Jules Ier, pape

Jules, né à Rome vers 280, est évêque de Rome du 6 février 337 au 12 avril 352 (+).
Jules combat l’arianisme. Il défend Athanase chassé du siège épiscopal d’Alexandrie par les ariens, il l’accueille avec honneur lorsqu’il vient à Rome, en 341, pour se justifier des attaques portées contre lui par les eusébiens (partisans de l’arien Eusèbe). Il convoque l’année suivante un concile (dans lequel Athanase se justifie complètement) qui rétablit ce prélat sur le siège d’Alexandrie.
La tradition nous dit que l'évêque de Myre, Nicolas (+ 343), également adversaire de l'arianisme, se rendit à Rome pour y rencontrer le pape.
Jules a laissé deux lettres, l’une adressée aux eusébiens, l’autre à l’Eglise d’Alexandrie :
- « Quant à moi, je vous répète les enseignements du bienheureux apôtre Pierre. Ils sont bien connus de tous. A tel point que, sans votre conduite stupéfiante, je les aurais passés sous silence » (Lettre à Eusèbe et aux partisans de l’arianisme) ;
- « Athanase, votre pontife, est un confesseur authentique. Accueillez-le donc avec une grande fierté et une immense joie selon le Seigneur, lui-même et tous ceux qui partagèrent ses souffrances » (Lettre aux habitants d’Alexandrie).
Saint Jules Ier est fêté le 12 avril.

"Il travailla à affermir la foi en combattant l'arianisme qui professait que, si le Christ était parfait, en revanche il n'était pas divin. Son mérite fut d'avoir maintenu le mystère de la Sainte Trinité contre ceux qui tentaient de faire de la doctrine chrétienne un monothéisme à moitié rationaliste, acceptable par tous sans doute, mais éloigné des paroles du Christ lui-même dans leur interprétation fondamentale. Il fallut six conciles pour que la doctrine trinitaire et christologique puisse exprimer et respecter le mystère essentiel de la foi. Le plus célèbre d'entre eux fut celui que le Pape Jules I réunit (en 343, ndlr) à Sardique (actuellement Sofia en Bulgarie). Au moment où le patriarche d'Alexandrie, saint Athanase, était exilé, le Pape saint Jules le soutint et le rencontra à Rome." 2


337. 6 février, élection du pape. Constantin Ier abolit la crucifixion. 22 mai, décès de Constantin qui vient de se faire baptiser, sur son lit de mort, par l’évêque de Nicomédie 1 ; les 3 fils de Constantin (Constantin, Constance et Constant) font massacrer leurs oncles et cousins et prennent le titre d’Auguste en septembre. 17 juin, Constantin II rend à Athanase son diocèse d'Alexandrie où il arrive le 23 novembre. Le pape fixe le début de l’année au 25 décembre.

339. En mars, Grégoire de Cappadoce, avec l’appui du préfet d’Egypte, s’empare des églises d’Alexandrie qu'Athanase doit quitter. Au Concile d’Antioche, Pistus est ordonné à la place d'Athanase. Au Concile de Constantinople, Paul, évêque de cette ville, est déposé par les ariens.

340. Constantin II, fils de Constantin Ier et de Fausta, qui domine l’Occident, est tué par Constant à Aquilée. Concile de Carthage.

340/343 (ou 355, 362, 370). Le concile provincial de Gangres ou synode de Gangres (aujourd'hui Çankırı, Turquie), métropole de la Paphlagonie, réunit treize évêques arméniens ; il condamne Eustathe de Sébaste et son entourage ; les canons du concile de Gangres anathématisent ceux qui rejettent le mariage (§1), qui condamnent la consommation de viande (§2), qui recommandent à un esclave de quitter son maître (§3), refusent de communier lorsque la liturgie est célébrée par un prêtre marié (§4), méprisent les assemblée liturgiques dans les églises paroissiales (§5) ou auprès des tombes de martyrs (§20), ceux qui célèbrent des offices en-dehors des églises paroissiales (§6), ceux qui reçoivent des offrandes pour l'église ou les pauvres sans le consentement de l'évêque (§7-8), ceux qui choisissent la virginité par mépris du mariage (§9), ceux qui s'enorgueillissent de leur profession de virginité (§10), ceux qui méprisent les repas offerts aux pauvres - agapes - (§11), ceux qui portent le manteau des philosophes et méprisent ceux qui s'habillent ordinairement (§12), les femmes qui par ascétisme adoptent un vêtement masculin (§13), se coupent les cheveux (§17) ou quittent leur mari (§14), ceux qui par ascétisme négligent leurs enfants (§15) ou leurs parents (§16) ainsi que ceux qui jeûnent le dimanche (§18) ou ne respectent pas les jeûnes d'église (§19). 3

