Jules III

Giammaria Ciocchi del Monte, Romain, fils d'un fameux juriste romain, naît le 10 septembre 1487 à Rome.
Il étudie le droit à Pérouse et à Sienne et la théologie auprès du dominicain Ambrosius Catharinus.
Archevêque de Siponte (1512), évêque de Pavie (1520), légat de Bologne, de Parme et de Plaisance (1534), cardinal-prêtre des SS. Vitalis, Gervais et Protais en 1536, cardinal-évêque de Palestrina (1543), puis président du concile de Bologne (1545), il est élu pape le 7 février 1550 et choisit le nom de Jules. Il est intronisé le 22.
Bien que ferme et sévère, Jules III s’adonne au luxe et aux plaisirs.
II a une fille naturelle qui épouse François Caffieri.
Ouvertement homosexuel, il nomme cardinal un de ses domestiques.
Il lutte contre le protestantisme (surtout en Allemagne).
Il s’unit à l’empereur Charles Quint contre Octave Farnèse et les Français.
Il excommunie le roi Henri II, mais s’empresse de lever l’excommunication dès qu’il apprend que le roi de France défend à ses sujets, par représailles, d’envoyer de l’argent à Rome.
Il définit l'autorité de la Bible, le péché originel et la justification et confirme les sept sacrements, le culte des saints et des reliques ainsi que le dogme de la transsubstantiation. Sur le plan disciplinaire, il crée les séminaires diocésains, destinés à former les prêtres.
Il occupe les dernières années de sa vie à présider aux embellissements d’un jardin, situé près de la porte del Populo, qui portera son nom.

Prophétie de Malachie : De corona Montana (De la couronne du Mont).


1550. 7 février, élection du pape. 24 mars, les anglais restituent Boulogne à la France contre quatre cent mille écus. 21 juillet, la bulle Exposit Debitum confirme la Compagnie de Jésus. En Espagne, Controverse de Valladolid : le frère Bartolomé de Las Casas et le chanoine Juan Ginés de Sepulveda s’opposent devant le Conseil des Indes et le légat du pape ; pour Sepulveda, la colonisation est justifiée par le caractère inférieur des Indiens, et l’esclavage légitime dans la mesure où il est pratiqué au profit d’une nation supérieure telle que l’Espagne ; les thèses de Las Casas l’emportent finalement, conduisant à la promulgation de lois de protection des Indiens, sans cependant déboucher sur l’abolition de l’esclavage.

Vers 1550 à 1860. Petit âge glaciaire.

1551. 23 février, inauguration du Collège romain (maintenant Université grégorienne) par Ignace de Loyola. Le pape rouvre le concile de Trente (il le suspend en 1552). Union d’une partie des nestoriens de Mésopotamie ; fondation de l’Eglise chaldéenne-syriaque ; Jean Sulaka fait acte de fidélité à Rome et est nommé, par Jules III, "patriarche des nestoriens catholiques" (ses successeurs prirent le nom de Simon et le titre de "patriarche catholicos de Babylone pour les chaldéens". 27 mai, Traité d'alliance d'Amboise entre Henri II de France et le duc de Parme, Octave Farnèse, qui est déchu par le pape Jules III le 8 juin. 17 juin, l’Edit de Châteaubriant renforce les mesures répressives contre les réformés : il interdit toutes les fonctions municipales ou judiciaires aux protestants de France ; seuls les catholiques sont autorisés à ouvrir des écoles. 18 juillet, le corsaire turc Dragut envahit l'île de Gozo (Malte) et réduit ses habitants en esclavage. 1er septembre, Jules III (ancien cardinal-évêque de Palestrina) nomme Giovanni Pierluigi da Palestrina "Magister cantorum" de la maîtrise de la chapelle Giulia, à la basilique Saint-Pierre. 21 septembre, création de l'Université royale et pontificale de Mexico. 5 octobre, Traité secret de Friedwald entre Henri II de France et les princes protestants allemands de la Ligue de Smalkalde.

1552. 15 janvier, Traité de Chambord : Henri II de France conclut une alliance avec les protestants allemands de la Ligue de Smalkalde et les Turcs. 18 avril, le roi de France, Henri II, prend Metz. Le Quart Livre de Rabelais 1 (+ 9/4/1553) contre les gens de justice et contre le pape avec lequel Henri II est en conflit) est censuré par la Sorbonne. L’Église chaldéenne naît de l’ordination patriarcale du moine Jean Suqala par le pape Jules III. 2 août, Paix de Passau signée entre l'empereur Charles Quint et le roi de France Henri II ; amnistie et liberté de culte pour les princes protestants d'Allemagne ; les 3 évêchés impériaux (Metz, Toul et Verdun) sont rattachés à la France. 31 août, Bulle fondant le Collegium Germanicum. 18 octobre, Soliman le Magnifique prend Timisoara. 3 décembre, en Chine, mort de François Xavier.

