Damase Ier

Damase, d’origine hispanique, fils du prêtre Laurent, naît à Rome en 305. Certains le font naître à Guimarães (Portugal) ou en Galice (Espagne).
Diacre du pape Libère, chassé de son siège par l’empereur Constance, il le suit en exil, en 355.
Retourné assez vite à Rome, il prend du service auprès de l’antipape Félix II (355-365) mais se réconcilie avec le pape Libère quand celui-ci est autorisé à rentrer à Rome.
Le 24 septembre 366, à la mort de Libère éclatent de violents désordres : les fidèles du défunt pape, réunis dans la basilique Julienne, qui reprochent à Damase de s'être rallié un certain temps, sous le pontificat précédent, à l'antipape Félix II, élisent le diacre Ursin et le font sacrer ; les autres, partisans du défunt antipape Félix II, choisissent Damase et soudoient un bande de voyous qui prend d’assaut la basilique Julienne où, pendant trois jours, on massacre des ursiniens.
Le 1er octobre, après que ses partisans se sont emparés de la basilique du Latran, Damase est intronisé ; avec l’appui du préfet de la ville, il fait chasser Ursin et ses fidèles de Rome d’où les derniers disparaîtront lors de la prise de la basilique libérienne, le 26 octobre 9. Ursin doit prendre le chemin de l'exil le 15 novembre, et se réfugie à Cologne ; puis, l'empereur Valentinien ayant permis aux bannis de revenir, il revient à Rome le 15 septembre 367. Le 16 novembre, il est à nouveau relégué en Gaule, avec sept des siens, par ordre de l'empereur. En 371, les empereurs Valentinien, Valens et Gratien 4 permettent à Ursin et ses amis de rentrer d'exil de Gaule.
Damase doit se défendre contre le parti de Ursin, son ancien rival, qui l’attaque jusque dans sa vertu, mais il sort vainqueur de la lutte.
Damase travaille surtout à la conservation des mœurs et de la discipline ecclésiastique ; il défend aux prêtres et aux religieux d’aller dans les maisons des veuves et des filles qui vivent seules et fait promulguer par Valentinien une loi (370) qui déclare les directeurs de conscience incapables de rien recevoir, soit par donation, soit par testament, afin de mettre un terme à leur scandaleuse rapacité.
En réponse à une consultation d'évêques gaulois, le pape de Rome envoie un véritable mémoire de discipline romaine relative principalement au sacerdoce et à ses obligations morales et spirituelle, Ad Gallos, qui affirme très nettement l'autorité romaine sur les régions de la Gaule. 11
On attribue à Damase l’institution des légats dans les provinces éloignées de Rome.
Damase joint la charité à la sévérité des mœurs et au courage apostolique.
Il gouverne l’Eglise romaine avec une sagesse pleine de fermeté ; il défend la primauté ecclésiastique de Rome sur Constantinople et utilise le premier le terme de "siège apostolique".
Il soutient la foi en la Trinité, combat les ariens, notamment les pneumatomaques(ou macédoniens), et ajoute la formule trinitaire au chant des psaumes : Gloria Patri et Filii et Spiritu Sancti.
Damase envoie le diacre Sabin, futur évêque de Plaisance (+ 420), à Antioche pour régler le schisme mélétien (du nom de Meletios, évêque de Lycopolis qui contestait le pouvoir de Pierre, l'évêque d'Alexandrie, sur l'ensemble de l'Egypte chrétienne) qui divisait cette Eglise, schisme condamné par le concile de Nicée (325).
Il se soucie de trouver un endroit adéquat aux archives papales.
Il est l’ami d'Ambroise de Milan (+ 397) et de Jérôme de Stridon (+ 419 ou 420), son secrétaire, à qui il commande la Vulgate.
Au IVe concile de Rome, il ordonne le paiement de la dîme sous peine d’anathème : la tradition chrétienne relie la dîme aux dons volontaires des membres des premières communautés ; des textes du IIIe siècle (Cyprien, Origène) montrent que l’usage de verser un dixième de ses biens à l’Église était courant ; Ambroise de Milan en fait une obligation de conscience, et Augustin d’Hippone se montrera très strict dans ce sens.
Damase entreprend un recensement précis des tombes des martyrs romains, restaure les catacombes et crée systématiquement des sanctuaires souterrains pour mettre en valeur ces tombes et permettre aux pèlerins de les vénérer ; il rédige pour chacun des martyrs une épigramme plus ou moins longue résumant son histoire comme celle figurant sur le célèbre tombeau du jeune martyr Tarcisius ; ces textes sont gravés par le calligraphe officiel du pape, Furius Dyonisius Philocalus, qui, lui-même, en a signé plusieurs.
Il fait écrire sur les murs des catacombes de Saint-Calixte : "Moi aussi, Damase, c’est ici que j’eusse voulu reposer si je n’avais pas craint de profaner les cendres des saints" (il se fera humblement enterrer dans une église voisine).
Damase meurt le 11/12/384 ; ses dernières paroles sont : « J’ai soif d’être réuni à mon Dieu ».
Saint Damase Ier, fêté le 11 décembre, a laissé 40 petits poèmes et quelques lettres.

