Clément VIII

Ippolito Aldobrandini, fils de juriste, naît le 24 février 1536 à Fano (Marches) et fait ses études à Padoue, Pérouse et Bologne.
Juriste, il est d'abord avocat consistorial puis auditeur à la Rote romaine et à la Daterie apostolique 6.
Prêtre et cardinal en 1585, Sixte-Quint le nomme grand pénitencier en janvier 1586 et l'envoie comme légat en Pologne en 1588.
Elu pape le 30 janvier 1592, il choisit le nom de Clément ; il est intronisé le 2 février.
Clément VIII adopte l’écriture gothique.
Il tente de restaurer l’Eglise dans toute l’Europe et de rétablir le catholicisme en Angleterre (en vain).
Il libère l’Eglise de la domination espagnole et obtient l’appui de la France en officiant lors de la conversion au catholicisme d'Henri IV.
Il contribue à la conclusion de la Paix de Vervins (1598) et est, en récompense, appuyé par Henri IV, lorsqu’il réunit au domaine de l’Eglise le duché de Ferrare.
Il prépare secrètement avec le roi de France un projet d’alliance de tous les princes chrétiens contre les Turcs.
Il déclare que "l'arôme du café était chose bien trop agréable pour être l'oeuvre du Malin et qu'il serait dommage que les musulmans en aient l'exclusivité", mettant ainsi un terme à la mise en garde des chrétiens d’Italie contre cette boisson, considérée auparavant comme "boisson sombre de l'Islam" donnée par Satan aux musulmans pour les consoler de ne pouvoir boire du vin, boisson sacrée du Christ.
Il organise des congrégations pour analyser (et éventuellement condamner) le molinisme ; la première des Congregationes de auxiliis divinae gratiae, c’est-à-dire des assemblées de théologiens catholiques réunies à propos du molinisme, se tient à Rome à titre de commission de censure chargée de se prononcer sur le livre de Molina : Concordia liberi arbitrii cum gratiae donis (1588) ; Paul V poursuivra cette action : les débats aboutiront à un non-lieu.
Clément VIII meurt le 3 mars 1605.

Prophétie de Malachie : Crux Romulea (Croix de Romulus).


1592. 30 janvier, élection du pape. 18 mars, lettres patentes du roi Sigismond de Pologne qui accordent la protection du souverain à tous ceux qui voudraient se rallier au pape. 13 avril, invasion japonaise de la Corée qui sera secourue par la Chine ; à la tête de 200 000 hommes, le ministre des Affaires suprêmes du Japon, Hideyoshi Toyotomi, débarque à Pusan : Guerre de Sept Ans ou Guerre Imjin (jusqu'en 1598). 7-8 mai, bataille navale d'Okpo, première victoire navale de l'amiral coréen Yi Sun-sin sur les Japonais. 20 mai, élection de Jean Georges de Brandebourg, luthérien, comme administrateur laïc de l'évêché de Strasbourg. : le cardinal de Lorraine est élu évêque par les chanoines catholiques le 9 juin à Saverne : début de la guerre des évêques (1592-1604) ; la diète et l’empereur interviennent pour empêcher la sécularisation des bénéfices. 23 mai, Bataille de Craon opposant l’armée royale commandée par le Prince de Conti à l’armée de la Ligue. 4 avril, par une déclaration connue sous le nom d'Expédient, Henri IV annonce son intention d'être instruit dans la religion catholique. 2-11 juin, nouvelle victoire coréenne à la bataille de Dangpo. 5 juin, le presbytérianisme, une forme de calvinisme, est adopté en Écosse par le Parlement ; l’assemblée générale des presbytériens réussit à placer les évêques sous la direction du roi, annulant ainsi toutes les tentatives épiscopaliennes. 12 juin, les Japonais prennent Séoul puis Pyongyang (15 juillet) et avancent vers la Mandchourie. 14 août et 16 août, victoires navales de l'amiral coréen Yi Sun-sin à Han-San (surnommée la Salamine de Corée) et à Angolpo le 16. 17 novembre, mort de Jean III de Suède : son fils, Sigismond III, lui succède sur le trône de Suède ; fils d'une princesse polonaise catholique, son avènement au trône de Suède provoque une crise constitutionnelle. 2 décembre, mort d'Alexandre Farnèse, duc de Parme et de Plaisance : son fils, Ranuce Ier Farnèse, lui succède. Révision du Bréviaire ; le pape fait éditer une édition corrigée de la Vulgate de Sixte Quint (révisée sur l’initiative de son conseiller théologique Robert Bellarmin, neveu de Marcel II, qu’il nommera cardinal en 1599).

