Léon XII

Annibale Francesco Clemente Melchiore Girolamo Nicola della Genga naît le 22 août 1760 au Château de La Genga dans une famille patricienne de l'Ombrie.
Prêtre en 1783, il est nommé secrétaire par Pie VI en 1790.
Archevêque de Tyr en 1793, nonce apostolique à Cologne en 1794, il est nonce extraordinaire de la Diète d'Empire de Ratisbonne en 1805.
En 1814, Pie VII l'envoie comme nonce intérimaire en France auprès de Louis XVIII.
Cardinal en 1816, il est nommé évêque de Senigallia mais démissionne aussitôt de cette charge. Pie VII le rappelle en 1820 et le fait cardinal-vicaire de Rome puis archiprêtre de Sainte-Marie-Majeure.
Elu le 28 septembre 1823, il choisit le nom de Léon ; il est intronisé le 5 octobre. La devise pontificale est : "Restaurer toute chose en Jésus-Christ."
La cour pontificale quitte le Quirinal pour s'installer au Vatican déserté depuis Pie VI.
Léon XII accomplit de longs jeûnes et visite les prisons.
Il embellit Rome et protège les lettres.
Il réforme la Curie et remanie le diocèse de Rome. Il fonde des écoles et réorganise l'enseignement supérieur.
Il diminue les taxes et les contributions foncières. En 1828, il améliore la situation du trésor en établissant une congrégation de la révision des comptes.
Par des ordonnances de police, il réprime les brigands qui désolent la province.
Il permet l'agrandissement et l'assainissement du ghetto des Juifs de Rome ; il oblige ceux qui avaient quitté leurs ghettos, suite à la Révolution française, à les regagner.
Il signe des concordats avec les Pays-Bas et les Etats-Unis.
Il condamne les sociétés secrètes.
Il meurt à Rome le 10 février 1829.
On raconte, sans preuve écrite ni témoignage, que quelques semaines avant sa mort, il s'est prononcé contre la vaccination antivariolique : « Quiconque procède à la vaccination cesse d’être un fils de Dieu : la variole est un châtiment voulu par Dieu, la vaccination est un défi contre le ciel ».

Prophétie de Malachie : Canis et coluber (chien et couleuvre).


1823. 28 septembre, élection du pape. 12 octobre, Charles Macintosh, chimiste écossais, invente une matière imperméable obtenue par dissolution du caoutchouc dans du naphte porté à ébullition ; la matière brevetée prit le nom de son inventeur, bien qu'elle soit généralement orthographiée mackintosh ; ce nom fut donné plus tard aux imperméables fabriqués dans cette matière, et devint même en Grande-Bretagne synonyme du mot "imperméable". 2 décembre, devant le Congrès des Etats-Unis, le président James Monroe (initié franc-maçon, en 1775, à 18 ans, à la Loge Williamsburg Lodge 6, de Williamsburg en Virginie) énonce sa doctrine en matière de politique étrangère américaine : il condamne toute intervention européenne sur le continent américain (notamment les activités coloniales), écarte toute intervention américaine en Europe, mais autorise l’intervention américaine sur tout le continent américain. 11 décembre, le sultan Moustaï lève le deuxième siège de Missolonghi (Grèce).

