Pie V

Antonio (Michele) Ghislieri naît le 17 janvier 1504 à Bosco Marengo dans la province d'Alexandrie (Piémont), dans une famille de paysans.
Il entre, à 14 ans, chez les Dominicains (Frères Prêcheurs) de Voghera qui lui transmettent une bonne éducation et une solide et austère piété 2. Il prend le nom de Michele Alexandrin. Le 18 mai 1521, il prononce ses vœux solennels au couvent de Vigevano et est envoyé à l’université de Bologne où, après avoir conquis ses grades de philosophie et de théologie, il enseigne.
Il est ordonné prêtre à Gênes en 1528.
Il est successivement prieur des couvents de Vigevano, de Socino et d’Albe.
En 1550, il est nommé Grand Inquisiteur dans le diocèse de Côme très exposé à la prédication protestante.
En juin 1551, il est nommé commissaire général du Saint-Office à Rome.
Paul IV le fait évêque de Sutri et de Népi le 4 septembre 1556, cardinal le 15 mars 1557 et Inquisiteur général de l’univers chrétien (charge que Paul IV crée spécialement pour lui) le 14 décembre 1558.
En disgrâce sous Pie IV, il est transféré à l’évêché piémontais de Mondovi le 27 mars 1560.
Il s'oppose à Pie IV lorsque celui-ci souhaite admettre Ferdinand de Médicis, âgé de treize ans, dans le Sacré Collège, et au projet de Maximilien II, empereur en 1564, d'abolir pour l'Allemagne le célibat ecclésiastique. 2
Elu pape à l’unanimité le 7 janvier 1566 (grâce à l’opiniâtreté de Charles Borromée, archevêque de Milan, qui sera d’ailleurs l’un de ses plus fidèles collaborateurs), celui qu'on surnommait "le cardinal alexandrin" choisit le nom de Pie et décide de conserver la soutane blanche de son ordre (auparavant les papes portaient la soutane rouge des cardinaux) 1. Il est intronisé le 19.
Inflexible, Pie V décide de réduire drastiquement la vie de luxe et de dissipation menée jusqu'alors par ses prédécesseurs.
Il punit de mort les homosexuels. Il relègue les prostituées dans des quartiers éloignés.
Il interdit les combats de taureaux.
Il s’efforce de réformer les mœurs et de restaurer la piété (les cardinaux doivent donner l’exemple de la continence et de la piété, les prêtres celui de la pureté des mœurs et du dévouement ; les évêques ont l’obligation de résidence ; les laïcs doivent fréquenter les sacrements). Il interdit le trafic d’indulgences.
Il dirige une politique autoritaire de redressement moral de l'institution ecclésiastique.
Il publie le Catéchisme du concile de Trente (1566), une édition révisée du Breviarium romanum (1568) et du Missale romanum (1570).
Il fait ajouter Thomas d’Aquin aux 4 grands docteurs d’Occident (1567) et finance l’édition complète de ses œuvres.
Il réorganise complètement la Pénitencerie (1569) et réforme les autres services de la Curie.
En 1571, il institue la congrégation des Evêques et celle de l’Index.
Pie V fait appliquer les décrets du concile de Trente et aide les catholiques français à persécuter les huguenots (ce mot viendrait de l’allemand "Eidgenossen" (confédérés) qui était le nom donné aux Genevois ; cette étymologie est contestée par Théodore de Bèze pour qui le nom provient de la porte Hugon à Paris près de laquelle se réunissaient les réformés).
Il lutte contre la diffusion des thèses protestantes et approuve la répression des calvinistes aux Pays-Bas espagnols.
Il chasse de nombreux juifs des Etats pontificaux.
Son ascétisme, son opposition au népotisme et ses réformes drastiques ont des effets bénéfiques au sein de l’Eglise, mais son intolérance et sa dureté lui causent beaucoup de tort, en particulier dans le domaine de la politique étrangère, car son attitude entraîne l’hostilité de la France, du Saint Empire germanique et de l’Angleterre (on lui attribue les conspirations papistes qui troublent le règne d’Elisabeth d’Angleterre qu'il excommunie).
Pie V appelle les princes chrétiens à une croisade contre les Ottomans musulmans. En 1570, il forme la Sainte Ligue avec l'Espagne et la République de Venise. La Ligue remporte la victoire navale de Lépante le 7 octobre 1571.
Charles Borromée (+1584), archevêque de Milan, neveu de Pie IV, est l’un de ses plus fidèles collaborateurs ; on appela "ambassadeurs de carnaval" les envoyés auprès du pape, pour réclamer contre les ordonnances par lesquelles Charles Borromée fixait au mercredi des Cendres le commencement du carême, qui ne s’ouvrait auparavant que le lundi suivant, et avait alors exactement 40 jours.
Pie V meurt à Rome le 1er mai 1572 (maladie de la pierre). Son corps est entouré d'une grande vénération de la part des fidèles dans la Basilique de Sainte-Marie-Majeure, à cause des nombreux miracles que Dieu opère par son intercession.
Béatifié le 1er mai 1672 par Clément X, il est canonisé par le pape Clément XI le 22 mai 1712. Paul VI déplace sa fête du 5 mai au 30 avril.

