Jésus de Nazareth
SOMMAIRE

1 Le Messie 9 Sa Résurrection et son Ascension
2 Date de naissance de Jésus 10 Des auteurs non-chrétiens citent Jésus ou Christ
3 Ses premières années 11 Tombeau du Christ et Tombe de Jésus
4 Le Nazaréen 11.1 La découverte des 10 ossuaires à Talpiot
5 Son baptême 11.2 L’ossuaire de « Jacques, fils de Joseph, frère de Jésus »
6 Son ministère 11.3 « The Lost Tomb of Jesus »
7 Ses douze apôtres 12 Citations
8 Sa Passion  

Le Messie

Pour les Juifs, le Messie (de l'hébreu mashiah : qui a reçu l'onction), l'Oint du Seigneur » (c'est-à-dire consacré par une onction de Dieu), est le descendant de David appelé à établir la Justice et la Paix, à restaurer le Royaume d'Israël et à y ramener les Juifs en exil.

Pour les chrétiens, Jésus-Christ est le Messie [« Christ » (Christos en grec) étant la traduction de « Messie »] : Fils de Dieu et Dieu au sein de la Trinité, il a pris sur lui les péchés du monde et a instauré la Jérusalem spirituelle.
Jésus est le Sauveur (Yéhoshûa [Josué] en hébreu, Soter en grec) et l'Emmanuel : " Voici, la vierge sera enceinte, elle enfantera un fils, et on lui donnera le nom d'Emmanuel, ce qui signifie Dieu avec nous." (Matthieu 1, 23)
" Notre transgression provoqua la philanthropie du Verbe, de telle sorte que le Seigneur vint jusqu’à nous et apparut parmi les hommes. Car nous sommes devenus la cause de son entrée dans un corps. C’est pour notre salut qu’il a été pris d’amour jusqu’à se rendre humain et paraître dans un corps." (Athanase, vers 318, Sur l’Incarnation du Verbe)

L'Annonciation est l'annonce faite à la Vierge Marie de sa maternité divine par l'archange Gabriel : "...l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée appelée Nazareth, vers une vierge qui était fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph ; et le nom de la vierge était Marie. Etant entré où elle était, il lui dit: " Salut, pleine de grâce ! Le Seigneur est avec vous ; mais à cette parole elle fut fort troublée, et elle se demandait ce que pouvait être cette salutation. L'ange lui dit : "Ne craignez point, Marie, car vous avez trouvé grâce devant Dieu. Voici que vous concevrez, et vous enfanterez un fils, et vous lui donnerez le nom de Jésus." (Luc 1, 26-31) 18

Selon Britannica Book of the year 2001, il y avait dans le monde 2.019.052.000 chrétiens (dont 1.067.053.000 catholiques romains, 345.855.000 protestants, 216.314.000 orthodoxes et 80.644.000 anglicans).
Selon l'Annuarium Statisticum Ecclesiae préparé par le Bureau Central des Statistiques de l’Église et édité par la Librairie Éditrice Vaticane, le nombre des catholiques romains est passé de 1.045 millions en 2000 à 1.166 millions en 2008.

Date de naissance de Jésus

Jésus est enfanté par la Vierge Marie à Bethléem 19 (où le roi David serait né aussi) ou, pour certains, à Nazareth.
La date de la naissance de Jésus ne peut être déterminée avec exactitude en raison du manque de concordance ou de précision entre les données des évangiles et les événements historiques et cosmiques :
- recensement ordonné en 2 av. J.-C. par P. Sulpicus Quirinius, légat d’Auguste en Syrie (le recensement de Luc de -2 est en accord avec l'histoire romaine. Par contre, celui de 6/7, décrit par Flavius Josèphe, ne cadre pas puisque le cens d'Apamée par Quirinius concerna les personnes et fut effectué en Syrie, alors que celui décrit par Flavius Josèphe fut un recensement de biens pour liquider les possessions d'Archélaüs effectué en Judée) 17 ;
- mort d'Hérode en 4 av. J.-C. ;
- éclipse partielle de lune en 4 av. J.-C. (nuit du 12 au 13 mars) ;
- éclipse totale de lune en 1 av. J.-C. ;
- comète de Halley en 12 av. J.-C. ;
- comète dans le Capricorne en 6 av. J.-C. ;
- apparition soudaine, en mars ou avril de l’an 5 av. J.-C., de la nova de l’Aigle, l’étoile variable DO AQL, qui reste immobile et parfaitement visible à l’aube pendant 70 jours, notée par les astronomes chinois (l’« étoile » des mages ?) ;
- Vénus devant Jupiter le 17 juin de l’an 2 av. J.-C. ;
- conjonction Jupiter-Saturne à trois reprises dans la constellation des Poissons en l'an 7 av. J.- C. (attestée par une tablette babylonienne) avec alignement parfait Soleil-Terre-Jupiter-Saturne le 15 septembre (date de naissance de Jésus ?).
- une double éclipse de Jupiter, provoquée par la Lune, qui se produisit dans la constellation du Bélier le 20 mars et le 17 avril de l'an 6 avant Jésus-Christ : cette dernière hypothèse en date, publiée dans le magazine New Scientist, est celle d'un astronome américain, Michael Molnar, qui a trouvé trace de cet évènement astronomique dans un manuscrit du IV e siècle, rédigé par un astrologue romain converti au christianisme, Firmicus Maternus. 8
- l'étoile Spica (dénommée Al Zimach en arabe, ou Tsemech en hébreu, signifiant « de la branche de David ») qui, en l'an 2 av.-J.-C., se leva exactement à l'est le jour de l'équinoxe de printemps 9.

Vers 525/532, Dionysius Exiguus (Denys le Petit), moine scythe, mit au point une table de calcul de la date de Pâques (Liber de Paschate) où les années étaient comptées depuis la naissance du Christ qu’il fixait au 25 décembre de l’an 753 de la fondation de Rome.
Le calendrier dionysien connut une lente diffusion. On s'aperçut par la suite que Denys s'était trompé et que Jésus serait né au plus tard en 5 avant l’ère chrétienne (beaucoup penchent pour 6, d’autres pour 7).

