LA PENTECOTE

La fête chrétienne de la Pentecôte (du grec pentêkostos = cinquantième) est observée le septième dimanche (cinquantième jour) après Pâques ; elle commémore la descente de l'Esprit Saint sur les apôtres.


Les premiers chrétiens ne célébraient pas la fête de la Pentecôte : ils fêtaient Pâques ("Grand Dimanche") pendant 50 jours.
Au début du IIIe siècle, quand on parlait de Pentecôte dans l'Église, c'était pour désigner la durée de ces 50 jours et non la fête du 50ème jour.
Au IVe siècle, on se mit à célébrer l'Ascension le 50ème jour après Pâques ; c’est vers la fin du siècle que la liturgie établit la Pentecôte comme une fête distincte de l'Ascension.
Théodose II le Jeune, empereur d’Orient, (408-450), interdit, pendant cette période de 50 jours, tous spectacles, jeux de théâtre et de cirque, parce que ce temps doit être consacré à une plus entière adoration. La fête de la Pentecôte, qui termine cette série de 50 jours, paraît être d'institution apostolique : Origène (185-254) atteste qu'elle se célèbre de son temps.
Avant la révolution, toute la semaine qui suit la Pentecôte (octave de la Pentecôte) est fériée.
Le Concordat de 1801 réduit le caractère férié au seul Lundi de Pentecôte.
Depuis l’ordo liturgique de Paul VI (pape de 1963 à 1978), le lundi de Pentecôte n'est plus solennisé.

Le "veau de la Pentecôte" est une opération de promotion de la viande de veau, initiée en 1998 par la Confédération française de la boucherie, qui n'a rien à voir avec la fête chrétienne.

La Pentecôte juive est, avec la Pâque et les Tentes, l'une des trois fêtes où Israël doit se présenter devant Yahweh au lieu choisi par lui pour faire habiter son Nom (Deutéronome 16,16).
A l'origine, c'est la fête de la Moisson (Hag Hakatsir) ou fête des Prémices (Hag Habikourim), jour de joie et d'action de grâces (Exode 23,16 ; Nombres 28,26 ; Lévitique 23,16) ; on y offre les prémices de ce que la terre a produit ; la fête est nommée fête des Semaines (Chavouoth) ou des Septaines (Ex 34,22), appellation qui la situe 7 semaines (7 fois 7 jours) après la Pâque et l'offrande de la première gerbe (Lv 23,15).
Puis la fête est un anniversaire. L'Alliance (Dieu remit à Moïse les tables de la Loi) a été conclue une cinquantaine de jours (Ex 19,1-16) après la sortie d'Égypte célébrée par la Pâque ; la Pentecôte devient naturellement "l'anniversaire de l'Alliance", sans doute dès le IIe siècle avant J.-C., car, comme telle, elle apparaît généralisée au début de notre ère, d'après les écrits rabbiniques et les manuscrits de Qumran.


Le point de vue théologique 1

La Pentecôte chrétienne, c’est le don de l'Esprit Saint et les signes qui l'accompagnent, le vent et le feu, se situent dans le prolongement des théophanies de l’Ancien Testament : « Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d'un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d'eux. Et ils furent tous remplis du Saint Esprit, et se mirent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer. » (Actes 2,2-4).
Les Apôtres reçoivent ce feu qui descend sur eux et les embrase. Sur les bords du Jourdain, Jean-Baptiste le leur avait annoncé : « Lui (Jésus, ndlr) vous baptisera dans l'Esprit-Saint et le feu » (Luc 3,16).

Un double miracle souligne le sens de l'événement : d'abord les Apôtres s'expriment, pour chanter les merveilles de Dieu, en langues ; le parler en langue est une forme charismatique de prière qu'on retrouve dans les communautés chrétiennes primitives. Ensuite, bien que de soi inintelligible (I Corinthiens 14,1-25), ce parler en langue est compris de tous les assistants ; ce miracle d'audition est un signe de la vocation universelle de l'Église, car ces auditeurs viennent des régions les plus diverses (Actes 2,5-11). En citant le prophète Joël (3,1-5), Pierre montre que la Pentecôte accomplit les promesses de Dieu (Actes 2,16) : dans les derniers temps, l'Esprit serait donné à tous (Ezéchiel 36,27). Le Précurseur (Jean-Baptiste, ndlr) avait annoncé la présence de Celui qui devait baptiser dans l'Esprit Saint (Marc 1,8). Et Jésus, après sa résurrection, avait confirmé ces promesses : « Sous peu de jours, vous serez baptisés dans l'Esprit Saint » (Ac 1,5).
Selon la catéchèse primitive, le Christ, mort, ressuscité et exalté à la droite du Père, achève son œuvre en répandant l'Esprit sur la communauté apostolique (Ac 2,23-33). La Pentecôte est la plénitude de Pâques.

