Pie XII
Eugenio Pacelli naît à Rome le 2-3-1876.
Il est ordonné prêtre en 1899.
Il est professeur de droit canon à l’Institut d’Apollinaire puis il enseigne la diplomatie à l’Académie des ecclésiastiques nobles à Rome.
En 1901, il rentre au secrétariat d’Etat du pape.
En 1904, il est chargé de rédiger le Livre blanc sur la séparation de l’Église et de l’État en France.
Après 1904, il aide l’archevêque italien Pietro Gasparri à établir une nouvelle codification du droit canon (promulgué en 1917) ; il succède à Gasparri au poste de secrétaire du Service pontifical des affaires extraordinaires.
Devenu principal responsable des relations extérieures du Saint-Siège, Mgr Pacelli est chargé des interventions de Benoît XV, en 1917, en vue de ménager une paix blanche.
Nonce à Munich en 1920 puis à Berlin (1924-1927), il prépare les concordats de Bavière (1924) et de Prusse (1929), annonciateurs du concordat de 1933 avec le IIIe Reich, et négocie avec les diplomates soviétiques les bases d’un accord analogue à un concordat, à l’époque même où son frère Francesco amorce avec l’entourage de Mussolini les contacts qui conduiront en 1929 à la signature des accords du Latran.
Il est cardinal en 1929 et secrétaire d’Etat de Pie XI (1930).
Il est légat pontifical de 1934 à 1938.
Elu le 2-3-1939, il choisit le nom de "Pie" ; il est intronisé le 12.
Pie XII internationalise le Sacré Collège en y faisant entrer une majorité de non-Italiens et multiplie les diocèses en pays de mission. Il enlève aux Italiens la majorité qu’ils ont toujours détenue au sein du collège cardinalice (sauf au temps de la papauté d’Avignon) pour que, dit-il, y « soient représentés le plus grand nombre possible d’origines et de peuples, et que le Sacré Collège soit par conséquent une image vivante de l’Église universelle ».
Il a la réputation d’être avare et de contrôler toutes les dépenses (on dit qu’il fait le tour des appartements pontificaux pour éteindre les lumières inutiles).
Il a la phobie des mouches et a toujours un tue-mouches sur son bureau.
Pie XII meurt le 9-10-1958 (congestion cérébrale).
Il a écrit dans son testament : « La remémoration des fautes et des erreurs qui furent commises pendant un si long pontificat m’a révélé mon insuffisance. »

Pie XII a déclaré :

« Le péché du vingtième siècle est la perte du sens du péché ». (26 octobre 1946)

"Assurément, nous ne sommes pas tous appelés à subir le martyre. Mais nous sommes tous appelés à posséder la vertu chrétienne. Notre activité persévérante ne devra jamais se relâcher jusqu’à la fin de notre vie. C’est pourquoi on peut parler aussi d’un martyre lent et prolongé." (24 juin 1950, lors de la canonisation de sainte Marietta)

Prophétie de Malachie : Pastor angelicus (Pasteur angélique).


La polémique sur l’attitude de Pie XII face aux nazis

Au cours de la 2e Guerre mondiale, Pie XII tenta d’empêcher par des actions diplomatiques personnelles ; il multiplia les efforts en faveur de la paix et prit des mesures d’assistance pour les victimes de la guerre.
S’il condamna le fascisme et le nazisme, son silence face à la shoah suscite des polémiques (la Commission d’instruction de la cause de béatification de Pie XII a vérifié l’absence de fondement des accusations portées sur son silence sur les persécutions nazies contre les Juifs).

Dans Le Monde du 13 décembre 1963, Pinhas Lapid, consul d’Israël à Milan durant le pontificat de Pie XII, déclare : « Je peux affirmer que le Pape personnellement, le Saint-Siège, les nonces et toute l’Eglise catholique ont sauvé de 150.000 à 400.000 juifs d’une mort certaine (...) Je comprends très mal d’ailleurs que l’on s’en prenne maintenant à Pie XII, alors que pendant de nombreuses années on s’est plu ici à lui rendre hommage ». Auteur de Rome et les Juifs (Seuil, 1967), Pinhas Lapid, après des enquêtes approfondies menées dans toute l’Europe et dans les archives de Jérusalem ainsi qu’auprès des survivants aboutit finalement au chiffre de 800.000 Juifs sauvés grâce à Pie XII : « Etant Juif, croyant et Israélien, j’ose espérer que ma documentation aura un certain poids, peut-être assez pour essuyer un peu de la haine, la diffamation et les mensonges de ces dernières années » (Lettre à René Cassin, dans L’Homme Nouveau).

Peter Gumpel, un jésuite allemand, a recueilli des centaines de témoignages (beaucoup émanant de rabbins). Le rabbin Dalin précise que 3.000 juifs avaient été cachés à Castel Gandolfo et des milliers d’autres dans les congrégations religieuses de Rome et les bâtiments du Saint-Siège, leur permettant ainsi d’échapper à la grande rafle des juifs de Rome, en octobre 1943.
Selon Peter Gumpel, Pie XII, convaincu que Hitler était possédé par le diable, a tenté de l'exorciser à distance à plusieurs reprises.

Dès le 29 novembre 1944, une délégation de 70 rescapés juifs vient, au nom de la United Jewish Appeal (organisme dirigeant du mouvement sioniste mondial), exprimer à Pie XII la reconnaissance des Juifs pour son action en leur faveur ; Albert Einstein mêle sa voix au concert de louanges et d'hommages en déclarant que "l'Eglise catholique a été la seule à élever la voix pour dénoncer l'assaut mené par Hitler contre la liberté".

Le 13 février 1945, le grand rabbin de Rome, Israël Zolli, qui avait été caché au Vatican, se fait baptiser avec son épouse, et prend le prénom de baptême du pape (Eugenio) en signe de reconnaissance.

A la mort de Pie XII en 1958, Golda Meïr, ministre israélien des affaires étagères s’exprime dans ces termes à l’O.N.U. : « Nous partageons la douleur de l’humanité pour la mort de Sa Sainteté Pie XII... Nous pleurons un grand serviteur de la paix et de la charité. Pendant les dix années de la terreur nazie, quand notre peuple a souffert un martyr effroyable, la voix du pape s’est élevée pour condamner les bourreaux et pour exprimer sa compassion envers les victimes. (…) A l’inverse d’autres confessions chrétiennes, l’Eglise romaine a ainsi pleinement rempli sa mission prophétique en dénonçant à la face du monde - pour l’époque, mais hélas aussi pour maintenant encore ... - la montée des périls et la perversité intrinsèque de ces doctrines et politiques de mort. Alors que les démocraties cherchaient encore à pactiser avec le diable par leurs concessions successives à Hitler, la Rome chrétienne opposa, dans le courage et la solitude, toute la force spirituelle à la puissance idéologique et matérielle. Il n’y a donc aucun « devoir de repentance » à exiger du Siège Apostolique » (Monde et Vie).

Les « silences » de Pie XII devant l’extermination des juifs et l’absence de sanctions ecclésiastiques contre le peuple allemand et ses chefs, qui lui furent reprochés, alimentent en 1963 une très vive campagne provoquée par la pièce Le Vicaire, du dramaturge allemand Rolf Hochhuth. Une triple explication de son comportement a été donnée : la prudence excessive de son tempérament, la force de son anticommunisme et la peur de voir éclater le catholicisme allemand et se constituer une Église nationale (le tout encouragé par l’indéniable tradition d’antisémitisme présente dans le catholicisme).

La publication par 4 jésuites historiens (Pierre Blet, Robert Graham, Angelo Martini et Burkhart Schneider), entre 1965 et 1982, d’une collection en douze volumes intitulée Actes et documents du Saint-Siège relatifs à la Seconde Guerre mondiale (documents du Saint-Siège entre 1939 et 1945), ne laisse aucun doute sur l’ampleur de l’action caritative du Vatican, de ses interventions discrètes en faveur de dizaines de milliers de victimes.

Le 4 novembre 1998, Israël demande au Vatican un moratoire de cinquante ans pour le procès en béatification de Pie XII et l’ouverture des archives.

Le procès en béatification de Pie XII engagé par Paul VI le 18 octobre 1967, est suspendu au cours de l’été 2000 et remplacé par celui de Pie IX, lui aussi controversé.

Le 8 mai 2007, à partir du dossier compilé par les jésuites Peter Gumpel et Paolo Molinari et entériné par une commission historique, les membres de la Congrégation pour la cause des saints votent l’octroi des vertus héroïques à Pie XII. Benoît XVI crée une Commission spéciale pour étudier le dossier de son procès en béatification.

"Mgr Walter Brandmüller, président du Comité pour les sciences historiques du Saint-Siège, regrette "que quinze fonds d'archives israéliens" n'autorisent pas l'accès aux documents dont ils disposent, relatifs à l'attitude du Pape Pie XII pendant la Shoah." (Service de presse du Vatican, 20 juin 2008)

Le 18 septembre 2008, Benoît XVI justifie l’"action silencieuse" de Pie XII en faveur des juifs lors d'un symposium consacré à l'action pastorale et humanitaire de Pie XII, organisé par la Pave The Way Foundation. "Pave The Way", fondée en 2002 par Gary Lewis Krupp, a rassemblé une documentation prouvant que le pape de la Seconde guerre mondiale est intervenu aussi bien publiquement que secrètement pour sauver des juifs et inciter les institutions catholiques de divers pays à leur venir en aide (source : VIS).

Paolo Mieli, élève du grand historien du fascisme, Renzo De Felice, et directeur du plus grand quotidien italien, le Corriere della Sera déclare dans une interview accordée à Maurizio Fontana et au directeur de L’Osservatore Romano, Giovanni Maria Vian, et parue le 9 octobre 2008 : "En ce qui concerne le jugement sur Pie XII, je dois dire je n’ai jamais oublié ce qu’a écrit en 1964 Robert Kempner, un magistrat juif d’origine allemande, procureur adjoint au procès de Nuremberg : "Toute prise de position à caractère propagandiste de l’Église contre le gouvernement de Hitler aurait non seulement été un suicide prémédité, mais elle aurait accéléré l'assassinat d’un nombre bien plus grand de juifs et de prêtres".

Invité au synode sur la Parole de Dieu qui se tient à Rome jusqu’au 26 octobre 2008, le grand rabbin de Haïfa (Israël), Shear-Yashuv Cohen, déclare, le 6 octobre 2008, que sa présence (une première) était «un signal d’espoir et un message d’amour », mais s’est montré très hostile à une éventuelle béatification de Pie XII : « Nous ne pouvons pas pardonner le silence de grands leaders religieux » face au génocide des juifs par les nazis ». (Salle de presse du Vatican, 19 octobre 2008).

Dans une note du Mémorial des Sœurs Augustines du monastère des Quatre-Saints-couronnés à Rome, daté de 1943, il est écrit que “le Pape veut sauver ses enfants, y compris les juifs, et ordonne aux monastères d’accorder l’hospitalité à ces persécutés“. (Radio Vatican, mars 2009)

Le 16 septembre 2009, Gary Lewis Krupp, président de la fondation Pave The Way, demande l'inscription de Pie XII au nombre des Justes parmi les Nations ; il a remis au pape Benoît XVI des témoignages sur Pie XII, entre autres celui attestant qu'il obtint des visas pour la République dominicaine afin de faire sortir 10.000 Juifs du Portugal.

Le 19 décembre 2009, le pape Benoît XVI signe le décret reconnaissant l’héroïcité des vertus du Vénérable Pie XII reconnue à l’unanimité le 8 mai 2007 par la Congrégation des causes des saints.

Dans un article publié, le 20 janvier 2010, dans le quotidien italien Corriere della Sera et repris par l'Osservatore Romano, le philosophe français Bernard-Henri Lévy écrit : "Pour l'heure, on doit à l'exactitude historique de préciser qu'avant d'opter pour l'action clandestine et le secret, avant d'ouvrir donc, sans le dire, ses couvents aux juifs romains traqués par les nervis fascistes, le « silencieux » Pie XII prononça des allocutions radiophoniques (celles, par exemple, de Noël 1941 et 1942) qui lui valurent, après sa mort, l'hommage d'une Golda Meir qui savait ce que parler veut dire et ne craignit pas de déclarer : « pendant les dix ans de la terreur nazie, alors que notre peuple souffrait un martyre effroyable, la voix du pape s'est élevée pour condamner les bourreaux. » Et, pour l'heure, on s'étonnera surtout que, de l'assourdissant silence qui se fit, dans le monde entier, autour de la Shoah, on fasse porter tout le poids, ou presque, sur celui des Souverains du moment qui a) n'avait ni canons ni avions à sa disposition ; b) ne ménagea pas ses efforts pour, nous disent la plupart des historiens sérieux, partager avec ceux qui en disposaient les informations dont il avait connaissance ; c) sauva, lui, effectivement, à Rome mais aussi ailleurs, un grand nombre de ceux dont il avait la responsabilité morale. Ultime retouche au Grand Livre de la sottise contemporaine : Pie ou Benoît, on peut être pape et bouc émissaire."

Le 23 juin 2011, à l’occasion de la cérémonie de reconnaissance, comme Juste parmi les Nations, du Père Gaetano Piccinini (1904-1972), l’ambassadeur d’Israël près le Saint-Siège, Mordechai Lewy, déclare : "La volonté vaticane de sauver les juifs est un fait [...] Ce serait une erreur de penser que l’aide apportée aux juifs pendant la guerre à Rome est venue des couvents et des instituts religieux comme si c’était de leur initiative, sans le soutien du Vatican". Revenant, sans le nommer, sur la polémique concernant le rôle de Pie XII durant la rafle des juifs du ghetto de Rome, le 16 octobre 1943, Mordechai Lewy précise : "Le Saint-Siège a agi. Il n’a pas pu empêcher le départ du train pour Auschwitz le 18 octobre 1943, trois jours après la rafle du ghetto. Les juifs de Rome s’attendaient à la protection du Pape à ce moment-là. C’est un fait que ce 18 octobre, c’est le seul convoi qui soit parti pour Auschwitz".


1939. 2 mars, élection du pape. 2 mars, Philippe Pétain est nommé ambassadeur de France en Espagne. 5 mars, Madrid, le gouvernement républicain de Negrín est renversé par une junte organisée par le général Miaja ; le nouveau gouvernement négocie avec Franco la reddition de la capitale espagnole : Madrid sera envahie sans violence le 28 mars. 15 mars, Hitler entre à Prague et place les pays tchèques (Bohême-Moravie « territoire millénaire de la race germanique ») sous son protectorat, la Slovaquie, théoriquement indépendante, est placée sous la protection du Reich. 17 mars, Chine, début de la bataille de Nanchang ; les Japonais parviennent à entrer dans Nanchang le 26 ; les Chinois contre-attaquent mais doivent battre en retraite le 9 mai. 17 mars, le Pacte ibérique, traité d'amitié et de non-agression luso-espagnol, est signé par le Portugal et l'Espagne. 22 mars, après un ultimatum allemand, le gouvernement lituanien est contraint à signer un traité cédant le territoire de Memel à l’Allemagne. 27 mars, adhésion de Franco au pacte antikomintern. 28 mars, reddition des républicains de Madrid à Franco. 1er avril, Franco entre à Madrid ; il déclare la fin de la guerre civile espagnole (636.000 morts et 350.000 exilés). 5 avril, le président Lebrun est réélu. 4 avril, Irak, le roi Ghazi I meurt dans un accident de voiture : Abdul Illah est imposé par le premier ministre Nuri as-Saïd pour assurer la régence du pouvoir. 5 avril, Albert Lebrun est réélu président de la République française. 7 avril, les Italiens envahissent l’Albanie. 8 avril, l’Albanie étant annexée par l’Italie fasciste, le roi Zogu abdique (il remet sa couronne au roi italien Victor-Emmanuel III) et s’enfuit en Grèce. 17 avril, Staline propose un pacte d'assistance mutuelle anglo-franco-soviétique (les négociations n'aboutissent pas). 20 avril, Berlin, parade militaire pour le 50e anniversaire de Hitler. 8 mai, l’Espagne se retire de la SDN. 9 mai, bataille de Nanchang : défaite de l'armée nationale révolutionnaire chinoise face au Japon. 11 mai, bataille de Halhin Gol en République populaire mongole : l'armée japonaise est battue par les troupes soviétiques qui récupèrent la zone contestée. 17 mai, dans le Livre Blanc sur la Palestine, la Grande-Bretagne pose le principe de la création d’un État binational indépendant avant dix ans. 22 mai, Berlin, les ministres allemand et italien des Affaires étrangères, von Ribbentrop et le comte Ciano, signent un pacte d’assistance militaire (pacte d’Acier). 23 mai, le Parlement britannique approuve un plan prévoyant la création d’une Palestine indépendante d’ici 1949 (ce plan sera dénoncé par les Juifs et les Arabes de Palestine). 24 mai, bataille de Suixian-Zaoyang : victoire chinoise sur le Japon. Création de la Ligue agricole catholique à l'origine du mouvement Chrétiens dans le monde rural (CMR). 17 juin, exécution capitale de Eugène Weidmann (en raison du comportement des spectateurs, le président Lebrun interdit les exécutions publiques). 5 juillet, le pape relève l’Action française de son excommunication. Pie XII autorise les chrétiens de Chine à utiliser leur langue dans les services religieux ; il permet le culte des ancêtres et le confucianisme ; il reconnaît que les rites funéraires chinois n’ont pas de caractère religieux (si l’Eglise avait adopté en temps utile la méthode des Jésuites, peut-être la Chine serait-elle devenue chrétienne au XVIIIe siècle ?). 29 juillet, création de la Radiodiffusion nationale. 2 août, Albert Einstein et les physiciens Leo Szilard, Edward Teller et Eugen Wigner écrivent à Roosevelt une lettre en faveur du développement d’une bombe atomique face à la découverte de la fission de l’uranium par les savants allemands Otto Hahn et Fritz Strassmann (après la guerre, Einstein s’opposera à l’utilisation de l’arme nucléaire) : Roosevelt va créer le Manhattan Project pour la réalisation d’une bombe atomique. 15/31 août, bataille de Khalkhin-gol en Mongolie : l'armée impériale japonaise est vaincue par les blindés de l'Armée rouge. 23 août, Moscou, signature du pacte germano-soviétique de non agression, valable 10 ans, qui comporte un protocole secret répartissant les zones d’influence allemande et russe en Europe de l’Est. 27 août, l’avion allemand Heinkel He-178, premier avion équipé d’un turboréacteur, effectue son premier vol. 28 août, avant même la déclaration de guerre de la France à l'Allemagne (3 septembre), la Joconde quitte le Louvre ; face à la menace d'une probable invasion allemande, les musées français envoient leurs collections loin du front. 31 août, opération Himmler : afin d'avoir un prétexte pour déclarer la guerre à la Pologne, les Allemands envoient en Pologne des prisonniers, déguisés en militaires polonais, qui lancent à la radio un appel au soulèvement contre Hitler. 1er septembre, 5 h 45, l’armée allemande envahit la Pologne. 1er septembre, instruction de Hitler sur l’euthanasie (Gnadentod : mort miséricordieuse) des malades incurables (au début injection de morphine, puis gazage au monoxyde de carbone) ; Hitler aurait dit : « Qui parle encore aujourd’hui du massacre des Arméniens ? ». 3 septembre, la Grande-Bretagne (12 h) et la France (15 h) déclarent la guerre à l’Allemagne. 3 septembre Citroën présente la TPV (toute petite voiture) : premier prototype officiel de la "2 cv". 7 au 21 septembre, offensive de La Sarre : les troupes françaises pénètrent sur le territoire allemand le 9 septembre sans rencontrer de vives résistances ; cependant, le général Gamelin ordonne leur repli vers la ligne Maginot. 8 septembre, Touggourt (Algérie), Sœur Magdeleine de Jésus (Magdeleine Hutin) fonde les Petites Sœurs de Jésus du Frère Charles de Jésus (Charles de Foucauld). 10 septembre, le Canada déclare la guerre à l’Allemagne. 17 septembre, l’URSS envahit la Pologne et fait jonction avec les troupes allemandes à Brest-Litovsk. 23 septembre, Londres, mort de Freud (il avait fui les nazis le 4 juin 1938). 26 septembre, le président du Conseil, Edouard Daladier, dissout le parti communiste français. 28 septembre, Traité germano-soviétique de règlement des frontières et d'amitié ; partage de la Pologne entre l’URSS et l’Allemagne ; les Soviétiques récupèrent la partie orientale de la Galicie qu’ils occuperont et rattacheront à la République socialiste soviétique d’Ukraine ; les troupes allemandes occuperont, quant à elles, la partie occidentale de la Galicie et créeront le Gouvernement général de Pologne dont la capitale sera Cracovie : cet Etat-satellite sera le laboratoire de la politique nazie d’extermination des Juifs avec le camp d’Auschwitz, près de Cracovie (la minorité juive de Galicie sera d’ailleurs totalement exterminée au cours de la Seconde Guerre mondiale) ; Staline envahira la Finlande, annexera les pays baltes et prendra la Roumanie ; en 1941, Hitler rompra le pacte germano-soviétique, occupera la partie orientale de la Galicie et la rattachera au Gouvernement général de Pologne. 3 octobre, la conférence interaméricaine (à l’exception du Canada qui est belligérant), réunie à Panama, proclame une zone de neutralité qui s’étend tout autour de l’hémisphère dans laquelle tous les actes de guerre sont interdits. 4 octobre, le député Maurice Thorez, soldat au 3e régiment de génie à Arras, déserte et rejoint l’URSS (il reviendra en 1944). 6 octobre, signature d’un accord entre l’URSS, la Hongrie, la Pologne et la Tchécoslovaquie sur le transfert des minorités allemandes en URSS. 20 octobre, encyclique Summi pontificatus : « Vénérables Frères, l’heure à laquelle vous parvient Notre première Encyclique est, à bien des égards, une véritable hora tenebrarum (Luc, XXII, 53) où l’esprit de la violence et de la discorde verse sur l’humanité la sanglante coupe de douleurs sans nom... » (plus de 100.000 exemplaires de l'encyclique sont largués par les avions britanniques sur l’Allemagne). 28 octobre, port de l’étoile jaune obligatoire pour les Juifs d’Allemagne. 4 novembre, Chicago, Packard Motors présente la première voiture équipée de l'air conditionné. 9 novembre, incident de Venlo aux Pays-Bas : Walter Schellenberg, ayant fait croire à deux agents britanniques qu'il veut renverser Hitler, une rencontre est organisée à Venlo, mais la Gestapo intervient, tuant un agent secret hollandais, et enlevant deux agents britanniques : l'Allemagne a ainsi un argument pour intervenir aux Pays-Bas. 15 novembre au 30 novembre 1940 : bataille du sud du Guangxi entre l'armée nationale révolutionnaire de Chine et les troupes impérialistes japonaises qui iront finalement occuper l'Indochine. 30 novembre, les troupes soviétiques attaquent la Finlande et l’envahissent ; avec la signature du traité de Moscou le 12 mars 1940, la Finlande devra céder à l’URSS une grande partie de son territoire : ce qui poussera la Finlande à s’allier à l’Allemagne en 1941. 1er décembre, Pologne, le gouverneur allemand obligent les Juifs et Juives "à porter un brassard blanc d’une largeur de 10 cm au moins sur la manche droite de leur vêtement ou pardessus" (sur le brassard figure l’étoile juive). 12 décembre, bataille de Tolvajärvi : les troupes finlandaises vainquent les Soviétiques. 13 décembre, combat naval du Rio de la Plata : pourchassé par 3 navires britanniques, le cuirassé allemand Admiral Graf Spee préfère se saborder. Maurice Blondel : L’Esprit chrétien et la philosophie. Carl Gustav Jung : Psychologie et religion.