Ernest L. Martin (The Birth of Christ Recalculated, 1978) conclut que Jésus naquit le mercredi 11 Septembre de l'an 3 av. J.-C (2 tishri 3759). 10

Pour Joël Magny (La parenté de Jésus, 2005), se basant sur les visions de la bienheureuse Anne-Catherine Emmerich (1774-1824), Jésus est né le 13 kislev 3756, c'est-à-dire dans la nuit du mercredi 24 au jeudi 25 novembre de l’an 6 avant J.-C. 11

Des chronologistes pensent que Jésus est né en mars (21), en avril (19 ou 20) ou en mai (20).

Voir Noël, Epiphanie

Ses premières années

Joseph et Marie, emmenèrent Jésus en Égypte, pour le soustraire au massacre des Innocents, ordonné par Hérode le Grand, et ils demeurèrent dans ce pays jusqu'à la mort de ce prince. Mais, craignant la tyrannie d'Archélaüs, ils n'allèrent point en Judée, et retournèrent à Nazareth de Galilée.

Des traces archéologiques montrent que le site actuel de Nazareth a été occupé dès le 2e millénaire avant notre ère. Des fouilles entreprises en 1955 ont révélé l'existence d'une synagogue.
A l'époque de Jésus, Nazareth n'était qu'un petit village.
Hélène (+ vers 329), la mère de l'empereur Constantin, se rendit à Nazareth où elle fit élever une église dans laquelle se trouvait la maison de la Vierge. Elle fit changer le nom arabe de l’agglomération, En-Nasira, en « Nazareth ».
« Je vis Nazareth, la cité blanche (…) elle s’appelait autrefois Médinat-Abiat « Cité Blanche » (…) Nazareth était de la tribu de Zabulon ; il n’en est pas fait mention dans l’Ancien Testament : elle n’avait aucune célébrité avant Jésus-Christ. Aussi lorsque saint Philippe parla de Jésus à Nathanaël, qui était de Cana, celui-ci lui dit : « Peut-il venir quelque chose de bon, de Nazareth ? » 12
La bourgade de Nazareth fut détruite à 2 reprises : lors de la révolte juive de 67 et en 1291 par le sultan mamelouk Malik Ashraf Khalil.

L'entant divin avait douze ans lorsqu'ils le menèrent à Jérusalem pour célébrer la Pâque ; il resta dans le Temple à leur insu, et lorsqu'ils retournèrent pour le chercher, ils le trouvèrent discutant au milieu des docteurs et les confondant par la profondeur de ses discours.

Le Nazaréen

Dans le Nouveau Testament Jésus est qualifié plusieurs fois en grec de Nazôraios (Nazoréen ou Nazaréen). On trouve quelquefois Nazarénos (Nazarénien).
Ce terme, discuté, peut venir d’un mot hébreu nazar ou nezer signifiant "celui qui observe [la Loi]", "celui qui se consacre" [à Dieu], "celui qui se sépare", "le rejeton" (qui se détache de la souche), et peut aussi désigner un habitant de Nazareth.
" Puis un rameau sortira du tronc d'Isaïe (ou Jessé, ndlr), Et un rejeton naîtra de ses racines." (Esaïe 11,1)

« et (Joseph, ndlr) vint demeurer dans une ville appelée Nazareth, afin que s'accomplît ce qui avait été annoncé par les prophètes : Il sera appelé Nazaréen. » (Matthieu 2,23)
« Philippe rencontre Nathanaël et lui dit : "Celui dont Moïse a écrit dans la Loi, ainsi que les prophètes, nous l'avons trouvé : Jésus, le fils de Joseph, de Nazareth." Nathanaël lui dit : "De Nazareth, peut-il sortir quelque chose de bon ?" Philippe lui dit : "Viens et vois." » (Jean 1,45-46)
« Qu'y a-t-il entre nous et toi, Jésus de Nazareth ?... » (Marc 1,24)
« Joseph aussi monta de la Galilée, de la ville de Nazareth… » (Luc 2,4)
« Jésus se rendit à Nazareth, où il avait été élevé. » (Luc 4,16)
« La foule répondait : C'est Jésus, le prophète, de Nazareth en Galilée. » (Matthieu 21,11)
« Jésus, sachant tout ce qui devait lui arriver, s'avança, et leur dit : Qui cherchez-vous ? Ils lui répondirent : Jésus de Nazareth. Jésus leur dit : C'est moi. Et Judas, qui le livrait, était avec eux. Lorsque Jésus leur eut dit : C'est moi, ils reculèrent et tombèrent par terre. Il leur demanda de nouveau : Qui cherchez-vous ? Et ils dirent : Jésus de Nazareth. » (Jean 18,4-7)
« Comme il se dirigeait vers la porte, une autre servante le vit, et dit à ceux qui se trouvaient là ; celui-ci était aussi avec Jésus de Nazareth. » (Matthieu 26,71)
« Voyant Pierre qui se chauffait, elle le regarda, et lui dit : Toi aussi, tu étais avec Jésus de Nazareth. » (Marc 14,67)
« Pilate fit une inscription, qu'il plaça sur la croix, et qui était ainsi conçue : Jésus de Nazareth, roi des Juifs » (Iesus Nazarenus Rex Iudæorum : INRI). (Jean 19,19)
« Hommes Israélites, écoutez ces paroles ! Jésus de Nazareth, cet homme à qui Dieu a rendu témoignage devant vous par les miracles, les prodiges et les signes qu'il a opérés par lui au milieu de vous… » (Actes 2,22) "

"Le titre de Nazôréen (Matthieu, XXVI 71 ; Luc, XVIII 37 ; Jean, XVIII 5. 7 & XIX 19 ; Actes, II 22, III 6, IV 10, VI 14, XXII 8, XXIV 5 & XXVI 9) n'est pas seulement donné à Jésus : quand l'avocat Tertullus, au nom du Grand-Prêtre et des Anciens, s'adresse au gouverneur Félix (Actes, XXIV 5), il parle de la secte des Nazôréens (Tertulle accuse l'apôtre Paul en ces termes : « Nous avons trouvé cet homme, qui est une peste, qui excite des divisions parmi tous les Juifs du monde, qui est chef du parti des nazoréens », ndlr) ; dans les Actes des Apôtres, on emploie aussi le mot "secte" pour désigner les saducéens (V 17) et les pharisiens (XV 5), le mot traduit donc une observance particulière à l'intérieur du judaïsme. En revanche, l’adjectif Nazarénien (Marc, I 24, X 47, XIV 67 & XVI 6 ; Luc, IV 34, XXIV 19) qualifie un natif ou un habitant de Nazareth ; ce terme équivaut à « celui de Nazareth » que l'on trouve chez Matthieu (XXI 11), chez Jean (I 45) et dans les Actes des Apôtres (X 38)." 1