L’Esprit Saint est la 3ème personne de la Trinité, les autres étant Dieu le Père et Dieu le Fils.
Jésus-Christ, avant de quitter ses apôtres, leur promet de leur envoyer l'Esprit saint : « Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins ». (Ac 1,8)
L'Esprit de Dieu évoque une réalité concrète, le souffle.
L'Esprit est une force impersonnelle qui s'empare, souvent de manière brusque, des prophètes et des inspirés.
L'Esprit saint apparaît à plusieurs reprises dans la vie de Jésus (Annonciation, baptême) et, à partir de la Pentecôte, il joue un grand rôle dans l'histoire des premiers chrétiens : c'est inspirés par lui que les apôtres font des choix importants (Ac 15,28).

L'Esprit saint est considéré comme le sanctificateur qui dirige et guide l'Église et ses membres.
C'est dans l'Évangile selon saint Jean que l'Esprit saint apparaît comme une réalité personnelle distincte du Christ : il est le "Paraclet" : « Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre paraclet, afin qu'il demeure éternellement avec vous, l'Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu'il ne le voit point et ne le connaît point ; mais vous, vous le connaissez, car il demeure avec vous, et il sera en vous. » (Jean 14,16-17)
Le mot "paraclet" (du grec paraklètos) est un mot de la littérature johannique (Jean 14,16-17-26 ; 15,26 ; 16,7-11-13). Il désigne non la nature de quelqu'un, mais sa fonction : celui qui est appelé à côté de (para-kaleô) joue le rôle actif d'assistant, d'avocat, de soutien, d'intercesseur (le sens de "consolateur", probablement d'une fausse étymologie, n'est pas attesté dans le Nouveau Testament).
Cette fonction est tenue et par Jésus-Christ qui, au ciel, est "notre avocat auprès du Père, intercédant pour les pécheurs" (I Jean 2,1), et par l'Esprit Saint qui, ici-bas, étant pour les croyants le révélateur et le défenseur de Jésus (Jean 14,16-26 ; 15-26 ; 16,7-11-13), en actualise la présence.
La venue du Paraclet est liée au départ de Jésus (Jean 16,7), qui marque une nouvelle étape dans l'histoire de la présence de Dieu aux hommes.
Dans le discours après la Cène, Jésus annonce qu'il viendra de nouveau, non seulement à la fin des temps (Jean 14,3), mais lors des apparitions pascales (14,18 ; 16,16-19) ; cette vue du Ressuscité comblera de joie les disciples (16,22). Cependant sa présence parmi les siens ne sera plus que d'ordre "spirituel". Jusqu'à présent il "demeurait" avec les siens (14,25) ; maintenant, en son nom (14,26), sur sa prière, le Père leur donnera "un autre paraclet" (14,16), que Jésus lui-même enverra : « Quand sera venu le paraclet, que je vous enverrai de la part du Père, l'Esprit de vérité, qui vient du Père, il rendra témoignage de moi ; et vous aussi, vous rendrez témoignage, parce que vous êtes avec moi dès le commencement. » (15,26-27) « Cependant je vous dis la vérité : il vous est avantageux que je m'en aille, car si je ne m'en vais pas, le paraclet ne viendra pas vers vous ; mais, si je m'en vais, je vous l'enverrai. » (16,7). « J'aurais encore beaucoup de choses à dire, mais pour l'instant vous n'avez pas la force de les porter. Quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous guidera vers la Vérité tout entière » (16,12-13). Tout en étant "un autre" que Jésus, l'Esprit mène la présence de Jésus à sa perfection. Comme Jésus, il est en eux (14,17 ; 17,23) ; comme Jésus, il demeure avec les croyants (14,17-25), mais c'est "à jamais" (14,16 ; Matthieu 28,20), car il anticipe les demeures que Jésus est allé préparer dans la maison du Père (14,2). Il est l'Esprit de vérité (14,17 ; 16,13), de la vérité qu'est Jésus (14,6) par opposition au père du mensonge (8,44), de la vérité qui caractérise désormais l'adoration du Père (4,23). Il est l'Esprit saint (14,26) que Jésus le saint (6,69) a, par sa consécration (17,19), mérité de leur donner (20,22 ; 7,39) ; il les "consacre" (17,17), faisant qu'ils ne sont plus du monde (17,16) ; aussi comme Jésus ne se manifeste pas au monde (14,21) qui le hait (7,7 ; 15,18), de même l'Esprit n'est pas reçu par le monde (14,17).
Dans la communauté des disciples, le Paraclet a une présence active. Il doit glorifier Jésus (Jean 16,14), d'abord en actualisant son enseignement : « Il vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit » (14,26). Cet enseignement et cette mémoire se font en lien étroit avec Jésus, tout comme Jésus avait accompli sa mission, toujours uni à son Père. Comme Jésus dispose des biens du Père (16,15 ; 17,10), ainsi l'Esprit "prendra de mon bien pour vous en faire part" (16,14) ; il rappellera ce qu'a dit Jésus, car "il ne parlera pas de lui-même ; mais tout ce qu'il entendra, il le dira" : ainsi Jésus puisait tout chez son Père (5,30 ; 8,40 ; 15,15), son enseignement n'était pas sien (8,28 ; 12,49 ; 14,10). De même qu'en voyant Jésus on voyait le Père (14,9), ainsi l'onction (chrisma) instruit de tout (I Jean 2,27), c'est-à-dire que l'Esprit "mène à la vérité tout entière" (Jean 16,13). Il rend témoignage au Christ (15,26) et donne aux disciples de témoigner avec lui et par lui (15,27). Le Paraclet ne révèle pas seulement une vérité qui s'oppose à l'erreur, mais il justifie la vérité contre le mensonge du monde. "Esprit de vérité", il rend témoignage au Christ dans le procès que le monde intente à Jésus au cœur de ses disciples. Tandis que dans la tradition synoptique, l'Esprit défendait les disciples cités au tribunal des rois (Marc 13,11), il est chez Jean le défenseur de Jésus : d'accusés qu'ils sont, les disciples deviennent juges de leurs juges, comme Jésus l'avait été dans sa vie terrestre (Jean 5,19-47).