341. 6 janvier, dédicace de la cathédrale d'Antioche ; ouverture du concile d'Antioche, dit concile de la Dédicace (in Encaenies), présidé par Eusèbe de Nicomédie, qui compte 97 évêques dont 40 ariens, qui marque la prédominance de l'Arianisme en Orient, en énonçant un Credo où toute trace de consubstantiel (homoousios) défini à Nicée sont éludées ; les Nicéens Marcel d'Ancyre et Athanase d'Alexandrie sont condamnés ; Athanase est remplacé par l'évêque arien Grégoire (ou Georges) de Cappadoce ; Wulfila, consacré évêque (arien) à Antioche par Eusèbe de Nicomédie, est chargé de l'évangélisation des Goths dans la région du Bas-Danube. 14 ou 17 avril, en Perse, Simon bar Sabbae, l'évêque de Séleucie-Ctésiphon, est exécuté pour avoir refusé de lever les impôts pour les Sassanides ; des milliers de chrétiens sont exécutés dans la région de Beth Huzaye (Khuzestan) puis dans toute la province de Séleucie-Ctésiphon. Le pape revendique la primauté de son siège au concile de Rome ; le sabellianisme est condamné.

342. A Trèves, rédaction d'une profession de foi. Le concile de Rome où Athanase s'est réfugié justifie Athanase et Marcel d’Ancyre ; mais Athanase devra attendre l’amnistie de l’empereur Constant pour rentrer dans son diocèse, le 21 octobre 346. En été, Constant Ier est à Trèves ; victoire de Constant Ier sur les Francs et traité de paix ; Constant établit un grand nombre de Francs saliens en Toxandrie, entre l'Escaut et la Meuse, avec la charge de défendre l'accès du pays contre les autres envahisseurs. 1er novembre, édit de l'empereur Constant Ier adressé au préfet de Rome Aco Catullinus et prescrivant la fermeture des temples païens sous peine de mort. 16 décembre, Constant Ier abolit le mariage homosexuel dans l'Empire romain.

343. Mort de Nicolas, l'évêque de Myre.

343/344. Le concile de Sardica ou Sardique (aujourd'hui Sofia en Bulgarie), convoqué par le pape Jules désireux de mettre un terme à la division entre les Orientaux et les Occidentaux, ajoute 20 canons à ceux de Nicée, condamne les eusébiens, défend Athanase (présent au concile) contre ses adversaires en déposant et excommuniant Grégoire qui occupe son siège épiscopal, confirme l’orthodoxie de Marcel d’Ancyre et le rétablit sur son siège épiscopal (recherchant l’appui de Rome, Marcel a écrit au pape une lettre, conservée par Épiphane, qui lui vaut cette reconnaissance d’orthodoxie ; Marcel semble avoir perdu à nouveau son siège à la mort de Constant en 350) ; le concile établit la primauté de Rome : le pape devient le chef de la chrétienté et s’installe au Latran ; Amand l'évêque de Strasbourg et Donatien l'évêque de Châlons en Champagne souscrivent au concile.

344. En été, bataille indécise de Singara (auj. Sinjar, en Irak) où l'armée romaine de Constance II et l'armée perse de Shapur II subissent de lourdes pertes ; les Perses se replient. Eugène (+371) est élu évêque de Verceil.

345/349. Concile de Carthage : 13 canons sur la discipline ecclésiastique ; il  se rallie à la position romaine vis-à-vis des hérétiques repentants, interdit aux clercs de faire des prêts avec intérêt et veut que pour juger un évêque il y en ait douze.