Prophétie de Malachie : Angelus nemorosus (l’ange des bois).

"Pie V consacrera son pontificat à l'application de la Réforme Catholique définie au Concile de Trente, dans toute l'Église, avec une attention particulière pour les diocèses du Nouveau Monde. Les prêtres doivent donner l'exemple de la pureté des mœurs et du dévouement. Les laïcs doivent fréquenter les sacrements et s'instruire dans la foi. Pour favoriser cette restauration de la piété, le pape fait refondre le missel, achever et traduire en plusieurs langues nationales le catéchisme officiel. Il lui faut aussi contrer la diffusion des thèses protestantes. Il encourage les théologiens, crée la Congrégation de l'Index pour protéger les fidèles contre les thèses hérétiques. Il n'hésite pas à excommunier la reine d'Angleterre Élisabeth Ire. Il appelle les princes chrétiens à une croisade contre les Ottomans musulmans qui, un siècle plus tôt, avaient anéanti l'Empire chrétien d'Orient. La flotte turque, réputée invincible, sera écrasée à Lépante le 7 octobre 1571. Il est le pape dynamique de la réforme romaine qui marquera l'Église durant plusieurs siècles." 4

Paroles de Pie V :
- Je préfère passer à la postérité par des exemples de vertu plutôt que de me trouver, en marbre ou en airain, sur une place publique !
- Seigneur, augmentez mes maux, si vous le jugez bon. Mais augmentez en même temps ma patience.


1566. 7 janvier, élection du pape. 19 janvier, intronisation du pape. En février, Ordonnance de Moulins sur la réforme de la justice) : elle limite leur droit de remontrance des Parlements et supprime le droit de grâce des gouverneurs. En février, édit de Moulins sur la règlementation du domaine royal : Charles IX sécularise l’administration des hôpitaux. En mars, édit de fondation de la bourse de Rouen. 5 avril, à l'hôtel de Culembourg à Bruxelles, des nobles se déguisent en gueux au cours d’un banquet patriotique dit "banquet des gueux", avec pour devise : "Pauvres jusqu'à la besace" ; début de la Révolte des Gueux conduite par Guillaume d’Orange. 19 avril, le pape remet en vigueur toutes les lois restrictives édictées par Paul IV contre les Juifs des États pontificaux, mais en étend l’application aux Juifs de tous les pays catholiques. Publication en plusieurs langues nationales du Catéchisme romain officiel : Catechismus ex Decreto Concilii Tridentini ad Parochos (qui sera refait par Jean-Paul II) ; un Catéchisme majeur est édité pour les curés. 5 juin, à Pamiers, les huguenots sont victimes d'attaques sanglantes. En Espagne, poussé par l’Eglise, Philippe II prend des mesures contre les "morisques" (musulmans convertis) ; interdiction de l’arabe et du costume distinctif ; les morisques de Grenade se soulèvent (leur révolte est férocement réprimée en 1570 par Don Juan d’Autriche). 2 juillet, mort de Nostradamus. 26 juillet, Bataille navale d'Oland : la Suède vainc la coalition regroupant le Danemark, la Pologne et Lubeck. 5 août, le sultan Soliman Ier (qui mourra le 6 septembre) assiège la forteresse de Szigetvár (Szeged) défendue par les Croates et les Hongrois qui résistent jusqu’au 8 septembre et périssent les armes à la main au cours d’une ultime sortie ; à la fin du règne de Soliman, ses fils, étant entrés en conflit pour prendre sa succession, il en fit exécuter deux et désigna le troisième comme héritier. 10 août, à Armentières au Pays-Bas, début des émeutes iconoclastes : les protestants calvinistes pillent les églises ; ils incendient et vandalisent peintures et statues catholiques. 24 septembre, à Constantinople, Sélim II succède à son père, Soliman le Magnifique (mort le 6/9), et devient le nouveau sultan de l'Empire ottoman. 21 décembre, le motu proprio Inter multiplices curas commande solennellement que les prescriptions de Paul IV, données en date du 15 février 1559, soient fidèlement observées.

