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L'armistice de 1918 Chaque 11 novembre est commémoré l’Armistice de 1918, signé à Rethondes dans l'Oise, qui marqua la fin de la Première guerre mondiale, dite « la Grande Guerre ». « Le 11 novembre à 11 heures (11ème heure du 11ème jour du 11ème mois, ndlr), le feu était arrêté sur tout le front des armées alliées. Un silence impressionnant succédait à cinquante-trois semaines de bataille. Les peuples pouvaient entrevoir le rétablissement de la paix dans le monde. Le lendemain, j'adressais un ordre du jour de félicitations aux armées alliées » (Maréchal Foch) Le soldat Pierre-Auguste Trébuchon fut tué, sur les bords de la Meuse, à 10 heures 50, dix minutes avant la sonnerie du cessez-le-feu. Le soldat canadien, Georges Price, fut peut-être le dernier soldat tué de la Grande Guerre : il tomba à 10 heures 58, près de Mons en Belgique. A 16 heures, au Palais Bourbon, Clemenceau lut les conditions d'armistice, salua l'Alsace et la Lorraine et rendit hommage à la Nation. A Tours, près du tombeau de saint Martin, patron de la France fêté le 11 novembre, une plaque signée par le Maréchal Foch rend grâce à Dieu pour la victoire de 1918. La loi du 24 octobre 1922 instaura le 11 novembre comme fête nationale légale et jour férié. La loi n° 2012-273 du 28 février 2012 (JORF n°0051 du 29 février 2012) a fixé au 11 novembre la commémoration de tous les morts pour la France, mais "cet hommage ne se substitue pas aux autres journées de commémoration nationales 4". La première guerre mondiale Le point de départ du conflit fut la déclaration de guerre de l’Autriche-Hongrie à la Serbie, le 28 juillet 1914, suite à l’assassinat, le 28 juin, à Sarajevo (Bosnie-Herzégovine), de l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche, héritier du trône des Habsbourg, par Gavrilo Princip, un étudiant bosniaque lié aux milieux panserbes. La déclaration de guerre de l’Allemagne à la Russie, le 1er août 1914, fut la première étape de son extension à toute l’Europe par le jeu des alliances : - 1er août, la France décréta la mobilisation générale ; - 2 août, traité secret d’alliance entre l’Allemagne (empereur Guillaume II) et l’Empire ottoman qui mobilisa, l'Allemagne occupa le Luxembourg et lança un ultimatum à la Belgique ; - 3 août, l’Allemagne déclara la guerre à la France et à la Serbie ; - 4 août, au petit matin, les troupes allemandes violèrent la neutralité de la Belgique, la Grande-Bretagne déclara la guerre à l'Allemagne ; - 6 août, l’Autriche-Hongrie déclara la guerre à la Russie, la Serbie déclara la guerre à l’Allemagne ; - 11 août, la France déclara la guerre à l’Autriche-Hongrie ; - 12 août, l’Angleterre déclara la guerre à l’Autriche-Hongrie. Le conflit prit une dimension mondiale avec l’entrée en guerre du Japon (23 août 1914), de l’Empire ottoman (29 octobre 1914) et des États-Unis (6 avril 1917). En juillet 1918, l’unification du commandement allié (sous les ordres du général Foch qui, par une stratégie de « coup de poing », ne laissa aucun répit à l’ennemi), l’arrivée au combat d’un grand nombre de troupes américaines et l’essoufflement de la machine de guerre allemande permirent aux Alliés d’organiser une offensive qui aboutit à la capitulation en rase campagne de l’armée allemande, bien que le territoire allemand ne fût pas envahi. Le 11 novembre 1918, la République allemande, nouvellement créée, accepta l’armistice. Il fut signé dans le wagon 1 du maréchal Foch, au carrefour de Rethondes, au milieu de la forêt de Compiègne. Foch, commandant en chef des armées alliées, était assisté du général Weygand ainsi que de l’amiral Wemyss qui représentait la Grande-Bretagne. La délégation allemande, conduite par le ministre Erzberger, représentait le nouveau gouvernement de Friedrich Ebert. Les clauses de l’armistice concernaient en priorité la démilitarisation de l’Allemagne. ![]() Ferdinand Foch Le même jour, le président du Conseil, Georges Clémenceau, surnommé « le Père la Victoire », donna lecture à la Chambre de la convention d’armistice. Il y fut acclamé, et les députés proclamèrent qu’il avait « bien mérité de la patrie ». Le même jour encore, Ferdinand Foch, maréchal de France depuis août 1918, était élu à l’Académie française. Guerre nouvelle, inaugurant de nouveaux types de combats (guerre de tranchées, utilisation des gaz, de l’artillerie lourde, des avions et des chars d’assaut), la « Grande Guerre » se solda par plus de 21 millions de morts (dont 8 500 000 militaires et 13 millions de civils) et des dizaines de millions de blessés. 