1824. 24 janvier, à Paris, fondation des Sœurs du Bon Secours. 6 mars, en France, les élections au suffrage censitaire donnent à nouveau une large majorité aux Ultras : la "Chambre retrouvée". 17 mars, Traité de Londres signé par les Pays-Bas et le Royaume-Uni dans la ville de Londres : les Pays-Bas abandonnent leur territoire de Malacca ainsi que les colonies situées en Inde ; les Britanniques cèdent Bengkulu et laissent le champ libre aux Pays-Bas au sud du détroit de Malacca. 8 avril, les évêques français contrôlent l’enseignement primaire. Création de la Société des missions de Berlin (protestante). 9 mai, sous la pression des Français, Michel libère son père le roi Jean VI de Portugal qui est aussitôt réinvesti de tous ses pouvoirs ; la reine, hostile aux idées libérales, est exilée. 24 mai, la bulle Quod hoc ineunte saeculo invite les fidèles à venir massivement en pèlerinage à Rome. 3 juin, en Angleterre, légalisation des Trade-Union (syndicats) et du droit de grève. 8 juin, service militaire porté à 8 ans. 8 juin, le premier brevet canadien est délivré à Noah Cushing pour une machine à laver le linge. 2 juillet, le Pernambuco, la région de la Paraiba et celle du Rio grande do Norte s'unissent pour former la Confédération de l'Equateur, mais le gouvernement portugais envoie des troupes armées qui attaquent Recife et vainquent les rebelles. 3 juillet, les Ottomans massacrent la population de l'île de Psara (Grèce) : les survivants sont vendus comme esclaves. 15 juillet, Augustin Ier de Iturbide qui a d
écidé de retourner au Mexique, débarque à Soto la Marina Tamaulipas où il est arrêté puis rapidement fusillé par les autorités locales le 19 à Padilla. 6 août, Simón Bolívar bat les Espagnols à la Bataille de Junín (Pérou). 16 septembre, mort (gangrène) de Louis XVIII le Désiré : son frère Charles X lui succède. 16 septembre, Nicéphore Niepce écrit à son frère Claude que son premier essai de photographie a été concluant mais n’a produit qu’une image à peine visible. 4 octobre, au Mexique, mise en vigueur de la constitution du Mexique ; Santa Anna instaure la République au Mexique ; organisation des Estados Unidos Mexicanos ; Guadalupe Victoria (+1843) est élu président de la République du Mexique ; sous son mandat l'esclavage est aboli (1829), une académie militaire est créée et le Mexique met en place un traité diplomatique avec le Royaume-Uni. En novembre, en Ecosse, fin de l’expérience socialiste de Robert Owen qui se rend aux États-Unis. 22 novembre, création de la Fédération des Provinces unies d'Amérique centrale (Honduras, Salvador, Nicaragua, Costa Rica et Guatemala). 9 décembre, à Ayacucho (Pérou), les troupes espagnoles sont défaites par les indépendantistes du général Antonio José Sucre, lieutenant de Simon Bolivar. Jean-François Champollion publie Précis du système hiéroglyphique des anciens Égyptiens.