Le Paraclet confond le monde sur trois points (Jean 16,8-11) :
- le péché, car le péché est l'incrédulité à l'égard de Jésus
- la justice, car la justice est du côté de Jésus qui est glorifié auprès du Père
- le jugement, car le verdict de condamnation est déjà prononcé contre le Prince de ce monde.

Grâce au Paraclet que le croyant accueille et entend, une conviction habite son cœur : ce n'est pas le monde, c'est Jésus qui a raison ; il a donc lui aussi raison de croire, de souffrir pour la cause de son Maître. Avec lui, il est déjà vainqueur du monde et du démon (Jean, 16,33).

« Repentez-vous et que chacun se fasse baptiser au nom de Jésus-Christ pour la rémission de ses péchés et vous recevrez alors le don du Saint-Esprit ». (Actes 2,38)

Vers 172, Montanus prétend être le Paraclet.

Pour l’islam, le prophète Muhammad est le Paraclet annoncé par Jésus.


Les 7 dons du Saint-Esprit. L'arbre de Jessé

« Un rameau sortira de la tige de Jessé, et de sa racine montera une fleur, et l'Esprit du Seigneur se reposera sur lui : l'Esprit de sagesse et d'intelligence, l'Esprit de conseil et de force, l'Esprit de science et de piété, l'Esprit de la crainte de Dieu le remplira. » (Isaïe, chapitre XI).
Le Moyen âge s'empara de ces paroles, les développa, appela les qualités qui y sont énumérées les 7 dons du Saint-Esprit et imagina une foule de symboles pour les figurer sur ses monuments.
L'arbre de Jessé est un de ces symboles. Un arbre s'échappe des entrailles, de la poitrine ou de la bouche de Jessé. Le tronc symbolique jette à droite et à gauche des rameaux qui portent, comme fleurs et comme fruits, les rois de Juda, ancêtres du Christ. Au sommet, sur la tige la plus haute, se dresse, éclatant et glorieux, le Fils de Dieu, assis sur un trône placé dans le calice largement ouvert d'une fleur gigantesque. Tout autour de Jésus s'échelonnent 7 colombes blanches ornées comme lui d'un nimbe crucifère.
"O Radix Iesse, qui stas in signum populorum, super quem continebunt reges os suum, quem gentes deprecabuntur : veni ad liberandum nos, iam noli tardare : O Fils de la race de Jessé, signe dressé devant les peuples, vous devant qui les souverains resteront silencieux, vous que les peuples appelleront au secours, délivrez-nous, venez, ne tardez plus." (Antienne du 19 décembre).


