Claire d’Assise

Née à Assise le 16 juillet 1194, dans une famille noble (père chevalier), Chiara Offreduccio di Favarone a 11 ou 12 ans de moins que François Bernardone (François d’Assise).
Elle ne commence à le connaître qu'en 1211, quand celui-ci se met à prêcher dans la cathédrale Saint-Rufin à Assise. Elle se sent alors irrésistiblement attirée par son idéal de pauvreté évangélique et décide "de le prendre, après Dieu, pour guide de sa vie".
Elle cherche à rencontrer François grâce à son cousin Rufin qui fait partie du groupe des frères, et ensemble ils mettent au point son changement de vie.

Dans la nuit qui suit le dimanche des Rameaux 1212, Claire quitte la demeure paternelle et va rejoindre François et ses frères à la chapelle de la Portioncule. Là elle se consacre à Dieu pour toujours. François lui coupe sa belle chevelure blonde et lui donne un habit de bure.

François la conduit chez les bénédictines de Saint-Paul (sur la route de Sainte-Marie des Anges à Pérouse) où elle reste jusqu'à ce que sa famille soit apaisée.

Quelque temps après, Claire est installée par François à Saint-Damien (San Damiano).
Rapidement d'autres jeunes filles se joignent à elle, dont sa sœur Agnès, puis sa maman Ortolana et son autre sœur Béatrice.
L’ordre des Pauvres Dames ou Sœurs Pauvres est fondé (elles deviendront les Clarisses en 1227).
La vie des Pauvres Dames prospère rapidement et d'autres monastères sont créés.

En 1216, le pape Innocent III fait Claire abbesse de sa communauté qui compte cinquante religieuses et accorde aux Pauvres Dames de Saint-Damien le privilegium paupertatis (privilège de pauvreté), autorisation permettant à la communauté d’exister sans propriétés ni revenus (ce qui est étranger aux mœurs du temps et contraire au statut canonique des moniales). Le privilège de pauvreté ne sera que pendant très peu de temps étendu aux autres monastères des Pauvres Dames, établis dès 1227 sous la juridiction des Frères mineurs et organisés selon une règle de vie promulguée en 1247 par Innocent IV.

En 1218, le cardinal Hugolin (futur Grégoire IX) obtient de Honorius III, l'exemption, pour les Pauvres Dames, de la juridiction épiscopale.

Après la mort de François, le 3 octobre 1226, la papauté intervient pour aménager la vie matérielle des moniales. Claire refuse de toutes ses forces. La Règle qu'elle rédige se démarque des autres Règles monastiques par son attachement à la pauvreté totale, le lien avec les frères de François et la simplicité franciscaine.
Le 14 décembre 1227, cédant à une grève de la faim entamée par Claire, Grégoire IX confirme, par la bulle Quoties cordis oculus, que l'assistance spirituelle des Pauvres Dames est confiée au Ministre général des Frères mineurs.

En 1234, Agnès, fille du roi de Bohême, fonde un monastère à Prague.

En 1240, quand les Sarrazins qui envahissent Pise veulent entrer dans le  monastère, Claire, malade, se fait porter à l'entrée, et avec elle le vase dans lequel est renfermé le Très-Saint-Sacrement : « Ne livrez pas aux bêtes, Seigneur, les âmes qui vous louent ; gardez vos servantes, que vous avez rachetées de votre sang précieux. » La prière de Claire repousse miraculeusement les Sarrazins. 2

En 1252, Innocent IV rend visite aux Sœurs d’Assise et décide d’approuver la Règle rédigée par Claire.
La bulle d'approbation arrive à Saint-Damien le 9 août 1253. Claire meurt le 11 en serrant la bulle dans sa main. Elle quitte ce monde dans la paix et la joie en murmurant : « Sois béni, mon Seigneur, Toi qui m'as créée ! » Le pape et la Curie assistent à ses obsèques.

Canonisée par Alexandre IV dès septembre 1255, sainte Claire est fêtée le 11 août.
Par jeu de mots, elle est la patronne des blanchisseurs, des repasseurs.
Pour avoir eu, sur son lit de mort, la vision d’une cérémonie se déroulant dans la basilique d’Assise, elle a été proclamée patronne des métiers de la Télévision par Pie XII en 1957.
On l’invoque pour les maux d’yeux et pour obtenir le beau temps.


Sainte Claire d'Assise par Simone Martini

En 1263, la règle des sœurs mineures (clarisses de France), un peu moins sévère, est approuvée par Urbain IV.


Colette de Corbie

Le 16 octobre 1406, le pape d'Avignon Benoît XIII (1394-1423) nomme Colette de Corbie (Nicole ou Nicolette Boylet, fille de Robert Boylet, un charpentier, qui l'a ainsi prénommée en l'honneur de st Nicolas de Myre) "abbesse, dame et mère de toutes celles qui la suivraient" (cette décision sera confirmée par Innocent IV). Rejetée de Corbie, puis de Noyon, elle se réfugie en Franche-Comté, au manoir de la Baume-de-Frontenay où elle est rejointe par ses premières filles. En 1408, elle a la permission de s'installer à Besançon, ce qu'elle ne fait que le 14 mars 1410 avec l'approbation du pape Alexandre V. Supérieure générale de l'ordre des clarisses, Colette fonde 17 monastères. Elle meurt, le 6 mars 1447, dans son couvent de Bethléem à Gand où elle est enterrée ; son corps sera, par la suite, transporté à Poligny dans le Jura.
Pie II approuve en 1458 les Constitutions des clarisses codifiant la réforme de sainte Colette (1381-1447).