1940. 20 février, la Chambre vote la déchéance des mandats des 60 députés communistes qui n'ont pas rompu avec la politique de Moscou : Maurice Thorez est déchu de la nationalité française. 22 février, à Lhassa, Lhamo Dhondup, reconnu comme étant la réincarnation du 13e dalaï-lama, Thubten Gyatso, est intronisé 14e dalaï-lama et reçoit le nom de Tenzin Gyatso. 24 février, le haut commandement militaire allemand met au point le plan jaune (Fall Gelb), plan d'attaque des Pays-Bas, de la Belgique et du Luxembourg. 5 mars, Staline donne l’ordre d’exécuter 14.700 prisonniers polonais dont plus de 4.000 officiers, formant l'élite de l’armée polonaise, qui seront abattus à Katyn entre le 3 avril et le 13 mai ; le 26 novembre 2010, la Douma adopte en première lecture la déclaration suivante : "Les documents publiés, restés de nombreuses années dans les archives secrètes, ne font pas que dévoiler l'ampleur de cette terrible tragédie, mais témoignent aussi du fait que le crime de Katyn a été commis sur l'ordre personnel de Staline et d'autres dirigeants soviétiques". 11 mars, l’Etat concède aux Chartreux pour 99 ans la propriété domaniale de la Grande Chartreuse (ils y reviennent le 22 juin). 12 mars, traité de paix entre l’URSS et la Finlande qui a consenti à d’importantes cessions territoriales. 21 mars, le président du Conseil, Daladier, démissionnaire, est remplacé par Paul Raynaud. 29 mars, dans la nuit, Madagascar, début de l’insurrection contre la présence française (150 français sont tués) ; la répression de la rébellion indépendantiste coûtera la vie à 1.900 malgaches et à 550 européens. Avril, reconstitution matérielle du premier ghetto à Lodz ; d’autres suivent, celui de Varsovie est le plus peuplé (un demi-million d’âmes). 3 avril, France, 44 anciens parlementaires communistes sont condamnés à des peines de prison, 38 autres sont transférés dans le Sud algérien. 6 avril, décret interdisant la circulation des nomades sur l’ensemble du territoire français pour la durée de la guerre. 9 avril, l’Allemagne envahit le Danemark et la Norvège (opération Weserübung lancée le 6). 10 au 13 avril, la bataille de Narvik en Norvège est la 1ère victoire des troupes alliées contre l'Allemagne de la Seconde Guerre mondiale. 10 mai, en appliquant le Fall Gelb (plan jaune), l'armée allemande lance la bataille de France : Hitler envahit les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg (les Pays Bas et la Belgique capitulent les 15 et 28 mai). 10 mai, Paul Reynaud fait entrer Pétain dans son cabinet comme vice-président du Conseil. 10 mai, Londres, Winston Churchill (initié à la franc-maçonnerie à Studholme Lodge à Londres en 1901) est nommé Premier Ministre en remplacement de Chamberlain ; il refuse de négocier une paix séparée avec Hitler. 14 mai, les blindés allemands arrivent à Abbeville. 15 mai, l’armée allemande enfonce le front français à Sedan. 17 mai, le colonel Charles de Gaulle lance une contre-offensive à la tête de son régiment de chars dans la région de Montcornet (Aisne) ; le 19, les chars français se replieront derrière l’Aisne. 17 mai, le général Maurice Gamelin, commandant en chef des forces alliées en France, limogé par le président du Conseil, Paul Reynaud, est remplacé par Maxime Weygand. 18 mai, Pétain est vice-président du Conseil. 24 mai au 8 juin, opération Alphabet : évacuation des troupes alliées (Britanniques, Français, Polonais) du port de Narvik (Norvège). 25 mai, De Gaulle est nommé général de brigade à titre temporaire. 26 mai au 4 juin, évacuation des troupes franco-britanniques à Dunkerque (opération Dynamo) ; 234.000 Britanniques et 112.000 Français gagnent la Grande-Bretagne ; 30.000 Français restés sur les plages seront faits prisonniers par les Allemands le 4 juin. 23 au 28 mai, les Belges se lancent dans la bataille de la Lys : mais la défense belge sera enfoncée par les Allemands et le roi Léopold III devra capituler le 28. 25 au 30 mai, pour contenir l'avancée allemande, les Alliés français et britanniques résistent dans la poche de Lille mais ils doivent finir par se rendre. 28 mai au 4 juin, bataille d'Abbeville, De Gaulle attaque à deux reprises pour détruire une poche que l'ennemi a conquise au sud de la Somme, mais il ne parvient pas à reprendre Abbeville. 5 juin, le président du Conseil, Paul Reynaud, nomme Charles De Gaulle (convoqué d'urgence à Paris) sous-secrétaire d’état à la Guerre et à la Défense nationale. 9 juin, Léo Lagrange est tué à Évergnicourt d’un éclat d’obus (sous-secrétaire d’État aux Sports et aux Loisirs en 1936, il développa les loisirs sportifs, touristiques et culturels, encouragea le développement des auberges de jeunesse, créa le brevet sportif populaire et le billet populaire de congé annuel, et reconnut officiellement l’utilité du mouvement naturiste ; en 1939, parlementaire et non mobilisable, il rejoignit volontairement l’Armée). 9 juin, à Pont-de-l'Arche, près de Rouen : héroïque combat de retardement livré par le 4e Groupe franc de cavalerie aux unités d'avant-garde de la division Rommel. 10 juin, Mussolini déclare la guerre à la France et à l’Angleterre ; le même jour, le gouvernement français, le président de la République Albert Lebrun (il sera déporté à Buchenwald en 1944) et le Parlement, suivis du corps diplomatique, quittent Paris, déclarée ville ouverte, pour s’installer en Touraine, puis à Bordeaux le 15. 10 juin, début de la campagne d'Afrique de l'Est, opposant les troupes italiennes aux Britanniques soutenus par les pays du Commonwealth, les Belges et les Sud-Africains. 11 juin, les blindés allemands de Guderian et de Kleist franchissent la Marne. 13 juin, Pétain déclare à certains ministres qui souhaitent le départ du gouvernement pour Alger : « Il est impossible, sans déserter, de quitter le territoire français… Priver la France de ses défenseurs naturels, c’est la livrer à l’ennemi… Je resterai parmi le peuple français pour partager ses peines et ses misères ». 13 juin, encyclique Saeculo exeunte octavo à l’occasion du huit-centième anniversaire de l’indépendance du Portugal. 14 juin, ouverture officielle du camp d’extermination d’Auschwitz par l’Allemagne nazie. 14 juin, les Allemands entrent dans Paris. 14 juin, opération Vado : partie de Toulon, la marine française pilonne les ports italiens de Gênes et de Savone en leur causant quelques dégâts mineurs. 15 juin, Paris s’aligne sur l’heure allemande à 2 h du matin qui devient 3 h (la France conservera l’heure allemande après la guerre). 15 juin, par l’intermédiaire de l’ambassadeur d’Espagne, le ministre français des Affaires étrangères, Baudouin, fait demander aux Allemands quelles seraient les conditions de la paix. 16 juin, Bordeaux, au cours du dernier Conseil des ministres du gouvernement Reynaud, à 17 heures, le général de Gaulle (envoyé en mission en Angleterre) téléphone de Londres une surprenante proposition d’union totale franco-anglaise : Churchill propose la fusion des Empires français et britanniques (projet de fusion des deux empires inventé par Jean Monnet et Robert Vansittart et que Churchill et Reynaud approuvent), mais les ministres refusent d'en discuter, ne voulant pas réduire la France à l’état d'un dominion. 16 juin, le président de la République, Albert Lebrun, confie à Pétain, partisan de l'armistice, le soin de former le dernier gouvernement de la IIIe République. 16 juin, 22 h30, De Gaulle revient de Londres pour apprendre la démission de Paul Reynaud et son remplacement par le maréchal Philippe Pétain (84 ans) ; le directeur de cabinet de Paul Reynaud, Jean Laurent, donne à de Gaulle les clés de son appartement londonien, situé 7-8 Seamore Grove, non loin de Hyde Park (il remet aussi à de Gaulle, de la part de Paul Reynaud, 100.000 francs pris sur les fonds secrets du président du Conseil). 17 juin, le nouveau président du Conseil remet aux Allemands une demande d’armistice. 17 juin, en fin de matinée, avec l’encouragement de Reynaud et de Mandel, Charles de Gaulle et son aide de camp Geoffroy Chodron de Courcel, s’envole de Bordeaux pour Londres dans l'avion britannique de Sir Edward Spears, l'agent de liaison personnel de Winston Churchill auprès du gouvernement français. 17 juin, 12 h 20, Pétain prononce une allocution : « Je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur. En ces heures douloureuses, je pense aux malheureux réfugiés qui dans un dénuement extrême sillonnent nos routes. Je leur exprime ma compassion et ma sollicitude (…) C'est le cœur serré que je vous dis aujourd'hui qu'il faut cesser le combat ». 17 juin, le paquebot Lancastria est bombardé à Saint-Nazaire par l'aviation allemande : 1.708 morts. 17 juin, l'URSS occupe la Lituanie, la Lettonie et l'Estonie. 18 juin, 18 heures, devant le micro de la B.B.C., Charles de Gaulle (autorisé par le Premier ministre Winston Churchill, malgré les réticences de son cabinet) enregistre son fameux appel : « Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat (ces deux premières phrases du discours ont été coupées à l'antenne et remplacées par celles-ci, jugées plus consensuelles par les Anglais : « Le gouvernement français a demandé à l'ennemi à quelles conditions pourrait cesser le combat. Il a déclaré que, si ces conditions étaient contraires à l'honneur, la lutte devrait continuer ») (…) Cette guerre n’est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n’est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale (…) Moi, général de Gaulle, actuellement à Londres, j’invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j’invite les ingénieurs et les ouvriers spécialisés des industries d’armements qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, à se mettre en rapport avec moi. Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas » (le message est diffusé à 22 heures et rediffusée le lendemain à 16 heures ; les journaux libres du Sud de la France le publient ; la BBC ne conserve pas l’enregistrement : le disque de cire est recyclé). 19 juin, le général de Gaulle s'adresse aux premiers volontaires français qui se présentent à Seymour Place : « Devant la confusion des armes françaises, devant la liquéfaction d’un gouvernement tombé sous la servitude ennemie, devant l’impossibilité de faire jouer nos institutions, moi, général de Gaulle, soldat, et chef français, j’ai conscience de parler au nom de la France (...) Tout Français qui porte encore des armes a le devoir absolu de continuer la résistance (...) Soldats de France, où que vous soyez, debout ! ». 20 juin, 27 parlementaires hostiles à Laval dont Daladier, Mendès-France (initié à la loge "Union et Progrès" de Pacy-sur-Eure) et Georges Mandel, embarquent au Verdon sur le Massilia, paquebot de ligne réquisitionné par le gouvernement Paul Reynaud, à destination de Casablanca (départ le 21). 22 juin, à Rethondes, dans la forêt de Compiègne, l’armistice, qui prendra effet le 25 juin, est signé par les généraux Charles Huntziger (France) et Keitel (Allemagne) dans le même wagon où fut signé l’armistice allemand le 11 novembre 1918 (c’est Joseph Goebbels qui a eu cette idée) ; la France devra verser 400 millions de francs par jour pour l’entretien de la Wehrmacht. 22 juin, Bordeaux, trois communistes français sont fusillés pour sabotage. 22 juin, nouvel appel du général de Gaulle sur les ondes de la BBC : « L'honneur, le bon sens, l'intérêt de la Patrie, commandent à tous les Français libres de continuer le combat, là où ils seront et comme ils pourront. Il est, par conséquent, nécessaire de grouper partout où cela se peut une force française aussi grande que possible. Tout ce qui peut être réuni, en fait d'éléments militaires français et de capacités françaises de production d'armement, doit être organisé partout où il y en a. Moi, Général de Gaulle, j'entreprends ici, en Angleterre, cette tâche nationale. J'invite tous les militaires français des armées de terre, de mer et de l'air, j'invite les ingénieurs et les ouvriers français spécialistes de l'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui pourraient y parvenir, à se réunir à moi. J'invite les chefs et les soldats, les marins, les aviateurs des forces françaises de terre, de mer, de l'air, où qu'ils se trouvent actuellement, à se mettre en rapport avec moi. J'invite tous les Français qui veulent rester libres à m'écouter et à me suivre. Vive la France libre dans l'honneur et dans l'indépendance ! ». 23 juin, Paris, Hôtel des Invalides, Adolf Hitler vient se recueillir sur le tombeau de Napoléon. 23 et 24 juin, à Voreppe (Isère), 1.500 soldats français, commandés par le général Olry, tiennent tête à la 3e Panzerdivison et sauvent ainsi Grenoble de l'occupation allemande. 24 juin, 18 h 35, armistice entre la France et l’Italie. 24 juin, Casablanca, les passagers du paquebot Massilia sont consignés dans un hôtel dès leur arrivée ; les députés mobilisés comme officiers, Jean Zay (initié à la Loge "Étienne Dolet" d'Orléans), Mendès-France, Alex Wiltzer et Pierre Viénot, seront arrêtés le 31 août pour "désertion devant l'ennemi", rapatriés en métropole et traduits devant le Tribunal militaire de Clermont-Ferrand ; Edouard Daladier et Georges Mandel, accusés d'être responsables de la défaite, seront jugés au procès de Riom ; le 18 juillet, les autres parlementaires ont été autorisés à regagner la France. 26 et 28 juin, l’URSS adresse des ultimatums à la Roumanie obligeant celle-ci à lui céder la Bessarabie, le nord de la Bucovine et la contrée de Herta, qui n’ont jamais appartenu à la Russie. 28 juin, la Grande-Bretagne reconnaît le Comité français national provisoire (France libre) ; Winston Churchill, Premier ministre britannique, reconnaît le général de Gaulle comme le chef des Français libres ; le général signe un accord avec le gouvernement britannique par lequel il s’engage à « assurer la restauration intégrale de l’indépendance et de la grandeur de la France » ; le gouvernement britannique autorise la formation d’une force française armée composée de volontaires, sous l’autorité du général de Gaulle, qui accepte les directives générales du commandement britannique : ce sont les Forces françaises libres ou FFL. 29 juin, le maréchal Pétain accepte la proposition de Pierre Laval, vice-président du Conseil depuis le 23 juin : réunir les chambres en Assemblée nationale pour accorder au gouvernement les pleins pouvoirs constitutionnels. 1er juillet, le gouvernement français s’installe à Vichy et convoque le Parlement le 2. 1er juillet, en présence du capitaine de corvette Thierry d'Argenlieu, le vice-amiral Émile Muselier, d'origine lorraine, propose à de Gaulle, l'adoption de la Croix de Lorraine comme symbole de la France Libre, en opposition à la croix gammée : "une croix contre une croix" ; De Gaulle accepte d'autant plus que les armes du 507e régiment de chars de combat qu'il commandait en 1937-1939 comportaient une croix de Lorraine (Wikipedia). 2 juillet, opération Catapult commanditée par Winston Churchill : pour que la flotte française ne passe pas sous contrôle allemand, il est décidé de s'en emparer ou de la couler. 3 juillet, à Mers el-Kébir (Algérie), l’amiral Gensoul ayant rejeté l’ultimatum britannique lui enjoignant de remettre ses navires à la Royal Navy, la flotte française est bombardée par les Anglais qui ne veulent pas prendre le risque de la voir utilisée contre eux (1.380 morts). Juillet, Pie XII donne un cardinal à l’ordre du Saint-Sépulcre. 9 juillet, Vichy, le président de la Chambre, Édouard Herriot (qui s'abstiendra de voter le 10), déclare : « Autour du maréchal Pétain, dans la vénération que son nom inspire à tous, notre nation est groupée dans sa détresse. Prenons garde de ne pas troubler l’accord qui s’est ainsi établi sous son autorité ». 10 juillet, Vichy, par 569 voix (députés et sénateurs) contre 80 1, 20 abstentions et 177 absences, le Parlement vote la suspension des lois constitutionnelles et donne « tous pouvoirs au gouvernement de la République, sous l’autorité et la signature du maréchal Pétain, à l’effet de promulguer par un ou plusieurs actes une nouvelle Constitution de l’État français. Cette constitution devra garantir les droits du travail, de la famille et de la patrie. Elle sera ratifiée par la Nation et appliquée par les Assemblées qu’elle aura créées ». 11 juillet, Pétain promulgue la « Constitution de l’Etat français » : l’acte constitutionnel n°1 fonde l’Etat français et attribue au maréchal le titre de chef de l’Etat supprimant ainsi la fonction présidentielle désormais confondue avec celle de chef du gouvernement ; Pétain est investi du pouvoir législatif jusqu’à la formation des nouvelles Assemblées (qui ne verront jamais le jour) ; la nouvelle devise nationale est « Travail, Famille, Patrie » ; le nouvel emblème est la francisque. 12 juillet, Pétain désigne Pierre Laval comme vice-président du Conseil et successeur. 13 juillet, le président Lebrun se retire sans démissionner (il sera arrêté par la Gestapo le 23-8-1943, interné et libéré peu avant la fin de la guerre). 14 juillet, Londres, BBC, première diffusion de l’émission "Les Français parlent aux Français". 15 juillet, Moyale (Kenya) : les Italiens prennent la ville aux Britanniques. 15 juillet, USA, dans un hôtel du Michigan, meurt, à l’âge de 22 ans, Robert Wadlow, un géant de 2 m 72. 16 juillet, les Juifs naturalisés sont déchus de la nationalité française. 17 juillet, les fonctionnaires peuvent être révoqués pour délit d’opinion ou s’ils ne sont pas de père français. 19 juillet, au Reichstag, Hitler lance « un appel final au bon sens » et invite la Grande-Bretagne à faire la paix. 2 août, le colonel à la retraite De Gaulle est condamné à mort par contumace, à la dégradation militaire et à la confiscation de ses biens par le tribunal militaire de Clermont-Ferrand. 3 août, admission de la Lituanie comme 13e République au sein de l’URSS. 4 août, les forces italiennes envahissent la Somalie britannique. 5 août : admission de la Lettonie comme 14e République au sein de l’URSS. 6 août, admission de l’Estonie comme 15e République au sein de l’URSS. 7 août, l’Allemagne annexe l’Alsace et la Lorraine. 7 août, Churchill reconnaît solennellement De Gaulle comme le « chef des Français libres » ; par l'accord des Chequers, le Royaume-Uni s'engage à sauvegarder « l'intégrité de toutes les possessions françaises et à la restauration intégrale de l'indépendance et de la grandeur de la France ». 7 août, Arthur Groussier, président du Grand conseil de l’ordre du Grand Orient annonce la dissolution volontaire de celui-ci. 14 août, une loi interdit les sociétés secrètes (elle dissout les loges, les biens et les archives des loges sont saisis) : « Article premier. - Dissolution de principe. Sont dissous de plein droit, à dater de la promulgation de la présente loi : 1 : Toute association, tout groupement de fait, dont l’activité s’exerce, même partiellement, de façon clandestine ou secrète ; 2 : Toute association, tout groupement de fait, dont les affiliés s’imposent d’une manière quelconque l’obligation de cacher à l’autorité publique, même partiellement, les manifestations de leur activité ; 3 : Toute association, tout groupement de fait qui refuse ou néglige de faire connaître à l’autorité publique, après en avoir été requis, ses statuts et règlements, son organisation intérieure, sa hiérarchie, la liste de ses membres avec l’indication des charges qu’ils occupent, l’objet de ses réunions ou qui fournit intentionnellement sur ces objets des renseignements faux ou incomplets ». Exposition antimaçonnique au Petit Palais. Août, le maréchal Pétain demande à l’ambassadeur auprès du Saint-Siège de s’assurer de l’accord de ce dernier sur les mesures antijuives : les collaborateurs de Pie XII (Montini, le futur Paul VI, et Tardini) estiment qu’il n’y a pas d’objection, aussi longtemps que ces mesures « sont administrées avec justice et charité ». 8 août, une note allemande fixe les frais d’entretien des troupes allemandes d’occupation à la charge du gouvernement français à 20 milliards de marks (400 millions de francs) par jour (auxquels s’ajoutent les frais de cantonnement) à compter du mois de juillet. 15 août, Eichmann produit un dossier du Reichssicherheitshauptamt (Office central de la sécurité du Reich) intitulé Madagaskar Projekt qui prévoit la déportation vers Madagascar (colonie française) d'un million de juifs par an sur quatre ans ; le plan prévoit la spoliation des juifs afin de financer la logistique ; le Plan Madagascar sera définitivement abandonné en décembre et l'expulsion des juifs vers la Pologne continuera. 18 août, le Parti social français devient le Progrès social français et se range derrière Pétain. 20 août, Coyoacán, près de Mexico, Léon Trotski, exilé d’URSS depuis 1928, est assassiné, dans sa maison, à coups de pic à glace (les médecins constatent la mort le 21 août à 19 h 25). 25 août, Roger Schutz-Marsauche (frère Roger), protestant et diplômé en théologie, qui vient de Genève à bicyclette, s’installe seul à Taizé (71) et prépare la création d’une communauté protestante, la Communauté de Taizé, où il sera possible de concrétiser tous les jours la réconciliation entre les chrétiens 17. 26 août, à la mairie de Fort-Lamy, le gouverneur du Tchad, Félix Eboué, proclame, avec le colonel Marchand, commandant militaire du territoire, le ralliement officiel du Tchad au général de Gaulle ; le Niger fait de même. 29 août, le gouvernement de Vichy institue la Légion française des combattants (créée par Xavier Vallat) et prononce la dissolution de toutes les associations à l’exception des amicales régimentaires, des mutuelles d’anciens combattants et des associations avant pour objet de soigner et de rééduquer. 30 août, par le « Diktat de Vienne », Hitler oblige la Roumanie à céder le nord de la Transylvanie aux fascistes hongrois menés par Horthy. 3 septembre, les congrégations religieuses retrouvent le droit d’enseigner. 5 septembre, Roumanie, Ion Antonescu, ministre de la Défense et sympathisant du parti fasciste patriotique roumain connu sous le nom de Garde de fer, contraint le roi Carol II à abdiquer en faveur de son fils Michel I : Antonescu se proclame Conducator (en décembre 1941, aux côtés de l’Allemagne, il combat l’Union soviétique). 7 septembre, début du Blitz (éclair), nom donné par Hitler au bombardement intensif de Londres par des centaines de bombardiers. 7 septembre, Accords de Craiova entre le roi de Roumanie, Carol II, et le roi de Bulgarie, Boris III, qui obtient la restitution de la région de Dobroudja. 12 septembre, découverte de la grotte de Lascaux par 4 jeunes gens à la recherche de leur chien disparu. 13 septembre, l'Italie attaque l'Égypte à partir de sa colonie de Libye. 15 septembre, le gouvernement de Vichy fait arrêter Léon Blum. 19 septembre, la délégation britannique, conduite par le scientifique Henry Tizard, révèle aux Américains le potentiel du magnétron à cavité pour le radar. 22 septembre, l'amiral Decoux applique l'accord passé le 30 août avec le Quartier-général impérial : cet accord autorise la présence de 6.000 soldats japonais au Tonkin ainsi que l'utilisation d'aérodromes ; en échange, le Japon reconnaît l'intégrité territoriale et la souveraineté française de principe en Indochine. 23 et le 25 septembre, bataille de Dakar (Opération Menace) : la tentative de débarquement des Britanniques et des forces ralliées au général de Gaulle échoue face aux troupes françaises fidèles au gouvernement de Vichy. 27 septembre, Berlin, signature du pacte d’alliance tripartite entre les puissances de l’Axe : Allemagne, Italie et Japon. 3 octobre, loi sur le statut des juifs en zone libre (J.O. du 18 octobre) ; l’article 1er stipule : « Est regardé comme juif […] toute personne issue de trois grands-parents de race juive ou de deux grands-parents de la même race, si son conjoint lui-même est juif », la loi ferme aux juifs l’accès et l’exercice des fonctions publiques et de certaines professions. 4 octobre, loi sur les ressortissants étrangers de race juive qui « pourront, à dater de la promulgation de la présente loi, être internés dans des camps spéciaux par décision du préfet du département de leur résidence ». Début de l’immigration clandestine des Juifs en Palestine. 12 octobre, Hitler renonce au projet d’invasion de la Grande-Bretagne. 19 octobre, lancement du Cri du peuple (dirigé par Doriot en 1941). 22 octobre, Montoire, entrevue entre Hitler et Laval. 23 octobre, Hendaye, entrevue entre Franco et Hitler ; malgré l’insistance de Hitler, Franco refuse d’engager l’Espagne dans la guerre. 24 octobre, gare de Montoire sur le Loir, le maréchal Philippe Pétain rencontre Adolf Hitler dans son train blindé ; ils se serrent la main. 28 octobre, l’Italie attaque la Grèce qui a refusé d’accorder le libre passage aux troupes du Duce ; la Grèce se range aux côtés de la Grande-Bretagne. 30 octobre, Vichy, Pétain appelle les Français à la collaboration avec l’occupant « J’entre aujourd’hui dans la voie de la collaboration ». 5 novembre, Franklin Delano Roosevelt est réélu président des États-Unis. 9 novembre, France, dissolution des organisations syndicales ouvrières et patronales. 11 et 12 novembre, bataille de Tarente : le torpillage massif de la flotte italienne par la Royal Navy cause de nombreux dégâts dans le port de Tarente et empêche l'Italie de contrôler la mer Égée. Nuit du 14 au 15 novembre, la Luftwaffe pilonne la ville anglaise de Coventry (opération Mondscheinsonate = sonate au clair de lune en allemand). 16 novembre, à Brazzaville, De Gaulle crée l’ordre de la Libération (Ordonnance n° 7 publiée le 20 janvier 1941 au J.O.). 20 novembre, la Hongrie et la Roumanie adhèrent à l'Axe Rome-Berlin-Tokyo et au pacte tripartite. 22 novembre, ordonnance allemande interdisant l'exercice des professions ambulantes dans 21 départements de l'Ouest de la France : elle permet l'arrestation de nouveaux nomades et forains que les Allemands assimilent aux Tsiganes contrairement aux autorités françaises. 27 novembre, l’Allemagne nazie annexe l’Alsace-Lorraine. 27 au 28 novembre, bataille navale du Cap Teulada : les Italiens empêchent les Britanniques de renforcer Malte. 2 décembre, France, loi sur l’organisation corporative de l’agriculture. 13 décembre, Pétain démet Laval (qu’il trouve trop impliqué avec l’Allemagne) de ses fonctions de vice-président du Conseil et le remplace par Flandin ; Laval est arrêté et assigné à résidence (le führer, furieux, obtient sa libération le 17). 21 décembre, au large de Sfax en Tunisie, le sous-marin Narval des Forces françaises libres coule après avoir percuté une mine. 25 décembre, Beauvais, rencontre entre Hitler et Darlan. Dans son message de Noël, le pape exprime sa joie « d’avoir pu aider un grand nombre de réfugiés, surtout des non-aryens ».