1825. 1er janvier (20 décembre 1824 du calendrier julien), loi russe autorisant les fabricants à affranchir leurs serfs avec la permission du Comité des ministres. 4 janvier, mort de Ferdinand Ier des Deux-Siciles : son fils François Ier des Deux-Siciles lui succède. 9 février, l'élection de John Quincy Adam, artisan de la doctrine Monroe, provoque la fureur des partisans d'Andrew Jackson qui se regroupent pour former le parti démocrate, opposé aux républicains nationaux ; John Quincy Adams prend le pouvoir le 4 mars. 16 février, départ de la 2e expédition de John Franklin (un voyage le long du fleuve Mackenzie pour explorer les rives de la mer de Beaufort) mieux préparée que la première. 26 février, Guerre d'indépendance grecque : les troupes de Méhémet Ali, appelées par le sultan, débarquent dans le Péloponnèse ; la ville de Navarin (Pylos), en Messénie, est prise le 18 mai par Ibrahim Pacha après deux mois de siège. 23 mars, la Chambre vote la "Loi du milliard des émigrés", une loi en faveur des émigrés spoliés pendant la Révolution : une somme légèrement inférieure à un milliard de Francs doit être partagée entre cinquante milles nobles en l’espace de cinq ans. 17 avril, la France reconnaît l'indépendance de Saint-Domingue. 20 avril, loi sur le sacrilège (la profanation d’hostie est assimilée à un parricide) ; elle ne sera jamais appliquée (abrogée en 1830). 27 avril, début du troisième Siège de Missolonghi sur la rive nord du Golfe de Patras par les Ottomans. 27-28 avril, en France, loi sur l'indemnisation des Émigrés (1 milliard). 8 mai, victoire navale ottomane sur les insurgés grecs à la bataille de Sphactérie. 19 mai, à Paris, mort de Claude Henri de Rouvroy, comte de Saint-Simon, philosophe et économiste français 1. 24 mai, loi en faveur des congrégations de religieuses. 28 et 31 mai, Charles X envoie une ambassade au sultan du Maroc qui obtient pour la France le traitement de la nation la plus favorisée. 29 mai, Charles X, frère de Louis XVI et de Louis XVIII, est sacré à Reims selon l’ancienne coutume ; il entre dans Paris le 6 juin ; le 19, pour fêter l'évènement, le pape donne une réception somptueuse (10 000 invités) dans les jardins de la Villa Médicis. En Eté, en Romagne, le cardinal Rivarola obtient 513 condamnations pour activités révolutionnaires ; des condamnés seront exécutés pour conspiration, attentat ou tentative d'assassinat. 6 août, l’Espagne accorde l’indépendance au Haut Pérou (fête nationale bolivienne) : le 11 août, le pays prend le nom de Bolivie en l’honneur de Bolivar qui en devient le président ; le Bas Pérou conserve le nom de Pérou. 25 août, Juan Antonio Lavalleja proclame l’indépendance de l’Uruguay (ce n’est qu’en 1828 que l’Uruguay sera vraiment indépendant) : fête nationale. 29 août, Traité de Rio de Janeiro entre le Portugal et le Brésil : le Portugal reconnaît l'indépendance du Brésil qui devient une monarchie. 27 septembre, l’ingénieur anglais Georges Stephenson, inventeur de la machine à vapeur, effectue le premier transport de voyageurs sur la ligne de chemin de fer reliant Stockton à Darlington. 17 octobre, Bataille de Sarandi : les Uruguayens vainquent les Brésiliens. 18 octobre, en Grèce, Rachid Pacha interrompt le siège de la ville de Missolonghi, assiégée depuis le 27 avril (15 avril julien), et se retire dans un camp retranché. 23 novembre, deux carbonari sont décapités à Rome : Leonida Montanari pour avoir offensé publiquement le pape et Angelo Targhini pour avoir blessé un espion du Vatican 2 ; un peu plus tard, Gaetano Rambelli sera pendu pour avoir blessé un émissaire du pape. 30 novembre, à Paris, 100 000 personnes participent aux obsèques du général d'Empire Maximilien Sébastien Foy ; le rassemblement se transforme rapidement en manifestation assez violente et hostile au pouvoir. 1er décembre, mort du tsar Alexandre Ier de Russie à Taganrog ; son frère, Nicolas Ier, lui succède. 26 décembre (14 décembre du calendrier julien), à 11 heures, en Russie, une phalange d’officiers nobles et libéraux (les décembristes ou décabristes), dirigée par le prince Serge Troubetzkoï, tente de soulever la garnison de Saint-Pétersbourg dans le but de contraindre le nouveau tsar, Nicolas Ier, à mettre en place une Constitution ; à la fin du jour, place du Sénat, le grand-duc Nicolas fait tirer au canon sur les trois régiments de mutins (deux mille hommes) par les troupes loyales faisant 70 morts ; de nombreux décembristes seront condamnés à mort ou exilés ; le prince Troubetzkoï, d'abord envoyé au bagne (katorga) de Nertchinsk, sera gracié en 1856. 29 décembre, Simon Bolivar Palacios abandonne la Présidence de la Bolivie.