1593. 26 janvier, à Paris, ouverture des États généraux (convoqués par le Conseil de la Ligue) avec comme ordre du jour la réception des décisions du concile de Trente et l’élection d’un souverain catholique, quitte à remettre en cause la loi salique ; Claire-Isabelle d’Espagne, le duc de Savoie, le duc de lorraine et deux Bourbons catholiques sont candidats. 25 février, le synode d'Uppsala, adoptant les préceptes de la Confession d'Augsbourg de 1530, établit officiellement le luthéranisme en Suède (religion officielle). 16 mai, Henri IV prend de court les députés en annonçant son intention de revenir à la religion catholique ; il convoque à Mantes, pour le 15 juillet, une assemblée chargée de l'instruire dans la religion catholique. 30 mai, le poète et tragédien anglais Christopher Marlowe, est poignardé lors d'une bagarre dans une taverne de la banlieue londonienne. 8 juillet, Henri IV prend Dreux, l'entrepôt de vivres des Parisiens. 25 juillet, en la basilique de Saint-Denis, devant l’archevêque de Bourges, Henri IV abjure la foi protestante et se convertit à la religion catholique ; il se rend ensuite sur la butte Montmartre pour contempler la capitale ; là, il aurait dit : "Paris vaut bien une messe". 13 août, le sultan ottoman Murad III, prétextant un non-paiement du tribut, déclare la guerre à l'Empire ; une coalition militaire chrétienne, sous les auspices du pape, est signée à Prague, par Rodolphe II du Saint-Empire, Sigismond Ier Bathory de Transylvanie et Michel Ier le Brave de Valachie ; la "Longue Guerre" durera jusqu'en 1606. 20 décembre, scission officielle entre Grands Carmes et Carmes déchaussés (appelés ainsi parce qu’ils portent des sandales très ouvertes). En Angleterre, Richard Hooker publie les Lois de la politique ecclésiastique (créant la théologie de l’anglicanisme). Palestrina publie son Livre d’offertoires (Offertoria totius anni secundum Sanctae Romanae Ecclesiae consuetudinem).

1593-1595. Révoltes de Croquants dans Périgord, Limousin, Quercy, Languedoc, Guyenne et Bourgogne.

1594. 2 février, mort de Giovanni Pierluigi da Palestrina ; son septième Livre de messes et son Second Livre de madrigaux spirituels (Delle madrigali spirituali libro secondo) sont publiés. 19 février, à Uppsala, le catholique Sigismond III Vasa, déjà roi de Pologne et Grand-duc de Lituanie, succède à son père, Jean III Vasa, et est couronné roi de Suède. 27 février, Henri IV est sacré roi de France à Chartres. 22 mars, Henri IV entre dans Paris. 20 mai, suite à des violations du secret de la confession au nom de la raison d’Etat, Clément VIII rappelle, par un bref, qu’il n’est pas permis de faire usage dans l’administration de ce que l’on a appris au confessionnal. En juin, les troupes d'Henri IV prennent Laon. François de Sales commence sa Mission au Chablais en pays protestant. 7 août, Bataille du Yellow Ford, près d'Enniskillen (sud de l'Ulster) : victoire des catholiques irlandais sur les troupes anglaises. En septembre, Révolte de Croquants contre la noblesse dans le Sud-Ouest (notamment dans le Limousin). 2 décembre, mort du géographe et mathématicien flamand Mercator (Gerhard Kremer). 27 décembre, Jean Châtel (19 ans), ancien élève des jésuites [pendant 2 ans à Paris au collège de Clermont (futur Louis le Grand)], blesse Henri IV à la bouche d’un coup de couteau et lui fait sauter une dent ; 37 jésuites du collège sont arrêtés pour incitation au régicide ; les anciens professeurs du régicide, les pères Hay et Guéret, sont bannis ; le père Guignard, qui aurait encouragé Jean Chatel dans son projet, est pendu et brûlé en place de Grève ; le Parlement de Paris décide d'expulser les jésuites. 29 décembre, Jean Châtel est écartelé en place de Grève.