1941. 3 janvier, Mexique, le séminariste, Marcial Maciel Degollado fonde la congrégation des « Missionnaires du Sacré-Cœur » à qui il donnera plus tard le nom de " Légion du Christ " ; le 6 février 1965, la Légion reçoit le Decretum laudis par le pape Paul VI, ce qui en fait une congrégation de droit pontifical, c'est-à-dire dépendant directement de l’autorité du Pape ; le 29 juin 1983, la relecture de la constitution de la congrégation de la Légion du Christ par la Congrégation pour les religieux, conduit à l’« approbation définitive » de la constitution de la congrégation par le Vatican ; le 26 novembre 2004, le Saint-Siège promulgue le décret d’approbation définitive (officielle) des statuts de Regnum Christi, branche laïque de la Légion créée en 1949. 6 janvier, les curés sont autorisés à faire le catéchisme dans les écoles publiques. 27 janvier, obligation pour les hauts fonctionnaires de prêter serment au chef de l’Etat. 9 février, le paquebot français Normandie, réquisitionné par les USA et qui bat pavillon américain sous le nom de La Fayette, brûle dans le port de New-York. 14 février, Montpellier, entrevue entre Pétain et Franco. 14 février, le Deutsches Afrikakorps débarque à Tripoli pour secourir les troupes italiennes débordées par les Anglais (les troupes germano-italiennes sont placées sous le commandement de Erwin Rommel arrivé le 12). 21 février, loi autorisant les Chartreux. 1er mars, le colonel Philippe Leclerc de Hauteclocque enlève l’oasis de Koufra et les postes italiens du Fezzan, après une marche de 1.600 kilomètres dans le désert (Leclerc fait prononcer à ses hommes le serment de Koufra : « Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg »). 27 mars, Pierre II, roi de Yougoslavie, âgé de 17 ans, destitue le régent Paul qui a ratifié avec Hitler le pacte tripartite germano-italo-japonais et forme un gouvernement d’union nationale qui annule l’adhésion du royaume au pacte signé 2 jours plus tôt ; en représailles, le 6 avril, sans déclaration de guerre, les troupes allemandes lancent une offensive-éclair contre la Yougoslavie qui doit capituler le 18. 29 mars, création du Commissariat général aux questions juives. 3 avril, coup d’État en Irak : un nationaliste arabe, Rachid Ali el Gaylani (auquel Grobba, le représentant allemand, a promis l’appui nécessaire) renverse le régent et installe un régime républicain (le coup de force des Britanniques sur Bassora, le grand port pétrolier de l’Irak, le 18 avril, obligera l’armée irakienne à intervenir sans attendre les renforts attendus d’Allemagne ; les Britanniques feront leur entrée dans Bagdad le 1er juin et réinstalleront le régent). 6 avril, les troupes allemandes envahissent la Yougoslavie et la Grèce. 14 avril, l’obligation du serment de fidélité au chef de l’Etat est étendue à la magistrature et à l’armée. Etatisation des polices des communes de plus de 10.000 habitants. 24 avril, Grèce, capitulation du commandement de l’armée (les armées allemandes ont attaqué le 6 avril ; devant leur avance, le roi et le gouvernement ont quitté le pays). 27 avril, les Allemands sont à Athènes. Le 1er Mai est déclaré « fête du Travail et de la Concorde sociale ». 6 mai, Staline remplace Molotov au poste de président du Conseil des commissaires du peuple et devient le chef du gouvernement soviétique. 11 mai, Berchtesgaden, entretien entre Hitler et Darlan. 14 mai, à la demande des autorités allemandes, la police parisienne arrête 3 747 juifs d’origine étrangère qu’elle livre aux Allemands qui les déportent. 14 mai, Cranwell (Angleterre), vol du Gloster, avion à turboréacteur, piloté par Jerry Seyer, mis au pont par Frank Whittle et réalisé par Rolls Royce. 6 mai, USA, devant la presse, l’hélicoptère VS-300A de Igor Sikorsky bat le record mondial d’endurance détenu par le Focke-Achgelis Fa 61 allemand en demeurant en vol stationnaire pendant 1 h 32’ 26’’ [Sikorsky avait effectué le premier décollage vertical du premier hélicoptère efficace le 14 septembre 1939 avec la version initiale du VS-300 ; il avait réalisé le premier vol libre (c’est-à-dire non entravé) avec le même type d’hélicoptère le 13 mai 1940]. 21 mai, les accords Darlan/Warlimont permettent aux Allemands d’utiliser en Afrique les ports et les aérodromes mais le gouvernement de Vichy les repousse. 24 mai, Atlantique Nord, le cuirassé allemand Bismarck coule le croiseur HSM Hood de la Royal Navy (1.400 morts). 27 mai, le Bismarck, pilonné et torpillé par les Britannique, sombre au large de Brest (1.800 morts) ; selon la version allemande (confirmée par l'examen de l'épave, en 2002), le Bismarck, suivant la consigne, s'est sabordé. 2 juin, loi remplaçant la loi du 3 octobre 1940 portant nouveau statut des juifs (elle prescrit notamment le recensement obligatoire de tous les Juifs auprès des services des préfectures et des sous-préfectures ; l’article 9 donne le droit au préfet « de prononcer l’internement dans un camp spécial, même si l’intéressé est Français »): elle paraît au JO le 14. 8 juin, les Britanniques, appuyés par les Forces françaises libres, entrent en Syrie : le 10, ils repousseront les vichystes. 22 juin, opération Barbarossa : les troupes allemandes pénètrent en Union Soviétique ; Hitler lance la campagne d’extermination massive des juifs qui commence en U.R.S.S. : des policiers et des S.S., les Einsatzgruppen, se livrent sur les arrières du front à des massacres d’hommes juifs, avant de s’attaquer aux familles entières à partir du mois d’août. 22 juin, Benito Mussolini envoie ses troupes combattre en URSS. 29 juin, décret désignant Hermann Göring comme successeur de Hitler. Marcel Bucard recrée le Parti franciste. Juillet, Monseigneur Galen, évêque de Münster, condamne l’euthanasie hitlérienne ; dans un sermon, il rappelle qu’en citoyen respectueux des lois il a porté plainte par lettre recommandée auprès du procureur du Reich du tribunal régional de Münster et du préfet de police de la même ville contre le meurtre de malades mentaux ; donnant des détails sur ces meurtres, Mgr Galen souligne comment le nazisme ne cesse de violer les commandements de Dieu ; des copies de ce sermon sont distribuées à travers l’Allemagne et sur le front ; la demande de Bormann et de Himmler de « pendre l’évêque ou au moins l’envoyer dans un camp de concentration » n’a pas de suite, Hitler craignant, avec Goebbels, qu’elle n’entraîne des troubles en Westphalie catholique (après la guerre, Pie XII fera Galen cardinal quelques semaines avant sa mort). 10 juillet, à Jedwabne (Pologne), 1.600 juifs sont brûlés vifs dans une grange (7 rescapés). 14 juillet, les troupes britanniques et une division de la France libre dirigée par le Général Catroux contraignent les Vichystes à l’armistice en Syrie et au Liban. 31 juillet, Goering adresse une lettre à Heydrich dans laquelle il lui demande « de prendre toutes les mesures préparatoires nécessaires [...] pour obtenir une solution totale de la question juive dans la zone d’influence allemande en Europe », il écrit plus loin : « pour réaliser la solution finale (Endlösung) désirée de la question juive ». 1er août, les militaires doivent prêter le serment de fidélité au maréchal Pétain. Août, Lucie retranscrit les 2 premiers secrets de Fatima [1° : visions de l’enfer ; 2° : fin de la guerre de 14 mais si on ne cesse d’offenser Dieu une seconde guerre commencera] publiés peu après. 11 août, une loi ordonne l’expulsion des francs-maçons de la fonction publique et la publication au Journal Officiel des noms des dignitaires (540 fusillés, 989 déportés). 14 août, au large de Terre-Neuve, rencontre secrète du navire britannique Prince of Wales et du croiseur américain Augusta ; le Premier ministre britannique, Churchill, et le président des Etats-Unis, Roosevelt, signent un document désormais connu sous le nom de Charte de l’Atlantique (à l’origine de la charte des Nations Unies, il propose : refus de tout agrandissement territorial, droit des peuples à choisir leur forme de gouvernement, libre accès de chacun aux matières premières, liberté des mœurs, renonciation à la force, etc.). 24 août, les Eglises et les familles manifestant leur désaccord, Hitler doit ordonner officiellement l’interruption du programme d’euthanasie. 25 août, les forces franco-britanniques occupent la Syrie. 3 septembre, Auschwitz, premiers gazages expérimentaux. 15 septembre, début du siège de Leningrad par les armées allemande et finlandaise. 16 septembre, pressé par Moscou et Londres dont les troupes ont pénétré en Iran, Reza shah, qui a refusé d’expulser les ressortissants allemands, doit abdiquer en faveur de son fils Mohammad Reza et est exilé à l’île Maurice, puis en Afrique du Sud où il mourra le 16 juillet 1944. 19 septembre, en Allemagne, un décret oblige tous les Juifs de plus de 6 ans à porter, sur le côté gauche de la poitrine, la judenstern, l’étoile juive jaune avec la mention « Jude », déjà imposée en Pologne depuis 1939 : c’est l’étoile à 6 branches, l’hexagramme, le « bouclier de David » figurant sur les boucliers des soldats du roi David et le « Bouclier de Mikael » des kabbalistes. 24 septembre, Londres, création du Comité national de la France libre, appareil politique de type gouvernemental. 27 septembre, Grèce, création du Front national de libération (EAM) qui met en place une armée, l’ELAS (Armée populaire grecque de libération) pour résister à l’occupation nazie et qui s’opposera au gouvernement de Georges Papandréou, mis en place à la libération ; ce sera la guerre civile entre les communistes et les royalistes. Nuit du 2 au 3 octobre, 6 des 7 synagogues de Paris sont dynamitées par les Allemands. 4 octobre, France, la Charte du travail interdit la grève et pose le principe des syndicats uniques et obligatoires. 22 octobre, en représailles des meurtres d’un officier allemand à Nantes et d’un conseiller militaire à Bordeaux, les Allemands exécutent 22 otages à Nantes, 27 à Châteaubriant et 50 à Bordeaux. 17 novembre, loi créant la Fondation française pour l’étude des problèmes humains (le maréchal Pétain en confie la direction à Alexis Carrel (1873-1944) qui propage ses idées sur l’eugénisme ; cet organisme sera remplacé à la Libération par l’Institut national des études démographiques : l’I.N.E.D.). 19 novembre, loi transformant la Légion française des combattants en « Légion française des combattants et des volontaires de la Révolution nationale » d’où émergera le Service d’ordre légionnaire (SOL), rattaché à la Légion mais avec une forte autonomie, qui constituera la Milice française. 28 novembre, le Grand Mufti de Jérusalem, Amin Al Husseini, est reçu par Hitler ; installé à Berlin, il réussira à recruter des milliers de musulmans en Bosnie-Herzégovine et en Albanie pour les Waffen SS ; ces légions arabes participeront plus tard au massacre de dizaines de milliers de Serbes, de Juifs et de bohémiens ; fin 1943, la 13e division de montagne de la Waffen-SS Handschar composée de Bosniaques, Croates, Albanais et Turcs comptera 21.065 hommes. 20 novembre, sous la pression allemande, le gouvernement de Vichy rappelle définitivement Weygand (délégué général du gouvernement pour les forces françaises d’Afrique et qui a conclu des accords de ravitaillement avec l’américain Murphy). 1er décembre, Saint-Florentin (Yonne), entrevue entre Göring, Pétain et Darlan. 7 décembre, 7 h 55, l’aviation japonaise attaque par surprise la flotte de guerre américaine basée à Pearl Harbor dans l’archipel d’Hawaï ; le Japon déclare la guerre aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, à l’Australie et au Canada (la déclaration de guerre du Japon arrive aux Etats-Unis après l’attaque de Pearl Harbor). 7 décembre, le décret (erlass) dit Nacht und Nebel (Nuit et Brouillard), signé par le Maréchal Keitel, prévoit que « Tout habitant des territoires occupés de l’Ouest, présumé coupable de crimes contre le Reich ou contre les troupes d’occupation doit être exécuté ou déporté clandestinement en Allemagne pour y disparaître sans qu’aucune information soit donnée à son sujet » ; les « NN » seront déportés et disparaîtront dans le secret total. 8 décembre, le Japon envahit la Malaisie . 8 décembre, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas déclarent la guerre au Japon (l’URSS se déclare neutre). 9 décembre, De Gaulle, au nom de la France libre, déclare la guerre au Japon. 9 décembre, la Chine déclare la guerre au Japon, à l’Allemagne et à l’Italie. 11 décembre, l’Allemagne et l’Italie déclarent la guerre aux Etats-Unis ; les États-Unis déclarent la guerre à l’Allemagne et à l’Italie. 15 décembre, au mont Valérien, un ancien fort à l’ouest de Paris, 75 otages juifs et communistes sont fusillés par les Allemands. 19 décembre, pour stopper la débâcle de ses troupes en U.R.S.S., Hitler limoge son chef d’état-major, prend le commandement de l’armée allemande et ordonne que l’armée ne recule plus et reste sur ses positions pour se battre. 22 décembre au 14 janvier 1942, Washington, conférence Arcadia entre Roosevelt et Churchill : création d’un état-major combiné ; la stratégie Germany First désigne clairement l'Allemagne comme l'ennemi à vaincre en priorité. 22 décembre, les Japonais envahissent l’île de Luçon aux Philippines. 25 décembre, Hong Kong, les Britanniques se rendent aux Japonais. Dans son message de Noël, Pie XII déplore "le déshonneur porté à la dignité humaine, à la liberté et à la vie [.] qui crie vengeance".

1941-1944. La shoah, génocide des Juifs d’Europe ; 6 millions de morts dont 3 millions dans les camps ; les 6 camps d’extermination sont tous situés sur le territoire de l’ancienne Pologne : Chelmno (gazage par camions), Belzec, Sobibor et Treblinka (gaz d’échappement de gros moteurs Diesel), Maidanek, et le complexe Auschwitz-Birkenau-Monowitz où est employé le Zyklon B, un désinfectant insecticide.

1942. 1er janvier, les représentants de 26 Etats en lutte contre l’Axe proclament leur appui à la Charte de l’Atlantique en signant à Washington la « Déclaration des Nations Unies ». Nuit du 1er au 2 janvier, Jean Moulin est parachuté en Provence. 2 janvier, les Japonais prennent Manille. 11 janvier, les Japonais envahissent les Indes orientales néerlandaises qu'ils occuperont durant 3 ans. 13 janvier, Déclaration de Saint-James à Londres : les représentants de huit gouvernements en exil, ainsi que ceux du Comité national français, affirment "leur volonté de poursuivre, de rechercher, de juger et de condamner les criminels, sans distinction d’origine, et de veiller à l'exécution des sentences dans le cadre d’une juridiction internationale" et demandent que "la guerre ait pour but principal, entre autres, de châtier les coupables de ces crimes contre l’humanité, quel que soit le degré de responsabilité des auteurs" ; le 8 août, les gouvernements des Etats-Unis et de la Grande Bretagne proposeront la création de la Commission des crimes de guerre des Nations unies, afin de permettre la réalisation des objectifs de la Déclaration qu'ils ont, entretemps, adoptée. 15 janvier, victoire chinoise sur les japonais à la troisième Bataille de Changsha. 20 janvier, à Wannsee (Allemagne), au siège d’Interpol, la conférence secrète Am Grossen Wannsee n°56-58, convoquée par Reinhard Heydrich, a pour sujet : la coordination de l’extermination des Juifs, qualifiée de « solution finale (Endlösung) de la question juive européenne » ; Adolf Eichmann, responsable de la section IV B 4 a de l’Office central de sécurité du Reich, en a rédigé le protocole ; la réunion est présidée par Reinhardt Heydrich que Hermann Göring a chargé, le 31 juillet 1941, de mettre au point un « projet d’ensemble » ; Heydrich déclare que « l’extermination est bien plus réaliste que l’émigration » et précise les étapes de la « solution biologique » ; son plan a pour objet la rationalisation de l’extermination des Juifs et son extension systématique à toutes les régions sous domination allemande qu’il s’agit de « nettoyer d’environ 11 millions de Juifs » ; ceux-ci doivent être déportés dans des ghettos et des camps de concentration en Pologne où ils seront exterminés par « diminution naturelle » consécutivement aux travaux forcés ; « les survivants éventuels devront être traités de façon adéquate car, étant le produit d’une sélection naturelle, ils pourraient être, une fois libérés, le ferment d’une nouvelle organisation juive ». 22 janvier, fin de la bataille de Moscou : la Wehrmacht doit battre en retraite. 29 janvier, signature du protocole de Rio entre le Pérou et l'Équateur. 15 février, France, loi contre l’avortement (jusqu’à la peine de mort et travaux forcés). 15 février, Singapour tombe aux mains des Japonais. 16 février, ghetto de Varsovie, 400.000 Juifs y ont été rassemblés, 310.000 seront déportés. Février, Cracovie, le cardinal Sapieha décrit les horreurs des nazis en Pologne et évoque les « camps de concentration ». 19 février, ouverture du procès de Riom (suspendu le 11-4) : le gouvernement de Vichy assigne en justice Edouard Daladier, Guy La Chambre, Maurice Gamelin, Léon Blum et Robert Jacomet accusés d’être responsables de la défaite de 1940 ; le procès tourne rapidement à la confusion et Hitler, irrité, le fait suspendre (11 avril) ; les accusés sont renvoyés en prison puis livrés aux Allemands. 19 février, Roosevelt promulgue le décret exécutif 9066 autorisant les États-Unis à interner dans des camps de concentration certains groupes ethniques, afin d'éviter des mesures de sabotage et d'espionnage : les Japonais, les Allemands et les Italiens sont surtout internés. 22 février, Joseph Darnand crée le Service d'ordre légionnaire. 23 février, une raffinerie de pétrole, près de Santa Barbara (Californie), est bombardée par un sous-marin japonais. 27 et 28 février, Bruneval en Seine-Maritime, opération Biting (Coup de croc) : les Britanniques prennent un radar allemand. 1er mars, débarquement des Japonais à Java qui capitule le 8. 24 mars, bataille de Taungu en Birmanie : les Japonais vainquent les Chinois. 27/28 mars, raid britannique sur le port de Saint-Nazaire (opération chariot). 28 mars, création des FTPF (Francs-Tireurs et partisans français) contrôlés par les communistes. 8 avril, lois sur l’exemption des impôts exceptionnels sur les biens des congrégations et reconnaissance des congrégations par décret. 17 avril, les congrégations sont autorisées. 18 avril, Laval revient à la tête du gouvernement ; Darlan demeure le dauphin et devient chef des forces armées françaises ; les ministres de Vichy complotent contre Darlan, détesté pour son autoritarisme et sa vanité, et qu’on accuse d’être de gauche et franc-maçon ; en effet, Darlan jouit de la confiance des hommes de gauche : il avait préconisé, avant la guerre, une intervention française aux Baléares au bénéfice des républicains espagnols. 18 avril, premier raid aérien américain (colonel James Doolittle) sur Tokyo. Mai, début de l'Opération Fall Blau (Cas bleu), offensive de l'Axe sur le Front de l'Est avec Stalingrad pour objectif (fin en février 1943). 4 au 8 mai, la bataille de la mer de Corail au large des côtes australiennes, première bataille aéronavale de l'histoire, est remportée par les Japonais sur les Américains. 5 mai, débarquement anglais à Diego Suarez (Madagascar). 12 mai 1942 au 6 avril 1945 : la bataille du Saint-Laurent oppose les sous-marins allemands à la marine canadienne. 27 mai, Reinhard Heydrich est assassiné par trois résistants tchèques parachutés depuis Londres. 29 mai, France, ordonnance allemande (en vigueur le 7 juin) imposant le port de l’étoile jaune pour les juifs à partir de l’âge de 6 ans en zone occupée. 30 mai, Cologne est bombardée par le premier 1000 Bombers’ Raid de la Royal Air Force (RAF). 3 au 7 juin, bataille aéronavale de Midway (Pacifique) : victoire des Américains sur les Japonais qui font retraite. 10 juin, en représailles à l’assassinat, le 27 mai, de Reinhard Heydrich, protecteur de Bohême et Moravie, par un commando tchécoslovaque entraîné en Grande-Bretagne, les Allemands rasent le village de Lidice (à 22 km au nord-ouest de Prague), fusillent 148 hommes (à partir de 16 ans), déportent les femmes et placent les enfants survivants « en rééducation » dans des familles nazies. 11 juin, Libye, les forces françaises libres du général Koenig qui résistent héroïquement depuis le 28 mai à l’offensive de l’Afrikakorps du maréchal Rommel (2 divisions dont la fameuse 15e division blindée) pour donner le temps aux alliés de se préparer à riposter, quittent Bir Hakeim en perçant les lignes allemandes. 13 juin, l’Allemand Wernher von Braun réalise et lance une fusée V 2 à propergols liquides. 21 juin, l’Afrikakorps reprend Tobrouk. 22 juin, Laval accepte le système de la relève (des Français iront travailler en Allemagne en échange de la libération des prisonniers de guerre : un prisonnier libéré contre trois ouvriers) ; les premiers libérés arrivent à Compiègne le 11-8. 22 juin, dans un discours à la radio, Laval déclare : « Je souhaite la victoire de l’Allemagne parce que, sans elle, le bolchevisme, demain, s’installerait partout ». Le pape crée l’Institut pour les Œuvres de Religion (IOR), dite Banque vaticane. Paul Bouchet, disciple de Phileas Lebesgue, fonde le Collège des druides, eubages, bardes et ovates des Gaules (Collège druidique des Gaules). Victor Paul Wierwille, ancien pasteur américain, fonde la Voie Internationale. Etats-Unis, fondation de National Association of Evangelicals (Association nationale des évangélistes). 2 juillet, René Bousquet, secrétaire général à la Police depuis le 18 avril, propose au SS-Brigadeführer Karl Oberg (placé par Heydrich le 5 mai à la tête de la Police allemande en France), en échange de l’ajournement des déportations de juifs français, que la police française arrête les juifs étrangers dans toute la France (l’accord est approuvé le 3 par Laval) : la France est le seul pays d’Europe dans lequel des juifs séjournant dans un territoire non occupé par les Allemands sont déportés. 2 juillet, au bout de 8 mois de siège, les Allemands prennent Sébastopol. 10 juillet, France, Oberg rédige une ordonnance édictant que les proches parents masculins de l’auteur d’un attentat en fuite seront fusillés. 14 juillet, le mouvement de la France libre prend le nom de France Combattante. 14 juillet, le parti du Congrès national indien signe une résolution demandant l'indépendance indienne par rapport au Royaume-Uni. 16 et 17 juillet, lors de la rafle dite "du Vél’d’Hiv" (le régime nazi a décidé d'une énorme rafle de Juifs dans plusieurs pays européens : l'opération « Vent Printanier » ; René Bousquet, secrétaire général de la police, l'organise en France), 12.884 (13.152 selon la Préfecture de Police) Juifs étrangers ou apatrides dont 3.031 hommes, 5.802 femmes et 4.051 enfants de tous âges (pourtant les ordres allemands ne visaient que les jeunes à partir de 16 ans) sont arrêtés par 4.500 policiers et gendarmes (dixit Jacques Chirac, 16 juillet 1995) ; une partie des Juifs est emmenée par autobus dans le camp de Drancy (au nord de Paris), les autres sont rassemblés dans le Vélodrome d’Hiver, rue Nélaton dans le 15e arrondissement, où, pendant 5 jours, ils vont vivre sans nourriture, avec un seul point d'eau et 2 médecins), avant d'être conduits à Drancy, Beaune-la-Rolande et Pithiviers, puis déportés à Auschwitz. 19 juillet, rafle manquée à Nancy : la police de la ville a organisé une vaste opération permettant aux juifs de fuir et d'atteindre la zone libre. Août, Lwow, le métropolite Szptyckyj décrit à Pie XII les atrocités commises contre les Juifs en Ukraine. 6 août, Pétain reçoit le comte de Paris. 7 août, Guadalcanal (Iles Salomon), débarquement des Marines : premier assaut américain contre les positions japonaises dans l’océan Pacifique. 8 août, Gandhi, Nehru et d’autres chefs nationalistes indiens sont arrêtés par les Britanniques. 9 août, bataille de l'Ile de Savo : sévère défaite des Américains face aux Japonais. 9 au 13 août, opération Pedestal montée par le Britanniques pour ravitailler l'île de Malte : les Alliés subissent de lourdes pertes. 12 au 15 août, conférence à Moscou, entre Staline, Churchill et l’ambassadeur américain Harriman, pour harmoniser les combats. 19 août, Dieppe, échec du débarquement allié (5.000 Canadiens du régiment canadien-français « les Fusiliers du Mont-Royal », 1.100 Anglais et 50 Américains) destiné à tester les défenses allemandes et à préparer un grand débarquement : 4.000 tués, blessé ou prisonniers. 19 août, 210.000 soldats allemands, 2.700 canons et 600 chars se lancent à l’assaut de Stalingrad ; Staline, qui a pris en main tous les pouvoirs, dissout le Komintern, rétablit la liberté religieuse et demande à tous les partis communistes de s’allier à leurs adversaires de la veille dans des « Fronts nationaux ». 23 août, l’archevêque de Toulouse, Mgr Saliège, envoie aux paroisses de son diocèse une lettre contre les persécutions antisémites à lire le dimanche 30 : "Les Juifs sont des hommes, les Juives sont des femmes. Tout n’est pas permis contre eux, contre ces hommes, contre ces femmes, contre ces pères et mères de famille. Ils font partie du genre humain. Ils sont nos Frères comme tant d’autres. Un chrétien ne peut l’oublier." Octobre, l’Allemagne abandonne les recherches sur l’arme atomique, à cause de l’exil des spécialistes et parce que Hitler estime qu’il s’agit de « physique juive ». 3 octobre, sur les bords de la Baltique, à Peenemünde, lancement expérimental réussi de la fusée allemande A-4, ancêtre du V2. 7 octobre, le Vatican est informé de l’extermination des Juifs par l’aumônier Scavizzi qui parle de 2 millions de morts (Pie XII le verra 4 fois). 11 octobre, guerre du Pacifique, bataille de cap Espérance (seconde bataille de Savo) : les Américains vainquent les Japonais. 23 octobre, début de la seconde bataille d’El Alamein : les Anglais du général Montgomery lancent une grande offensive contre l’Afrikakorps de Rommel (à partir de novembre les troupes allemandes et italiennes se retirent d’Egypte et de Libye). 25 au 27 octobre, bataille de Santa Cruz au large des îles Salomon, à côté de Guadalcanal : la marine impériale japonaise vainc la marine américaine. 31 octobre, comme l’a demandé la Vierge par intermédiaire de Lucie, Pie XII consacre le monde (particulièrement la Russie) au Cœur Immaculé de Marie. Nuit du 3 au 4 novembre, El Alamein, les troupes de l’Afrikakorps de Rommel se replient devant la VIIIe armée britannique de Montgomery. 5 novembre, armistice franco-anglais à Madagascar. 8 novembre, opération Torch menée par le commandant anglais Cunningham et le général américain Eisenhower : débarquement anglo-américain au Maroc et en Algérie (les Américains à Casablanca et à Oran, les Britanniques à Alger) ; l’amiral François Darlan qui a exhorté les français d’Afrique du Nord à résister face à cette invasion, signera la reddition d’Alger à l’issue des combats entre les forces alliées et les Français (en représailles, l’Allemagne envahira la zone libre du sud de la France, le 11 novembre). 9 novembre, en fin de matinée, une escadrille allemande atterrit à l’aéroport d’El-Aouina près de Tunis (les jours suivants, les troupes allemandes débarquent ; le 16, elles contrôlent le pays). 9 et 10 novembre, rencontre entre Laval et Hitler à Berchtesgaden puis à Munich. 11 novembre, France, « opération Attila », les Allemands envahissent la zone libre. 12 novembre, le général Weygand est enlevé et déporté (le 20) par les Allemands (il sera libéré par les Américains en mai 1945). 13 novembre, Libye, les Britanniques reprennent la ville de Tobrouk aux Allemands. 16 novembre, l'amiral Darlan est déchu de ses fonctions militaires. 17 novembre 1942 au 13 mai 1943, bataille de Tunisie : elle oppose les alliées (Américains, Anglais et quelques Français), qui seront victorieux, aux Allemands et aux Italiens. 19 novembre, grande contre-offensive soviétique (Rokossovki et Ieremenko) - Opération Uranus - pour encercler l'armée allemande dans Stalingrad. 25 novembre au 20 décembre, seconde offensive de Rjev-Sytchiovka (opération Mars) à proximité de Moscou : victoire allemande sur les soviétiques. 27 novembre, 4 h 40, les blindés allemands envahissant le port de Toulon, la flotte française (85 bâtiments), commandée par l’Amiral Jean de Laborde, se saborde. 30 novembre (nuit), bataille navale de Tassafaronga sur les côtes de Guadalcanal dans le Pacifique : les Japonais vainquent les Américains. 2 décembre, Université de Chicago, le physicien italien Enrico Fermi produit la première réaction atomique en chaîne contrôlée dans une pile à uranium et graphite : première pile atomique. 7 décembre, opération Frankton : à proximité de Bordeaux, un commando britannique endommage gravement 4 navires de l'armée allemande. 11 décembre, les Juifs doivent faire apposer le tampon « juif » sur leurs cartes d’identité et d’alimentation. 24 décembre, Alger, l’amiral Darlan tombe sous les balles du jeune Bonnier de La Chapelle ; d’aucuns racontent que le comte de Paris, croyant au rétablissement de la monarchie, aurait laissé le soin à cinq fidèles d’éliminer Darlan ; un ancien résistant, faisant partie du même groupe que Bonnier, a formellement rejeté cette explication : ni lui, ni Bonnier n’était royaliste et c’est le tirage au sort, à la courte paille, qui a désigné Bonnier comme exécuteur ; le général Giraud succède à Darlan à la tête du Conseil d’Empire. Dans son message de Noël, radiophonique, Pie XII plaide pour « des centaines de milliers de personnes qui, sans aucune faute de leur part, par le seul fait de leur nationalité ou de leur race, ont été vouées à la mort ou à une progressive extermination » ; le message provoque la colère de Hitler qui fait retirer le texte de la publication ; les autorités nazies déclarent que "le pape se fait le porte-parole des juifs, criminels de guerre" ; un tribunal militaire allemand dénonce le message du pape comme un "document subversif et démoralisant". 31 décembre, loi sur l’incorporation d’immeubles dans le patrimoine des congrégations reconnues. 31 décembre, bataille navale de la mer de Barents sur l'océan Arctique : les Britanniques vainquent les Allemands. 31 décembre, il reste 1.109.000 prisonniers de guerre français en Allemagne.

1943-1944. URSS, Staline déporte un million de personnes ; la famine fait plus d'un million de morts.

