MARIE DE NAZARETH

SOMMAIRE

1 L’IMMACULEE CONCEPTION 8 VIRGINITE DE MARIE
2 PRESENTATION DE MARIE AU TEMPLE 9 DEESSES, VIERGES ET MERES
3 ANNONCIATION, VISITATION ET NATIVITE 10 LA VIERGE NOIRE. GROTTES ET CRYPTES
4 LA CHANDELEUR 11 MARIE, L'ÉGLISE ET LES FEMMES
5 DORMITION ET ASSOMPTION 11.1 Le point de vue théologique
6 CHAPELET ET ROSAIRE 11.2 L’Eglise catholique et les femmes
7 MAISON ET LITANIES DE LORETTE 11.3 Les femmes dans les autres confessions



L’IMMACULEE CONCEPTION

Le dogme de l’Immaculée Conception est le dogme catholique selon lequel dès le premier instant de sa création, l'âme de la Vierge Marie était libre du péché originel.
Cette doctrine ne doit pas être confondue avec celle de la virginité de Marie, à savoir le dogme selon lequel Jésus-Christ a été enfanté par une mère vierge.
La conception miraculeuse (Immaculée Conception) de Marie est célébrée le 8 décembre. 22

La conception miraculeuse (le 8 décembre) et la naissance de Marie (Miryam) le 8 septembre de l’an 16 av. J.-C. selon la tradition, sont racontées dans le Protévangile de Jacques et l'Evangile du Pseudo-Matthieu qui affirment qu’elle naquit d'Anna et de Jérémie (Joachim dans la tradition). Ceux-ci habitaient à Jérusalem ; mariés depuis vingt ans, ils n’avaient pas encore eu d’enfant. Le Protévangile de Jacques précise que Marie est née à 7 mois de grossesse.
Il existait très anciennement, à Jérusalem, une maison appelée "la Maison d’Anne".
Depuis le VIe siècle, on vénère à Jérusalem, près de la piscine de Bézatha, le lieu où serait née la Vierge Marie.
Cependant, une tradition galiléenne situe le village natal de Marie à Sepphoris, à 7 km de Nazareth, à vol d'oiseau.
Marie avait des parents à Cana, à cinq miles au nord de Zippori (Sepphoris) et neuf miles au nord de Nazareth, lesquels furent témoins de ces fameuses noces où Jésus changea l'eau en vin. Marie aurait habité à Cana après la mort de Joseph.


Chronologie historique

Une fête de la Conception d'Anne (grande fête chômée à Byzance) est célébrée le 9 décembre dans l'Église orientale dès le Ve siècle. On conserve de Théodote (+ 446), théologien byzantin et évêque d’Ancyre (aujourd’hui Ankara), un Sermon sur la fête des lumières en l'honneur de la Vierge Marie. L'Eglise grecque célèbre la Conception de Marie au VIe siècle, comme on le voit par le Type ou Cérémonial de saint Sabbas 4.
En Occident elle est établie dès le VIIIe siècle, dans l'Eglise gothique d'Espagne.
Au IXe siècle, la fête de la Conception d'Anne est célébrée le 3 mai par l'Eglise d'Irlande. Un célèbre calendrier gravé sur le marbre, pour l'usage de l'Eglise de Naples, nous la montre instituée à cette époque. Paul Diacre, secrétaire de Charlemagne, puis moine au Mont-Cassin, célèbre le mystère de l'Immaculée-Conception dans une Hymne remarquable.
En 1049, la fête est sanctionnée à Mayence en Allemagne par un concile présidé par Léon IX. En 1050, au concile de Verceil, ce pape recommande vivement qu'on honore la conception de la Vierge.
En 1066, la fête, célébrée le 8 décembre, s'établit en Angleterre à la suite d'un prodige opéré sur mer en faveur du pieux abbé Helsin, et bientôt elle s'étend dans cette île par les soins du grand Anselme, moine et archevêque de Cantorbéry 4. Pour Anselme de Cantorbéry (+1109) : "Il convenait que cette Vierge à qui le Père se disposait à donner son Fils unique, ce Fils engendré de son cœur, égal à lui et qu'il aime comme lui-même, qu'il voulait lui donner de sorte qu'il fût naturellement un seul et même Fils, commun à Dieu et à la Vierge, il convenait que cette Vierge fût ornée de la plus haute sainteté qui se puisse concevoir après celle de Dieu." (De conceptu virginali et originali peccato).
D'Angleterre, la fête passe en Normandie et prend possession du sol français. Nous la trouvons à l'abbaye d'Irach dans la Navarre, en 1090 ; à Liège en Belgique, en 1142. 4

Le pape Innocent III (1198-1216) déclare : « Eve a été formée sans péché, mais elle a conçu dans le péché ; Marie a été conçue dans le péché, mais elle a conçu sans péché. »

Le pape Innocent V (1276) affirme : « La bienheureuse Vierge, a été sanctifiée dans le sein de sa mère, non pas avant que son âme eût été unie à son corps, parce qu'elle n'était pas encore capable de grâce, ni dans le moment même de cette union, parce que si cela était, elle aurait été exempte du péché originel et n'eût pas eu besoin de la rédemption de Jésus-Christ, nécessaire à tous les hommes, ce qu'on ne doit pas dire. Mais il faut croire pieusement qu'elle a été purifiée par la grâce et sanctifiée très peu de temps après cette union : par exemple le même jour, ou dans la même heure, non pas cependant dans l'instant même de l'union. »

La doctrine de l’Immaculée Conception (la conception nostre dame) selon laquelle Marie fut conçue sans péché originel, est prêchée par les frères franciscains, notamment par le théologien écossais John Duns Scot (1266-1308), Doctor Subtilis, béatifié le 20 mars 1993 : « Il faut comprendre l’Immaculée Conception, non pas seulement comme une exemption virginale de la tache originelle, mais comme une sanctification qui s’opère dès la naissance de la vie de la Vierge, dans la vision des mérites de Jésus-Christ ».

L'opposition à cette doctrine est menée au XIIe siècle par Bernard de Clairvaux, et, au XIIIe siècle, par Thomas d'Aquin malgré sa dévotion pour Marie qu'il qualifie magnifiquement de "Trône de la Trinité" :
- Des chanoines venant d'instituer à Lyon la fête de la Conception de Marie, Bernard de Clairvaux n'hésite pas à blâmer cette innovation qu'il traite de superstitieuse, et qu'il condamne : « Je ne puis assez admirer à quoi pensent quelques-uns d'entre vous de vouloir introduire une nouvelle fête pour l'usage de l'Église ignare, et qui n'est ni approuvée par la raison, ni autorisée par l'ancienne tradition... Pourquoi établir cette fête ? Pour honorer la conception de Marie ?... Mais comment cette conception eût-elle pu être sainte et devrait-elle être honorée ? Parce qu'elle fut prévenue par la sanctification ?... Mais Marie ne put être sainte avant d'exister. La sainteté se serait-elle donc tellement unie à la conception au milieu des embrassements conjugaux, que la Vierge fut à la fois et conçue et sanctifiée ? La raison ne permet pas non plus de l'admettre. En effet, la sainteté existerait-elle sans l'Esprit sanctifiant ? Ou bien l'Esprit sanctifiant aurait-il quelque société avec le péché ? Ou bien enfin pourrait-il ne pas y avoir de péché là où la concupiscence fut indubitablement présente. Resterait donc à prétendre que Marie a été conçue du Saint-Esprit, non d'un homme : mais c'est ce que nul n'a encore osé dire... Si cependant on avait le dessein d'établir cette fête, il fallait auparavant consulter le Saint-Siège, et ne pas suivre ainsi précipitamment la simplicité de quelques ignorants. J'avais déjà remarqué cette erreur chez quelques-uns ; mais je le dissimulais, excusant une dévotion qui venait de la simplicité de cœur et d'amour pour la sainte Vierge. Mais trouvant cette superstition chez des personnes sages et dans une Église si fameuse, et dont je suis particulièrement le fils, je ne sais si j'aurais pu la dissimuler sans commettre une grande faute, même contre vous (…) Il faut, en définitive, croire que la Vierge, déjà existante dans le sein maternel (in utero jam existens) reçut la sanctification après la conception. Quoiqu'il ait été accordé à un petit nombre d'hommes de naître avec la sainteté, cependant il ne leur a pas été donné d'être conçus avec la sainteté, afin que la prérogative d'une conception sainte fût conservée à celui-là seul qui devait sanctifier tous les hommes, et que, venu seul sans péché, il apportât la purification des péchés. »
- Thomas d'Aquin explique : « Quoique la bienheureuse Vierge ait été conçue dans le péché originel, on croit cependant qu'elle fut sanctifiée dans le sein de sa mère avant sa naissance ; et c'est pourquoi diverses coutumes se sont établies dans les Églises à l'égard de la célébration de la Conception ; car l'Église romaine et beaucoup d'autres, considérant que la Vierge a été conçue sans le péché originel, ne célèbrent point la Fête de la Conception. Quelques-unes, de leur côté, considèrent qu'elle a été sanctifiée dans le sein de sa mère, sans qu'on sache le temps. On croit, en effet, qu'elle fut sanctifiée aussitôt après la conception et l'infusion de l'âme. D'où l'on voit que cette fête ne doit pas être rapportée à la conception, par le motif de la conception même, mais par le motif de la sanctification. Ainsi donc, on ne doit pas célébrer la fête de la Conception, parce que la Vierge aurait été conçue sans le péché originel (...) C’est déjà une merveille pour les saints de recevoir une grâce qui sanctifie leur âme. Mais la grâce que reçut l’âme de la Vierge fut une telle abondance qu’elle rejaillissait sur sa chair, afin que cette chair conçut le Fils de Dieu. »

Les professeurs et les prédicateurs dominicains soutiennent vigoureusement que la doctrine de l’Immaculée Conception contredit le rôle de Sauveur universel du Christ.

Le théologien franciscain Pierre Auriol (1280-1322) estime, contre les Dominicains, que "Dieu a préservé la Vierge Marie du péché originel".

Le pape Boniface VIII (1294-1303) accorde une indulgence aux habitants d'Anagni qui célèbrent la fête de la Conception.

Dès 1310, les statuts synodaux de l'église de Cambrai ordonnent de célébrer la fête de la Conception. Le synode diocésain de Soissons la prescrit en 1344.

Vers l'an 1370, Brigitte de Suède place dans la bouche de la Vierge Marie les paroles suivantes : « Il a plu à Dieu que quelques-uns de ses amis doutassent pieusement de ma conception, pour que chacun montrât son zèle à la défendre, jusqu'à ce que la vérité éclatât dans tout son jour au temps préordonné pour sa manifestation. »

En 1398, Jean Ier, roi d'Aragon, donne une charte solennelle pour mettre sa personne et son royaume sous la protection de Marie conçue sans péché 4.

En 1439, le concile de Bâle-Ferrare-Florence reconnaît l'immaculée conception de Marie qu’il décrète "indemne de toute faute originelle" et étend la fête de la Visitation à la Chrétienté tout entière.

En 1476, le pape Sixte IV, dévoué à l'ordre des franciscains d'où il vient, institue, dans l'Église de Rome, la fête de la Conception, qui est célébrée le 8 décembre 1477, et fait construire une chapelle de l'Immaculée Conception. Il attache des indulgences à un office propre, composé par Léonard de Nogarolis, et approuvé par lui.
Le 4 septembre 1483, ému par les dissensions et les discordes qui troublent l’Eglise à l’occasion de la fête de la Conception, et surtout de l’office (approuvé par le bref Libenter ad ea du 4 octobre 1480), il reprend, par une bulle, la constitution Grave nimis de 1482, et défend, sous peine d'excommunication, d'une part, de taxer d'hérésie ou de péché mortel ceux qui tiennent l'opinion de l'immaculée conception ou qui récitent l'Office de Nogarolis ; d'autre part, de taxer d'hérésie ou de péché mortel ceux qui tiennent l'opinion que la bienheureuse Vierge a été conçue dans le péché originel.

Le concile de Trente, lors de la congrégation générale du 8 juin 1546, décrète : « Le saint concile déclare qu'il n'a pas l'intention, par ce décret touchant le péché originel, d'y comprendre la bienheureuse et immaculée Vierge Marie, mère de Dieu ; que, sur cette question, il ne veut rien décider présentement de plus que ce qui a été décrété par Sixte IV, d'heureuse mémoire, sous les peines contenues dans ces constitutions qu'il renouvelle. »
L'office que Sixte IV a approuvé renferme plusieurs propositions qui impliquent l'immaculisme.
En 1568, dans son Bréviaire Romain, Pie V (1566-1572) le supprime et le remplace par un nouvel office. De plus, le 30 novembre 1570, pour apaiser les troubles et les scandales qui continuent à s'élever autour de la pieuse croyance, il défend, par la bulle Super speculam Domini, de traiter de cette controverse, ni pour ni contre, dans les assemblées publiques d'hommes et de femmes, et d'en disputer dans des écrits en langue vulgaire.

En 1602, la fête de l'Immaculée Conception est promue au rite double majeur par Clément VIII.

Paul V (1605-1621) renouvelle la constitution de Sixte IV sur l’Immaculée Conception. Sa constitution Sanctissimus Dominus (12 septembre 1617) interdit l'expression publique d'opinions contraires à l'Immaculée Conception.

Grégoire XV (1621-1623), pressé par le roi d'Espagne de décréter le dogme de l'immaculée conception de Marie, répond que « la sagesse éternelle n'a pas encore révélé ce mystère à l'Église. »
Le 4 juin 1622, il publie la constitution Sanctissimus Dominus de son prédécesseur, ordonne « à tous en général, et en particulier à chaque ecclésiastique, tant séculier que régulier, de ne se servir dans la célébration du saint sacrifice de la messe ou dans l'office divin, d'une manière publique ou privée, d'aucun autre mot que de celui de conception » et ajoute l'obligation de fêter la Conception, mais il permet aux dominicains d'en discuter entre eux (28 juillet 1622).

Le 15 décembre 1640, le duc de Bragance est proclamé roi du Portugal et prend le nom de Jean IV ; il place son royaume sous la protection de l'Immaculée Conception.

Alexandre VII (1655-1667) fait un pas énorme vers l'immaculisme. Dans sa constitution Sollicitudo omnium ecclesiarum (1661), il déclare : « C'est une ancienne piété des fidèles du Christ envers la bienheureuse Vierge Marie, de penser que son âme, au premier instant de la création et de l'infusion dans le corps, fut, par grâce spéciale et privilège de Dieu, par égard des mérites de Jésus-Christ son fils, rédempteur du genre humain, préservée de la tache du péché originel, et de célébrer, dans ce sens, en rite solennel, la fête de la Conception ». Il ajoute que cette piété s'est accrue depuis la constitution de Sixte IV, renouvelée par le concile de Trente ; qu'elle s'est partout propagée depuis que les pontifes romains ont approuvé des confréries et des ordres religieux et accordé des indulgences à l'occasion de cette dévotion, et que maintenant, presque tous les catholiques l'ont embrassée. Il termine en renouvelant et ordonnant d'observer les constitutions et décrets de ses prédécesseurs, et principalement de Sixte IV, de Paul V et de Grégoire XV, « en faveur du sentiment qui assure que l'âme de la bienheureuse Vierge Marie, dans sa création et son infusion dans le corps, fut douée de la grâce de l'Esprit saint et préservée du péché originel. »

La France, par l'entremise de Louis XIV, obtient de Clément IX (1667-1669) que la fête soit célébrée avec octave dans le royaume ; cette faveur est bientôt étendue à l'Eglise universelle par Innocent XII (1691-1700). Déjà, depuis des siècles, la Faculté de théologie de Paris astreignait tous ses Docteurs à prêter serment de soutenir le privilège de Marie.

En 1647, l'empereur Ferdinand III, fait élever sur la grande place de Vienne (Autriche) une splendide colonne couverte d'emblèmes et de figures (qui sont autant de symboles de la victoire que Marie a remportée sur le péché) et surmontée de la statue de la Reine immaculée 4.

La fête de la Conception est étendue à toute l'Église universelle par le pape Clément XI : bulle Commissi nobis du 6 décembre 1708.
En 1735, les insurgés corses choisissent l'Immaculée Conception comme patronne de l'île.

Le 26 novembre 1742, Benoît XIV décrète, pour chaque 8 décembre, la tenue, à Sainte-Marie Majeure, de la chapelle pontificale en l'honneur de la Conception de la bienheureuse Vierge Marie immaculée. Il précise qu'il ne faut pas dire "Immaculée conception de la bienheureuse Vierge Marie", mais "Conception de la bienheureuse Vierge Marie immaculée".

Charles III obtient de Clément XIII (1758-1769) que la "Conception Immaculée" devienne la fête patronale des Espagnes 4.

Le 16 avril 1846, le concile de Baltimore proclame "patronne des Etats-Unis la Bienheureuse Vierge Marie conçue sans péché".

Par la bulle Ineffabilis Deus du 8 décembre 1854, le bienheureux Pie IX proclame le dogme de l'Immaculée Conception 22 et déclare la Vierge Marie indemne du péché originel : « Nous déclarons, prononçons et définissons que la doctrine qui enseigne que la bienheureuse vierge Marie fut, dans le premier moment de sa conception, par une grâce et un privilège singulier de Dieu tout-puissant, et en vue des mérites de Jésus-Christ, sauveur du genre humain, réservée intacte de toute tache du péché originel, est révélée de Dieu, et que par conséquent elle doit être crue fermement et constamment par tous les fidèles. Les Pères et les écrivains ecclésiastiques, instruits par les enseignements célestes, n'ont rien eu de plus cher dans les livres élaborés par eux pour expliquer les Écritures, défendre et instruire les fidèles, que de proclamer à l'envi et de prêcher de toutes parts, de la manière la plus variée et la plus admirable, la souveraine sainteté de la Vierge, sa dignité, sa pureté intacte de toute souillure du péché et sa victoire éclatante sur le détestable ennemi du genre humain. C'est pourquoi, interprétant ces paroles : J'établirai des inimitiés entre toi et la femme, entre ta race et la sienne, ils ont enseigné que ce divin oracle désigne d'avance, ouvertement et clairement, la vierge Marie ; laquelle, unie au Christ par le lien le plus étroit et le plus indissoluble, exerçant avec lui et par lui ces inimitiés éternelles entre le serpent, a, dans son complet triomphe, écrasé de son pied immaculé la tête de ce dragon venimeux. Ces mêmes Pères et écrivains ecclésiastiques, considérant dans leur esprit et dans leur cœur que la bienheureuse Vierge, en recevant de l'ange Gabriel l'annonce de la sublime dignité de mère de Dieu, a été, par l'ordre et au nom de Dieu lui-même, appelée pleine de grâce, ont enseigné que cette singulière et solennelle solution, jusque-là inouïe, signifiait que la mère de Dieu était le siège de toutes les grâces divines ; tellement que, étrangère à la malédiction et participant avec son Fils à la bénédiction perpétuelle, elle a mérité d'entendre Elisabeth, inspirée par l'Esprit saint, lui dire : Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni. »
La proposition est rejetée par les protestants, les vieux-catholiques et l'Église orthodoxe, qui, bien que d’accord sur le fond, n’acceptent pas son caractère dogmatique.

