Libère

Liberius Marcellinus Félix, né à Rome, succède à Jules Ier le 17 mai 352.
Athanase d'Alexandrie, adversaire de l’arianisme ayant été condamné par un concile arien (355), Libère refuse de souscrire à cette condamnation : il est exilé par l’empereur Constance II et remplacé par l’antipape Félix II ; dans l’exil, il revient sur sa première opinion et est rappelé sur son siège (358) ; lors du concile de Rimini (359), il retourne à l’anti-arianisme.
L’hétérodoxie et les variations de Libère ont été fréquemment invoquées par les adversaires de l’infaillibilité papale.
Libère est le premier pape à désigner Rome comme le siège apostolique.
Il meurt le 24 septembre 366.
L'Annuaire pontifical (Annuario pontificio publié depuis 1912 par le Vatican) ne le reconnaît plus comme saint (il était fêté le 23 septembre).

"Son pontificat fut marqué par la défense de saint Athanase d'Alexandrie, ce qui lui valut d'être exilé en Thrace par l'empereur Constance qui avait soudoyé plusieurs centaines d'évêques orientaux et occidentaux au concile de Milan pour faire déposer saint Athanase. Mais, après deux années d'exil, il le désavoua, abandonnant, de concession en concession, l'attitude courageuse qu'il avait eue jusque là. Revenu à Rome, il travailla à la réconciliation et à l'apaisement. Saint Hilaire de Poitiers le soutint et ils travaillèrent tous deux au rétablissement de l'union entre l'Orient et l'Occident." 4


352. 17 mai, début du pontificat de Libère. Le concile d’Egypte, composé de 75 évêques, adresse au pape Libère une lettre synodale en faveur d'Athanase. Le concile de Rome justifie Athanase des accusations portées contre lui par les Orientaux.

353. Le concile d’Arles, tenu en présence de l’empereur Constance II et présidé par Saturnin d’Arles, huitième évêque d’Arles, chef du parti arien en Gaule, qui bénéficie de l’appui de l’empereur et des évêques Ursace et Valens, condamne Photin de Sirmium, Marcel d’Ancyre et Athanase et exile Paulin de Trèves : Vincent de Capoue, légat du pape Libère, approuve ces trois condamnations, malgré les protestations d'Hilaire de Poitiers. 10 août, à Lyon, l’usurpateur Magnence, vaincu par Constance II (le libérateur des Gaules, maître de l’Orient rallié à l’arianisme qui devient le seul chef de l’Empire romain), se suicide. 18 août, suicide de Decentius, frère de Magnence, à Sens.

354. Le concile d’Antioche prive Athanase de son siège et met un homme du peuple nommé Georges à sa place. Un certain Furius Dionysius Philocalus rédige le Catalogue libérien ou philocalien (liste des évêques de Rome jusqu'au pape Libère, d'où le nom). Pour célébrer la Nativité du Seigneur, le pape impose la date du 25 décembre afin de concurrencer les fêtes païennes de Mithra et de Sol Invictus (Soleil invaincu).

355. Au concile de Poitiers, Hilaire, évêque de Poitiers, et plusieurs autres évêques des Gaules, se séparent de la communion de Saturnin, évêque d’Arles, de celle de Valens et d’Ursace, et accordent à leurs partisans un délai pour revenir à résipiscence. Au concile de Milan, l’empereur Constance II présente un formulaire arien, et, furieux de la résistance de la plupart des évêques, s’emporte jusqu’à tirer l’épée contre eux : Lucifer (+ 370/71), évêque de Carales (Cagliari) en Sardaigne 1, fidèle défenseur de la foi de Nicée, refuse de condamner Athanase et est envoyé en exil par Constance, partisan de l’arianisme ; Libère, refusant de souscrire à la condamnation d’Athanase, est exilé par l’empereur Constance à Beroia en Macédoine et est remplacé par l’antipape Félix II. 11 août, Silvanus, chef franc rallié à Constance II en 351, se fait proclamer empereur par ses troupes à Cologne après avoir été injustement accusé d'avoir fomenté un complot contre l'empereur. 7 septembre, Silvanus est assassiné par des hommes de Constance II. 6 novembre, à Milan, Julien (Flavius Claudius Julianus), le frère de Gallus, est fait césar des Gaules et commandant en chef des forces romaines en Gaule par son cousin Constance II et épouse la fille de ce dernier, Hélène ; Julien fait de Lutèce la capitale militaire de l’empire et sa résidence ; durant les 3 années suivantes, il fait campagne contre les Alamans et les Francs qui envahissent la Gaule, les repoussant au-delà du Rhin ; en 360, ses troupes le proclameront Auguste ; une guerre civile avec Constance ne sera évitée que par la mort de ce dernier en 361.

