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Ugo Buoncompagni naît en 1502 à Bologne. Etudes de droit canonique et civil à l'Université de Bologne ; juriste au concile de Trente ; prêtre et évêque en 1558 ; cardinal en 1564 ; secrétaire des brefs pontificaux en 1566. Elu pape le 13-5-1572, il choisit le nom de Grégoire. Grégoire XIII consacre de grandes sommes d’argent à l’éducation et à la construction de collèges et entreprend de nombreux travaux publics, notamment le palais papal situé sur le mont Quirinal et le Collège romain qui prend alors le nom d’Université grégorienne. Il institue le calendrier grégorien. Il lutte avec acharnement contre les protestants, et aide Philippe II, roi d’Espagne, à attaquer les Pays-Bas. Il organise également de nombreuses missions. Il ajoute à la tiare pontificale une grosse émeraude de 440 carats et demi. Confisquée à Pie VI, en 1798, par les commissaires français, elle sera envoyée au Museum d'Histoire Naturelle de Paris d'où Napoléon la fera retirer pour la faire incruster sur la tiare qu'il offrira à Pie VII au début de 1805. Il meurt à Rome le 10-4-1585. Il aurait eu un fils. Prophétie de Malachie : Medium corpus pilarum (La moitié du corps des boules - ou des colonnes -). 1572. 13 mai, élection du pape. 18 août, mariage du protestant Henri de Navarre et de la sœur du roi Charles IX, Marguerite de Valois, malgré le refus du Saint-Siège d’accorder la dispense (l’Eglise déclarera le mariage nul le 17 décembre 1599). Les jésuites débarquent au Mexique. 24 août, jour de la fête de Saint-Barthélemy, 3 heures du marin, Paris, le bourdon de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, en face du Louvre, donne le signal du massacre (plus de 200 nobles protestants du quartier de Saint-Germain-L’Auxerrois sont massacrés dont Coligny qui est décapité, émasculé et dépecé) auquel a consenti le roi Charles IX, persuadé par sa mère Catherine de Médicis ; Henri de Navarre et Condé abjurent la foi protestante pour sauver leur vie ; du 24 au 31 août, 3 000 protestants sont tués à Paris et 3 000 en province où l’ordre du massacre est plus ou moins bien suivi (Lyon : 700 morts ; l’évêque du Puy-en-Velay, Senectère, refuse d’exécuter les ordres de massacre venus de Paris) mais la folie meurtrière continuera sporadiquement jusqu’en octobre ; la « grande purge » (> 15 000 huguenots tués) est célébrée comme une victoire par le pape Grégoire XIII et le roi d’Espagne Philippe II. 5 septembre, Grégoire XIII célèbre la Saint-Barthélemy comme libératrice du royaume de France et fait chanter un Te Deum à Sainte-Marie-Majeure pour remercier Dieu d’avoir sauvé le Roi Très Chrétien des hérétiques. 5 décembre, la bulle In supereminenti crée l'université de Pont-à-Mousson. Publication en France du Fléau de la foi ; le livre envoie à la potence son auteur : Jeoffroy Vallée ; les trois religions y sont dénoncées dans leurs « absurdités » et leurs « incohérences » ; l’intolérance et le fanatisme qui portent partout la guerre et la discorde au nom d’une vérité unique mystérieusement révélée y sont fustigés 1. 1573-1574. Quatrième guerre de religion. 1573. 11 février au 24 juin, siège de La Rochelle par les catholiques. 1er avril, bulle de Grégoire XIII instituant une fête annuelle de Notre-Dame du Rosaire (elle se célébrait le premier dimanche d’octobre, en mémoire de la bataille de Lépante gagnée contre les infidèles le 7 octobre 1571). 17/23 avril, bataille navale de Flessingue aux Pays-Bas : les Espagnols sont vaincus par la flotte des Gueux de la mer (calvinistes). 11 mai, le frère de Charles IX, Henri duc d’Anjou (futur Henri III), est élu roi de Pologne. 24 juin, l’édit de Poitiers met fin à la guerre ; paix de La Rochelle : le siège est levé. 11 juillet, édit de Boulogne, les places protestantes sont réduites (La Rochelle, Montauban et Nîmes). Juillet, négociation de Montauban ; les protestants du Sud refusent l'édit de Boulogne. 20 juillet, l'ordonnance de Sedan (principauté souveraine) rend obligatoire la pratique d'une religion sous peine d'être "accusé de lèse-majesté divine et d'être puni de mort" ; elle reconnaît les deux religions. Don Juan d’Autriche s’empare de Tunis (repris en 1574 par le vice-roi d’Alger, Euldj Ali (Ali le Renégat), qui prend également La Goulette en septembre. 