Le 3 janvier 1857, alors qu’il célèbre la messe à Saint-Étienne-du-Mont, Monseigneur Sibour est poignardé par Jean Verger, un prêtre interdit, aux cris de : « A bas l’Immaculée Conception ! A bas les déesses ! »

Le 25 mars 1858, apparaissant à Lourdes, Marie déclare à Bernadette Soubirous : « Je suis l’Immaculée Conception. »

Pie IX fait publier un nouvel office en 1863.

Léon XIII, en 1879, décide que la fête sera de rite double de première classe avec octave et une vigile.

Dans l'Ordo liturgique de Paul VI (1963-1978) elle devient une solennité.

Du 8 décembre 2007 au 8 décembre 2008 : Jubilé à l’occasion du 150e anniversaire des apparitions de l'Immaculée Conception à Bernadette Soubirous à Lourdes en 1858.

Sous le titre d'Immaculée Conception, la Vierge Marie est invoquée en tant que patronne des États-Unis, du Brésil, du Portugal et de la Corse.


La Vierge de Fourvière et la Fête des Lumières à Lyon

Le 14 novembre 1848, à Lyon, une Ordonnance du cardinal de Bonald érige la confrérie de Notre Dame de Fourvière, et fixe au 8 septembre la cérémonie annuelle du renouvellement du voeu des échevins, avec bénédiction de la Ville (en 1643, les échevins demandèrent à la Vierge que la ville fût délivrée de la peste). Le vœu des échevins est encore commémoré chaque 8 septembre : le Maire de Lyon monte à Fourvière, remet un écu d'or et un cierge à l’archevêque qui bénit la ville.
En 1852, une statue de bronze doré de la Vierge (œuvre du sculpteur Fabisch), au sommet du clocher de la chapelle, doit être inaugurée le 8 septembre, jour de la fête de la Nativité de Marie et de la commémoration du vœu des échevins. Une inondation dans l'atelier du fondeur, due à une crue de la Saône, retarde la cérémonie qui est reportée au 8 décembre, jour de la fête de la Conception de Marie. Ce jour-là, un orage extrêmement violent s'abat sur la ville et contraint les organisateurs à annuler les festivités prévues ; mais, la pluie ayant cessé, les Lyonnais, dans une ferveur unanime, allument spontanément des lampions sur le rebord de leurs fenêtres : ainsi apparaissent les premières illuminations de Lyon.
Aujourd’hui, si les flambeaux de la procession montent encore de Saint-Jean à Fourvière, la Fête des Lumières a perdu son caractère exclusivement religieux. Depuis 1999, la ville de Lyon a transformé cette fête religieuse en un festival féérique, dédié aux dernières évolutions technologiques liées à la lumière, qui attire 3 millions de visiteurs.

En 1630, Louis XIII et Anne d’Autriche font un vœu à Notre Dame de Fourvière en lui demandant la grâce d’avoir un fils.
Le 10 février 1638, la grossesse de la reine étant certaine, le roi promulgue la consécration du royaume de France à Marie ; la naissance du dauphin a lieu le 5 septembre.
Une cérémonie traditionnelle commémore le vœu de Louis XIII, le 5 août.

Dès 1645, la dévotion mariale propre à Fourvière se réfère à la "Vierge immaculée" et, en 1659, lors de l’érection d’une statue de la Mère de Dieu, les échevins lyonnais font graver sur son socle : "A la Vierge conçue sans péché".

En 1832, le choléra menace Lyon. De nombreux pèlerinages sont organisés pour demander à Marie d'épargner la ville. Un tableau, réalisé en remerciement, se trouve dans la basilique au-dessus de la porte d'entrée.

Le 8 octobre 1870, devant l'avancée des troupes prussiennes dans l'est de la France, les Lyonnais font le voeu de construire une grande église à la Vierge si la ville est épargnée par la guerre. C'est l'origine de la basilique de Fourvière construite, en 1872, à côté de l'ancienne chapelle, et consacrée en 1896.

En 2014, l’archevêque de Lyon, le cardinal Philippe Barbarin, délocalise exceptionnellement la Fête des lumières en Irak, aux côtés des réfugiés chrétiens du Kurdistan qui ont fui les violences de l’Etat islamique. Ce voyage veut montrer la solidarité des chrétiens de France dans le cadre d'un jumelage entre les diocèses de Lyon, Mossoul et Karakosh. 26

Origine du sanctuaire marial de Fourvière

En 160, sous le pape Anicet, le culte de Cybèle, venant du Vatican de Rome, est inauguré à Lyon, par un taurobole pour le salut de l’empereur Antonin et de la colonie de Lyon : un taureau est immolé à la déesse et on lui édifie un sanctuaire à Fourvière sur le site du temple gaulois de Lug.
En 177, sous le pape Eleuthère, les communautés chrétiennes de Lyon et de Vienne, accusées d’avoir déclenché une émeute [ils auraient été dénoncés par des gnostiques (montanistes ou marcosiens) ou des adorateurs de Cybèle], sont victimes d’une flambée de fanatisme local et persécutées.
Le tribun de la treizième cohorte et les magistrats de la ville font arrêter tous ceux que la voix publique désigne comme chrétiens.
L’évêque Pothin, âgé de 90 ans, brutalisé, meurt dans la prison du Vieux Forum de Trajan ("Forum vetus" = "Fourvière"), près du temple de Lug transformé en sanctuaire de Cybèle en 160. Blandine et une cinquantaine d’autres chrétiens sont livrés aux bêtes, à l’occasion de la grande fête fédérale du 1er août, dans l’amphithéâtre situé sur la colline de la Croix Rousse (près du sanctuaire des Trois Gaules où se réunissaient les représentants des tribus gauloises). Eusèbe de Césarée conserve une lettre des chrétiens de Lyon et de Vienne à leurs frères d’Asie et de Phrygie qui fait le récit de la persécution.
Venu d’Orient à Lyon vers 122, Pothin aurait apporté un portrait de la Vierge attribué à saint Luc : c’est de cette époque que date le premier sanctuaire marial de Fourvière.
La théologie mariale proprement dite est développée par son successeur, Irénée, lequel, selon la tradition, meurt, en 202, dans la prison du Vieux Forum, comme Pothin ; il est le premier docteur de l'Église à célébrer Marie dans son rôle de nouvelle Ève.
Après l’écroulement du Vieux Forum de Trajan qui servait de chapelle à la Vierge Noire, une nouvelle chapelle est édifiée en 840. Reconstruite en 1168, elle est dédiée à Marie et à saint Thomas Becket, puis agrandie en 1740.


Citations

Marie est un commencement des œuvres de Dieu : il n'est donc pas étonnant que le Dieu qui devait racheter le monde, ait commencé son œuvre par sa mère, afin que celle par qui le salut était préparé à tous, jouisse la première du fruit du salut. (Ambroise de Milan + 397, Commentaire sur l'Evangile selon saint Luc)

Heureux et trois fois heureux êtes-vous, ô Joachim et Anne ! Mais cent fois plus heureuse est la fille alliée à la lignée de David, votre fille. Car vous autres, vous êtes terre, mais elle est un ciel. Vous êtes terrestres, tandis que c'est par elle que les fils de la terre deviennent habitants du ciel (...) C'est que le Créateur lui-même a fait avec la terre vieillie un ciel nouveau et un trône qui défie les flammes. Il a transformé le vieil homme pour préparer au Verbe un séjour tout céleste. (Jean d'Eubée, + 730, Homélie sur la conception de la Vierge)

La Theotókos Marie, refuge commun de tous les chrétiens, a été la première à être libérée de la chute de nos ancêtres. (André de Crète + 740, Homélie IV sur la Nativité, PG 97, 880 A)

(…) Joachim et Anne, couple heureux ! Toute la création vous est redevable ; par vous elle a offert au Créateur le don, de tous les dons le plus excellent, une mère vénérable, seule digne de celui qui l'a créée. Heureux lombes de Joachim, d'où sortit un germe tout immaculé ; admirable sein d'Anne, grâce auquel se développa lentement, où se forma et d'où naquit une enfant toute sainte ! Entrailles qui avez porté un ciel vivant, plus vaste que l'immensité des cieux ! Aire où fut amoncelé le blé vivifiant, selon la déclaration même du Christ : « Si le grain de blé ne tombe en terre et ne meurt, il reste seul (Jean 12,24) » ; sein qui allaitas celle qui nourrit le nourricier du monde ! Merveille des merveilles, paradoxe des paradoxes ! Oui, l'inexprimable incarnation de Dieu, pleine de condescendance, devait être précédée par ces merveilles… (Jean Damascène + vers 750, Homélie sur la Nativité de Marie, 2]

Aie pitié de moi, pécheur et viens à mon aide, ô ma Dame. Ta glorieuse naissance de la race d’Abraham, de la tribu de Juda, de la souche de David, n’a-t-elle pas apporté la joie au monde entier ? Qu’elle me remplisse aussi de joie et me purifie de tout péché. (Prière anonyme du Moyen Age)

Vous êtes toute belle, ô Marie, et il n’y a pas de tache en vous. Qu’elle est belle, qu’elle est suave dans les délices, votre Conception immaculée ! En vous est l’espoir de la vie et de la vertu, toute grâce de vie et de vérité. Sur notre terre une voix s’est fait entendre, voix très douce, voix de la tourterelle, voix de la colombe. Prenez votre vol, ô colombe infiniment belle ! Levez-vous, hâtez-vous et venez ! (Texte d'un anonyme du XIVe siècle)

Si tout est singulier en Marie, qui pourra croire qu'il n'y ait rien eu de surnaturel en la conception de cette princesse, et que ce soit le seul endroit de sa vie qui ne soit marqué par aucun miracle ? (Bossuet + 1704)

Pour la raison même de son Immaculée Conception, Marie eut dès le commencement de son existence, une parfaite connaissance de Dieu. Cette connaissance enflammant de plus en plus l'ardeur de l'amour qui la consumait, lui fit accepter d'avance tous les sacrifices que Dieu lui demanda, surtout au moment où, alors qu'elle lui offrait son Divin Fils au Temple, le vieillard Siméon lui fit une douloureuse prédiction. Marie comprit alors à quoi elle était appelée et l'amour dont elle aimait son Dieu lui fit aussi aimer les hommes qui lui coûtaient si cher. Dès lors et particulièrement au moment où son Divin Fils lui présenta dans la personne de saint Jean, tous les hommes, Marie, debout sous la Croix, se montra véritablement notre co-rédemptrice, notre Mère. (Madeleine-Sophie Barat + 1865, Conférence de 1858)


Dicton

Jour de l'Immaculée ne se passe jamais sans gelée.


PRESENTATION DE MARIE AU TEMPLE

Cet épisode de la vie de la Vierge Marie ne se trouve pas dans les quatre évangiles, mais dans un livre apocryphe, le protévangile de Jacques. Selon cet évangile apocryphe, Anne et Joachim voulurent remercier Dieu de la naissance de leur enfant en la lui consacrant : lorsqu’elle eut trois ans, Marie fut conduite au Temple, un prêtre l’accueillit par des paroles qui ressemblaient au Magnificat et l’enfant s’assit sur les marches de l’autel. « Tout le peuple d’Israël l’aima. » 25
Marie, consacrée à Dieu, fut reçue au nombre des vierges qui desservaient le temple (une autre tradition indique qu'étant orpheline de la tribu de Lévi, elle fut élevée au Temple).
Cette fête de la Présentation de Marie au Temple est attestée dès le 6e siècle.
Elle est célébrée le 21 novembre en Occident comme en Orient.
Le 21 novembre 1372, Grégoire XI permet que l’entrée de la Mère de Dieu dans le temple de Jérusalem soit célébrée à la cour romaine d'Avignon. En 1373, à l'imitation du Pontife suprême, Charles V de France introduit la fête de la Présentation de Marie au Temple dans sa chapelle du palais.
La nouvelle fête, enrichie d'indulgences par Paul II (1464 à 1471), se généralise peu à peu.
En 1585, Sixte-Quint rétablit au Bréviaire romain la fête qui a été supprimée par Pie V (1566 à 1572) 4.

"Approche, ô toi vue par nos yeux comme un petit enfant, mais perçue par notre esprit comme l’atelier de Dieu. Approche et purifie le seuil du sanctuaire. Car ce n’est pas le temple qui te sanctifie et te purifie, mais c’est toi qui purifies entièrement le temple." (Saint Germain de Constantinople, Homélie pour la Présentation)

"Plantée dans la Maison de Dieu et nourrie de l’Esprit, semblable à un olivier fertile, elle devient la demeure de toutes les vertus. Détachant son cœur de toutes les convoitises de cette vie et de la chair, elle conserve son âme vierge autant que son corps, comme il convient à celle qui allait concevoir Dieu en son sein." (Saint Jean Damascène, De la foi orthodoxe)


ANNONCIATION, VISITATION ET NATIVITE

Selon la tradition, lorsque Marie fut en âge d'être mariée, vers 11 ans, les prêtres lui choisirent (parmi plusieurs prétendants grâce à un signe) pour époux Joseph, de la tribu de Juda, né à Bethléem, un homme âgé (70 ans ?), qui vint s'établir avec elle à Nazareth.

L'Annonciation

L'Annonciation est l'annonce faite à la Vierge Marie de sa maternité divine par l'archange Gabriel : "...l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, auprès d'une vierge fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph. Le nom de la vierge était Marie. L'ange entra chez elle, et dit : Je te salue, toi à qui une grâce a été faite; le Seigneur est avec toi. Troublée par cette parole, Marie se demandait ce que pouvait signifier une telle salutation. L'ange lui dit : Ne crains point, Marie ; car tu as trouvé grâce devant Dieu. Et voici, tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé Fils du Très Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père. Il règnera sur la maison de Jacob éternellement, et son règne n'aura point de fin. Marie dit à l'ange : Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d'homme ? L'ange lui répondit : Le Saint Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très Haut te couvrira de son ombre. C'est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu. Voici, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils (Jean-Baptiste, ndlr) en sa vieillesse, et celle qui était appelée stérile est dans son sixième mois. Car rien n'est impossible à Dieu. Marie dit : Je suis la servante du Seigneur ; qu'il me soit fait selon ta parole ! Et l'ange la quitta." (Luc 1,26-38)
La grotte de l’Annonciation, dans laquelle l’archange Gabriel aurait fait son annonce à Marie, se trouve à Nazareth sous l’église de l'Annonciation.

L'Annonciation est célébrée le 25 mars ; si le 25 mars tombe un dimanche, elle est fêtée le 26.
Lorsque le Vendredi saint tombe le 25 mars, la fête de l'annonciation est célébrée le premier jour hors fête, c'est-à-dire le lundi qui suit la semaine de Pâques.

Augustin d'Hippone (+ 430) écrit deux sermons sur cette fête qui semble fort ancienne.
Cependant, jusqu'à l'époque de Justinien (527-565), il n'y a pas d'autre fête mariale que la "Mémoire de Marie" dans l'octave de la Noël 14.
La fête de "l'Annonciation de la Theotokos (= Mère de Dieu) et toujours Vierge Marie", fixée au 25 mars, aurait commencé à Constantinople, durant la première moitié du 6e siècle (vers 500-550) : elle se serait répandue dans la liturgie byzantine à l'époque de Justinien.

Le concile de Tolède, en 656, établit que le "mystère de l’Annonciation-Incarnation" doit être célébré dans la solennité mariale du 18 décembre ; ce n’est qu’au Moyen-Âge que la fête du 25 mars sera introduite en Espagne.

En 692, à Constantinople, le concile in Trullo (ou concile quinisexte) parle de l’Annonciation comme d’une fête célébrée en Carême.

Serge Ier, pape de 687 à 701, établit les 4 fêtes mariales : Annonciation (popularisée sous le nom de "Notre Dame de Mars"), Dormition, Nativité et Purification.

Pendant longtemps et en de nombreuses régions (notamment dans le midi, Limousin, Auvergne, Lorraine, Champagne, Picardie), l'année commençait le 25 mars.

En 992, Bernhard, un moine allemand, prédit la fin du monde pour le 25 mars de cette année où le jour de l’annonciation coïncide avec le Vendredi Saint ; Jean XV (pape de 985 à 996) vient en pèlerinage au Puy-en-Velay pour ce 1er Jubilé (son institution officielle est attestée par un document de 1407).
Lorsque le Vendredi saint tombe un 25 mars, jour de la fête de l'Annonciation, Notre-Dame du Puy-en-Velay (en Haute-Loire) invite les fidèles à venir l’implorer et à recevoir l’indulgence plénière à l’occasion du Jubilé. Il y a 3 à 4 jubilés par siècle. Derniers jubilés : 1910, 1921, 1932, 2005 ; le prochain aura lieu en 2016.

Le 25 mars 1429, vendredi saint coïncidant avec la fête de l’Annonciation, se déroule le Jubilé de Notre-Dame du Puy-en-Velay (43) : Bertrand de Poulengy, Jean de Metz, lieutenants de Jeanne d’Arc, accompagnent Isabelle Romée, sa mère, et ses deux frères qui intercèdent pour Jeanne à l’occasion du Grand Pardon 3.

Le 29 juin 1908, le pape Pie X remplace les énoncés de l’année romaine (calendes, nones, etc.) par ceux de l’année civile : l’année catholique romaine commence le 1er janvier au lieu du 25 mars, jour de l’Annonciation.

Citations

Ce n'est pas un ange quelconque, c'est l'Archange Gabriel qui est envoyé : il convenait que pour annoncer le mystère qui est le sommet de toutes choses, un des anges les plus élevés fût envoyé. Gabriel, veut dire : la force de Dieu ; il fallait que la force de Dieu annonçât ce Dieu des vertus qui venait détruire l'empire des esprits mauvais (Grégoire le Grand, pape de 590 à 604, Homélie XXXIV sur les péricopes évangéliques).

On croit que Gabriel était l’archange à qui la Vierge avait été confiée depuis sa naissance et que seul il connut le dessein de Dieu à son égard (Bernard de Clairvaux 1090-1153, Traité sur le Baptême, XXI).

L’Ange ne dit pas "le Seigneur est en vous", mais "le Seigneur est avec vous". Dieu qui est partout, est présent d’une façon particulière dans les créatures raisonnables, et plus intime encore dans les bons. Il l’est dans les créatures sans raison mais elles ne l’embrassent pas. Les créatures raisonnables l’embrassent par l’intelligence, et les bons l’embrassent avec le cœur. Combien cette union fut grande en Marie : c’était non seulement la volonté, mais la chair de Marie que Dieu s’unissait, de façon à produire de la substance de Dieu et de celle de Marie un seul être, le Christ (Bernard de Clairvaux, Homélie III Missus est, 4).