1567. 18 au 20 janvier, au Brésil, les colons français de la baie de Guanabara et les Tamoios 6 sont battus par les Portugais et leurs alliés indigènes à la bataille d'Uruçu Mirim ; le gouverneur Estácio de Sá est mortellement blessé ; un des membres de l'expédition française, le moine André Thévet, rentre avec une herbe encore inconnue : le tabac ; à la suite de la destruction de la colonie « France antarctique », les Portugais construisent une forteresse côtière pour empêcher d'éventuelles nouvelles incursions étrangères, et fondent la cité de Rio de Janeiro. 11 avril, Pie V proclame Thomas d'Aquin docteur de l'Église et oblige les universités à enseigner sa théologie. 15 juin, Marie Stuart est battue à Carberry Hill par la noblesse écossaise révoltée. 24 juillet, après sa défaite, Marie Stuart doit abdiquer à Édimbourg en faveur de son fils Jacques VI ; elle est emprisonnée à Lochleven Castle en Écosse. 25 juillet, Diego de Losada fonde Santiago León de Caracas, aujourd'hui Caracas au Venezuela. 29 juillet, Jacques VI, âgé de 1 an, devient roi d'Écosse sous la régence de Moray, demi-frère de Marie Stuart. 29 juillet, Jacques VI est couronné roi d'Ecosse ; après plusieurs régences, il dirigera l'Ecosse à partir de 1581 en défendant l'absolutisme de droit divin ; en 1603, il deviendra Jacques Ier, roi d'Angleterre et d'Irlande, et persécutera les catholiques et les puritains qui fuiront au Nouveau Monde. En août, le roi Philippe II envoie aux Pays-Bas comme gouverneur le duc d’Albe (Ferdinand Alvare de Tolède, vice-roi d'Espagne) à la tête de 60 000 soldats pour rétablir l’ordre troublé par une explosion de violences iconoclastes commises par des calvinistes (pillages et profanations d’églises). 5 septembre, aux Pays-Bas, le duc d’Albe (+ 1582) crée le Tribunal des troubles dit Conseil du Sang afin de mettre un terme à la révolte des gueux et de réprimer l’hérésie ; plus de 8 000 agitateurs flamands sont condamnés à mort. 26 au 28 septembre, Surprise de Meaux : la tentative du prince de Condé et des protestants de s'emparer de la famille royale (notamment du roi Charles IX) échoue. 29 septembre, début de la deuxième Guerre de religion : l'échec du complot fait craindre aux protestants des représailles qu'ils préfèrent devancer ; ils s'emparent de l'autorité publique dans les villes où ils sont assez puissants; ils lèvent une armée de 30 000 hommes avec des renforts allemands venus du Palatinat (Wolfgang de Bavière) qui met le siège devant Paris. 29/30 septembre, à Nîmes, massacre commis par les protestants lors de la foire de la Michelade : 80 à 90 catholiques (moines et clercs) sont tués et jetés dans un puits de la cour de l'évêché. 1er octobre, Querelle de la grâce : 76 des propositions (dont celle prétendant que la Vierge était morte à cause du péché qu'elle avait contracté d'Adam) extraites des ouvrages de Michel De Bay, dit Baïus, sur la grâce et la prédestination, sont condamnées par la bulle Ex omnibus afflictionibus : Baïus se soumet 5. 6 octobre, aux Pays Bas, Marguerite de Parme, demi-sœur de Philippe II, se démet de ses fonctions de régente et quitte Bruxelles. 1er novembre, bulle De salute Gregis dominici interdisant formellement et pour toujours les courses de taureaux, et décrétant la peine d'excommunication immédiate contre tout catholique qui les autorise et y participe, ordonnant également le refus d'une sépulture religieuse aux catholiques qui pourraient mourir des suites d'une participation à quelque spectacle taurin quel qu'il soit ; face aux réticences de Philippe II d'Espagne, son successeur Grégoire XIII reviendra sur cette décision dès 1575. 10 novembre, les protestants, renforcés de l'armée de Wolfgang de Bavière, se font battre à la bataille de Saint-Denis (où le connétable de Montmorency est mortellement blessé) et lèvent le siège de la capitale. A Rome, Palestrina publie son deuxième Livre de messes contenant la Messe du pape Marcel.