1574. 21 février, Henri d’Anjou (futur Henri III) est couronné roi de Pologne au château du Wawel à Cracovie. 14 avril, bataille de Mook, près de Nimègue, aux Pays-Bas : les rebelles, dirigés par Louis et Henry de Nassau, frères de Guillaume d'Orange, sont battus par les troupes espagnoles. 30 mai, Vincennes, mort de Charles IX (suant du sang : probablement tuberculose osseuse) : lorsqu’il apprend la mort de son frère, Henri d’Anjou abandonne le trône de Pologne en s’éclipsant le 18 juin (sa mère exerce la régence pendant son voyage de retour vers la France qui dure 5 mois). Mandrin entre au Puy-en-Velay malgré la vigilance de la garnison et des autorités, pille la maison du capitaine général des fermes, puis se retire tranquillement pour exercer ailleurs ses brigandages. Paris, le parti des Politiques, dirigé par François d’Alençon, voit le jour ; il place l’unité et la sûreté de l’Etat au-dessus de l’appartenance confessionnelle, rassemblant catholiques modérés et protestants hostiles à la révolte armée. 1575. Année sainte, le jubilé attire 300 000 pèlerins à Rome. 13 février, Reims, Henri III est sacré roi de France ; deux jours après, il épouse Louise de Lorraine-Vaudémont. Le pape approuve la fondation de la Société de l’Oratoire (Philippins) par Philippe de Néri. Publication d’un Traité de démonologie traitant notamment des incubes et des succubes. Le pape revient sur la bulle de Pie V interdisant formellement et pour toujours les courses de taureaux (De salute Gregis dominici, 1er novembre 1567). 1576. Cinquième guerre de religion. Février, Henri de Navarre quitte la Cour, reprend la tête de l’armée calviniste et prend des places fortes en Guyenne, Saintonge et Poitou. 6 mai, Henri III signe l’édit de Beaulieu-lès-Loches qui réhabilite les victimes de la Saint-Barthélemy et accorde la liberté de culte ; la Ligue catholique est créée immédiatement. 13 juin, Henri de Navarre, qui a fui la cour le 5 février, abjure la foi catholique. Espagne, les autorités ecclésiastiques interdisent à Thérèse d’Avila 2 de continuer à fonder de nouveaux couvents de carmélites. Pologne, le roi Etienne I Bathory édicte que « le chrétien convaincu d’avoir accusé à tort un juif d’un tel crime (égorgement des enfants chrétiens pour la Pâque) sera condamné à la peine que celui-ci aurait encourue s’il avait été réellement coupable ». 20 septembre, Rome, mort de Gerolamo Cardano (Jérôme Cardan) : il se serait laissé mourir de faim pour justifier son propre horoscope dans lequel il avait prévu sa fin 3. Novembre, Paris, à l’instigation de son frère le cardinal de Lorraine, Henri Ier le Balafré, duc de Guise, fils de feu François, forme la Sainte Ligue catholique dite aussi la Sainte Union ; Henri III, effrayé, désavoue l’édit de Beaulieu et prend lui-même la tête des ligueurs. 6 décembre, Blois, aux Etats généraux, Henri III pousse les députés à se déclarer en faveur du retour à une religion unique. Charles Borromée ordonne la pratique de sonner pour escorter le saint viatique. Jean Bodin : La République. 1576-1588. Robert Bellarmin : Controverses. 1577. Janvier à septembre, sixième guerre de religion. 26 février, Erik XIV, roi de Suède, meurt empoisonné : son frère, Jean III, lui succède. Le concile de Vienne (Dauphiné) promulgue 14 canons sur des matières de discipline 4. Les catholiques prennent La Charité (58) le 1er mai et Issoire (63) le 1er juin. 17 septembre, la paix de Bergerac (promulguée par l’édit de Poitiers enregistré au Parlement, le 8 octobre) est plus défavorable aux protestants que l’édit de Beaulieu car le culte catholique est autorisé dans les villes protestantes, la Ligue catholique et l’Union calviniste rivale sont officiellement dissoutes ; la formule de la Concorde (préparée par les théologiens pour mettre fin aux conflits entre luthériens) est adoptée par leurs dirigeants politiques afin de garantir l’unité luthérienne. Le pape confie à Palestrina et Zoilo la révision du plain-chant. Le parlement de Toulouse condamne 400 femmes "marquées des stigmates du démon". 