Ce Verbe du Père, si digne, si saint et si glorieux, le Père très haut en annonça la venue par son saint archange Gabriel, à la sainte et glorieuse Vierge Marie, du sein de laquelle le Verbe reçut vraiment la chair de notre humanité fragile. Lui qui était riche plus que tout, il a voulu choisir, avec sa bienheureuse Mère, par-dessus tout, la pauvreté. (François d'Assise + 1226)

C’est déjà une merveille pour les saints de recevoir une grâce qui sanctifie leur âme. Mais la grâce que reçut l’âme de la Vierge fut une telle abondance qu’elle rejaillissait sur sa chair, afin que cette chair conçût le Fils de Dieu. (Thomas d’Aquin 1225-1274)

Voyez et apprenez de là comment Marie, élue au-dessus de toute créature pour être mère de Dieu, reine du ciel et de la terre, a néanmoins fait choix pour elle-même d’être la servante de Dieu et de tout le monde. (Bienheureux Ruysbroek 1293-1381, Le Salut éternel)

Dictons météorologiques

Si pour Notre-Dame le coucou n'a pas chanté, il est tué ou bâillonné.
Annonciation mouillée : crains les giboulées !
A l'Annonciation, les hirondelles reviennent annoncer la belle saison.
Au 25 mars, prés et treille tu nettoieras, ou la peau du dos y laissera.
Le 25 mars passé, plus de bois à amasser.
Quand le 25 mars il gèle, il gèle tout au long de l'année.
S'il pleut à l'Annonciation, pluie à discrétion.
Si pour l'Annonciation la pluie est là, pour toutes les fêtes de la Vierge elle y sera.


La Visitation

C'est la visite que rend Marie à sa cousine Elisabeth en Judée.
Marie, qui porte en son sein le Fils conçu par l'œuvre de l'Esprit Saint, rayonne autour d'elle de grâce et de joie spirituelle. C'est la présence de l'Esprit en elle qui fait tressaillir de joie le Fils que porte Élisabeth, Jean, destiné à préparer la voie au Fils de Dieu fait homme : "Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni". Marie, en réponse à la salutation d'Élisabeth, magnifie le Seigneur par un chant de louange : "Mon âme exalte le Seigneur ; exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur..." Elle reste avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s'en retourne chez elle.


La Nativité

La fête de la Nativité, couramment appelée Noël, commémore chaque année la naissance de Jésus.
Voir dossier


LA CHANDELEUR :
FETE DE LA PURIFICATION DE MARIE
ET DE LA PRESENTATION DE JESUS AU TEMPLE

Selon Baronius, Thomassin, Baillet et d'autres, la fête de la Chandeleur (festa candelorum = fête des chandelles), le 2 février, a été instituée à Rome en 494 par le pape Gélase Ier (492-496).
Selon Bède le vénérable (672-735), la Chandeleur fut instituée pour remplacer les Lupercales qui célébraient Faunus Lupercus, le dieu des troupeaux ; pour d'autres, elle remplaça les fêtes de Proserpine et de Cérès au cours desquelles les assistants, réunis dans des grottes, portaient des torches ardentes 24 et mangeaient des galettes de céréales d’où, peut-être, la coutume des crêpes de la Chandeleur.
Les crêpes avec leur forme ronde et leur couleur dorée rappelleraient le soleil, ce qui explique que l'on confectionne des crêpes à la Chandeleur, moment de l'année où les jours s'allongent de plus en plus vite. C’est également à cette époque de l’année que les semailles d’hiver commençaient. On se servait donc de la farine excédentaire pour confectionner ces crêpes, qui sont un symbole de prospérité pour l’année à venir. 27

D'après Innocent III (1198-1216), Gélase décida de christianiser la fête, donnée en l'honneur de Faunus Lupercus (assimilé au Pan arcadien représenté sous une forme mi-humaine mi-bouc), durant laquelle des débauchés parcouraient la nuit les rues de Rome en agitant des flambeaux.
Le pape Innocent XII (1691-1700) explique dans un sermon : "Pourquoi, lors de cette fête réalisons-nous des bougies ? Parce que les païens avaient consacré le mois de Février aux dieux infernaux. Au début de celui-ci, Pluton ayant enlevé Proserpine, sa mère Cérès la chercha dans la nuit (au sommet de l'Etna) avec des cierges allumés. C'est pourquoi, au début du mois, les païens marchaient autour des villes avec des bougies allumées. Comme les saints Pères ne pouvaient extirper la coutume, ils ont ordonné que les chrétiens devraient réaliser des bougies en l'honneur de la Sainte Vierge. Et donc ce qui était fait jadis en l'honneur de Cérès est maintenant effectué en l'honneur de la Vierge." 23
Pour Benoît XIV (1740-1758), la fête antique connue en février sous le nom d'Amburbalia, et au cours de laquelle les païens parcouraient la ville en portant des flambeaux, a donné l'occasion aux Souverains Pontifes de lui substituer un rite chrétien qu'ils ont uni à la célébration de la fête dans laquelle le Christ, Lumière du monde, est présenté au Temple par la Vierge-mère. 4

Cette fête de la Purification de la Vierge Marie et de la Présentation du Seigneur au Temple (dont l’origine est le rite de purification des jeunes mères juives et du rachat du premier né, 40 jours après une naissance 11) est célébrée à Jérusalem au IVe siècle.
On rappelle, avec l’évangéliste Luc (2,32-34-35), que le vieux Syméon a vu en Jésus "la lumière pour éclairer les nations" et, qu’après avoir béni son père et sa mère, il a dit à Marie : "Voici qu'il est placé pour la chute et le relèvement d'un grand nombre en Israël, et pour être un signe en butte à la contradiction ; vous-même, un glaive transpercera votre âme, afin que soient révélées les pensées d'un grand nombre de cœurs."
"Le juste Syméon, qui dès avant l'Incarnation aspirait à voir le Seigneur, l'a donc vu dans son Incarnation, il l'a reconnu et l'a pris dans ses bras. Et il a supplié le Maître de l'univers, devenu enfant en la condition de serviteur, d'être délivré de la prison de son corps, en disant à haute voix ces paroles que tu as entendues récemment : "Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s'en aller dans la paix, selon ta parole, car mes yeux ont vu ton salut." (Timothée de Jérusalem, Discours sur Syméon)
Les Grecs donnent à cette fête le nom d'Hypapante (= Rencontre) parce que Syméon et la prophétesse Anne (fille de Phanuel) rencontrèrent l'enfant Jésus lorsque Marie alla le présenter au temple.

Le pape Serge Ier (687-701) établit les 4 fêtes mariales : Annonciation (popularisée sous le nom de "Notre Dame de Mars"), Dormition, Nativité et Purification (il organise une procession, avec des cierges allumés, du forum à la basilique Sainte-Marie-Majeure).

La Chandeleur est aussi célébrée au Mexique : les Mexicains se réunissent autour de tamales, une sorte de crêpes à la sauce sud-américaine. Lors de cette Chandeleur mexicaine, on déguste aussi le gâteau des rois dans lequel est cachée une fève représentant l'enfant Jésus. Celui qui tire la fève est chargé de préparer les tamales.

Le nom du mois de février est dérivé du latin "februarius mensis" (= mois des purifications) désignant le dernier mois de l’ancienne année romaine, lui-même issu de "februare" (= purifier), mot d'origine sabine.
Le mois de février était personnifié par Februus, dieu de la mort et de la purification dans la mythologie étrusque, identifié à Pluton et Dispater.
Des fêtes publiques expiatoires et purificatoires, appelées Februa (Fébrues), commençaient le 1er février et duraient 8 jours ; en l’honneur des morts, des sacrifices étaient faits aux dieux infernaux.
Du 13 au 21 février se célébraient les Parentales (jours destinés à honorer les morts à titre privé), qui culminaient le 21 avec la fête des Feralia (fête officielle des morts).
Le mois de février était aussi dédié à Junon (Juno Februata), la déesse de la fièvre (de la passion).


La bénédiction des cierges

La bénédiction des cierges à l’office du jour (exception faite pour le cierge pascal qui est béni et allumé pendant la veillée pascale), ne sera pratiquée qu’à partir du Xe siècle.
On disait que ces cierges bénits avaient le pouvoir de chasser la foudre lorsqu'ils étaient allumés pendant un orage, de faire cesser les intempéries et de tenir éloignés les démons.
Des processions avaient lieu dans les champs et les vignobles.

Anselme de Canterbury (+ 1109), dans ses Enarrations sur saint Luc, nous dit qu'il y a trois choses à considérer dans le Cierge : la cire, la mèche et la flamme : "La cire, ouvrage de l'abeille virginale, est la chair du Christ ; la mèche, qui est intérieure, est l'âme ; la flamme, qui brille en la partie supérieure, est la divinité."

Pour Yves de Chartres (+ 1116), la cire des cierges signifie et représente la chair virginale de Jésus qui n'a point altéré, ni par sa conception ni par sa naissance, l'intégrité de Marie ; la flamme des cierges symbolise le Christ, lumière qui est venue illuminer nos ténèbres.

Guillaume Durand, évêque de Mende (+ 1296), dit que "nous portons des cierges allumés en procession pour faire écho à la parole de Siméon qui salue en Jésus la lumière du monde, pour signifier l'humanité et la divinité du Christ, pour proclamer la pureté inaltérable de Marie, pour imiter les vierges sages qui accompagnent le céleste époux jusqu'au temple de la gloire." 10


Dictons météorologiques

Rosée à la Chandeleur, Hiver à sa dernière heure
A la Chandeleur, l'hiver cesse ou reprend vigueur.
Chandeleur couverte, 40 jours de perte.
La Chandeleur claire laisse un hiver derrière.
Quand le soleil à la Chandeleur fait lanterne, quarante jours après il hiverne.
Si le jour de la Chandeleur il fait beau, il y aura du vin comme de l’eau.
Soleil de la Chandeleur annonce hiver et malheur
S'il pleut sur la chandelle, il pleut sur la javelle.
A la Chandeleur le jour croît de deux heures.
Quand février commence en lion, il finit en mouton
Février trop doux, printemps en courroux.
Fleur de février ne va pas au pommier.
Pluie de février emplit les greniers
Quand il tonne en février, il faut monter les tonneaux au grenier
Si février n'a pas de grands froids, le vent dominera tous les autres mois
Au mois de février, chaque herbe fait son pied.
Si un beau soleil projette son ombre sur le sol, la marmotte rentre au terrier où elle se rendort pour six semaines encore. Si le temps est couvert, la marmotte reste éveillée, son instinct l'avertissant que le printemps sera doux et précoce. (Dicton québécois)


FETE DE LA DORMITION ET DOGME DE L'ASSOMPTION


Proclamation du dogme

Le dogme de l'Assomption de la Vierge Marie, fêtée le 15 août, est proclamé par le pape Pie XII le 1er novembre 1950 (Constitution apostolique Munificentissimus Deus) : "C'est pourquoi, après avoir adressé à Dieu d'incessantes et suppliantes prières, et invoqué les lumières de l'Esprit de vérité, pour la gloire du Dieu Tout-Puissant, qui prodigua sa particulière bienveillance à la vierge Marie, pour l'honneur de son Fils, Roi immortel des siècles et vainqueur de la mort et du péché, pour accroître la gloire de son auguste Mère et pour la joie et l'exultation de l'Eglise tout entière, par l'autorité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, des bienheureux apôtres Pierre et Paul, et par la Nôtre, Nous proclamons, déclarons et définissons que c'est un dogme divinement révélé que Marie, l'Immaculée Mère de Dieu toujours Vierge, à la fin du cours de sa vie terrestre, a été élevée en âme et en corps à la gloire céleste."
Auparavant, Gilles Bouhours, 6 ans, à qui la Vierge apparaît à Seilhan (Haute Garonne) depuis 1947, a été reçu par le pape Pie XII en audience privée. Le garçonnet a transmis au Saint Père un message que lui a confié l'apparition. Puis les 30 et 31 octobre, 1er et 8 novembre 1950, le pape, alors qu’il se trouvait dans les jardins du Vatican, a vu le soleil "danser" dans le ciel…
Dès 1946, Pie XII demanda par lettre à l’épiscopat du monde entier s’il était souhaitable de procéder à la définition de ce dogme. La réponse ayant été affirmative, presque à l’unanimité, le pape annonça qu’il confirmait "l’enseignement unanime du magistère ordinaire de l’Église et la croyance unanime du peuple chrétien".
Il faut remarquer qu’il s’agit d’assomption, non d’ascension, car assomption (du latin assumptus = pris) est un terme passif. Marie ne s’élève pas au ciel d’elle-même : après sa mort, elle est prise, corps et âme, et est élevée au Ciel (il y aurait eu aussi une "assomption de Moïse" dont parle un apocryphe).
L'Eglise orthodoxe parle de la "Dormition de la très Sainte Mère de Dieu", entendant par ce mot la mort radieuse de la Vierge Marie et sa montée au ciel avec son corps. Elle préfère le terme de "Dormition" à celui d’"Assomption" qui pourrait, de son point de vue, laisser croire que la Vierge a été enlevée au ciel de son vivant.


Où l'Assomption a-t-elle eu lieu : à Ephèse ou à Jérusalem ?

"Tous d’un même cœur étaient assidus à la prière, avec quelques femmes, dont Marie mère de Jésus, et avec ses frères" (Actes 1,14). Telle est la dernière mention explicite, dans le Nouveau Testament, de Marie dont on sait qu’après la mort de Jésus, le disciple Jean l’a prise chez lui.
Que devint-elle ensuite, après la dispersion des apôtres et leur départ de Jérusalem ? Marie est-elle restée à Cana où elle avait des parents et où elle se serait retirée après la mort de Joseph ? Ou, vers 37/40, a-t-elle suivi Jean et Marie-Madeleine à Éphèse pour échapper aux persécutions lancées contre les chrétiens en Palestine ? Et, avec ou sans eux, elle a bien pu retourner à Jérusalem après avoir vécu un certain temps à Ephèse…
Celle qui avait 15 ans à la naissance de Jésus, serait morte à 60 ou 72 ans, dans la nuit du 14 au 15 août 57 (ou en 44 ou le 21 janvier 51) : son âme fut accueillie par son Divin Fils en personne et son corps fut emporté au ciel par les anges…
"D'après Epiphane, elle survécut de vingt-quatre ans à l’ascension de son Fils. Il rapporte donc que la Sainte Vierge était âgée de quatorze ans quand elle conçut J. C., qu'elle le mit au monde à quinze, et qu'elle vécut avec lui trente-trois ans, et vingt-quatre autres après la mort de J.-C. D'après cela, elle avait soixante-douze ans quand elle mourut. Toutefois ce qu'on lit ailleurs parait plus probable, savoir, qu'elle survécut de douze ans à son Fils, et qu'elle était sexagénaire, lors de son assomption, puisque les apôtres employèrent douze ans à prêcher dans la Judée et les pays d'alentour, selon le récit de l’Histoire ecclésiastique." 5

- A Ephèse ?

Selon Marie-Jeanne Bérère (docteur en théologie, 1999), la tradition qui raconte la mort de Marie comme s'étant produite à Éphèse "ne paraît pas plus ancienne que le XVIe siècle. Elle a été rapportée au XVIIe siècle, par l'historien français Le Nain de Tillemont, dans ses Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique des six premiers siècles".
Chaque année, l’Assomption rassemble, à Éphèse (aujourd’hui en Turquie), dans la Maison de la Vierge, plus de 300 000 pèlerins, catholiques et musulmans : les premiers célèbrent la messe, tandis que les seconds prient dans la chambre adjacente.
Ce qui est considéré aujourd'hui comme la maison de Marie à Éphèse ne l'est que depuis la fin du XIXe siècle. La localisation de cette maison, "Meryemana evi'ni", construite pour elle sur le Bulbul Dagi, a été établie, sur la base du récit écrit d'une vision de la mystique catholique allemande, Catherine Emmerich (1774-1824).
En 1892, l'archevêque de Smyrne, Mgr Timoni, authentifie le site marial par un décret autorisant les pèlerinages.
C’est à Éphèse que fut construite la première église dédiée à la Vierge Marie ; elle accueillit les conciles de 431 (qui proclama la maternité divine de Marie) et de 449. Les papes Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI, ont précisé s’être rendus à Ephèse, parce qu’elle est la ville où Marie a été déclarée "Theotokos" (= Mère de Dieu).

Ephèse est aussi célèbre pour son temple antique (l’Artémision, l’une des 7 merveilles du monde) dédié à une Artémis exceptionnelle : Artémis "Prothée" (source de toutes choses), déesse-mère et vierge ("parthenos"), mère des Dieux, de la Terre et de la Nuit, à la tête noire (proche d'Isis et de Cybèle ), portant sur le ventre trois rangées d'oves descendant jusqu'au niveau de la ceinture : des pseudomamelles (sans mamelon) qui lui ont valu l'épithète de "polymastos" (aux multiples seins), à moins qu'il ne s'agisse de testicules de taureaux, symboles de fécondité. Il reste peu de chose de l’Artémision détruit et reconstruit 7 fois puis pillé par les Goths en 262 ; sinon la rue des Courètes que parcouraient 9 prêtres eunuques voués à la déesse et le souvenir des initiés aux mystères orgiaques s’étreignant dans le bois sacré d’Ortygia…
Notons également qu’on rencontre le croissant de lune, anciennement associé à l’arc de Diane-Artémis, dans certaines représentations de la Vierge Marie et que c’est aussi un emblème musulman.

- A Jérusalem ?

Selon des récits apocryphes, les apôtres sont mystérieusement avertis de se retrouver à Jérusalem. Ils peuvent alors entourer la Mère de Dieu lors de ses derniers instants.
D'après André de Crète (v. 660-740), elle mourut dans sa maison sur le mont Sion.
Selon l’Evangile apocryphe de Thomas, tous les apôtres, sauf lui, Thomas, transportent le corps de Marie dans le tombeau préparé à Gethsémani. Thomas, arrivant 3 jours plus tard, demande qu’on ouvre le caveau pour qu’il puisse voir une dernière fois la défunte. Le tombeau est vide et il s’en exhale le plus doux des parfums : les anges ont emmené le corps ressuscité de Marie vers le ciel.
"Ensuite le corps est porté au lieu très saint de Gethsémani. Ce sont encore baisers et embrassements, encore louanges et hymnes sacrés, invocations et larmes ; la sueur de l'angoisse et de la douleur s'épanche. Et ainsi le corps très saint est placé dans le glorieux et magnifique monument. De là, après trois jours, il est emporté dans les hauteurs vers les demeures célestes." [Jean Damascène (+ vers 750), Deuxième homélie sur la Dormition, 14]
"Le Seigneur, étendant ses mains pures, reçut son âme sainte et irréprochable. Et, pendant que sortait cette âme irréprochable, le lieu fut rempli d'un parfum et d'une lumière indicible. Et voici qu'on entendait une voix céleste qui disait : « Bienheureuse es-tu parmi les femmes. » (…) Les douze apôtres, alors, déposèrent son corps précieux et saint dans une bière et l'emportèrent (…) les apôtres portèrent la bière et déposèrent le précieux et saint corps à Gethsémani, dans un tombeau neuf. Et voici qu'un parfum délicat se dégagea du saint tombeau de notre Maîtresse, la Mère de Dieu. Et, pendant trois jours, on entendit des voix d'anges invisibles qui glorifiaient le Christ, notre Dieu, né d'elle. Et, le troisième jour achevé, on n'entendit plus les voix. Dès lors, nous sûmes tous que son corps irréprochable et précieux avait été transféré au paradis (…) Nous, les apôtres, ayant vu le transfert soudain et précieux de son saint corps, nous avons glorifié Dieu, qui nous a montré ses merveilles à l'occasion du départ de la mère de notre Seigneur Jésus-Christ." (La Dormition de Marie, apocryphe du Pseudo-Jean, Ve/VIe siècle, par K. von Tischendorf, 1866)
Juvénal, patriarche de Jérusalem de 422 à 458, répond à l’impératrice Pulchérie (+ 453) et à l’empereur Marcien (+457), qui lui demandent des reliques de la sainte Vierge, que son tombeau à Gethsémani est vide (Les saints lieux, Mislin, 1876). On vénère encore ce tombeau vide à Jérusalem, dans la vallée du Cédron, au pied du mont des Oliviers. La localisation du "Tombeau de la Vierge" à cet endroit a dû naître d'une confusion. Dès les premiers siècles en effet, on aimait à se souvenir du voyage de Marie depuis Nazareth jusqu'à Bethléem, en un lieu appelé "Reposoir de Marie" et situé en Galilée. Mais l'accès de cette région de Palestine fut souvent dangereux et l'on transféra à Jérusalem la commémoraison du "Reposoir de la Vierge". Par la suite on passa de l'idée de "reposoir" à celle de "tombeau"...