1595. 8 janvier, le Parlement de Paris décrète l’expulsion des jésuites (décision peu appliquée). 18 janvier, la France déclare la guerre à l’Espagne. 27 janvier, mort du sultan ottoman, Murat III : son fils, Mehmet III, lui succède. 29 janvier, Shakespeare fait représenter pour la première fois Roméo et Juliette. 18 mai, la Paix de Teusina met fin à la guerre russo-suédoise. 5 juin, Bataille de Fontaine-Française : victoire d'Henri IV sur les troupes de la Ligue. 4 septembre, Henri IV entre à Lyon. 18 septembre, contraint par les ambassadeurs du roi de France, le pape accorde l'absolution à Henri IV sous le coup de l'accusation d'hérésie lancée dix ans plus tôt par Sixte Quint ; la cérémonie se déroule en l’absence du roi : ses émissaires, Jacques Davy du Perron et Arnauld d’Ossa, reçoivent à sa place la bénédiction du souverain pontife. 7 octobre, Paix de Cambrai après que le comte espagnol Fuentes a pris Cambrai à la France. 20 octobre, le Riksdag suédois dépose Sigismond III Vasa au profit de son oncle, Charles de Sudermanie : il accèdera pleinement au trône de Suède, en 1599, sous le nom de Charles IX.

1596. 14 mai, Traité de Greenwich : la France et l'Angleterre s'allient contre l'Espagne ; les Provinces-Unies adhèreront à l'alliance le 31 octobre (traité de La Haye). 6 octobre, les évêques des diocèses orthodoxes d’Ukraine occidentale, intégrés à la Pologne, signent avec Rome l’Union de Brest-Litovsk reconnaissant l’autorité du pape et fondent un nouveau culte : l’Église ruthène uniate de rite oriental ; ils seront rejoints en 1649 par les Ruthènes de Haute-Hongrie ; ce culte se maintiendra jusqu’en 1945, date à laquelle la majorité des Ruthènes rejoindra la religion orthodoxe (en 1946, un synode proclamera leur réintégration dans l’Eglise orthodoxe ; les uniates réfractaires seront emprisonnés ou tués). 31 octobre, Traité de la Haye entre la France, les Provinces-Unies et l’Angleterre.

1597. 24 janvier, Bataille de Turnhout (Belgique) : les troupes anglo-hollandaises du stathouder Maurice de Nassau vainquent les troupes espagnoles. 20 juin, le marin néerlandais et explorateur polaire Willem Barents ou Barentz, disparaît en Nouvelle-Zemble (côte ouest de Russie), au cours d'une dernière expédition. 27 chrétiens sont crucifiés à Nagasaki ; début d’une période de persécution. Le pape acquiert, avec l'aide française, le duché de Ferrare réclamé également par l’Espagne. 8 septembre, le territoire appenzellois (nord-est de la Suisse) est partagé en 2 demi-cantons : les Rhodes-Intérieures, catholiques, et les Rhodes-Extérieures, protestantes. 25 septembre, après un siège de 6 mois, Henri IV reprend la ville d'Amiens aux troupes espagnoles. 24 au 26 octobre, Bataille navale du détroit de Myong-Yang : la Corée inflige une lourde défaite à la flotte japonaise. A Noël, Alix Le Clerc et Pierre Fourier fondent les Chanoinesses Régulières. Le cardinal Robert Bellarmin publie le Grand et le Petit Catéchisme 1.