Les premiers chrétiens sont parfois désignés ainsi, particulièrement par leurs contemporains juifs. "Les chrétiens, en général, s'appelèrent longtemps Nazaréens" (Voltaire). Lorsque les Juifs convertis à la nouvelle religion commencèrent à former un groupe d'une certaine importance, ils reçurent la dénomination de nazaréniens ou nazaréens. Cette appellation leur fut donnée du vivant même de leur chef et, bien qu'elle eût dans la pensée de ceux qui les désignaient ainsi un sens injurieux, les disciples de Jésus l'acceptèrent, et, suivant la tradition, le maître accepta pour lui-même cette dénomination et se désigna en plusieurs circonstances par cette épithète. Ce fut seulement sous le règne de l'empereur Claude que les nazaréens prirent le nom de chrétiens" 2.

Recopiant Hégésippe, Eusèbe de Césarée et Jérôme de Stridon écrivent au sujet de Jacques "le frère du Seigneur" (+ 62), premier chef des Nazaréens de Jérusalem après la mort de Jésus : « Il a toujours conservé sa virginité et sa pureté entière. Nazaréen, c'est-à-dire consacré à Dieu dès sa naissance, il ne coupa jamais ses cheveux ni sa barbe, n'usa ni de vin, ni bains, ni d'huile pour oindre ses membres, ne porta point de sandales, n'usa pour ses vêtements que du lin. Ses prostrations à terre dans la prière étaient si fréquentes que la peau de ses genoux s'était endurcie comme celle du chameau. Son éminente sainteté lui valut le surnom de Juste par excellence. »

Plus tard dans l’histoire de l’Église, le terme "nazoréens" (ou "nazaréens") s’applique aux membres d’une secte judéo-chrétienne des premiers siècles, qui observe la loi mosaïque, croit en la divinité du Christ, mais a son propre évangile et refuse les Épîtres de Paul.
Les nazaréens étaient les membres "d'une secte chrétienne de Jérusalem, qui alliait le mosaïsme à la doctrine évangélique. On les appelle aussi nazaréistes. On place l'origine de ces hérétiques sous le règne de Hadrien (empereur de Rome de 117 à 138, ndlr). Cet empereur ayant détruit Jérusalem de fond en comble et publié des lois extrêmement sévères contre la nation juive, la plupart des chrétiens établis dans la Palestine, de peur d'être confondus avec les Juifs, abandonnèrent entièrement les rites mosaïques auxquels ils étaient restés attachés, comme judéo-chrétiens, et élurent un évêque appelé Marc, qui était étranger. Cette démarche déplut beaucoup à ceux d'entre eux qui voulaient rester attachés à la loi de Moïse, comme l'avait été saint Jacques, en opposition avec saint Paul. Comme leur nombre était considérable, ils fondèrent à Péra (ou Pella, ville de la Décapole, ndlr), dans la Palestine et dans les contrées voisines, des assemblées particulières, dans lesquelles la loi de Moïse conserva son autorité première. Bientôt ce corps de chrétiens judaïsants, qui regardaient Jésus-Christ et Moïse comme égaux en autorité, se partagea en deux sectes, qu'on distingua par les noms de nazaréens et d'ébionites (ou ébioniens de la secte d’Ebion, végétariens aux mœurs austères, ndlr). Le nom de nazaréens, au commencement, avait été appliqué aux disciples de Jésus en général. Les judaïsants qui héritèrent de ce nom croyaient que Jésus-Christ était né d'une vierge et uni à la nature divine. Ils pratiquaient les cérémonies prescrites par la loi de Moïse, mais ils n'obligeaient point les gentils qui embrassaient le christianisme à les observer. Ils rejetaient toutes les additions que les pharisiens et les docteurs de la loi avaient faites aux institutions de Moïse. C'est pour cette raison que les chrétiens avaient beaucoup de condescendance pour les nazaréens, qu'ils ne mettaient point, comme les ébionites, au nombre des hérétiques. Epiphane est le premier auteur qui ait donné aux nazaréens le nom d'hérétiques. Les nazaréens avaient un Evangile à eux ; Mosheim croit que cet Evangile, qu'on appelait indistinctement Evangile des nazaréens ou des Hébreux, est le même que celui des ébionites et des douze apôtres. Il circula de bonne heure dans l'Eglise, et quelques historiens ecclésiastiques pensent, que c'est celui dont saint Paul parle aux Galates : « Je m'étonne que vous ayez passé si promptement à un autre Evangile.... Si quelqu'un vous annonce un autre Evangile que celui que nous avons annoncé, quand même ce serait un ange descendu du ciel, qu'il soit anathème » (Galates I,7-9)" 2

En 428/429, Augustin d'Hippone mentionne les nazaréens dans sa liste des hérétiques (De Haeresibus).

Les adeptes du mandéisme [qui, pour certains, sont les héritiers des esséniens et des ébionites "lesquels accusaient Jésus d'avoir perverti les doctrines de Jean (Baptiste, ndlr) 3" et dont la "croyance était que Jésus n'était pas le fils de Dieu, mais simplement un prophète qui voulait suivre Jean" 4] se désignent eux-mêmes du nom de nasoraia (nazoréens ou nazaréens).

On évoque aussi une communauté de nazirs.
Nazir (ou nazirite ou nazarite ; de l'hébreu nazar qui signifie "consacré" ou "séparé") est le nom donné aux Juifs qui font vœu d'ascétisme tel que décrit dans le Livre des Nombres (6,1-21).

A noter qu'aucune de ces dénominations n'a été employée ni par Jésus, ni par aucun de ses disciples…

Son baptême

Dans la quinzième année du règne de Tibère, Jean dit « Le Baptiste », cousin de Jésus, commença de prêcher la pénitence le long du Jourdain, en baptisant et en annonçant le Messie.
Jésus vint à lui pour être baptisé, et au moment où il sortait de l'eau, le Saint-Esprit descendit sur lui sous la forme d'une colombe.
Jean-Baptiste le désigna alors à la foule comme celui qui était prédit par les Écritures et attendu par les Juifs.