On lui doit la fondation de Sainte-Anastasie, de Saint-Laurent-in-Damaso, de Saint-Clément, de Sainte-Pudentienne et du baptistère de Saint-Pierre.

"Dans une période difficile, il réunit de nombreux synodes pour défendre la foi de Nicée contre les schismes et les hérésies, il confia à saint Jérôme la traduction latine des livres saints, embellit avec piété les tombes des martyrs et les décora d’éloges versifiés. Lui-même, mort en 384, avait fait graver d’avance sur sa tombe, au cimetière de Calliste, un acte de foi : “Celui qui marche sur les eaux... fera se dresser Damase de ses cendres" 8.

"Il établit la peine du talion pour ceux qui auraient accusé quelqu'un faussement. Il ordonna que, selon l'usage déjà reçu en plusieurs lieux, on chanterait jour et nuit dans toutes les églises les Psaumes à deux choeurs, et qu'on ajouterait à la fin de chaque Psaume : Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit. Il chargea saint Jérôme de traduire le Nouveau Testament, selon la pureté du texte grec. Il gouverna l'Eglise dix-sept ans, deux mois et vingt-six jours, et fit cinq Ordinations au mois de décembre, dans lesquelles il créa trente-un Prêtres, onze Diacres, et soixante-deux évêques pour divers lieux." 6


366. 24 septembre, élections d'Ursin et de Damase. 1er octobre, après que ses partisans se sont emparés de la basilique du Latran, Damase est intronisé ; avec l’appui du préfet de la ville, il fait chasser Ursin et ses fidèles de Rome d’où les derniers disparaîtront lors de la prise de la basilique libérienne, le 26 octobre 9. 15 novembre, Ursin prend le chemin de l'exil et se réfugie à Cologne.

367. Cyrille de Jérusalem (+386) est banni par l’empereur d’Orient Valens. Mort d'Hilaire de Poitiers 7. Le concile de Rome, composé de 44 évêques, examine l’accusation d’adultère lancée contre le pape Damase et condamne les paterniens ou vénustiens, disciples de Symmaque le samaritain, qui attribuent au diable la formation des parties inférieures du corps humain et permettent qu’on s’en serve à des fins criminelles. 15 septembre, l'empereur Valentinien ayant permis aux bannis de revenir, Ursin rentre à Rome, acclamé par ses partisans ; le 16 novembre, il est à nouveau banni par le préfet Prétextat et relégué en Gaule, avec sept des siens, par l'empereur. En hiver, l'hérésiarque Eunomius, évêque arien de Cyzique, est déposé et exilé en Maurétanie par le préfet du prétoire Auxonius, pour avoir accueilli l'usurpateur Procope.

368. Le concile de Rome condamne Ursace et Valens, soutiens de l’arianisme.

369-372. Persécution des chrétiens déclenchée par le roi goth Athanaric. Un parti des Goths convertis se forme sous la direction de Fritigern.

Vers 370. Basile le grand 1, métropolite de Césarée (où il a fondé une abbaye en 357), construit aux portes de Césarée un hôpital/hôtel, le xenodochium.

