Pie VIII

Francesco Saviero Maria Felice Castiglioni naît le 20 novembre 1761 à Cingoli dans une famille de noblesse provinciale.
Il fait ses études au collège des Jésuites d’Osimo, puis, se destinant à la prêtrise, il poursuit une formation en droit canon à Bologne et à Rome.
Il est vicaire général d'Anagni en 1789, puis évêque de Montalto (1800), puis de Cesena (8 mars 1816) et de Frascati (1821), ensuite grand pénitencier (1821) et cardinal (1822), et enfin préfet de la congrégation de l’index.
Elu le 31 mars 1829, il choisit le nom de Pie et est intronisé le 5 avril.
Pieux et défenseur tenace de la tradition, Pie VIII est hostile au libéralisme et aux sociétés secrètes des démocrates italiens.
Il permet aux évêques français de prêter serment au roi Louis-Philippe après la révolution de 1830.
Il fait restaurer les monuments antiques de Rome. C'est un numismate distingué.
Il meurt à Rome le 30 novembre 1830.

Prophétie de Malachie : Vir religiosus (homme religieux).


1829. 31 mars, élection du pape. 13 avril, en Grande-Bretagne, Bill d’émancipation des catholiques ; toutes les mesures discriminatoires (depuis 1673) sont abrogées par le Roman Catholic Relief Act obtenu par le député irlandais Daniel O'Connel (1775-1847) pourtant exclu de l'Eglise parce que franc-maçon. 19 avril, déclaration de l’indépendance du Venezuela. En mai, dépert de l'expédition de John Ross en compagnie de son neveu James Clark Ross pour trouver le Passage du Nord-Ouest. 11 mai, un brevet d'invention est accordé à Cyrill Demian, facteur de piano et orgues à Vienne (Autriche) pour son "accordion", instrument à anche libre et à soufflet.  24 mai, l'encyclique Traditi humilitati nostrae condamne
l'indifférentisme 3 et dénonce les dangereux agissements des sociétés secrètes. 6 juin, à Terre Neuve, mort de Shawnadithit, la dernière Béothuk, de la tuberculose, « cette toux du diable » qui a décimé son peuple. En Inde, les anglais interdisent la pratique du "sati" (tradition hindoue qui veut qu’une veuve soit immolée ou s’immole avec son mari). 23 juillet, première machine à écrire proprement dite, mise au point par William Austin Burt de Détroit (elle sera détruite dans l’incendie de l’Office des Brevets à Washington en 1936). 1er août, premier tirage de la Revue des Deux Mondes fondée par François Buloz. 8 août, Charles X remplace le ministère Martignac, par le prince de Polignac, un ultra, entouré de Bourmont et de La Bourdonnais ; La Fayette est à la tête de l’opposition tandis que Thiers soutient le parti des Orléanistes. 8 août, Bataille de Vila da Praia, capitale de Terceira, île des Açores, durant la guerre civile portugaise : afin de conquérir les Açores qui soutiennent Marie II, la reine légitime, le roi Miguel envoie une flotte de 22 navires qui est repoussée par les libéraux ; Vila da Praia devient la base des partisans de la reine : elle sera renommée Vila da Vitoria à la fin de la guerre. 14 septembre, Traité d’Andrinople signé par le tsar et le sultan : Mahmud II accepte l’indépendance grecque et l’autonomie serbe et accorde à la Russie la libre navigation à l’embouchure du Danube et dans la mer Noire. 2 décembre, l'esclavage est rétabli au Texas qui est exempté de la loi d'abolition en vigueur au Mexique. 8 décembre, après avoir battu le général Juan Lavalle, Juan Manuel de Rosas, est proclamé gouverneur de Buenos Aires. Charles Fourier préconise dans Le Nouveau Monde industriel et sociétaire une organisation sociale basée sur de petites unités coopératives de production et de consommation : les phalanstères. Procédé pour écrire les paroles, la musique et le plain-chant au moyen de points, à l’usage des aveugles et disposés pour eux (véritable acte de naissance du système braille) par Louis Braille, répétiteur à l’institution Royale des Jeunes Aveugles ; Louis Braille y apporte des améliorations et une deuxième édition paraîtra en 1837.

1829 (printemps) à mai 1832 : Guerre des Demoiselles, une rébellion en Ariège due à l'application d'une nouvelle réglementation du code forestier (votée le 27 mai 1827).

