élévation depuis l’ermitage).

Dans son Enfer, Dante place Célestin V dans le Vestibule des Lâches (ou des Veules) : "girone degli Ignavi".

"Il y avait deux ans que durait le conclave qui devait élire un pape, mais les factions romaines et les cardinaux soumis à l'empereur germanique n'arrivaient pas à s'entendre sur un nom. Devant les menaces, ils élurent un saint vieillard qu'ils tirèrent de sa cellule monastique. Il arriva à Aquila monté sur un âne et comprit bien vite qu'il n'était pas fait pour cette charge. Au bout de six mois, il donna sa démission et fut enfermé par son successeur, Boniface VIII dans le château de Fumone à Anagni. Il y resta dix mois avant de mourir en disant : "Je n'ai jamais eu de cellule où l'on put aussi bien prier." 1


1294. 5 juillet, élection du pape (il est consacré le 29 août). 29 septembre, à L'Aquila, bulle du Pardon accordant chaque année l'indulgence plénière à ceux qui feront le pèlerinage de Sainte Marie de Collemaggio les 28 et 29 août. A Nice, première mention du carnaval. Philippe IV et Edouard Ier d’Angleterre lèvent des impôts sur les clercs pour financer leurs armées. 27 septembre, le groupe franciscain des Pauperes heremitae domini Caelestini, dirigé par le frère Libérat (Pierre de Macerata) et par Ange de Clareno, est autorisé par le pape ; Boniface VIII se montrera hostile à cette communauté dont l’attitude lui rappelle celle des vaudois. 10 décembre, la maison de la Vierge est transportée en Italie, dans la marche d’Ancône, au territoire de Recanati, dans une forêt appartenant à une dame appelée Lorette 2. 13 décembre, à Naples, le pape renonce au Saint-Siège ; il convoque un conclave où est lu l’acte d’abdication et où il se dépouille de ses insignes pontificaux 3.


Notes
1 http://nominis.cef.fr/contenus/saint/7026/Saint-Celestin-V.html
2 missel.free.fr/Sanctoral
3 http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Ces-papes-qui-ont-renonce-au-Siege-de-Pierre-_NP_-2013-02-11-909928

Sources

Liste des papes


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; toute reproduction à but non lucratif est autorisée.

Date de mise à jour : 24/08/2017

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