Arbre de Jessé, panneau en ivoire de Bamberg (?) en Bavière, v. 1200. Musée du Louvre, Paris.

La colombe, symbole de la déesse Vénus, donc de l’amour, est celui du Saint-Esprit pour les Chrétiens.
On dit que la colombe est le seul animal de la création dans lequel le diable n’a jamais pu s’incarner…
Origène (+ vers 254) conseille aux chrétiens de porter sur un anneau l’image d’une colombe, d’une ancre ou d’un poisson.

Hugues de Saint-Victor (+ 1141) explique (De quinque septenis) : "Il y a sept péchés capitaux qui donnent naissance à tous les maux. Ce sont comme autant d'abîmes ténébreux d'où s'échappent les fleuves de Babylone dont les ravages s'étendent sur tout ce que notre nature renferme de bon, et dont le passage engendre en notre âme certaines langueurs qui sont la ruine de l'homme intérieur. Parmi eux les uns dépouillent l'homme ; d'autres le flagellent quand il a été dépouillé ; d'autres, le trouvant en cet état, le jettent hors de la voie ; d'autres viennent ensuite qui le séduisent, et d'autres enfin qui le réduisent en servitude. L'orgueil enlève Dieu à l'homme ; l'envie lui ôte son prochain ; la colère le ravit à lui-même ; la tristesse lui fait sentir ses coups en le trouvant ainsi dépouillé ; l'avarice l'éloigne du droit chemin ; la gourmandise le séduit, et la luxure le plonge dans l'esclavage, en forçant son esprit à subir les caprices d'une chair déshonorée ; en sorte que cet esprit ainsi abaissé peut s'écrier avec le Psalmiste (Psaume 68) : « Je suis enfoncé dans une boue profonde, où je ne trouve aucun appui. Je suis tombé dans la profondeur de la mer, et la tempête m'a submergé. » Mais voilà que l'Esprit-Saint, qui est, selon la parole du Seigneur, la fontaine d'eau jaillissant jusqu'à la vie éternelle, a répandu sur tout l'univers sept fleuves dont les eaux ont apporté au monde la splendeur de la vérité et l'ardeur de la charité. Ces fleuves sont les sept dons de ce même Esprit, dont Dieu se sert pour purifier, arroser et féconder tout le royaume de notre âme, pour guérir, orner et consommer en perfection ses puissances, de telle sorte que celui qui croit voit couler de son sein des sources d'eau vive. En effet, par le don de crainte, l'Esprit-Saint chasse l'orgueil du coeur de l'homme et y introduit Dieu par l'humilité. Par le don de piété il lui fait fouler aux pieds la honte de l'envie, et invite avec douceur le prochain à s'approcher de lui. Par le don de la science il apaise totalement sa colère, et l'établit dans une douce paix et un calme parfait avec lui-même. Par le don de la force il dissipe sans retard sa paresse et excite ardemment les puissances de son âme à agir. Par le don de science il comprime puissamment son avarice et le porte sagement à acquérir des trésors pour le ciel. Par le don d'intelligence il met un frein violent à sa gourmandise, et nourrit son âme des délices célestes. Par le don de la sagesse il lui inspire un mépris courageux de la luxure, le soumet tout entier au joug de la chasteté et le rend ainsi à la liberté." 2

Thomas d'Aquin (+1274) formalise la liste des 7 dons du Saint-Esprit (Somme théologique) :
- l'intelligence nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans l’appréhension, par l’intelligence, des vérités spéculatives
- le conseil nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans l’appréhension, par l’intelligence, des vérités pratiques
- la sagesse nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans le jugement, par l’intelligence, des vérités spéculatives
- la connaissance nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans le jugement, par l’intelligence, des vérités pratiques
- la piété nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans les appétits de l’amour des choses qui concernent un autre
- la force nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans les appétits de la crainte des choses qui nous concernent
- la crainte (de Dieu) nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans les appétits du désir des choses nous concernant 3.

