Eusèbe, évêque de Rome

Eusèbe, d’origine grecque, fils d’un médecin (et peut-être médecin lui-aussi), naît à Cassano en Sicile.
Il est évêque de Rome du 18 avril 309 au 17 août 310.
Eusèbe admet les lapsi (déchus) 1, c’est-à-dire les chrétiens qui, trop faibles devant les persécutions, ont abjuré le christianisme et qui demandent à rentrer dans la communion des fidèles, malgré l’hostilité d’une grande partie du clergé, pourvu qu’ils fassent pénitence ; la question de la pénitence publique imposée par Eusèbe à ceux qui veulent se réconcilier, est une cause d’hostilité entre les chrétiens et l'empereur usurpateur Maxence, lequel, au dire de Damase qui a fait l’épitaphe d’Eusèbe, veut qu’on les fasse rentrer dans l’Eglise sans conditions.
A Rome, sous la direction d'un certain Héraclius, une fraction minoritaire de Chrétiens s'oppose à Eusèbe. Finalement, excédé, l'empereur Maxence exile, en même temps, Eusèbe et Héraclius.
Les premiers annalistes chrétiens disent, sans autre commentaire, qu'Eusèbe fut inhumé au cimetière de Calixte, sur la voie Appienne. Il résulte de l’Epitaphe d’Eusèbe par le pape Damase qu'Eusèbe, exilé par Maxence (306-312), mourut en Sicile ; il est, pour cette raison, honoré comme martyr (saint Eusèbe est fêté le 17 août).
Pour concilier sa mort en Sicile (17 août 310) avec la mention qui est faite de son inhumation à Rome, dans le cimetière de Calixte, le 26 septembre 311, il faut supposer que les fidèles ont rapporté sa dépouille ; les Espagnols prétendent que les reliques d'Eusèbe ont été transportées en Espagne, en 1607, par les soins de Pierre de Mendoza, archevêque de Grenade.
C’est sous son pontificat que s’opéra, dit-on, le miracle appelé par l’Eglise "Invention de la sainte croix", et les annalistes rapportent même qu'Eusèbe baptisa de ses mains, Judas, le juif qui découvrit la fameuse relique et lui donna le nom de Quiriacus.
Selon la tradition, Eusèbe aurait aussi baptisé Eusèbe, le futur évêque de Verceil (344). "Eusèbe, qui conserva sa virginité, n'était encore que catéchumène quand il fut baptisé par le pape Eusèbe qui lui donna son nom." 2

"D'origine grecque et sans doute médecin, il fut indulgent aux "lapsi" (ceux qui avaient renié leur foi devant les tortures). Il enseignait que ces malheureux avaient le droit de pleurer leur crime. Il rencontra alors une opposition telle à l'intérieur même de l'Église que l'empereur Maxence l'exila en même temps que son principal opposant, Héraclius. Saint Eusèbe mourut durant cet exil en Sicile." 3


309. 18 avril, début du pontificat d'Eusèbe.

310. Au printemps, à Cirta en Afrique, Domitius Alexander est battu et tué par Rufius Volusianus, Préfet du prétoire de Maxence. Maximien se révolte en Gaule du Sud contre son gendre Constantin en campagne sur le Rhin ; il reprend la pourpre à Arles, mais doit fuir quand Constantin embarque ses troupes à Cavillonum (Chalon sur Saône) et marche contre lui ; il est assiégé à Marseille où il se suicide en juillet ; Fausta, accusée d’adultère et dont on dit qu’elle ne serait pas étrangère à la mort de son père, meurt étouffée dans sa salle de bains quelques semaines plus tard. 25 juillet, Quinquennalia de Constantin à Trèves ; un panégyrique est prononcé par un orateur venu d'Autun, qui affirme que Constantin est le favori d'Apollon. Eusèbe et son adversaire Héraclius sont exilés en Sicile par l'empereur usurpateur Maxence (Marcus Aurelius Valerius Maxentius), fils de Maximien. 17 août, mort d'Eusèbe en exil.


Vacance du Saint-Siège

311-312
. Persécution de Maximin Daïa (pour vilipender le Christ, il fait écrire de faux Actes de Pilate et les imposent dans les écoles).

311. 30 avril, à Serdica (Sofia), un édit de Galère tolère le culte chrétien. 5 mai, à Sardique, mort de Galère ; Licinius acquiert son territoire en Europe, ce qui laisse l’empereur Constantin avec deux prétendants au pouvoir, Licinius et Maximin Daïa (le neveu de Galère), qui gouvernent l’essentiel de la partie orientale de l’Empire. Rome est atteinte par le manichéisme. En Numidie, à Carthage, naissance du donatisme. 2 juillet, élection de l'évêque de Rome, Miltiade.


Notes
1 Au cours des premiers siècles du christianisme, un lapsi (tombé) est un Chrétien qui a renié sa foi par peur des persécutions. Il existe trois types de lapsi, chacun d'eux correspondant à une action que leurs persécuteurs leur demandaient d'effectuer pour renoncer à leurs croyances. Ils sont thurificati quand ils ont brûlé de l'encens pour honorer des dieux païens, sacrificati quand ils leur ont fait un sacrifice, et libellatici en tant qu'ils ont reçu un billet (libellus) des autorités impériales attestant qu'ils ont satisfait à cette obligation (certains l'obtenaient moyennant un paiement). L'Église considère tout d'abord cela comme un péché majeur. Cependant, grâce notamment à Cyprien, les lapsis repentis peuvent être réintégrés après une sérieuse pénitence. Par la suite, une partie intransigeante de l'Église qui refuse leur retour au sein de la communauté, provoquera le schisme de Novatien. (http://fr.wikipedia.org/wiki/Lapsi)
2 La Légende dorée, Jacques de Varazze ou de Voragine, 1230-1298
3 http://nominis.cef.fr/contenus/saint/8352/Saint-Eusebe.html

Sources


Liste des papes


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; toute reproduction à but non lucratif est autorisée.

Date de mise à jour : 26/04/2018

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