Chronologie historique

En 373, Ephrem évoque le concept selon lequel le corps de Marie serait resté, après son décès, "intact", c'est-à-dire non atteint par "l'impureté" de la mort 21.

En 378, Epiphane dans son ouvrage Panarion (notice 78 contre les antidicomarianites) dit qu’il ne peut pas affirmer que la vierge soit morte ou non, mais que, si elle est morte, sa mort a été heureuse 20.

La fête de la "Dormition ("Koimêsis, Dormitio" = sommeil) de la Mère de Dieu", fête mariale d'origine palestinienne, est célébrée au VIe siècle en Orient, à la mi-janvier (le 18 en Égypte).
A Jérusalem se trouvait une église de la Dormition.
Maurice, empereur de Constantinople de 582 à 602, fixe définitivement la fête au 15 août.

Vers 594, Grégoire de Tours, s'appuyant apparemment sur un corpus de textes apocryphes, appelés collectivement Transitus Mariæ 21 (Passage de Marie), exprime la première formulation théologique de l'Assomption (la doctrine sera confirmée par les théologiens du XIIIe siècle : Thomas d’Aquin, Bonaventure, etc.).

La fête est apportée à Rome sous le nom de "Dormition de Marie" par le pape Théodore Ier (642-649), originaire de Constantinople.

Serge Ier, pape de 687 à 701, établit les 4 fêtes mariales : Annonciation (popularisée sous le nom de "Notre Dame de Mars"), Dormition, Nativité et Purification.

Dans un Missel ou Sacramentaire de 770, la fête est baptisée "Assumptio Sanctae Mariae" (Assomption de Sainte Marie) ; il est affirmé : « Elle a subi la mort temporelle, mais n'a pas été soumise à ses liens ». Cette dénomination se retrouve dans le Sacramentaire envoyé par le pape Adrien Ier à Charlemagne entre 784 et 791. Cette fête était rendue solennelle par une procession nocturne qui allait de Saint-Adrien-au-Forum à Sainte Marie-Majeure, et par une vigile et un jeûne. 28

En 813, le Concile de Mayence, réuni le 9 juin par Charlemagne, érige en fête d'obligation la commémoration de l’Assomption de Marie pour l'ensemble de l'Empire franc.
En 847 une octave est jointe à cette solennité par le pape Léon IV, puis, en 863, le pape Nicolas Ier place la fête de l'Assomption au même plan que les fêtes de Noël et de Pâques.

Le 22 avril 1423, le concile de Cologne institue l'office de la Compassion (au pied de la Croix) de la bienheureuse Vierge Marie.

A l'occasion d'une victoire remportée sur les Anglais qui sont obligés de lever le siège de la ville en 1443, la procession de l'Assomption est instituée à Dieppe.

Pie V, pape de 1566 à 1572, supprime la déambulation. Cependant, à la fin du XVIème siècle, il existe en Italie une procession le 15 août.

Par lettre patente du 10 février 1638, le pieux Louis XIII, en plein accord avec Richelieu et le père Joseph, met le royaume de France sous la protection spéciale de la Vierge Marie et institue la "Procession du 15 août", dite "du vœu de Louis XIII", pour respecter la promesse qu’il a faite à Marie, à Noël 1636, après avoir repris Corbie (Somme) aux Espagnols le 14 novembre, et pour la remercier de la grossesse de la Reine (la naissance du dauphin aura lieu le 5 septembre) : « (…) nous avons déclaré et nous déclarons que, prenant la très sainte et très glorieuse Vierge Marie pour protectrice spéciale de notre royaume, nous lui consacrons particulièrement notre personne, notre État, notre couronne et nos sujets, et nous avertissons le sieur Archevêque de Paris et néanmoins lui enjoignons que tous les ans, fête et jour de l'Assomption, il fasse faire commémoration de notre présente déclaration à la grand-messe, qui se dira en son église cathédrale, et qu'après les vêpres dudit jour, il soit fait une procession en la dite église, à laquelle assisteront toutes les compagnies souveraines et les corps de ville, avec pareilles cérémonies que celles qui s'observent aux processions générales les plus solennelles ; ce que nous voulons aussi être fait en toutes les églises, tant paroissiales que celles des monastères de ladite ville et faubourg, et en toutes les villes, bourgs et villages du dit diocèse de Paris. Exhortons pareillement les archevêques et évêques de notre royaume, et néanmoins leur enjoignons de faire célébrer la même solennité en leurs églises épiscopales, et autres de leurs diocèses, entendant qu'à ladite cérémonie les cours de Parlement et autres compagnies souveraines, et les principaux officiers des villes y soient présents, et d'avertir tous les peuples d'avoir une dévotion particulière à la Vierge d'implorer en ce jour sa protection, afin que, sous une si puissante patronne notre royaume soit à couvert de toutes les entreprises de nos ennemis, qu'il jouisse longtemps d'une bonne paix, que Dieu y soit servi et révéré si saintement que nous et nos sujets puissions arriver heureusement à la dernière fin pour laquelle nous avons tous été créés, car tel est notre plaisir. Donné en Saint-Germain-en-Laye, le dixième jour de février, l'an de grâce mil six cent trente-huit et de notre règne le vingt-huitième. »
La consécration du royaume de France à Marie est confirmée par Louis XIV en 1650 et par Louis XV en 1738.

Benoît XIV, pape de 1740 à 1758, prend position contre l'Assomption dans De festis Domini Nostri Jesus Christi et Beatae Virginis Mariae : « L'Assomption de la bienheureuse Vierge n'est pas un article de foi... les textes de l'Ecriture que l'on a l'habitude de citer en sa faveur peuvent être interprétés autrement et la tradition ne suffit pas pour élever cette doctrine au rang des articles de foi... ».

Par le décret du 19 février 1806, Napoléon Ier fait du 15 août, jour anniversaire de sa naissance, sa fête officielle, la "Saint-Napoléon".

En 1881, les Acadiens choisissent Notre Dame de l'Assomption pour sainte patronne.

Le 21 mars 1922, le pape Pie XI proclame Notre-Dame de l’Assomption patronne principale de la France.

Le 21 novembre 1964, Paul VI promulgue la Constitution dogmatique Lumen gentium sur l’Eglise : "Enfin, la Vierge Immaculée, préservée de toute tache de la faute originelle, au terme de sa vie terrestre, fut élevée à la gloire du ciel en son âme et en son corps et elle fut exaltée par le Seigneur comme Reine de l'univers afin de ressembler plus parfaitement à son Fils, Seigneur des seigneurs (cf. Apocalypse 19, 16) et vainqueur du péché et de la mort" (Chapitre VIII, & II) "... après l’Assomption au ciel […], par son intercession multiple, elle continue à nous obtenir les dons qui assurent notre salut éternel. Son amour maternel la rend attentive aux frères de son Fils dont le pèlerinage n’est pas achevé, et qui se trouvent engagés dans les périls et les épreuves, jusqu’à ce qu’ils parviennent à la patrie bienheureuse" (62).

Le 11 octobre 1998, le jumelage des diocèses d'Izmir (Turquie) et du Puy-en-Velay (où se trouve l'un des plus anciens sanctuaires mariaux d'occident) est célébré au cours du pèlerinage à Ephèse d'un groupe de chrétiens du Puy et de Mgr Brincard.

De nombreuses fêtes ont lieu, le 15 août, en liaison avec la procession :
- fête du pain et de la moisson ;
- fêtes de la mer avec bénédiction de la mer et bénédiction des bateaux dans le nord, en Bretagne et en Provence ;
- fêtes patronales de paroisses en Provence.


Citations

O Marie, Mère de mon Dieu, vous êtes la Reine du ciel et de la terre, l'espérance des affligés. Vous êtes entourée d'une auréole plus radieuse que le soleil ; vous êtes couronnée de plus d'honneur que les Chérubins, de plus de sainteté que les Séraphins ; vous êtes plus élevée que toutes les créatures célestes. Vous avez été l'unique espérance de nos pères, la joie des Prophètes, la consolation des Apôtres, la gloire des Martyrs, l'honneur de tous les saints. O Vierge, qui apportez aux hommes la lumière et la consolation ! O la plus accomplie, la plus sainte des créatures ! A qui pourrai-je vous comparer ? Vous êtes cet encensoir d'or d'où s'exhalaient des parfums si doux. Vous êtes la lampe qui nuit et jour éclairait le sanctuaire ; vous êtes l'urne qui renfermait la manne du ciel, la table sur laquelle était écrite la loi de Dieu. Vous êtes l'arche de la sainte alliance ; vous êtes le buisson ardent qui brûlait sans se consumer. Vous êtes la tige de Jessé qui porte la plus belle de toutes les fleurs, et cette fleur, c'est votre fils ! Ce fils est à la fois Dieu et homme, et vous êtes sa mère ! (…) C'est par vous, O Vierge mère, c'est par vous que nous avons été réconciliés avec notre Dieu. Vous êtes l'avocate des pécheurs et l'espoir des âmes découragées ; vous êtes le port assuré contre le naufrage ; vous êtes la consolation du monde, l'asile des orphelins, la rançon des captifs, le soulagement des malades, le baume des infirmes, le salut de tous. En vous le solitaire trouve son repos, et l'homme du monde son appui. Nous venons donc, O sainte Mère de Dieu !, nous réfugier sous vos ailes protectrices. Couvrez-nous de votre miséricorde ; ayez pitié de nous. Oui, les yeux baignés de larmes, nous vous supplions d'obtenir par votre intercession bénie que votre divin fils, notre clément Sauveur, ne nous rejette point à cause de nos péchés et ne nous condamne point comme des arbres stériles. Ainsi soit-il. (Prière d'Éphrem le Syrien, + 373)

Puisque la nature humaine est condamnée à la pourriture et aux vers, et que d'ailleurs J.-C. ne fut pas exposé à cet outrage, la nature de Marie en est donc exempte, car dans elle, J.-C. a pris la sienne. (...) C'est le trône de Dieu, le lit nuptial du Seigneur, le tabernacle de J.-C. doit être où il est lui-même. Il est plus digne de conserver ce trésor dans le ciel que sur la terre (...) Réjouissez-vous, ô Marie, d'une joie ineffable, dans votre corps et dans votre âme, en J.-C. votre propre fils, avec votre propre fils et par votre propre fils : la peine de la corruption n'est pas le partage de celle qui n'a pas éprouvé de corruption dans son intégrité quand elle a engendré son divin fils. Toujours elle sera à l'abri de la corruption, celle qui a été comblée de tant de grâces ; il faut qu'elle vive dans toute l'intégrité de sa nature, celle qui a mis au monde l'auteur de la perfection et de la plénitude dans la vie ; il faut qu'elle demeure auprès de celui qu'elle a porté dans ses entrailles ; il faut qu'elle soit à côté de celui qu'elle a engendré, qu'elle a réchauffé, qu'elle a nourri. C'est Marie, c'est la mère de Dieu, c'est la nourrice, c'est la servante de Dieu. (Augustin d'Hippone 354-430)

Quand j’aurai vu le bois de la croix de ton Fils, aussitôt je renoncerai au monde et à tout ce qui est dans le monde et je sortirai tout de suite, pour aller là où tu me diras, toi ma garante, et où tu me conduiras. (Prière à la Vierge Marie, attribuée à Marie l’Egyptienne + 421/422)

Je trouve très surprenant qu’il y ait des gens pour se demander vraiment si la Sainte Vierge doit être appelée Mère de Dieu. Car si notre Seigneur Jésus est Dieu, comment la Vierge qui l’a porté et mis au monde ne serait-elle pas la Mère de Dieu ? Telle est la foi que nous ont transmise les Saints Apôtres, même s’ils n’ont pas employé cette expression. (Cyrille d’Alexandrie + 444, Lettre aux moines d’Egypte, 431)

Je te salue Marie, Mère de Dieu, lumière qui ne s'éteint pas,
Toi de qui est né le soleil de la justice, sceptre de la vérité, temple indestructible.
Je te salue, Marie, demeure de celui qu'aucun lieu ne contient,
Toi qui as fait pousser un épi qui ne flétrira jamais… (Cyrille d'Alexandrie)

La solennité présente est pleine de mystère, ayant pour objet de célébrer le jour où s'endormit la Mère de Dieu ; elle s'élève plus haut, cette solennité, que le discours ne peut atteindre; il n'a pas été tout d'abord, ce mystère, célébré par plusieurs, mais tous maintenant l'aiment et l'honorent. A son sujet, le silence précéda longtemps le discours, l'amour maintenant divulgue l'arcane. On doit manifester le don de Dieu, non l'enfouir ; on doit le présenter, non comme récemment découvert, mais comme ayant recouvré sa splendeur. Quelques-uns de ceux qui furent avant nous ne le connurent qu'imparfaitement : ce n'est pas une raison de se taire toujours; il ne s'est pas totalement obscurci : proclamons-le, et faisons fête. Qu'aujourd'hui s'unissent les habitants des cieux et ceux de la terre, qu'une soit la joie de l'ange et de l'homme, que toute langue tressaille et chante Je vous salue à la Mère de Dieu. (André de Crète, VIIe siècle, Oratio XIII in Dormitionem Deiparae, II)

Va donc à ton lieu de repos, va et souviens-toi de nous pour toujours auprès de ton Fils. Va selon le corps et reste selon l’esprit avec nous tes serfs et tes esclaves. Voici que toute notre espérance repose en toi et que nous avons confiance d’être sauvés par tes prières saintes [.] La mère de la Vie devait elle-même demeurer avec la Vie ; la mort ne pouvait être pour elle qu'un sommeil, et l'Assomption comme un réveil pour la mère de la Vie. (Germain de Constantinople + 733, Homélie pour la fête de la Dormition de la Vierge Marie)

L'Immaculée n'a pas été laissée à la terre. Fille d'Adam, elle doit subir la sentence commune de la mort. Son Fils lui-même, qui est la Vie, ne l'a pas refusée. La Mère du Dieu vivant mérite bien de lui être associée? Comment la mort l'aurait-elle gardée ? Comment la corruption aurait-elle envahie ce corps où la Vie de toute vie a été accueillie ? [.]
Il fallait que celle qui avait conservé sans tache sa virginité pendant l'enfantement, conservât son corps sans corruption même après la mort... Celle qui avait hébergé le Verbe de Dieu en son sein, ne pouvait qu'être logée dans la demeure de son Fils [.]
A ta rencontre, au chant des hymnes, en une solennité pleine d’allégresse, les puissances s’avancent, et voici sans doute ce qu’elles disent : « Quelle est celle-ci qui monte dans tout son éclat ? Qui apparaît comme l’aurore, belle comme la lune, resplendissante comme le soleil ? Que tu es belle, que tu es douce! Tu es la fleur des champs, comme un lys au milieu des épines : c’est pourquoi les jeunes filles t’aiment. A l’arôme de tes parfums nous courrons. Le roi t’a introduite dans son appartement. » Alors les Puissances te font escorte, les Principautés te bénissent, les Trônes te chantent, les Chérubins frappés de stupeur se réjouissent, les Séraphins glorifient celle qui est la mère de leur propre maître par nature et en vérité, selon l’économie du salut. (Jean Damascène + vers 750, Homélie sur la Dormition)

Le premier Adam est devenu, pour celle qui l’avait porté, la terre, cause de malédiction. Le nouvel Adam a rendu bénie celle qui l’a engendré. Et non seulement cela, mais il l’a constituée source et communicatrice de bénédictions pour tous les autres. (Théophane l'Hymnographe + 850, Discours sur la Mère de Dieu)

Réjouis-toi, Mère de Dieu, joie des anges et des hommes ; réjouis-toi, ferme espoir et protection de la ville ; réjouis-toi, car par ta puissance nous terrassons nos ennemis ; réjouis-toi, Mère du soleil spirituel qui éclaire les fidèles et plonge les infidèles dans l’obscurité ; réjouis-toi, ô Vierge, louange des chrétiens. (Hymne pour la fête de l’icône de la Vierge du Signe, 1150).

S'il est pour toute chair un temps pour parler, c'est bien aujourd'hui où la Mère du Verbe fait chair est enlevée aux cieux... La piété ne souffre pas que nous taisions aujourd'hui la gloire de Marie. (Bernard de Clairvaux + 1153, 4e Sermon sur l'Assomption).

Vous savez clairement que la Vierge Marie a été élevée au ciel dans son corps. De la même façon que Jésus Christ est ressuscité en triomphant de la mort et est monté à la droite du Père, ainsi pareillement est ressuscitée aussi l'Arche de sa sainteté, lorsque la Vierge Marie a été élevée dans la demeure céleste. (Antoine de Padoue + 1231, Serm. In Assump.)

Le corps de Marie a été élevé au ciel avec son âme. (Thomas d'Aquin + 1274).

Dieu n'a permis en aucune façon que le corps de Marie fût réduit à la corruption ou tombé en cendres. Il est donc évident que c'est en son âme et en son corps qu'elle se trouve au ciel : sans quoi elle n'aurait pas la jouissance béatifique achevée. (Bonaventure de Bagnoregio + 1274).

Il y a trois saints qui m'ont agréé par-dessus tous les autres : sainte Marie, ma mère, saint Jean-Baptiste et sainte Marie-Madeleine. (Notre-Seigneur à Brigitte de Suède + 1373, Revelationes S. Birgittae, Lib. IV, cap. 108)

Veuillez vous souvenir, ô Vierge secourable,
Qu’il ne fut jamais dit qu’un pécheur misérable
Ait en vain réclamé votre divin support,
Et qu’on a toujours vu que dans les grands orages
Vos célestes suffrages
Sont le phare assuré qui le conduit au port. (Tristan l’Hermite 1601-1655, d'après Bernard de Clairvaux)

Homme, qui que tu sois, regarde Ève et Marie.
Et, comparant ta mère à celle du Sauveur,
Vois laquelle des deux en est la plus chérie,
Et du Père éternel gagne mieux la faveur… (Pierre Corneille 1606-1684)

On montre la sainte Vierge inabordable. Il faudrait la montrer imitable, pratiquant les vertus cachées, dire qu’elle vivait de foi comme nous. (Thérèse de l’Enfant Jésus +1897)


Dictons météorologiques

La Vierge du 15 août arrange ou dérange tout.
S'il pleut le jour de Notre-Dame, il pleut jusqu’au 8 septembre.
Pluie de l'Assomption, huit jours de mouillon.
S'il pleut pour l'Assomption, tout va en perdition.
Pluie de Notre-Dame, fait tout vin ou tout châtaigne.
Au 15 août, le coucou perd son chant ; c’est la caille qui le reprend.
A la mi-août, l’hiver se noue.
À la mi-août, les noisettes ont le ventre roux.
Temps trop beau en août, annonce hiver en courroux.
Soleil rouge en août, c’est la pluie partout.