Alphonse de Liguori (+1787) formule une prière pour demander les 7 dons du Saint Esprit :
"Esprit Saint, divin Consolateur (...), je vous prie de me visiter par votre grâce et par votre amour et de m'accorder :
- le don de votre Crainte, afin qu'il me serve de frein pour ne jamais retomber dans mes fautes passées, dont je vous demande mille fois pardon
- le don de Piété, afin que je puisse à l'avenir vous servir avec plus de ferveur, suivre avec plus de promptitude vos saintes inspirations, observer plus exactement vos divins préceptes
- le don de Science, afin que je puisse bien connaître les choses de Dieu et, éclairé par vos saintes instructions, marcher sans jamais dévier dans la voie du salut éternel
- le don de Force, afin que je puisse surmonter courageusement toutes les attaques du démon et tous les dangers du monde qui s'opposent au salut de mon âme
- le don de Conseil, afin que je puisse bien choisir tout ce qui est le plus convenable à mon avancement spirituel, et découvrir tous les pièges et les ruses de l'esprit tentateur
- le don d'Intelligence, afin que je puisse bien entendre les divins mystères et, par la contemplation des choses célestes, détacher mes pensées et mes affections de toutes les vanités de ce misérable monde
- le don de Sagesse, afin que je puisse bien diriger toutes mes actions, en les rapportant à Dieu comme à ma fin dernière, afin qu'après L'avoir aimé et servi comme je le dois en cette vie, j'aie le bonheur d'aller le posséder éternellement en l'autre."


Gian Lorenzo Bernini, Colombe du Saint-Esprit, 1660, Vatican

Citations

Le vent souffle où il veut ; tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d'où il vient ni où il va ; ainsi en est-il de quiconque est né de l'Esprit. (Évangile selon Jean 3,8)

Ne savez-vous pas que vous êtes un temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous ? (1re Épître de Paul aux Corinthiens 3,16)

N'éteignez pas l'Esprit. (1re Épître de Paul aux Thessaloniciens 5,19)

Quand le Seigneur donna à ses disciples le pouvoir de régénérer les hommes en Dieu, il leur dit : Allez, enseignez toutes les nations, baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. C'est cet Esprit dont il a promis par les prophètes l'effusion dans les temps derniers, sur les serviteurs et les servantes, afin qu'ils prophétisent. Voilà pourquoi l'Esprit est descendu dans le Fils de Dieu, devenu le fils de l'homme, pour s'habituer avec lui à habiter le genre humain, à reposer parmi les hommes, à habiter l'œuvre de Dieu, pour opérer en ces hommes la volonté du Père, et les renouveler de leur désuétude dans la nouveauté du Christ. C'est l'Esprit, au dire de Luc, qui est descendu après l'Ascension du Seigneur sur les Apôtres à la Pentecôte, et qui a pouvoir sur tous les peuples pour les introduire à la vie et leur ouvrir la nouvelle Alliance. C'est pourquoi, s'unissant à toutes les langues, ils chantaient une hymne à Dieu. L'Esprit ramenait à l'unité toutes les races éloignées, et offrait au Père les prémices de tous les peuples. Voilà pourquoi aussi le Seigneur a promis de nous envoyer le Paraclet, qui nous adapte à Dieu. En effet la farine sèche ne peut sans eau devenir une seule pâte, pas davantage nous tous, ne pouvions devenir un en Jésus Christ sans l'eau qui vient du ciel. La terre aride, si elle ne reçoit pas d'eau, ne fructifie pas ; ainsi nous-mêmes, qui d'abord étions du bois sec, nous n'aurions jamais porté le fruit de la vie, sans l'eau librement donnée d'en haut. Ainsi nos corps ont reçu par l'eau du baptême l'unité qui les rend incorruptibles ; nos âmes l'ont reçue de l'Esprit. (Irénée + 202, Traité contre les hérésies ; L'envoi de l'Esprit)

Nous n’avons nul besoin de voyager pour trouver le Royaume de Dieu, ni de traverser les mers pour rencontrer le Seigneur. L’un et l’autre sont en nous. (Antoine le Grand + 356, ermite au désert égyptien de Nitrie)