1826. 1er janvier, le général Antonio José de Sucre est élu premier président à vie de la nouvelle république de Bolivie ; il abdiquera en 1828 pour se présenter à l'élection présidentielle de Colombie : il sera élu mais sera assassiné le 4 juin 1830 à Berruecos (Colombie). 5 janvier, les troupes égyptiennes et turques assiègent (4ème siège) la ville grecque de Missolonghi qui sera prise le 23 avril (10 avril julien) ; les survivants grecs seront massacrés ou vendus comme esclaves ; les Turcs placeront 3 000 têtes tranchées sur les remparts). 24 février, Traité de Yandabo entre la Birmanie et la Compagnie anglaise des Indes orientales après la victoire des Britanniques. 10 mars, mort du roi Jean VI de Portugal ; son fils Pierre Ier, empereur du Brésil, est nommé roi mais, ne pouvant cumuler deux règnes, il abdique en faveur de sa fille Marie, âgée de 7 ans, mais, le 28 juin 1828, elle sera déclarée déchue par son oncle Michel ; Pierre Ier reconquerra le Portugal en 1834 et condamnera son frère Michel à l'exil. 13 mars, la lettre apostolique Quo graviora condamne la société des francs-maçons et les autres sociétés secrètes, notamment les carbonari, qu'il dénonce comme des sectes ; interdiction est faite à tout chrétien d'y appartenir ou de favoriser leurs activités, sous peine d'excommunication. 22 avril, nommé commandant de l’Astrolabe, Jules Dumont d’Urville part de Toulon pour effectuer son second tour du monde : l’une de ces missions est de retrouver la trace de La Pérouse disparu en 1788. 2 mai, Pierre Ier, empereur du Brésil, devenu Pierre IV, roi de Portugal et des Algarves, le 10 mars, à la mort de son père, préfère rester au Brésil et abdique la couronne portugaise en faveur de sa fille aînée, Maria II, âgée de 7 ans (elle est fiancée officiellement à son oncle Miguel qui la dépossédera de son titre le 28 juin 1828). 14/15 juin, au prix d’une bataille sanglante, Mahmud II supprime le corps des janissaires et peut alors entreprendre la modernisation de l’administration et de l’instruction publique ; il forme une armée de conscrits payés et disciplinés ; il abandonne le palais de Topkapi et son harem, impose le costume européen et le port du fez, se dote de ministres à l’occidentale et envoie des ambassadeurs aux Puissances. 16 juin, Mahmud II fait massacrer les janissaires révoltés à Istanbul (6 000 morts, 20 000 bannis). 22 juin, exploration de l'Arctique : deuxième expédition de John Franklin et de John Richardson. 16 juillet, l'armée perse, menée par Abbaz Mirza, envahit la Russie : les Russes parviendront à repousser les Perses qui demanderont la paix en 1827. 10 août, Stanislas Baudry, un ancien officier de l'Empire, ouvre à Nantes la première ligne de transports en commun : elle comprend deux voitures à chevaux d'une capacité de 16 personnes, appelées "omnibus" du fait que les voitures stationnent devant la boutique du chapelier Omnes. 13 août, à Kerlouanec (Finistère), mort de René Laennec, médecin, qui inventa le stéthoscope et vulgarisa la méthode de l’auscultation. 11 septembre, disparition du frère William Morgan qui menaçait de dévoiler les secrets maçonniques. 7 octobre, Convention d'Akkerman entre la Russie et l'Empire ottoman : retrait des forces ottomanes des provinces du Danube. 4 novembre, à Paris, inauguration du palais Brongniart (Bourse).