355 (ou 340, 343, 362, 370). Le concile provincial de Gangres ou synode de Gangres (aujourd'hui Çankırı, Turquie), métropole de la Paphlagonie, réunit treize évêques arméniens ; il condamne Eustathe de Sébaste et son entourage ; les canons du concile de Gangres anathématisent ceux qui rejettent le mariage (§1), qui condamnent la consommation de viande (§2), qui recommandent à un esclave de quitter son maître (§3), refusent de communier lorsque la liturgie est célébrée par un prêtre marié (§4), méprisent les assemblée liturgiques dans les églises paroissiales (§5) ou auprès des tombes de martyrs (§20), ceux qui célèbrent des offices en-dehors des églises paroissiales (§6), ceux qui reçoivent des offrandes pour l'église ou les pauvres sans le consentement de l'évêque (§7-8), ceux qui choisissent la virginité par mépris du mariage (§9), ceux qui s'enorgueillissent de leur profession de virginité (§10), ceux qui méprisent les repas offerts aux pauvres - agapes - (§11), ceux qui portent le manteau des philosophes et méprisent ceux qui s'habillent ordinairement (§12), les femmes qui par ascétisme adoptent un vêtement masculin (§13), se coupent les cheveux (§17) ou quittent leur mari (§14), ceux qui par ascétisme négligent leurs enfants (§15) ou leurs parents (§16) ainsi que ceux qui jeûnent le dimanche (§18) ou ne respectent pas les jeûnes d'église (§19). 5

356. 17 janvier, mort, à 105 ans, d'Antoine l'ermite, dit Antoine le Grand, qui initia le monachisme en 305 3. 9 février, Constance ayant repris les hostilités contre Athanase qui est chassé d’Alexandrie, ce dernier doit se réfugier dans le désert de Haute-Égypte jusqu’à la mort de l’empereur (3/11/361) dont le successeur, Julien, rappellera aussitôt les exilés. 19 février, un décret de l’empereur Constance II ordonne la fermeture des temples païens et interdit les sacrifices sous peine de mort. Entre le 7 avril et le 19 mai : Saturnin, l’évêque arien d’Arles, parvient, à l’occasion du synode arien qu’il préside à Béziers, à faire déposer puis exiler en Phrygie Hilaire de Poitiers par l’empereur Constance II (mais l’orthodoxie nicéenne va se renforcer, de sorte que, au retour d'Hilaire (360/361), c’est Saturnin qui sera déposé de son siège et excommunié, sans doute au cours du premier concile de Paris en 361) ; l'évêque de Sens, Ursicin ou Ursin, souscrit au synode. 24 juin, Julien, nommé César en Gaule (355 à 361) par Constance II, chasse les Alamans qui assiégeaient Autun.

357. Au 1er concile de Sirmium, les ariens présentent un nouveau formulaire qui est signé par Hosius. Acace de Césarée, dit Le Borgne, partisan de l’arianisme, convoque un concile à Césarée qui accuse Cyrille de Jérusalem 2 d’avoir vendu des biens de l’Eglise pour secourir les pauvres de Jérusalem et le destitue.

358. Le concile d’Antioche rejette unanimement les termes "consubstantiel" et "semblable en substance". Au concile d’Ancyre, les semi-ariens condamnent la seconde formule de Sirmium (357). Au 2ème concile de Sirmium, Constance II reçoit le titre de "roi éternel" ; le pape Libère est rétabli sur son siège après avoir signé un nouveau formulaire arien et frappé d’anathème Athanase, ce qui fait dire à Hilaire : « Anathème à Libère ! ». Au concile de Rome, l'antipape Félix, à la tête de 48 évêques, condamne Ursace, Valens et l’empereur Constance comme hérétiques ; Félix, chassé par les Romains au retour de Libère le 2 août, fuit en Campanie. 5 août, Rome, en faisant tomber une couche de neige, la Vierge indique au pape Libère l’endroit où faire bâtir l’église de Sainte-Marie-des-Neiges (aujourd'hui Sainte-Marie-Majeure), première église dédiée à la Vierge.