370. Au concile d’Alexandrie, Athanase écrit au pape Damase pour le remercier d’avoir condamné Ursace et Valens.

370 (ou 340, 343, 355, 362). Le concile provincial de Gangres ou synode de Gangres (aujourd'hui Çankırı, Turquie), métropole de la Paphlagonie, réunit treize évêques arméniens ; il condamne Eustathe de Sébaste et son entourage ; les canons du concile de Gangres anathématisent ceux qui rejettent le mariage (§1), qui condamnent la consommation de viande (§2), qui recommandent à un esclave de quitter son maître (§3), refusent de communier lorsque la liturgie est célébrée par un prêtre marié (§4), méprisent les assemblée liturgiques dans les églises paroissiales (§5) ou auprès des tombes de martyrs (§20), ceux qui célèbrent des offices en-dehors des églises paroissiales (§6), ceux qui reçoivent des offrandes pour l'église ou les pauvres sans le consentement de l'évêque (§7-8), ceux qui choisissent la virginité par mépris du mariage (§9), ceux qui s'enorgueillissent de leur profession de virginité (§10), ceux qui méprisent les repas offerts aux pauvres - agapes - (§11), ceux qui portent le manteau des philosophes et méprisent ceux qui s'habillent ordinairement (§12), les femmes qui par ascétisme adoptent un vêtement masculin (§13), se coupent les cheveux (§17) ou quittent leur mari (§14), ceux qui par ascétisme négligent leurs enfants (§15) ou leurs parents (§16) ainsi que ceux qui jeûnent le dimanche (§18) ou ne respectent pas les jeûnes d'église (§19). 12

370-397. Martin (316-397), évêque de Tours (4 juillet 371), christianise les villages gaulois.

371. Les empereurs Valentinien, Valens et Gratien permettent à Ursin et à ses amis de rentrer d'exil de Gaule.

372. Un concile en Cappadoce règle un différend qui s’était élevé entre Basile de Césarée et l’évêque de Tyane, au sujet du titre de métropolitain que ce dernier s’arrogeait. Le concile de Rome excommunie Auxence de Milan et traite de la consubstantialité du Saint-Esprit. Le concile d’Antioche, présidé par Mélèce, reçoit le diacre Sabin qui apporte aux Pères du concile une lettre synodique du pape Damase. Au concile de Nicopolis, dans la Petite Arménie, Basile oblige Eustathe de Sébaste à signer la profession de foi contenue dans sa lettre 77.

373. Dans la nuit du 2 au 3 mai, mort de l'évêque d'Alexandrie Athanase. Mort du diacre Ephrem de Nisibie surnommé la Harpe du Saint-Esprit (il écrivit des Hymnes chrétiennes en syriaque). Damase prend parti pour Paulin contre Mélèze et anathématise Apollinaire, Vital, Timothée et les lucifériens.

374. Grégoire succède à son père comme évêque de Nazianze 3. Concile de Rome tenu contre Apollinaire et Timothée, qui prétendent que Jésus-Christ n’avait point une âme humaine, mais que le Verbe de Dieu animait son corps. 12 juillet, le concile de Valence sur le Rhône (dont l'évêque est Emilien) est présidé par Phébade, évêque d’Agen, en tant que plus ancien évêque de l’assemblée ; 22 évêques sont présents, dont Evodius ou Evode ou Vosy (probablement évêque du Puy-en-Velay), Florent évêque de Vienne, Just évêque de Lyon, Euverte évêque d'Aurelianum (Orléans) et Concordius d’Arles ; le concile statue sur la pénitence et l’admission aux ordres : son canon n°1 "interdit d'ordonner clercs les digames, veufs remariés, ou les époux d'une femme qui a déjà été mariée".