Le Seigneur a ordonné de baptiser au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, c'est-à-dire dans la profession de foi au Créateur, au Fils unique et à celui qui est le Don. ~ Puisque notre faiblesse serait incapable de saisir aussi bien le Père que le Fils, le Saint-Esprit est un don qui, par son intervention, peut éclairer notre foi pour laquelle l'Incarnation est un mystère difficile. (Hilaire de Poitiers + 367, Traité sur la Trinité)

Il est inaccessible de sa nature, mais on peut saisir sa bonté. Il remplit tout par sa puissance, mais il se communique seulement à ceux qui en sont dignes, non pas dans une mesure uniforme, mais en distribuant son activité en proportion de la foi. Il est tout entier présent à chacun, mais tout entier partout. Il se divise mais sans subir aucune atteinte. Il se donne en partage, mais garde son intégrité, à l'image d'un rayon de soleil dont la grâce est présente à celui qui en jouit comme s'il était seul, mais qui brille sur la terre et la mer, mélangé à l'air... De Lui viennent la joie sans fin, la demeure en Dieu, la ressemblance avec Dieu et tout ce que l'on peut désirer : devenir Dieu. (Basile de Césarée + 379, Sur les dons de l'Esprit)

La Parole de Dieu sera ma nourriture. Ce n’est pas de moi-même que je me promets une telle force. C’est vous, ô Jésus, qui mettez ces paroles dans ma bouche et qui m’accordez la grâce de les accomplir. (Prosper d’Aquitaine + 466)

Feu, créateur du feu, lumière qui donne la lumière, Vie productrice de la Vie, Salut et auteur du salut... La sombre nuée est dissipée, les souillures pour un temps consumées... L'Esprit-Saint nous rend ardents quand brille la chaire de cire. (Hymne de Pentecôte de la liturgie celtique)

Viens à nous, Esprit-Saint et pénètre dans nos cœurs. Console-nous par ta présence, nous qui déplorons notre faiblesse et fortifie en Toi ceux que tu vois défaillants. Allume en nous le feu de ton amour. Que la vérité soit dans notre bouche, la louange dans notre cœur, l'humilité vraie dans nos renoncements. (Liturgie espagnole du VIIème siècle)

Veillez à la pureté du cœur : l’Esprit Saint habite les âmes simples et candides. C’est lui le maître de la prière qui nous fait demeurer en vraie paix et joie constante, avant-goût du ciel. (Philippe Néri + 1595)

O divin Esprit, je veux être devant vous comme une plume légère, afin que votre souffle m’emporte où il veut et que je n’y apporte jamais la moindre résistance. (François-Marie Libermann + 1852, Commentaire de l’Evangile selon saint Jean)

Lorsque vient l’Esprit de Dieu, il renouvelle toute chose. Nous ne possédons Dieu que lorsqu’il pénètre en nous et que, par conséquent, nous acceptons de ne plus rien posséder. (Père Yves Moreau de Montcheuil + 1944, théologien français)

C’est le vrai Dieu qui appelle, mais l’homme doit lui répondre de telle manière qu’en dehors de tout motif humain, il s’attache tout entier au travail de l’Evangile. Cette réponse ne peut être donnée que si l’Esprit Saint y pousse et en donne la force. (Concile Vatican II, Ad Gentes 4, 5)

Lorsque fut accomplie l'œuvre que le Père avait chargé son Fils de réaliser sur la terre, le Saint-Esprit fut envoyé, le jour de la Pentecôte, afin de sanctifier continuellement l'Église et donner ainsi aux croyants accès vers le Père, par Christ, dans l'unique Esprit. Celui-ci est l'Esprit de vie, source jaillissante pour la vie éternelle, par qui le Père donne la vie aux hommes morts au péché en attendant qu'il ressuscite dans le Christ leurs corps mortels. (Concile Vatican II, L'Esprit et l'Église)


Dictons météorologiques

Avant la Pentecôte, ne découvre tes côtes.
La Pentecôte donne les foins ou les ôte.
Pluie à la Pentecôte, beau temps à la Trinité.


Notes
1 Vocabulaire de théologie biblique, Ed. du Cerf. 1977
2 Abbaye-saint-benoit.ch/saints/bonaventure
3 inxl6.org

Sources


Voir dossier Jésus. Au fil de l'an


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; toute reproduction à but non lucratif est autorisée.

Date de mise à jour : 28/05/2017

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