1568. 6 au 13 janvier, le Compromis de Torda en Transylvanie admet 4 religions : catholicisme, confession d'Augsbourg, confession helvétique (Église réformée) et unitariens (antitrinitaires). En Transylvanie, Francis David, gagné aux idées de Michel Servet, fonde la première Eglise unitarienne. 23 mars, la Paix de Longjumeau, signée par Catherine de Médicis et le prince de Condé, confirme l’édit d’Amboise de 1563 : Fin de la 2e guerre de religion. 10 avril, Pie V ordonne de publier la bulle In Cœna Domini dans toute l’Église, tous les Jeudi saint ; elle prévoit l’excommunication de tous ceux qui appellent au concile et empiètent sur la juridiction ecclésiastique. 25 avril, Bataille de Rheindalen dans le Saint-Empire romain germanique : les troupes rebelles hollandaises sont vaincues par l'armée espagnole. 2 mai, Marie Stuart, emprisonnée en Ecosse (elle a abdiqué le 24 juillet 1567 en faveur de son fils), s’évade. 13 mai,  Bataille de Langside : l'armée de Marie Stuart est écrasée ; Marie se réfugie chez sa cousine Elisabeth en Angleterre où elle passera 18 ans en prison. 23 mai, Bataille de Heiligerlee dans la province de Groningue : les armées pro-espagnoles de Jean de Ligne, comte d'Aremberg, sont écrasées par les troupes des mercenaires allemands de Louis Nassau soutenant les Hollandais de Guillaume d'Orange. 14 juin, Alexandre Mircea, descendant de Vlad Dracula, est nommé prince de Valachie. Pie V, pour rendre moins pénible l’esclavage des Amérindiens, suggère à Philippe II que "le joug du Christ devrait être adouci pour les Indiens". Athanase, Basile, Jean Chrysostome et Grégoire de Nazianze sont nommés docteurs de l’Eglise orientale. 9 juillet, le pape promulgue l’édition révisée du Bréviaire (Breviarium romanum) dans lequel il a supprimé la fête de la Présentation de la Vierge Marie au Temple, et la refonte du Martyrologe (première véritable édition). 23 août, Condé et Coligny fuient la Bourgogne pour la ville de La Rochelle où les chefs protestants se rassemblent avec leurs armées : début de la troisième Guerre de religion. 12 septembre, le Parlement de Toulouse enregistre une bulle de Pie V ordonnant la croisade contre les hérétiques. 23 septembre, victoire espagnole sur des corsaires anglais à la bataille San Juan de Ulúa (Veracruz, Mexique) ; John Hawkins et Francis Drake parviennent à s'enfuir de justesse ; 71 marins sont faits prisonniers ; 3 d'entre eux sont brûlés par l'Inquisition à Mexico. 28 septembre, le Parlement enregistre l’Edit de Saint Maur qui interdit le culte protestant. 29 septembre, Éric XIV de Suède, impopulaire, est déposé par la noblesse en faveur de son frère Jean III, avec l'aide de leur frère cadet Charles ; Eric sera tué en prison en 1577. Nuit du 24 au 25 décembre, Grenade, révolte des morisques (musulmans convertis) ; les Espagnols, menés par le demi-frère de Philippe II d'Espagne, Juan d'Autriche, materont la rébellion, dans les montagnes des Alpujarras, en janvier 1570.

