Félix III (II)

Félix, fils d’un prêtre, est romain, veuf et père de 2 enfants.
Pontificat du 13 mars 483 au 1er mars 492 (+).
Félix III ou II 1 montre plus d’énergie que de prudence dans la poursuite des hérésies et des schismes et occasionne de grands troubles par l’âpreté de son zèle.
Il encourage les catholiques d'Afrique persécutés par Gunthamond, roi des Vandales.
Il reste de lui des lettres, dont quelques-unes sont apocryphes.
"Son pontificat fut marqué par le début du schisme qui devait séparer pendant plus de trente ans les Eglises orientales de la communion romaine. Il dut faire face à une situation politique difficile. Il n'y a plus d'empereur en Occident au moment de son élection, les catholiques d'Afrique sont persécutés par les Vandales ariens, le patriarche de Constantinople excommunie le patriarche de Rome. Il met tous ses efforts au service de la foi orthodoxe et son diacre, Gélase, d'une grande érudition, inspire sa manière d'agir avant de devenir son successeur." 2
Saint Félix III est fêté le 1er mars.


483. 13 mars, élection du pape (appuyé par le roi des Hérules, Odoacre). 21 août, Clermont (Auvergne), mort de l’évêque (depuis 472), écrivain et sénateur, Sidoine Apollinaire [qui avait épousé la fille de Avitus, fut préfet à Rome (468) et organisa la résistance auvergnate en soutenant à Clermont un siège de plusieurs années contre le wisigoth Euric avant de capituler (475)].

483-484. En Afrique du Nord, les Vandales, ariens, déclenchent une violente persécution contre les catholiques. Par son édit du 25 février 484, Hunéric, roi des Vandales et des Alains d'Afrique (Rex Wandalorum et Alanorum) abolit le culte orthodoxe, transfère toutes les églises et les biens de l'Église aux ariens, envoie en exil les évêques et le clergé (4 966 clercs), et prive de droits civils à tous ceux qui ne reçoivent pas le baptême arien. Pas moins de 466 évêques sont internés dans des baraquements au sud de Gafsa, après avoir parcouru le chemin du désert à pied, sous bonne escorte ; 88 périssent en chemin ou sont emprisonnés. D'autres opposants sont exilés en Gaule, en Sardaigne, jusqu'en Corse ou sont condamnés à travailler dans des mines ; beaucoup s'exilent volontairement en Italie, en Espagne et en Gaule ; les survivants seront rappelés en 487 sous le règne du roi Gunthamund. 3

484. Après avoir rejeté l’Hénotique, édit d’union publié par l’empereur Zénon pour concilier les catholiques et les eutychéens, le pape lance l’anathème contre le patriarche de Constantinople Acace pour atteinte au dogme défini à Chalcédoine ; le patriarche réplique en rayant le nom de l'évêque de Rome des diptyques liturgiques : c’est le premier schisme entre les deux Eglises (il durera 35 ans).

Vers 485. A Constantinople, les moines du monastère de Die, trouvés porteurs des lettres du pape Félix III contre Acace, sont mis à mort.

486. Fin de la Gaule romaine : Clovis bat l’armée romaine de Syagrius (fils d’Egidius) à Soissons où il établit sa capitale ; Clovis a soin de ménager les autorités ecclésiastiques qui, par la voix de Remi, archevêque de Reims, ont reconnu sa conquête ; après la prise de Soissons, il veut écarter du pillage un vase d’église que l’un de ses guerriers, furieux de cette entorse aux lois de la guerre, préfère endommager d’un coup de hache plutôt que de renoncer à ce butin : « Tu n’auras rien ici que ce que le sort t’attribuera vraiment » ; Syagrius cherche refuge auprès du roi wisigoth Alaric, mais celui-ci le livre à Clovis qui le fait mettre à mort (ainsi disparaît le dernier représentant de l’autorité romaine en Gaule). Perse, le IIe concile de Séleucie, réunit les chrétiens ralliés à l’hérésie nestorienne.

487. 1er mars, Soissons, Clovis, passant ses troupes en revue, reconnaît le guerrier qui l’avait défié, un an auparavant, en fracassant d’un coup de hache un vase liturgique en argent que le roi voulait offrir à Rémi, l’évêque de Reims (+533) ; Clovis reproche à l’homme sa tenue négligée et jette ses armes à terre ; le guerrier se penche pour les ramasser et Clovis en profite pour lui asséner un coup de sa propre hache sur la tête en disant : « Ainsi as-tu fait, à Soissons, avec le vase ! ».

488. Le chef ostrogoth Théodoric fonde un royaume en Italie.

491. Clovis bat les Thuringiens. Anastase Ier (+ 518), né à Dyrrhachium (aujourd’hui Durrës, en Albanie), est proclamé empereur ; officier du palais à Constantinople, capitale de l’Empire byzantin, Anastase est proclamé empereur à la mort de Zénon (491), dont il épouse la veuve ; son règne est troublé par la révolte des Isauriens (qu’il a exclus du pouvoir), la guerre contre la Perse (502-505) et les invasions de Huns, de Slaves et de Bulgares (qui s’installent dans les Balkans v. 500) ; pour protéger la capitale et ses alentours, Anastase construit en 512 un mur qui porte toujours son nom, à 55 km environ à l’ouest de Constantinople ; impopulaire parce qu’il favorise la doctrine sectariste du monophysisme, il supprime les danses licencieuses et les combats entre gladiateurs et animaux sauvages ; à sa mort, l’Empire est intact ; il laisse un trésor substantiel et une armée disciplinée.

492. 1er mars, mort de Félix III.


Notes
1 Félix II (355-358) était autrefois considéré comme un pape légitime ; les deux numéros suivant les noms de Félix III (II) et de Félix IV (III), indiquent que Félix II était légitime (premier numéro) ou non (second numéro) ; le numéro utilisé correspond à l’acceptation ou au rejet de l’hypothèse ancienne.
2 http://nominis.cef.fr/contenus/saint/726/Saint-Felix-III.html
3 http://fr.wikipedia.org/wiki/Hun%C3%A9ric

Sources


Liste des papes


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; toute reproduction à but non lucratif est autorisée.

Date de mise à jour : 18/03/2017

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