1827. 20 février, Bataille d'Ituzaingó (Brésil) entre l'armée du Brésil et celles de l'Argentine et l'Uruguay (suite à l'annexion de l'Uruguay par le Brésil) : aucun vainqueur, mais les Brésiliens ont plus de morts et de blessés que leurs ennemis. 16 mars, parution du premier numéro du Freedom's Journal, première publication dirigée par deux afro-américains, John Brown Russwurm et Samuel Cornish, pour contrer les journaux new-yorkais favorables à l'esclavage, et critiquer le mouvement de colonisation visant à renvoyer les esclaves libres en Afrique. 7 avril, l'inventeur britannique John Walker met en vente les premières allumettes à friction qu'il inventa par hasard après avoir mélangé de la potasse avec de l'antimoine. 29 avril, le ministre Villèle est conspué par la Garde Nationale qui est alors dissoute, mais ses armes ne lui sont pas retirées. 30 avril, le dey d’Alger, Hussein, donne un coup de chasse-mouches au consul de France qui refuse de s’engager sur le remboursement d’un prêt consenti à la France il y a 30 ans et remboursé seulement à moitié ; le dey refusant de présenter ses excuses, l'affaire est considérée par la France comme un casus belli entraînant l'envoi d'une escadre pour opérer le blocus du port d'Alger puis la prise d'Alger le 5 juillet 1830. 5 juin, après neuf mois de siège, la ville d'Athènes est prise par les Ottomans. 24 juin, le projet de loi Peyronnet "Justice et amour", visant à museler la presse française, est mis en échec par la Chambre des députés. 26 juin, dans sa lettre apostolique Dirae Librorum, Léon XII déclare : "au terrible torrent de boue constitué par les livres sortis de l'officine ténébreuse des impies, sans autre but, sous leur forme éloquente et leur sel perfide, que de corrompre la foi et les mœurs et d'enseigner le péché, le meilleur remède, on en peut être assuré, est de leur opposer des écrits salutaires et de les répandre". 30 juin, premiers transports officiels payants sur la première ligne de chemin de fer de France reliant Saint-Etienne à Andrézieux (18 km) ; le 5 mai 1821, Beaunier directeur de l’école des mines de Saint-Etienne, demanda la concession d’une voie ferrée de Saint-Etienne à Andrézieux (18 km) que Louis XVIII lui accorda le 26 février 1823 ; la ligne fut utilisée dès mai 1827 ; les premiers transports officiels payants eurent lieu à partir du 30 juin ; le 1er octobre 1828 verra la fin du roulage par voie de terre ; le 1er mars 1832, la ligne sera ouverte aux voyageurs et la traction animale sera remplacée par les locomotives à vapeur à partir de 1844. 4 juillet, l’abolition de l’esclavage dans l’État de New York permet la libération de 10 000 Noirs. 6 juillet, Traité de Londres : la France, le Royaume-Uni et la Russie reconnaissaient l'indépendance de la Grèce. 20 octobre, Bataille navale de Navarin : Anglais, Français et Russes coulent les flottes égyptiennes et turques. 5 novembre, le premier ministre, Villèle, attaqué par les libéraux, fait dissoudre la Chambre des députés. 17 novembre, élections en France, la droite et la gauche s’unissent pour barrer la route aux ultras : 180 députés ministériels contre 170 libéraux et 75 opposants de droite (la Chambre des Députés comporte encore 53 % de nobles) ; la progression des libéraux contraint Villèle à démissionner en janvier. 27 novembre, le britannique John Walker fabrique les premières allumettes à friction. 13 décembre, Marc Seguin perfectionne la chaudière tubulaire et l'utilise pour ses locomotives. Le britannique Timothy Hackworth a l'idée de remplacer la transmission par chaîne des locomotives par des bielles extérieures.

1828. 4 janvier, Charles X approuve la démission de Villèle et appelle au gouvernement un modéré, le vicomte de Martignac. 10 février, Bataille navale de Mariel (Cuba) : la flotte espagnole vainc la flotte mexicaine. 21 février, Traité de Turkmanchai entre l'Empire perse et la Russie : les Perses cèdent aux Russes des territoires septentrionaux peuplés d'Arméniens et d'Azéris. 20 avril, en se faisant passer pour un Egyptien, l’explorateur français René Caillié est le premier Européen à pénétrer dans Tombouctou (Mali), cité interdite aux chrétiens, sur les bords du Niger. 26 avril, le tsar Nicolas Ier, soutenant la révolte des Grecs face à l'Empire ottoman, déclare la guerre aux Ottomans qui seront finalement contraint de réclamer la paix, actée par la signature du traité d'Andrinople le 14 septembre 1829. 9 mai, les Test and Corporation Acts britanniques sont abrogés de façon à permettre aux catholiques et aux protestants non conformistes d'occuper des charges publiques en Grande-Bretagne. 16 juin, en France, ordonnances gallicanes excluant de l’enseignement les congrégations non autorisées, notamment les jésuites, et obligeant à nouveau d’enseigner les Quatre Articles de 1682 dans les séminaires où le nombre d’élèves est limité ; Léon XII approuve les mesures prises par le gouvernement français contre les jésuites. 28 juin, Miguel Ier monte sur le trône du Portugal après avoir détrôné la reine Marie. En Guyane, la mère Anne-Marie Javouhey rachète des esclaves pour les libérer et leur propose la mise en valeur de la région de Mana. 18 juillet, loi sur la presse supprimant l'autorisation préalable. 27 juillet, mort de Radama Ier, roi de Madagascar, sans héritier : sa femme devient reine de Madagascar sous le nom de Ranavalona Ier. 31 juillet, Jean-François Champollion, qui n'a jamais foulé la terre des pharaons, part à la tête d'une expédition scientifique en Egypte. 17 août, croyant qu'il peut imposer l'ordre et maintenir l'union, Bolívar se proclame dictateur de la Grande-Colombie et abolit le poste de vice-président. 27 août, Traité de Rio de Janeiro : sous la médiation de la Grande-Bretagne, il établit l'indépendance de l'Uruguay, que se disputaient le Brésil et l'Argentine. 29 août, début de l'Expédition de Morée : intervention française dans le Péloponnèse lors de la guerre d'indépendance grecque. 22 septembre, Shaka, roi des Zoulous, est assassiné par ses demi-frères dont Dingane qui lui succède. Philippe Buonarroti (1761-1837), franc-maçon et chef carbonaro, écrit Histoire de la Conspiration de l’égalité.