1598. 2 janvier, le pape soumet les différentes thèses sur la grâce en présence de la congrégation des secours de la grâce (Commission De auxiliis) créée à cet effet. 7 janvier, mort du jeune tsar Fédor Ier Ivanovitch ; Boris Godounov, un parvenu qui a marié sa sœur au défunt tsar et a assuré la régence, s'empare du pouvoir. 12 janvier, Convention de Faenza : le pape annexe Ferrare et Comacchio, sur l'Adriatique. 1er février, Jacopo Peri joue son œuvre "Daphne" au Palazzo de Jacopo Corsi : cette œuvre est considérée comme le premier opéra véritable. 17 février, Boris Fedorovitch Godounov se fait élire tsar par les 500 délégués des états généraux de toutes les Russies. 13 avril, Henri IV signe l’Edit de Nantes : amnistie, liberté de conscience, de culte et rétablissement des droits civiques pour les protestants ; une centaine de "villes de sûreté" (dont La Rochelle, Saumur, Montauban et Montpellier) leur sont attribuées ; Fin des guerres de religion. 2 mai, paix avec l’Espagne par le Traité de Vervins (le pape s’entremet entre Philippe II et Henri IV) qui confirme celui de Cateau-Cambrésis (1559) : l'Espagne rend à la France le Vermandois, une partie de la Picardie, la ville de Calais et Le Blavet (Port-Louis, Bretagne) ; la France rend à l'Espagne le Charolais et diverses places fortes et renonce à la suzeraineté sur la Flandre et l'Artois. 2 juillet, à Rotterdam, début du voyage autour du monde du navigateur et flibustier néerlandais Olivier van Noort. 10 août, révolte en Irlande : les Irlandais défont les Anglais à Yellow Ford. 13 septembre, à Madrid (Espagne), mort du roi Philippe II lequel, avant de mourir, a partagé son royaume entre ses enfants Isabelle et Philippe qui lui succède sous le nom de Philippe III. 18 septembre, les Hollandais prennent l'île Maurice. 16 décembre, Bataille navale du détroit de No Ryang : la flotte sino-coréenne (150 navires cuirassés) écrase la flotte japonaise (500 bateaux).

1599. 10 avril, mort de Gabrielle d’Estrées, maîtresse d'Henri IV (selon la rumeur, elle aurait été empoisonnée par les hommes du duc de Toscane qui était en train de négocier le mariage de sa nièce Marie de Médicis avec le roi). 15 août, Bataille du col de Curlew (Irlande) : prises en embuscade, les troupes anglaises sont écrasées par les Irlandais de "Red" Hugh O'Donnell. 15 octobre, Henriette d'Entragues devient la maîtresse d'Henri IV qui lui signe une promesse de mariage. 24 octobre, Henri IV répudie la Reine Margot. 28 octobre, Bataille de Schellenberg près de Sibiu : le voïévode de Valachie, Michel Ier le Brave, écrase l'armée du prince-cardinal de Transylvanie, André Bathory, allié des Turcs, qui est tué lors de sa fuite. 4 novembre, à Lisbonne, mort de Pedro da Fonseca, jésuite, auteur de Commentaires d’Aristote, qui chercha à concilier le libre arbitre et la prédestination. 3 décembre, lors de sa fuite, après la déroute de son armée de nobles hongrois écrasée par les troupes du prince de Valachie (Michel Ier le Brave) lors de la Bataille de Schellenberg près de Sibiu (Roumanie) le 28 octobre, le prince-cardinal de Transylvanie, André Báthory, est tué par des paysans sicules (Siculotes : peuple de Dalmatie). 17 décembre, le pape annule le mariage d'Henri IV et de Marguerite de Valois qui ne lui a pas donné d’héritier ; en 1605, le roi permettra à la reine Margot de quitter le château d’Usson en Auvergne où elle était reléguée depuis 1587 : elle retournera à Paris où elle mourra le 27 mai 1615.

1599-1600. Dans ses Six livres de discussions magiques, le jésuite Martin Antonio Delrio affirme qu’en matière de sorcellerie, tous les témoignages sont acceptables pour soumettre un suspect à la torture.

1600. 17 février, Giordano Bruno, d’inspiration néo-platonicienne et panthéiste, qui soutient l’héliocentrisme de Copernic et pour qui "l’infini recèle une pluralité de mondes", condamné à mort comme "hérétique obstiné et impénitent" par le Tribunal de l’inquisition, est brûlé vif, sur le Campo dei Fiori à Rome, après qu’on lui a arraché la langue pour les "affreuses paroles qu’il avait proférées" : ceux qui assistent à l’exécution bénéficient d’indulgences. 5 octobre, mariage par procuration d'Henri IV de France avec Marie de Médicis à Florence. 6 octobre, au Palais Pitti à Florence, représentation de l'Euridice de Jacopo Peri, considéré comme le premier véritable opéra. 17 décembre, à Lyon, mariage d'Henri IV et de Marie de Médicis, fille du grand-duc de Toscane et de l’archiduchesse d’Autriche. 31 décembre, fondation de la British East India Company. On estime qu’en 1600, 7 à 10 millions de Noirs africains ont été réduits en esclavage par les musulmans depuis la naissance de l’islam.

