François d’Assise

Né à Assise en 1182, le jeune Giovanni Bernardone, fils d’un riche marchand, apprend le français (ce qui lui vaut son surnom de Francesco) et voyage dans le monde entier, menant une existence insouciante.

Participant à la guerre opposant Assise et Pérouse, il est fait prisonnier et reste interné à Pérouse pendant plus d’un an. En prison, il est atteint d’une maladie grave qui l’incite à se tourner vers une vie nouvelle.

De retour à Assise en 1205, il pratique la charité parmi les pauvres et les lépreux. Transformé en maçon, il commence à restaurer les églises délabrées, et ce, à la suite d’une vision dans laquelle le grand crucifix d’une chapelle en ruine de San-Damiano à Assise lui a ordonné : "Répare ma maison qui, tu le vois, tombe en ruines."
Pour réparer la chapelle, il dépense l’argent de son père qui, irrité, l’assigne devant l’évêque. Il se dépouille alors de tous ses vêtements en déclarant qu’il n’a d’autre père que celui qui est aux cieux.
Son père terrestre le déshérite. François troque ses riches vêtements contre une houppelande et consacre les trois années suivantes à s’occuper des proscrits et des lépreux dans les bois du Mont Subasio.
Afin de faire ses dévotions sur le mont Subasio, François restaure la chapelle en ruine de Sainte-Marie-des-Anges.

Le 24 février 1209, jour de la Saint-Mathias, il comprend, au cours de la messe, le sens des conseils que Jésus donna à ses apôtres : vie errante dans la pauvreté pour être libre et prêcher à toute créature la bonne nouvelle de la rédemption par le Christ.
De retour à Assise la même année, François commence à prêcher.
A l'automne, il se retire dans un lieu appelé la Portioncule, près d'Assise, où il réunit quelques disciples, et fonde l'Ordre des Frères Mineurs.
Innocent III approuve oralement sa règle en 1210.

En 1212, François accepte parmi ses membres une jeune religieuse, Claire d’Assise, avec laquelle il fonde l’Ordre des Pauvres Dames (Clarisses en 1227), deuxième Ordre des Franciscains et il se prépare à partir pour la Terre sainte.
Il se rend d’abord en Espagne pour prêcher la bonne parole auprès des Maures.
Par la bulle Cum dilecti de 1218, le pape Honorius III, soutient le développement singulier des premiers Frères mineurs, qui partent ouvrir leurs missions dans différents pays d'Europe, et jusqu'au Maroc.
En 1219, François est autorisé à se rendre en Egypte pour demander au sultan al-Kamil de pouvoir y prêcher l'Evangile ; le sultan lui fait un accueil bienveillant et cordial. Il semble que François visite ensuite la Terre Sainte.

De retour dans son pays, ayant découvert des dissensions parmi ses frères, il démissionne de ses fonctions de supérieur et passe les dernières années de sa vie à imaginer l’organisation du Tiers Ordre séculier (Fraternité Séculière de Saint François) qu’il a fondé pour les laïcs en 1220.

Le 29 novembre 1223, par la bulle Solet annuere, Honorius III approuve la règle définitive de l’Ordre des Franciscains ; c'est la confirmation du texte qu'a approuvé oralement Innocent III en 1210.
A Noël, pour la messe de minuit, à Greccio, petit village des Abruzzes, François réalise une crèche vivante avec les habitants.

Le 17 septembre 1224, après 40 jours de jeûne, alors qu’il est en prière sur le mont Alverne, François voit le Crucifié sous la forme d'un séraphin et reçoit les stigmates de la crucifixion du Christ 1.
Il est ramené à Assise et y passe les dernières années de sa vie, souffrant de douleurs physiques et presque totalement aveugle.
Ses tourments n’altèrent en rien son amour de Dieu et de la Création, comme le souligne son Cantique au soleil, probablement composé à Assise en 1225, dans lequel il glorifie soleil et nature.
Celui qui ne voulut jamais être prêtre car il s'en estimait indigne, meurt à la Portioncule, dans la nuit du 3 au 4 octobre 1226, étendu "nu sur la terre nue" pour accueillir "notre sœur la mort corporelle" : "Ayant [...] exhorté les Frères à aimer la pauvreté, la patience, à garder la foi de la sainte Eglise Romaine, il entonna le Psaume : "J'ai élevé ma voix pour crier vers le Seigneur" ; et au verset "Les justes attendent que vous me donniez ma récompense", il rendit l'âme." 3

Francesco est canonisé le 16 juillet 1228 par Grégoire IX ; la même année est entreprise la construction d'une basilique, à Assise, au-dessus de son tombeau.
Saint François d’Assise, patron de l’Italie et des marchands, est fêté le 4 octobre.
Le loup, l’agneau, le poisson, les oiseaux et les stigmates sont les emblèmes qui représentent François.