375. Au printemps, l'empereur Valentinien Ier quitte Trèves pour l'Illyricum ; de juin à août, Valentinien, à Carnuntum, s'efforce de rétablir l'ordre dans la Pannonie dévastée, puis part pour Aquincum ; en août, début de la campagne de Valentinien contre les Quades et les Sarmates. Le concile d’Illyrie, assemblé sur le désir et sous les auspices de l'empereur Valentinien, décide que le Fils et le Saint-Esprit sont consubstantiels au Père. Un concile de Rome condamne Lucius, usurpateur du siège d’Alexandrie. Le pape affirme l’autorité doctrinale et la primauté de juridiction de l’évêque de Rome (Décrétales) ; il fait adopter le latin comme langue liturgique à la place du grec. 17 novembre, à Brigetio sur le Danube, Valentinien Ier meurt d’une attaque cérébrale alors qu’il reçoit une ambassade de Quades venus implorer son pardon ; il laisse deux fils, Gratien, associé au pouvoir depuis 367, et Valentinien II, âgé de quatre ans. 22 novembre, à Aquincum, les soldats d'Illyrie, à l'instigation de l'impératrice Justine, contraignent Gratien à prendre Valentinien comme collègue ; les deux frères se partagent l'Occident : Valentinien II obtient l'Illyrie, l'Afrique, et l'Italie et Gratien la Bretagne, la Gaule, et l'Espagne ; Valentinien II règnera (jusqu’à son assassinat en 392) d’abord sous la tutelle de son frère Gratien 4 jusqu’à l’assassinat de celui-ci en 383. Sur le Don inférieur, les Huns attaquent les Ostrogoths et soumettent une partie d’entre eux.

376. Taifales, Alains, Ostrogoths et Huns tentent de passer Danube.

377. A Rome, un concile condamne les apollinaristes et les gnostiques marcellianistes.

378. En février, les Alamans (Lentiens) envahissent l'Alsace. En mai, à Argentovaria ou Argentaria (Horbourg - 68), Gratien 4 repousse l’invasion des Alamans et les poursuit au-delà du Rhin. Cyrille de Jérusalem (+386) revient définitivement à Jérusalem. 9 août, à Andrinople (Thrace), l’empereur d’Orient Flavius Valens ne parvient pas à repousser les Wisigoths et meurt brûlé dans l’incendie d’une maison au soir de la bataille : Théodose lui succède. Les évêques d’Italie, réunis en concile à Rome, reconnaissent la primauté de l’évêque de Rome, mais refusent de lui reconnaître des pouvoirs supérieurs aux leurs ; le concile de Rome condamne Ursin et déclare Damase "pape légitime" ; le concile renouvelle les condamnations d'Arius, de Sabellius, d'Apollinaire, d'Eunomius et de Photin.

379. A la mort de son frère Basile de Césarée, le 1er janvier, Grégoire de Nysse 5 prend sa suite dans la lutte contre l’arianisme. 19 janvier, à Sirmium, Gratien 4 s’associe, en tant qu’Auguste d’Orient, le général espagnol Théodose (en remplacement de Valens) pour gouverner l’Orient et combattre les Goths ; Théodose refuse de revêtir le manteau du grand pontife, chef de la religion romaine.

380. 28 février, publication de l'Edit de Thessalonique par lequel Théodose Ier (poussé par Damase) fait du christianisme la seule religion officielle de l’Empire et frappe d’infamie les chrétiens qui ne se rallient pas au credo de Nicée : "Tous les peuples doivent se rallier à la foi transmise aux Romains par l’apôtre Pierre, celle que reconnaissent Damase et Pierre d'Alexandrie, c’est-à-dire la Sainte Trinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit" ; ceux qui "refuseront de s’y soumettre devront s’attendre à être l’objet de la vengeance divine mais aussi à être châtiés par nous selon la décision que le Ciel nous a inspirée" ; désormais, la foi en la divinité de la sainte Trinité sera obligatoire au sein de l’Empire ; Théodose soutient ainsi les enseignements dispensés par les évêques d’Alexandrie et de Rome contre l’arianisme, alors totalement proscrit ; pour confirmer ces dispositions, Théodose réunira un concile œcuménique à Constantinople en mai 381 10. Concile de Rome tenu contre divers hérétiques et contre les partisans de l’antipape Ursin. Un concile d’Antioche approuve les articles de foi et les anathématismes du dernier concile de Rome. Le concile de Saragosse condamne les pratiques des disciples de Priscillien, mais sans le nommer. Au concile de Milan, Ambroise et les évêques de sa province reconnaissent l’innocence de la vierge Indicia, accusée de s’être laissé corrompre. Un concile d’Afrique, condamne le donatiste Tichonius, qui soutient par écrit et de vive voix que la vraie Eglise est répandue par toute la terre. Au concile d’Antioche, les ariens écrivent à Eunome (+ 393) pour lui demander de faire cause commune avec eux : Eunome consent à cette fusion.