1943. 14 au 24 janvier, Conférence de Casablanca, à l'hôtel Anfa, entre le président américain Roosevelt, le Premier ministre anglais Churchill et les généraux français Henri Giraud et Charles de Gaulle. 24 janvier, Marseille, début de la destruction de plusieurs quartiers de la vieille ville près du Vieux Port ainsi que du pont transbordeur (25.000 personnes expulsées, 1.494 immeubles détruits). 24 janvier, Stalingrad, Paulus, à la tête de la VIe armée allemande, affamée et encerclée depuis la veille, demande l’autorisation de capituler à Hitler qui refuse. 25 janvier, fin de l’encerclement de Leningrad (assiégée depuis le 9/9/1941) ; après de durs combats, l’armée du Volkhov du général Meretskov, et l’armée de Leningrad du général Govorov font leur jonction. 26 janvier, France, Jean Moulin unifie les mouvements de résistance dans le M.U.R. (Mouvement uni de la Résistance). 26 janvier, Stalingrad, à la suite d’une attaque de Rokossovki, la VIème armée doit se scinder en deux parties : un groupement au Sud et un Nord. 30 janvier, France, création de la milice par Joseph Darnand. 31 janvier, Stalingrad, le maréchal Friedrich Paulus et les troupes du secteur sud se rendent. 2 février, les troupes allemandes du secteur nord de Stalingrad cessent toute résistance (les dernières unités se rendront le 3) ; Paulus signe la capitulation de la VIe armée au Haut commandement soviétique de Joukov (24 généraux et 94.000 soldats allemands épuisés se sont rendus ; la bataille a fait 150.000 morts chez les Allemands, les Russes ont perdu 50.000 hommes ; néanmoins Hitler poursuit sa guerre : « Puisque j’envoie la fleur des Allemands dans la tempête d’acier de la guerre pourquoi n’aurais-je pas le droit d’exterminer des millions d’êtres appartenant à une race inférieure ? »). 10 février, Ferhat Abbas, président de l’Union populaire algérienne, publie le Manifeste du peuple algérien dans lequel il réclame la constitution d’un État algérien autonome et une réforme agraire. 12 février, dans un rapport, Helmut Knochen (l’adjoint du SS Karl Oberg, chef des services de sûreté et de sécurité du Reich en France) évoque l’opposition de Pétain et du gouvernement de Vichy à l’introduction de l’étoile jaune en France, ainsi qu’à l’extension des mesures antijuives aux Juifs français. 16 février, loi instituant le Service du Travail Obligatoire (STO) et décret d’application : les hommes, nés en 1920, 1921 et 1922, iront travailler en Allemagne pendant deux ans (en contrepartie, Pierre Laval obtient de l’Allemagne la suppression de la ligne de démarcation qui n’existe plus en pratique puisque la zone « libre » est occupée depuis novembre 1942. De plus, les départements du Nord et du Pas-de-Calais, sont rattachés à nouveau à l’administration française. Ils dépendaient de la Belgique. On estime à 10% le nombre de Français réfractaires au STO qui rejoindront le maquis). 19 au 25 février, Tunisie, bataille de Kasserine. Mars, camp d’Auschwitz, premiers gazages de Tziganes. 6 mars, bataille de Blackett : deux destroyers japonais, le Murasame et le Minegumo, sont coulés par la Task Force 68, composée de 3 croiseurs légers et de 3 destroyers, commandée par l'amiral Merrill qui revient d'une opération de bombardement sur Vila. 10 mars, en Tunisie, la colonne Leclerc remporte la bataille de Ksar Ghilane contre les 15ème et 21ème divisions de Panzer et les stukas allemands. 15 mars, ordonnances d’Alger, le général de Gaulle annule les lois de Vichy et abolit le régime de Vichy. 23 mars, Tunisie, bataille d'El Guettar : face aux troupes américaines du général Patton, l'Afrika Korps allemand doit se retirer vers Gabès. 27 mars, bataille des îles Komandorski : destroyers et croiseurs japonais et américains se livrent le dernier duel d'artillerie de ce genre dans toute l'histoire navale ; l'amiral Hosogaya, croyant qu'un renfort aérien américain est en route, abandonne alors qu'ils auraient pu remporter la victoire. 19 avril, à 4 heures, 2.000 à 3.000 Waffen SS, auxiliaires ukrainiens, lettons et policiers polonais, qui commencent à pénétrer dans le ghetto de Varsovie où survivent 60.000 juifs, sont accueillis par un feu nourri (les juifs combattront jusqu’au 16 mai ; 7.000 mourront pendant le soulèvement, 38.000 seront envoyés dans les camps d’extermination). 28 avril, le cardinal Maglione, secrétaire d’Etat, reçoit de l’ambassadeur de Pologne un journal de Zurich décrivant le « martyre » des prêtres polonais déportés à Dachau. 30 avril, à Mgr von Preysling qui lui demande de sauver les Juifs de Berlin, Pie XII répond qu’il appartient aux évêques locaux de dire quand il faut être silencieux et quand il faut parler, compte tenu des risques de représailles. 30 avril, Berchtesgaden, entrevue entre Laval et Hitler. Mai, Auschwitz, le médecin SS Mengele ordonne le gazage de plus de mille Tziganes pour éviter une nouvelle épidémie de fièvre typhoïde. 7 mai, Tunisie : les troupes américaines entrent à Bizerte et les troupes anglaises à Tunis ; les Français prennent Pont-du-Fahs (le général von Arnim capitule le 12). 12 au 27 mai, Washington, la conférence Trident (Roosevelt-Churchill) prépare la campagne d'Italie et entérine le principe d’un débarquement sur les côtes françaises (Churchill en fait repousser la réalisation au printemps 1944). 13 mai, la défaite totale de l’Afrikakorps du maréchal Rommel achève la libération de l’Afrique du Nord par les Alliés. 17 mai, raid de la Royal Air Force dans la région de la Ruhr (opération Chastise) : les barrages de la Möhne, d'Edersee, de la Sorpe et de l'Ennepe sont bombardés. 27 mai, Paris, première réunion du Conseil National de la Résistance, fondé et présidé par Jean Moulin. Fin mai et début juin, émeutes sanglantes contre les Chicanos (Mexicains) à Los Angeles. 3 juin, Alger, création du Comité français de Libération nationale coprésidé par De Gaulle et Giraud ; il deviendra le Gouvernement provisoire de la République française le 3 juin 1944. 3 juin, bataille de l'ouest de Hubei : victoire des Chinois sur les Japonais. 12 juin, devant l’assemblée des cardinaux, Pie XII déclare qu’il se joint « aux supplications anxieuses de tous ceux qui, à raison de leur nationalité ou de leur race, sont accablés des plus grandes épreuves et des douleurs les plus aiguës, et parfois même destinés, sans faute personnelle, à des mesures d’extermination » et que « toute parole de notre part à l'autorité compétente, toute allusion publique doivent être sérieusement pesées et mesurées, dans l'intérêt même des victimes, afin de ne pas rendre leur situation plus grave et plus insupportable ». 21 juin, dans la villa du docteur Dugoujon à Caluire-et-Cuire (69), arrestation de Jean Moulin dit « Max », président du Conseil National de la Résistance, ex-préfet, artiste et proche de la maçonnerie sans être toutefois inscrit en loge ; après avoir été identifié et interrogé à Lyon par l’officier de la Gestapo, Klaus Barbie, il est transféré à la Gestapo de Paris où il est torturé ; il meurt le 8 juillet, aux environs de Metz, dans le train qui l’emmène vers l’Allemagne pour y être de nouveau interrogé ; le 19 décembre 1964, ses cendres seront transférées au Panthéon à la demande du Président de Gaulle. 26 juin, Radio Vatican fait savoir que "quiconque établit une distinction entre les Juifs et les autres hommes est un infidèle et se trouve en contradiction avec les commandements de Dieu. La paix dans le monde, l'ordre et la justice seront toujours compromis tant que les hommes pratiqueront des discriminations entre les membres de la famille humaine." ; le New York Times cite ce message le lendemain. 29 juin, encyclique Mystici Corporis sur le Corps mystique de Jésus-Christ (l’Eglise). 4 juillet, poche de Koursk : la plus grande bataille de blindés de l’histoire s’achève sur la défaite des Allemands. 5 au 6 juillet, bataille navale du Golfe de Kula entre la Marine impériale japonaise (2 destroyers coulés) et la marine américaine (1 croiseur coulé). 10 juillet, Sicile, débarquement des alliés. 12 au 13 juillet, seconde bataille navale du Golfe de Kula ou bataille de Kolombangara entre la Marine impériale japonaise (1 croiseur coulé et les forces navales alliées comprenant des forces américaines et néo-zélandaises (un destroyer coulé et 3 croiseurs légers très endommagés). 19 juillet, les alliés bombardent Rome sans toucher le Vatican ; le pape se rend en voiture dans le quartier détruit de la Basilique Saint-Laurent-hors-les-Murs pour manifester sa solidarité aux victimes de ce premier bombardement sur Rome : il en revient avec son vêtement blanc maculé de sang 20. 22 juillet, la Suisse interdit les partis d’inspiration nazie. 25 juillet, le grand conseil fasciste décide d’évincer Mussolini qui est arrêté sur ordre du roi et transporté sur l’île de Ponza ; le maréchal Badoglio est chargé de constituer un nouveau gouvernement (les Allemands feront évader le Duce le 12-9). 25 juillet, les Allemands envahissent le nord de l'Italie ; Hitler déclare à ses généraux : « Je pénétrerai au Vatican. Croyez-vous que le Vatican m'intimide ? Nous allons nous en emparer.... Tout le corps diplomatique s'y trouve... Cette racaille... Nous sortirons toute cette bande de salauds.... Plus tard, nous présenterons des excuses... » (William L. Shirer, Le IIIe Reich). 27 juillet, création du Comité de libération nationale italien. 1er août, opération Tidal Wave (Raz-de-marée : 165 avions de la Royal Air Force quittent l'Angleterre pour détruire un grand complexe pétrolier en Roumanie. 2 août, révolte des détenus du camp de Treblinka. 3 août, l'armée rouge lance l'opération Polkovodets Roumiantsev qui a pour objectif de poursuivre la libération des territoires ukrainiens occupés par les Allemands. 17 août, Québec, Conférence Quadrant entre Winston Churchill et Franklin Roosevelt (à laquelle participe le Canadien Mackenzie King et le Chinois T.V. Soong, représentant du Guomindang) : le débarquement dans le nord de la France est prévu pour le 1er mai 1944 et sera complété par un débarquement dans le sud du pays ; pour diminuer la pression allemande du côté de l’Union soviétique, les Alliés décident aussi d’un débarquement sur la péninsule italienne, l’objectif étant la capitulation sans condition de l’Italie 18. Nuit du 17 au 18 août, la Royal Air Force bombarde la base de recherche et d’expérimentation des V1 et V2 de Peenemünde, sur la Baltique. 23 août, Albret Lebrun est arrêté par la Gestapo et interné dans le Tyrol bavarois. 24 août, Ashford (GB), mort de Simone Weil 2. 24 août, Himmler est nommé ministre de l’intérieur du IIIe Reich. 29 août, Copenhague, insurrection contre l’occupant nazi ; la marine danoise se saborde. Septembre, édition de La France pays de mission ? des abbés Godin et Daniel. Le cardinal Emmanuel Suhard crée la Mission de Paris destinée à former des prêtres pour la classe ouvrière parisienne ("prêtres-ouvriers" : 2 en 44, 6 en 1946, 50 en 1949). 3 septembre, des troupes britanniques et canadiennes débarquent à Reggio de Calabre sous le commandement de Montgomery ; le maréchal italien Badoglio négocie avec les Alliés un armistice qui entrera en vigueur le 8. 9 septembre, débarquement américain dans le golfe de Salerne : vive résistance des Allemands. 9 septembre au 4 octobre, soulèvement des résistants corses appuyés par des troupes envoyées d’Afrique du Nord par le général Giraud et libération progressive de la Corse. 12 septembre, Mussolini, prisonnier dans les Abruzzes, est libéré par un commando SS ; le 18, il fonde la « République sociale italienne » à Salo. 13 septembre, Chine, Chiang Kaï-Shek, chef suprême de l’armée chinoise, est élu président de la république chinoise par le Guomindang. 27, 28, 29 et 30 septembre, Naples, les Napolitains affrontent les troupes allemandes et libèrent leur ville. 30 septembre, l’encyclique Divino afflante spiritu sur les études bibliques (l’Eglise accepte les principes modernes d’exégèse biblique, elle pratique l’exégèse historico-critique). 7 octobre, bataille navale de Vella Lavella : fin de l'occupation japonaise des Iles Salomon. 13 octobre, l’Italie déclare la guerre à l’Allemagne. 16 octobre, les Allemands raflent 2.094 juifs dans le ghetto de Rome. 18 octobre au 11 novembre, conférence de Moscou (URSS, G.-B., USA et Chine nationaliste). 25 octobre, les Allemands font saisir l'Osservatore Romano et menacent de reprendre les perquisitions dans les monastères pour y débusquer les Juifs cachés. 28 octobre, l’ambassadeur von Weiszaecker adresse à von Ribbentrop le message suivant : « Ambassade allemande auprès du Saint-Siège, Rome, le 28 octobre 1943. Bien que pressé de toutes parts, le Pape ne s’est laissé entraîner à aucune réprobation démonstrative de la déportation des Juifs de Rome. Encore qu’il doive s’attendre à ce que cette attitude lui soit reprochée par nos ennemis et qu’elle soit exploitée par les milieux protestants des pays anglo-saxons dans leur propagande contre le catholicisme, il a également tout fait dans cette question délicate pour ne pas mettre à l’épreuve les relations avec le gouvernement allemand... Signé Ernst von Weiszaecker. » (Document retrouvé dans les Archives secrètes de la Wilhelmstrasse, cité par Léon Poliakov). 30 octobre, Moscou, les Etats-Unis, l’URSS et la Grande-Bretagne déclarent leur détermination à châtier les criminels de guerre après la victoire. 1er novembre 1943 au 21 août 1945, opérations des forces américaines, australiennes, néo-zélandaises et fidjiennes aboutissant à la conquête de l'île de Bougainville dans les îles Salomon. 5 novembre, un bombardier italien largue 5 bombes sur la basilique Saint-Pierre de Rome : en 2010, il est révélé que l'attaque, orchestrée par des leaders politiques italiens convaincus que Radio Vatican envoie des messages codés aux Alliés, est une tentative délibérée de frapper cette station 21. 12 novembre, le Reich interdit à Pétain de parler à la radio. 22 novembre, Liban, proclamation de l’indépendance : par le « pacte national » le confessionnalisme est maintenu, les chrétiens renoncent à la protection française et les musulmans au rêve d’une « grande Syrie ». 22 au 26 novembre, conférence du Caire (Roosevelt, Churchill, Tchang Kaï-chek) sur le Japon et l'Asie. 23 novembre, à Tarawa et Makin, atolls du Pacifique, les Américains vainquent les Japonais. 26 novembre, bataille du cap Saint-Georges, la dernière de la campagne des îles Salomon : les Américains vainquent les Japonais. 28 novembre au 1er décembre, conférence de Téhéran (Roosevelt, Churchill et Staline) ; la Russie obtient des Etats-Unis la promesse d’un débarquement en France. 12 décembre, Constantine, discours du général De Gaulle promettant aux musulmans une plus grande intégration. 24 décembre, le général Dwight Eisenhower est nommé commandant en chef des forces armées par le président Roosevelt. 26 décembre, bataille navale du cap Nord : grande victoire des Anglais sur les Allemands. Jean-Paul Sartre : L’Etre et le néant (l’homme est placé entre le néant dont il est issu et l’être auquel il aspire).

1944. 7 janvier, Eugène Deloncle, fondateur de la Cagoule, est assassiné par la Gestapo qui se méfie de lui en raison de ses liens avec l’Abwehr (services secrets allemands opposés à Hitler). 11 janvier, le gendre de Mussolini, le comte Ciano, est fusillé. 22 janvier, débarquement anglo-américain à Anzio, au sud de Rome. Palestine, la résistance juive s’organise. 27 janvier, Leningrad fête la fin du siège. 30 janvier au 8 février 1944, la conférence de Brazzaville, qui doit définir la future politique coloniale de la France, est ouverte par un discours du général de Gaulle proposant que l’Empire français devienne une fédération : « l’Union française ». 1er février, De Gaulle rassemble les forces de la résistance sous le nom de F.F.I. (Forces Françaises de l’Intérieur). 2 février, les gardes pontificaux sont équipés de mitraillettes en prévision d’une attaque nazie contre le Vatican (d’après Margherita Marchione, en janvier 1944, le plan allemand Rabat-Fohn prévoyait d'envoyer la 8e division de SS au Vatican pour abattre Pie XII en raison de sa « position pro-juive »). Pie XII nomme Thérèse de Lisieux deuxième patronne de la France. 23 février, sur ordre de Staline, 800.000 tchétchènes, accusés de collaborer avec l’Allemagne, sont déportés massivement vers les camps de travail (des milliers meurent dans les wagons). 7 mars, Alger, ordonnance proclamant « l’égalité des droits et devoirs entre Français musulmans et Français non musulmans » (art. Ier). 23 mars, Alger, l’Assemblée consultative adopte le principe du droit de vote des femmes. 24 mars, Rome, les Allemands exécutent aux Fosses ardéatines, dans le quartier d'Ardeatino, 335 civils italiens en représailles d'un attentat à la bombe ayant tué 32 SS la veille. Nuit du 26 au 27 mars, plateau des Glières dans le massif des Bornes en Haute-Savoie : les maquisards sont contraints d'évacuer. 6 avril, orphelinat d’Izieu (Ain), sous le commandement de Klaus Barbie, la Gestapo de Lyon arrête 44 enfants juifs et 8 adultes « coupables de les avoir cachés » (ils seront gazés à Auschwitz sauf une fillette qui survivra). 21 avril, une ordonnance du général de Gaulle prévoit le vote des femmes et leur éligibilité (l’ordonnance est confirmée le 5 octobre). 28 avril, au large des côtes britanniques, pendant l’Exercise Tiger, répétition générale du débarquement en Normandie, 639 soldats américains dont les embarcations ont été touchées périssent noyés. 9 mai, début de la bataille de Henan-Hunan-Guangxi remportée par le Japon contre les armées chinoises et américaines. 10 mai, la déclaration de Philadelphie est adoptée à l'unanimité par les représentants de l'Organisation internationale du travail : elle reconnaît l'importance des droits de l'homme, de la justice sociale et du respect de la dignité humaine dans les questions économiques et sociales et dans le maintien de la paix mondiale. 18 mai, commencée le 15 février, la bataille de Monte Cassino (Italie) s’achève : Anglais, Américains, Français, Polonais, Néo-Zélandais et Indiens, qui ont encerclé le mont, réussissent à déloger les Allemands qui battent en retraite ; les Anglais occupent la ville ; les Polonais plantent leur drapeau sur les ruines de l’abbaye bénédictine ; les troupes de la France libre, notamment les tirailleurs marocains, commandées par le général Juin, ont combattu avec acharnement au prix de lourdes pertes ; les Alliés ont perdu 115.000 hommes. 24 mai, Përmet (Albanie), Enver Hodja crée un comité antifasciste de révolution nationale. 26 mai, début d'exécution du Transportation Plan qui consiste à bombarder les voies de communication françaises, notamment les chemins de fer, pour préparer le débarquement en Normandie. 3 juin, le Comité français de libération nationale se proclame Gouvernement provisoire de la République française : Charles de Gaulle en est le président. 4 juin, les Alliés entrent dans Rome. 6 juin, opération Overlord en Normandie : débarquement des alliés (5.000 navires débarquent 130.000 hommes). 7 juin, deux crimes de guerre sont perpétrés par les nazis dans le Lot-et-Garonne : à Laclotte, les SS fusillent des civils français ; à Saint-Pierre-de-Clairac, la même division de SS tue 11 résistants ; ces mêmes soldats commettront quelques jours plus tard les massacres de Tulle et d'Oradour-sur-Glane. 9 juin, à Tulle (Corrèze), en représailles aux attaques de maquisards, la 2e division blindée SS Das Reich arrête tous les hommes valides : 99 d’entre eux sont pendus et 149 déportés au camp de Dachau (Allemagne). 10 juin, Oradour sur Glane (Haute-Vienne), massacre de 642 habitants (dont 246 femmes et 207 enfants) par un détachement de 120 hommes de la 2e division SS Das Reich (4e régiment Der Führer, 3e compagnie, comprenant 14 « malgré-nous » d’Alsace-Moselle) envoyé par le général Lammerding (les mêmes SS ont pendu 99 hommes à Tulle la veille) : voir procès 12 janvier/12 février 1953. 13 juin, le premier V1 (Fieseler Fi 103) s’écrase dans l’estuaire de la Tamise ; les bombes volantes V1 (Vergeltungswaffe : arme de représailles) sont lancées des rampes de Calais pour pilonner la Grande-Bretagne et notamment Londres. 13 juin au 30 juillet : combats du Vercors. 17 juin, à la suite d’un plébiscite, l’Islande devient une république indépendante (fête nationale). 19 et 20 juin, bataille navale et aérienne de la mer des Philippines : les Japonais perdent la majorité de leur aéronautique navale embarquée ainsi que des porte-avions. 21 juin, la milice exécute Jean Zay (il fut initié en 1926 à la loge « Étienne Dolet », à Orléans). 26 et 27 juin, bataille de Bobr : les forces allemandes dont un groupe de combat de la Légion des volontaires français, battent les Russes. 28 juin, la résistance abat Philippe Henriot. 30 juin, la bataille de Cherbourg s'achève par une victoire américaine. 30 juin, Pie XII reçoit De Gaulle en audience privée au Vatican. Juillet, le nombre de maquisards français est de 200.000 (ils étaient 20.000 en octobre 43). 1er au 22 juillet, la conférence monétaire internationale de Bretton Woods dans le New Hampshire (USA), à laquelle participent 44 pays dont la France représentée par Pierre Mendès France, créée 2 institutions internationales : le Fond Monétaire International (FMI) et la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) ou Banque mondiale et instaure comme monnaie de référence le dollar dont la valeur est définie sur celle de l’or (Gold Exchange Standard). 2 juillet, la force expéditionnaire brésilienne, intégrée à l'armée britannique, arrive en Italie. 5 au 10 juillet, De Gaulle est reçu à Washington où il est reconnu comme chef du Gouvernement provisoire de la France. 7 juillet, forêt de Fontainebleau, les miliciens abattent l’ancien ministre Georges Mandel de 7 balles dans la poitrine. 17 juillet, mise en place de l’AMGOT (Allied Military Government of Occupied Territories) : voir 25 août. 18 au 24 juillet, les Allemands, assistés de la milice, combattent les maquis du mont Gargan dans le Limousin. 20 juillet, quartier général de Rastenburg, attentat contre Hitler (dans le cadre de l’« opération Walkyrie » visant à renverser le régime hitlérien) qui est légèrement blessé : la bombe a été déposée par le colonel Claus von Stauffenberg, chef d’état-major des armées de l’Intérieur, qui est fusillé le soir même et remplacé par Himmler. 24 juillet, Lublin (Pologne) est libéré par la 8ème Armée de la Garde de l’Armée rouge. 24 juillet au 1er août, bataille de Tinian remportée par les Américains : du napalm a été utilisé pour la première fois. 25 juillet, opération Cobra : offensive lancée par les Américains dans le Cotentin. 31 juillet, Antoine de Saint-Exupéry, aviateur et écrivain, est abattu par Horst Rippert, un as de la Luftwaffe, au cours d’une mission de reconnaissance aérienne au sud de la France. 1er au 3 août, Auschwitz-Birkenau, liquidation de 4.000 Tsiganes. 1er août, début de l’insurrection de Varsovie contre l’occupation allemande (jusqu’au 20 octobre : 100.000 tués, le reste de la population est déporté dans les camps, la ville détruite). 5 août, Pétain désavoue la milice. 15 et 16 août, opération « Anvil Dragoon » : débarquement des alliés en Provence (Saint-Tropez, Cavalaire et Saint-Raphaël). 18 août, Pierre Laval est emmené par les Allemands à Belfort. 19 août, début de l’insurrection des Parisiens contre l’occupant. 20 août, Vichy, les Allemands enlèvent Pétain pour le conduire à Belfort (son envoyé, l’amiral Auphan, a tenté vainement de négocier une passation de pouvoirs avec de Gaulle ; lui et Laval sont transférés le 10 septembre au château de Sigmaringen en Allemagne). 21 août au 7 octobre, Washington, conférence de Dumbarton Oaks sur l’organisation de l’ONU et le Conseil de Sécurité. 24 août, envoyée par Leclerc, la 9ème compagnie de blindés (la "nueve", composée principalement de 120 Espagnols) du capitaine Raymond Dronne, entrent dans Paris par la Porte d’Italie (à 20 h 41, le char Guadalajara franchit le premier les boulevards extérieurs ; à 21 h 22, la compagnie de Dronne (22 véhicules blindés : chars et half-tracks) se garent devant l'Hôtel de Ville sous les acclamations des Parisiens. 25 août, au matin, Maillé (37), 60 à 80 soldats allemands abattent 124 habitants, dont 44 enfants, et incendient le bourg. 25 août, 16 h 15, à la gare Montparnasse, le général Leclerc reçoit la capitulation du général von Choltitz (le soir même, le général de Gaulle s’installe au ministère de la Guerre en qualité de chef du gouvernement provisoire). 25 août, accords entre Eisenhower et Koenig sur l’administration civile dans la France libérée : les USA prévoient d’administrer tous les pays d’Europe par l’AMGOT (Allied Military Government of Occupied Territories) dont relèveraient le droit de battre monnaie, le pouvoir judiciaire, la désignation et la révocation des fonctionnaires et les transports ; le général de Gaulle s’y opposera. 26 août, le général De Gaulle descend triomphalement les Champs-Élysées jusqu’à Notre-Dame ; le Te Deum est perturbée par une fusillade, des résistants croyant (peut-être à tort) avoir aperçu des tireurs embusqués. Nuit du 26 au 27 août, la Luftwaffe largue des bombes explosives et incendiaires sur Paris et la proche banlieue : 203 morts 22. 1er septembre, Marion, Déat, Brinon, Darnand et Doriot (Laval a décliné l’invitation) sont reçus par Hitler. 3 septembre, libération de Lyon et de Bruxelles. 4 septembre, Brinon est le chef de la commission gouvernementale française (Déat, Bridoux, Darnand, Luchaire). 5 septembre, convention douanière belgo-néerlando-luxembourgeoise (Benelux) : complétée par un protocole additionnel le 14 mars 1947, elle entrera en vigueur le 1er janvier 1948. 6 septembre, la première fusée V2 (Vergeltungswaffe : arme de représailles), lancée de Belgique, atteint la région parisienne. 8 septembre, le premier V2 tombe sur Londres (les V2 lancés sur Londres entre le 8-9-1944 et le 27-3-1945, feront 3.000 morts). 8 septembre, le « gouvernement français », désavoué par Laval et Pétain (qui interdit à Brinon de porter la francisque) et dont Doriot est le véritable chef, s’installe à Sigmaringen. 10 septembre, contraint par les Allemands de quitter la France, Laval (qui a tenté une ultime manœuvre politique en essayant d’obtenir de Herriot, jusque-là en résidence surveillée, la réunion du Parlement) est installé à Sigmaringen où il refuse de jouer tout rôle politique, s’y considérant comme prisonnier (le 13 décembre, Ribbentrop voudra déporter Laval). 15 septembre 1944 au 27 avril 1945, guerre de Laponie : les Finlandais chassent les Allemands. 17-26 septembre, Pays-Bas, échec de l’opération aéroportée Market Garden. 1er au 21 octobre, bataille d'Aix-la-Chapelle : les troupes américaines enfoncent la ligne Siegfried et pénètrent dans la ville. 2 octobre, Varsovie (Pologne), les insurgés, qui n’ont pas reçu l’aide des Soviétiques, se rendent aux Allemands. 5 octobre, confirmation de l’ordonnance du 21 avril accordant le droit de vote aux femmes. 6 octobre, France, dissolution des milices patriotes communistes. 7 octobre, révolte de plusieurs centaines de prisonniers affectés au four crématoire IV d’Auschwitz-Birkenau : les Allemands les tueront presque tous. 7 octobre, Protocole d'Alexandrie : création d’une ligue des États arabes. 9 au 21 octobre, conférence de Moscou entre Churchill et Staline qui partagent l’Europe en zones d’influence ; Churchill, nanti de l’accord de Roosevelt, propose à Staline l'exécution sans jugement des responsables nazis ; Staline, malgré les exhortations de Churchill qui souligne les lacunes du droit international, refuse 7. 18 octobre, le maréchal Josip Broz Tito devient président de la république de Yougoslavie. 23 octobre, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et l’URSS reconnaissent officiellement le gouvernement provisoire de la République Française. 24 au 26 octobre, dans les Philippines, près de l’île de Leyte, la plus grande bataille navale de tous les temps sonne le glas de la flotte japonaise. Novembre, face à l’avance des alliés, Himmler ordonne de mettre fin aux gazages à Auschwitz et de détruire les installations. Novembre, Agen, Mme Dortel-Claudot fonde Pax Christi « croisade de prières pour la conversion de l’Allemagne ». 7 novembre, Franklin Delano Roosevelt (+12/04/1945) est élu pour la quatrième fois consécutive à la présidence des États-Unis. 11 novembre, De Gaulle et Churchill descendent côte à côte les Champs-Élysées. 18 novembre, création de la Haute Cour de Justice pour juger les responsables du régime de Vichy. 23 novembre, la deuxième division blindée du général Leclerc entre dans Strasbourg qu’elle libère. 8 décembre, création des C.R.S. et la D.S.T. 24 novembre, De Gaulle et Georges Bideau sont à Moscou. 24 novembre, bombardement américain de Tokyo. 30 novembre, mutineries de Thiaroye au Sénégal : les tirailleurs démobilisés, qui manifestent pour que leur soient payés leurs arriérés de solde et leur prime de démobilisation, se heurtent au refus "musclé" de l'état-major français : 35 tirailleurs sont tués, 35 gravement blessés et 34 condamnés. Décembre, à la demande de Charles de Gaulle, le pape remplace le nonce par Angelo Roncalli (futur Jean XXIII) ; le général de Gaulle et Bidault demandent également la démission de 40 évêques en raison de leur attitude sous l’occupation. 10 décembre, par le traité franco-soviétique de Moscou, un traité d'alliance et d'assistance mutuelle, le général de Gaulle obtient que le général de Lattre de Tassigny et le général Leclerc soient présents aux signatures de capitulation de l’Allemagne et du Japon (le pacte facilite également la solution intérieure du problème communiste). 16 au 26 décembre, contre-offensive allemande (opération Wacht am Rhein) dans les Ardennes (le 26, les troupes allemandes sont contraintes de battre en retraite ; le maréchal Von Rundstedt est fait prisonnier par les Anglais). 22 décembre, à la demande de Hô Chi Minh, le général Vo Nguyên Giap crée l'armée populaire vietnamienne. 29 décembre au 19 février 1945 : siège de Budapest par les forces soviétiques. 30 décembre, depuis Londres, le roi Georges II de Grèce nomme Mgr Damaskinos régent du royaume.