Son ministère

Selon Luc, Jésus commença son ministère la 15ème année du règne de Tibère (Luc 3,1), ce qui correspond à 28-29.
Le ministère de Jésus se déroula entre 29 et 30, si l’on considère que ce ministère dura 1 an, ou entre 29 et 33, s’il dura 3 ou 4 ans (selon la tradition).

Avant de commencer sa mission, Jésus avait jeûné pendant quarante jours dans le désert où il avait repoussé les tentations de Satan.
Puis il parcourut la Judée et la Galilée, annonçant la bonne nouvelle, entraînant les populations à sa voix, confirmant sa mission par des miracles éclatants, rendant la vue aux aveugles, l'ouïe aux sourds, la santé aux malades, la vie aux morts, chassant les démons du corps des possédés, apaisant les flots soulevés, multipliant les pains, etc.


Le sermon sur la montagne par Carl Heinrich Bloch

Ses douze apôtres

Parmi ses disciples, Jésus choisit 12 apôtres (envoyés) pour évangéliser les nations :

- André, "le Premier Appelé" (Prôtoklètos), et son frère Simon que Jésus nomma Pierre (Céphas) ;

- Jacques le Majeur et Jean son frère, l’évangéliste, « le disciple que Jésus aimait » (Jean XIII, 23-25), tous deux fils de Zébédée et de Marie-Salomé la Myrophore ; Jésus leur donna le surnom de "Boanergès" (fils du tonnerre) à cause de leur caractère très soupe-au-lait ;

- Philippe de Bethsaïde ;

- Barthélemy (Bar Tolomaï « fils de Tolomaï ») que Jean, dans son évangile, nomme « Nathanaël, l'Israélite en qui il n'y a pas de ruse » ;

- Thomas (signifie jumeau en araméen, tout comme son surnom, Didyme, qui en est la traduction grecque) ;

- Matthieu (l'évangéliste), fils d'Alphée, qui porte d'abord le nom de Lévi ; publicain (fonctionnaire de l'impôt), il tient le bureau de péage de Capharnaüm (à la fois douane, octroi et péage entre l'Etat du roi Hérode Antipas et celui de son frère, le tétrarque Philippe) où il perçoit le "portorium" ;

- Jacques, fils d'Alphée, dont on sait peu de choses et que les exégètes catholiques d'Occident confondent souvent avec Jacques « le Mineur » ou « le Juste », l'un des « frères du Seigneur » (Matthieu, XXVII, 56), qui fut le chef de file de l'Église judéo-chrétienne de Jérusalem (Galates, I, 19) et joua un rôle de premier plan au fameux concile de Jérusalem (Actes, XV), auquel on attribue la rédaction de l'Épître de Jacques et que le grand prêtre Hanan II aurait fait lapider en 62 ;

- Thaddée (Tadeg) ou Judas (appelé Jude pour ne pas le confondre avec un autre disciple : Judas l’Iscariote), frère de Jacques le Mineur ; Thaddée est probablement un surnom (en araméen tadday signifie « à la mamelle ») ; nommé Addaï dans la version syriaque des Actes de Thaddée, il est cité sous le nom de Lebbée (de l’hébreu libbay : courageux) dans quelques manuscrits dont le codex Bezae ;

- Simon le Cananéen (ou Cananite) ou le Zélote (« Cananéen » indiquant son pays d'origine et « Zélote » son appartenance à un groupe spirituel) ;

- Judas l'Iscariote, celui qui le livra ; il fut remplacé par Matthias (abréviation de Mattathias qui signifie "don de Dieu") tiré au sort parmi les soixante-douze disciples de Jésus, ceux qui accompagnaient le Maître et ses apôtres, depuis le jour de son baptême par Jean dans le Jourdain.

Cf. Matthieu X, 2-4 ; Marc III, 16-19 ; Luc VI, 13-16 ; Actes I, 13 et 26.

Sa Passion

Au commencement de la quatrième année de sa mission, il vint pour la dernière fois à Jérusalem, où ses enseignements avaient déjà soulevé contre lui les princes des prêtres et les pharisiens.
Il célébra la cène avec ses disciples puis fut livré à ses ennemis par Judas.
Mené devant le pontife, puis devant Ponce-Pilate, gouverneur de la Judée pour les Romains, il fut condamné à mort, flagellé, couronné d'épines et enfin crucifié entre deux larrons.
A sa mort, le ciel s'obscurcit, la terre trembla, le voile du Temple se fendit, les tombeaux s'ouvrirent.

La crucifixion :