1 400 000 de nos « poilus » furent tués, 3 millions blessés dont 1 million demeurèrent invalides ou mutilés. Six cent soixante-quinze soldats ont été fusillés sous l'uniforme français pour désertion, mutinerie (49 au printemps 1917 au Chemin des Dames), refus d'obéissance ou crimes de droit commun. Le traité de Paix, signé à Versailles le 28 juin 1919, remodela en profondeur la carte de l’Europe, tandis qu’une Société des Nations était fondée, dans l'espoir fou que la Première Guerre mondiale serait aussi la « der des ders ». Anniversaires : 1920 Le Soldat Inconnu, que le soldat Tain a désigné la veille parmi huit cercueils de tués non identifiés, est déposé dans une chapelle ardente au premier étage de l'Arc de Triomphe. Il sera inhumé sous la voûte le 28 janvier 1921 et on installera la Flamme en 1923. 1940 L'occupant allemand et l'État français interdisent les célébrations traditionnelles de la fête nationale du 11 Novembre. Cependant, toute la journée, des grèves paralysent les bassins miniers du Nord et du Pas-de-Calais. A Rouen, à Dijon, à Nantes, des jeunes marquent aussi cet anniversaire. A Paris, le soir, par petits groupes, en chantant la Marseillaise, en criant « Vive de Gaulle » et en lançant des slogans hostiles à l'occupant et à Pétain, des milliers de jeunes, surtout des étudiants et des lycéens, montent à l'Étoile. La police française, appuyée par les troupes nazies, charge violemment. "La répression de la manifestation (...) fut impitoyable. On dénombra 15 blessés, un millier d'interpellations, 123 arrestations. Certains furent incarcérés jusqu'en décembre à la prison de la Santé ou à celle du Cherche-Midi" (Hubert Falco, secrétaire d'Etat aux anciens combattants, 11 novembre 2010). 1942 Les Allemands envahissent la zone libre. 1943 Une centaine de maquisards de l'Ain osent défiler dans les rues d'Oyonnax et une gerbe, en forme de croix de Lorraine, portant l'inscription "Les vainqueurs de demain à ceux de 14-18", est déposée au pied du monument aux morts. La ville recevra la médaille de la Résistance le 16 juin 1947. 1944 La cérémonie est marquée, à Paris, par la présence d'une délégation britannique menée par le Premier ministre Winston Churchill. 1945 Les cérémonies reflètent la volonté du général de Gaulle de faire du Mont Valérien, lieu de martyre de nombreux résistants, un haut lieu de mémoire pour les combattants et les victimes du nazisme : 15 cercueils de Français morts pour la patrie y sont déposés. 2005 Le président de la République Jacques Chirac décide que le dernier poilu à disparaître aura des « obsèques solennelles de portée nationale ». 2006 La France compte 4 anciens « poilus officiels » encore en vie : le plus jeune d'entre eux, René Riffaud, 107 ans, est le dernier à assister aux commémorations à Paris. 2007 Il reste deux « poilus » français encore en vie 2 : - Louis de Cazenave, 110 ans, né le 16 octobre 1897 à Saint-Georges d'Aurac en Haute-Loire et qui n’aimait pas les cérémonies (engagé en 1916, il fit partie du 5e bataillon sénégalais de décembre 1916 à septembre 1917 et connut le Chemin des Dames). Il décèdera le 20 janvier 2008. - Lazare Ponticelli, 109 ans, né le 7 décembre 1897 en Italie (cet ancien légionnaire du régiment de marche de Sidi-Bel-Abbès, combattit au Chemin des Dames et à Verdun, puis lutta contre les Autrichiens en Italie). Monsieur Ponticelli participa aux cérémonies au Kremlin-Bicêtre où la légion étrangère lui rendit hommage. Il décèdera le 2 mars 2008. Le 17 mars 2008, la France rendra un hommage