1569. 25 janvier, le roi Philippe II d'Espagne établit l'Inquisition dans le Nouveau Monde afin de pourchasser les marranes (juifs convertis de force) qui y sont en exil ; le premier tribunal du Saint-Office est érigé à Lima, au Pérou ; en 1570, le pape soustraira les Amérindiens à la juridiction de l’Inquisition. Le pape déclare que les boissons chocolatées ne sont pas des aliments et qu'elles peuvent même rendre ivre pendant le jeûne religieux 3. 4 mars, bulle Hebraeorum gens contre les juifs qui sont expulsés des états pontificaux à l'exception de Rome, d'Ancône et du Comtat Venaissin ; le pape accuse les Juifs de dérober les indigents Chrétiens de leurs subsitences (subsistances) par l'usure et d'accepter des voleurs et leur butin. 13 mars, défaite des protestants à Jarnac où le protecteur des réformés, Louis Ier de Bourbon, prince de Condé, est tué par Montesquiou, capitaine des gardes du duc d’Anjou (le futur Henri III). 28 mars, Pie V écrit à Charles IX, au sujet de la bataille de Jarnac : « Plus le Seigneur nous a traités vous et moi avec bonté, plus vous devez profiter avec soin et diligence de l’occasion que vous offre cette victoire pour poursuivre et détruire tout ce qui reste encore d’ennemis, pour arracher entièrement toutes les racines et jusqu’aux moindres fibres d’un mal si terrible et si fortement établi... Vous y parviendrez si aucun respect humain ne peut vous induire à épargner les ennemis de Dieu, qui n’ont jamais épargné Dieu, qui ne vous ont jamais épargné vous-même. Car vous ne réussirez point à détourner la colère de Dieu si ce n’est en le vengeant rigoureusement des scélérats qui l’ont offensé et en leur infligeant la punition qu’ils méritent ». 13 avril, le pape écrit à Catherine de Médicis : « Pleine de confiance vous devez, d’accord avec votre fils, le roi Très Chrétien, employer toutes vos forces pour venger les injures faites à Dieu tout-puissant et à ses serviteurs, en traitant les rebelles avec une juste sévérité. C’est ainsi seulement que, leur ayant infligé la punition que méritent leurs forfaits, le Seigneur se laissera fléchir... N’épargnez aucun moyen, aucun effort pour que ces hommes exécrables périssent dans les supplices qui leur sont dus ». En Espagne, révolte des Morisques. En juin, contre le lord-gouverneur d'Irlande, Sir Henry Sidney, qui veut imposer les institutions de l'Eglise anglicane en Irlande, insurrection catholique dirigée par James FitzMaurice FitzGerald ; faute d'appuis (le pape et l'Espagne s'abstiennent de toute intervention, la rébellion s'éteint. 25 juin, défaite des catholiques à La Roche L’Abeille (Hte Vienne). 1er juillet, signature de l'Union perpétuelle de Lublin entre le royaume de Pologne et le Grand-duché de Lituanie qui ne forment plus qu'un seul Etat : la République des Deux Nations. 17 septembre, bulle Consueverunt romani dans laquelle Pie V écrit très clairement que saint Dominique a "inventé et propagé ensuite dans toute la sainte Église romaine un mode de prière, appelé Rosaire ou psautier de la bienheureuse Vierge Marie, qui consiste à honorer la bienheureuse Vierge par la récitation de cent cinquante Ave Maria, conformément au nombre des psaumes de David, en ajoutant à chaque dizaine d'Ave l'Oraison dominicale et la méditation des mystères de la vie de Notre-Seigneur Jésus- Christ". 3 octobre, Bataille de Moncontour : l’armée protestante de Coligny est vaincue par le duc d’Anjou (futur Henri III). 18 octobre, premières défaites franco-ottomanes. Gérard Mercator invente la projection qui portera son nom : projection cylindrique tangente à l'équateur du globe terrestre sur une carte plane (planisphère).