1945. 1er janvier, opération Bodenplatte : 900 avions allemands, chasseurs et bombardiers, attaquent de nombreuses bases alliées situées dans le nord-est de la France, le sud des Pays-Bas et l'est de la Belgique. 3 janvier, le gouvernement français rétablit la gratuité de l’enseignement secondaire. 16 janvier, une ordonnance dissout la société anonyme des usines Renault Frères et la nationalise sous le nom de Régie nationale des usines Renault (Louis Renault, accusé d’avoir travaillé pendant la guerre pour les autorités allemandes, est mort en prison avant d’avoir pu présenter sa défense). 17 janvier, l’Armée Rouge entre dans Varsovie en ruines. 27 janvier, libération du camp d’Auschwitz par l’Armée Rouge. 29 janvier, l’association « Le Secours populaire de France » est déclarée à la préfecture de police de Paris. 30 janvier, baie de Dantzig, le paquebot Wilhelm Gustloff, qui transporte 10.000 passagers (réfugiés de Prusse Orientale, soldats et officiers allemands), est torpillé par un sous-marin soviétique : 5.000 à 9.000 morts. 2 février, Malte, rencontre entre Roosevelt et Churchill. 4 au 11 février, Crimée, conférence de Yalta réunissant Churchill, Staline et Roosevelt ; ils se mettent d’accord pour laisser aux pays européens libérés le choix de leur destin, choix que Staline ne laissera pas aux pays libérés par l’Armée rouge (sauf l’Autriche) auxquels il imposera le communisme ; Staline accepte l’entrée de la guerre de l’URSS contre le Japon en contrepartie d’avantages territoriaux pris sur la partie orientale de la Pologne ; il refuse d’abord que la France participe à l’occupation de l’Allemagne puis il finit par accepter à condition que la zone attribuée à la France soit prise sur les zones américaines et britanniques ; à la fin de la conférence, Churchill renouvelle sa demande, faite lors de la conférence de Moscou (9 au 21 octobre 1944), que les principaux criminels de guerre soient exécutés sans jugement. 9 février, les alliés prennent Colmar (toute l’Alsace est libérée). 10 février, le General von Steuben, paquebot allemand utilisé comme navire de transport de troupes par l'armée allemande, est coulé par le sous-marin soviétique S-13. 13 février, le grand rabbin de Rome, Israël Zolli, qui a été caché au Vatican, se fait baptiser avec son épouse, et prend le prénom de baptême du pape en signe de reconnaissance. 13 février, prise de Budapest par les Soviétiques. Nuit du 13 au 14 février, à la demande de l’URSS dont l’Armée Rouge progresse, Dresde, surnommée « la Florence de l’Elbe », capitale de la Saxe, dépourvue de système de défense antiaérienne, est bombardée pendant deux jours par l’aviation alliée (les Anglais, puis les Américains, lancent un déluge de bombes qui rase la ville et fait 130.000 morts). 19 février, les Américains entament la conquête d’Iwo Jima, au nord des Mariannes ; ils atteignent le mont Suribachi le 23. 22 février, près du lac de Constance, Doriot est tué dans sa voiture mitraillée par un avion non identifié (peut-être allemand). 24 février, l’Égypte déclare la guerre à l’Allemagne et au Japon. 7 mars, l’armée américaine franchit le Rhin à Remagen ; les Américains prennent Cologne. Mars, opération Famine : l'armée américaine mine les ports et les voies fluviales du Japon pour empêcher la circulation des convois logistiques et des troupes. 9 mars, Indochine, les soldats japonais attaquent par surprise les troupes françaises en place ; le pouvoir français est renversé sans grande résistance ; le colonel Robert, le résident Auphelle et le général Lemonnier sont exécutés par les Japonais ; 3.000 Français sont tués en deux jours. Nuit du 9 au 10 mars, 300 bombardiers B-29 américains bombardent Tokyo (>100.000 morts). 10 mars, proclamation de l’indépendance du Cambodge à Phnom Penh ; les nationalistes, soutenus par les Japonais, prennent le pouvoir. 11 mars, à Hué, l'empereur Bao Dai proclame l’indépendance de l'Annam et du Tonkin. 22 mars, au Caire, l’Egypte, l’Arabie Saoudite, la Liban, la Syrie, l’Irak, le Yémen et la Transjordanie (actuelle Jordanie) créent la Ligue Arabe. 23 mars, une ordonnance met fin à l’émission des stations privées : la Radiodiffusion française (RDF) est mise en place. 31 mars, De Lattre et la 1ère Armée française franchissent le Rhin. 1er avril, les Américains débarquent à Okinawa. 5 avril, Pétain demande à Hitler d’être ramené en France. 5 avril, le pape tente d’obtenir un cessez-le-feu séparé entre Occidentaux et Allemands. 7 avril, opération Ten-Go : la flotte japonaise (comprenant le plus grand cuirassé du monde, le Yamato, ainsi que neuf bateaux de guerre, elle est envoyée combattre les forces américaines qui envahissent l'île d'Okinawa) est repérée par l'armée de l'air américaine qui coule cinq navires et le Yamato. 11 avril, la 3e armée américaine libère le camp de Buchenwald. 12 avril, le président Franklin D. Roosevelt meurt à Warm Springs (Géorgie) : Harry S. Truman devient le trente-troisième président des États-Unis. 14 avril, le général de Larminat bombarde Royan occupé par les Allemands. 14 avril, les Anglais prennent Arnhem (Pays-Bas). 14 avril, des centaines de Boeing B-29 américains bombardent Tokyo et le palais impérial. 14 avril, Heinrich Himmler ordonne que "aucun des prisonniers de Dachau ne devra tomber vivant entre les mains de l’ennemi ». 15 avril, l’armée britannique libère le camp de Bergen-Belsen en Basse-Saxe. 16 avril, bataille de Seelow : remportée par l'armée soviétique, en surnombre, sur les forces allemandes. 16 avril, en mer Baltique, le cargo allemand Goya, transportant des réfugiés de Prusse Orientale vers l'Allemagne occidentale, est repéré par un sous-marin soviétique L-3 et torpillé : >6.000 morts. 18 avril, Adolf Hitler, apprenant que Heinrich Himmler a cherché à négocier avec les Anglais et les Américains sur le front ouest, le destitue de ses fonctions. 20 avril, jour de l’anniversaire du Führer, Berlin est complètement encerclée par l’Armée rouge de Joukov. 23 avril, la Suisse refuse d’accueillir Laval mais accorde l'asile politique au maréchal Pétain. 25 avril, les troupes américaines et soviétiques font leur jonction sur l’Elbe. 25 avril, Pétain gagne la Suisse. 26 avril, Pétain, qui a refusé l'asile politique que lui a offert la Confédération Helvétique, se constitue prisonnier à la frontière franco-suisse ; il est réceptionné par le général Koenig (qui refuse de lui serrer la main) et transféré au fort de Montrouge. 28 avril, à Giulino di Mezzegra, sur les bords du lac de Côme, Mussolini et sa compagne Clara Petacci sont exécutés par les résistants italiens, leurs cadavres seront exposés à Milan ; le 25 avril, Mussolini avait repoussé l’offre de reddition sans condition ; le 26 il tenta de s’enfuir dans un camion de l’armée allemande déguisé en soldat allemand pour passer en Suisse, mais, à Dongo, il fut reconnu par des partisans. 29 avril, Caserte (Italie), le général britannique Harold Alexander reçoit la reddition des forces allemandes d’Italie ; la capitulation de toutes les troupes de l’Axe sera effective le 2 mai. 29 avril, les Françaises votent pour la première fois à l’occasion des élections municipales. 29 avril, libération du camp de Dachau par les Américains qui abattent 50 SS. 30 avril, libération du camp de Ravensbrück par les Russes. 30 avril, après avoir empoisonné sa chienne Blondie, Hitler se suicide avec sa femme Eva Braun dans le bunker où ils vivaient depuis novembre 1944. 1er mai, Joseph Goebbels, numéro deux du régime, se suicide avec sa femme après qu’elle a empoisonné leurs six enfants. 2 mai, fin de la bataille de Berlin ; le drapeau soviétique flotte sur le toit du Reichstag. 2 mai, Laval décolle de Bolzano (Italie) et atterrit à Barcelone (Espagne) où le gouvernement espagnol lui fait savoir qu’il n’accueille pas les « hauts réfugiés politiques », lui suggère de repartir vers la destination de son choix mais lui permet de prolonger son séjour pour préparer sa défense. 2 mai, la capitulation des troupes allemandes en Italie est effective. 3 mai, baie de Lübeck, les bateaux Cap Arcona, Thielbek et Deutschland, à bord desquels Himmler a fait embarquer des déportés, sont attaqués par l'aviation anglaise et coulés : 8.000 morts noyés ou tués par les SS, 316 survivants. 4 mai, au poste de commandement du maréchal Montgomery à Lüneburg (Allemagne), l'amiral von Friedeburg signe la capitulation des forces allemandes du nord-ouest pour le 5 mai à 8 heures. 5 mai, l'Allemagne tente de mettre en place un gouvernement provisoire du Reich (Gouvernement de Flensbourg) : Dönitz, mis à la tête de l'état par le testament de Hitler, demande à Lutz Schwerin Von Krosigk de prendre le poste de chancelier ; celui-ci préfère le titre de ministre-président. 5 mai, les Américains libèrent le camp de Mauthausen. 7 mai, à 2 h 41 à Reims, au Q.G. du général Eisenhower, le général Jodl signe la capitulation sans conditions des armées allemandes. 8 mai, à 15 heures, la capitulation est officiellement proclamée dans les pays occidentaux par Truman, Churchill et De Gaulle. 8 mai, à 23 h 16 pour l'Occident (le 9 mai à 0 h 16 pour les Soviétiques), à la demande de Staline, l’acte définitif de capitulation est signé au Q.G. du général Joukov à Berlin par le maréchal Wilhelm Keitel, von Friedeburg et Stumpff, devant A. W. Tedder (au nom du Haut Commandement des Forces expéditionnaires alliées), G. Joukhov (au nom du Haut Commandement de l'Armée rouge), Carl Spaatz (Commandant des Forces stratégiques aériennes des E. U.), et J. De Lattre Tassigny (Général commandant en chef de la 1re Armée française) ; la capitulation sans conditions de l’Allemagne met fin, en Europe, à la Seconde Guerre mondiale ; avec environ 60 millions de victimes civils et militaires dont 6 millions de Juifs victimes de la Shoah (catastrophe) et 4 à 5 millions de déportés politiques dans 203 camps dont 12 de concentration et 6 d’extermination, la Seconde Guerre mondiale fut la plus meurtrière de l’histoire. 8 mai, Algérie, Sétif, à l’occasion de la célébration de la victoire, 10.000 manifestants réclament l’indépendance et la libération de Messali Hadj (ancien ouvrier chez Renault et militant communiste, fondateur du Parti du Peuple Algérien en 1937, déporté au Gabon) ; les militants du PPA ont reçu la consigne de ne pas porter d’armes ni d’arborer le drapeau algérien mais le chef des scouts musulmans n’en tient pas compte et brandit le drapeau ; le commissaire lui ordonne de baisser le drapeau algérien ; le scout refuse et est abattu par la police ; "Le premier mort de Sétif, c'est un Algérien. Il brandissait le drapeau (algérien) dans le cortège, et un commissaire de police lui a tiré une balle dans la tête" affirme l'historien Benjamin Stora cité le 4 mai 2010 par lemonde.fr ; la foule se déchaîne alors et 27 Européens sont massacrés sur le champ ; l’émeute se propage dans le Constantinois, entraînant une répression sanglante en Petite Kabylie jusqu’au 22 mai ; une centaine d'européens et des milliers d'indigènes sont tués (officiellement 1.165) ; le général Tubert, chargé d’une mission d’enquête, donne le chiffre de 15.000 ; un rapport des services secrets américains, faisant état d'un bilan confidentiel établi par l'Armée française, note 17.000 morts. 26 mai, nouveau bombardement de Tokyo par les Américains. 12 juin, suppression de la censure de la presse. 25 juin, création de L'Union démocratique et socialiste de la Résistance (UDSR). 26 juin, à l’issue de la Conférence des Nations Unies à San Francisco (Californie) ouverte le 25 avril, 51 Etats signent la Charte des Nations Unis entrant en vigueur le 24 octobre : l’Organisation des Nations Unis (ONU) succède à la Société des Nations (SDN) fondée en 1921. 26 juin, ouverture de la Conférence de Londres. Fondation du Centre Richelieu. Fondation de l’Union Maçonnique Féminine de France (en 1952 : Grande Loge Féminine de France). La hiérarchie catholique française accepte la laïcité comme expression de l’autonomie de l’Etat dans son domaine temporel (l’épiscopat ne soutient plus aucun parti). 9 juillet, les accords de Londres fixent les quatre zones d’occupation des Alliés en Autriche : Vienne, divisée en quatre secteurs, est soumise à une autorité quadripartite. 16 juillet, Alamogordo, Nouveau Mexique (USA), expérience Trinity : explosion de Gadget la première bombe atomique expérimentale. 17 juillet au 2 août, conférence de Postdam réunissant les représentants des États-Unis (Truman et Byrnes), de l’URSS (Staline et Molotov) et de la Grande-Bretagne (Churchill, Attlee, Eden) ; chaque puissance alliée aura sa zone d’occupation en Allemagne ; l’Allemagne perd un quart de son territoire au profit de la Pologne et de l’URSS ; la frontière occidentale de la Pologne est fixée provisoirement par la ligne Oder-Neisse ; les Allemands des territoires libérés seront expulsés ; l’Autriche ne paiera pas de réparations ; formation d’un conseil des Cinq Grands (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, URSS) chargé de préparer les traités de paix avec les anciens alliés du Reich. 23 juillet, inculpé de crime de haute trahison pour avoir collaboré avec l’Allemagne, Philippe Pétain comparaît devant la Haute Cour de Justice de Paris : il se contente de lire une déclaration et refuse de s’exprimer. 26 juillet, de Potsdam, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la Chine lancent un ultimatum au Japon : capitulation inconditionnelle ou destruction totale (le Japon rejette l’ultimatum le 28). 31 juillet, Laval décolle de Barcelone pour Innsbruck (zone américaine) où les Américains le remettent aux autorités françaises qui l’arrêtent le 1er août. 6 août, 8 h 15, l’avion américain Enola Gay lâche la bombe atomique à l’uranium Little Boy sur la ville de Hiroshima, siège du commandement du Japon impérial (78.150 morts dont 20.000 soldats, 13.939 disparus, 9.284 blessés graves). 8 août, l’URSS déclare la guerre au Japon. 8 août, fin de la conférence : accord de Londres (Royaume-Uni, URSS, Etats-Unis et France) instituant le Tribunal militaire international qui siégera à Nuremberg. 9 août, 11 h 02, une seconde bombe atomique au plutonium américaine Fat Man est lancée sur Nagasaki (70.000 morts). 10 août, Vietnam, révolution d'août : appel à l’insurrection lancé par le comité de libération du peuple du Viêt Nam dirigé par Hô Chi Minh. 12 août, Berlin, les troupes françaises intègrent leur secteur (arrondissements de Reinickendorf et Wedding, au nord de la ville). 15 août, à 4 heures du matin et après 7 heures de délibérations, le président Mongibeaux lit le verdict du jury : par 14 voix contre 13, la Haute Cour condamne Philippe Pétain « à la peine de mort, à l’indignité nationale, à la confiscation de ses biens. Tenant compte du grand âge de l’accusé, la Haute Cour de justice émet le vœu que la condamnation à mort ne soit pas exécutée » ; le 17, la peine capitale est commuée en détention à perpétuité par le général de Gaulle. 15 août, Japon, diffusion sur les ondes de la radio nationale du discours (enregistré dans la nuit du 14 au 15) par lequel l’empereur annonce la capitulation du pays. 15 août, la Corée est libérée du Japon (fête nationale de la Corée du Sud). 17 août, France, les militaires de carrière obtiennent le droit de vote. 17 août, Achmed Sukarno proclame, avec l’accord des Japonais, l’indépendance de l’Indonésie (fête nationale), dont il devient le premier président (les Pays-Bas refusent la proclamation ; le 23, un accord, signé à La Haye, déclarera l’indépendance des Indes Orientales Néerlandaises et la création d’un Commonwealth appelé Union hollando-indonésienne ; le transfert de souveraineté aura lieu le 27 décembre 1949). 25 août, le Viet Minh renverse l'Empire vietnamien et proclame un gouvernement révolutionnaire. 31 août, indépendance du Kirghizistan (fête nationale). 2 septembre, reddition japonaise sans condition. 2 septembre, le général américain Douglas MacArthur [reçu franc-maçon "au maillet" (at sight) puis affilié à la Loge "Manila" aux Philippines], commandant suprême des forces alliées dans le Sud-Ouest du Pacifique, préside la signature des actes de capitulation du Japon à bord de l'USS Missouri. 2 septembre, Ho Chi Minh, président du nouveau gouvernement révolutionnaire, proclame la République populaire du Vietnam (fête nationale). 16 septembre, les Japonais présents à Hong-Kong se rendent. 20 septembre, indépendance de la Corée. 4 au 19 octobre, ordonnances créant la Sécurité sociale obligatoire pour tous les salariés. 5 octobre, début des troubles en Palestine. 9 octobre, ordonnance créant l’Ecole Nationale d’Administration (ENA). 15 octobre, prison de Fresnes, l’ancien vice-président du gouvernement de Vichy, Pierre Laval (condamné à mort le 9) est fusillé (après s’être empoisonné dans sa cellule, il a été découvert agonisant, soigné, puis porté devant le peloton d’exécution). 16 octobre, Québec, 44 pays créent la FAO (Food and Agriculture Organization : Organisation pour l’alimentation et l’agriculture), première des agences spécialisées des Nations Unies, qui s’établit à Rome. 18 octobre, le gouvernement provisoire crée le Commissariat à l’énergie atomique. 20 et 21 octobre, Liège, Congrès national wallon : 46 % des congressistes votent en faveur de la réunion de la Wallonie à la France, 40 % en faveur d'une autonomie dans le cadre belge et enfin 14 % pour l'indépendance de la Wallonie ; le fédéralisme est adopté. 24 octobre, entrée en vigueur de la Charte des Nations Unis. 11 novembre, après une prise d’armes solennelle à l’Arc de Triomphe, 15 corps de combattants, exhumés de divers cimetières et symbolisant les phases essentielles du conflit 1939-1945 (France Libre, résistance et déportation), sont déposés, dans la nuit, au Mont Valérien, dans une crypte provisoire (un 16e corps représentant les victimes des combats menés en Indochine contre les Japonais les rejoindra en 1952). 13 novembre, Charles de Gaulle est élu chef du gouvernement provisoire à l’unanimité. 16 novembre, signature de la Charte créant l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture) qui entre en vigueur le 4 novembre 1946. 20 novembre, 10 h, ouverture du procès de Nuremberg : 21 hauts responsables nazis sont accusés (Himmler, Goebbels et Ley se sont suicidés, Bormann est inscrit comme contumax) ; le jury est composé de représentants des Etats-Unis, de l’Angleterre, de l’URSS et de la France ; le verdict sera rendu le 1er octobre 1946. 29 novembre, proclamation de la République populaire fédérale de Yougoslavie : le roi Pierre II s’exile. 2 décembre, nationalisation de la Banque de France, du Crédit lyonnais, de la Société générale, du Comptoir national d’escompte et de la Banque nationale pour le commerce et l’industrie. 20 décembre, création du franc CFA (Colonie française d’Afrique). 21 décembre, création du Commissariat général au Plan. 27 décembre, Palestine, vague d’attentats sionistes contre les installations britanniques. 27 décembre, fondation officielle du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (Banque mondiale) créés à la Conférence de Bretton Woods (1er au 22 juillet 1944).