381. En mai, ouverture du concile de Constantinople I. Théodose publie une ordonnance pour éliminer l’hérésie arienne (peine de mort). 5 septembre, le concile régional d’Aquilée, auquel souscrivent, entre autres, Just l'évêque de Lyon et Domnin l'évêque de Grenoble, dépose Pallade et Secondien, évêques ariens d’Illyrie, et demande à l'empereur Gratien 4 de ne pas croire aux calomnies propagées par Ursinus contre Damase ; Ursin est déclaré "usurpateur". Ursin part à Milan où il rejoint le courant arianiste, qui lui promet son soutien ; mais Ambroise, évêque de Milan, après en avoir informé l'empereur Gratien, bannit Ursin d'Italie et le fait enfermer à Cologne. Gratien lutte contre le paganisme : loi sur les apostats, séparation de l’Etat et du paganisme.

382. Damase tient un concile à Rome sur la légitimité de l’évêque d’Antioche (au concile prennent part Ambroise, Valérien, Arcole et Jérôme) ; il envoie des lettres synodales à Paulin d’Antioche et établit une liste des divines Écritures, le Canon des Ecritures (le fameux Décret de Damase). L'empereur Gratien, parmi de nombreuses mesures contre les religions anciennes, refuse le titre de Pontife qui n'est alors plus porté jusqu'à ce que le pape Gélase Ier (492-496) prenne le titre de Summus pontifex. 3 octobre, Traité de paix entre l'empire romain et les Wisigoths vaincus par Théodose Ier qui les installent en Mésie et en Thrace avec le titre d'alliés du peuple romain, sous la condition de fournir un important contingent de troupes auxiliaires et d'assurer la défense de la frontière.

383. Au concile de Constantinople, Théodose cherche à amener une réconciliation entre les différentes sectes qui divisent l’Eglise ; voyant l’inutilité de ses efforts, il porte contre les hérétiques une loi, la XIe du code Théodosien. Les légions de l’Ile de Bretagne proclament empereur des Gaules leur commandant Maxime ; Gratien 4 perd le soutien de ses armées, se réfugie à Lyon où il est égorgé le 25 août ; Maxime prend le pouvoir.

384. A Rome, la jeune et pieuse veuve Blésille (Blesilla), une des filles de la veuve Paule, meurt à 20 ans, le 22 janvier ; le bruit court qu’elle a été victime de ses jeûnes répétées, et, à ses funérailles, la foule, s’en prend aux moines en criant "qu’il fallait les mettre à la porte de Rome, les chasser à coups de pierres, ou les jeter dans le Tibre" (Jérôme de Stridon, Épist., 39) ; après la mort du pape Damase, une coalition contre Jérôme, le directeur de conscience de ces bonnes dames romaines, dénoncera la dureté de ses exigences ascétiques et sa disgrâce sera consommée lors d’un procès ecclésiastique (à l’été 385, il s’embarquera pour l’Orient). Concile de Bordeaux tenu contre les priscillianistes. 11 décembre, mort du pape Damase, Ursin s'oppose à l'élection du pape Sirice.