CHAPELET ET ROSAIRE


Le chapelet

Le terme "chapelet", qui vient de "chapeau", désignait vers 1200 une couronne de fleurs.
Le chapelet, chaîne de grains ou cordelette à noeuds utilisée pour compter les prières, est utilisé dans de nombreuses religions : bouddhisme, hindouisme, islam et christianisme.
Le terme "chapelet" s'applique également aux prières elles-mêmes.
Pratiqué dans l'Inde depuis le Ve s. av. J. C., le chapelet est adopté par les musulmans (chapelet de 3 fois 33 grains) et avant eux par les moines orientaux puis occidentaux, et répandu ensuite avec les croisades comme prière mariale (XIe s.).
Le chapelet des brahmanes comporte 50 grains correspondant aux 50 lettres de l’alphabet sanscrit. Les chapelets bouddhistes et hindous sont composés de 108 grains (112 pour les bouddhistes japonais). Le chapelet des jaïnistes comporte 150 grains.
Dans l'islam, le chapelet est composé de 33 ou 99 grains d'ambre égrenés en prononçant les "99 plus beaux noms d'Allah". Les musulmans considèrent que la prière est dite automatiquement quand le grain de chapelet file entre les doigts (ils en font couler ainsi 6 666). En 1630, une inondation ravage la Mecque et ébranle les fondations de la Kaaba. Mourad IV, le sultan qui fait broyer les fumeurs dans un mortier, et qui dit : « Les vengeances ne vieillissent pas, quoiqu'elles puissent blanchir », fait réparer la maison sainte. Pour reconnaître sa munificence, on lui envoie d'énormes chapelets aux vertus miraculeuses, composés, selon l'usage, de 99 grains, correspondant aux 99 attributs d'Allah, taillés dans les 3 colonnes d'ébène sur lesquelles la Kaaba s'appuyait.

La statue de Diane d'Ephèse tient un chapelet dans les mains.
Dans la Rome antique, les matrones portent un collier de graines qui descendent sur leur poitrine.
Les anciens Mexicains se servent d’un chapelet.

Le plus souvent associé au catholicisme romain dans le christianisme, le chapelet est également utilisé par l'Église orthodoxe et par certains anglicans.
Le chapelet byzantin ("tchotki" russe, "komboskini" grec ou "matanii" roumain) est utilisé par les orthodoxes et les catholiques orientaux.
Confectionné en laine, il est composé de 30, 33 ou 100 nœuds sur chacun desquels on récite la "prière du nom de Jésus" : "Seigneur Jésus Christ, Fils du Dieu Vivant, aie pitié de moi pécheur !"

Dans l'Église catholique romaine, le chapelet, jadis nommé "patenôtre" (de "Pater Noster"), comporte un crucifix en pendentif et 59 grains dont 5 groupes de 10 petits grains, appelés décades, sur lesquels on récite l’Ave Maria, séparées par un grain plus gros sur lequel on dit le Pater Noster. Entre les décades, on récite le "Gloria Patri" : "Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit ; maintenant et pour les siècles des siècles. Amen". Au fur et à mesure des prières, le pratiquant peut s’interrompre pour méditer sur certains passages des mystères qui concernent la vie du Christ et de la Vierge Marie. On termine le chapelet par la croix sur laquelle on récite le "Credo".
Des spécialistes affirment que l’apparition du chapelet est liée à l’ordre des chevaliers teutoniques qui ont au Moyen Âge le monopole de l’ambre ; sur leur initiative, une guilde de tourneurs d’ambre est fondée à Bruges pour fabriquer ces chapelets que toute la chrétienté achète. La fabrication des chapelets est une branche si importante de commerce au Moyen Age, que les patenôtriers (nom donné aux fabricants de chapelets) forment plusieurs corporations.
Si nous en croyons Fleury, auteur de l'Histoire ecclésiastique, des moines du XIe siècle, voulant favoriser la dévotion des frères lais ou illettrés, imaginent de leur faire compter les prières avec des graines attachées ensemble.
Suivant d'autres auteurs, Pierre l'Hermite, pour enflammer les populations et les pousser à la croisade, se serait servi d'une sorte de chapelet qu'on nommait "psautier laïque", et dont il a trouvé l'usage établi en Palestine.
Ce qui est certain, c'est que Dominique de Guzman (1170-1221) répand cette façon de prier, et en fait un des caractères spéciaux de l'ordre qu'il a fondé.
Les chevaliers de Malte portent au côté 10 grains attachés par un ruban noué en croix à l'une des extrémités. Pour compter le nombre des prières, ils ont au doigt un anneau surmonté d'un chaton divisé par compartiments et roulant sur un axe. A chaque dizain, ils font tourner le chaton d'un cran, et une aiguille fixe indique le nombre de dizains récités.
Les camaldules ont aussi un chapelet spécial, qui se compose de 33 grains, nombre égal aux années de la vie de Jésus-Christ.
Le chapelet joue encore un rôle historique pendant les guerres de Vendée : tout soldat de l'armée catholique et royale en a un au côté et s'agenouille pour le réciter avant la bataille.
On croyait que celui qui récitait son chapelet une fois par jour durant 6 mois, avec les 15 oraisons de Brigitte de Suède (approuvées par le pape Pie IX en 1862), pouvait connaître par révélation le jour précis de sa mort.
On prétendait que les chapelets des sorcières avaient la croix en partie cassée ; pendant longtemps, ce fut une preuve de sorcellerie.


Le rosaire

Le rosaire (ce mot désignait autrefois une couronne ou une guirlande de roses dont on ornait les statues de la Vierge) ou "psautier de la Vierge" est repris en 1470 par l’un des premiers disciples de Dominique, le bienheureux Alain de La Roche (+ 1475) qui enrichit le chapelet en y ajoutant les méditations, ainsi que la vie de Jésus et de Marie, et qui fonde la première Confrérie du Rosaire à Douai. II parcourt la France, l'Allemagne (le premier autel pour une Confrérie du Rosaire est érigé dans l’église des dominicains de Francfort, en 1474) et les Pays Bas, pour en créer d’autres. Notre Dame du Rosaire est la patronne de l’Ordre Dominicain.
Le rosaire ou psautier de Marie, spécialement dédié au culte de la Vierge Marie, consiste à réciter 3 chapelets dont chacun comprend 5 dizaines d'Ave Maria (Je vous salue, Marie...) séparés par un Pater noster (Notre Père...).
Chaque chapelet est récité, avec chaque fois la méditation d'un "mystère" :
- 5 mystères joyeux : Annonciation, Visitation, Naissance de Jésus, Présentation au Temple, Jésus perdu et retrouvé au Temple
- 5 mystères douloureux : Agonie au jardin des Oliviers, Flagellation, Couronnement d'épines, Portement de Croix, Crucifixion
- 5 mystères glorieux : Résurrection, Ascension, Descente du Saint Esprit, Assomption et Couronnement de la Vierge.

Un des titres donnés à la Vierge est : "Notre Dame du Rosaire".
La fête de Notre-Dame du Rosaire se célébrait déjà, en 1547, à Tortosa (Espagne), le troisième dimanche d'avril, quand est instituée par Pie V la fête de Notre-Dame de la Victoire (1572) au premier dimanche d'octobre, en action de grâces pour la victoire de Lépante où, à l'entrée du golfe de Corinthe, la flotte chrétienne fournie par le Saint-Siège, l'Espagne, Venise, la Savoie, Mantoue, Ferrare, Gênes et Lucques, sous le commandement de don Juan d'Autriche, écrasa la flotte turque d'Ali Pacha (7 octobre 1571). C'est à cette occasion qu'on ajouta aux litanies de la Sainte Vierge l'invocation : "Secours des Chrétiens, priez pour nous !"
Le 17 septembre 1569, dans sa bulle Consueverunt romani, Pie V écrit très clairement que saint Dominique a "inventé et propagé ensuite dans toute la sainte Église romaine un mode de prière, appelé Rosaire ou psautier de la bienheureuse Vierge Marie, qui consiste à honorer la bienheureuse Vierge par la récitation de cent cinquante Ave Maria, conformément au nombre des psaumes de David, en ajoutant à chaque dizaine d'Ave l'Oraison dominicale et la méditation des mystères de la vie de Notre-Seigneur Jésus- Christ".
Grégoire XII qui attribue la victoire de Lépante aux processions faites à Rome par les confréries du Saint-Rosaire, change la fête de Notre-Dame de la Victoire en celle du Saint-Rosaire et la fixe au premier dimanche d'octobre (bulle Monet Apostolus du 1er avril 1573) ; elle n'est alors obligatoire que pour les églises romaines qui possèdent une chapelle ou une confrérie du Saint-Rosaire.

Sixte-Quint
, en 1586, augmente les privilèges de la confrérie du Rosaire, en autorisant les dominicains à créer des confréries nouvelles et à construire des chapelles spéciales.

Clément X
concède la fête du Saint-Rosaire à l'Espagne (1671) avant que Clément XI (à la suite de la victoire de Peterwaradin que le prince Eugène de Savoie a remportée sur les Turcs le 5 août 1716) l'étende à l'Eglise universelle, l'élève au rite double-majeur (1716) et la fait célébrer le jour de l'octave de l'Assomption (23 août).

Léon XIII
en fait une fête de seconde classe et adopte l'office et le propre de la messe en usage chez les Dominicains ; il fait du mois d'octobre le mois du Rosaire (la solennité et l'office de Notre-Dame du Rosaire étant fixé au premier dimanche d'octobre comme le rappelle le décret de la Congrégation des rites du 11 septembre 1887) : "Nous désirons que spécialement le mois d'octobre de cette année (1883, ndlr) soit consacré entièrement à la Sainte Reine du Rosaire." Léon XIII écrit des encycliques sur le Rosaire : Supremi apostolatus Officio du 1er septembre 1883, Octobri mense du 22 septembre 1891, Magnae Dei Matris du 8 septembre 1892 et Laetitiae sanctae du 8 septembre 1893.
Pie X fixe la fête au 7 octobre (1913).

En 1951, l’encyclique Ingruentium malorum de Pie XII recommande la récitation du rosaire.

Jean XXIII publie en 1959 l’encyclique Grata Recordatio sur le rosaire.

Le 15 septembre 1966, l'encyclique Christi Mater Rosarii de Paul VI demande que, durant le prochain mois d'octobre dédié à Notre-Dame du Rosaire, on redouble de prières et de supplications.

Jean-Paul II écrit le 16 octobre 2002, une lettre apostolique sur le Rosaire, Rosarium virginis mariae, dans laquelle il propose de lui ajouter 5 mystères lumineux : baptême du Christ, miracle de Cana, prédiction de Jésus, Transfiguration et Cène.

En 2007, la prière du rosaire se met à l'heure du numérique en Italie avec un petit appareil, de la taille d'une souris d'ordinateur, vendu par la société Prex spécialisée dans les objets de culte et basée à Loreto où se trouve un sanctuaire marial. On peut sélectionner le jour de la semaine pour entendre l'évocation du "mystère" correspondant (Annonciation, Crucifixion, Résurrection...) suivie d'un Notre Père et de trois Je vous salue Marie récités en boucle. 6

Avant la prière de l'Angelus du 7 octobre 2007, Benoît XVI déclare : « L'image traditionnelle de la Vierge du Rosaire représente Marie qui tient l'Enfant Jésus sur un bras et, de l'autre, tend le chapelet à saint Dominique. Cette iconographie significative montre que le Rosaire est un moyen donné par la Vierge pour contempler Jésus et, en méditant sur sa vie, l'aimer et le suivre toujours plus fidèlement. Telle est la consigne laissée par la Vierge également lors de ses différentes apparitions. Je pense, en particulier, à celle de Fatima, survenue il y a 90 ans. En se présentant comme "la Vierge du Rosaire" aux trois pastoureaux Lucie, Jacinthe et François, elle a recommandé avec insistance de prier le Rosaire tous les jours, pour obtenir la fin de la guerre. Nous aussi, nous voulons accueillir la requête maternelle de la Vierge, en nous engageant à réciter avec foi le Rosaire pour la paix dans les familles, dans les nations, et dans le monde entier ».

Le 3 mai 2008, Benoît XVI parle du chapelet : "Aujourd’hui, ensemble, nous confirmons que le Chapelet n’est pas une pieuse pratique reléguée au passé, comme une prière d’autres temps à laquelle on pense avec nostalgie. Le Chapelet connaît en revanche comme un nouveau printemps. C’est là, à n’en point douter un des signes les plus éloquents de l’amour que les jeunes générations nourrissent pour Jésus et pour Marie sa Mère (…). Le Chapelet, quand il est prié de manière authentique, et non pas de manière mécanique et superficielle, mais profonde, apporte en effet la paix et la réconciliation. Il contient en lui la puissance de guérison du Très Saint Nom de Jésus, invoqué avec foi et avec amour au centre de chaque Ave Maria (…)"

En 2012, les Sanctuaires de Lourdes font fabriquer en Terre Sainte, en partenariat avec l’Ordre du Saint-Sépulcre, des chapelets en bois d’olivier.

Le 13 octobre 2017, à la célébration de clôture du centenaire des apparitions de la Vierge à Fatima, au Portugal, la pape François conseille à son auditoire "de ne jamais se séparer de son chapelet et de le réciter comme la Vierge nous l'a demandé".


Citations

Le chapelet est une distraction plutôt qu'une dévotion. (Mme de Sévigné 1626-1696)

Louis XIV, à la messe, disait son chapelet ; en matière de dévotion, ce prince n'en savait pas davantage. (Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon 1675-1755)

Le vieux connétable de Montmorency disait son chapelet au milieu des camps. (Chateaubriand 1768-1848)

Les poignards des Espagnols sont ornés de chapelets. (Lamennais 1782-1854)

A l'époque de la Ligue, les catholiques durent porter le chapelet au cou ; il y eut alors la confrérie du chapelet. (Jean Louis Théodore Bachelet 1820-1879)


MAISON ET LITANIES DE LORETTE


La maison de Lorette

Lorette (Loreto), ville de l'Italie centrale à 21 km d’Ancône et à 3 km de l’Adriatique, près de l’embouchure du Musone, est un lieu de pèlerinage célèbre.
Bâtie sur le sommet d'une colline, Lorette, siège d’un évêché, est fortifiée par une muraille à laquelle Sixte V fit ajouter plusieurs bastions. Elle doit sa réputation à la magnifique église dite de la Madone, au milieu de laquelle est placée la "Santa Casa" ou "Maisonnette de la Vierge".
Cette maisonnette était déjà, à Nazareth même, recouverte d'un temple. Les Sarrasins ayant détruit ce temple au XIIIe siècle, la maison de briques est transportée par les anges, le 12 mai 1291, depuis la Galilée jusqu'à Tersato, au lieu-dit Raunizza, près de Fiume (actuelle Rijeka en Croatie).
Le 10 décembre 1294, tout aussi miraculeusement, la maison est transportée en Italie, près de Recanati. Avant de se fixer aux lieux qu'elle occupe aujourd'hui, sur le terrain d’une dame nommée Loretta, elle change plusieurs fois d’emplacement dans la forêt (bois de lauriers, en latin lauretum) qui environne Lorette : une fois à cause des brigands, une autre à cause de deux frères qui se disputent le terrain où elle est descendue.
L'église qui la renferme est commencée en 1464 (Pie II offre au sanctuaire de Lorette un calice d’or pour avoir été guéri d’une maladie) et achevée en 1513 par Bramante, sous le pontificat de Jules II. La coupole est ajoutée sous Clément VII, la façade en 1587.
En 1464, Pie II offre au sanctuaire de Lorette un calice d'or pour avoir été guéri d'une maladie.
En 1470, une bulle de Paul II célèbre, à Lorette, une statue de la Vierge apportée par les anges dans un édifice "fondé miraculeusement". La statue de la Vierge, vêtue d'une robe magnifique couverte d'or et de pierreries, est en bois de cèdre ; on prétend qu'elle a été sculptée par l'évangéliste Luc.
Sixte IV (1471-1484) déclare Lorette propriété du Saint-Siège.
Une bulle de Jules II (1507) consacre ces pieuses croyances.
Léon X (1513-1521) étend les indulgences des stations apostoliques à Rome au sanctuaire de Lorette.
Erasme compose une messe pour la Vierge de Lorette (1525).
Le pape Sixte-Quint (1585-1590) élève Lorette au rang de cité, donne le titre de cathédrale à son église et y établit un siège épiscopal. Il institue l’Ordre des Chevaliers de Notre Dame de Lorette. Cette milice est chargée de garder la ville de Lorette, ainsi que les montagnes de la Romagne et les côtes de la marche d'Ancône, infestées par les brigands et les corsaires.
Les Français prennent Lorette en 1797. Ils s’emparent de la statue de la Vierge et la transportent en France où elle est entreposée au cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale ; elle sera rendue par la suite.
La Vierge de Lorette est proclamée patronne universelle des aviateurs par Benoît XV en 1920.
La maison de Lorette est déclarée sanctuaire international par Jean-Paul II en 1997.

D'après un communiqué diffusé par l'Accademia Angelica Constantiniana de Rome, organisatrice, le 5 mars 2016 à Lorette, de la réunion de prière des autorités orthodoxes des Eglises d'Albanie, Géorgie, Roumanie, Russie et Serbie, de la délégation pontificale et des représentants du Saint archidiocèse orthodoxe d'Italie et de Malte, à l'occasion du 700e anniversaire de la fondation de la basilique pontificale, il serait maintenant définitivement certifié que la Maison habitée par la famille de la Vierge Marie à Nazareth, où fut annoncée la naissance miraculeuse de Jésus, fut transférée en 1294 à Lorette par la famille des Ange-Comnène Doukas, empereurs de Byzance et successivement despotes d'Épire et de Thessalie. Avant d'arriver dans les Marches, la Sainte Maison fut gardée par le despote Jean Ange-Comnène, à Pyli, en Thessalie, dans la basilique de Porta Panagia, érigée dans ce but et encore existante. 2


Litanies de Lorette

D'inspiration orientale, les Litanies de Lorette ont connu de nombreuses versions.
En 1483, le cardinal Savelli compose les Litanies dites de Lorette dont l’Eglise fait usage aujourd’hui pour prier la Vierge Marie.
La forme attestée à Lorette (Italie) en 1531, approuvée par Sixte Quint en 1587 et reconnue par Clément VIII en 1601, est une série de 49 invocations à la Vierge empruntées à la Bible (par exemple l'Arche d'Alliance) et à la littérature poétique mariale, florissante au Moyen Age.
De 1862 à 1995, 7 invocations ont été ajoutées : "Reine conçue sans faute originelle, Reine du Saint Rosaire, Mère du Bon Conseil, Reine de la Paix, Reine élevée au Ciel, Mère de l'Église, Reine de la famille (31 décembre 1995)".


