Félix Ier

Félix, né à Rome, fils de Constantius, est élu évêque de Rome le 5 janvier 269.
Le pontificat de Félix est marqué par des luttes contre les sabelliens et Paul de Samosate (Liber Pontificalis) et par la persécution d’Aurélien.
Il meurt le 30 décembre 274 et est enseveli sur la voie Aurélia, dans une basilique qu'il éleva et dédia.
Saint Félix Ier, présumé martyr, est fêté le 30 décembre.

Félix ordonna que la Messe fût célébrée sur les Mémoires et sur les Sépulcres des martyrs au jour anniversaire de leur mort.
Il créa cinq évêques, neuf prêtres et cinq diacres pour divers lieux 2.
Le Liber Pontificalis nous rappelle qu'il dut arbitrer les querelles théologiques avec l'Orient syrien 3.


269. 5 janvier, élection de l'évêque de Rome. En juin, en Gaule, rébellion de Laelianus (Lélien) contre l'empereur gaulois Postume à Mogontiacum (Mayence). En juillet/août, Laelianus est vaincu est tué, mais Postumus est tué par ses troupes à qui il a refusé le sac de Mayence, ville où s'étaient retirés les rebelles ; il est remplacé par Marius, un autre usurpateur qui règne quelques semaines avant d'être assassiné. En té, en Gaule, révolte de Bagaudes (paysans gaulois) qui prennent et saccagent Autun (un état persistant de bagaudage subsistera pendant un siècle) : la ville en appelle à Claude II qui envoie le préfet des Vigiles Iulius Placidianus en Narbonnaise ; il avance jusqu'à Cularo (Grenoble) sans pouvoir secourir Autun ; Victorinus assiège la ville pendant sept mois ; après sa prise, il la livre au pillage de ses troupes composées d'auxiliaires bataves (270). Octobre/novembre : Victorinus prend le pouvoir en Gaule après l'assassinat de Marius (fin en 271) ; il perd le contrôle de l’Espagne et de la Gaule lyonnaise qui se rallient à Claude II. En automne, Zénobie, la reine de Palmyre, s'empare de l'Égypte et d'une partie de l'Arabie ; le préfet d’Égypte Tenagino Probus sera battu et tué à Babylone du Caire (été 270). En fin d'année, au concile d’Antioche, Paul de Samosate, l'évêque d'Antioche, est déposé comme hérétique et remplacé par Domnus ; le pape approuve la décision du concile.

270. Fin janvier-février : Aurélien, commandant en chef de l'armée du Bas Danube, poursuit les Goths qui battent en retraite. A Rome, décapitation du prêtre Valentin. Février-mars, Sirmium, Lucius Domitius Aurelianus Augustus (Aurélien) est proclamé empereur romain par l'armée ; il fait la paix avec les Vandales entrés en Pannonie puis bat les Juthunges qui s’avancent vers la Haute-Italie par la Rhétie. En août, les Juthunges envahissent l'Italie mais sont finalement vaincus par Rome. En août, Sirmium, mort de Claude II, victime de la peste qui décime son armée : son frère cadet, Marcus Aurelius Claudius Quintillus (Quintille), est proclamé empereur par ses troupes à Aquilée mais l’armée danubienne lui oppose Aurélien ; Quintille se suicidera ou sera assassiné en novembre (début du règne officiel d'Aurélien). Mort du philosophe néoplatonicien Plotin qui préconisa un détachement complet pour atteindre la communion avec l’Un. Premières bases du Talmud. Antoine le Grand rejoint, dès l’âge de 20 ans, l’école d’un ascète près de son village 1.

271. L'Égypte passe sous l’autorité de Palmyre. Juin septembre : Rome, construction du mur d’Aurélien. 9 décembre, l’empereur gaulois Domitianus II (Lyon), qui a éliminé Victorin, est supprimé à son tour et remplacé par Tetricus (assassiné v. 273), sénateur et gouverneur d’Aquitaine, proclamé Auguste à Bordeaux (il sera déposé par Aurélien).

272. A Homs, Aurélien bat les troupes de Zénobie, la reine de Palmyre, qui est emmenée captive à Rome : Zénobie, "ployant sous la masse des ornements, chaînes au cou et aux membres" selon l’historien Trebellius Pollion, figurera au triomphe d’Aurélien ; énergique, très belle et très cultivée, Zénobie connaissait l’égyptien, avait étudié les lettres grecques avec le philosophe Longin, disciple de Plotin, et comptait parmi ses amis l’évêque d’Antioche, Paul de Samosate ; elle finira ses jours à Tivoli, comme une dame romaine, après avoir épousé un noble romain. Le synode d’Antioche déclare hérétique la formule de Sabellius : « Le fils est de même hypostase que le père ».