Notes
1 Basile de Césarée (+1-1-379) établit une règle pour les moines grecs. Il écrit : Contre Eunome (chef arien anoméen) ; Sur l’Esprit saint ; les Moralias, anthologie des versets du Nouveau Testament ; un opuscule Aux jeunes gens, sur la manière de tirer profit des lettres helléniques ; une liturgie encore utilisée dans le rite byzantin. « Chaque groupe porte une dénomination tirée de ses origines ou de son implantation, des pratiques ou des actions qui lui sont propres. Pour nous, la grande affaire et le titre suprême consistaient à être chrétiens et à en porter le nom (.) En recevant de Dieu l’ordre d’aimer, nous avons reçu, dès l’origine, l’aptitude à l’aimer. Cela ne nous est pas démontré par des arguments extérieurs. Chacun peut l’apprendre par lui-même et en lui-même. Nous désirons par nature ce qui est bien, ce qui est beau, bien que la même chose n’apparaisse pas bonne et belle à celui-ci et à celui-là. » (Basile). "Celui qui dépouille quelqu'un de ses vêtements est un pillard. Celui qui laisse les pauvres tout nus alors qu'il peut les vêtir, peut-on l'appeler autrement ? A l'affamé appartient le pain que tu conserves, à l'homme nu appartient le manteau que tu serres dans tes coffres, au clochard la chaussure qui pourrit chez toi, au miséreux l'argent que tu recèles. De la sorte, tu opprimes beaucoup de gens que tu pouvais aider." (Basile, Homélie contre la richesse)
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3 Grégoire de Nazianze, dit le Théologien, naquit vers 330 près de Nazianze en Cappadoce et fut éduqué à Alexandrie et à Athènes où il enseigna la rhétorique. Il fut ordonné prêtre malgré lui en 361 par son père, Grégoire l’Ancien, évêque de Nazianze. Décidé à poursuivre une vie contemplative, il se rendit dans les montagnes du Pont, où il rejoignit Basile qui rassemblait des amis pour fonder une communauté monastique. Ils réunirent une anthologie des écrits du théologien chrétien Origène, appelés les Philokalia (Philocalies = l’amour du beau en grec). Basile devint ensuite évêque de Césarée et insista auprès de Grégoire pour qu’il accepte le siège épiscopal de Sasimes. Mais, effrayé par sa charge, Grégoire s’enfuit et vécut retiré jusqu’à la mort de son père auquel il succéda en 374 au siège épiscopal de Nazianze. En 378 ou 379, Grégoire fut nommé évêque de Constantinople, avec pour charge d’y rétablir la foi catholique contre l’arianisme. Mais, devant l’hostilité des ariens et les intrigues fomentées contre lui, il abandonna sa charge pour se consacrer à la contemplation dans sa Cappadoce natale où il finit sa vie en 390. C’est à Constantinople, entre 379 et 381, qu’il prononça des homélies sur la Trinité qui lui valurent son nom de Grégoire le Théologien ; il lutta contre les adeptes de l’arianisme, en développant dans ses discours théologiques la notion du Dieu un et trine. "C'est une belle chose que la contemplation et c'est une belle chose que l'action. La première nous élève ici-bas et nous conduit vers le Saint des Saints, par retour de notre esprit vers ce pour quoi il est fait. La seconde accueille le Christ, le sert et prouve, sur pièces, la charité." (Grégoire de Nazianze - Discours XIV, 4)
4 Gratien (Flavius Gratianus), empereur romain d’Occident (375-383) et des Gaules (Gaule continentale, Britannia, Espagne), est associé au pouvoir impérial dès l’âge de 8 ans. Il a pour précepteur le grammairien et poète Ausone. Partisan convaincu Eglise chrétienne, il combat le paganisme avec vigueur, soutenu par Ambroise, évêque de Milan. Dans un rescrit, il s’attache à donner un caractère tranché à la prééminence de l’évêque de Rome et ordonne que les métropolitains accusés de quelque méfait soient renvoyés devant l’évêque romain pour être entendus et jugés. Refusant le titre de Pontifex Maximus réservé aux empereurs, il ordonne d’enlever du Sénat la statue de la déesse de la Victoire, symbole du paganisme, il confisque les biens des temples païens, supprime les revenus des vestales et des sacerdoces et ordonne le bannissement des hérétiques. Gratien passe l’essentiel de son règne en Gaule, organisant la défense des frontières contre les tribus germaniques.