1830. En Europe et en Afrique : épidémie de choléra. 20 janvier, atteint par la tuberculose et en guerre contre le Pérou, Simon Bolivar, dictateur de la Grande-Colombie, décide d'abdiquer : son abdication sera effective le 4 mai. 3 février, à Londres, le sultan turc Mahmoud II signe le protocole qui reconnaît l’indépendance de la Grèce après 4 siècles de domination ottomane et accorde la liberté de navigation à la marine russe dans la mer Noire. 2 mars, Discours du Trône : Charles X menace l'opposition et annonce l'intervention d'Alger. 15 mars, la bulle Litteris altero condamne les sociétés secrètes. 17 mars, fondation de la Société géologique de France (SGF). 18 mars, 221 députés votent une "adresse" exprimant leur défiance envers le gouvernement réactionnaire de Polignac. 25 mars, Marc Seguin obtient le brevet (dont il a déposé la demande en 1827) pour sa chaudière tubulaire pour locomotive. 28 mars, fin de la Guerre de Java : le prince Diponegoro, fils aîné du sultan Hamengkubuwono II de Yogyakarta, qui s'est opposé aux Hollandais en train de construire leur grande route postale (Groote Postweg), est vaincu ; arrêté à Magelang, il est exilé à Makassar où il mourra en 1855. 29 mars, le roi Ferdinand VII d’Espagne fait adopter une loi autorisant les femmes à hériter de la couronne. 31 mars, le roi Ferdinand VII d'Espagne promulgue la Pragmatique Sanction, une loi qui a pour conséquence d'annuler la loi salique : sa fille Isabelle lui succédera donc à sa mort en 1833, au grand mécontentement des Bourbons qui souhaitaient le couronnement du frère du roi, Charles de Bourbon. 6 avril, aux Etats-Unis, à Kirtland Hills (Ohio), Joseph Smith 1 et Oliver Crowdy fondent l'Église du Christ qui deviendra l’Eglise de Jésus Christ des saints des derniers jours (Mormons). 16 mai, Charles X dissout la Chambre des députés. En Uruguay, abolition de la traite. 18 mai, la tondeuse à gazon est inventée par le Britannique Edwin Beard Budding. 28 mai, aux USA, le pdt Andrew Jackson signe la loi de déplacement des Indiens (Indian Removal Act) qui déporte des dizaines de nations amérindiennes de l’Est américain à l’Ouest du Mississippi car de l’or vient d’être découvert sur leur territoire. 26 juin, mort de George IV, roi du Royaume-Uni et d'Irlande : son frère, Guillaume IV, lui succède. 5 juillet, Prise d’Alger par le corps expéditionnaire français (37 000 hommes) commandé par le général Bourmont qui a débarqué sur la plage de Sidi Ferruch le 14 juin ; l’ordre du bombardement de la ville par la flotte de l’amiral Duperré puis celui de l’assaut ont été donnés le 4 juillet ; il s’agit officiellement d’une expédition punitive, le dey d’Alger ayant, le 30 avril 1827, donné un coup de chasse-mouches au consul de France qui refusait de s’engager sur le remboursement d’un prêt consenti à la France il y a 30 ans et remboursé seulement à moitié ; la reddition est signée par le dey Hussein contre la garantie de conserver sa liberté et ses richesses personnelles. 17 juillet, invention de la machine à coudre par Barthélemy Thimonnier. Nuit du 18 au 19 juillet, à Paris, rue du Bac, dans la chapelle de la communauté des Filles de la Charité, première apparition de la Vierge à sœur Catherine Labouré (2e apparition le 27-11 et 3e en décembre). 25 juillet, sur les conseils de son premier ministre, le duc Jules de Polignac, Charles X signe les 4 ordonnances "scélérates" de Saint-Cloud : dissolution de la Chambre élue le 3 juillet (274 sièges à gauche contre 143 au gouvernement), convocation des électeurs le 13 septembre, modification de la loi électorale (réforme du cens électoral pour exclure la bourgeoisie du suffrage), abolition de la liberté de presse et rétablissement de la censure. 26 juillet, publication des 4 Ordonnances. 27 au 29 juillet, "les Trois Glorieuses" : insurrection populaire à Paris en réaction à l’attitude autoritaire du roi, barricades dans les quartiers populaires, prise du Louvre et pillage des Tuileries, sac de l’archevêché de Paris, agressions contre les ecclésiastiques (plusieurs centaines de victimes). 30 juillet, Charles X retire les 4 ordonnances ; un gouvernement provisoire, présidé par La Fayette s’installe à l’Hôtel de Ville et annonce que "Charles X a cessé de régner sur la France" ; Adolphe Thiers fait appel à Louis-Philippe d’Orléans qui s’installe au Palais Royal et adhère au drapeau tricolore. 