Les 4 Évangiles indiquent que Jésus, âgé de 33 ans (âge traditionnel) ou plus, fut crucifié quand Ponce Pilate était gouverneur de Judée (26 à 36).
On propose plusieurs dates pour la crucifixion : le vendredi 7 avril 30, 16 nissan 3790 (date la plus retenue aujourd’hui) ou le vendredi 3 avril 33 (14 nissan 3793, date traditionnelle où une éclipse de lune fut visible à Jérusalem entre 15 h 40 et 18 h 50).
Supplicié avec deux autres hommes (Dismas ou Dysmas « le bon larron », crucifié à sa droite, et Gestas, à sa gauche), Jésus fut le premier à mourir, c'est pourquoi on ne lui brisa pas les jambes pour mettre fin à ses souffrances. Un soldat (Longinus) lui perça le côté d'un coup de lance afin de vérifier qu'il n'était plus en vie (Jean 19,34).
Pour l’islam, Issa n’a pas été crucifié :
« Ils disent : Nous avons mis à mort le Messie, Jésus fils de Marie, l'Apôtre de Dieu. Non, ils ne l'ont point tué, ils ne l'ont point crucifié ; un autre individu qui lui ressemblait (un faux semblant) lui fut substitué, et ceux qui disputaient à son sujet ont été eux-mêmes dans le doute. Ils n'en avaient pas de connaissance précise, ce n'était qu'une supposition. Ils ne l'ont point tué réellement… » (Coran IV, 156, 14)
« Nous avons vraiment tué le Christ, Jésus, fils de Marie, le Messager d'Allah »... Or, ils ne l'ont ni tué ni crucifié ; mais ce n'était qu'un faux semblant ! Et ceux qui ont discuté sur son sujet sont vraiment dans l'incertitude : ils n'en ont aucune connaissance certaine, ils ne font que suivre des conjectures et ils ne l'ont certainement pas tué, mais Allah l'a élevé vers Lui. Et Allah est Puissant et Sage. » (Coran IV,157-158, 15)
Jésus aurait fondé une famille et vécu très âgé. A Srinagar au Cachemire, on fait visiter sa tombe 16.
L’islam s’est-il inspiré de l’hérésie docétiste ? Le docétisme affirmait que Jésus-Christ n'avait eu que l’apparence d'un corps. Certains docétistes niaient la nature humaine du Christ, alors que d'autres admettaient son incarnation mais non ses souffrances, prétendant qu'il avait persuadé l'un de ses disciples (Judas ou Simon) de prendre sa place sur la croix ; d'autres encore lui attribuaient un corps céleste incapable de connaître les souffrances humaines.
A la fin du 1er siècle, Cérinthe, hérétique judéo-chrétien, enseignait en Asie Mineure que le monde est l’œuvre d’une puissance étrangère au Dieu suprême, le Dieu inconnu, que Jésus n’était qu’un homme, né de Joseph et de Marie, que l’Esprit descendit sur lui lors du baptême dans le Jourdain mais le quitta avant la Passion.
La secte d’Ebion (les ébionites ou ébioniens) et celle de Théodote (les théodotiens) niaient également la divinité de Jésus.
Les alogiens ou aloges (les hommes "sans Verbe") niaient que Jésus-Christ soit le Verbe éternel.
Les proclianites disaient que le Christ ne s'était pas incarné.

Voir dossier "Semaine Sainte"

Sa Résurrection et son Ascension

Et Joseph (d'Arimathée ou d'Arimathie, ndlr), ayant acheté un linceul, descendit Jésus de la croix, l'enveloppa du linceul, et le déposa dans un sépulcre taillé dans le roc. Puis il roula une pierre à l'entrée du sépulcre. (Marc 15,46).

Jésus ressuscita le troisième jour et apparut à ses disciples pour leur donner ses derniers enseignements. Avant de s'élever au ciel, il leur promit d'être avec eux jusqu'à la fin des temps.

Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton coeur que Dieu l'a ressuscité des morts, tu seras sauvé. (Romains, 10,9)
Et si Christ n'est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, et votre foi aussi est vaine. (I Corinthiens 15,14).

Voir « Ascension » et « Pentecôte ».

Des auteurs non-chrétiens citent Jésus ou Christ>

Jésus, sujet central de nombreux textes chrétiens, canoniques et apocryphes, est aussi cité par des auteurs non-chrétiens :

- Flavius Josèphe écrit, vers 93-94, dans ses Antiquités judaïques (livre XVIII) : "Vers le même temps (au temps de Pilate, ndlr) vint Jésus, homme sage, si toutefois il faut l'appeler un homme. Car il était un faiseur de miracles et le maître des hommes qui reçoivent avec joie la vérité. Et il attira à lui beaucoup de Juifs et beaucoup de Grecs (30). [64] C'était le Christ. Et lorsque sur la dénonciation de nos premiers citoyens, Pilate l'eut condamné à la crucifixion, ceux qui l'avaient d'abord chéri ne cessèrent pas de le faire, car il leur apparut trois jours après ressuscité, alors que les prophètes divins avaient annoncé cela et mille autres merveilles à son sujet. Et le groupe appelé d'après lui celui des Chrétiens n'a pas encore disparu." 13
Pour certains, il s'agirait d'une note marginale écrite par un lecteur chrétien et passée ensuite dans le texte. Pour d’autres, comme Etienne Nodet de l'École biblique de Jérusalem, l’authenticité du testimonium flavianum ne fait pas de doute.