Citation

Marie, Vierge de Lorette, porte du ciel, aide-nous à élever notre regard vers le haut. Nous voulons voir Jésus. Parler avec Lui. Annoncer à tous Son amour ! (Benoît XVI, Agora 2007)


VIRGINITE DE MARIE

Les Évangiles prêtent à Jésus 4 "frères", Jacques le Juste (confondu en Occident avec Jacques le Mineur), Josef, Judas (Jude ou Thaddée) et Simon, et des "sœurs", peut-être deux.
"Comme il parlait encore aux foules, voici que sa mère et ses frères se tenaient dehors, cherchant à lui parler. Quelqu'un lui dit : "Voici votre mère et vos frères qui se tiennent dehors, et ils cherchent à vous parler." Il répondit à l'homme qui lui disait cela : "Qui est ma mère et qui sont mes frères ?" Et étendant la main vers ses disciples, il dit : "Voici ma mère et mes frères. Car quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est pour moi frère, sœur et mère." (Matthieu 12, 46-50)
"N'est-ce pas le fils du charpentier ? Sa mère ne s'appelle-t-elle pas Marie, et ses frères Jacques, Joseph, Simon et Judas ? Et ses sœurs, ne sont-elles pas toutes chez nous ?
" (Matthieu 13, 55-56)
"Sa mère et ses frères arrivèrent et, se tenant dehors, ils l'envoyèrent appeler. Une foule était assise autour de lui et on lui dit : "Voici dehors votre mère, vos frères et vos sœurs, qui vous cherchent." Il leur répondit : "Qui est ma mère et qui sont mes frères ?" Puis, promenant ses regards sur ceux qui étaient assis en cercle autour de lui : "Voici, dit-il, ma mère et mes frères. Car celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi frère, sœur et mère." (Marc 3, 31-35)
"N'est-ce pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici, chez nous ?" (Marc 6, 3)
"Sa mère et ses frères vinrent le trouver, mais ils ne pouvaient l'aborder à cause de la foule. On lui annonça : "Votre mère et vos frères se tiennent dehors, et ils désirent vous voir." Il leur répondit : " Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la mettent en pratique." (Luc 8, 19-21)

La tradition catholique considère à partir de Jérôme de Stridon (qui, en 383, dénonce formellement l’hérésie d'Helvidius) que Marie est restée vierge et n'a pas eu d'autre enfant que le Christ. Helvidius, un arien, publia un ouvrage contre la virginité en général et contre la virginité de la Vierge en particulier et avança l'idée que les "frères du Seigneur" étaient des enfants nés de Marie et Joseph après la naissance de Jésus. Les hérétiques antidicomarianites et helvidiens (disciples d'Helvidius) soutenaient que Marie avait eu plusieurs enfants de Joseph, son époux, après la naissance de Jésus. Jérôme, s'abstient tout d'abord de commenter les remarques d'Helvidius car elles constituent pour lui "un nouvel affront vicieux et provocant, à la foi du monde entier". A la longue, cependant, les amis de Jérôme le convainquent d'écrire une réponse, son traité appelé Au sujet de la virginité perpétuelle de la Bienheureuse Marie.

Les orthodoxes croient que les "frères de Jésus" sont des enfants de Joseph nés d'un premier lit ; en effet, plusieurs évangiles apocryphes présentent Joseph comme un homme âgé (70 ans?), veuf et père de 6 enfants (4 garçons et 2 filles), lorsqu'il devient l’époux de Marie.
Le Protévangile de Jacques (4,8-9), notamment, relate que Joseph est choisi parmi un groupe de veufs afin de servir de protecteur à Marie, qui est une vierge consacrée à Dieu. Quand il est choisi, Joseph objecte : « J'ai des enfants, et je suis un vieil homme, et elle, une jeune fille. »

Siméon, fils de Clopas, "frère du Seigneur" et frère de Jude, deuxième "évêque" de Jérusalem, est martyrisé en 107, à l’âge de 120 ans. Eusèbe de Césarée le dit "cousin germain de Jésus", fils de Clopas (Hist. eccl. 4, 22, 4), ce dernier étant, selon lui, le frère de Joseph (le père nourricier de Jésus) dans un passage qui est une citation de l'historien Hégésippe (Hist. eccl. 3, 11, 32). Siméon paraît donc être l'un des cousins de Jésus, et de ses autres frères dont Jacques le Juste, auquel il a succédé à la tête de la communauté nazôréenne.
A noter que si "frère" a aussi le sens de "cousin germain" en hébreu et en araméen, les Evangélistes utilisent le terme grec "adelphoi" qui signifie exclusivement "frère".
L’hébreu ancien n’a pas de mot spécial pour désigner les cousins, proches ou éloignés, et fait volontiers l’économie d’une périphrase (par exemple, "les fils de la sœur de la mère") par l’usage élargi du terme "ach" (= frère) ; celui-ci peut même aller parfois jusqu’à désigner les hommes originaires d’un même village.
Dans les Actes de Paul (1,14 ; 15,1-29), écrits directement en grec, "frères" peut très bien désigner dans l’Église primitive une catégorie particulière de chrétiens qui n’ont pas forcément des liens de parenté étroits avec Jésus le fils de Marie.

En 649, le concile du Latran (5 au 31 octobre), convoqué par Martin Ier, consacre l’expression traditionnelle remontant au IVe siècle : Marie est la "toujours vierge (Aieiparthenos) immaculée et bénie".

Citations

Le Christ est né d'une nature qui n'avait pas été exempte de taches, et qui avait besoin d'être purifiée par sa visite... Il est né d'une vierge qu'il commença par purifier, pour faire voir que là où le Christ se trouve, il opère toute pureté. Il la purifia par l'opération du Saint-Esprit ; puis il descendit dans ce sein virginal ainsi purifié. Il la purifia en chasteté et en sanctification, et c'est pour cela qu'en naissant il la laissa vierge. (Éphrem le Syrien + 373)

Nous soufflâmes notre Esprit à celle qui a conservé sa virginité ; nous la constituâmes, avec son fils, un signe pour l'univers (Coran XXI, sourate 91, traduction de Kasimirski 1840).
Et celle (la vierge Marie) qui avait préservé sa chasteté ! Nous insufflâmes en elle un souffle (de vie) venant de Nous et fîmes d'elle ainsi que de son fils, un signe (miracle) pour l'univers (Coran XXI, sourate 91 13).


DEESSES, VIERGES ET MERES

Les livres sacrés des brahmes déclarent que, lorsqu'un dieu daigne visiter le monde, il s'incarne dans le sein d'une vierge sans union de sexe. Les brahmes enseignent que Bouddha naquit de la vierge "Maïa", sans coopération d'aucun homme : « Ses entrailles devenues pures et transparentes, laissaient voir à tous les yeux le petit enfant qui s'y trouvait enfermé, et dont le corps comme l'âme, brillait d'un merveilleux éclat jusqu'à ce qu'il sortit par le côté droit de sa chaste mère (intacte) sans laisser trace de son passage ». 7

Le Sommonakhodom des Siamois, qui signifierait "l'ascète Gautama", autrement dit Bouddha, a été conçu par une vierge, des rayons du soleil, et mis au monde sans douleur.

La majorité des princes chinois, avant que la Chine devînt empire, prétendaient être issus d'une vierge-mère.
Un spécialiste de la religion chinoise écrivait en 1876 : « Les princes de la dynastie mandchoue se glorifient d'avoir eu, eux aussi, pour auteur de leur race, le fils d'une vierge-mère. Voici ce qu'ils racontent à ce sujet. Une fille céleste descendit un jour près de la montagne qui se trouve non loin de la plaine d'Odoli et se baigna dans un lac du voisinage. Sur ces entrefaites, une pie laissa tomber sur le sein de la jeune personne un fruit rouge qu'elle s'empressa de manger. S'étant trouvée subitement enceinte, elle mit au monde un fils qui se mit à parler dès le jour de sa naissance. Une voix dans les airs annonça qu'il avait le ciel pour père, qu'il réunirait plusieurs tribus en un seul peuple, et précisément de lui donner le nom d'Aischin-Goro. » 8

"La déesse que l'on rencontre le plus communément en Chine est Ching-mou, la Mère de la parfaite intelligence, dont le nom signifie Sainte mère ; elle est même appelée quelquefois : Thiên-héou (Reine du ciel). Rien ne frappa autant les missionnaires lors de leur première arrivée en Chine que la représentation de cette femme, dans laquelle ils remarquèrent la plus parfaite ressemblance avec la Vierge chrétienne. La légende chinoise dit que Ching-mou conçut et devint mère en demeurant toujours dans un état de virginité. Un jour elle mangea la fleur de la plante lien-hoa (lotus), qu'elle avait trouvée sur ses habits au bord de l'eau ; aussitôt sa fécondité se développa. Le terme de sa grossesse étant arrivé, elle se rendit à l'endroit où elle avait ramassé la fleur, et là, Kian-ché-tche-mou (Mère libératrice du monde), devint mère d'un enfant mâle, qui fut trouvé et élevé par un pêcheur pauvre. Cet enfant (généralement identifié avec l’empereur légendaire Fo-hi) devint un grand homme et opéra des miracles. Toujours en Chine, on lit dans le Chi-King l'ode suivante sur la naissance miraculeuse de Heou-tsi, dont la mère fut Kiong-yuen, restée vierge, d'après tous les commentateurs, avant, pendant et après l'enfantement : « Lorsque l'homme naquit, Kiong-yuen fut sa mère. Comment s'opéra ce prodige ? Elle offrait ses vœux et son sacrifice, le cœur affligé de ce que le fils ne venait pas encore. Tandis qu'elle était occupée de ces grandes pensées, le Chang-ti l'exauça..., et à l'instant, dans l'endroit même, elle sentit ses entrailles émues, fut pénétrée d'une religieuse frayeur et conçut Heou-tsi. Le terme étant arrivé, elle enfanta son premier-né comme un tendre agneau, sans déchirement, sans effort, sans douleur, sans souillure. Prodige éclatant ! Miracle divin ! Mais le Chang-ti n'a qu'à vouloir, et il avait exaucé sa prière en lui donnant Heou-tsi. Cette tendre mère le coucha dans un petit réduit à côté du chemin ; des boeufs et des agneaux l'échauffaient de leur haleine ; les habitants des bois accoururent malgré la rigueur du froid ; les oiseaux volèrent vers l'enfant pour le couvrir de leurs ailes ; lui, cependant, poussait des cris puissants qui étaient entendus au loin. » Ce qui est plus curieux encore, c'est que le saint par excellence dont les Chinois attendent la venue annoncée par leurs anciens livres, absolument comme les juifs attendent toujours leur Messie, doit naître d'une vierge qui conservera sa virginité tout en devenant mère." 9

Une légende, assez tardive, veut que Lao-Tseu ait eu aussi une naissance miraculeuse : « Dans sa préface du Tao-tö-king (œuvre de Lao-Tseu) Ko-hiuan dit : la personne de Lao-Tseu a pris naissance par elle-même ; il a existé avant le grand Absolu et depuis que l'Absolu a causé la première origine des choses, il a traversé toute la suite des productions et des annihilations du Ciel et de la Terre ... (…) Des limites du Tao éternel, de la grande clarté, il sortit sous forme d'une semence pure du soleil et se changea en une bulle de plusieurs couleurs de la grosseur d'une balle d'arbalète. Elle entra dans la bouche de la Dame de Jaspe (la vierge très précieuse Yu-niu) pendant qu'elle dormait dans la journée. Celle-ci l'avala, devint enceinte et demeura grosse pendant 81 ans. Alors la Dame de Jaspe accoucha, par son flanc gauche, d'un enfant qui, à sa naissance, eut la tête blanche et reçut le nom honorifique de Lao-Tseu (le vieillard-enfant) » 8.

D'après le Pet-si, les Empereurs nippons étaient tous fils du soleil, nés d'une femme n'ayant point connu d'homme : "L’impératrice Wei-Kao-Héou-tchouen étant endormie, rêva qu'elle se trouvait debout au milieu du Tang, tandis que le soleil venait projeter un rayon sur elle à travers la fenêtre et la brûler. En vain cherchait-elle à s'y soustraire en se rejetant soit à gauche, soit à droite. Le lendemain, elle interrogea Song-mien sur ce que signifiait cette vision. Celui-ci répondit que c'était un présage merveilleux. Aussi, peu après la princesse conçut en son sein l'enfant qui fut Siouen-Wou-ti. Elle vit en rêve le soleil se transformer en un dragon qui l'enveloppait, aussi donna-t-elle le jour à un prince héritier du trône." (De Charencey). 8

Dans la mythologie grecque, Artémis est une déesse "vierge" tout comme Athéna et Hestia. Artémis a demandé à son père de garder sa virginité pour toujours à cause de l'aversion pour le mariage que lui a donné sa mère dès la naissance. Improprement considérée par les mythocritiques jusqu'au XIXe siècle comme "chaste", jusqu'à ce que Jean-Pierre Vernant éclaire davantage les adjectifs accolés à son nom, Artémis est "parthenos" (= vierge) comme Athéna. L'Artémis vénérée à Ephèse était sans doute, à l'origine, une déesse mère semblable à la Cybèle des Phrygiens. 16

A Tyr, la déesse phénicienne Astarté était adorée comme l'épouse de Baal, tandis qu'à Sidon elle était adorée comme une vierge pure. 17

Collin de Plancy, dans ses Légendes de la sainte Vierge (1845), parle d’un bocage des environs du Puy-en-Velay (Haute-Loire) où les druides vellaves vénéraient une "virgo futura Dei nascitur" (une vierge devant donner naissance à un dieu).


LA VIERGE NOIRE. LES GROTTES ET LES CRYPTES.

L’origine de la Vierge Noire, dite "Vierge de sous la terre", peinte en noir, est mystérieuse (vestige de croyances druidiques ?). Elle est assimilée aux rites de fécondité de la nature.
Des rapprochements ont été faits avec les déesses des anciens cultes polythéistes d'Europe occidentale que la romanisation, suivie de la christianisation, avaient fait disparaître, en particulier les déesses-mères, confortés par la présence de sanctuaires dédiés à la mère de Dieu sur les lieux d’anciens cultes païens (Cybèle, Diane etc..). Benko et Chiavola Birnbaum ont remarqué la ressemblance entre la Vierge à l’enfant et les représentations d’Isis portant Horus datant de l’Égypte ptolémaïque. 18
La dévotion qu'on portait jadis à la Vierge Noire fut très importante. Ses statues (Chartres, Le Puy, etc.) étaient le but de grands pèlerinages médiévaux. Plusieurs cryptes romanes ont contenu des Vierges noires.


Reproduction de la Vierge Noire d'origine vénérée au Puy en Velay

D'après Fulcanelli : « Jadis, les chambres souterraines des temples servaient de demeure aux statues d’Isis, lesquelles devinrent, lors de l’introduction du christianisme en Gaule, ces Vierges noires que le peuple, de nos jours, entoure d’une vénération toute particulière. Leur symbolisme est d’ailleurs identique ; les unes et les autres montrent, sur leur soubassement, la fameuse inscription : "Virgini parituræ" ; à la Vierge qui doit enfanter. Ch. Bigarne, nous parle (Considérations sur le Culte d’Isis chez les Eduens. Beaune, 1862) de plusieurs statues d’Isis désignées sous le même vocable : "Déjà, (...) le savant Elias Schadius avait signalé, dans son livre De dictis Germanicis, une inscription analogue : Isidi, seu Virgini ex qua filius proditurus est (A Isis, ou à la Vierge de qui le Fils prendra naissance)... Isis, avant la conception, c’est, dit Bigarne, dans la théogonie astronomique, l’attribut de la Vierge que plusieurs monuments, bien antérieurs au christianisme, désignent sous le nom de Virgo paritura, c'est-à-dire la terre avant sa fécondation, et que les rayons du soleil vont bientôt animer. C’est aussi la mère des dieux, comme l’atteste une pierre de Die : Matri Deum Magnæ ideæ". 18
Collin de Plancy, dans les Légendes de la sainte Vierge (1845), parle d’un bocage des environs du Puy-en-Velay où les druides vellaves vénéraient une "virgo futura Dei nascitur" (une vierge devant donner naissance à un dieu).
Dans la crypte de l'église des Saintes-Maries de la Mer, Sara l’Egyptienne ou Sara la Kali (Sara la Noire) est vénérée par les Gitans dont elle est la sainte patronne. Elle est parfois confondue avec la Vierge Noire.

La Vierge des catholiques est très souvent associée à une grotte ou à une crypte.
La grotte de l’Annonciation, où la tradition chrétienne a toujours vu une dépendance de la maison de la Vierge, se trouve à Nazareth sous l’église de l'Annonciation.
Les cryptes sont des chapelles souterraines situées souvent au-dessous d'une église (Mont Saint-Michel). Elles sont pour la plupart très anciennes, datant des premiers temps du christianisme en Gaule.
Dès les premiers siècles, l'autel surmontait les restes d'un saint ; aujourd'hui encore on place des reliques dans l'autel, dont la masse est appelée le tombeau de l'autel. On mit souvent les corps ou les restes dans une petite construction, enterrée sur partie de sa hauteur et au-dessus de laquelle s'élevait l'autel : la "confession".
Les temps mérovingiens avaient des cryptes véritables, plus grandes que les "confessions". Il en reste, du VIIe siècle environ, qui sont célèbres, à Jouarre (Seine-et-Marne) et à Grenoble. Ces très vieilles cryptes sont voûtées, elles abritent un autel et sont assez vastes pour qu'une assistance y trouve place.
Les maîtres d'œuvre romans donnèrent parfois aux cryptes une ampleur jusqu'alors inconnue. L'emplacement de la crypte est sous le sanctuaire, mais la crypte peut s'étendre davantage vers l'ouest. On en a bâti qui ont autant et même plus d'étendue que l'église supérieure.
Les constructeurs des cryptes romanes se sont ingéniés à diminuer les piliers encombrants et à réduire la hauteur des voûtes. Ils ont employé la voûte d'arêtes et ils ont fait des voûtes plus nombreuses, moins larges et par conséquent moins élevées.
Les cryptes prennent la lumière du jour, soit au dehors, soit à l'intérieur de l'église, par des fenêtres plongeantes.