1600-1616. Epidémie de peste en France.

1601. 17 janvier, Traité de Lyon entre la France et Charles-Emmanuel de Savoie : la France obtient Bugey, Bresse, Valromey et pays de Gex, le duc obtient le marquisat de Saluces et des positions françaises outre-monts. 20 février, Elizabeth Ire fait décapiter son favori, le comte d'Essex : il a la tête tranchée au pied de la tour de Londres ; nommé à la tête de l'armée chargée de réduire la révolte irlandaise, il se préparait à trahir Elizabeth pour prendre seul le pouvoir. Le pape reconnaît les litanies de Lorette. Premier catéchisme français traduit par Bellarmin et publié par François de Sales.

1602. 3 janvier, Traité d’alliance entre la Suède et la France. 20 mars, les Hollandais fondent la Compagnie des Indes orientales. 16 juillet, Mère Angélique est élue abbesse de Port-Royal : elle a 11 ans 2. 31 juillet, Charles de Gontaut, duc de Biron, amiral et maréchal de France, qui a conspiré contre le roi avec l’Espagne et la Savoie, est décapité dans la cour de la Bastille. 8 décembre, François de Sales (21-8-1567-28-12-1622) est consacré évêque de Genève 3. Le duel cause tant de décès qu'Henri IV édicte que la participation à un duel est passible de la peine de mort. Clément VIII promeut la fête de l'Immaculée Conception au rite double majeur. Tommaso Campanella 4 (1568-1639), dans La Cité du soleil, décrit un système fondé sur l’égalité économique et politique des hommes. L'anglais John Willis publie le premier traité d'écriture abrégée (ancêtre de la sténographie).

1603. 15 mars au 20 septembre, voyage de Samuel de Champlain au Canada ; il prend possession de Terre-Neuve et de l’Acadie ; début de la colonisation française en Amérique du Nord, Terre-Neuve, Nouvelle-Écosse et Nouvelle-France. 17 mars, lettre papale Quæcumque défendant le calendrier grégorien. 3 avril (24 mars du calendrier julien), à Richemond, mort d’Elisabeth Ire d’Angleterre qui a désigné son successeur quelques instants avant de s’éteindre : Jacques VI d’Ecosse lui succède sur le trône d’Angleterre sous le nom de Jacques Ier. 24 mai, Samuel de Champlain débarque à Tadoussac, au bord du fleuve Saint-Laurent, avec Dupont-Gravé et Pierre de Monts ; à peine débarqué, Samuel de Champlain dresse la carte du Saint-Laurent ; le 27, l'explorateur français conclut avec le chef Innu Anadabijou la toute première alliance entre les deux nations, la France obtient ainsi le feu vert des Innus pour coloniser le pays et s'approprier le commerce de la fourrure en échange d'un soutien militaire contre les Iroquois et les Anglais. 26 mai, victoire navale des Provinces-Unies sur l'Espagne à la Bataille de L'Écluse. 25 août, à la mort d'Ahmed al-Mansur, le Maroc sombre dans l'anarchie ; le Maroc, divisé entre les trois fils du sultan, connaît des guerres civiles qui affectent tous les citoyens, y compris les Juifs 7. Août-septembre : début du règne de Za Dengel d'Éthiopie après la déposition de Yacob, qui sera rétabli après la mort de Za Dengel le 24 octobre 1604. 3 septembre, Edit de Rouen : le roi Henri IV autorise les Jésuites à rentrer en France. 8 novembre, Pierre Du Gua de Monts reçoit le titre de vice- roi et de lieutenant général "des côtes, terres et confins de l'Acadie et hauts lieux de la Nouvelle France" et obtient le monopole de la traite des fourrures.