273. Bataille de Châlons en Champagne : Tetricus Ier, dernier représentant de l’empire gaulois, qui a approché secrètement Aurélien, feint d’engager le combat contre les légions, puis se laisse capturer et demande à ses troupes de se rendre ; envoyé à Rome, Tetricus figurera dans le triomphe d’Aurélien, "vêtu de sa chlamyde écarlate, de sa tunique verdâtre et chaussé de ses braies gauloises", comme le relate l’Histoire Auguste (Historia Augusta) ; on lui confiera la charge de corrector (administrateur) en Lucanie ; installé dans un palais sur le mont Caelius, il y passera les deux dernières années de sa vie.

274. Aurélien, le Restaurateur du monde romain, célèbre son triomphe à Rome, entouré de Zénobie et de Tetricus enchaînés. Le mithraïsme concurrençant dans l’armée et l’administration un christianisme en plein essor, l’empereur Aurélien (né en Pannonie d’une prêtresse du Soleil) veut réunifier la conscience religieuse du monde romain autour d’un culte solaire, celui de Sol Invictus (Soleil Invaincu) auquel il dédie un temple à Rome le 25 décembre (en 354, le pape Libère fera de ce jour celui de la naissance du Christ) ; Aurélien sait bénéficier du soutien des adeptes de Mithra dont le culte est proche de celui de Sol. 30 décembre, mort de Félix.


Notes
1
Antoine, né vers 250, est un jeune homme riche, propriétaire terrien de Haute-Egypte et chrétien, mais la question du salut le tourmente ; comment être sauvé quand on a des biens ? ; quand il entre dans une église, on lit l’évangile du jeune homme riche, il est saisi : c’est à lui que cette lecture s’adresse ; il distribue aussitôt tous ses biens aux pauvres et commence à vivre l’ascèse près de son village, mais le désir d’un dépouillement plus absolu le travaille ; il s’enferme alors dans un tombeau païen, puis dans un fort abandonné du désert de Nitrie ; là, il subit pendant plus de 20 ans l’attaque des démons qui pour l’effrayer prennent l’apparence de bêtes féroces et le rouent de coups (Les tentations de saint Antoine) ; il les vainc par la prière et la persévérance ; lorsqu’il sort de sa réclusion, sa réputation de sainteté lui attire de nombreux disciples ; il leur enseigne à ne pas craindre les démons, à aimer Dieu, à prier sans cesse, à ne compter que sur la grâce du Christ qui seul peut rendre l’ascèse fructueuse ; il se rend à Alexandrie en 311, pour aider les chrétiens persécutés par l’empereur Maximin et pour soutenir des controverses contre les païens ou les hérétiques ariens ; il finit par regagner le désert et s’installe sur le mont Golzim, non loin du Nil, ne retrouvant la société que pour soigner les malades et instruire les gens ; à l’âge de 87 ans, il est rappelé à Alexandrie par les évêques, pour réfuter avec Athanase les thèses des ariens ; vers 356, le "père des moines" s’éteint à 105 ans ; les règles qui guident la communauté de ses adeptes sont rédigées après sa mort par Athanase, son biographe et son ami ; l’ascétisme d’Antoine le Grand, fondé sur l’érémitisme ou la solitude, est une des deux branches du monachisme (l’autre étant représentée par les règles de Benoît de Nursie et de Benoît d’Aniane) ; « Efforçons-nous, disait-il, de ne rien posséder que ce que nous emporterons avec nous dans le tombeau, c’est-à-dire la charité, la douceur et la justice... Les épreuves nous sont, en fait, profitables. Supprimez la tentation et personne ne sera sauvé ». Saint Antoine le Grand est fêté le 17 janvier.
2 http://www.abbaye-saint-benoit.ch/gueranger/anneliturgique/paques/paques03/propresaints/033.htm
3 http://nominis.cef.fr/contenus/saint/1245/Saint-Felix-Ier.html

Sources


Liste des papes


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; toute reproduction à but non lucratif est autorisée.

Date de mise à jour : 03/03/2017

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