Citations

Le christianisme a bâti ses églises au-dessus des cryptes où s'étaient célébrés ses premiers mystères. (Saint-Marc Girardin 1801-1873)

Il a fallu que le christianisme vînt chasser ce peuple de faunes, de satyres et de nymphes, pour rendre aux grottes leur silence et aux bois leur rêverie. (Chateaubriand, Le Génie du christianisme, 1802)

La parole du sage s'écoule dans la clarté. Mais de tout temps les hommes ont préféré boire l'eau qui jaillit des grottes les plus obscures. (Amin Maalouf, Le Rocher de Tanios, 1993)



MARIE, L'ÉGLISE ET LES FEMMES


Le point de vue théologique 1

Marie, appelée au salut dans la foi par la grâce de Dieu et rachetée par le sacrifice de son Fils comme tous les membres de notre race, occupe une place à part dans l'Église.
En elle, nous voyons le mystère de l'Église vécu en plénitude par une âme qui accueille la Parole divine avec toute sa foi.
L'Eglise est l’Epouse du Christ (Ephésiens 5,32), une Épouse vierge (Apocalypse 21,2) que le Christ lui-même a sanctifiée en la purifiant (Ep 5,25).
Chaque âme chrétienne, participant à cette vocation, est "fiancée au Christ comme une vierge pure" (2 Corinthiens 11,2). Or la fidélité de l'Église à cet appel divin transparaît en Marie la première, et cela de la façon la plus parfaite. C'est tout le sens de la virginité à laquelle Dieu l'a invitée et que sa maternité n'a pas diminuée mais consacrée. En elle se révèle ainsi au niveau de l'histoire l'existence de cette Église-Vierge qui, par son attitude, prend le contre-pied d'Eve (2 Co 11,3).
Par rapport à Jésus, Marie se trouve dans une situation spéciale qui n'appartient à aucun autre membre de l'Église. Elle est la Mère de Jésus, et elle l'est volontairement. C'est pour le peuple de Dieu qu'elle accepte d'enfanter le Fils de Dieu, et c'est ce peuple tout entier qu'elle représente et qu'elle engage dans cet accueil du salut que Dieu lui propose. Cette fonction permet de l'assimiler à la Fille de Sion (Sophonie 3,14 ; Luc 1,28), à la Jérusalem nouvelle.
Si l'humanité nouvelle est comparable à une Femme dont le Christ-Chef est le premier-né (Ap 12,5), peut-on oublier qu'un tel mystère s'est accompli concrètement en Marie, que cette Femme et cette Mère n'est pas un pur symbole mais qu'elle a eu grâce à Marie une existence personnelle ?
Sur ce point encore, le lien de Marie et de l'Église s'affirme avec une telle force que, derrière la Femme arrachée par Dieu aux attaques du Serpent (Ap 12,13-16), contrepartie d'Eve trompée par le même Serpent (2 Co 11,3 ; Genèse 3,13), Marie se profile en même temps que l'Église, puisque tel fut son rôle dans le dessein de salut.
C'est pourquoi la Tradition a vu à bon droit en Marie et dans l'Église, conjointement, la "nouvelle Eve", de même que Jésus est le "nouvel Adam".
C'est par cette connexion avec le mystère de l'Église que le mystère de Marie s'éclaire le mieux, à la lumière de l'Écriture.
Des deux côtés, il y a un mystère de virginité, mystère nuptial où Dieu est l'Époux ; des deux côtés, un mystère de maternité et de filiation où l'Esprit Saint est à l’œuvre (Luc 1,35 ; Matthieu 1,20 ; Romains 8,15), vis-à-vis du Christ d'abord (Lc 1,31 ; Ap 12,5), puis vis-à-vis des membres de son Corps (Jean 19,26 ; Ap 12,17).
Le mystère de la virginité implique une pureté totale, fruit de la grâce du Christ qui atteint l'être à sa racine, le rendant "saint et immaculé" (Ephésiens 5,27).
Le mystère de la maternité implique une union totale au mystère de Jésus, dans sa vie terrestre jusqu'à l'épreuve et à la croix (Lc 2,35 ; Jean 19,25 ; Ap 12,13), dans sa gloire jusqu'à la participation à sa résurrection (Ap 21).
Celle qui fut "comblée de grâce" de la part de Dieu (Lc 1,28) demeure au plan des membres de l'Église, "comblée de grâce dans le Bien-aimé" (Ep 1,6).
C'est par son entremise que le Fils de Dieu, Médiateur unique, s'est fait le frère de tous les hommes et qu'il a établi sa liaison organique avec eux, de même qu'ils ne l'atteignent point sans passer par l'Église, qui est son Corps (Colossiens 1,18).
L'attitude des chrétiens à l'égard de Marie est commandée par ce fait fondamental. C'est pourquoi elle est en rapport si direct avec leur attitude à l'égard de l'Église, leur Mère (Psaumes 87,5 ; Jean 19,27).

Le Christ consacre la dignité de la femme. Cette consécration eut lieu au jour de l'Annonciation : le Seigneur voulut naître d'une femme (Galates 4,4).
Marie, vierge et mère, accomplit en elle le vœu féminin de la fécondité ; en même temps elle révèle et consacre le désir jusqu'alors refoulé de la virginité, assimilée à une honteuse stérilité. En Marie, s'incarne l'idéal de la femme, car elle a donné naissance au Prince de la vie.
Mais, tandis que la femme d'ici-bas risque de borner son admiration à la vie corporelle qu'elle a donnée au plus beau des enfants des hommes, Jésus a révélé qu'il y a une maternité spirituelle, fruit porté par la virginité de la foi (Luc 11,28).
A travers Marie, la femme peut devenir symbole de l'âme croyante.
On comprend dès lors que Jésus accepte de se laisser suivre par de saintes femmes (Luc 8,1), de prendre pour exemple des vierges fidèles (Matthieu 25,1-13) ou de confier à des femmes une mission (Jean 20,17). A l’étonnement de ses disciples, Jésus s’adresse à des femmes (Jean 4,27). Il accepte des femmes dans son entourage (Luc 8,1-3) et leur hospitalité (Lc 8,38-42). Marie de Magdala est le premier témoin de sa résurrection (Jn 20,11-18).

L'Église naissante signale la place et le rôle joué par de nombreuses femmes (Actes 1,14 ; 9,36-41 ; 12,12 ; 16,14), désormais appelées à collaborer à l'œuvre de l'Église.
Cette participation suppose que soit découverte une dimension nouvelle de la femme : la virginité.
Paul a élaboré une théologie de la femme, montrant en quel sens la division des sexes est dépassée et consacrée. « Il n'y a plus ni homme ni femme : vous êtes tous un dans le Christ Jésus » (Ga 3, 28) ; en un certain sens, la distinction des sexes est surmontée, comme les divisions d'ordre racial ou social. L'existence céleste peut être anticipée, cette vie angélique dont parlait Jésus (Mt 22,30) ; mais la foi seule peut la justifier.
Paul maintient sagement qu'il vaut "mieux se marier que brûler" (I Corinthiens 7,9) mais il exalte le charisme de la virginité. Il ose même contredire la Genèse qui disait : « Il n'est pas bon que l'homme soit seul » (Genèse 2,18 ; I Corinthiens 7,26) ; tous, garçons et filles, peuvent, s'ils sont appelés, demeurer vierges. Ainsi une nouvelle distinction, entre mariés et vierges, s'ajoute à la première entre homme et femme.
La foi et la vie céleste trouvent dans la virginité vécue un type concret d'existence où l'âme s'attache sans tiraillement à son Seigneur (I Co 7,35). Pour accomplir sa vocation, la femme ne doit pas nécessairement devenir épouse et mère, elle peut rester vierge de cœur et de corps.
Cet idéal de la virginité que la femme peut désormais fixer et réaliser ne supprime pas la condition normale du mariage (I Timothée 2,15), il apporte une valeur compensatrice, comme le ciel équilibre et situe la terre.
Enfin, ultime approfondissement, le rapport naturel homme/femme est fondé sur le rapport Christ/Église. C'est du Christ et non simplement d'Adam que la femme est le vis-à-vis, et alors elle représente l'Église (Ephésiens 5,22).
Bien que la division des sexes soit transcendée par la foi, celle-ci renaît dans le cours de l'existence et s'impose dans la vie concrète de l'Église.
De l'ordre qui existe dans la création, Paul déduit deux des comportements de la femme. La femme doit porter un voile à l'assemblée du culte, exprimant par ce symbole que sa dignité chrétienne ne l'a pas affranchie de sa dépendance à l'égard de son mari (I Co 11,2-16), ni du second rang qu'elle occupe encore dans l'enseignement officiel : elle ne doit pas "parler" à l'Église, c'est-à-dire elle ne peut enseigner (I Co 14,34 ; I Timothée 2,12) ; tel est le "commandement du Seigneur" reçu par Paul (I Co 14,37).
Mais Paul ne dénie pas à la femme la possibilité de prophétiser (I Co 11,5), car, comme dans l'Ancien Testament, l'Esprit ne connaît pas la distinction des sexes.
Voilée et silencieuse au culte, afin que l'"ordre" soit maintenu, la femme est d'autre part encouragée à témoigner à la maison par une "vie chaste et pleine de respect" (I Pierre 3,1 ; I Tm 2,9) ; et quand, veuve, elle a atteint un âge avancé qui la préserve de retours en arrière, elle joue un rôle important dans la communauté chrétienne (I Tm 5,9).
L'Apocalypse ne perd pas de vue le rôle typique joué par Jézabel (Apocalypse 2,20) ni les crimes de la fameuse prostituée (17,1-15 ; 18,3-9 ; 19,2), mais elle magnifie surtout "la Femme couronnée d'étoiles", celle qui met au jour l'enfant mâle et qui est poursuivie au désert par le dragon, mais qui doit en triompher par sa progéniture (Ap 12). Cette Femme, c'est d'abord l'Église, nouvelle Ève qui donne naissance au Corps du Christ; c'est ensuite, selon l'interprétation traditionnelle, Marie elle-même. On peut enfin y voir le prototype de la Femme, de celle que chaque femme souhaite en son cœur devenir.
Dans l'Épître aux Romains de Paul (16,1), Phoebé est appelée diaconesse mais ce terme peut avoir ici le sens courant de servante. Le témoignage du Nouveau Testament quant à un ordre séparé, distinct du diaconat, est incertain. Cependant, l'ordre des diaconesses fut reconnu par l'Église des premiers temps, bien qu'il n'existe aucune raison précise dans le Nouveau Testament permettant de distinguer la fonction de diaconesse de celle du diacre. L'ordre tomba en désuétude après le développement du monachisme, lorsque les femmes qui se sentaient appelées à une charge au sein de l'Église devinrent religieuses. Au XIXe siècle, certaines Églises protestantes et anglicanes remirent en vigueur la charge de diaconesse afin d'offrir aux femmes un rôle ecclésiastique non monastique ; aucune fonction liturgique spécifique ne fut attachée à cette charge.

Paul proclame : « Je veux cependant que vous le sachiez : le chef de tout homme, c’est le Christ ; le chef de la femme, c’est l’homme (…) L’homme, lui, ne doit pas se couvrir la tête, parce qu’il est l’image et le reflet de Dieu ; quant à la femme, elle est le reflet de l’homme. Ce n’est pas l’homme en effet qui été tiré de la femme, mais la femme de l’homme (Genèse 2,22-23) ; et ce n’est pas l’homme, bien sûr, qui a été créé pour la femme, mais la femme pour l’homme. Voilà pourquoi la femme doit avoir sur la tête un signe de sujétion (…) D’ailleurs, dans le Seigneur la femme n’existe pas sans l’homme, ni l’homme sans la femme ; car, si la femme a été tirée de l’homme, l’homme à son tour naît par la femme, et tout vient de Dieu. » (I Corinthiens 11,3-15)
« Je veux aussi que les femmes, vêtues d'une manière décente, avec pudeur et modestie, ne se parent ni de tresses, ni d'or, ni de perles, ni d'habits somptueux, mais qu'elles se parent de bonnes oeuvres, comme il convient à des femmes qui font profession de servir Dieu. Que la femme écoute l'instruction en silence, avec une entière soumission. Je ne permets pas à la femme d'enseigner, ni de prendre de l'autorité sur l'homme; mais elle doit demeurer dans le silence. Car Adam a été formé le premier, Eve ensuite ; et ce n'est pas Adam qui a été séduit, c'est la femme qui, séduite, s'est rendue coupable de transgression. Elle sera néanmoins sauvée en devenant mère, si elle persévère avec modestie dans la foi, dans la charité, et dans la sainteté. » (I Timothée 2,9-15)


L’Église catholique et les femmes

Le pape Lin, premier successeur de Pierre, interdit aux femmes d'assister nu-tête aux assemblées.

L'œuvre de Tertullien (v. 150-222) comprend de nombreux traités sur la discipline du chrétien (disciplina fidei) et sur la doctrine sacramentaire. Intransigeant (Sur les spectacles, Sur la prière, Sur la pénitence, Sur la toilette des femmes), Tertullien manifeste, à partir de 207, date à laquelle il embrasse l'hérésie montaniste, un rigorisme extrême pour condamner le remariage, exalter le jeûne et l'abstinence et soutenir que les chrétiens doivent accepter la persécution sans la fuir. Dans De Virginibus velandis (Du voile des vierges), il demande aux jeunes filles de porter le voile hors de chez elles, comme les femmes mariées ; il déclare : « Femme, tu devrais toujours porter le deuil, être couverte de haillons et abîmée dans la pénitence, afin de racheter la faute d’avoir perdu le genre humain ».

En 364, le concile de Laodicée défend de donner des responsabilités aux femmes dans l'Église et dans les assemblées (11e canon) et leur interdit même l'entrée du sanctuaire (43e canon).

Vers 375, Épiphane (315-403), préoccupé par l’hérésie collyridienne (mot provenant du Grec et signifiant "petite miche de pain"), écrit (Panarion 79 §1) : « Certaines femmes décorent une sorte de banc ou une litière rectangulaire, en étendant par-dessus une étoffe de lin, un jour de fête annuel, placent par-dessus une miche de pain et l’offrent au nom de Marie : elles communient ensuite avec cette miche (…) certaines femmes viennent ici de Thrace, d’Arabie, façonnent une miche de pain au nom de la toujours Vierge, se rassemblent dans un même endroit et, au nom de la Sainte Vierge, agissent de manière irrégulière, entreprenant des actes blasphématoires et interdits et font, en leur nom, entre femmes, des actions vraiment sacerdotales. »

Augustin d'Hippone (354-430) considère que, dans le strict domaine de la foi, la femme est l’égale de l’homme. Mais il évoque l’ordre naturel pour affirmer qu’elle est inférieure à l’homme ; elle ne peut enseigner ni dans l'Église, ni au dehors.

En 396, le Concile de Nîmes abroge le diaconat féminin.

En 441, le Concile d’Orange abroge le diaconat féminin.

Césaire d'Arles (+ 542), archevêque d’Arles en décembre 502, prescrit : "Tous les hommes qui désirent communier, doivent se laver les mains. Et toutes les femmes doivent porter un voile de lin, sur lequel elles recevront le corps du Christ." (Sermo 227, 5).

En 506, le Concile d’Agde, présidé par Césaire d'Arles, interdit de donner le voile aux moniales avant l'âge de 40 ans (selon Chalcédoine, en 451, on ne pouvait ordonner les diaconesses avant cet âge).

En 533, le concile d'Orléans supprime l'ordre des diaconesses.

En 585, le 12e canon du concile Mâcon stipule : "Si les vierges ou religieuses consacrées à Dieu se marient, elles seront excommuniées jusqu'à leur mort, ainsi que leurs maris".
Une légende veut que le concile de Mâcon ait délibéré sur la question de savoir si les femmes avaient une âme. L'unique témoignage par lequel nous connaissons l'incident est celui de saint Grégoire de Tours : « Il y eut dans ce synode un évêque qui disait que la femme ne pouvait pas être appelée homme (homo). Cependant il se tint tranquille lorsque les évêques lui eurent fait entendre raison en alléguant le passage de l'Ancien Testament qui dit qu'au commencement quand Dieu créa l'homme [Il les créa mâle et femelle et leur donna le nom d'homme (Genèse 5, 2)] appelant ainsi du même nom (homo) la femme et l'homme ». La remarque formulée par l’évêque était d'ordre linguistique et non théologique. Les actes officiels du concile n’en font pas mention.

En 721, Grégoire II tient, à Rome, un concile contre les mariages illicites ; un canon défend à la femme dont le mari a été ordonné prêtre de se marier, même après la mort de celui-ci.

En 836, le concile d'Aix-la-Chapelle admet que des avortements ont lieu dans les couvents et monastères pour dissimuler "les actes des clercs qui ne vivent pas le célibat".

En 1074, Grégoire VII déclare que quiconque doit être ordonné doit faire d’abord vœu de célibat : « Les prêtres [doivent] tout d’abord s’échapper des griffes de leurs femmes » ; il interdit aux fidèles d’assister aux célébrations liturgiques des prêtres mariés.

En 1094, Urbain II (1088-1099) fait condamner le concubinage et le mariage des prêtres dont les femmes sont vendues comme esclaves et les enfants abandonnés.

En 1115, Robert d'Arbrissel place son ordre double (frères et sœurs) sous l’autorité unique d'une religieuse, "Chef et Générale de l’Ordre", la première abbesse de l’abbaye de Fontevraud, Pétronille de Chemillé.

En 1179, le canon 11 du 3e concile de Latran stipule que les clercs constitués dans les ordres sacrés, qui ont chez eux des femmes notées d’incontinence, les chasseront et vivront chastement, sous peine de privation de leur bénéfice ecclésiastique et de leur office. Même peine pour le clerc qui, sans une cause manifeste et nécessaire, fréquentera les monastères des filles, après la défense de l’évêque.

Le concile de Vienne (1311-1312) définit comme dogme de foi que l'âme rationnelle est la forme substantielle de tout corps humain et rappelle : « Il n'y a plus ni juif ni grec, ni esclave ni homme libre, ni homme ni femme, car vous n’êtes tous qu'une personne dans le Christ Jésus ». (Ga, 3, 28).

L'interdiction faite aux femmes de chanter dans les églises et sur les scènes romaines est à l’origine des castrats (XVIe siècle).
La castration est interdite officiellement par l'Église à plusieurs reprises, notamment par Grégoire XIV (1590-1591) et Clément XIV (1769-1774), mais les castrats figurent encore dans les choeurs de la Chapelle Sixtine jusqu’en 1902 où Léon XIII se passe définitivement de leur service.

Clément XI (1700-1721) interdit aux femmes de se produire sur la scène car "on sait, en effet, qu’une beauté qui chante sur la scène et entend cependant préserver sa vertu est semblable à celui qui voudrait sauter dans le Tibre sans se mouiller les pieds".

En 1888, Léon XIII autorise l’admission des femmes au sein de l’ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem.

Le concile Vatican II (1962-1965) condamne toute discrimination (Gaudium et Spes), reconnaît que "de nos jours les femmes ont une part de plus en plus active dans toute la vie de la société et estime qu’il est très important que grandisse aussi leur participation dans les divers secteurs de l’apostolat de l'Église" (Apostolicam acruositatem).

En octobre 1964, les femmes sont autorisées à entrer tête nue dans les églises.

Le 21 novembre 1964, pendant le Concile Vatican II, Paul VI attribue solennellement à Marie le titre de "Mère de l'Eglise".

En 1970, Catherine de Sienne et Thérèse d'Avila sont les premières femmes faites "docteurs de l'Église" (Catherine de Sienne étant le premier docteur laïc).

Dans les années 70, Ludmilla Javorova et plusieurs autres femmes tchèques sont ordonnées pour exercer un ministère auprès des femmes emprisonnées par le régime communiste 15.