31 juillet, au matin, Louis Philippe publie une proclamation dans laquelle il déclare accepter la lieutenance générale du royaume ; les députés de l’opposition nomment Louis-Philippe d’Orléans lieutenant-général de France. 1er août, une ordonnance rétablit officiellement la cocarde tricolore ; une autre ordonnance convoque les chambres pour le 3 août. 2 août, à Rambouillet, Charles X abdique, puis, 20 minutes après, convainc son fils, Louis Antoine de Bourbon ("Louis XIX") à abdiquer à sa suite, et demande à son cousin le duc d’Orléans d’annoncer que cette abdication se fait au profit de son petit-fils Henri, duc de Bordeaux (futur comte de Chambord : "Henri V" (qui ne règnera jamais). 3 août, Louis-Philippe annonce aux Chambres, les abdications de Charles X et du dauphin sans mentionner qu’elles sont en faveur du duc de Bordeaux. 6 août, Bérard propose à la Chambre de nommer roi le duc d’Orléans ; Louis-Philippe d’Orléans est soutenu entre autres par La Fayette, 73 ans, chef de l’opposition libérale et commandant de la Garde nationale (La Fayette repassera dans l’opposition en 1831). 6 août, une ordonnance décide que le coq gaulois remplacera la fleur de lys sur la hampe des drapeaux. 7 août, la proposition d’amendement de la Charte constitutionnelle de 1814 est votée par 219 voix sur 252 ; un vote favorable des Chambres nomme Louis-Philippe d’Orléans "roi des Français" (il refuse le titre de roi de France) sous le nom de Louis-Philippe Ier. 8 août, Traité entre le Bey de Tunis et la France : suppression de la course, de l'esclavage, des redevances ; Hussein II accorde la concession d'un emplacement à La Malga pour y construire une chapelle en mémoire de saint Louis. 9 août, Louis-Philippe Ier prête serment à la Charte constitutionnelle. 14 août, Louis-Philippe ordonne que la Charte constitutionnelle de 1814, telle qu’elle a été amendée par les deux Chambres le 7 août et acceptée par lui le 9, soit publiée (utilisation du drapeau tricolore, baisse du cens, abolition de la censure et liberté de la presse, initiative des lois reconnue également à la Chambre, le catholicisme n’est plus religion d’Etat). Triomphe de l’anticléricalisme romantique (exemple : Stendhal) ; les prêtres doivent être écartés de la vie sociale car ils sont "laids, bêtes et méchants" ; le jésuite est "l’homme noir" ; les jésuites sont proscrits et partent inaugurer des missions au Liban et aux Etats-Unis. 25 août, à Bruxelles, catholiques et libéraux se soulèvent "contre l'oppresseur hollandais". 27 août, en France, mort du Prince Louis de Condé retrouvé pendu dans son château. 31 août, l'ingénieur britannique Edwin Beard Budding dépose le brevet de sa tondeuse à gazon. 15 septembre, inauguration de la première ligne régulière de chemin de fer entre Liverpool et Manchester. 23 au 26 septembre, la partie catholique des Pays-Bas se révolte contre les Hollandais et donne naissance à la Belgique. 1er octobre, création du Corps des zouaves par la France ; les zouaves sont un type d'unité d'infanterie, qui a existé dans peu d'armées : Empire ottoman, France, États pontificaux, États-Unis, durant une courte période (1830-1962) ; ils doivent leur nom à la confédération tribale kabyle des Zouaouas. 2 octobre, dissolution de la Société des amis du peuple : naissance de la Société des Droits de l’Homme. 4 octobre, le gouvernement provisoire belge proclame l’indépendance de la Belgique. 16 octobre, premier numéro de l’Avenir dans lequel Lamennais (prêtre depuis 1816), Lacordaire 2 et Montalembert militent pour que l’Eglise prenne des distances avec la monarchie. 8 novembre, début du règne de Ferdinand II, roi des Deux-Siciles. 10 novembre, ouverture du Congrès National belge qui édicte une constitution d'inspiration libérale donnant à la Belgique un statut de monarchie constitutionnelle tout en excluant de la couronne de Belgique les membres de la famille royale hollandaise, la maison d'Orange-Nassau. 29 novembre, Varsovie se soulève après l’annonce de l’engagement de troupes polonaises sous commandement russe pour aller lutter contre la révolution belge ; le mouvement aboutira à une déclaration d’indépendance au mois de janvier, mais la Russie noiera cet espoir dans le sang les mois suivants. 30 novembre, mort du pape Pie VIII. 5 décembre, au Conservatoire de Paris, première de La Symphonie fantastique d'Hector Berlioz. A la fin de l'année, à Renaix (Belgique), E.-M. Glorieux fonde les Frères des Bonnes Oeuvres (Frères de N.-D. de Lourdes en 1888).