1946. 4 janvier, Burma (Birmanie) obtient son indépendance de la Grande Bretagne. 7 janvier, un modus vivendi signé par la France et le Cambodge accorde à celui-ci l’autonomie interne dans le cadre de la Fédération indochinoise. 10 janvier, Londres, première assemblée générale de l’ONU. 11 janvier, proclamation de la République populaire d’Albanie : Enver Hoxha, qui dirige le pays depuis octobre 1945, instaure un régime totalitaire. 17 janvier, Londres, première réunion du Conseil de Sécurité de l’ONU. 19 janvier, le général MacArthur, commandant en chef des troupes d’occupation au Japon, crée le Tribunal militaire international de Tokyo pour juger les criminels de guerre japonais (ouverture du procès le 3-5-1946, verdict le 12-11-48). 19 janvier, Charles de Gaulle, président du Conseil, démissionne : « Le régime exclusif des partis a reparu. Je le réprouve ». 22 janvier, la république kurde de Mahabad déclare son indépendance vis-à-vis de l'Iran ; vaincue par les troupes iraniennes , elle est dissoute le 15 décembre ; le président de la république, Qazi Muhammad, est pendu le 31 mars 1947. 24 janvier, l’Assemblée générale des Nations Unies adopte sa première résolution sur les utilisations pacifiques de l’énergie atomique et sur l’élimination des armes atomiques et des autres armes de destruction massive. 30 janvier, proclamation de la République de Hongrie. 31 janvier, promulgation de la Constitution de la Fédération yougoslave. 8 février, Kim Il-sung est élu à la tête des comités provinciaux nord-coréens. 13 février, résolution des Nations Unies sur l’extradition et le châtiment des criminels de guerre. 14 février, présentation publique à l’université de Pennsylvanie de l’ENIAC (Electronic Numerical Integrator And Computer), du premier ordinateur digital ne comportant plus de pièces mécaniques (30 tonnes), créé par J.W. Mauchly et J.P. Eckert. 16 février, premier vol commercial d'un hélicoptère autorisé par la US Civil Aviation Administration : un Sikorsky S51, quatre places, équipé d'un seul rotor. 5 mars, dans son discours prononcé au Westminster College de Fulton (Missouri), Winston Churchill déclare : « De Stettin dans la Baltique jusqu’à Trieste dans l’Adriatique, un rideau de fer est descendu à travers le continent » et, se disant convaincu que les Russes « ne respectaient que la force », il invite « les peuples de langue anglaise à s’unir d’urgence pour enlever toute tentation à l’ambition ou à l’aventure » et appelle les pays d’Europe occidentale à s’unir contre le pouvoir communiste afin « d’établir dans tous les pays, aussi rapidement que possible, les prémices de la liberté et de la démocratie » (c’est le lancement de la guerre froide). 6 mars, Hanoi, la France et le Vietnam signent une convention en vertu de laquelle « Le gouvernement français reconnaît la République du Vietnam comme un Etat autonome ayant son gouvernement, son parlement, son armée et ses finances » et le Vietnam accepte de rester lié à l’Union Française, scellée en 1887. 8 mars, au Tonkin, les troupes du général Leclerc débarquent à Haiphong occupé par les troupes chinoises depuis la défaite japonaise (le cessez-le-feu est proclamé après quelques heures de combat ; le président vietnamien Hô-Chi-Minh (franc-maçon) déclare avec philosophie : « Mieux vaut flairer un peu la crotte des Français que manger celle des Chinois toute notre vie »). 19 mars, loi créant les 4 départements d’outre-mer (DOM) : Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion. 8 avril, l’Assemblée nationale vote la loi de nationalisation des secteurs de l'énergie et organisant Electricité de France et Gaz de France. 13 avril, vote de la loi Dominjon (dite loi Marthe Richard, du nom de la conseillère municipale de Paris qui a réclamé la fermeture des maisons closes le 13 décembre 1945) tendant à la fermeture des maisons de tolérance et au renforcement de la lutte contre le proxénétisme. 15 avril, les troupes françaises évacuent la Syrie (le Liban le 31-12). 17 avril, indépendance de la Syrie (fête nationale). 18 avril, séance inaugurale de la Cour internationale de Justice de La Haye. 7 mai, promulgation de la loi Lamine Guèye : « tous les ressortissants des Territoires d’Outre-Mer ont la qualité de citoyens, au même titre que les nationaux français de la Métropole ou des TOM ». 9 mai, le roi d’Italie Victor Emmanuel III abdique en faveur de son fils Humbert II. 22 mai, loi établissant le principe de la généralisation de la sécurité sociale à tous les Français, salariés ou non salariés. 25 mai, Abdullah bin al-Hussein est couronné roi de Transjordanie (fête nationale de la Jordanie). Paris, le Dr Jean Nussbaum crée l’Association Internationale pour la Défense de la Liberté Religieuse. 2 juin, par referendum, les Italiens choisissent la république et rejettent la monarchie (12,7 millions contre 10,7 millions) : Humbert II, le dernier roi d’Italie, s’exile au Portugal. 16 juin, discours de Bayeux : le général de Gaulle expose ses principes pour une nouvelle constitution française. 18 juin, proclamation de la République Italienne. Les Soviétiques suppriment l’Eglise de l’Union de Brest-Litovsk (rattachée à l’Eglise orthodoxe). 19 juin au 22 juillet, New York, Conférence internationale de la santé, à l’issue de laquelle est signée la charte de l’Organisation mondiale de la santé (O.M.S.), en anglais World Health Organization (WHO), qui sera créée le 7 avril 1948. 20 juin, opération Crossroads : les États-Unis débutent une série d'essais nucléaires sur l'atoll de Bikini, dans l'océan Pacifique. 21 juin, 2 résolutions du Conseil économique et social des Nations unies créent la Commission des droits de l’homme et la Commission de la condition de la femme. 4 juillet, les Philippines proclament leur indépendance. 22 juillet, Jérusalem, l’organisation sioniste Irgoun dynamite une aile de l'hôtel King David où se trouve le quartier général des Forces britanniques faisant plusieurs dizaines de morts. 24 juillet, atoll de Bikini (Marshall Islands), première explosion atomique sous-marine américaine dans le Pacifique. 27 août, le Protectorat français du Laos devient le Royaume du Laos. 1er septembre, plébiscite en Grèce en faveur de la monarchie ; rétablissement du roi Georges II qui rentre à Athènes ; la guerre civile est déclenchée par les communistes. 8 septembre, lors d’un pèlerinage de prisonniers de guerre et de déportés à Lourdes, l’abbé Jean Rodhain, aumônier des prisonniers de guerre, annonce la création du Secours Catholique, fruit de la fusion de 4 organismes caritatifs catholiques. 15 septembre, proclamation de la République populaire de Bulgarie. 19 septembre, Zurich, Winston Churchill déclare : « Nous devons créer un genre d’États-Unis d’Europe ». 20 septembre, première édition du Festival de Cannes. 26 septembre, premier numéro du Journal de Tintin. 1er octobre, verdict du Tribunal de Nuremberg chargé de juger les hauts responsables nazis à l’issue du procès ouvert le 20 novembre 1945 : 11 condamnés à mort par pendaison (Frank, Frick, Goering, Jodl, Kaltenbrunner, Keitel, Ribbentrop, Rosenberg, Sauckel, Seyss-Inquart, Streicher), 1 condamné à mort par contumace (Bormann), 3 à la prison à vie (Funk, Hess, Raeder), 2 à 20 ans (Schirach, Speer), 1 à 15 ans (Neurath), 1 à 10 ans (Dönitz), 3 sont déclarés non coupables (Fritzsche, Papen, Schacht) ; Goering se suicide le 15 octobre, les autres condamnés à mort sont pendus le 16. 13 octobre, le peuple français adopte par référendum la Constitution de la IVe République : 9 millions de « oui » contre un peu moins de 7.800.000 « non », avec 8 millions d’abstentions et de votes blancs ou nuls : la Constitution est promulguée le 27. 4 novembre, entrée en vigueur de la Constitution de l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture fondée le 16 novembre 1945) ratifiée par 20 pays. 11 novembre, le SO 6000 "Triton", premier avion à réaction français, construit par Lucien Servanty et piloté par Daniel Rastel et Armand Raimbeau décolle de la base d'Orléans-Bricy. 19 novembre, port de Haïphong, une fusillade entre une jonque chinoise (à bord de laquelle des nationalistes vietnamiens transportent de l’essence de contrebande) et la douane française fait 24 morts dont le commandant Carmoin qui s’avançait avec un drapeau blanc vers la jonque. 20 novembre, Haïphong, agressions contre des Français ; Hô-Chi-Minh appelle au soulèvement contre la France. 23 novembre, Indochine, en représailles après des attentats, 3 navires français bombardent Haïphong, rasant les quartiers annamites et chinois (au moins 6.000 morts). 11 décembre, résolution de l’Assemblée générale des Nations unies sur le crime de génocide. 11 décembre, l’Assemblée générale des Nations Unies crée le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF). 19 décembre, Hô-Chi-Minh et son parti, le Vietminh, lancent une offensive générale contre les Français ; à Hanoi, la centrale électrique est détruite ; les magasins et les maisons des Européens sont attaqués (400 colons morts ou disparus) ; insurrection au Tonkin et au Nord Annam : c’est le début de la guerre d’Indochine. 20 décembre, Indochine, « oncle Hô » (Hô-Chi-Minh) publie : « Luttez par tous les moyens dont vous disposez. Luttez avec vos armes, vos pioches, vos pelles, vos bâtons. Sauvez l’indépendance et l’intégrité territoriale de la patrie. Vive le Vietnam indépendant et indivisible. Vive la démocratie ! ». 24 décembre, la constitution de la IVe République (adoptée par referendum le 13 octobre) entre en vigueur : son premier président, Vincent Auriol, sera élu le 16 janvier 1947. Population agricole française = 25% population (39.848.182). Sartre : L’existentialisme est un humanisme.

1947. 10 février, traité de Paris entre les Alliés vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale (URSS, États-Unis, Royaume-Uni, France, Pologne, République fédérale populaire de Yougoslavie, Tchécoslovaquie et Royaume de Grèce) et les vaincus anciens alliés européens de l'Allemagne au sein de l'Axe (Italie, Royaume de Roumanie, Hongrie, République populaire de Bulgarie et Finlande) ; les vaincus doivent renoncer à la bombe atomique ; la Roumanie cède à l’URSS la Bessarabie et la Bukovine du nord, mais reprend la Transylvanie à la Hongrie ; la Hongrie subit des amputations au profit de l’URSS et de la Tchécoslovaquie et verse des réparations à l’URSS ; la Bulgarie, qui a aboli la monarchie et s’aligne sur l’URSS, doit assurer de faibles réparations à ses voisins grecs et yougoslaves (ces 3 pays concluent des accords de défense avec l’URSS qui placent leurs forces armées sous la tutelle de l’URSS) ; la Finlande (qui a signé un armistice avec l’URSS en septembre 1944) perd des territoires et s’acquitte d’une lourde indemnité de réparation, mais peut bénéficier d’une certaine neutralité (on qualifie de « finlandisation » ce cas particulier de neutralité dépendante) ; la Ruthénie est rattachée à l’Ukraine ; la Yougoslavie obtient une correction de frontières en sa faveur en Istrie et en Vénétie Julienne occupée par ses troupes (Trieste, dotée d’un statut international, reviendra à l’Italie en 1954) ; l’Italie rend Tende et La Brigue à la France (qui bénéficie d’une rectification de frontière dans la région du Petit Saint-Bernard, des monts Cenis, Thabor et Chaberton), elle perd ses colonies (Erythrée, Somalie et Libye) et reconnaît l’indépendance de l’Albanie et de l’Ethiopie. 23 février, Genève, création de l'Organisation internationale de normalisation (ISO). 4 mars, Traité de Dunkerque, entre la France et le Royaume-Uni : il a pour but de resserrer les liens entre les deux nations, afin de contrer une éventuelle renaissance de l'expansionnisme allemand ; cette alliance marque également le désir d'améliorer les relations économiques entre les deux pays 10. 12 mars, le président Harry Truman présente sa doctrine dite de containment (endiguement), destinée à endiguer l’expansion du communisme en Europe : les États-Unis interviendront économiquement ou militairement lorsqu’ils le jugeront nécessaire (une aide économique et militaire est octroyée à la Grèce et à la Turquie). 21 mars, encyclique Fulgens radiatur pour le XIVe centenaire de la mort de st Benoît de Nursie. 29 mars, dans la nuit, à Madagascar, une insurrection est déclenchée par les nationalistes contre la présence française : 150 français sont tués ; dès le mois d’avril, le gouvernement Ramadier réprime sévèrement la rébellion indépendantiste inspirée par le Mouvement démocratique de rénovation malgache : il envoie à Madagascar un corps expéditionnaire de 18.000 hommes, bientôt porté à 30.000 ; en 20 mois, la « pacification » fera des dizaines de milliers de victimes chez les Malgaches ; les forces coloniales perdent 1.900 hommes (des supplétifs malgaches) ; on relève aussi la mort de 550 Européens, dont 350 militaires. 10 avril, Conférence de Moscou : les ministres des affaires étrangères russe, américain, anglais et français se rencontrent pour statuer sur le sort de l’Allemagne dont la bipartition est entérinée. 14 avril, Charles de Gaulle crée le Rassemblement du Peuple Français (RPF). 20 avril, Frédéric IX succède à son père Christian X sur le trône du Danemark. 1er mai, le premier mai est chômé et payé intégralement à tous les travailleurs (c’est le seul jour férié pour lequel le repos est obligatoire). 3 mai, Japon, entrée en vigueur de la nouvelle Constitution (par l’article 9, le Japon renonce à la guerre et s’engage à ne plus entretenir d’armée). 5 mai, éviction des communistes du gouvernement français. 5 juin, le général américain George Catlett Marshall [reçu franc-maçon "au maillet" (at sight) en 1941 au District of Columbia] présente le programme de la reconstruction européenne, le fameux « plan Marshall » (la France l’accepte le 17 juin, elle bénéficiera de l’aide américaine jusqu’en 1964). 24 juin, un jeune pilote privé, Kenneth Arnold, déclare avoir observé « 9 engins bizarres » en survolant le mont Rainier, dans l’Etat de Washington ; les journalistes emploient pour la première fois l’expression flying saucers (soucoupes volantes). 25 juin, retour du Tour de France remporté par Jean Robic. 3 juillet, dissolution officielle de la Société des Nations (SDN). 8 juillet, incident de Roswell au Nouveau-Mexique : objet volant non identifié ? 18 juillet, dans le port de Haïfa, les Britanniques arraisonnent le navire Exodus parti de Sète le 10 juillet et ayant à bord 4.500 juifs survivants des camps de la mort ; le Royaume-Uni, qui interdit toute immigration juive dans son protectorat, les fait embarquer manu militari à bord de bateaux-prisons qui doivent les ramener en France et en Allemagne (3 morts et 146 blessés). Fondation de l’Aide à l’Eglise en Détresse. Fondation du Centre Catholique International pour l’UNESCO. Fondation du Mouvement International des Intellectuels Catholiques. France, Catéchisme national. Karachi, fondation de l’Université spirituelle des Brahmas Kumaris. Seelisberg (CH), conférence réunissant les chrétiens et les juifs pour combattre l’antisémitisme. Août, Montreux, naissance de l’Union européenne des fédéralistes. Août, Israël, dans les vestiges de Qumrân, situés en Cisjordanie sur la rive nord-ouest de la mer Morte, sont découverts plus de 500 manuscrits ayant appartenu à la bibliothèque d’une communauté monastique essénienne qui vécut à Qumrân environ 120 ans, entre -150 et 68 ; cette communauté importante pour son temps fut détruite par les Romains en l’an 68 ; elle était dirigée par un supérieur appelé Maître de justice qui s’opposait au grand prêtre de Jérusalem surnommé quant à lui « prêtre impie » ; le Maître de justice possédait le don de prophétie et était considéré comme l’autorité suprême dans l’interprétation des saintes Écritures ; les membres de la communauté de Qumrân préparaient le chemin du Seigneur et attendaient les événements marquant la fin du monde et le jugement dernier. 14 août, l’ancien empire des Indes est divisé entre la république de l’Inde à majorité hindoue et celle du Pakistan à majorité musulmane qui proclament leur indépendance. 10 septembre, clôture du premier festival d'Avignon. 15 septembre, élection de Konrad Adenauer comme Chancelier de la République fédérale d'Allemagne. 20 septembre, loi portant statut organique de l’Algérie, elle pose les principes de l’égalité politique et civique et de l’égal accès pour tous aux fonctions publiques. 5 octobre, réunion de Szlarska-Poreba en Pologne : création du Kominform « Internationale communiste » en remplacement du Komintern. 7 octobre, Liban, le Pacte national définit le partage du pouvoir entre les différentes communautés : les chrétiens maronites obtiennent la présidence de la République tandis que les musulmans sunnites reçoivent la tête du gouvernement et les chiites la direction de l'Assemblée. 7 octobre au 22 décembre, opération Léa conduite par le général Salan, commandant des troupes françaises d'Indochine, contre les forces Viet Minh dans le nord du Tonkin. 14 octobre, au dessus du lac asséché de Murac en Californie, Charles Yeager franchit le mur du son (Mach 1,06) à bord d’un avion prototype lar Bell X 1 largué par un bombardier B 29. 30 octobre, l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce - G.A.T.T. (General Agreement on Tariffs and Trade) - est signé par 23 nations au Palais des Nations à Genève (entrée en vigueur : 1/1/1948). 2 novembre 1947 au 1er janvier 1949, première guerre indo-pakistanaise : le Pakistan envahit le Cachemire qu'il souhaite rattacher à son territoire, ce qui provoque la riposte indienne. 20 novembre, encyclique Mediator Dei sur la sainte liturgie. 29 novembre, le flux migratoire juif ayant augmenté considérablement, le plan de partage de la Palestine est approuvé par l’Assemblée générale de l’ONU, à New York par le vote de la résolution 181 : la Palestine est divisée en deux Etats : un Etat arabe de 11.500 km² et un Etat juif de 14.100 km² ; Jérusalem est placée sous administration internationale ; accepté par les Juifs, ce plan est repoussé par la Ligue arabe ; la guerre civile en Palestine mandataire commence dès le 30. 30 novembre, encyclique Sacramentum Ordinis sur le sacrement de l’ordre ; c’est l’un des 7 sacrements du catholicisme : il confère à un religieux les fonctions ecclésiastiques de la prêtrise (ordre majeur) ; on dénombre 4 ordres mineurs (portier, lecteur, exorciste, acolyte) et 3 ordres majeurs (évêque, prêtre et diacre) ; les grands ordres monastiques constituent une hiérarchie particulière constituée principalement par les abbés et les moines, de même que les ordres de chevalerie médiévale, qui à l’origine avaient un caractère monastique. 19 décembre, des militants non communistes, conduits par Léon Jouhaux, quittent la CGT et fondent la CGT-FO (Force Ouvrière). 23 décembre, les Américains William Schockley, John Bardeen et Walter Brattain, ingénieurs des laboratoires Bell, inventent le transistor au germanium, destiné à remplacer les lampes des postes de radio (la présentation de leur réalisation ne sera faite que le 30 juin 1948 à New-York). La loi n° 47-2384 du 27 décembre 1947 (article 6) retire le droit de grève aux Compagnies républicaines de sécurité (CRS). 30 décembre, abdication du roi Michel I de Roumanie et proclamation de la République populaire roumaine. Lettre du cardinal Suhard : Essor ou déclin de l’Église ?

1948-1954
. Bible de Jérusalem (sur l’initiative du père Chifflot qui décida le père Roland de Vaux, directeur de l’École biblique et archéologique française des dominicains de Jérusalem) ; révisée en 1973 puis en 1998.

1948. 1er janvier, entré en vigueur de l’Union douanière du Benelux. 4 janvier, proclamation officielle de l’indépendance de la Birmanie ou Myanmar qui ne tarde pas à se confronter avec la guérilla des Karens (ethnie chrétienne réclamant l’autonomie). 11 et 12 janvier, la presse égyptienne annonce qu’en 1945, en Egypte, dans les montagnes entourant le village d’al-Quasr, près de Nag Hammadi, un paysan a trouvé 13 codices et une douzaine de reliures soit 1196 pages d’écrits gnostiques en copte (ils auraient été copiés au IVe siècle dans les monastères de la région) dont l’Évangile de Vérité, l’Évangile selon Thomas, un Traité sur la résurrection, une Épître de Jacques (apocryphe), l’Evangile apocryphe de Jean, la Sagesse de Jésus-Christ, l’Évangile des Égyptiens, etc. 12 janvier, la Cour suprême des Etats Unis proclame que Blancs et Noirs sont égaux devant l’enseignement. 30 janvier, lors d’une prière publique, Gandhi, le « père de la nation indienne », est assassiné de trois balles par le nationaliste hindou Nathuram Godse qui lui reproche d’être trop favorable à la cause des indiens musulmans 3. 30 janvier au 8 février, Ves Jeux olympiques d'hiver à Saint-Moritz en Suisse. 4 février, indépendance de l'île de Ceylan (Sri Lanka) : fête nationale. 16 février, la Corée du Nord devient une république populaire. 25 février, après que les communistes tchèques, menés par le Premier ministre Gottwald et le ministre de l’Intérieur, Vaclac Nozek, ont fait « le coup de Prague » en proclamant l’état de siège et en formant un nouveau gouvernement communiste, le président de la République, Edouard Benes, se retire dans sa maison de campagne et, pour éviter une guerre civile, leur cède tous les pouvoirs (la mainmise des communistes est totale ; le 7 juin, le président Benes refusera d’approuver la nouvelle Constitution du pays et démissionnera : Gottwald lui succédera). 17 mars, la France, la Grande-Bretagne et les trois pays du Benelux signent le traité de Bruxelles, valable 50 ans, qui institue l’UEO (Union de l’Europe occidentale), prévoit une coopération politique et militaire (automatique en cas d’agression) et un rapprochement économique, social et culturel (les dispositions militaires du traité seront incorporées à celles de l’OTAN en décembre 1950). 21 mars, création de la Régie Autonome des Transports Parisiens (RATP). 24 mars, fin de la conférence de la Havane qui établit la charte du G.A.T.T. (General Agreement on Tariffs and Trade), accord général sur les tarifs douaniers et le commerce signé à Genève le 30 octobre 1947. 7 avril, création de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui regroupe et amplifie l’ensemble des activités de l’Office international d’hygiène publique (O.I.H.P.) et du comité d’hygiène de la Société des nations (la charte de l’OMS a été adoptée lors de la Conférence internationale de la santé tenue du 19 juin au 22 juillet 1946 à New York). 8 avril, l'Assemblée nationale vote la loi de nationalisation des secteurs de l'énergie (EDF et GDF). 16 avril, signature de la Convention de coopération économique européenne créant l’Organisation européenne de coopération économique (OECE). 30 avril, Bogota, création de l’Organisation des États américains (O.E.A.) chargée du maintien de la paix et de la résolution pacifique des différends entre les pays du continent. 7 au 11 mai, Congrès européen à la Haye présidé par Winston Churchill : il fera naître le Mouvement européen et le Conseil de l’Europe. 13 mai, prise de Jaffa après un assaut violent de l’Irgoun arrêté par les Britanniques et attaque de la Galilée pour renforcer les positions face à l’intervention future des pays arabes ; fuite des civils arabes vers la Syrie et le Liban 16. 14 mai, alors que le mandat britannique sur la Palestine expire, le président Chaïm Weizmann et David Ben Gourion proclament l’Etat d’Israël qui est aussitôt reconnu par les principales puissances mondiales. 15 mai, première guerre israélo-arabe : les Arabes refusent de reconnaître l'État d'Israël ; les pays arabes voisins d’Israël (Egypte, Jordanie, Irak, Syrie et Liban) envahissent le nouvel État ; la partie orientale de l’ancienne Palestine est annexée par la Transjordanie qui devient la Jordanie, tandis que la bande de Gaza est occupée par l’Égypte. 25 mai au 18 juillet, bataille de Latroun : elle oppose les Israéliens et les Transjordaniens dans la province de Latroun dont Israël ne parvient pas à en prendre le contrôle. 26 mai, Afrique du Sud, le nouveau Premier ministre, Daniel Malan, pasteur de l’Eglise néerlandaise réformée, met immédiatement en place l’apartheid, la séparation raciale. 20 juin, Allemagne : les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France mettent en place une réforme économique et monétaire dans leur zone d’occupation ; création du Deutsche Mark. 24 juin, l’URSS, opposée à la création d’un Etat indépendant en Allemagne de l’Ouest, bloque les transports vers Berlin (le 26, les Alliés mettent en place un pont aérien pour assurer le ravitaillement de Berlin Ouest). Fondation du Bureau International Catholique de l’Enfance. 15 août, la Corée du Sud se proclame « République de Corée » (les Etats-Unis se retirent). 23 août, Amsterdam, fondation du Conseil œcuménique des Eglises, regroupant environ 146 Eglises de 44 pays [confession anglicane, baptiste, congrégationaliste, luthérienne, méthodiste, morave, orthodoxe, presbytérienne, réformée et celle des Vieux-catholiques (l’Eglise catholique romaine qui n'est pas membre collabore comme observateur et elle participera à partir de 1967 à la commission Foi et Constitution)]. 27 août, URSS, les purges frappent les savants en désaccord avec le biologiste Lyssenko qui soutient (appuyé par Staline) que la génétique est mensongère et métaphysique. Antisémitisme en URSS (suppression des écoles yiddish, déportation en Sibérie). 4 septembre, Pays-Bas, la reine Wilhelmine abdique en faveur de sa fille, Juliana. 9 septembre, proclamation de la République de Corée du sud. 9 septembre, la Corée du Nord se proclame « République populaire de Corée » (fête nationale), puis « République populaire démocratique de Corée » en décembre. 17 septembre, Jérusalem-Ouest, nommé par l’ONU médiateur entre les pays arabes et le jeune état d’Israël, le comte suédois Folke Bernadotte, qui vient de présenter un nouveau plan de partage de la Palestine, est assassiné par des terroristes juifs dissidents du groupe Stern. La loi n° 48-1504 du 28 septembre (article 2) retire le droit de grève aux policiers. 11 octobre, France, procès des cagoulards pour l’assassinat de Marx Dormoy et des Rosselli (48 accusés et 13 en fuite). 16 octobre, Grèce, fin de la guerre civile, les partisans communistes abandonnent le combat. 25 octobre, le Mouvement européen remplace le Comité international de coordination des Mouvements pour l’unité européenne. 2 novembre, au large de Dakar, le F.N.R.S. II. (Fonds national de la recherche scientifique belge), premier bathyscaphe (du grec bathus, profond, et scaphé, barque), conçu par le suisse Auguste Piccard (1884-1962), atteint, à vide, la profondeur de 1.380 mètres, mais est détruit au cours de la plongée. 12 novembre, verdict du Tribunal militaire international de Tokyo pour juger les criminels de guerre japonais : 28 accusés ; le premier ministre Tojo et 5 autres accusés sont condamnés à mort par pendaison et exécutés, les autres à des peines de prison dont 7 à perpétuité et 1 à 20 ans (ils seront tous libérés le 7-4-58). 28 novembre, commercialisation du premier appareil à développement instantané (Polaroid 95), par l'Américain Edwin H. Land. 9 décembre, l’Assemblée générale des Nations unies adopte à l’unanimité la Convention (en vigueur 12-01-51) sur le génocide. 10 décembre, l’Assemblée générale des Nations Unies adopte la Déclaration universelle des droits de l’homme. 28 décembre, assassinat du premier ministre égyptien, Mahmud Fahmi Nokrashi, par les Frères musulmans (leur confrérie ayant été dissoute par le gouvernement).

1949. 1er janvier, Cachemire, cessez-le-feu entre les troupes indiennes et pakistanaises sous l’égide de l’ONU qui coupe le Cachemire en deux. 17 janvier, le Dr Muller, de l’université de Leyde, et le Dr Lépine, de l’Institut Pasteur, identifient deux virus de la grippe et en isolent un troisième. 20 janvier, la mesure économique du Fair Deal est annoncée par le président américain Harry S. Truman, qui propose aux pays « sous-développés » de leur offrir une aide. 25 janvier, Israël, élection de la première Knesset, un parlement à une seule chambre. 22 février, promulgation de la constitution apostolique Crebae allatae sunt (droit matrimonial) sous forme de motu proprio. 24 février, conférence de Rhodes, armistice entre Israël et l’Egypte ; Jérusalem est divisée par la frontière entre Israël et Jordanie. 31 mars, après deux référendums, Terre-Neuve et le Labrador entrent dans la Confédération canadienne. 3 avril, le roi de Transjordanie, Abdullah, qui a annexé la Cisjordanie après négociation avec Mme Golda Meir, est couronné roi de Jordanie (il sera assassiné le 20 juillet 1951 à Jérusalem). 4 avril, Washington, signature du pacte Atlantique de défense mutuelle (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord : OTAN) qui unit la Belgique, le Canada, le Danemark, les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni, l’Islande, l’Italie, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas et le Portugal. 14 avril, fin du dernier procès de Nuremberg contre les anciens chefs nazis. 14 avril, Chine : les communistes prennent Nankin. 18 avril, proclamation de la République d’Irlande (Eire). 5 mai, Londres, création du Conseil de l’Europe (entrée en fonction : 3 août). 8 mai, le Conseil parlementaire constituant adopte la loi fondamentale (Grundgesetz) de la République fédérale d’Allemagne. 11 mai, le royaume de Siam prend le nom de Thaïlande. 12 mai, fin du blocus de Berlin mis en place par l’URSS en juin 1948. 23 mai, entrée en vigueur de la loi fondamentale (adoptée le 8) après sa ratification par les parlements des Länder (États) : naissance de la République fédérale d’Allemagne (RFA). 31 mai, première célébration de la messe à Sainte Pétronille, en présence de l’ambassadeur de France (depuis cette messe est dite chaque année). Un décret du Saint-Office déclare excommuniés ipso facto les catholiques « professant et propageant sciemment les doctrines antichrétiennes du communisme ». Dernière édition de l’Index Librorum prohibitorum (livres interdits par le Saint-Office). Le statut de l’Eglise catholique allemande (toujours fixé par le concordat du Reich de 1933) est reconnu par le gouvernement fédéral (dans le cadre du statut, l’Eglise allemande est régie par des concordats passés directement entre le Vatican et les Länder). 14 juin, fondation de l'Etat indépendant du Viêt Nam (État associé de l'Union française) dirigé par Bao Dai, le dernier empereur de la dynastie Nguyen. 17 juillet, la France adhère au Pacte Atlantique. 8 août, signature d’un accord entre l’Inde et le Bhoutan : le Bhoutan accepte d’être guidé par l’Inde en matière de politique étrangère et New Delhi s’engage à ne pas s'immiscer dans les affaires intérieures du royaume. 10 août, Strasbourg, première réunion du Conseil de l’Europe : les deux principaux organismes du Conseil de l’Europe, le Comité des ministres et l’Assemblée consultative européenne, sont réunis respectivement à l’hôtel de ville et à l’université. 12 août, signature des 4 Conventions de Genève concernant la protection des malades et des blessés des forces armées et celle des prisonniers de guerre et des victimes civiles de la guerre. 20 août, proclamation de la République populaire de Hongrie. 14 septembre, Pie XII institue un cardinal « Grand Maître » de l’ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem et lui en confie le gouvernement : le siège de l’ordre, devenu pontifical, est fixé à Rome. 15 septembre, le chrétien-démocrate Konrad Adenauer, 73 ans, devient le premier président de la République fédérale d’Allemagne (RFA). 23 septembre, le président US Truman annonce l’explosion de la première bombe A soviétique au plutonium le 29 août (l’agence Tass l’annonce le 25 septembre). 1er octobre, Pékin, Mao Zedong proclame la République Populaire de Chine (fête nationale) : il devient le président du comité central du gouvernement. 7 octobre, Allemagne de l’Est, proclamation de la République démocratique allemande (RDA) ; un conseil du peuple se proclame parlement provisoire de l’Etat socialiste de la nation allemande (la zone soviétique d’occupation) et décide de constituer un gouvernement provisoire. 16 octobre, fin de la guerre civile en Grèce : les communistes abandonnent le combat. 16 octobre, Pie XII choisit comme nouvel hymne pontifical, la Marche pontificale écrite par Gounod en 1869 pour Pie IX : elle sera exécutée pour la première fois en tant que nouvel hymne officiel le 24 décembre. 8 novembre, traité franco-khmer entre le roi du Cambodge, Norodom Sihanouk, et la France : fin du protectorat français et indépendance du pays, le lendemain, 9 novembre. 19 novembre, Monaco, Rainier (qui succède à son grand-père Louis II décédé le 9 mai) est intronisé sous le nom de Rainier III : le 19 novembre est proclamé fête nationale à Monaco. 2 décembre, l’Assemblée Générale des Nations Unies, résolution 317 (IV), approuve la Convention pour la répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui, esclavage, travail forcé, trafic de personnes, exploitation de prostitution d’autrui (entrée en vigueur le 25 juillet 1951). 8 décembre, Tchang Kaï-chek et les nationalistes chinois quittent la Chine et se réfugient à Formose (Taiwan). 8 décembre, création de l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient. 10 décembre, l’ONU place Jérusalem sous régime international spécial (le 13, l’Assemblée israélienne déclare Jérusalem capitale d’Israël). 30 décembre, Vietnam, Cambodge et Laos deviennent indépendants au sein de l’Union française.