1553. 2 janvier, à Metz, qu'elle assiège depuis septembre 1552, l'armée de Charles Quint est défaite par François de Guise ; elle se replie sur Thionville. 6 juillet, mort du roi d’Angleterre, Edouard VI ; sur son lit de mort, il a demandé que soit couronnée sa cousine Jeanne Grey : l'archevêque de Cantorbéry Thomas Cranmer, qui avait pris l'engagement de faire nommer la sœur catholique du jeune roi, Marie Tudor, accède néanmoins à la demande du mourant. 9 juillet, Bataille de Sievershausen : Maurice de Saxe, victorieux du margrave de Brandebourg, meurt deux jours après, des suites de ses blessures. 10 juillet, en Angleterre, Jeanne Grey, arrière-petite-fille d'Henri VII et anglicane, est proclamée reine, mais la réaction loyaliste l’emporte et amène sur le trône l’héritière légitime, la catholique Marie Ire Tudor qui fera décapiter Jeanne Grey le 12 février 1554. En envoyant le cardinal Pole comme légat en Angleterre, le pape tente de promouvoir la restauration du catholicisme dans ce pays. 23 août, à la tête d'une alliance franco-turque, le maréchal de Thermes et Sampiero Corso débarquent en Corse. 27 août, les explorateurs anglais Hugh Willoughby et Richard Chancellor, qui cherchent le Passage du Nord-Est, atteignent la baie de la Dvina. 9 septembre, à Rome, sur ordre du Vatican qui a donné l’ordre de jeter au feu les livres des juifs, le Talmud est brûlé. 8/9 octobre, le maréchal de Thermes, avec l'appui d'une flotte turque, enlève la Corse aux Génois. 21 octobre, à Venise, place Saint-Marc, le Talmud est brûlé. 27 octobre, à Champel (Suisse), Michel Servet, condamné par le Grand Conseil de Genève à l'instigation de Jean Calvin qu'il a attaqué, est brûlé vif comme hérétique 2.

1554. 25 janvier, au Brésil, inauguration du collège de la Compagnie de Jésus à l’origine de la ville de São Paulo. 12 février, Jeanne Grey, "la reine de neuf jours", est exécutée sur ordre de Marie Tudor. 11 avril, exécution de Thomas Wyatt le Jeune qui joua un rôle capital dans le complot de Suffolk fomenté contre la reine Marie Tudor. 29 mai, bulle Cum sicut Nuper par laquelle Julles III ordonne que certains livres juifs, y compris le Talmud, soient "damnés et brûlés". En Arménie, les Ottomans rasent la ville d’Erevan. Le Saint-Siège légalise les enlèvements d’enfants du ghetto pour qu’ils soient élevés dans le catholicisme ; la confrérie de Saint-Joseph s’occupe de convertir les adultes ; les convertis vivent dans des "maisons de catéchumènes" dont l’entretien est assuré par une taxe perçue sur les juifs (bulle Pastoris aeterni vices du 31 août). 25 juillet, Philippe II d'Espagne est sacré roi de Naples et de Sicile le jour de son mariage avec Marie Tudor, reine d'Angleterre. 29 novembre, réunion de l'Eglise d'Angleterre avec Rome ; le Parlement valide officiellement le rapprochement ; une messe est célébrée le 30 novembre par le légat Reginald Pole, archevêque de Cantorbéry. 8 décembre, Ambroise Paré est reçu docteur en chirurgie par la faculté de Paris (autodidacte, il a appris la chirurgie sur les champs de bataille et fut le premier à ligaturer les artères avant une amputation). A Rome, Palestrina publie son premier Livre de messes qui comprend notamment la messe Ecce Sacerdos Magnus dédiée à Jules III.

1555. 13 janvier, Palestrina, bien qu’il soit marié, est admis à la chapelle Sixtine. Gurij est nommé évêque du centre tartare de Kazan, un bastion musulman ; des centaines de milliers d’indigènes musulmans se convertissent au christianisme. 1er mars, parution du 1er recueil des Prophéties (7 centuries, 700 quatrains) de Michel de Notre-Dame, le fameux Nostradamus ; il meurt le 2 juillet 1566 à Salon ; sa tombe est profanée pendant la Révolution : en 1791, des gardes nationaux d’un bataillon marseillais - ou du Vaucluse - ouvriront le sépulcre de Nostradamus et briseront son cercueil ; le maire de Salon recueillera ce qu’il peut des reliques 3 ; durant la 2e guerre mondiale, son tombeau aurait été ouvert par les Allemands, puis par les Américains (?) ; l'ensemble des Prophéties, rédigées en vieux français provençal, ne semblent pas classées par ordre chronologique et comportent 969 quatrains, 58 sixains et 141 présages). 23 mars, à Rome, mort du pape Jules III.