1578. 31 janvier, bataille de Gembloux aux Pays-Bas espagnols : la coalition des Dix-sept provinces des Pays-Bas réunies grâce à l'acte de Pacification de Gand est écrasée par l'armée espagnole de Don Juan d'Autriche. Peste. Jésuites en Chine. Rome, découverte des premières catacombes. Grégoire XIII fait construire au Vatican la "Tour des Vents", un observatoire astronomique destiné aux calculs nécessaires à la réforme du calendrier. Révoltes paysannes contre les impôts en Dauphiné et Vivarais. 4 août, Ksar el-Kébir (Maroc), bataille des Trois Rois : le jeune roi du Portugal Sébastien Ier, allié au roi d’Espagne Philippe II, tente de renverser le sultan du Maroc Abd al-Malik mais les 40 000 cavaliers du sultan anéantissent les troupes portugaises [Abd al-Malik et Sébastien sont tués (le corps de Sébastien ne sera jamais retrouvé) ; Philippe II prend possession du Portugal et Ahmed al-Mansur, frère du sultan, monte sur le trône marocain]. 31 août, don Juan d’Autriche, gouverneur général des Pays-Bas insurgés, défait les rebelles dans la plaine de Gembloux (il meurt le premier octobre : peste ou poison ?). 31 décembre, Henri III fonde l’ordre de la milice du benoît Saint-Esprit (chevaliers du Saint-Esprit) portant une croix d’or à 8 pointes sur un ruban bleu d’azur moiré : l’ordre est destiné à fortifier la foi et la religion catholique, à raffermir ses liens avec une noblesse turbulente et pallier la décadence de l’ordre de Saint-Michel (le Saint-Esprit est choisi comme patron car Henri III a été élu roi de Pologne et est devenu roi de France le jour de la Pentecôte). 1579. 23 janvier, en réponse à l’Union d’Arras formée par les provinces catholiques le 6 janvier, l’Union d’Utrecht, sous la conduite de Jean de Nassau, unit les 7 provinces protestantes des Pays-Bas contre l’Espagne : c’est la naissance des Provinces-Unies. 28 février, traité de Nérac (Lot et Garonne) entre Catherine de Médicis et Henri de Navarre, les protestants obtiennent des places de sûreté pour 6 mois (ils refuseront de les rendre et la guerre reprendra en mai 1580). Mai, ordonnance de Blois de Henri III ordonnant aux curés et vicaires de tenir registre des naissances, mariages et décès de toute personne et stipulant (article 40) que le mariage doit être célébré devant le « curé parochial » après publication de bans et en présence de témoins dignes de foi (les mariages non solennels devraient donc être déclarés nuls par l’Eglise qui seule a le droit de statuer sur cette nullité). Rome, fondation d’un collège anglais pour former des prêtres (tout séminaire étant interdit par Elisabeth Ière). Le concile de Milan interdit la tradition de l'arbre de mai. Portobelo (Panama), les esclaves noirs rebelles signent avec les colons espagnols un traité de paix par lequel ils obtiennent leur liberté. Novembre, début de la 7e guerre de religion : violents combats en Languedoc et en Picardie. 1579-1580. Assemblée du Clergé à Melun. 1580. 13 février, fin de la révolte des Vilains de Romans ; leur chef Pommier a été assassiné et l’armée royale a encerclé l’armée paysanne à Moirans. 1er mars, Bordeaux, publication de la première édition des Essais de Michel Eyquem de Montaigne. 30 mai, Henri de Navarre prend Cahors. Juin, la coqueluche, appelée « tac » ou « horion », frappe 10 000 personnes à Paris et atteint « quasi tout le royaume de France tant que l’année dura, n’en échappant quasi personne d’une ville, village ou maison » (Journal de Pierre de l’Estoile). 12 septembre, les Cortès de Tomar proclament Philippe II d’Espagne « roi du Portugal » (les troupes espagnoles sont devant Lisbonne depuis le 14 août). 26 novembre, la paix de Fleix est signée par le duc d’Anjou (pour le roi) et Henri de Navarre : fin de la 7e guerre de religion. Pologne, formation du Conseil Juif des 4 pays (en raison de l’importance prise par cette communauté dans le royaume). Le pape publie une nouvelle édition du droit canonique, le Corpus Juris Canonici. Dans De la démonomanie des sorciers, Jean Bodin, jurisconsulte et favori de Henri III, raconte des histoires diaboliques pour justifier l’envoi des sorciers au bûcher. 