Vacance du Saint-Siège (jusqu'à l'élection de Grégoire XVI le 2 février 1831)

1830 (suite). 11 décembre, échec de la Conspiration de Saint-Pierre projetée par la carbonaria contre le pouvoir temporel du pape ; les conjurés sont arrêtés par la gendarmerie pontificale ; Louis-Napoléon est expulsé de Rome. En décembre, en France, création de l’Agence pour la défense de la liberté religieuse ; abolition de la loi sur le sacrilège. 12 décembre, le sultan turc reconnaît l’autonomie de la Serbie. 15 au 21 décembre, procès des ministres de Charles X. 20 décembre, la Conférence de Londres (réunissant Angleterre, Autriche, Prusse, France et Russie) reconnaît l'indépendance de la Belgique.

1831. 1er janvier, à Boston, parution du 1er numéro du Journal anti-esclavagiste The Liberator par William Lloyd Garrisson. 20 janvier, la Conférence de Londres attribue la totalité du Luxembourg, la partie du Limbourg à l'est de la Meuse et Maastricht au roi des Pays-Bas et décide que la Belgique sera un État perpétuellement neutre sous la garantie des cinq puissances (Royaume-Uni, Autriche-Hongrie, France, Prusse, Russie). 25 janvier, la Diète polonaise vote la déposition du roi de Pologne, le tsar Nicolas Ier ; le 29, un gouvernement national est mis en place avec à sa tête le prince Adam Czartoryski ; les troupes russes, entrés en Pologne le 7 février, ne reprendront Varsovie que le 8/9/1831. 31 janvier, procès de l’Avenir pour outrages au gouvernement : Lacordaire est acquitté.


Notes
1 Fondateur de la communauté des mormons, Joseph Smith reçut l’inspiration de sa mission d’un ange qui lui aurait indiqué l’endroit où était caché un livre aux feuilles d’or sur lesquelles le prophète Mormon avait gravé l’histoire des premiers Américains. L’ange Moroni permit à Smith de traduire ce livre fantastique qui devint le Livre de Mormon que les adeptes considèrent comme étant la parole de Dieu. Le 27 juin 1844, Smith et son frère Hyrum furent lynchés par la populace hostile alors qu’ils étaient détenus dans la prison de Carthage (Illinois). Son successeur, Brigham Young, conduisit les mormons jusqu’en Utah, où ils édifièrent en 1847 la ville de Salt Lake City sur la rive du Grand Lac salé.
2 Avocat à Paris, Henri Lacordaire (1802-1861) devint prêtre en 1827, après avoir lu Le Génie du christianisme. Il rejoignit, sous l’influence de Lamennais, un petit groupe d’intellectuels et fut l’un des fondateurs du journal polémique l’Avenir. Toutefois, ce dernier arrêta de paraître suite à la condamnation des idées de Lamennais par la papauté en 1832. Lacordaire se plia au décret pontifical et se consacra corps et âme à la prédication. Lacordaire entra chez les Dominicains à Rome en 1839. Le rétablissement de cet ordre en France fut sa réussite majeure. « La charité de la doctrine est la première charité. Charité d’autant plus nécessaire que l’homme n’aime pas la vérité, qu’il en méconnaît le bien, et lui oppose constamment l’inertie de l’ignorance et l’activité de l’erreur… Et c’est pourquoi il faut à la doctrine non seulement la volonté de se donner, mais l’amour, le courage, la patience, l’héroïsme du don poussé jusqu’au martyre même » (Lacordaire).
3 Dans l'acception utilisée par différentes encycliques de l'Église catholique romaine pour condamner l'indifférentisme, il s'agit d'une croyance d'après laquelle on peut faire son salut dans toutes les religions. http://fr.wikipedia.org/wiki/Indiff%C3%A9rentisme

Sources


Liste des papes


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; toute reproduction à but non lucratif est autorisée.

Date de mise à jour : 24/06/2017
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