Notes
1 Né à Chinon vers 1494, François RABELAIS fit ses études à l’abbaye bénédictine de Seuilly, puis dans un couvent franciscain près d’Angers ; en 1520, il prononça ses vœux monastiques chez les franciscains de Fontenay-le-Comte où il étudia le grec ; protégé par son évêque Geoffroy d'Estissac qui lui obtint une autorisation papale, il quitta cet ordre pour entrer chez les bénédictins de Maillezais (Poitou) en 1523 ; en 1524, Rabelais alla à Paris pour y commencer ses études de médecine. Il abandonna alors la vie monastique (ce qui lui valut une condamnation pour apostasie) et prit l’habit de prêtre séculier en 1528. Lors de son séjour à Paris, il eut deux enfants d'une femme veuve. En 1532, il s’inscrivit à la faculté de médecine de Montpellier où il acquit son diplôme de bachelier l’année suivante. Gagnant Lyon, il exerça son art au grand hôpital où il traita plus particulièrement les goutteux ; c’est à cette époque que parurent les Horribles et épouvantables faits et prouesses du très renommé Pantagruel, roi des Dipsodes, signé de l’anagramme Alcofribas Nasier (1532), suivis de La Pantagruéline pronostication ; l’année suivante, en tant que médecin personnel de Jean du Bellay, il se rendit à Rome où il s’occupa d’archéologie ; de retour à Lyon, il fit publier la Vie inestimable du grand Gargantua, Père de Pantagruel, ouvrage mal accueilli par les théologiens ; en 1534, toujours avec Jean du Bellay devenu cardinal, il repartit pour Rome ; il y resta un an, encore occupé d’archéologie et, en outre, de botanique ; ce deuxième séjour romain dura jusqu’en mai 1536 ; Rabelais profita de ce séjour pour obtenir du pape Paul III l’absolution pour son apostasie, c’est-à-dire la faute qu’il avait commise en abandonnant le froc de moine et en embrassant la profession médicale (prêtre séculier, il était père de deux enfants, François et Junie, que le pape lui permit de reconnaître) ; à Montpellier en 1537, il reçut ses grades de licencié puis de docteur en médecine ; de 1539 à 1541, il séjourna à Turin ; entre 1542 et 1551, il alterna les séjours entre la France et l’Italie, après une fuite à Metz suite à une condamnation du Tiers Livre (1545) ; enfin, il obtint la cure de Meudon, fit publier en 1552 son Quart Livre (censuré par la Sorbonne) et mourut le 9 avril 1553 ; le Cinquième Livre ne fut édité que 10 ans plus tard ; le prologue du Gargantua est la meilleure introduction à son œuvre : on y apprend qu’il faut "ouvrir ce livre et peser soigneusement ce qui s’y trouve exposé", que "les matières traitées ne sont pas aussi frivoles que le titre le laissait prévoir" et qu’il est indispensable par une approche attentive de "rompre l’os et de sucer la substantifique moelle".
2 L’Aragonais Michel de Villanueva (Michel SERVET) exerça la médecine à Vienne en Dauphiné et donna, vers 1537, la description de la circulation du sang dans les poumons (longtemps après Ibn al-Nafis, médecin au Caire, mort en 1288). Ses ouvrages, De Trinitatis erroribus (Des erreurs du dogme trinitaire, 1531), dans lequel il rejetait le dogme de la Trinité et niait la divinité du Christ, et Christianismi restitutio (De la restitution chrétienne, 1553), qui s’opposait violemment à l’Institution de la religion chrétienne de Calvin, avançaient des opinions contre lesquelles catholiques et protestants s’élevèrent avec force. Dès 1545, Servet avait entretenu une correspondance polémique avec Calvin. Dénoncé à l’Inquisition à Vienne (où, sous le nom de Villeneuve, il était médecin de l’évêque) et emprisonné, Servet fut condamné le 7 juin 1553 (mais il ne fut brûlé qu’en effigie, s’étant évadé deux mois plus tôt). Arrêté à Genève le 13 août, il fut condamné à être brûlé vif par le Grand Conseil de Genève (influencé par Calvin) le 26 octobre et supplicié le lendemain.
3 http://www.landrucimetieres.fr/spip/spip.php?article112

Sources


Liste des papes.


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; toute reproduction à but non lucratif est autorisée.

Date de mise à jour : 20/09/2018

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