François d'Assise par Francisco de Zurbaran

Certains religieux de l'Ordre franciscain, attachés à la plus stricte pauvreté, sont jugés hérétiques et condamnées par Jean XXII : la bulle Sancta Romana du 7 octobre 1317 désigne les spirituels franciscains, apostoliques, bégards et tenants du Libre-Esprit, sous la dénomination officielle de Fraticelles ; elle impose la hiérarchie des trois vertus religieuses, plaçant au sommet l’obéissance, avant la chasteté et la pauvreté 2.

Le 29 novembre 1979, Saint François d’Assise est proclamé par Jean-Paul II "patron céleste des écologistes".

Le mercredi 13 mars 2013, après la renonciation de Benoît XVI, le cardinal Jorge Mario Bergoglio est élu pape et choisit le nom de François en référence à st François d'Assise.

Aujourd'hui, on compte près de 18 000 Franciscains dans le monde.


CITATIONS

Quelle que soit la manière qui te semblera la meilleure de plaire au Seigneur Dieu et de suivre ses traces et sa pauvreté, adopte-la avec la bénédiction du Seigneur et ma permission. (François à frère Léon)

Sache-le, cher petit frère, la courtoisie est l’un des plus beaux attributs de Dieu. En effet n’est-ce pas par courtoisie que le Seigneur fait luire son soleil et pleuvoir sa pluie sur les méchants aussi bien que sur les bons ? (François d’Assise parlant de Guy de Cortone à un compagnon)

Dieu très haut et glorieux, viens éclairer les ténèbres de mon cœur. Donne-moi, Seigneur, la foi droite, l’espérance solide et la charité parfaite, ainsi que le sens pénétrant et la claire vue nécessaires pour accomplir ta volonté sainte qui ne saurait m’égarer. Amen. (François d'Assise, Prière devant le crucifix de saint Damien)

O Frères bien aimés, ô Fils béni pour l'éternité, écoutez-moi, écoutez la voix de votre Père : nous avons promis de grandes choses ; de plus grandes nous sont promises : observons les unes, soupirons après les autres. Le plaisir est court, la peine est éternelle. La souffrance est passagère, la gloire est infinie. Beaucoup sont appelés, peu sont élus. Tous sont rétribués. Mes Frères, pendant que nous en avons le temps, faisons le bien. (François d'Assise)

La parole est vivante lorsque ce sont les actions qui parlent. Nous sommes pleins de paroles et vides d’actions. Que les paroles se taisent et que les actions parlent.
Rendre grâce à Dieu, ce n’est pas autre chose qu’un acte intérieur de l’âme par lequel on reconnaît Dieu pour Seigneur infini et universel, de qui découle tout bien. C’est se réjouir de toute la gloire de Dieu quand on reçoit quelque bien céleste, car on voit que ce bienfait nous rend capable de mieux aimer et de mieux servir le donateur de tout bien. (Sanctoral franciscain)

Le seul parfait chrétien depuis Jésus. [Renan (1823-1892) parlant de François d'Assise]

La paix franciscaine n'est pas un sentiment doucereux et le saint François doucereux n'existe pas ! La paix de François n'est pas non plus une espèce d'harmonie panthéiste remplie des énergies du cosmos. Cette idée fabriquée n'est pas non plus franciscaine. La paix de saint François est celle du Christ, et la trouve qui prend sur soi son joug, c'est-à-dire le commandement « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». Or on ne saurait porter ce joug avec arrogance, avec présomption, avec orgueil, mais seulement avec douceur et humilité du cœur... Le saint d'Assise témoigne du respect pour tout ce que Dieu a créé et que l'homme est appelé à garder et à protéger, mais il témoigne surtout du respect et de l'amour pour tout être humain... Respectons la création, ne soyons pas les instruments de sa destruction. Et respectons tout être humain. Que cessent les conflits armés qui ensanglantent la terre, que se taisent les armes et que partout la haine cède la place à l'amour, l'offense au pardon et la discorde à l'union. Ecoutons le cri de ceux qui pleurent, souffrent et meurent à cause de la violence, du terrorisme ou de la guerre, en Terre Sainte, si aimée de François, en Syrie, au Moyen Orient, dans le monde. (François, pape, homélie du 4 octobre 2013)