1570. 23 janvier, à Linlithgow (Ecosse), l'assassinat du régent Moray, chef des protestants écossais, par James Hamilton, engendre la guerre civile en Ecosse. Début de la persécution des puritains (presbytériens attachés à la lettre des Ecritures) par les souverains anglais. 25 février, la bulle Regnans in excelsis excommunie Elisabeth Ire comme hérétique et délie ses sujets de leur serment de fidélité. 11 juin, le concile de Malines (Belgique), présidé par Michel Rhytovius, évêque d’Ypres, reconnaît les décisions du concile de Trente et adopte diverses mesures relatives à la discipline : on ordonne aux sages-femmes de donner chaque semaine à leurs curés les noms des femmes qu’elles ont accouchées ; aux curés d’inscrire sur un registre le nom de ceux qui se confessent pendant le carême et de n’enterrer que ceux dont les noms se trouvent sur leur registre ; on fait le dénombrement des fêtes observées dans la province de Malines, et on interdit pour ces jours-là toute œuvre servile ; on s’occupe des jeûnes, des indulgences, des mœurs du clergé, des écoles, des séminaires, etc. 27 juin, défaite des catholiques à Arnay-le-Duc (Côte d’Or). Le pape rattache les communautés de l'ordre de Flore à l'Ordre de Cîteaux (seules celles de Fiore et de Fonte Laureato subsistent à la fin du XVIIIème siècle avant de disparaître sous le régime napoléonien d'Italie). Le pape crée l'Ordre de la Croix de Jésus-Christ et de la Foi de Saint Pierre Martyr. 14 juillet, la bulle Quo primum tempore organise la célébration du Saint-Sacrifice de la Messe et promulgue l’édition révisée du Missel Romain (Missale romanum). 15 juillet, dans les îles Canaries, près de Las Palmas, Ignace Azevedo et ses 39 compagnons jésuites sont massacrés par des pirates calvinistes. 8 août, Paix de Saint-Germain, fin de la troisième Guerre de Religion ; Charles IX promulgue le 15 l’Edit pour la paix religieuse, la liberté de conscience et une relative liberté de culte ; les protestants obtiennent 4 places de sûreté : La Rochelle, Cognac, Montauban et La Charité. 9 septembre, les Turcs envahissent Chypre, alors possession vénitienne ; le pape appelle à la croisade et forme la Sainte Ligue, une alliance contre les Turcs (la France, l’Empire et l’Angleterre ne s’engagent pas ; seuls l’Espagne, Malte, Venise, Gênes, la Savoie et le pape organiseront une flotte). Pie V donne à Cosme Ier de Médicis le titre de grand-duc de Toscane. Après avoir proclamé Thomas d’Aquin docteur de l’Église en 1567, le pape suscite et patronne la première édition complète de ses œuvres. 30 novembre, bulle Super speculam Domini : pour apaiser les troubles et les scandales au sujet de la croyance en l’Immaculée conception, Pie V défend de traiter de cette controverse, ni pour ni contre, dans les assemblées publiques d’hommes et de femmes, et d’en disputer dans des écrits en langue vulgaire. 13 décembre, Traité de Stettin mettant fin à la guerre entre la Suède et le Danemark.