Selon la règle suivie, on distingue les clarisses urbanistes, les clarisses colettines et les clarisses capucines ou Filles de la Passion fondées à Naples, en 1535, par la vénérable Marie-Laurence Longo.

Le 14 février 1957, par la lettre apostolique Ad perpetuam rei memoriam, Pie XII déclare "Sainte Claire, vierge d'Assise, céleste Patronne auprès de Dieu de la Télévision".

Le 31 juillet 1989, 18 clarisses d'Aubazine (Corrèze) rompent avec Rome et se placent sous l’autorité d'Ignace IV, le patriarche grec d'Antioche.

Les Clarisses sont environ 15 000 dans le monde en 900 monastères.


La spiritualité de Claire 1

Sainte Claire, vénère en même temps le Christ comme le Divin Enfant "couché dans la crèche et enveloppé de quelques méchants langes" et le Crucifié qui a voulu "souffrir sur le bois de la croix et... mourir du genre de mort le plus infamant qui soit". En cela, elle est bien la fille de saint François d’Assise qui fit venir l’Enfant Jésus dans la crèche à Greccio, et qui reçut les stigmates sur l'Alverne. L'Homme-Dieu est l'Enfant et le Crucifié, mais aussi le Roi de Gloire, le Seigneur.

Sainte Claire médite sans cesse le mystère de l'lncarnation par lequel "Celui qui était riche s'est fait pauvre pour nous" ; elle contemple le Verbe divin devenu "le dernier des humains, méprisé, frappé, tout le corps déchiré à coups de fouets, mourant sur la croix dans les pires douleurs". De la Crèche au crucifiement, elle voit le même et profond mystère, adorant déjà dans le corps du Divin Enfant les plaies du Divin Crucifié. Si on ne peut lui attribuer la composition de la prière aux Cinq Plaies du Seigneur, on sait qu'elle la disait chaque jour.

A l’école de saint François d’Assise, elle découvre la sainte humanité du Sauveur Jésus, sans pour autant être uniquement fascinée par l'aspect sanglant du Crucifié : l’Enfant Jésus de la Crèche n’est pas moins l'Oint, le Messie, le Seigneur, le Fils du Très-Haut que l’Homme Dieu de la passion et de la Croix. Elle découvre la sainte humanité du Sauveur Jésus, sans pour autant perdre de vue que "Celui s'est fait pauvre pour nous" est toujours le Seigneur qu’elle n’appelle, avec la révérence que l’on doit à sa divinité, le Christ ou le Christ-Jésus, le Seigneur ou le Roi. Le Crucifié de Saint-Damien qui a parlé à saint François, celui que sainte Claire contemple n'est pas tant l’Homme des douleurs que le Christ serein et victorieux au sein même de la plus extrême abjection. Sous le Crucifié, elle voit encore "le plus beau des enfants des hommes, de race noble, celui dont la beauté fait l'admiration des anges pour l'éternité", celui "dont le soleil et la lune admirent la beauté", celui qui est "splendeur de la gloire éternelle, éclat de la Lumière sans fin et miroir sans tache". Comme saint François, parce qu’elle perçoit la "Beauté de Dieu", elle s'attache à Lui seul comme son épouse.


Citations

Ensemble, avec les quelques sœurs que le Seigneur m'avait données peu après ma conversion, je promis volontairement obéissance à François. (Claire, Testament)

Ce que tu tiens, tiens-le, ce que tu fais, fais-le et ne le lâche pas, mais d'une course rapide, d'un pas léger, sans entraves aux pieds, pour que tes pas ne ramassent pas la poussière, sûre, joyeuse et alerte, marche prudemment sur le chemin de la béatitude. (Claire, Deuxième lettre à Agnès de Prague).

Je vous recommande toujours la sainte Règle, que vous preniez bien garde que tout soit bien fait et bien gardé, afin que, de la charge qui vous est commise, vous puissiez rendre bon compte à Dieu. Le labeur est bref mais le repos est long. (Sainte Colette à ses sœurs, 18 juillet 1446)

Dictons météorologiques

A la Sainte-Claire, s’il éclaire et tonne, c’est l’annonce d’un bel automne.
Si, le jour de Sainte-Claire, la journée est chaude et claire, comptez sur les fruits à couteau, à coup sûr ils seront beaux.


Pour en savoir +
http://www.franciscain.net/


Notes
1 http://missel.free.fr/Sanctoral/08/11.php#sommaire
2 http://www.abbaye-saint-benoit.ch/gueranger/anneliturgique/pentecote/pentecote04/038.htm


Sources


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; toute reproduction à but non lucratif est autorisée.  

Date de mise à jour : 23/03/2017

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