1581. 17 avril, Philippe II d'Espagne est officiellement désigné roi du Portugal sous le nom de Philippe I. Pays-Bas, proclamation de la République des Provinces Unies. 1582. 24 février, la bulle Inter gravissimas institue le nouveau calendrier grégorien (élaboré par Lilio, Clavius et Chacon) qui entre en vigueur le 4 octobre, le lendemain étant le 15 octobre (ce qui sera fait à Rome, en Espagne et au Portugal). Irlande, 600 volontaires armés par l’Espagne et ayant pour mission de soulever la population irlandaise, catholique, contre l’occupant anglais, débarqués de vaisseaux battant pavillon du Saint-Siège, sont rapidement encerclés et massacrés par les troupes anglaises ; les survivants sont crucifiés. Thérèse d’Avila meurt dans la nuit du 4 au 15 octobre (en raison de l’application du calendrier grégorien). La France adopte le calendrier grégorien et décide que le lendemain du 9 décembre 1582 sera le 20 décembre. La première ambassade japonaise est envoyée auprès du pape (il y aurait >150 000 chrétiens au Japon). 1583. 5 août, la Grande-Bretagne prend possession de Terre-Neuve. 1584. 18 mars, Russie, mort (empoisonnement) du tsar Ivan IV le Terrible : le jeune Fedor lui succède (il laisse son oncle Nikita Romanov gouverner jusqu’en 1585 ; en 1588, son beau-frère, Boris Godounov, prendra le pouvoir). Juin, mort du duc d’Alençon, dernier frère de Henri III : Henri de Navarre devient l’héritier du trône. 5 juillet, bulle instituant le collège maronite de Rome. La bulle Sancta Mater Ecclesia institue des sermons obligatoires (« predica coattiva ») auxquels sont contraints d’assister, dans une église, le samedi après-midi, 150 à 300 juifs, comptés à l’entrée par les gardes pontificaux. Angleterre, la Cour de haute commission est instituée pour juger les dissidents ; des prêtres catholiques, d’actifs propagandistes jésuites, sont arrêtés et suppliciés. 8 septembre, Camille de Lellis (+1614) fonde les Clercs réguliers ministres des infirmes (Camilliens). 31 décembre, traité (secret) de Joinville entre la Ligue et le roi d’Espagne Philippe II ; l'héritier présomptif de la Couronne de France est le cardinal Charles de Bourbon, oncle paternel de Henri de Navarre ; le traité est approuvé par le pape. Publication du livre de Palestrina : Livre de motets tirés du Cantique des cantiques (Motettorum liber quartus ex Canticis canticorum). 1585-1598. 8e et dernière guerre de religion. 1585. 30 mars, Manifeste de Péronne : la Ligue catholique, sous le patronage des Guise, lance une « déclaration » contre ceux qui « s’efforcent de subvertir la religion catholique et l’Etat », et veut faire adopter la catholicité comme condition de légitimité (les Guise, d’ascendance carolingienne, visent le trône). 10 avril, mort du pape Grégoire XIII. Notes 1 En 1572, est publié en France le Fléau de la foi. Le livre envoie à la potence son auteur : Jeoffroy Vallée. Les trois religions y sont dénoncées dans leurs « absurdités » et leurs « incohérences » ; l’intolérance et le fanatisme qui portent partout la guerre et la discorde au nom d’une vérité unique mystérieusement révélée y sont fustigés. L’ouvrage traite des trois imposteurs (Moïse, Jésus et Mahomet) comme dans le texte latin du mythique « Livre des trois imposteurs » (De tribus impostoribus). Dans son Atheismus triumphatus (1631), Campanella affirma que le De tribus impostoribus avait été imprimé pour la première fois en 1538 (Christine de Suède fera en vain rechercher l’ouvrage). Le karmate Abu Tahin aurait affirmé : « En ce monde, trois individus ont trompé les hommes : un berger, un guérisseur et un chamelier ». Averroès aurait déclaré : « La religion judaïque est une loi d’enfants ; la chrétienne une loi d’impossibilité ; et la mahométane une loi de pourceaux ». Au XIIIe siècle, Thomas de Cantimpré rapporta que Simon de Tournai, ayant parlé de « trois imposteurs qui ont leurré la race humaine », fut aussitôt frappé de paralysie. Si l’on en croit Rainaldus dans ses Annales ecclésiastiques, un certain Jeannin de Solcia, chanoine de Bergame, aurait été condamné en 