1571. 23 janvier, Thomas Gresham fonde la Bourse de Londres (Royal Exchange). 5 mars, le pape établit la Congrégation de l’Index chargée d’examiner les livres afin de protéger les fidèles des thèses hérétiques. 14 mars, mort de Jean Sigismond (Jean II roi de Hongrie), sans héritier ; début de la persécution des unitariens (antitrinitaires) en Transylvanie : ils rejoignent l’Église réformée ou fuient en Pologne. En avril, Palestrina devient maître des chœurs de la chapelle Giulia (il va publier de nombreux livres de messes et de motets). 13 avril, Synode de la Rochelle : Confession de foi calviniste. En mai, à Genève, exécution de 21 sorcières. En mai, révolte des Indiens au Pérou : l'inca Titu Kusi Yupanqui (1560-1571) meurt peut-être empoisonné ; début du règne de Túpac Amaru, dernier souverain inca (il sera exécuté en 1572). 24 mai, en Russie, Devlet Girey, khan des Tatars de Crimée occupe Moscou : il brûle la ville et massacre la population. 25 mai, Etienne Ier Bathory devient prince de Transylvanie. 3 août, à Chypre, le sultan Selim prend Nicosie et Famagouste après une résistance héroïque et souille sa victoire par la plus odieuse cruauté en faisant écorcher vifs les défenseurs survivants ; l’Empire ottoman établit l’autorité de l’Église orthodoxe ; il conservera l’île jusqu’en 1878, date à laquelle il la cédera à la Grande-Bretagne en échange de son soutien diplomatique pendant la guerre russo-turque. 7 octobre, dans le golfe de Patras, devant Lépante, les Turcs sont vaincus par la flotte de la Sainte Ligue (Espagne, Venise et Etats Pontificaux soit 200 galères et 6 galéasses) commandée par Don Juan d’Autriche, fils naturel de Charles Quint, qui est blessé ; l’amiral Ali Pacha est tué et décapité ; le soldat Cervantès perd sa main gauche ; il y a 30 000 morts chez les Turcs, 10 000 chez les chrétiens ; la conquête musulmane est stoppée, l’Occident est sauvé ; Pie V qualifie Don Juan de "Sauveur du monde" ; le pape ajoute aux Litanies de la très Sainte Vierge une invocation supplémentaire, "Secours des chrétiens, priez pour nous", et il institue la fête de Notre-Dame des Victoires que son successeur, Grégoire XIII, fera ensuite célébrer, sous le nom de fête du Rosaire, chaque premier dimanche d’octobre dans toutes les églises. Publication de la traduction en langue basque du Nouveau Testament.

1572. Elisabeth Ire interdit le jeu de "foteballe" dans les rues de Londres. 1er avril, aux Pays-Bas, la flotte des terrifiants Gueux de la mer, organisée par le prince d’Orange et soutenue financièrement par l’Angleterre, s’empare du port de La Brielle : les couvents sont pillés, des catholiques massacrés. 1er mai, mort du pape Pie V.


Notes
1 http://missel.free.fr/Sanctoral/04/30.php
2 http://www.newadvent.org/cathen/12130a.htm
3 http://lucid-state.org/wiki/Theobroma_cacao. En 1662, les théologiens se demandèrent si le chocolat rompait le jeûne ; les jésuites déclarèrent que le chocolat pris à l'eau n’était qu’une simple boisson ; une bulle papale d'Alexandre VII expliqua que boire du chocolat liquide ne rompait pas le jeûne (Le Chocolat - Pour la petite histoire, meileurduchef.com).
4 http://nominis.cef.fr/contenus/fetes/30/4/2012/30-Avril-2012.html
5 Michel de Bay, dit Baïus, fut un théologien reconnu, qui introduit notamment les bases du jansénisme. Docteur en philosophie, il devint recteur du collège Adrien, à Louvain. Il se rapprocha des idées théologiques prônées par le concile de la Contre-Réforme, et fut publiquement condamné par le pape Pie V. Cela ne l'empêcha pas de poursuivre sa carrière et d'approfondir sa doctrine en opposition aux principes stricts du concile de Trente. http://www.linternaute.com/histoire/jour/16/9/a/1/1/index.shtml
6 Tamoios : alliance formée, en 1560, par trois caciques tupinambas aguerris et quelques villages d'autres ethnies (Goitacases, Guaianases et Aimorés) avec l'objectif clair de combattre les Portugais. https://fr.wikipedia.org/wiki/Tamoios

Sources


Liste des papes


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; toute reproduction à but non lucratif est autorisée.

Date de mise à jour :
16/09/2017
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