1829. 10 février, mort de Léon XII. 4 mars, début de la présidence démocrate d'Andrew Jackson aux États-Unis. 22 mars, Conférence de Londres : un protocole, définissant les limites du territoire de la Grèce, est signé sous la supervision de la France, la Russie et l'Angleterre ; ce n'est qu'en 1832 que l'Empire ottoman acceptera l'indépendance de la Grèce.


Notes
1 Passé en Amérique en 1779, Claude Henri de Rouvroy, comte de Saint-Simon, philosophe et économiste français (1760-1825), y combat pendant quatre ans pour l’indépendance des États-Unis. Revenu en France, il écrit alors une série d’ouvrages dans lesquels il s’affirme comme le précurseur du positivisme et des sciences sociales ; il y développe ses idées sur la nécessité d’étudier scientifiquement la société et y exprime sa foi en l’avenir de l’industrie. On lui doit : Introduction aux travaux scientifiques du XXe siècle (1808), Esquisse d’une nouvelle Encyclopédie (1809), Histoire de l’Homme (1809-1811), un Mémoire sur la science de l’homme (1813), De la Réorganisation de la société européenne (1814 ; avec la collaboration d’A. Thierry ; en faveur d’une fédération des peuples d’Europe), la revue L’Industrie (1816), l’Industrie ou Discussions politiques, morales et philosophiques, dans l’intérêt de tous les hommes livrés à des travaux utiles et indépendants (1817), Du Système industriel (1820-1823), Le Nouveau Christianisme (1825). La doctrine de Saint-Simon revient à confier le pouvoir aux industriels, qui sont "les véritables chefs du peuple, qui le commandent dans ses travaux journaliers" ; il s’agit, en somme, d’une réduction du pouvoir politique au pouvoir économique ; c’est cette "dissolution de l’État dans l’atelier" que retiendront Marx et Engels. Le saint-simonisme, doctrine du comte de Saint-Simon et de ses disciples, est une doctrine de l’égalité, qui vise à ordonner la société suivant le principe : "À chacun selon sa capacité, à chaque capacité selon ses œuvres" ; il se présente à la fois comme une religion (prêchée par Enfantin et Bazard) et comme un socialisme condamnant la propriété privée qui permet l’exploitation des travailleurs. Le but du saint-simonisme est de faire cesser l’exploitation de l’homme par l’homme ; il préconise la suppression des héritages privés et leur répartition suivant les besoins et les capacités. Il prévoit déjà un programme d’enseignement technique, adapté à la société industrielle. La doctrine égalitaire de Saint-Simon fut reprise notamment par Bailly, Léon Halévy, Duvergier, puis par Enfantin, Bazard, P. Leroux, A. Blanqui et Carnier, et partagée par Auguste Comte.
2 http://www.rationalisme.org/french/chronos_5.htm

Sources


Liste des papes


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; toute reproduction à but non lucratif est autorisée.

Date de mise à jour : 23/08/2017

ACCES AU SITE