1949/1950. URSS, 10 millions de déportés dans les camps.

1950. Année sainte. Dans les stades britanniques, reprise des violences après des périodes d’accalmie pendant et autour des 2 guerres mondiales. 26 janvier, l’Inde, indépendante depuis le 15 août 1947 (fête nationale), proclame la république. 31 janvier, le président américain Harry Truman annonce que les États-Unis vont construire une nouvelle génération de bombes. 9 février, USA, début du maccarthysme (jusqu’en 1954) : le sénateur du Wisconsin, Joseph McCarthy, accuse le département d'État d'être infiltré par 205 communistes. 11 février, France, entrée en vigueur du Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG). 14 février, Staline et Mao Zedong signent à Moscou un traité d’alliance et d'assistance mutuelle entre l’URSS et la Chine pour 30 ans. 25 février, Koweït, intronisation de l’émir Abdallah (fête nationale). 12 mars, un référendum organisé en Belgique décide du retour du roi Léopold III au pouvoir. 18 mars, l’appel de Stockholm contre la bombe atomique, lancé par le communiste Frédéric Joliot-Curie et le Mouvement mondial pour la paix, recueille 3 millions de signatures en France. 22 mars, Châtenay-Malabry, mort de Emmanuel Mounier 4. En remettant en cause le statu quo multiséculaire de la liturgie de Pâques, le pape inaugure une série de réformes importantes. 24 avril, la Transjordanie annexe la Cisjordanie et prend le nom de Royaume hachémite de Jordanie. 27 avril, Union sud-africaine, promulgation du Group Areas Act, loi sur l’habitat séparé : les populations sont réparties selon des critères raciaux. 5 mai, Bhumibol Adulyadej est couronné roi de Thaïlande sous le nom de Rama IX. 9 mai, Robert Schuman propose un plan (mis au point par Jean Monnet) pour l’établissement d’une Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) ; lors du Conseil européen de Milan en 1985, les chefs d’États ont décidé de commémorer cette date (considérée comme celle de la naissance de l’union européenne) par la Journée de l’Europe. 24 mai, France, loi officialisant la Fête des Mères. 3 juin, Himalaya, les Français, Maurice Herzog et Louis Lachenal, réalisent la première ascension de l'Annapurna (8.078 m). 16 juin, le Saint-Siège approuve l’Opus Dei. Promulgation du droit de la procédure (texte de droit canonique). Fondation du Centre Catholique International de Genève. 25 juin, les Coréens du Nord, sous régime communiste, franchissent la ligne de démarcation du 38e parallèle qui les sépare de la Corée du Sud, ce qui déclenche la guerre de Corée : le président américain Harry Truman envoie des troupes pour soutenir la Corée du Sud. 2 juillet, bataille navale au large de Chumunjim, victoire des navires de la Royal Navy et de l'US Navy sur la flotte nord-coréenne. 19 juillet, encyclique Summi maeroris sur des prières publiques pour la paix. 22 juillet, rappelé par le peuple belge (référendum du 12 mars), Léopold III redevient roi des Belges (mais, en raison des manifestations hostiles, il devra abdiquer en faveur de son fils aîné, Baudouin, le 16 juillet 1951). 24 juillet, 9 h 28, Cap Canaveral, lancement de la fusée Bumper 8 réalisée à partir d’un V2 allemand. 12 août, encyclique Humani Generis « sur quelques opinions fausses qui menacent de ruiner les fondements de la doctrine catholique » notamment certaines thèses anthropologiques ; Pie XII autorise les chercheurs catholiques à prendre les récits de la Genèse, notamment celui de la création d’Adam et d’Ève, dans un sens très large pouvant se concilier avec la théorie de la multiplicité des premiers couples humains (à l’époque, la seule scientifiquement valable ; cette théorie est aujourd’hui écartée). 15 septembre, sous mandat des Nations Unies, les Américains débarquent en Corée du Sud et lancent une offensive vers le Nord avec les forces internationales. 23 septembre, dans son Exhortation Apostolique Menti Nostrae au clergé du monde catholique sur la sainteté de la vie sacerdotale, Pie XII affirme : « Par cette loi du célibat, bien loin de perdre le privilège de la paternité, le prêtre l'accroît à l'infini, car il engendre une postérité non pour cette vie terrestre et passagère, mais pour la vie céleste et éternelle » 6. 28 septembre, les troupes de l'Onu reprennent Séoul. 7 octobre, Mao Zedong donne l’ordre à l’armée de la République de Chine d’envahir le Tibet considéré comme une province chinoise ; dès l’occupation du Tibet en 1950, la région souffre de la violente politique d’assimilation chinoise : persécution des nombreux adeptes du bouddhisme lamaïque ; en mars 1959 le dalaï-lama part en exil en Inde ; répression sanglante de toute velléité d’indépendance ou d’opposition au régime communiste ; imposition du mandarin comme langue officielle ; sinisation forcée : en 2004, 7 millions de Chinois vivent au Tibet contre 6 millions de Tibétains ; le rapport de l’organisation internationale Human Rights Watch (HRW), publié le 9 février 2004 sur les droits de l’Homme en Chine, dénonce particulièrement le traitement réservé aux prisonniers politiques tibétains et l’hypocrisie du régime chinois qui affiche un assouplissement loin de la réalité. 7 octobre, Calcutta, Mère Térésa (Agnès Gonxha Bojaxhiu, religieuse catholique de Notre Dame de Lorette, d’origine albanaise, prix Nobel de la Paix 1979, + 5 septembre 1997, béatifiée le 19 octobre 2003) fonde les Missionnaires de la Charité qui sont reconnues par le diocèse de Calcutta (ordre approuvé plus tard comme congrégation pontificale sous la juridiction de Rome). 24 octobre, le gouvernement français de René Pleven présente un projet de création d’une Communauté européenne de défense (CED) appelé « plan Pleven ». Gilles Bouhours, 6 ans [à qui la Vierge apparaît à Seilhan (Haute Garonne) depuis 1947] est reçu par le pape en audience privée ; il transmet au saint Père un message (au sujet de l’Assomption) que lui a confié l’apparition. 29 octobre, à la mort de son père Gustave V, Gustave VI Adolphe devient roi de Suède et refuse toute cérémonie de sacre. 30 et 31 octobre, 1er et 8 novembre, dans les jardins du Vatican, le pape voit « danser » le soleil dans le ciel. 1er novembre, la constitution apostolique Munificentissimus Deus définit le dogme de l’Assomption corporelle de Marie : « L’Immaculée Mère de Dieu, Marie toujours vierge, une fois achevé le cours de sa vie terrestre a été assumée (élevée) corps et âme à la gloire céleste » et ce dogme a été « divinement révélé ». 31 octobre, Corée, les volontaires chinois mettent en déroute les troupes occidentales. 4 novembre, signature de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ou Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) par les pays membres du Conseil de l’Europe. 7 novembre, deux avions à réaction s'affrontent pour la première fois : un F-80 américain abat un MiG-15 chinois au dessus de Sinuiju en Corée. 7 novembre, appel du Tibet aux Nations unies. 30 novembre, une loi fixe le service militaire à 18 mois et prévoit l’institution de tests divers pendant la période des « 3 jours ». 6 décembre, encyclique Mirabile illud sur la concorde entre les peuples. 14 décembre, l’Assemblée générale des Nations Unies adopte le Statut du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (Office of the United Nations High Commissioner for Refugees : UNHCR) qui succède à l’Organisation internationale des réfugiés. Publication de Endliches und Ewiges Sein de la philosophe Edith Stein qui tente de réarticuler, à travers une révision « théocentrique » du monde, les apports de la phénoménologie 8. Parution du Mensonge d’Ulysse de Paul Rassinier (révisionniste). Espérance de vie d’un Français : 65 ans, d’une Française : 71 ans.

1951. Mars, Chypre, Monseigneur Makarios revendique le droit à l’autodétermination (suite au referendum de 1950 : 99 % pour le rattachement à la Grèce) ; la G.-B. refuse, la Turquie préfère le rattachement du Nord de l’île à la Turquie et celui du Sud à la Grèce. 5 avril, New-York, les époux Rosenberg sont condamnés à mort pour espionnage. 11 avril, le président Truman fait relever le général MacArthur de son commandement en Corée. 18 avril, traité de Paris, l’Europe des Six (France, Allemagne Fédérale, Italie, Belgique, Luxembourg et Pays-Bas) fonde la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) sur un projet lancé en 1950 par Robert Schuman le « père de l’Europe » (en 1952, il signera à Paris un traité prévoyant l’organisation d’une armée européenne). 24 avril, la France autorise la corrida dans les régions où « une tradition locale ininterrompue peut être invoquée ». 12 mai, le port de titres nobiliaires est interdit aux évêques. 23 mai, le Tibet est intégré dans la République populaire de Chine. 2 juin, encyclique Evangelii praecones pour le progrès des missions. 14 juin, l'Universal Automatic Computer (UNIVAC) est le premier ordinateur disponible sur le marché. Etats-Unis, fondation de la National Association of Evangelicals (Association nationale des évangélistes). 10 juillet, la Corée du Nord, la Chine et les Nations Unies entament des négociations de paix à Kaesong. 11 juillet, l’organisateur du plan Marshall, Foster, demande 1.650 milliards de dollars pour aider l’Europe. 20 juillet, Jérusalem, le roi de Jordanie, Abdallah Ibn Hussein, est assassiné par Mustafa Shukri, un extrémiste palestinien, qui tire sur lui avec un revolver. 20 juillet, Amman (Jordanie), l’ex-premier ministre libanais Rias es-Sohl est assassiné par trois membres du Parti National Socialiste syrien. 28 juillet, Genève, signature de la Convention générale relative au statut des réfugiés. 1er septembre, San Francisco, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et les Etats-Unis signent l’ANZUS (Australia, New Zealand and United States), traité de sécurité et d’assistance mutuelle. 8 septembre, San Francisco, la signature du traité de paix entre 48 Etats occidentaux (absence de l’Union Soviétique, de la Chine et de l’Inde) et le Japon met fin à l’occupation (28 avril 1952) et place Okinawa sous administration provisoire américaine ; le Japon renonce aux territoires acquis depuis 1875 (notamment à Sakhaline et Taiwan) ; un pacte de sécurité est conclu le lendemain avec les États-Unis. Japon, réorganisation de Soka Gakkai (association laïque des enseignements orthodoxes de Nichiren Daïshônin). 8 septembre, l’encyclique Sempiternus Rex commémore le concile de Chalcédoine. 9 septembre, l'armée chinoise entre dans Lhassa (Tibet). 10 septembre, négociations pour un nouveau concordat, pourparlers entre Guy Mollet, Robert Lecourt et le représentant du Vatican Mgr Montini (futur Paul VI) sans aboutir. 21 septembre, Loi Barangé et Marie sur l’aide à l’enseignement privé. L’encyclique Ingruentium malorum recommande la récitation du rosaire. Octobre, Pie XII estime « naturelle » la recherche du plaisir par les conjoints et déclare que la méthode de la continence périodique est offerte aux couples qui ont des raisons sérieuses de craindre une nouvelle grossesse (le 26 novembre, il utilise l’expression : « régulation des naissances »). 29 octobre, discours du pape aux participants du Congrès de l'Union catholique italienne des Sages Femmes sur Avortement thérapeutique et stérilisation : "sauver la vie de la mère est une très noble fin, mais le meurtre direct de l’enfant, pris comme moyen d’atteindre une telle fin, n’est pas permis". 5 novembre, Léon Jouhaux reçoit la Prix Nobel de la paix. Dijon, des catholiques hostiles au Père Noël brûlent son effigie. Décembre, première assemblée générale de Caritatis Internationalis fondée en 1950. 24 décembre, indépendance de la Libye. Hannah Arendt : Origines du totalitarisme. Maurice Pradines : Esprit de la religion. Quine : Deux dogmes de l’empirisme.

1952. 14 au 25 février, VIes Jeux olympiques d'hiver à Oslo en Norvège. Calcutta, Mère Teresa ouvre le Centre Nirmal Hriday (cœur pur), un foyer pour mourants ; elle étend par la suite son activité aux 5 continents. 2 mai, vol du 1er avion de ligne à réaction : l'avion à réaction Comet 1 de la firme britannique De Havilland effectue un vol inaugural entre Londres et Johannesburg. 27 mai, traité de Paris instituant la Communauté Européenne de Défense : le traité sera rejeté par l’Assemblée nationale française le 30 août 1954. 7 juillet, le pape renouvelle la consécration du monde et de la Russie au Cœur Immaculé de Marie. Nuit du 22 au 23 juillet, Egypte, coup d’état par de jeunes officiers (dont Nasser et Sadate) de l’organisation clandestine « Les officiers libres » : la république est proclamée ; le général Néguib prend le pouvoir ; le roi Farouk I abdique le 26 et s’exile à Monaco (le 23 juillet est fête nationale). 11 août, Jordanie, le roi Talal, intellectuellement déficient, est déposé par le Parlement : son fils Hussein, 16 ans, monte sur le trône de Jordanie ; il sera couronné le 2 mai. Promulgation du droit des religieux et des biens temporels ainsi qu’un livre de définition des termes utilisés (droit canonique). Pie XII promulgue une loi régissant la Confédération bénédictine. 3 octobre, explosion de la 1ère bombe atomique (A) britannique à Maralinga (Australie). 19 octobre au 23 décembre, Alain Bombard traverse l’Atlantique dans un canot pneumatique sans eau et sans vivre. 22 octobre, la compagnie pétrolière anglo-iranienne, Oil Company imposant à l'Iran un doublement des redevances sur le pétrole, l'Iran nationalise son pétrole : la Grande-Bretagne exige alors une compensation qui aboutit à la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays. 28 octobre, le pape fait modifier le costume des religieuses. 1er novembre, sur l’atoll de Eniwetok dans l’archipel des Iles Marshall (Pacifique), les Etats-Unis font exploser Ivy Mike la première bombe H (à hydrogène). 3 décembre, Prague, le procès de 14 hauts dirigeants du parti communiste tchécoslovaque accusés de haute trahison, d’espionnage et de sabotage au profit d’Israël (car ils sont tous juifs), ouvert le 20 novembre 1952, se termine par la pendaison de 11 d’entre eux (leurs corps sont brûlés et leurs cendres dispersées sur la route entre Prague et Melnik). 16 décembre, la Convention relative au droit international de rectification est ouverte à la signature par l’Assemblée générale des Nations unies (entrée en vigueur : 24 août 1962). 20 décembre, l’Assemblée générale des Nations Unies adopte la Convention sur les droits politiques de la femme (Entrée en vigueur : 7 juillet 1954).

1953. 12 janvier au 12 février, Bordeaux, procès des meurtriers d'Oradour (10 juin 1944) : parmi les accusés allemands, le sergent Lenz est condamné à mort, un accusé qui a pu prouver son absence lors du massacre est acquitté et les autres sont condamnés à des peines variant de dix à douze ans de travaux forcés ; les Alsaciens Malgré-Nous écopent de cinq à douze ans de travaux forcés ou de cinq à huit ans de prison ; quant au seul Alsacien engagé volontaire dans la Waffen-SS, il est condamné à mort pour trahison 19. 13 janvier, URSS, procès du complot des blouses blanches (médecins du Kremlin accusés de l’assassinat de Jdanov). 5 mars, 21 h 50, mort au Kremlin de Joseph Vissarionovich Djougachvili, dit Staline (l’homme d’acier en russe) selon l’annonce officielle [en fait il se trouvait dans sa datcha de Kachiry à 84 km de Moscou ; officiellement mort d’une hémorragie cérébrale, il pourrait avoir été empoissonné (vomissements de sang) ; il a été laissé 14 h sans soins sur ordre de Beria ; un petit-fils de Staline affirme que son grand-père s’est confessé avant de mourir]. 26 mars, Jonas Salk, médecin américain, annonce à la radio qu’il vient de découvrir un vaccin contre la polio. 25 avril, par un article dans la revue Nature, le physicien britannique Francis Crick et le biologiste américain James Dewey Watson annoncent la découverte de la structure chimique en double hélice de l’acide désoxyribonucléique (ADN). 29 mai, le Néo-Zélandais Edmund Hillary et son sherpa népalais Tensing Norgay sont les premiers à planter leur drapeau sur le mont Everest. 2 juin, à l’abbaye de Westminster (Londres), Elisabeth II est couronnée reine de Grande-Bretagne et d’Irlande. 17 juin, à Berlin-Est, les chars soviétiques interviennent contre les travailleurs qui réclament des élections libres et le retrait du gouvernement de Walter Ulbricht et Otto Grotewohl (la révolte s’étend à toute la R.D.A., notamment à Leipzig, mais est finalement écrasée le 19). 18 juin, la République est proclamée en Egypte : le général Mohammed Néguib en est le premier président. 19 juin, prison de Sing-Sing (près de New York), Ethel et Julius Rosenberg, membres du parti communiste américain, condamnés à mort le 9 avril 1951 pour espionnage (livraison de secrets nucléaires à l’URSS), sont exécutés sur la chaise électrique ; le président Eisenhower a rejeté la grâce malgré une campagne internationale en leur faveur et un appel à la clémence du pape Pie XII. Georges Roux, inspecteur du tri postal et guérisseur (Christ de Montfavet) fonde l’Eglise Chrétienne universelle (1983 : Alliance Universelle). La Grande Loge de France rétablit l'obligation pour ses loges de travailler en présence d'une Bible ouverte sous l’équerre et le compas ; quelques loges lisent les premiers versets de l’évangile de Jean auquel elle est souvent ouverte, sans aucune obligation (Claude Gagne). Vatican, découverte de tombeaux remontant au règne de Vespasien et d’une inscription datant de 180 avec une invocation à saint Pierre. 27 juillet, fin de la guerre de Corée (>2 millions de morts et de disparus) ; signature de l’armistice de Pan Mun Jom entre la Corée du Sud et ses alliés (Nations Unies, Corée du Nord et Chine). 12 août, l'URSS fait exploser sa première bombe H. 13 août, Iran, le Premier ministre du Shah, Mohammad Mossadegh, est renversé par le général Zahedi, soutenu par les Anglo-Saxons : Mohammad Reza Chah redevient le seul maître du pays. 20 août, le gouvernement français destitue le sultan Mohammed V favorable à l’émancipation politique du Maroc (il est exilé en Corse, puis à Madagascar, avec ses fils, dont le futur roi Hassan II ; mais le peuple marocain ne considère pas comme légitime le nouveau souverain, Mohammed ben Arafa et, en 1955, la France devra faire revenir Mohammed V). Septembre, Mgr Roncalli (futur Jean XXIII), nommé à Venise, reçoit des mains du Président Auriol (selon l’usage hérité des rois de France) la barrette cardinalice qu’un ablégat a apportée de Rome. 8 septembre, encyclique Fulgens corona annonçant l'année mariale (du 8/12/1953 au 8/12/1954). 16 septembre, présentation de The robe (La Tunique) d'Henri Koster, premier film réalisé en cinémascope et avec le son stéréophonique 4 pistes (procédé d'Henri Chrétien). 30 septembre, le Trieste, deuxième bathyscaphe conçu par Auguste Piccard, avec à son bord lui-même et son fils Jacques, atteint la profondeur de 3.150 mètres en Méditerranée. 14 octobre, Marseille, inauguration de la Cité radieuse de Le Corbusier. 22 octobre, indépendance du Laos. 9 novembre, indépendance du Cambodge, elle a été négociée avec la France par le roi Norodom Sihanouk (fête nationale). 8 décembre, le président américain Eisenhower propose que l’énergie atomique soit utilisée à des fins pacifiques dans un pool international. 23 décembre, René Coty, élu président de la République, succède à Vincent Auriol (transmission des pouvoirs le 16/1/1954).

1953 (08-12) - 1954 (08-12). Année mariale pour le centenaire du dogme de l’Immaculée Conception.

1954-1959. Ernst Bloch : Le Principe Espérance.

1954. 21 janvier, USA, lancement du « Nautilus », premier sous-marin à propulsion nucléaire. 1er février, France, le froid sévit, l’abbé Pierre (Henri Grouès + 22-01/2007) lance un appel à la solidarité avec les sans-abri. 3 février au 7 mai, Indochine, bataille de Diên Biên Phu (le camp retranché français, encerclé, tombe aux mains des troupes communistes du Viêt-minh, après 57 jours de résistance acharnée). 15 février, au large de Dakar, le bathyscaphe FNRS III du commandant Georges Houot et de l’ingénieur Pierre Willm bat le record du monde de plongée sous-marine (4.050 m ). 15 février, le laboratoire pharmaceutique allemand Behring annonce la mise au point du premier vaccin oral contre la poliomyélite par Albert Sabin (USA). 1er mars, Pie XII interrompt en France l’expérience des prêtres ouvriers et décide qu’ils doivent quitter leur travail (50% refusent). 25 mars, encyclique Sacra Virginitas au sujet de la virginité sacrée : « C’est précisément pour que ses ministres sacrés arrivent à cette liberté spirituelle de l’esprit et du corps et qu’ils ne soient pas embarrassés dans des affaires terrestres que l’Église latine leur demande d’assumer volontairement et de bon gré l’obligation de la chasteté parfaite [...] Il faut de plus observer que les ministres sacrés s’abstiennent complètement du mariage, non seulement pour qu’ils s’acquittent de leur charge apostolique, mais également parce qu’ils servent à l’autel » 6. 28 mars, Paris, diffusion de la première émission radiophonique en modulation de fréquence.10 avril, vote de la loi instituant la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). 28 avril au 2 mai, Conférence de Colombo : les dirigeants de l’Inde, de Ceylan (aujourd’hui Sri Lanka), de la Birmanie, de l'Indonésie et du Pakistan se réunissent afin d’accélérer la fin de la guerre en Indochine et pour traiter du nucléaire, de l’admission de la République populaire de Chine aux Nations unies et des tensions issues de la guerre froide. 7 mai, guerre d'Indochine : chute de Diên Biên Phu. 17 mai, la Cour suprême des Etats-Unis déclare anticonstitutionnelle la ségrégation dans les écoles. 6 juin, création de l’Union européenne de radiodiffusion et de télévision (UER), organisme groupant les pays de l’Europe occidentale et baptisé plus simplement « Eurovision ». 6 juin, Montreux (Suisse), première émission « Eurovision » : un reportage sur la Fête des narcisses et son corso de 25 chars accompagnés d’une douzaine de fanfares ; suit un tour guidé du Vatican se terminant par une homélie, en latin, du pape Pie XII, sur les promesses et les dangers de la télévision, avant la bénédiction de l’auditoire, urbi et orbi, en 6 langues. 27 juin, à Obninsk, l’URSS met en service la première centrale nucléaire produisant de l’électricité. 27 juin, Guatemala, un coup d'Etat (fomenté par la CIA) renverse le régime démocratique de Jacobo Arbenz Guzmán. Evanston (USA), 2e assemblée œcuménique. Belgique, fondation du Mouvement International de la Jeunesse Agricole et Rurale Catholique. Séoul, Sun Myung Moon (+2012) crée l’Association pour l’unification du christianisme mondial (Eglise de l’Unification). Washington, Lafayette Ronald Hubbard crée la première Eglise de Scientologie. 20 juillet, minuit, signature des Accords sur la cessation des hostilités en Indochine. 21 juillet, fin de la Conférence de Genève ouverte le 26 avril et à laquelle ont participé les représentants du Cambodge, de l’Etat du Vietnam, des Etats-Unis d’Amérique, de la France, du Laos, de la République démocratique du Vietnam, de la République populaire de Chine, du Royaume-Uni et de l’Union des Républiques socialistes soviétiques ; la Déclaration finale, signée notamment par le président du Conseil, Pierre Mendès-France (initié à la loge Union et Progrès, à Pacy-sur-Eure, le 9 octobre 1928), et Pham Van Dong, met fin à la guerre d'Indochine opposant depuis 1946 la France, le Cambodge, le Laos et le Viêt-Nam (la guerre a coûté du côté français, toutes nationalités confondues : 107.288 morts ou disparus, 144.000 blessés et 39.888 prisonniers ; il y aurait eu 500.000 victimes du côté vietnamien). A Vieux-Marché (Côtes-d’Armor), Louis Massignon réactive le pèlerinage islamo-chrétien des Sept saints dormants d’Ephèse 9. 31 juillet au 3 août, Mendès-France à Carthage : la France reconnaît l’autonomie interne de la Tunisie. 10 août, Mendès-France obtient des pouvoirs spéciaux pour les questions économiques. 11 août, proclamation officielle de la paix entre la France et le Vietnam. 15 août, constitution Ecclesarium omnium, réouverture de la mission de France à Pontigny ; les prêtres pourront travailler temps partiel. 24 août, le Congrès vote le communist control act qui n’interdit pas le parti communiste américain mais le déchoit des droits et privilèges dont jouissent les associations. 30 août, le parlement français refuse de ratifier le projet de Communauté européenne de défense (CED) car il craint la perte de souveraineté de l’armée française et est opposé à la subordination de la CED à l’OTAN. 8 septembre, Manille, la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Pakistan, la Thaïlande et les Philippines signent le traité de défense de l’Asie du Sud-Est (OTASE : Organisation du Traité de l’Asie du Sud-Est) et la Charte du Pacifique. 28 septembre, ONU, Convention sur le statut des personnes apatrides. 11 octobre, l'encyclique Ad Cœli Reginam sur la royauté de la bienheureuse Vierge Marie institue "la fête de Marie Reine, qui se célébrera chaque année dans le monde entier le 31 mai (aujourd'hui le 22 août, ndlr). Nous ordonnons également que, ce jour-là, on renouvelle la consécration du genre humain au Cœur Immaculé de la Bienheureuse Vierge Marie". 20 octobre, la République fédérale d’Allemagne intègre l’Organisation du Traité de l’Atlantique-Nord. 23 octobre, accords de Paris : création de l’Union de l’Europe occidentale (UEO). 26 octobre, Egypte, attentat manqué des Frères musulmans contre Nasser (premier ministre le 18-4-1953) qui n’a pas instauré le régime islamique qu’ils espéraient (la confrérie est dissoute le 29 ; 6 Frères sont exécutés). 1er novembre, « Toussaint rouge », insurrection dans les Aurès (Algérie) ; 70 attentats sont perpétrés par le Front de Libération nationale (FLN) nouvellement créé ; 7 personnes dont 2 Français sont tuées : c’est le début de la Guerre d’Algérie (1954-1962) ; ce « Jour de la Révolution » est celui de la fête nationale de l’Algérie. 5 novembre, le ministre de l’Intérieur, François Mitterrand déclare : « Contre les séparatistes, ça ne peut être que la guerre ». 14 novembre, Egypte, Nasser dépose le président Néguib qu’il place en résidence surveillée et reçoit les pleins pouvoirs. Kazakhstan, expérience de Totsk (les soviétiques font exploser une bombe nucléaire au milieu de 44.000 soldats). 5 décembre, France, réveil de la Grande Loge du Régime Rectifié. 7 décembre, François Mitterrand déclare à l’assemblée de l’Union Française : "Le MTLD (Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques créé par Messali Hadj) est l’ennemi à abattre. Le gouvernement appliquera la loi sans pitié ; il n’y a pas de nuance à observer".