1604. 4 mars, à Luslawice (Pologne), mort de Fausto Sozzini ou Socin 5 qui organisa l’Eglise (antitrinitaire ou socinianiste) des Frères Polonais qui reconnaît la naissance miraculeuse de Jésus mais nie sa divinité. Mme Acarie (béatifiée sous le nom de Marie de l’Incarnation) introduit le carmel en France. 27 mai, l'explorateur français, Samuel de Champlain, qui a jeté l'ancre devant les berges de Tadoussac le 24 mai, conclut, avec le chef Innu Anadabijou, la toute première alliance entre les deux nations : la France obtient ainsi le feu vert des Innus pour coloniser le pays et s'approprier le commerce de la fourrure en échange d'un soutien militaire contre les Iroquois et les Anglais. En juin, arrestation d'Henriette de Balzac d’Entraygues qui a comploté contre Henri IV, son royal amant, avec son père le seigneur d'Entraygues, son frère le comte d’Auvergne, le maréchal de Biron (exécuté le 31 juillet), les protestants allemands, le roi d'Espagne et le duc de Savoie ; le roi la fait libérer et commue la peine de mort prononcée contre ses parents (1er février 1605). 12 décembre, l’Edit de la Paulette (proposée par Charles Paulet secrétaire au Parlement) officialise le système selon lequel les fonctionnaires des Finances et du judiciaire achètent leurs offices (héréditaires) à la couronne. Révision du Missel Romain. Le roi d'Angleterre, Jacques Ier, publie
anonymement un Coup de trompette contre le tabac (Counterblast to Tobacco).

1605. 3 mars, mort du pape Clément VIII.