359. Au concile de Rimini, Libère manifeste son retour à l’anti-arianisme et fait condamner Arius, Ursace, Valens et quelques autres comme hérétiques. Le concile de Séleucie, composé de semi-ariens, d’anoméens ou purs ariens et de 15 catholiques, ne donne aucun résultat : les semi-ariens et les anoméens y passent tout le temps en disputes au sujet de l’expression "semblable en substance" ; le concile réintègre Cyrille dans ses fonctions ; Hilaire, l'évêque de Poitiers en exil, participe au concile.

360. En janvier, le concile de Constantinople adopte la formule de Rimini, rejette l’expression de "semblable en substance" et exile Cyrille ; il dépose Macedonius (Makedonios + v. 370), le patriarche de Constantinople : celui-ci fonde alors la secte des pneumatomaques (ou macédoniens) qui nient la divinité du Saint Esprit. Février, Julien s’installe au palais des Thermes de Lutèce qui s’appellera désormais Paris. En été, réunion du concile de Paris (la ville est nommée Parisea Civitas) présidé par l'évêque Hilaire de Poitiers : il repousse la formule de Rimini, proclame le "consubstantiel" nicéen et condamne l’arianisme et ses défenseurs : Ursace, Valens et Saturnin d’Arles. Hilaire de Poitiers compose un virulent pamphlet, Contra Constantium, dans lequel l’empereur Constance II est traité d’Antéchrist à cause de sa politique religieuse. Concile d’Ariminum (Ombrie).

360/363. A Ligugé (près de Poitiers), Martin fonde le premier monastère gaulois.

361. 6 janvier, jour de la Fête de l'Epiphanie, à Vienne sur le Rhône, le césar Julien, "après avoir consulté en secret les aruspices, va à l'église rendre hommage au Dieu des chrétiens" (dixit son panégyriste Ammien Marcellin). Le concile de Paris, présidé par l'évêque Hilaire de Poitiers, condamne l’arianisme et excommunie Saturnin d’Arles. 3 novembre, à Mopsucrène en Cilicie, au pied du mont Taurus, l’empereur Constance II meurt des suites d’une fièvre : Julien (proclamé Auguste par son armée en décembre 360) lui succède. 11 décembre, Julien s’installe à Constantinople ; Julien, surnommé l’Apostat par les chrétiens (361-363), initié aux mystères d’ Eleusis et aux rites de Mithra, adorateur de la Mère des Dieux et du Soleil (il écrit un Hymne à Hélios-Roi) et néoplatonicien, abolit les décrets contre le paganisme ; il veut faire fusionner toutes les croyances païennes (syncrétisme) ; il exclut les chrétiens de l’enseignement (édit du 17 juin 362) et veut rebâtir le temple de Jérusalem « pour faire mentir le Christ » mais il ne prend aucune mesure générale de persécution, déclarant qu’il souhaite que les chrétiens reconnaissent eux-mêmes leur erreur et qu’il ne veut pas les y forcer ; « Il me semble bon d’exposer à tous les hommes les raisons qui m’ont persuadé que la machination des Galiléens n’est qu’une fiction humaine, forgée par le vice. Bien que cette fourberie n’ait rien de divin, elle a dupé la partie de notre âme qui aime les fables, qui est puérile et insensée, et elle lui a fait ajouter foi à ces monstruosités. » (Julien, Contre les Galiléens, trad. de Christopher Gérard, Éd. Ousia, 1995).