5 Né vers 335 à Césarée en Cappadoce, Grégoire de Nysse (v. 335-395), se maria vers 364. Il fut ordonné prêtre et nommé évêque de Nysse par son jeune frère Basile de Césarée, vers 371. Il fut ainsi évêque tout en étant marié. Fidèle à la doctrine du concile de Nicée, il s’opposa à l’arianisme, qui refusait la divinité du Christ et était alors en progression dans l’Eglise d’Orient, notamment grâce à la protection de l’empereur Valens. Accusé, sous la pression des ariens, de dilapidation des fonds ecclésiastiques, il fut déposé de son épiscopat en 376 et exerça alors comme rhéteur. En 378, à la mort de Valens, il retrouva son siège épiscopal. Après la mort de son frère, en 379, il prit sa suite pour défendre la foi orthodoxe et défendit le consubstantialisme, qui affirme l’identité de substance entre les trois personnes de la Trinité divine. Protégé par l’empereur Théodose, il rédigea les oraisons funèbres de la princesse Pulchérie et de l’impératrice Flacilla. Lors du concile de Constantinople, en 381, Grégoire contribua à l’élaboration du dogme de la divinité et de la consubstantialité de l’Esprit Saint. L’année suivante, il fut envoyé par l’Eglise pour réorganiser les Eglises d’Arabie. Grégoire de Nysse exerça sans doute une influence considérable sur l’œuvre de Denys le pseudo-Aréopagite, dit le pseudo-Denys (théologien de la fin du Ve s.), et donc par là sur l’ensemble de la théologie mystique médiévale latine. Théologien de la Trinité et de l’incarnation du Christ, mais également très influencé par le néoplatonisme de Plotin, il développa une anthropologie fondée sur le désir et sur le mouvement infini de l’âme vers Dieu. L’homme est, selon lui, à l’image de Dieu, indéfini et indéfinissable, et se trouve entraîné hors de ses limites par son désir de l’infini. Œuvres : Vie de Moïse, Commentaire sur le Cantique des Cantiques, Contre Eunome (Eunomios, principal représentant de l’arianisme), La Grande Cathéchèse (défense de la foi chrétienne contre juifs et païens), De la foi (contre les ariens), Dix Syllogismes (contre les apollinaristes), Eloge de la virginité ; « Celui qui monte ne s’arrête jamais, allant de commencement en commencement, et le commencement des biens toujours plus grands n’a jamais de fin. Jamais le désir de celui qui progresse ne s’en tient au bien déjà connu. Un autre désir, plus intense, puis un autre, encore plus profond, par la suite, poussent l’âme qui s’élève sans cesse sur la route de l’infini, par des biens toujours supérieurs » (Grégoire de Nysse, Homélie 8).
6 L'Année Liturgique, Dom Guéranger, 1841 à 1866, Abbaye Saint Benoît de Port-Valais
7 Hilaire de Poitiers (né v. 315, + 367), évêque de Poitiers v. 353, est exilé en 356 en Phrygie où il écrit Sur la Trinité ; il revient en 361 et lutte pour imposer à toute la Gaule la foi chrétienne telle qu’elle avait été définie au premier concile de Nicée. Proclamé docteur de l’Eglise en 1891 par Pie IX, c’est le premier docteur latin de l’Eglise. « Comme je cherchais en quoi consistait le bonheur humain, je ne le découvris qu’en deux états : le repos et l’opulence. Mon esprit conçut une vive ardeur à connaître ce Dieu à qui il se devait totalement, en la bonté et la richesse duquel il puisse reposer » (Hilaire de Poitiers, Traité de la Trinité I, 1)
8 http://nominis.cef.fr/contenus/fetes/11/12/2011/11-decembre-2011.html
9 http://missel.free.fr/Sanctoral/12/11.php
10 http://www.linternaute.com/histoire/jour/evenement/28/2/1/
11 http://pages.infinit.net/historia/Decretales_des_papes.pdf
12 Histoire universelle de l'Église catholique, Volume 6 Par François René Rohrbacher 1843. https://fr.wikipedia.org/wiki/Concile_de_Gangres

Sources


Liste des papes


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; toute reproduction à but non lucratif est autorisée.

Date de mise à jour : 08
/10/2017
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