- Pline le Jeune légat en Bithynie (Asie Mineure), écrit, vers 111/112, à l’empereur Trajan pour lui demander comment on doit juger les chrétiens : « C’est une règle sacrée pour moi, seigneur, d’en référer à toi dans toutes les difficultés qui m’embarrassent. Qui mieux que toi, en effet, peut me guider dans mes hésitations, ou m’éclairer dans ce que j’ignore ? Je n’ai jamais pris part ni assisté aux procès criminels faits aux chrétiens ; aussi ne sais-je pas bien sur quoi porte l’instruction, quel est précisément le crime dont on les accuse et dans quelle mesure on doit les punir. De là plusieurs points qui ont fait question pour moi : faut-il faire exception de l’âge, ou traiter les enfants et les mineurs de la même façon que les personnes d’un âge fait ? Le repentir suffit-il à mériter la grâce, ou quiconque a été une fois chrétien ne peut-il rien gagner à ne l’être plus ? Est-ce le nom seul de chrétien qu’on punit, encore qu’on ne puisse reprocher aucun forfait à celui qui le porte, ou les forfaits inséparables du nom de chrétien ? En attendant, voici la manière dont j’ai procédé à l’égard de ceux qui m’étaient déférés comme chrétiens. Je leur ai demandé s’ils étaient chrétiens ; sur leur aveu, j’ai répété une seconde et une troisième fois ma question, en les menaçant du supplice. Ceux qui ont persisté y ont été conduits par mes ordres ; car, quelque chose qu’ils avouassent, je ne doutais pas qu’au moins leur obstination et leur opiniâtreté inflexibles ne méritassent d’être punies. Parmi ces fous entêtés, il s’en est trouvé plusieurs dont j’ai pris les noms et que j’ai retenus pour les envoyer à Rome à cause de leur qualité de citoyens romains. Bientôt, avec les progrès de l’instruction, l’accusation s’étendit et plusieurs espèces se présentèrent. On me remit un libelle d’accusation anonyme contenant un grand nombre de noms ; mais ceux qui y étaient portés ont nié qu’ils fussent ou eussent jamais été chrétiens. Ils ont après moi invoqué solennellement les dieux et offert l’encens et le vin devant ton image, que j’avais fait apporter tout exprès avec les simulacres des dieux ; de plus ils ont maudit le Christ, toutes choses auxquelles on ne peut forcer, dit-on, ceux qui sont chrétiens dans l’âme ; aussi, j’ai jugé que je les devais renvoyer. D’autres désignés par un complice ont reconnu d’abord qu’ils étaient chrétiens, puis ils l’ont nié, disant qu’ils l’avaient été, il est vrai, mais qu’ils avaient cessé de l’être, les uns depuis trois ans, les autres depuis plus longtemps, quelques-uns même depuis vingt ans. Tous ont adoré ton image et les statues des dieux et ont blasphémé Christ. Au reste, ils assuraient que tout leur crime et leur égarement n’avaient été que de se réunir habituellement en un jour marqué, avant le lever du soleil, et à chanter ensemble et alternativement des formules de prières à Christ comme à un dieu, à s’engager par serment, non à aucun crime, mais à ne commettre ni vol, ni violence, ni adultère, à ne point manquer à leur parole, à ne pas refuser de rendre un dépôt réclamé. Après quoi ils se retiraient chacun de son côté et se réunissaient de nouveau pour prendre ensemble une nourriture commune et innocente, chose même dont ils s’étaient abstenus depuis l’édit dans lequel, sous tes ordres, j’avais défendu les hétairies (sociétés secrètes). Sur quoi, pour m’assurer de ce qu’il y avait de vrai là-dedans, j’ai soumis à la question deux esclaves qu’ils appelaient leurs servantes. Mais je n’ai rien trouvé qu’une superstition absurde et monstrueuse. Aussi, pendant l’instruction, j’ai pris le parti de te consulter. L’affaire, en effet, m’a paru valoir la peine qu’on y regardât de près, surtout à cause du nombre de ceux qui sont compromis. Beaucoup de personnes de tout âge, de toute condition, de l’un et l’autre sexe, sont et seront appelées à répondre devant les juges ; car ce ne sont pas seulement les villes, mais les bourgades et les campagnes que cette contagieuse superstition a envahies. Le mal, cependant, peut être arrêté et guéri. Déjà l’on voit les temples, qui étaient presque délaissés, retrouver la foule ; les sacrifices solennels, depuis longtemps interrompus, se célèbrent de nouveau, et les victimes, qui ne rencontraient naguère que de très rares acheteurs, se vendent communément. On comprend par là quelle multitude de personnes on peut amener en ouvrant la porte au repentir. » Trajan répond, en 4 lignes, qu’il faut tenir la main à l’exécution de la loi, ne pas tenir compte des dénonciations anonymes et ne faire aucune recherche concernant les chrétiens.
En 112, le rescrit de Trajan établit les règles de la répression antichrétienne justifiée par la dénonciation et les aveux publics : les chrétiens, ces derniers venus sur la scène religieuse, au comportement si étrange, ont l’obligation de sacrifier aux dieux de Rome, sous peine de mort, alors que les Juifs en sont dispensés. Les chrétiens sont considérés comme des criminels séditieux par les Romains qui tolèrent les religions anciennes mais refusent toute religion nouvelle.

- l'historien Tacite, dans ses Annales (15,44), raconte vers 116/120 que Néron, à la suite de l'incendie de Rome, fit mettre à mort un grand nombre de chrétiens, « une immense multitude » et que « leur trépas fut monté en divertissement ». Les uns couverts de peaux de fauves furent déchirés par des chiens ; d'autres, suspendus à des croix, servirent pendant la nuit de torches vivantes. « Bien que ces gens aient été présentés comme des criminels, on se prenait de compassion pour eux, en voyant qu'ils étaient immolés, non pour le bien public, mais par la cruauté d'un seul homme ». Tacite explique que les gens de cette secte « à la détestable superstition » sont appelés « chrétiens, du nom de ce Christus, qui, sous le règne de Tibère, fut condamné au supplice par le procurateur Ponce Pilate : auctor nominis ejus Christus Tiberio imperitante per procuratorem Pontium Pilatum supplicio affectus erat ».

- Suétone, dans sa Vie de Claude (La vie des Césars 25,4) relate vers 120 que l'empereur Claude « chassa de Rome les juifs qui s'agitaient continuellement d'après les excitations de Chrestos : Judaeos impulsore Chresto assidue tumultuantes Roma expulit ».

- le Talmud de Babylone (Sanhédrin, 43a) du IVème siècle indique : « La tradition rapporte : la veille de Pâques, on a pendu (pendu ou suspendu, c’est-à-dire crucifié, ndlr) Jésus. Un héraut marcha devant lui pendant quarante jours, disant : « Il sera lapidé parce qu'il a pratiqué la magie et trompé et égaré Israël. Que ceux qui connaissent le moyen de le défendre viennent et témoignent en sa faveur. » Mais on ne trouva personne qui témoignât en sa faveur et on le pendit la veille de pâques ».

- l’édition de Bâle (1578-1580) du Talmud comporte un passage sur Jésus considéré comme historique : la procédure suivie contre le séducteur « mésith » qui cherche à porter atteinte à la pureté de la religion. Quand un homme est accusé de séduction, on aposte deux témoins que l'on cache derrière une cloison ; on s'arrange pour attirer le prévenu dans une chambre contiguë, où il puisse être entendu de deux témoins sans que lui-même les aperçoive. Alors on lui fait répéter son blasphème. On l'engage à se rétracter. S'il persiste, les témoins qui l’ont entendu l'amènent au tribunal. Le Talmud indique qu'on a agi ainsi envers Jésus et qu'il fut condamné sur la foi de deux témoins qui avaient été apostés.

Tombeau du Christ et tombe de Jésus

Les chrétiens romains et orthodoxes croient que le tombeau du Christ se trouve sous l'église du Saint-Sépulcre, en haut de la Via Dolorosa, tandis que les protestants le situent plus au nord, hors des murs de la vieille Jérusalem, au Jardin de la Tombe placé sous la responsabilité de l'Église anglicane.