362. 21 février, rentré dans son diocèse d'Alexandrie, Athanase est encore condamné à l’exil le 23 octobre (après la mort de Julien, le 26 juin 363, son successeur, Jovien, le rappellera). Cyrille est rappelé à la tête de son évêché à Jérusalem. 26 juin, décapitation de Jean et Paul son frère, anciens officiers de la maison de Constance II : Jean était son intendant et Paul son maître d’hôtel ; quand Julien l’Apostat monta sur le trône, Jean et Paul, chrétiens, renoncèrent à leurs charges à la cour impériale ; le nouvel empereur insista pour qu’ils reviennent, mais en vain ; Julien les fit décapiter, enterrer dans leur propre jardin et annonça qu’ils avaient été envoyés en exil ; des miracles seront constatés sur leur tombe ; un culte leur sera rendu et une basilique leur sera dédiée à Rome. Basile, prêtre d’Ancyre, interrogé par Julien à qui il a reproché son apostasie, s'obstine dans son refus de sacrifier à la déesse Hécate : il est écorché vif. Le concile d’Alexandrie décide qu’il faut recevoir avec affection les ariens qui rentrent sincèrement dans le sein de l’Eglise : cette douceur déplaît à Lucifer, l'évêque de Cagliari. Au concile de Théreste (en Numidie), Primase, évêque de Lemelle en Mauritanie, se plaint des violences exercées contre son peuple par les donatistes. Julien se rend à Antioche pour préparer une campagne contre les Perses ; à Daphné, il fait ouvrir le tombeau de saint Babylas, construit près du temple d'Apollon, et fait renvoyer les reliques du saint évêque à Antioche, provoquant la colère des chrétiens qui brûlent le temple.

363. 26 juin, Julien trouve la mort pendant qu’il fait retraite devant les Perses ; « Tu as vaincu, Galiléen ! » : exclamation prêtée à Julien l’Apostat mourant sur le champ de bataille et rapporté par Théodoret, évêque de Syrie (+ vers 453/458), selon lequel Julien fut frappé par une main invisible (en réalité un javelot perse l’a atteint au dos) en châtiment de son reniement du christianisme ; Jovien lui succède comme empereur d’occident. Le concile d’Alexandrie est assemblé par Athanase pour satisfaire l’empereur Jovien qui lui a demandé une exposition de la vraie foi.