1459 pour avoir soutenu que les trois prophètes avaient « gouverné le monde selon leur fantaisie » 2 Thérèse d'Avila (Teresa de Cepeda y Ahumada) est née en 1515 dans une noble famille d’Avila en Castille. A 7 ans, c’est le désir de « voir Dieu » qui la pousse déjà vers le pays des Maures dans l’espoir d’y trouver le martyre. A 16 ans, la jeune fille trop enjouée et préoccupée de plaire est envoyée, par son père, poursuivre son éducation au couvent. Suite non prévue au programme : à 20 ans, la jeune fille qui a beaucoup réfléchi, entre au monastère de l’Incarnation à Avila ; mais après quelques années de joie paisible, Thérèse déchante : ce Carmel suit une règle mitigée qui autorise visites et bavardages ; Thérèse, malgré des grâces d’union mystique, y connaît une période de luttes ; elle sent le besoin de revenir à la règle primitive du Carmel ; elle a découvert l’oraison, mais qu’elle a de mal à y rester fidèle ! A 40 ans, c’est la conversion radicale : l’oraison devient le tout de sa vie. En 1555, après de nombreuses années marquées par une grave maladie et des exercices religieux de plus en plus stricts, elle connaît une expérience mystique où se mêlent des visions de Jésus-Christ, de l’enfer, des anges et des démons ; elle connaît des extases ; des scrupules l’assaillent : n’est-elle pas le jouet du démon ? ; il faudra l’assurance de François de Borgia et de Pierre d’Alcantara pour qu’elle s’abandonne enfin en toute confiance à l’emprise de Dieu. En 1562, elle fonde le couvent réformé de Joseph d’Avila. En 1567, c’est la rencontre avec Jean de la Croix ; alors commence la période des fondations : Thérèse sillonne l’Espagne et fonde 16 carmels. Dieu la fait pénétrer dans le château intérieur de l’âme dont « la porte d’entrée est l’oraison ». Elle expose en plusieurs ouvrages « sa méthode d’oraison », chemin de haute sainteté : Le Livre des demeures ou le Château intérieur (1577, publié en 1588) est une description, dénuée de toute sécheresse théorique, des 7 degrés que l’âme doit franchir pour parvenir à l’union avec Dieu. Elle meurt le 15-10-1582 en disant : « Je suis fille de l’Eglise ». Canonisée en 1622, elle est proclamée docteur de l’Eglise en 1970 par Paul VI. 3 Le 20 septembre 1576, mourut à Rome Gerolamo Cardano (Jérôme Cardan) : il se serait laissé mourir de faim pour justifier son propre horoscope dans lequel il avait prévu sa fin. Médecin réputé pour ses guérisons, mathématicien, philosophe, astrologue, physicien, « inventeur », persuadé de l’intervention irrationnelle des démons, il fut le premier à décrire le typhus, il donna la résolution de l’équation cubique dans Ars magna en 1545 et inventa le cardan. Grâce à la protection du cardinal Borromée, il enseigna la médecine à Bologne à partir de novembre 1562. Accusé d’hérésie par le légat pontifical, le cardinal Giovanni Morrone, à la suite de certains écrits (un horoscope du Christ et un éloge de Néron), il dut démissionner. En octobre 1570, il fut traduit devant l’Inquisition et, malgré les témoignages de ses disciples, condamné à verser une caution de 1800 écus d’or ; il séjourna quelques mois en prison et resta consigné 86 jours à son domicile ; mis en demeure d’abjurer, le 28 février 1571, il se soumit sans réticence aux exigences de la Sagra Congregazione, qui lui interdit de publier désormais quoi que ce soit. Sur les conseils de Morrone, il partit pour Rome en septembre 1571, accompagné de son plus fidèle disciple, Rodolfo Silvestri, pour se placer sous la protection immédiate du pape ; il obtint en 1573 du nouveau pontife, Grégoire XIII, une pension qu’il avait réclamée en vain jusque-là et détruisit (paraît-il) 120 de ses œuvres. Il fut reçu en septembre 1575 par le Collège des médecins de Rome. Il resta un esprit libre, refusant catholicisme et réforme, malgré les persécutions de l’Inquisition qui le considérait comme un sorcier. 4 http://baron-de-synclair.blogspot.com/2010/12/1582-calendrier-gregorien-limpasse-du.html Liste des papes. Auteur : Jean-Paul Coudeyrette Référence publication : Compilhistoire ; reproduction interdite sans autorisation. Date de mise à jour : 13/05/2012 |