solennel à Lazare Ponticelli, le dernier des poilus français, et à ses 8 500 000 camarades de la Grande Guerre en présence du président Nicolas Sarkozy : les obsèques religieuses se dérouleront en l'église Saint-Louis des Invalides, les honneurs militaires seront rendus dans la cour d'honneur de l'Hôtel des Invalides ; lors d'une seconde cérémonie, dans la cour du Dôme de l'Hôtel national des Invalides, le président de la République dévoilera une plaque rendant hommage aux poilus, posée à quelques mètres du tombeau du maréchal Foch. 2008 Le 11 novembre 2008, après avoir déposé une gerbe au pied de la statue de Georges Clemenceau, aux Champs Elysées, le président de la République, Nicolas Sarkozy, ouvre les célébrations du 90e anniversaire de l'armistice, devant l'ossuaire du fort de Douaumont (Meuse), haut lieu de la bataille de Verdun. 2009 Nouvel épisode de l'amitié franco-allemande : pour la première fois un chef du gouvernement allemand, Angela Merkel, participe aux côtés d'un président français, Nicolas Sarkozy, à la commémoration de l'armistice de la guerre de 1914-1918. 2010 A Strasbourg, des soldats de la Bundeswehr, membres de la première unité allemande à stationner en France depuis 1945, participent aux cérémonies de commémoration. Il ne reste dans le monde que 2 combattants survivants de la Première guerre mondiale : - un Etasunien de Virginie, Frank Woodruff Buckles, 109 ans, né le 1er février 1901, vétéran de United States Army 1st Fort Riley Casual Detachment - et un Britannique vivant en Australie, Claude Stanley Choules, 109 ans, né le 3 mars 1901, vétéran de la Royal Navy et de la Royal Australian Navy 2. 2011 Il ne reste dans le monde qu'un vétéran, non combattant, de la Première guerre mondiale : une Britannique, vétérane 3 de la Women's Royal Air Force, résidant au Royaume-Uni, Florence Beatrice Green née Patterson, 110 ans, née le 19 février 1901. Elle décèdera le 4 février 2012. Au-delà de la commémoration de l'Armistice de 1918, la cérémonie est consacrée au souvenir de tous les soldats morts au combat, sur le territoire national ou hors du sol de France, dans l'accomplissement de leur devoir. Le musée de la Grande Guerre est inauguré à Meaux. Citations et proverbes Je fais la guerre, rien que la guerre. Nous serons sans faiblesse, comme sans violence. Le pays connaîtra qu’il est défendu. (Georges Clémenceau, 20 novembre 1917) Politique intérieure : je fais la guerre ; politique étrangère : je fais la guerre. Je fais toujours la guerre ! Les Russes nous trahissent, je continue de faire la guerre. La malheureuse Roumanie est obligée de capituler : je continue de faire la guerre, et je continuerai jusqu'au dernier quart d'heure. (Georges Clémenceau, Réponse à une interpellation, mars 1918) La guerre est la fête des morts. (Proverbe français) Il n'y a de paix possible qu'après la guerre. (Proverbe arabe) Dictons météorologiques A la Saint-Martin, il faut goûter le vin. A la Saint-Martin, le moût passe pour bon vin. Pour Saint-Martin mène la chèvre au bouquin. L’été de la Saint-Martin dure trois jours et un brin. Si le brouillard entoure Saint Martin, l'hiver passe tout bénin. A la Saint Martin l'hiver est en chemin ; à la Saint André il est acheminé. Notes : 1 Le wagon-restaurant 2419-D avait été transformé en salon-bureau en septembre 1918. C’est dans ce même wagon, placé exactement au même endroit, que, selon la volonté de Hitler, fut signé l'armistice du 22 juin 1940, à 18 h 52. Le wagon, transporté en Allemagne le 24 juin 1940 pour être exposé à Berlin, fut incendié par les S.S. en avril 1945 à Ohrdruf (Thuringe) alors que les Américains entraient dans la ville. Le 11 novembre 1950, un wagon identique a été installé dans la Clairière de Rethondes. 2 http://dersdesders.free.fr/combattant.html 3 "La forme féminine vétérane est parfois usitée" (Le Petit Larousse 1998) 4 Voir dossier : Au fil de l'an Sources Auteur : Jean-Paul Coudeyrette Référence publication : Compilhistoire ; reproduction interdite sans autorisation. Date de mise à jour : 05/05/2012 |