Origines de la Grande-Bretagne
Selon une étude réalisée par une équipe de scientifiques et d'archéologues et financée par le British Museum, 78 outils et éclats de silex découverts près de Happisburgh (Norfolk, est de l'Angleterre) attestent de la présence humaine en Grande-Bretagne il y a 800.000 ans, ce qui en fait la plus ancienne implantation connue dans le nord de l'Europe 1.

Des fouilles à Pakefield (Suffolk, Est de l'Angleterre) ont montré une présence humaine remontant à 700.000 ans.

L'âge d'un tibia (de Roger) découvert dans le Sussex est de 478 000 et 524 000 ans.

En 1927, dans la Kent's Cavern (immense grotte devenue le plus important site paléolithique de Grande-Bretagne) est découvert le plus ancien fossile d'homme moderne jamais caractérisé en Europe de l'Ouest : ce bout de maxillaire, qui présente encore trois dents, a plus de 40.000 ans (entre 44,2 et 41,5 milliers d'années) 2.

Il y a 14 000 ans : peuples de chasseurs et de nomades.

4 000 ans avant notre ère : naissance de l’agriculture.

De 3 000 ans avant J.-C. à l’arrivée des Romains : strates successives du site majeur de Stonehenge, monument fait de menhirs et de dolmens, à Salisbury en Angleterre.

Période préceltique : colonies d'Ibères venus d'Espagne et de Ligures venus des régions rhénanes ou des côtes sud de la Manche. Selon certains historiens, les Pictes, habitants préceltiques de l’Écosse, utilisaient peut-être une langue celte, du groupe brittonique. Des études récentes semblent indiquer que la langue originelle des Pictes (du moins un important substrat linguistique de leur langue) ne faisait pas partie du groupe indo-européen.

1700 avant J.-C. : les Goidels (ou Gaëls) débarquent dans le Sud-est (on a vu en eux une première vague d'expansion celtique, mais certains récusent aujourd'hui cette appartenance). Les Goidels colonisent l'Irlande, puis une de leurs branches, les Scots, occupent l'Ecosse.

Entre 500 et 300 av. J.-C., les Bretons développent l'agriculture. Langue gauloise. Principales tribus : Brigantes (York), Ordovices (Chester), Iceni (Fens), Dobuni (Devon), Domoni (Cornouailles), Cornovii (Galles).

Vers 200 av. J.-C. débarquent des tribus belges qui refoulent les Celtes vers l'ouest : Cantii (Kent), Durotriges (Dorchester), Silures (Sud Gallois), Catalauni (Chiltern Hills), Trinovantes (Essex).

César ne fait que 2 raids rapides en 55 et 54 av. J.-C. (combats contre les Cantii).
Les Romains baptisent la Grande-Bretagne « Albion » du fait des falaises blanches des côtes de Douvres. Tacite insiste sur la « barbarie » des habitants et sur leur désunion.
En 43, les Romains fondent Londinium (Londres) sur l'emplacement de Llyn-Din (Fort du lac), un village de pêcheurs. Après 43 : conquête systématique par les légions de Claude.
En 60 après J.-C., les Romains massacrent les druides réfugiés dans l'île de Mona.
La reine Boudicca (Boadicée), veuve du roi des Icènes, se révolte contre les Romains.
Les Bretons prennent Londinium/Londres (capitale de la colonie romaine) et tuent 70 000 Romains ou alliés de Rome mais sont vaincus par une légion du légat Suetonius Paulinus qui en tue 80 000. Boadicée s'empoisonne (?).

78-85 : gouvernement d'Agricola, légat de la province Britannia. En 83, il remporte une victoire sur les Pictes au mont Graupius.

128 : mur de Hadrien (de la Tyne à la Salway ; rempart continu de 112 km avec fossé et forts détachés au nord), édifié en six ans à partir de 122.

138 : mur d'Antonin [130 km plus au nord, de la Forth à la Clyde (58 km), avec 19 forteresses isolées]. Principales cités : Eburacum (York), Camulodunum (Colchester), Londinium (Londres), Aquae Sulis (Bath), Venta Belgarum (Winchester), Dubris (Douvres).

286 : Le Belge Marcus Carausius, commandant de la Classis Britannica, auquel Maximien a confié la défense des côtes de Belgique et d’Armorique jusqu'à l'Atlantique contre les Francs et les Saxons, se proclame "Empereur de Bretagne". Le 1er avril, en Gaule, Maximilien est élevé à l'Empire par Dioclétien ; il reçoit le titre d'auguste et est chargé de lutter en Bretagne contre l'usurpateur Carausius et de défendre le Rhin.

293 : 1er mars, quatre empereurs règnent collégialement ; aux deux augustes sont adjoints deux césars : Galère et Constance Chlore. Carausius est assassiné par un de ses officiers, Allectus, duquel Constance Chlore, césar des Gaules, triomphe en 296.

367 : incursion de Francs et de Saxons.

En 410, Honorius, empereur d’Occident, devant les dangers qui menacent Rome que les Goths envahissent la même année, rappelle la garnison romaine et abandonne la Grande-Bretagne à son sort...

430 : Les Pictes et les Scots d’Ecosse et d'Irlande, moins influencés par la civilisation romaine, désolent la Bretagne.

441 : les Angles, les Saxons et les Jutes, peuples germaniques, écumeurs de la mer du Nord et de la Manche, d’abord appelés à l’aide par les Bretons, en profitent pour envahir progressivement l'île à partir des côtes Est et Sud-Est.
Tous liens rompus avec Rome au milieu du Ve siècle, des chefs celtes locaux croient habile de s’entendre avec certains Saxons pour arrêter les ambitions des autres Germains et des Pictes.