- La découverte des 10 ossuaires à Talpiot :

En 1980, dans le quartier de Talpiot à Jérusalem, au cours de travaux de terrassement, est découverte une tombe contenant dix ossuaires de calcaire dont six portent les noms de « Jésus fils de Joseph » (écrit en araméen), de « Judas fils de Jésus » (inscription peu lisible en araméen ; cet ossuaire d’enfant est vide), de « Maria » (nom latin écrit en hébreu), de « Mariame Kai Mara » (écrit en grec et en araméen), de « Matthia » (Matthieu écrit en hébreu) et de « Yosé » (José diminutif de Joseph, écrit en hébreu). 5

- L’ossuaire de « Jacques, fils de Joseph, frère de Jésus » :

Un des dix ossuaires disparaît mystérieusement. Puis, en octobre 2002, les média révèlent que, dans la collection privée d’un israélien de Tel-Aviv, se trouve un ossuaire datant du Ier siècle et qu’il porte l’inscription en araméen : « Jacques, fils de Joseph, frère de Jésus ».
S’il s’agit des restes de Jacques le Mineur ou le Juste [le « frère du Seigneur » nommé dans l’épître aux Galates (1, 18-19), confondu avec Jacques le fils d’Alphée, l’un des 12, ou identifié à lui], chef de l'Église de Jérusalem (premier évêque ?) et auteur de l'Épître de Jacques, qui réunit le « concile » de Jérusalem en 49 et fut lapidé (achevé à coup de bâton de foulon) en 62, après avoir été précipité du haut du Temple (selon Hégésippe), le débat sur la virginité de Marie et sur la fratrie de Jésus risque d’être relancé.
Flavius Josèphe nous a conservé le récit de sa mort (Antiquités judaïques XX) : le grand prêtre Hanan II aurait profité de l'intervalle entre la mort du procurateur Festus et la nomination de son successeur pour le faire lapider en 62.
D’aucuns n’y voient qu’une coïncidence, estimant que ces prénoms étaient très répandus.
De plus, certains spécialistes, se basant sur des différences dans la gravure de l’inscription, trouvent que les mots « frère de Jésus » sont postérieurs aux autres.
En juin 2003, un comité d'experts archéologues israéliens conclut à un faux et le 25 juillet 2003, le vendeur (qui n'en est pas à son premier faux) est arrêté.
Il apparaît néanmoins que la partie de l’inscription « Jacques fils de Joseph » est authentique.
En outre, des analyses chimiques démontrent que cet ossuaire est bien l’ossuaire manquant parce que sa patine (dépôt de sédiments) étant identique à celle de l’ossuaire de « Mariame Kai Mara », il provient bien de la même tombe.

- « The Lost Tomb of Jesus » :
Le 26 février 2007, lors d’une conférence de presse donnée dans la Bibliothèque publique de New York pour présenter le documentaire intitulé The Lost Tomb of Jesus (La tombe perdue de Jésus) réalisé par le documentariste israélo-canadien Simcha Jacobovici, et le livre La tombe de la famille Jésus, le producteur James Cameron pose à côté d’un ossuaire qu’il présente comme étant celui ayant contenu les restes de Jésus, ce qui implique qu’il n’y a eu ni Résurrection, ni Ascension du Christ (à moins qu’elle ne fût purement spirituelle).
L'ADN mitochondrial du contenu des ossuaires « Jésus fils de Joseph » et « Mariame Kai Mara » démontrant qu’ils n’ont pas eu la même mère et la présence dans une même tombe supposant un lien familial, le film avance que Jésus et Marie-Madeleine [le professeur François Bovon de Harvard a rapproché le nom de « Mariamne » qui apparaît dans les Actes de Philippe, un apocryphe publié vers 350, du personnage de Marie-Madeleine] étaient mariés et en déduit que « Judas fils de Jésus » était leur fils.
La recherche d’ADN n’a pu être réalisée sur les ossements qui ont été confiés, selon la loi israélienne, à la communauté juive de Jérusalem, aux fins d’inhumation. Seuls des résidus d’ossements collés aux parois internes des ossuaires ont été prélevés pour les analyses.
Pour Amos Kloner, professeur au Département d'archéologie et d'études sur la terre d'Israël de l'université Bar-Ilan, près de Tel Aviv : « Les noms trouvés dans la tombe étaient à l’époque parmi les plus répandus dans tout le pays (…) c'est tout simplement un tombeau juif du premier siècle après Jésus Christ (…) Je n'accepte pas l'idée que la famille de Miriam et Yosef, les parents de Jésus, aient eu un tombeau familial à Jérusalem. C'était une famille très pauvre. Ils habitaient Nazareth, ils sont venus à Bethléem pour que la naissance ait lieu là, donc je ne l'accepte pas, ni au plan historique, ni au plan archéologique ».
Le professeur Bovon et l’archéologue Lévi Yizhaq Rahmani précisent que, pour les défunts juifs ensevelis hors de leur région, l’origine devait être inscrite à côté du nom : or, nulle trace d’un « Jésus le Nazaréen ».
L’historienne, théologienne et sociologue, Michèle Jarton, fait remarquer que si la famille de Jésus avait été inhumée en tant que chrétienne, aucun nom n’aurait été indiqué en raison des persécutions que subissaient les premières communautés chrétiennes.
Le docteur Shimon Gibson, archéologue spécialiste de l’époque biblique ayant pris part à la mise au jour de la tombe, est convaincu qu’il ne s’agit pas de la tombe de Jésus ni d’un caveau regroupant des membres de sa famille. Il ajoute : « les réalisateurs estiment que le prénom « Mariyamné » correspond en fait à « Marie-Madeleine » en se basant sur les Actes de Philippe, un écrit publié 350 ans après la mort de Jésus. Selon mes recherches il s’agirait plutôt de 2 prénoms « Myriam » et « Mara », probablement une mère et sa fille ou bien 2 soeurs. » 6
Le professeur L. Michael White, de l'université du Texas, trouve l'histoire peu vraisemblable.
Pour le professeur d'anthropologie biblique Joe Zias : « Cela n'a rien à voir avec Jésus. On le connaissait comme Jésus de Nazareth, pas Jésus de Jérusalem, et si la famille était assez riche pour s'offrir une tombe, ce qu'elle n'était probablement pas, elle aurait été à Nazareth, pas ici à Jérusalem ».
Jean-Sylvain Caillou, archéologue et auteur d’une thèse sur les tombes de Palestine, s’interroge : « Si les cinéastes avaient les moyens de pratiquer des tests ADN, pourquoi n’ont-ils pas systématiquement tenté de retrouver les liens familiaux entre toutes ces personnes ce qui nous éclairerait vraiment ? Et pourquoi n’avoir pas parlé à cette conférence de presse de l’âge des morts que l’on peut déterminer d’après leurs ossements ? »
Stephen Pfann, spécialiste de la Bible à l'université de Jérusalem, pourtant interviewé dans le documentaire, n'est même pas certain que le nom « Jésus » sur l’ossuaire ait été lu correctement, l'écriture sémite ancienne (araméen) étant très difficile à déchiffrer.
Andrey Feuerverger, professeur de mathématiques à l'université de Toronto, a calculé qu’il n’y a qu’une chance sur 600 que les noms regroupés dans la même tombe ne soient pas ceux de la famille de Jésus de Nazareth. « Au lieu de prendre la population de la Palestine au complet, M. Feuerverger n'a retenu que les personnes mortes qui ont été enterrées dans un ossuaire : « Nous prenons seulement les morts parce que nous savons que Jésus est mort, dit le statisticien. Et nous avons fait l'hypothèse qu'il a été mis dans un ossuaire par ses disciples, même s'il venait d'une famille pauvre, à cause de son importance. La tradition des ossuaires n'a duré qu'une centaine d'années, jusqu'à la destruction du Temple en l'an 70. Environ un millier de tombes contenant des ossuaires ont été identifiées, et les experts pensent qu'il y en aurait 2000 en tout. Nous avons estimé qu'il y avait une moyenne de 6 personnes par tombe. C'est sûr que si on se rend compte qu'il y en a 40 000, mes calculs ne veulent plus dire grand-chose. » 7
Steve Mason, sémiologue de l'Université de Toronto, conteste l'affirmation selon laquelle il n'y a eu des ossuaires que pendant un siècle : « Cette idée est colportée à gauche et à droite depuis l'affaire de l'ossuaire de Jacques, le frère de Jésus, qui a été exposé au Musée royal de l'Ontario, à Toronto, en 2002, dit M. Mason. Mais c'est complètement sans fondement. Tout indique qu'il y a eu des ossuaires en Palestine à partir du troisième siècle avant Jésus-Christ. » 7
« Cette tombe dérange, a confié le réalisateur du documentaire Simcha Jacobovici, parce qu'elle doit être trop chrétienne pour les juifs, et trop juive pour les chrétiens. »