364. Dans la nuit du 16 au 17 février, à Dadastane entre Nicée et Ancyre (Asie Mineure), Jovien meurt d’asphyxie après une beuverie. 26 février, à Nicée, les armées proclament empereur Valentinien, un officier pannonien, qui s’associe son frère Valens (arien convaincu) pour gouverner l’Orient. Valentinien interdit tous les rites nocturnes ; son proconsul le prie d’autoriser ceux d’Éleusis, sans lesquels la vie en Grèce serait "invivable". Au concile de Lampsaque (en Mysie), les macédoniens décident que toutes les Eglises se conformeront à la confession de foi de Séleucie, proposée auparavant lors de la dédicace de l’église d’Antioche. Le concile de Rome reçoit les députés du concile de Lampsaque avec la confession de foi dont ils sont chargés. Rome promulgue une loi contre les magiciens. Le gaulois Salluste refuse l’Empire. Le concile de Laodicée (Laodicæa ad Lycum) en Phrygie, tenu en 364 (date notée par Justel dans le Code de l'Église Universel), vote 60 canons : le 1er n’admet à la communion qu’après un certain temps de pénitence ceux qui ont contracté des secondes noces ; le 4e défend aux prêtres de prêter à usure ou à intérêt ; le 6e interdit l’entrée de l’église aux hérétiques ; le 8e ordonne de baptiser de nouveau les montanistes convertis ; le 9e défend aux fidèles d'aller au cimetières et aux églises avec des hérétiques et d'y prier avec eux et à y demander la guérison à leurs prétendus martyrs ; le 11e défend de donner des responsabilités aux femmes dans l'Église et dans les assemblées ; le 12e stipule que les évêques ne doivent être établis sur leurs sièges qu’après mûr examen du métropolitain et de ses coprovinciaux ; le 13e défend au peuple d’élire tumultueusement ceux qu’il choisit pour prêtres ; le 24e interdit la fréquentation des cabarets aux prêtres et aux personnes qui veulent vivre dans la continence ; le 28e défend de faire des agapes dans l’église, d’y manger et d’y dresser des tables ; le 29e énonce qu'il n'est pas propre pour les chrétiens de judaïser en chômant le Sabbat, mais qu'ils doivent travailler en ce jour : ils doivent se reposer le dimanche, sous peine d'anathème ; le 30e interdit aux prêtres et aux laïcs de se baigner avec des femmes (ce qui avait fréquemment lieu) ; le 31e défend aux parents de faire marier leurs enfants avec des hérétiques ; le 35e interdit aux chrétiens de quitter l'église de Dieu pour aller invoquer les anges et de faire des assemblées défendues : si donc on trouve quelqu'un attaché à cette idolâtrie, qu'il soit anathème ; le 36e interdit aux prêtres et aux clercs de s’occuper de magie, d'astrologie et de sorcellerie ; le 37e défend d'accepter des juifs ou des hérétiques les présents qu'ils envoient à leurs fêtes, ni de les célébrer avec eux ; le 43e interdit aux femmes l’entrée du sanctuaire ; le 46e impose aux catéchumènes qui veulent être baptisés de subir, chaque jeudi, un examen religieux devant l’évêque ; le 50e défend de rompre le jeûne, dès le jeudi de la dernière semaine de carême, et ordonne qu’on jeûnera le carême entier, en xérophagie, c’est à-dire en ne mangeant que des aliments secs ; le 53e défend aux chrétiens de danser quand ils assistent aux noces et leur permet seulement d'y prendre modestement leur repas comme il convient à des chrétiens ; le 54e interdit aux prêtres et aux clercs d’assister aux spectacles qui accompagnent les noces et les festins (avant l’entrée des danseurs, ils doivent se lever et se retirer) ; le 55e ne veut pas que les prêtres et les clercs, et pas même les laïcs, fassent des festins au cabaret en payant chacun son écot ; le 58e porte qu’il ne faut pas que les évêques ni les prêtres offrent le sacrifice dans leurs maisons ; le 59e défend de dire dans l’église des psaumes particuliers, ni de lire d’autres livres que les écritures canoniques de l’Ancien et du Nouveau Testament ; le 60e canon liste les livres canoniques : les 4 évangiles (Marc, Luc, Matthieu, Jean) sont canonisés, les autres (plus d'une centaine) sont déclarés apocryphes.

365. L'empereur Valentinien interdit d'interner les condamnés chrétiens dans des écoles de gladiateurs. Au concile de Nicomédie, l’empereur Valens force Eleusius de Cyzique, semi-arien, à embrasser la communion des ariens. 28 septembre, à Constantinople, des légionnaires gaulois, vétérans de Julien l’Apostat, proclament empereur Procopius Augustus (Procope) qui sera décapité sur ordre de Valens, près de Thyatire, le 27 mai 366. 5 octobre, Valens, arien, chasse Athanase d’Alexandrie (il l’autorisera à y revenir le 1er février 366).

366. Au concile de Rome, les macédoniens présentent au pape Libère un écrit dans lequel ils déclarent embrasser purement et simplement la foi de Nicée. Au concile de Tyane (en Cappadoce), les macédoniens réunis apportent les lettres de communion du pape Libère et des autres évêques d’Occident, et, de concert avec les catholiques orientaux, décident la réunion d’un concile à Tarse, pour confirmer la foi de Nicée. 24 septembre, mort du pape Libère.


