Hippolyte de Rome

Hippolyte, Grec originaire d'Alexandrie, naît vers 170.
Ancien élève d'Irénée de Lyon, il est prêtre à Rome.
Adversaire de l'évêque de Rome Zéphyrin (qu’il accuse de faiblesse vis-à-vis de la discipline) puis, plus particulièrement, de l'évêque de Rome Calixte (qui lui a été préféré pour le siège pontifical) pour propension à accorder trop facilement le pardon des péchés, à autoriser les mariages entre matrones et hommes de condition inférieure et à accepter facilement à la communion les coupables d’adultère.
Il accuse Calixte de modalisme et lutte contre les gnostiques.
Il reproche à ses adversaires dans l'Église de refuser de reconnaître la Sainte Trinité.
Il veut garder le grec comme langue liturgique.
Il témoigne de l'existence d'un rituel pour l'Onction des malades.
Elu par un groupe de partisans en 217, il est le premier antipape ; en raison de son martyr, il sera le seul antipape canonisé.

En 235, le pape légitime Pontien et Hippolyte, sont déportés dans les mines de Sardaigne. Pontien meurt d'épuisement le 30 octobre après avoir démissionné le 28 septembre. Hippolyte, réconcilié, meurt après Pontien.
En 236, le pape Fabien obtient des autorités que leurs corps soient ramenés à Rome. Le 13 août, Pontien est inhumé dans la crypte des papes des catacombes de Saint-Calixte, Hippolyte, sur la voie Tiburtine, au cimetière qui prendra son nom.
Saint Pontien et saint Hippolyte, considérés comme des martyrs, sont fêtés le 13 août.

"Hippolyte est prêtre de Rome et un théologien de renom. C’est un défenseur intransigeant des traditions liturgiques et disciplinaires. Grâce à cette passion, nous connaissons les anciens rites de l’Eglise romaine, conservés dans son recueil : la Tradition apostolique. Il s’oppose violemment au pape saint Calixte qu’il dépeint comme un ancien escroc devenu pape par des intrigues. Il lui reproche surtout des innovations qu’il qualifie de "laxisme". Calixte accepte en effet de réintégrer dans l’Eglise de grands pécheurs repentants. Le pape Pontien qui lui succède agit de même. Hippolyte, qui se juge seul détenteur de la vraie tradition, se proclame chef d’une communauté dissidente. On va vers un schisme qui peut durer. Les événements, signes divins, en marquent l’arrêt. En 235, l’empereur Maximin ordonne aux chrétiens de se soumettre au culte impérial. De concert, saint Hippolyte et saint Pontien refusent. La police impériale les déporte dans les mines de Sardaigne et c’est là que se produit la réconciliation. Dans la peine, Hippolyte fait sa soumission au pape et invite ses partisans à faire de même. Ils partageront le même martyre pour le Christ." 1

On doit à Hippolyte : Réfutation de toutes les hérésies 3, La Tradition apostolique (où il consigne les plus anciennes prières liturgiques romaines qui aient été conservées ; c'est de cette œuvre qu’on a tiré la IIe prière eucharistique en usage depuis la réforme liturgique de Paul VI), Commentaires sur Daniel, Sur le cantique des cantiques, les Philosophoumena et le Liber Generationis.
Hippolyte a eu, le premier, l’idée de dresser des tables permettant de trouver facilement la date de Pâques.
Dans son Commentaire du Livre du prophète Daniel, aux environs de 204, il est le premier à affirmer clairement que Jésus est né un 25 décembre 2.


Liste des papes


Notes
1 http://infocatho.cef.fr/fichiers_html/martyrologe/martyrsmensuel/stbx08aou.html/stbx08aou13.html
2 Benoît XVI, 23 décembre 2009
3 "Christ a pris notre humanité pour que nous ayons part à sa divinité. Telle est notre foi ~ : nous ne nous laissons pas persuader par des paroles creuses, ni entraîner par des caprices du cœur, ni fasciner par le charme de beaux discours. Mais nous acquiesçons aux paroles proférées par la puissance divine. Ce sont les ordres que Dieu donnait au Verbe, et le Verbe les prononçait par l'intermédiaire des prophètes pour détourner l'homme de la désobéissance. Il ne le réduisait pas en esclavage par la contrainte, mais il l'appelait à choisir volontairement la liberté. Ce Verbe, Dieu l'envoya dans les derniers temps, mais non pour que sa parole soit transmise par un prophète ; car il ne voulait pas que le Verbe se fit seulement soupçonner à travers une proclamation obscure. Il l'a envoyé se manifester en personne aux yeux des hommes, pour que le monde, en le voyant, soit sauvé. ~ Nous avons appris que ce Verbe a pris chair d'une vierge et qu'il a porté l'homme ancien en rénovant sa nature ~. Nous savons qu'il s'est fait homme, de la même pâte que nous. Car s'il n'était pas ainsi, c'est en vain qu'il nous aurait commandé de l'imiter comme notre maître. Si cet homme est d'une autre substance, comment peut-il me prescrire de faire comme lui, à moi qui suis faible par nature ? Et alors où est sa bonté, sa justice ? Pour bien faire comprendre qu'il n'est pas différent de nous, il a voulu supporter la fatigue et connaître la faim ; il n'a pas refusé d'avoir soif, il a trouvé son repos dans le sommeil, il n'a pas refusé la souffrance, il s'est soumis à la mort et il a rendu manifeste sa résurrection. En tout cela il a offert comme prémices sa propre humanité afin que toi, dans ta souffrance, tu ne perdes pas courage, mais que, reconnaissant que tu es toi-même homme, tu attendes, toi aussi, ce que le Père a donné à cet homme-là." (Réfutation de toutes les hérésies)

Sources


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; toute reproduction à but non lucratif est autorisée.

Date de mise à jour :
26/05/2017
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