446 : les Celtes demandent l'aide romaine mais les Romains refusent. Les Celtes sont refoulés vers Pays de Galles, Cornouailles et Cumberland.
Des Bretons émigrent progressivement en Armorique, appelée depuis « Bretagne » de leur nom.

De 500 à 550, les Celtes parviennent à arrêter les envahisseurs anglo-saxons.
C'est ici que se situe l'épisode légendaire du roi Arthur, attestant de la volonté des Bretons à sauver leur culture celtique et leur religion, chrétienne certes, mais plutôt faite d'un amalgame de christianisme et de croyances anciennes rémanentes.
C'est vers 516 qu’une coalition de tribus celtes de Bretagne (menée par Arthur ?) vainc les Saxons au mont Badon. Les historiens s'interrogent sur la localisation et la date exacte de cette victoire, qui témoigne de la résistance des Bretons chrétiens aux envahisseurs.

Saint Gildas, retiré sur l’Ile de Houat (Bretagne), écrit un Sommaire de l’histoire de l'Angleterre depuis la conquête romaine dans lequel il ne mentionne pas Arthur mais célèbre la victoire du Mont Badon qu’il date de 540.

De 542 à 593, la peste bubonique, venue d’Egypte, tue la moitié de la population de l’Empire romain.
En Bretagne, l’épidémie ravage les villages celtes ; les Saxons sont peu touchés.

En 550, les Saxons et les Angles, qui piétinaient à l’Est de la Bretagne depuis l’an 500 (défaite du mont Badon), reprennent l’offensive.

Saint David convertit le pays de Galles.

560 : formation de l'Heptarchie anglo-saxonne formée des 7 royaumes : Wessex, Essex, Sussex, Kent, Est-Anglie (East Anglia), Mercie et Northumbrie. L'Irlande, l'Écosse et le Pays de Galles restent en dehors.

En 577, à Dyrham, les Bretons sont définitivement vaincus.
Les Anglo-Saxons sont les maîtres de l'île, qui prend le nom de « England » (terre des Angles).

597 : début de l’évangélisation du Kent par saint Augustin qui baptise Ethelberg, le roi du Kent, à Canterbury.

787-793 : invasion des Danois ou Normands (Vikings).
La Chronique anglo-saxonne (manuscrits rédigés entre le IXe et le XIIe siècle) relate que, le 8 juin 793, des pillards païens détruisent l'église de Lindisfarne (île au nord-est de l'Angleterre).

En 827, Egbert (775-839), roi de Wessex, élevé à la cour de Charlemagne, unifie les 7 royaumes et combat les envahisseurs scandinaves.

Alfred le Grand (848-899), premier roi d'Angleterre, met provisoirement un terme aux luttes entre Saxons et Danois.
Il triomphe des Danois après de durs combats (en 878 : bataille d'Eddington).
En 880 il prend le titre de « roi des Anglais et des Saxons ».

937 : Aethelstan (895-940) bat les Danois, les Ecossais et les Gallois à Brunanbuhr (localisation inconnue). Il unifie la Grande-Bretagne et prend le titre de "basileus".

959-975 : Edgar I le Pacifique, est souverain de toute l'Angleterre.

978-1016 : Ethelred II paie tribut aux Danois pour qu'ils cessent leurs invasions. Néanmoins, les Danois conquièrent toute l'Angleterre en 1013.

1016-1035 : le Danois Canut (Cnud ou Knut ou Knud) le Grand épouse la veuve d'Ethelred et se fait chrétien, il parvient à réunir l’Angleterre à la Norvège et au Danemark
12 novembre 1035 : mort de Knud à Shaftesbury. L’empire danois composé du Danemark, de la Norvège et de l'Angleterre est partagé en trois.

Le pays revient en 1042 à un anglo-saxon, Edouard le Confesseur, fils d'Ethelred II, puis en 1066 à Harold II son beau-frère.
À partir de 1042, la rivalité est permanente entre les ducs français de Normandie et les rois anglo-saxons.

Le 14 octobre 1066, Harold II est tué lors de la bataille de Hastings remportée par les Normands de France menés par le duc de Normandie, Guillaume dit le Bâtard ou le Conquérant. Celui-ci devient roi d'Angleterre le 25 décembre de la même année.

Citations

Il résultait de ses observations que l'Allemagne est faite pour y voyager, l'Italie pour y séjourner, l'Angleterre pour y penser et la France pour y vivre. (Jean le Rond d'Alembert, Eloges, Montesquieu, 1779)

Qu'est-ce que l'Angleterre ? Une colonie française qui a mal tourné ! (Georges Clemenceau 1841-1929)

Il n'est pas interdit de penser que si l'Angleterre n'a pas été envahie depuis 1066, c'est que les étrangers redoutent d'avoir à y passer un dimanche. (Pierre Daninos, Les Carnets du major Thompson, 1954)

L'Angleterre s'écroule dans l'ordre, et la France se relève dans le désordre (...) En Angleterre, tout est permis, sauf ce qui est interdit. En Allemagne, tout est interdit, sauf ce qui est permis. En France, tout est permis, même ce qui est interdit. En U.R.S.S., tout est interdit, même ce qui est permis. (Sir Winston Leonard Spencer Churchill 1874-1965)


Notes :
1 Nature du 7 juillet 2010
2 Nature du 3 novembre 2011


Sources


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; reproduction interdite sans autorisation.

Date de mise à jour : 13/04/2012