346. Concile de Cologne auquel souscrit Donatien l'évêque de Châlons en Champagne.

347. Au concile de Latopolis (Egypte) composé d’évêques et de moines, Pacôme raconte les dons extraordinaires qu’il a reçus de Dieu : il meurt le 9 mai. Concile de Milan tenu contre Photin, évêque de Sirmium (Illyrie), qui nie la Trinité et prétend que Jésus n’était qu’un simple homme. Constant Ier ordonne de poursuivre les donatistes.

349. Au concile de Jérusalem, est écrite une lettre synodale en faveur d’Athanase, qui se trouve alors à Jérusalem et se dispose à rentrer dans son Eglise après la mort de Grégoire. Concile de Rome tenu contre Photin. Le concile de Cordoue, présidé par Hosius, confirme tous les actes du concile de Sardique (343/344). A Rome, achèvement de la basilique dont Constantin lança la construction en 319, sur le lieu du martyre de Pierre.

Vers 350. En Germanie, l’évêque goth Ulfilas ou Wulfila (311-383), arien modéré, traduit la Bible en gothique. Evangélisation de l’Abyssinie. Apparition du bouddhisme zen au Japon.

350. Coup d’état militaire contre Constant Ier qui est contraint de se donner la mort : un officier pannonien, Magnence, devient maître de l’Occident. 3 juin, Népotien est proclamé empereur de Rome ; battu par Marcellin, général de Magnence, il sera mis à mort le 30.

351. 7 mai, à Jérusalem : "En ces jours mêmes de la sainte Pentecôte, aux nones de mai, vers la troisième heure, une croix lumineuse gigantesque apparut dans le ciel, au-dessus du saint Golgotha, s'étendant jusqu'à la montagne des Oliviers. Elle ne fut pas seulement aperçue par une ou deux personnes mais se montra, fort nettement, à la population entière de la cité. Elle ne disparut pas rapidement comme on pourrait le supposer, à la façon d'un rêve fugace. Elle demeura visible pendant plusieurs heures, estompant par son éclat, les rayons du soleil. Assurément, elle aurait été éclipsée et dissimulée par eux, si elle n'avait offert aux spectateurs un éclat plus puissant que celui du soleil. Ainsi, tous les habitants de Jérusalem se précipitèrent brusquement dans la sainte église, saisis d'une crainte mêlée de joie au spectacle de cette vision céleste. Ils se jetèrent tous dans notre église, non seulement les chrétiens mais les païens étrangers, de passage à Jérusalem. Tous, d'une seule voix, firent monter des louanges sonores vers le Christ Jésus, notre Seigneur, le Fils unique engendré de Dieu, auteur de ces merveilles" (Lettre de saint Cyrille, évêque de Jérusalem, à l’empereur Constance, 351). 28 septembre, Constance II remporte la victoire sur Magnence à la Bataille de Mursa, ville que Magnence tentait d'assiéger, mais les pertes sont telles que Constance II ne peut empêcher Magnence de s'enfuir et de se réfugier dans Aquilée. En hiver, le concile de Sirmium (Illyrie), convoqué par l'empereur Constance II, publie une profession de foi confirmant celle rédigée à Trêves en 342 ; il y ajoute vingt-sept anathèmes qui visent les doctrines de Marcel d’Ancyre et de Photin ; Photin, évêque du lieu et disciple de Marcel d’Ancyre, est déposé.

352. 12 avril, mort du pape Jules.


Notes
1
Des historiens actuels estiment qu'à la fin de sa vie, Constantin se tourna vers l'arianisme et que, sur son lit de mort, il reçut le baptême des mains d'un évêque arien (L'Histoire des Papes et des Saints n°6 page 94).
2 http://nominis.cef.fr/contenus/fetes/12/4/2012/12-Avril-2012.html
3 Histoire universelle de l'Église catholique, Volume 6 Par François René Rohrbacher 1843. https://fr.wikipedia.org/wiki/Concile_de_Gangres

Sources


Liste des papes


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; toute reproduction à but non lucratif est autorisée.

Date de mise à jour : 01/06/2017

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