Citations

Nul, s’il possède la charité, ne hait. On connaît l’arbre à ses fruits : ainsi ceux qui font profession d’être du Christ se feront reconnaître à leurs œuvres. Car maintenant l’œuvre qui nous est demandée n’est pas une simple profession de foi, mais d’être trouvé jusqu’à la fin dans la pratique de la foi. (Ignace d’Antioche +115)

Dieu aime à pardonner. Il faut donc que les enfants de Dieu soient, eux aussi, pacifiques et miséricordieux, qu’ils se pardonnent réciproquement comme le Christ nous a pardonné et que nous ne jugions pas, de peur d’être jugés. (Tertullien + 222)

Notre transgression provoqua la philanthropie du Verbe, de telle sorte que le Seigneur vint jusqu’à nous et apparut parmi les hommes. Car nous sommes devenus la cause de son entrée dans un corps. C’est pour notre salut qu’il a été pris d’amour jusqu’à se rendre humain et paraître dans un corps.
Le Seigneur n’est pas venu seulement pour se montrer, mais pour soigner et enseigner ceux qui souffraient. Pour se montrer il lui suffisait d’apparaître et d’étonner ceux qui le verraient. Pour soigner et pour instruire, il lui fallait se mettre au service des hommes, sans excès qui dépasseraient les besoins de l’humanité et rendraient inutiles l’apparition de Dieu. (Athanase + 373, Sur l’Incarnation du Verbe)

Le Christ est le pain semé dans le sein de la Vierge Marie, levé dans la chair, formé dans la Passion, cuit dans le four du tombeau, conservé dans les églises et distribué chaque jour aux fidèles comme une nourriture céleste placée sur les autels. " (Pierre Chrysologue + 451, Sermon sur le Notre Père)

Le christianisme a été prêché par des ignorants et cru par des savants, et c'est en quoi il ne ressemble à rien de connu. (Joseph de Maistre 1753-1821)

Le Christ est un anarchiste qui a réussi. C'est le seul. (André Malraux, L'Espoir, 1937)


Anastasis, représentation symbolique de la Résurrection, sarcophage romain, vers 350 (Musée du Vatican)


Notes :
1 http://missel.free.fr/Annee_A/noel/ste_famille_3.html
2 Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle. Pierre Larousse
3 Codex Nazarenus, 11 page 109
4 Origène, 11 page 150
5 Gaëtane de Lansalut, « Le Monde des Religions », juillet/août 2007
6 Propos recueillis par Stéphane Amar à Jérusalem, Le Monde des Religions, juillet/août 2007
7 Cité par Mathieu Perreault, La Presse
8 http://www.leparisien.fr/societe/l-enigme-de-l-etoile-de-bethleem-peut-etre-resolue-24-12-2001-2002681867.php
9 http://fr.wikipedia.org/wiki/Rois_mages
10 The Birth of Christ Recalculated, 1981
11 La parenté de Jésus (page 148), 2001, Pierre Téqui éditeur
12 Mgr Mislin, Les Saint Lieux, 1876
13 Traduction de Julien Weill,1900, Ernest Leroux, éditeur
14 traduit par Kasimirski
15
quran.al-islam.com/Frn/
16 Une minorité musulmane résidant dans les montagnes du Kashmir, les Ahmadis, voue à Jésus (Issa) un culte tout comme aux saints de l'islam autour d'un tombeau, situé à Srinagar, qu'elle dit être celui de Jésus lequel aurait fondé une famille et fini sa vie au Kashmir à l'âge de 80 ans. http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%8Es%C3%A2
17 http://remacle.org/bloodwolf/gertoux/quirinus.htm
18 "C’est le Seigneur lui-même qui doit vous donner un signe. Le voici : la jeune fille est enceinte et va enfanter un fils qu’elle appellera Emmanuel." (Isaïe 7,14)
19 "Et toi, Bethléem Ephrata ; Petite entre les milliers de Juda ; De toi sortira pour moi Celui qui dominera sur Israël ; Et dont l'origine remonte aux temps anciens ; Aux jours de l'éternité." (Michée 5,1-2)


Sources


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; toute reproduction à but non lucratif est autorisée.

Date de mise à jour : 10/05/2013