Jean-Paul II développe l’enseignement du concile (lettre Mulieris dignitatem, 15-8-1988) mais il réaffirme (lettre Ordinatio sacerdotalis, 22-5-1994) que l'Église "n'a aucunement la faculté de conférer l'ordination aux femmes et cette position doit être considérée comme définitive par tous les fidèles de l'Église" selon la tradition perpétuelle de l'Église (canon 1024 du Code de droit canon de 1983).
Le canon 517 prévoit d’accorder des charges aux femmes "par suppléance" ; par exemple d’être juges et assesseurs dans les tribunaux ecclésiastiques.
Le canon 129 réaffirme cependant que "seuls les membres ordonnés sont habilités au pouvoir de juridiction" tout en précisant que les laïcs (hommes ou femmes) peuvent coopérer à l’exercice de ce même pouvoir.

1994 :
- La Congrégation pontificale pour le Culte divin admet que les femmes peuvent être admises, au jugement de l’évêque, au service de l’autel ; le 15 mars, elle adresse une Lettre aux Présidents des Conférences des Evêques, dans laquelle il est stipulé que si, "pour des raisons particulières", l'Evêque accorde une telle autorisation (députation temporaire des femmes au service de l'autel), elle devra être clairement expliquée aux fidèles. La Lettre précise que "le Saint-Siège rappelle qu'il sera toujours opportun de suivre la noble tradition du service de l'autel confié à de jeunes garçons. On sait que ce service a permis un développement encourageant des vocations sacerdotales. L'obligation de continuer à favoriser l'existence de ces groupes d'enfants de chœur demeurera donc toujours".
- Le 10 octobre 1994, lors de l’assemblée du synode des évêques au Vatican, un évêque congolais, Mgr Kombo, propose que les femmes puissent faire partie du Sacré Collège comme "cardinales laïques".

Le 12 mars 2000, lors d’une cérémonie pénitentielle, Jean-Paul II demande solennellement pardon pour toutes les fautes commises par les croyants de l'Église en particulier pour leur attitude envers les femmes.

Le 5 août 2002, Jean-Paul II excommunie 7 femmes ordonnées prêtres en juin sur le Danube par l'archevêque argentin schismatique Romulo Braschi, membre de l'Église catholique et apostolique charismatique du Christ-Roi non reconnue par le Vatican.

L'Instruction Redemptionis Sacramentum préparée par la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, approuvée par Jean-Paul II le 19 mars 2004 et publiée le 25 mars 2004, stipule (article 47) : "Il est tout à fait louable que se maintienne la coutume insigne que soient présents des enfants ou des jeunes - dénommés habituellement « servants d’autel » ou « enfants de chœur » - qui servent à l’autel comme acolytes, et reçoivent, selon leurs capacités, une catéchèse utile, adaptée à leur service (...) Les filles ou les femmes peuvent être admises à ce service de l’autel, au jugement de l’Évêque diocésain ; dans ce cas, il faut suivre les normes établies à ce sujet."

2005 :
- le 2 juillet 2005, Lyon, à bord d’une péniche sur la Saône, Geneviève Beney, mariée à un protestant et militante du mouvement contestataire catholique Women Ordination World Wide, est la première femme française à être ordonnée prêtre par trois évêques femmes (excommuniées, ordonnées prêtres puis évêques par Mgr Braschi susdit).
- Dans un livre intitulé Mon Dieu… pourquoi ?, coécrit avec le directeur du Monde des Religions, Frédéric Lenoir, et publié chez Plon, l’abbé Pierre, âgé de 93 ans, prend position sur l’ordination des femmes : « Je n’ai jamais compris pourquoi Jean-Paul II et le cardinal Ratzinger avaient affirmé que jamais l'Église n’ordonnerait des femmes. Une telle affirmation suppose que cette pratique serait non conforme à la substance même de la foi chrétienne ».

Le 31 juillet 2006, sur un bateau, à Pittsburgh (Pennsylvanie), 8 Américaines catholiques, membres de l’Église catholique et apostolique charismatique du Christ-Roi précitée, sont "ordonnées" prêtres et diacres : la cérémonie est présidée par 3 femmes évêques.

Le 22 juillet 2007, le père Eberhard von Gemminger, directeur des programmes de Radio-Vatican en langue allemande, se déclare favorable à la nomination de femmes au titre de cardinal, afin qu’elles puissent participer à l'élection papale.

2008 :
- le 2 janvier, Benoît XVI rappelle : « Parce que Marie est la Mère de l'Eglise, elle est aussi la mère de chacun de nous, qui sommes membres de l'Eglise du Christ. Au moment suprême de l'accomplissement de la mission messianique, Jésus laisse à chacun de ses disciples, comme héritage majeur, sa Mère elle-même, la Vierge Marie. »
- En mars, l'archevêque de Saint-Louis, dans le Missouri, excommunie trois femmes "évêques", deux Américaines et une Sud-Africaine, pour avoir participé à l'ordination d'une femme.
- Le décret de la Congrégation pour la doctrine de la foi publié le 5 juin dans l'Osservatore Romano précise que quiconque dans le clergé tente d'ordonner une femme ou toute femme qui tente de se faire ordonner risque l'excommunication automatique et que "Seuls les hommes peuvent être ordonnés prêtres parce que l’Eglise ne se sent pas autorisée à changer la volonté de son fondateur Jésus-Christ.".

2010 :
- Le 15 juillet, la Congrégation pour la doctrine de la foi publie les Nouvelles Normes sur les délits les plus graves (modifications apportées aux Normae de gravioribus delictis de 2001) : "Art. 5 - Est [...] aussi réservé à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi le délit grave de tentative d’ordination sacrée d’une femme : 1° restant sauf ce qui est disposé par le can. 1378 du Code de droit canonique, tant celui qui attente la collation de l’ordre sacré que la femme qui attente la réception de l’ordre sacré, encourent l’excommunication latae sententiae réservée au Siège Apostolique ; 2° si celui qui attente de conférer l’ordre sacré à une femme ou si la femme qui attente de le recevoir sont chrétiens sujets du Code des Canons des Églises orientales, restant sauf ce qui est disposé par le can. 1443 du même Code, ils seront punis de l’excommunication majeure dont la rémission est également réservée au Siège Apostolique ; 3° si le coupable est clerc, il pourra être puni du renvoi ou de la déposition."
- Le 9 octobre, Linda Spear, une enseignante à la retraite, Québécoise et catholique, est ordonnée prêtre par l´évêque américaine Andrea Johnson, non reconnue par le Vatican, dans une église anglicane de Sutton, en Estrie, à l´est du Canada. Elle est excommuniée du fait de l´interdiction d´ordination des femmes dans l´Eglise catholique ; s'étant exclue par le fait même de la communion de l'Eglise de Rome, elle ne peut donc être considérée comme prêtre dans cette Église quoi qu'elle en dise. (Apic)

2011 :
- Le 3 février, le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung publie le manifeste Kirche 2011, Ein notwendiger Aufbruch (Église 2011 : un renouveau indispensable) dans lequel plus de 140 théologiens catholiques allemands, autrichiens et suisses appellent à une réforme de fond de l'Eglise demandant notamment la fin du célibat des prêtres, l'ordination des femmes, l'acceptation par l'Eglise des partenariats homosexuels et la nomination des évêques par les fidèles ; ils justifient ces mesures pour mettre fin à la crise sans précédent que traverse l'Eglise catholique depuis les scandales des prêtres pédophiles 12.
- Le 3 juillet, la Communauté des femmes catholiques d´Allemagne (KFD) demande l´introduction du diaconat pour les femmes et souhaite l'accès aux sacrements pour les divorcés remariés. (Sources : KNA et Apic)
- Le 19 juin, est publiée une "protestation" lancée par une association de prêtres diocésains autrichiens. L’appel à désobéir avertit que les 337 prêtres signataires donneront la communion aux divorcés remariés et aux membres d’autres Églises chrétiennes. Qu’ils laisseront prêcher des laïcs compétents, "y compris des femmes enseignantes de religion". Et qu’ils saisiront toute occasion pour se prononcer publiquement en faveur de l’ordination des femmes et des personnes mariées 19.
- Le 18 novembre, lors de son assemblée générale d´automne à Bonn, le Comité central des catholiques allemands (ZdK) adopte une résolution rejetant les revendications concernant l'accès des femmes au diaconat 19.

Le 26 novembre 2013, alors que s’achève officiellement l’Année de la Foi inaugurée par Benoît XVI le 11 octobre 2012, le pape François rend publique son Exhortation apostolique Evangelii gaudium (Joie de l'Evangile) sur la nouvelle évangélisation dans laquelle il rappelle que "le sacerdoce réservé aux hommes est une question qui ne se discute pas".

Le 5 décembre 2014, à l'occasion de leur session plénière, le pape François invite les membres de la Commission théologique internationale à « tirer le meilleur profit de cet apport spécifique des femmes à l’intelligence de la foi ». Il affirme : « En vertu de leur génie féminin, les théologiennes peuvent souligner, pour le bénéfice de tous, certains aspects inexplorés de l’insondable mystère du Christ ».

Le 16 avril 2015, le Vatican publie les conclusions d'une enquête sur la LCWR (Leadership Conference of Women Religious) qui représente la majorité des religieuses américaines. Après trois années de discussions et de controverses, les religieuses américaines de la LCWR se sont accordées avec le Vatican sur une position doctrinale "enracinée dans la tradition de l'Église".

Le 24 mars 2016, Jeudi Saint, le pape François lave les pieds de douze jeunes gens : quatre Nigérians catholiques, trois femmes érythréennes de confession copte, trois musulmans de différentes nationalités, un Indien de religion hindoue, et une employée italienne. Pour pouvoir s'abaisser devant quatre femmes, François a fait modifier le Missel romain pour ouvrir aux femmes la possibilité de participer au lavement des pieds, lors de la messe du Jeudi saint ; le décret In missa in cena Domini du 6 janvier 2016 pris par la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, explique que le Christ est venu "donner sa vie pour le salut de tout le genre humain".
Le 2 août, le pontife institue une commission sur le diaconat féminin.

Le 9 février 2017, le pape François déclare (homélie) : "Sans la femme il n'y a pas d'harmonie dans le monde".
Le 7 mars, le Conseil pontifical pour la culture présente son conseil consultatif 100% féminin.


Les femmes dans les autres confessions

Eglises protestantes et anglicane

La majorité des Églises protestantes et l'Église anglicane nomment des femmes pasteurs et des femmes évêques. La première femme à devenir évêque luthérienne a été une allemande, Maria Jepsen, en 1992.
- Le 16 septembre 1976, l'Église épiscopalienne américaine donne son accord à l'ordination de femmes, comme pasteurs et comme évêques.
- Le synode général de l'Église anglicane, réuni le 11 novembre 1992, autorise les femmes à devenir prêtres, par souci de justice et de modernité : la première femme sera ordonnée en 1994.
- Le 12 mars 2006, un couple marié, Elisabeth Hann von Weyhern et Stefan Ark Nitsche, se partage les fonctions de l’évêque de Nuremberg, un des 6 diocèses de l'Église évangélique luthérienne de Bavière.
- Le 10 avril 2006, le père Ed Cachia, de la paroisse Saint-Michael de Cobourg en Ontario, est excommunié par l’évêque de Peterborough, pour avoir célébré l’Eucharistie avec des "femmes-prêtres" à New York et en Californie et déclaré qu’il continuerait à le faire. Il crée alors une nouvelle Église baptisée Christ The Servant Catholic Church.
- Le dimanche 18 juin 2006, Katharine Jefferts Schori, évêque du diocèse épiscopal du Nevada, est élue Primat de l'Église épiscopalienne des États-Unis, lors d'une convention générale à Columbus (Ohio).
- En 2006, le nombre de femmes ordonnées à des fonctions ecclésiastiques dans la Communion anglicane dépasse celui des hommes : sur 478 ordinations, il y a 244 femmes et 234 hommes. La plupart des femmes reçoivent cependant le sacrement du sacerdoce pour des postes subalternes, tels que vicaires (Information : Communion anglicane).
- Le 8 juillet 2008, après un vif débat entre conservateurs et libéraux, les trois chambres du Synode Général de l'Église anglicane (les laïcs, les évêques et le clergé) tenu à York (Grande-Bretagne) approuvent le principe de l'ordination de femmes évêques.
- le 28 octobre 2009, à Ulm, Margot Kässmann, 51 ans, évêque luthérienne du Land de Hanovre, est élue, par le synode, présidente du Conseil de l´Eglise protestante d´Allemagne (EKD). Elle démissionne après avoir été arrêtée le 20 février 2010 à Hanovre pour avoir brûlé un feu rouge avec un taux d'alcool cinq fois plus élevé que la limite tolérée.
- le 12 juillet 2010, l’Église anglicane d’Angleterre se prononce pour l’ordination épiscopale des femmes d’ici à 2014. Quinze évêques de Forward in Faith (réseau traditionaliste affirmant rassembler 10 000 membres) s'y opposent.
- Le 21 mai 2012, la Chambre des évêques de l’Église d’Angleterre, réunie à York, approuve le projet de loi sur l’ordination épiscopale des femmes.
- Le 20 novembre 2012, l'Eglise d'Angleterre, réunie en synode, vote contre l'ordination des femmes-évêques. Toutefois, des femmes anglicanes ont déjà été "ordonnées" évêques notamment aux Etats-Unis, en Australie, au Canada, et récemment en Afrique pour la première fois.
- Le 14 juillet 2014, l'Eglise anglicane d'Angleterre, réunie en synode général à York, vote en faveur de l'ordination de femmes-évêques. La reine d'Angleterre signe le décret final, le 24 octobre, après l'aval du Parlement britannique. Le 26 janvier 2015, la révérende Libby Lane est ordonnée "évêque" : elle devient la première femme-évêque de l'histoire de l'Eglise anglicane d'Angleterre.

Église Vieille-catholique - Union d'Utrecht

Le 22 mai 2010, Maria Vittoria Longhitano, une Sicilienne mariée, est devenue la première femme à être "ordonnée" prêtre en l'église anglicane de Tous-les-Saints de Rome par l´évêque Fritz-René Müller de l´Union d'Utrecht (Eglise vieille-catholique qui s'est séparée du Vatican au 19ème siècle en raison de son désaccord sur le principe de l'infaillibilité pontificale).

Églises orthodoxes

Il n’y a pas de femmes popes chez les chrétiens orthodoxes.
Du 15 au 17 novembre 2016, à Alexandrie, le Synode du Patriarcat grec-orthodoxe d'Alexandrie et de toute l'Afrique, présidé par le Patriarche Théodore II, décide de réintroduire l'institution du diaconat féminin.

Judaïsme

Les communautés juives libérales (minoritaires) élisent des femmes rabbins.

Islam

Il n'y a pas de femmes imams chez les musulmans.


CITATIONS

Le vin est fort, le roi est plus fort, les femmes le sont plus encore, mais la vérité est plus forte que tout. (Martin Luther 1483-1546, Propos de table, Tischreden)

L'homme et la femme peuvent être équivalents devant l'Absolu : ils ne sont point égaux, ils ne peuvent pas l'être, ni dans la famille, ni dans la cité. (Pierre Joseph Proudhon 1809-1865, De la justice dans la Révolution et dans l'Eglise)

J’ai toujours été étonné qu’on laissât les femmes entrer dans les églises. Quelle conversation peuvent-elles tenir avec Dieu ? (Charles Baudelaire 1821-1867, Journaux intimes, Mon coeur mis à nu).

L'unique fondement de l'Eglise n'est pas le Christ ainsi qu'on le dit communément : c'est la femme (Samuel Butler 1835-1902, Carnets).

Depuis le premier jour, l'Eglise a pris et gardé la femme, comme l'aide la plus puissante de son oeuvre de propagande et d'asservissement (Emile Zola 1840-1902, extrait de La Vérité).

Femmes sont anges à l'église, diables en la maison et singes au lit. (Proverbe français)


Notes
1 Vocabulaire de théologie biblique, Éditions du Cerf. 1977
2 http://www.news.va/fr/news/le-monde-orthodoxe-reconnait-la-sainte-maison-de-l
3 André Douzet : www.france-secret.com/puyenvelay_art.htm
4 L'Année Liturgique. Dom Guéranger. 1841 à 1866. Abbaye Saint-Benoît de Port-Valais : http://www.abbaye-saint-benoit.ch/gueranger/anneliturgique/noel/noel02/039.htm
5 Jacques de Voragine (1230-1298), La Légende Dorée
6 linternaute.com/actualite/
7 Alphabet Tibétain par Paulin de Saint Barthélemi
8 Le Folklore dans les Deux-Mondes, Charencey
9 Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle, Pierre Larousse
10 http://missel.free.fr/Sanctoral/02/02.php
11 La Loi du Seigneur ordonnait aux femmes d'Israël, après leur enfantement, de demeurer quarante jours sans approcher du tabernacle ; après l'expiration de ce terme, elles devaient, pour être purifiées, offrir un sacrifice. Ce sacrifice consistait en un agneau, pour être consumé en holocauste ; on devait y joindre une tourterelle ou une colombe, destinées à être offertes selon le rite du sacrifice pour le péché. Que si la mère était trop pauvre pour fournir l'agneau, le Seigneur avait permis de le remplacer par une autre tourterelle, ou une autre colombe. Un second commandement divin déclarait tous les premiers-nés propriété du Seigneur, et prescrivait la manière de les racheter. Le prix de ce rachat était de cinq sicles, qui, au poids du sanctuaire, représentaient chacun vingt oboles.
12 http://eucharistiemisericor.free.fr/index.php?page=0702111_fronde
13 quran.al-islam.com/frn/Default.asp
14 M. JUGIE, "Homélies mariales byzantines. Textes grecs édités et traduits en latin", II, Patrologia Orientalis 19 (1925), 289-526, p. 308, cité par http://fr.wikipedia.org/wiki/Annonciation
15 http://plein.jour.free.fr/celibat_ecclesiastique_historique_401.htm
16 http://fr.wikipedia.org/wiki/Art%C3%A9mis
17 http://www.cosmovisions.com/$Religionphenicienne.htm
18 http://fr.wikipedia.org/wiki/Vierge_noire
19 http://infocatho.cef.fr
20 http://frederic.simon1.free.fr/assomption-1.html
21 http://fr.wikipedia.org/wiki/Assomption_de_Marie
22 Les dimanches de l'Avent ayant la préséance sur les autres jours, si le 8 décembre tombe un dimanche (ça sera le cas en 2019), la solennité est célébrée le 9 décembre (le calendrier liturgique de Paul VI donne la priorité aux fêtes du Seigneur sur les fêtes mariales). Seuls ceux qui suivent la forme extraordinaire fêtent l'Immaculée Conception le dimanche 8 décembre, où l'on fait seulement mémoire du 2e dimanche de l'Avent.
23 http://atil.ovh.org/noosphere/aurore.php
24 Naître: rituels de la naissance et de la petite enfance dans le judaïsme, le... Par Paul Lepic. Editions Bréal. 2006
25 http://www.eglise.catholique.fr/saint-du-jour/21/11/
26 http://www.news.va/fr/news/joie-et-tristesse-dun-dominicain-irakien-de-reto-2
27 http://fr.wikipedia.org/wiki/Chandeleur
28 http://freyr1978.skyrock.com/3021254150-L-Assomption-de-Marie-une-fete-avant-d-etre-un-dogme.html

Sources


Voir dossier Jésus ; Noël


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; toute reproduction à but non lucratif est autorisée.

Date de mise à jour : 14/11/2017

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