Notes
1 "Le ministre et vraiment fidèle serviteur du Christ, François, deux ans avant de rendre son esprit au ciel, s'était retiré foin des hommes sur les hauteurs du mont qu'on nomme Alverne, pour y jeûner quarante jours en l'honneur de l'Archange Michel. Plongé plus avant que de coutume dans l'abondance des douceurs de la contemplation, embrasé d'une Flamme croissante de célestes désirs, il éprouvait comme un débordement sur lui des divines influences. Dans ces ardeurs séraphiques qui l'emportaient vers Dieu, tandis que par la tendre compassion de son cœur il s'identifiait à celui que cloua au bois un excès d'amour : un matin, vers la fête de l'Exaltation de la sainte Croix, priant sur la pente du mont, il vit comme une apparence de Séraphin aux six ailes brillantes et embrasées descendre des cieux. Son vol rapide l'ayant porté dans la région de l'air voisine de l'homme de Dieu, il apparut non seulement ailé, mais aussi crucifié, les mains étendues et fixées à la croix ainsi que les pieds, tandis que de ses ailes admirablement distribuées, deux s'élevaient au-dessus de sa tête, deux éployées soutenaient son vol, deux enfin se croisant voilaient tout son corps. A cette vue, interdit, François sentit ensemble la joie et la douleur envahir son âme : car il concevait une allégresse extrême à l'aspect plein de grâces de celui qui se manifestait d'une manière si merveilleuse à la fois et si familière ; mais la compassion que lui inspirait ce cruel crucifiement transperçait son âme d'un glaive de douleur. Sans doute il n'ignorait pas que l'infirmité de la souffrance ne pouvait aucunement s'accorder avec l'immortalité d'un esprit Séraphique ; mais instruit au dedans par celui qui apparaissait au dehors, il comprenait à cela même pourquoi pareille vision lui était octroyée : l'ami du Christ v apprenait que sa transformation à la pleine ressemblance de Jésus-Christ en croix devait s'accomplir par l'incendie de l'âme, non par le martyre de la chair. C'est pourquoi la vision, disparaissant après un entretien aussi familier que mystérieux, laissa au dedans son âme embrasée de la flamme des Séraphins, tandis que sa chair au dehors était marquée à l'image ressemblante du Crucifié ; comme si liquéfiée par la vertu de ce feu préparant le prodige, un sceau avait frappé son empreinte. Car aussitôt se montrèrent à ses mains et ses pieds comme des clous, dont la tête était visible aux paumes des mains et à la partie supérieure des pieds, tandis que les pointes apparaissaient à l'opposé. Le côté droit également, comme traversé par la lance, présentait une cicatrice rouge par laquelle fréquemment le sang s'échappait, traversant la tunique et le caleçon du Saint." L'Année Liturgique, Dom Guéranger, 1841 à 1866, Abbaye Saint Benoît de Port-Valais.
2 Dans sa bulle Sancta Romana du 7 octobre 1317, Jean XXII désigne les "spirituels" franciscains, apostoliques, bégards et tenants du Libre-Esprit, sous la dénomination officielle de "Fraticelles" ; elle impose la hiérarchie des trois vertus religieuses, plaçant au sommet l’obéissance, avant la chasteté et la pauvreté. Cette hiérarchie provoque le désarroi et la colère des franciscains spirituels, partisans de la pauvreté absolue, qui adoptent des positions très austères et se mettent à émettre des opinions que le pape considère comme hérétiques. Les fraticelles (de l’italien fraticelli = petits frères) sont les membres des ordres religieux fondés en Italie au cours du XIIIe siècle, et tout particulièrement les franciscains ; ce nom est aussi porté par les groupes qui se sont séparés des franciscains aux XIVe et XVe siècles, accusant ces derniers d’avoir des vues erronées sur la notion de pauvreté. Les spirituels (ou célestins) franciscains, qui ont été les premiers à faire dissidence, pratiquaient un ascétisme rigoureux. Arrêté en Avignon puis libéré, Ange Clareno partit précipitamment pour l’Italie, où il entreprit, en 1318, de restaurer la dissidence. Dans la querelle engagée sur la pauvreté réelle ou fictive du Christ et de ses disciples, Ange Clareno reçut un appui important du ministre général de l’ordre franciscain, Michel de Cézène qui, au chapitre de Pérouse (1322), tint pour dogme la thèse de l’absolu dénuement du Christ et des Apôtres. Condamné pour hérésie par le pape, le groupe répliqua en se déclarant non seulement le seul ordre franciscain légitime mais aussi l’unique véritable ordre catholique ; ce faisant, il condamna à son tour l’Eglise tout entière pour hérésie et jugea les décrets du pape non valables. De petits groupes de fraticelles poursuivirent leurs activités pendant plus d’un siècle mais la répression que l’Eglise exerça à leur encontre au cours du XVe siècle et la baisse de leur popularité les firent disparaître à jamais.
3 http://hodiemecum.hautetfort.com/archive/2007/10/06/4-octobre-saint-francois-d-assise-confesseur-fondateurs-de-l.html


Pour en savoir +
http://www.franciscain.org/


Sources


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; toute reproduction à but non lucratif est autorisée.  

Date de mise à jour : 14/09/2017

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