Notes
1 Roberto Francesco Romolo Bellarmino (Bellarmin) naquit à Montepulciano, en Toscane, le 4 octobre 1542. Fils d’un magistrat local et neveu du pape Marcel II, il entra à la Compagnie de Jésus en 1560 et fut ordonné prêtre en 1570. Après avoir été professeur de théologie à Louvain, on lui confia en 1576, l’enseignement de la théologie dite "de controverse" au Collège romain. Dans Disputationes de controversiis fidei christianae (Débats sur les controverses de la foi chrétienne, 1586-1593), Bellarmin réfuta point par point les différentes professions de foi protestantes. Il devint le conseiller théologique du cardinal Cajétan alors légat du pape en France (1589), puis du pape Clément VIII qui le nomma cardinal en 1599. C’est à son initiative que fut révisée la Vulgate de saint Jérôme. Bellarmin fut nommé archevêque de Capoue en 1602, mais démissionna en 1605 pour travailler à la Curie romaine auprès du pape Paul V. Il négocia des traités et des dossiers importants, dont l’affaire Galilée. En 1610, il publia De potestate Summi Pontificit in rebus temporalibus (Du pouvoir du Souverain Pontife dans les affaires temporelles). Ayant donné tout son argent pour le secours des pauvres, Bellarmin mourut pauvre le 17-9-1621. Canonisé en 1930, il fut proclamé docteur de l’Eglise l’année suivante.
2
Jacqueline Marie Angélique Arnauld (1591-1661), Mère Angélique, sœur du théologien Antoine Arnauld, est vouée, dès sa naissance, à la vie religieuse. Le 23 juin 1599, Jacqueline prend l'habit de novice de Cîteaux à Port-Royal des Champs. Le 25 juin 1600, elle est transférée à l'abbaye de Maubuisson, gouvernée par Angélique d'Estrées, sœur de la belle Gabrielle d'Estrées, la maîtresse d'Henri IV. Le 16 juillet 1602, elle est élue abbesse de Port-Royal des Champs : elle n'a que 11 ans. Elle vit au milieu de religieuses qui s’habillent avec élégance, qui reçoivent, qui vont et viennent ; elle éprouve, lors d’une maladie, une crise mystique ; les sermons qu’elle entend pendant le carême de 1608 finissent de la convaincre du nécessaire rétablissement de l’observance la plus stricte de la règle de st Benoît. De 1618 à 1623, elle réforme l’abbaye de Maubuisson, malgré la résistance de l’abbesse ; la vie cloîtrée est régie selon la règle, sans dérogation ; les religieuses sont habillées du même scapulaire blanc marqué d’une croix rouge. En 1626, la communauté s’installe à Port-Royal de Paris ; les solitaires de Port-Royal s’installent dans les bâtiments conventuels que les sœurs viennent d’abandonner ; Port-Royal, fondé pour 12 religieuses, en réunit bientôt 80. La communauté respecte scrupuleusement le guide qu’elle s’est donnée, l’abbé de Saint-Cyran, et son enseignement profondément marqué par Augustin sur la grâce et la prédestination et par les écrits de Jansénius. Lorsque Mère Angélique meurt, en août 1661, les 5 propositions de l’œuvre de Jansénius ont été condamnées par la Sorbonne et par le pape.
3 La famille de François de Sales (21-8-1567-28-12-1622) est Genevoise, de vieille noblesse paysanne, catholique et de culture française. Malgré l’opposition de son père, François, qui veut être clerc, est tonsuré dès 11 ans le 20-9-1578. Il poursuit ses études chez les jésuites du collège de Clermont à Paris. En décembre 1586, il traverse une grave crise d’angoisse déclenchée par le débat autour de la prédestination qui oppose les humanistes chrétiens aux protestants luthériens ou calvinistes. A l’issue de la crise, François décide de se vouer sans réserve à l’amour de Dieu. C’est à Padoue, à l’université, qu’il obtient le titre de docteur tant en droit civil qu’en droit canonique. Le 18 décembre 1593 il est ordonné prêtre. L’année même où Henri IV entre à Paris, il part évangéliser le Chablais, au bord du lac Léman. En 1598, il devient coadjuteur de l’évêque de Genève. Il est reçu par le pape Clément VIII. Pendant toute l’année 1602 il fréquente à Paris les dévots qui entourent Mme Acarie. Le 8 décembre de cette même année, il est consacré évêque de Genève. Pour évangéliser il ne cesse lui-même de voyager, forme des prédicateurs et des missionnaires, anime des confréries religieuses, crée l’Académie florimontane, ouverte à tous. En 1609 il publie L’Introduction à la vie dévote. L’année suivante, il fonde la congrégation de la Visitation, qui est érigée en ordre religieux en 1618 avec l’approbation de Paul V. Ce dernier confie à Vincent de Paul la direction de l’abbaye parisienne. Après avoir refusé de devenir coadjuteur à Paris, il ne cesse de voyager pour, à Lyon comme à Turin ou Avignon, continuer d’enseigner, convaincu que l’enseignement est le 8e sacrement. Le Traité de l’amour de Dieu, qu’il publie en 1616 à l’attention des âmes avancées en la dévotion, illustre sa certitude que l’ignorance est pareille à la malice. "Que faut-il faire ? En un mot : parler affectionnément et dévotement, simplement et candidement et avec confiance. Etre bien épris de la doctrine qu’on enseigne et de ce qu’on persuade. Le souverain artifice, c’est de n’avoir point d’artifice. Il faut que nos paroles soient enflammées, non pas par des cris et des actions démesurés, mais par l’affection intérieure. Il faut qu’elles sortent du cœur plus que de la bouche. On a beau dire : mais le cœur parle au cœur, la langue ne parle qu’aux oreilles." (François de Sales, Lettres)
4 Tommaso Campanella passa 27 ans en prison après avoir désiré une réforme du christianisme et prôné la réunion de tous les peuples sous un seul ordre civil et sous la "religion naturelle" dont les religions existantes ne sont que des formes particulières. II a écrit en prison La Monarchie d’Espagne, Les Aphorismes politiques et surtout La Cité du Soleil qui préconise un système communiste.
5 Dans le christianisme, la doctrine chrétienne de la Trinité fut jugée incompatible avec le monothéisme par certains groupes religieux, issus de la Réforme : Michel Servet, Lelio Socin et son neveu Fausto Socin rejetèrent la doctrine de la Trinité en faveur de l’unitarisme. Fausto Socin, réfugié en Pologne, organisa l’Eglise (antitrinitaire ou socinianiste) des Frères Polonais qui reconnaît la naissance miraculeuse de Jésus mais nie sa divinité. L’unitarisme fleurit en Angleterre au XVIIIe siècle puis s’étendit dans les pays anglo-saxons et en Amérique latine.
6 http://fr.wikipedia.org/wiki/Cl%C3%A9ment_VIII
7 http://server.envolparking.com/~mimouna/histoire-et-environnement/la-communaute-aujourd-hui/au-maroc.html

Sources


Liste des papes


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; toute reproduction à but non lucratif est autorisée.

Date de mise à jour :
13/04/2017
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