Notes
1 Dans son exil, Lucifer (+ 370/71), évêque de Carales (Cagliari) en Sardaigne, écrivit des pamphlets adressés à l’empereur Constance II, dont les titres seul manifestent la violente intransigeante de son caractère : De non conveniendo cum haereticis (Pas d’accord avec les hérétiques), De regibus apostaticis (Les Rois apostats), De sancto Athanasio, De non parcendo in Deum delinquentibus (Pas de pitié pour les ennemis de Dieu), Moriendum esse pro Dei Filio (Mourons pour le Fils de Dieu). On a appelé luciférianisme, cette doctrine qui interdisait toute relation avec les hérétiques et les fauteurs d’hérésie. Athanase et Eusèbe de Verceil assembleront en 362 un concile à Alexandrie, où il fut convenu qu’on recevrait à la communion les évêques qui, dans le concile de Rimini, avaient trahi la foi catholique, mais qui reconnaissaient leur faute. Cette assemblée députa Eusèbe pour aller calmer les divisions qui régnaient dans l’Eglise d’Antioche. Mais Lucifer, au lieu d’aller avec Eusèbe au concile d’Alexandrie, était allé directement à Antioche, et y avait sacré Paulin. Ce choix déplut à la plupart des évêques d’Orient et augmenta le trouble, puisque, au lieu de deux évêques et de deux partis, il s’en trouva trois. Lucifer, offensé de ce que Eusèbe et les autres n’approuvaient pas ce qu’il avait fait, se sépara d’eux et ne lut avoir aucun rapport avec les évêques reçus à la pénitence ni avec ceux qui leur avaient fait grâce. On n’a reproché à Lucifer aucune erreur sur le dogme ; mais un de ses partisans, nommé Hilaire, diacre à Rome, ayant soutenu que les ariens, ainsi que les autres hérétiques et les schismatiques, devaient être rebaptisés, les lucifériens devinrent de véritables hérétiques contre lesquels écrivit Jérôme de Stridon. Ils étaient répandus, mais en petit nombre, dans la Sardaigne et en Espagne. Saint Lucifer, défenseur intrépide de la foi de Nicée, envoyé en exil pour un temps par l'empereur Constance II, est fêté le 20 mai.
2 Cyrille de Jérusalem (+ 386), père et docteur de l’Eglise (fêté le 18 mars), est consacré évêque de Jérusalem en 348 ou 350 par l’évêque homéen Acace de Césarée, Cyrille se rapproche rapidement du courant homéousien, ce qui lui vaut les attaques de ses anciens amis. En 357, il est déposé par Acace. Il est réhabilité en 359 au concile de Séleucie mais exilé de nouveau en 360 lors du concile de Constantinople. Rappelé à la tête de son évêché à la mort de l’empereur romain Constance II, en 362, il est banni par l’empereur d’Orient Valens en 367. Il peut se réinstaller dans la ville à la mort de ce dernier en 378. En 381, il est finalement reconnu comme évêque légitime de Jérusalem par le concile de Constantinople. L’œuvre de Cyrille marqua l’histoire de la théologie et des rites : 23 traités dont 18 s’adressent aux catéchumènes et 5 aux nouveaux baptisés. Les premiers sont des textes doctrinaux présentant le credo de l’Eglise, les seconds portent sur les rites et fournissent toutes les explications nécessaires sur le baptême, l’eucharistie et les autres sacrements. « Sache que tu as une âme libre, chef d’œuvre de Dieu, car elle est à l’image de son créateur ; immortelle, parce que Dieu lui a donné l’immortalité. Elle est vivante, douée de raison, incorruptible, et cela grâce à Dieu qui lui a accordé ses faveurs » (Cyrille de Jérusalem, Catéchèses).
3 "Efforçons-nous de ne rien posséder que ce que nous emporterons avec nous dans le tombeau, c'est-à-dire la charité, la douceur et la justice... Les épreuves nous sont, en fait, profitables. Supprimez la tentation et personne ne sera sauvé [.] Nous n’avons nul besoin de voyager pour trouver le Royaume de Dieu, ni de traverser les mers pour rencontrer le Seigneur. L’un et l’autre sont en nous [.] Ne cédons pas à la tristesse comme si nous périssions. Confiance et joie, nous sommes sauvés ! [.] Antoine interpella la vision : "Pourquoi n’as-tu pas paru dès le commencement pour faire cesser mes douleurs ?" La voix se fit entendre : – J’étais là, Antoine, j’attendais pour te voir combattre. Puisque tu as tenu, que tu n’as pas été vaincu, je serai toujours ton secours et je te rendrai célèbre partout" (Antoine le Grand, Vie des Pères du Désert).
4 http://nominis.cef.fr/contenus/saint/8321/Libere.html
5 Histoire universelle de l'Église catholique, Volume 6 Par François René Rohrbacher 1843. https://fr.wikipedia.org/wiki/Concile_de_Gangres

Sources


Liste des papes


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; toute reproduction à but non lucratif est autorisée.

Date de mise à jour : 24/06/2017

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