1955. 1er avril, Chypre, l’Eoka (organisation pour la libération de l’île) déclenche la lutte armée contre les britanniques qui s’appuient sur la minorité turque (création d’une police spéciale formée de Turcs). 10 avril, New York, mort de Teilhard de Chardin 5. 17 au 24 avril, conférence afro-asiatique de Bandung (Indonésie) : 29 pays africains et asiatiques condamnent le colonialisme sous toutes ses formes ; cette conférence, initiée notamment par le Premier ministre indien Nehru, est à l’origine du Mouvement des non-alignés fondé en 1961. 1er mai, dans l’après-midi, sur la place Saint-Pierre à Rome, Pie XII déclare aux membres du congrès des Associations chrétiennes des travailleurs italiens : « Nous avons le plaisir de vous annoncer Notre détermination d’instituer - comme, de fait, nous instituons - la fête liturgique de Saint Joseph Artisan, en la fixant précisément au premier mai » ; les textes de la messe et de l’office de Saint-Joseph-Artisan (double de première classe) seront publiés le 24 avril 1956 par la Sacré Congrégation des Rites. 5 mai, la République fédérale d’Allemagne (RFA) devient un Etat souverain : fin de l’occupation des alliés en Allemagne de l’Ouest, la RFA entre dans l’OTAN. 14 mai, pacte de Varsovie : signature d’un traité d’amitié, de coopération et d’assistance mutuelle, pour une durée de 20 ans, entre l’URSS, l’Albanie, la Bulgarie, la Hongrie, la Pologne, la RDA, la Roumanie et la Tchécoslovaquie (Pacte de Varsovie). 1er au 3 juin, conférence de Messine : les ministres des Affaires étrangères des six Etats membres de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA) se réunissent pour relancer la construction européenne ; de cette conférence naîtra deux ans plus tard la Communauté économique européenne.
3 juin, autonomie interne de la Tunisie. 17 juillet, Disneyland ouvre ses portes à Anaheim en Californie. 20 et 21 août, Algérie, massacres du Constantinois : à l’initiative de Zighoud Youcef, responsable du Nord-Constantinois du FLN, des milliers d’émeutiers, encadrés par des soldats de l'A.L.N. en uniforme kaki et en armes, massacrent des Européens dans la zone Collo-Philippeville-Constantine-Guelma ; d'autre part, des milliers de paysans mal armés se lancent à l’assaut d’une trentaine de villes et villages et assassinent à coup de haches et de pioches 11 ; 171 européens sont massacrés 12. 23 août, un ordre de conduire les opérations avec rigueur est donné à l’armée par le général Lorillot, commandant militaire de l’ensemble de l’Algérie 11 : les milices de colons et les militaires abattent des musulmans pris au hasard, faisant de nombreuses victimes innocentes (1.273 morts selon le bilan officiel). 13 septembre, instauration de relations diplomatiques entre la République fédérale allemande et l'Union soviétique. 19 septembre, Argentine, le président Juan Peron est renversé par un coup d’état militaire. 8 octobre, Rouen : une manifestation de communistes français, qui s'opposent à l'envoi de militaires du contingent en Algérie, tourne à la bataille rangée contre les forces de l'ordre. 23 octobre, par référendum, les Sarrois se prononcent à 67,7% contre le statut, prévu par les Accords de Paris du 23 octobre 1954, qui plaçait la Sarre, autonome, dans l’Union de l’Europe occidentale (UEO), et optent pour le rattachement de la Sarre à la République fédérale d’Allemagne à partir du 1er janvier 1957. 25 octobre, le premier four à micro-ondes domestique, inventé par l'américain Percy Le Baron Spencer et commercialisé par la société Tappan, arrive sur le marché américain. 26 octobre, les troupes d’occupation quittent l’Autriche : Loi constitutionnelle portant sur la neutralité de l’Autriche, article premier : « En vue du maintien permanent de son indépendance à l’égard de l’étranger et de la sauvegarde de l’inviolabilité de son territoire, l’Autriche déclare de son plein gré sa neutralité permanente » (fête nationale). 26 octobre, proclamation de la République du Vietnam du Sud ; les catholiques s’opposent aux bouddhistes. 6 novembre, au cours des entretiens de la Celle-Saint-Cloud, la France, en reconnaissant Mohammed Ben Youssef comme sultan du Maroc, renonce au protectorat : le sultan Mohammed V rentrera au Maroc le 16 novembre et l’indépendance sera officiellement proclamée le 2 mars 1956. 5 décembre, Montgomery (Alabama), le pasteur baptiste Martin Luther King lance un boycott contre la compagnie d’autobus de la ville après que Rosa Parks, une femme noire, a été arrêtée pour avoir refusé de céder sa place à un Blanc dans un bus le 1er décembre. 8 décembre, le Comité des ministres adopte le drapeau à 12 étoiles sur fond d’azur comme emblème du Conseil de l’Europe (la Communauté européenne choisira ce même drapeau en 1986). 18 décembre, élections législatives proallemandes en Sarre. 20 décembre, le pape désigne 2 visiteurs apostoliques pour la Petite Eglise du Poitou et les Stévenistes de Belgique. 25 décembre, encyclique Musicae sacrae disciplina sur la musique sacrée.

1956. 1er janvier, proclamation de l’indépendance du Soudan (fête nationale). 17 et 18 janvier, Jean Monnet crée le Comité d’action pour les Etats-Unis d’Europe. 26 janvier au 5 février, VIIes Jeux olympiques d'hiver à Cortina d'Ampezzo en Italie. 14 au 25 février, XXème Congrès du Parti communiste de l’URSS : le 24, le Premier secrétaire Nikita Khrouchtchev dénonce les crimes et les erreurs de Staline ainsi que le culte de la personnalité et se déclare partisan de la coexistence pacifique. 22 février, lancement de Véronique, 1ère sonde fusée française. 28 février, France, troisième semaine de congés payés. 2 mars, Maroc, la France retire officiellement son protectorat et le Maroc proclame son indépendance (l’Espagne renonce à son protectorat le 7 avril) ; le Maroc indépendant se déclare solidaire de l’Algérie. 20 mars, la France reconnaît l’indépendance de la Tunisie (fête nationale). 23 mars, séparé de l’Inde depuis le 14 août 1947, le Pakistan se proclame République islamique (fête nationale). 19 avril, mariage de Grace Kelly et du prince Rainier III de Monaco. 15 mai, encyclique Haurietis aquas in gaudio sur le culte et la dévotion au Sacré Cœur de Jésus. Nuit du 18 au 19 mai, à Palestro en Kabylie, la 2e section du 9e régiment d'infanterie coloniale est prise en embuscade par des combattants de l'Armée de libération nationale 13. 23 juin, Egypte, Gamal Abdel Nasser est élu président de la République (99,84% des voix). 27 juin, France, création de la vignette automobile pour une durée d’un an afin de venir en aide aux personnes âgées. 28 juin, Poznan, émeute des ouvriers polonais qui exigent le retrait des troupes soviétiques : la répression fait plus de 50 morts. 29 juin, la Lettre apostolique Dum Maerenti Animo sur la persécution de l’Eglise en Europe de l’Est et de la Chine rappelle le 500ème anniversaire de croisade de prière lancée par Calixte III contre l’invasion ottomane : le pape demande aux fidèles à travers le monde, de prier, au cours de l’Angelus de midi, pour les Église persécutées en Orient. 19 juillet, réunis à Brioni en Yougoslavie, Nehru, Tito et Nasser posent les bases du mouvement des non-alignés. 26 juillet, devant le refus américano-britannique de financer la construction du barrage d’Assouan, Nasser nationalise le canal de Suez (il sera repris les 5 et 6 novembre par la France et l’Angleterre qui se retireront le 23 novembre sous la pression des USA). 13 août, Tunisie, le Premier ministre Habib Bourguiba instaure le Code du statut personnel (entré en vigueur le 1er janvier 1957) qui abolit la polygamie et améliore la position de la femme au sein de la société et de son foyer : le divorce judiciaire est mis en place et le mariage interdit aux jeunes filles de moins de 17 ans sans le consentement obligatoire de la mère. 28 septembre, la pile atomique G1 de Marcoule produit du courant électrique. 6 octobre, USA, Albert Sabin de l’université de Cincinnati (Ohio) annonce la mise au point d’un vaccin oral contre la poliomyélite. 22 octobre, l’avion marocain de la compagnie Air Atlas, qui transporte de Rabat à Tunis 5 représentants du FLN (Ben Bella, Khider, Lacheraf, Boudiaf et Aït Ahmed), est intercepté en plein vol par l’aviation française qui le contraint à se poser à Alger où les nationalistes sont arrêtés : l’opération a été menée par le ministre-résident en Algérie, Robert Lacoste, avec l’aval du président du conseil Guy Mollet (de la loge "La Conscience" à l'orient d'Arras). 23 octobre, Hongrie, début de l’insurrection à Budapest : des milliers de manifestant exigent le départ des dirigeant staliniens, le rejet définitif du stalinisme, le retrait des troupes russes, la démocratisation et l’indépendance du pays ; l’insurrection fera 2.800 morts et 20.000 blessés du côté hongrois, et 700 morts et 1.600 blessés parmi les soldats soviétiques ; au moins 225 Hongrois accusés d’avoir participé à l’insurrection seront exécutés, dont Imre Nagy, Premier ministre du gouvernement formé durant le soulèvement ; les troupes soviétiques quittent la capitale hongroise le 28. 29 octobre, guerre d’Israël contre l’Egypte (campagne au Sinaï). 30 octobre, la France et la Grande-Bretagne somment l’Egypte et Israël de retirer leurs troupes à 16 km de part et d’autre du canal de Suez. 31 octobre, Suez, l’Egypte ayant rejeté l’ultimatum, début des bombardements aériens franco-britanniques. 1er novembre, Hongrie, le Premier Ministre, Imre Nagy, proclame la neutralité de son pays et annonce son retrait du Pacte de Varsovie : les troupes soviétiques pénètrent sur le territoire. 3 novembre, Hongrie, Imre Nagy forme un gouvernement dans lequel les communistes sont minoritaires. 4 novembre, 8 divisions soviétiques appuyées par l’aviation, prennent Budapest, cependant les manifestations continuent jusqu’à ce que la répression soviétique mette définitivement fin au mouvement en janvier 1957 ; l’ONU condamne l’intervention soviétique en Hongrie ; Janos Kadar forme un gouvernement prêt à collaborer avec les Soviétiques ; Imre Nagy se réfugie à l’ambassade de Yougoslavie (arrêté le 22 novembre, lors de son évacuation de l’ambassade, et jugé en URSS, il sera ramené en Hongrie pour y être pendu le 16 juin 1958 ainsi que le général Maleter et deux autres chefs de l’insurrection) ; le cardinal Joseph Mindszenty se réfugie à la légation des États-Unis d’Amérique (il y restera pendant 15 ans, installé dans une petite pièce ; en septembre 1971, le pape Paul VI parviendra à le décider de quitter l’ambassade ; après quelques semaines passées à Rome, bien que comblé d’honneurs, le vieux prélat préfèrera s’installer au séminaire hongrois de Vienne ; en février 1974, le Saint-Siège lui retirera le titre de primat de Hongrie ; en octobre, Mindszenty publiera ses Mémoires qui ne comprennent curieusement qu’un tiers du manuscrit original adressé pour avis au Vatican ; au lendemain de la mort du cardinal, le 6 mai 1975, le pape Paul VI déclarera que le prélat hongrois « fut et continuera sûrement d’être un symbole de contradictions, comme il fut l’objet à la fois de vénération et d’attaques violentes », et « qu’une fois calmé le tumulte des passions et des polémiques, l’histoire saura former sur lui un jugement mieux équilibré et objectif »). 6 novembre, sur injonction des Etats-Unis et de l’URSS, arrêt des opérations franco-anglaises en Egypte ; Britanniques, Français et Israéliens acceptent le cessez-le-feu réclamé par l’ONU. 12 novembre, nouvelle Constitution tunisienne adoptée par l’Assemblée ; la Tunisie intègre les Nations Unies. 22 novembre au 8 décembre, Melbourne, XVIe Jeux olympiques, premiers jeux réalisés dans l'hémisphère sud. 3 décembre, le crime horrible commis par le curé d’Uruffe choque l'opinion.

1957. 7 janvier au 24 septembre (arrestation de Yacef Saadi, leader du F.L.N d’Alger) : bataille d’Alger (le général Massu est chargé de rétablir l’ordre dans l’agglomération). 25 janvier, l’Inde, qui n’a pas organisé le référendum exigé par l’ONU, annexe néanmoins la partie du Cachemire qu’elle occupe. 29 janvier, Convention sur la nationalité de la femme mariée, résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies ouverte à la signature et à la ratification (entrée en vigueur : 11 août 1958). 30 janvier, l’ONU condamne l’apartheid en Afrique du Sud. 14 février, par la lettre apostolique Ad perpetuam rei memoriam Pie XII déclare "Sainte Claire, vierge d'Assise, céleste Patronne auprès de Dieu de la Télévision". 6 mars, la Côte de l’Or (Gold Coast), sous contrôle anglais, est la première colonie d’Afrique noire à accéder à l’indépendance et prend le nom de Ghana (l’ancien Togo anglais est rattaché au nouvel Etat) : fête nationale. 22 mars, le pape autorise la célébration de la messe l’après-midi. 25 mars, signature des traités de Rome qui créent la C.E.E. (Communauté économique européenne) et la CEEA (Euratom) : ils entrent en vigueur le 1er janvier 1958. 21 avril, encyclique Fidei donum sur la situation des missions catholiques notamment en Afrique. 15 mai, explosion sur l’Ile de Christmas (Pacifique) de la 1ère bombe thermonucléaire britannique. 1er juin, apparition de la grippe asiatique. 25 juin, la Conférence générale de l’Organisation internationale du Travail adopte la Convention (N 105) concernant l’abolition du travail forcé (entrée en vigueur : 17/01/1959). 29 juin, dépôt militaire de Kyshtym en Russie : explosion d’une cuve contenant des déchets radioactifs. Dissolution de l’Association Catholique de la Jeunesse de France : les mouvements, autonomes, sont reliés au Secrétariat pour l’Apostolat des Laïcs (Paris) et aux commissions épiscopales. 25 juillet, Habib Bourguiba proclame la République tunisienne dont il deviendra le premier président le 8 novembre ; la Constitution sera définitivement ratifiée le 1er juin 1959. 15 août, le sultan Mohammed V est reconnu roi du Maroc. 31 août, la Malaisie proclame son indépendance (fête nationale) : Abdul Rahman devient Premier ministre ; la Constitution de 1957 fait de la Malaisie une monarchie constitutionnelle et parlementaire mais le pouvoir suprême reste détenu par le Roi. Promulgation du droit des personnes (droit canonique). 8 septembre, encyclique Miranda prorsus sur le cinéma, la radio et la télévision « moyens techniques, qui sont, peut-on dire, à portée de la main de chacun, et exercent sur l’homme un pouvoir extraordinaire, conduisant aussi bien dans le royaume de la lumière, de la noblesse, de la beauté, que dans le domaine des ténèbres et de la dépravation, à la merci d’instincts effrénés selon que le spectacle propose aux sens des objets honnêtes ou malsains ». 26 septembre, le président Eisenhower envoie un millier de parachutistes américains pour permettre à des élèves noirs de se rendre au collège de Little Rock en Arkansas. 27 septembre, URSS, accident nucléaire majeure dans l’Oural : explosion d’une cuve de stockage de déchets radioactifs (l’atteinte à l’environnement est 10 fois plus importante que celle que produiront les rejets de Tchernobyl). 4 octobre, une fusée soviétique R7 Sémiorka met en orbite Spoutnik (compagnon de voyage) le premier satellite artificiel. 7 au 12 octobre, Angleterre, incendie à la centrale nucléaire de Windscale (niveau 5 sur l'échelle internationale des événements nucléaires). 27 octobre, Radio Vatican : le pape Pie XII inaugure le centre émetteur de Santa Maria di Galeria. 3 novembre, l'URSS lance Spoutnik 2 à bord duquel se trouve la chienne Laïka. 10 décembre, Albert Camus reçoit le prix Nobel de littérature.

1958. Jubilé extraordinaire (centenaire des apparitions de Lourdes). 1er janvier, naissance de la Communauté économique européenne (C.E.E.), entrée en vigueur des traités de Rome : CEE et Euratom. 31 janvier, lancement du premier satellite artificiel américain Explorer I. 1er février, l’Egypte et la Syrie fondent la République arabe unie (RAU). 3 février, La Haye, traité créant l’union économique du Benelux entre la Belgique, les Pays-Bas (Nederland) et le Luxembourg. 8 février, un avion de reconnaissance français ayant essuyé des tirs de l’ALN (Armée de Libération Nationale), 11 bombardiers B 25 et 6 chasseurs français bombardent le village tunisien de Sakhiet Sidi Youssef près de la frontière algérienne (62 tués et 130 blessées) et touchent des véhicules de la Croix-Rouge (la communauté internationale s’indigne ; le président tunisien Habib Bourguiba exige le retrait des troupes françaises de son pays et rompt les relations diplomatiques avec la France). 14 février, fondation de l’Union arabe, État fédéral hachémite constitué par l’Irak et la Jordanie et dirigé par le roi Fayçal II d’Irak. 27 février, France, loi sur l'assurance automobile obligatoire. 13 mars, la police parisienne, victime d’attentats du FLN, manifeste devant le Palais Bourbon. 5 au 23 mai, VIIIe congrès du Parti communiste chinois : Mao Zedong lance le « Grand Bond en avant » qui doit permettre à la Chine populaire de rattraper le Royaume-Uni en 15 ans mais qui aboutira à la plus grande famine du siècle (15 à 30 millions de morts). 13 mai, soulèvement à Alger ; le ministère Pflimlin, disposé à ouvrir des négociations avec le Front de libération nationale (FLN) déclenche la colère des partisans de l’Algérie française qui en appellent au général de Gaulle ; de plus, le 9 mai, le FLN a annoncé l’exécution de 3 soldats français prisonniers ; constitution d’un gouvernement de salut public par les généraux Massu et Salan. 28 mai, démission de Pierre Pflimlin : à la demande du président de la République, René Coty, les présidents des deux assemblées rencontrent le général de Gaulle pour discuter des conditions de son retour au pouvoir. 29 mai, le président Coty reçoit le général de Gaulle et lui demande de former un gouvernement. 1er juin, par 329 voix contre 224, l’Assemblée nationale investit le gouvernement formé et présidé par Charles de Gaulle. 2 juin, De Gaulle obtient de l’Assemblée des pouvoirs spéciaux en Algérie (337 voix contre 197), les pleins pouvoirs pour 6 mois (322 voix contre 232) et le droit de préparer une nouvelle Constitution (350 voix contre 161) : le Conseil de la république approuve par 260 voix contre 48. 3 juin, loi constitutionnelle autorisant le gouvernement à soumettre le projet de Constitution au referendum. 4 juin, Alger, après son « Je vous ai compris », De Gaulle annonce qu’il n’y aura plus en Algérie que des « Français à part entière ». 5 juin, à Oran, De Gaulle déclare : "... Il faut que toutes les barrières, tous les privilèges qui existent en Algérie entre les communautés ou dans les communautés disparaissent. Il faut qu’il n’y ait en Algérie rien autre chose — mais c'est beaucoup ! — que dix millions de Françaises et de Français avec les mêmes droits et les mêmes devoirs. Il s'agit notamment que, dans l'occasion immense qui va être offerte dans trois mois à la totalité des Français, l'Algérie toute entière, avec ses dix millions d'habitants, participe de tout son cœur, comme les autres, exactement au même titre, avec la volonté de démontrer par là quelle est organiquement une terre française, aujourd'hui et pour toujours !". 6 juin, Mostaganem, De Gaulle confirme qu’il n’y aura qu’un seul collège électoral en Algérie et lance : « Vive l’Algérie française ! ». 25 juin, l’Organisation Internationale du Travail adopte la Convention n°111 concernant la discrimination en matière d’emploi et de profession (entrée en vigueur : 15-06-1960). Fondation de la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra (scission de la G.L.N.F.). Fondation du Mouvement de régénération spirituelle de l’humanité (Méditation transcendantale). 14 juillet, proclamation de la République d’Irak (le roi Faysal II, renversé par des militaires, est exécuté ; dictature du brigadier Abdel Karim Kassem). 15 juillet, débarquement à Beyrouth de Marines américains, en réponse à la demande du président maronite Camille Chamoun qui doit faire face à une insurrection de musulmans menés par Rachid Karamé. 21 juillet, le centre de Marcoule produit pour la première fois du plutonium. 29 juillet, le président Eisenhower signe la loi instituant la National Aeronautics and Space Administration (NASA). 1er août, le roi Hussein dissout la fédération formée par la Jordanie et l’Irak. 3 août, le sous-marin américain Nautilus, premier sous-marin à propulsion nucléaire, passe sous la glace du pôle Nord. 6 août, l’ordonnance n° 58-696 (article 3) retire le droit de grève aux services extérieurs de l’Administration pénitentiaire. Septembre, Pie XII condamne tout emploi de la pilule contraceptive. 12 septembre, à Dallas, Jack St.Clair Kilby de Texas Instruments, réalise le premier circuit intégré (la puce électronique). 14 septembre, Colombey-les-Deux-Eglises, 1ère rencontre entre le chancelier allemand Adenauer et le président de la République française Charles de Gaulle. 19 septembre, au Caire, formation du Gouvernement provisoire de la République algérienne (G.P.R.A.) présidé par Ferhat Abbas. 28 septembre, la constitution de la Ve République est adoptée par référendum. 1er octobre, le Maroc et la Tunisie adhèrent à la Ligue Arabe. 2 octobre, indépendance de la Guinée (fête nationale). 4 octobre, France, promulgation de la Constitution de la Ve République. 9 octobre, mort de Pie XII. 14 octobre, proclamation de la République malgache. 23 octobre, De Gaulle propose la « paix des braves » au FLN et déclare : « L’Algérie connaîtrait l’hécatombe si nous étions assez lâches et stupides pour l’abandonner ».


Notes :
1 Liste des 80 députés et sénateurs ayant voté contre l'adoption de l'article unique (Annexe au Procès-verbal de la séance du Mercredi 10 juillet 1940) : Marcel-François Astier (sénateur Gauche démocratique), Jean-Fernand Audeguil (député SFIO), Vincent Auriol (député SFIO, initié à la loge "Les Cœurs Réunis" à Toulouse), Alexandre Bachelet (sénateur SFIO, initié à la loge L'Étoile Polaire, Orient de Batignolles), Vincent Badie (député Parti radical), Camille Bedin (député SFIO, franc-maçon), Emile Bender (sénateur Gauche démocratique), Jean Biondi (député SFIO), Léon Blum (député SFIO), Laurent Bonnevay (député ARGRI : Alliance des républicains de gauche et des radicaux indépendants), Paul Boulet (député Gauche indépendante), Georges Bruguier (sénateur SFIO), Séraphin Buisset (député SFIO), Gaston Cabannes (député SFIO), François Camel (député SFIO), Pierre de Chambrun (sénateur PDP : Parti démocrate populaire), Auguste Champetier de Ribes (sénateur PDP), Pierre Chaumié (sénateur Gauche démocratique), Arthur Chaussy (député SFIO), Joseph Collomp (député SFIO), Octave Crutel (député Parti radical), Achille Daroux (député Parti radical), Maurice Delom-Sorbé (député GDRI : Gauche démocratique et radicale indépendante), Joseph Depierre (sénateur SFIO), Marx Dormoy (sénateur SFIO), Alfred Elmiger (député Gauche indépendante), Paul Fleurot (sénateur Gauche démocratique), Emile Fouchard (député UPF : Union populaire française), Edouard Froment (député SFIO), Paul Giaccobi (sénateur Gauche démocratique), Justin Godart (sénateur Gauche démocratique), Félix Gouin (député SFIO), Henri Gout (député Parti radical), Louis Gros (sénateur SFIO), Amédée Guy (député SFIO), Jean Hennessy (député Gauche indépendante), Lucien Hussel (député SFIO), André Isoré (député Parti radical), Eugène Jardon (député UPF), Alexis Jaubert (député Parti radical), Claude Jordery (député SFIO), François Labrousse (sénateur Gauche démocratique), Albert Le Bail (député Parti radical), Joseph Lecacheux (député ARGRI), Victor Le Gorgeu (sénateur Gauche démocratique), Justin Luquot (député SFIO), Augustin Malroux (député SFIO), Gaston Manent (député Parti radical), Alfred Margaine (député Parti radical), Léon Martin (député SFIO), Robert Mauger (député SFIO), Jean Mendiondou (député Parti radical), Jules Moch (député SFIO), Maurice Montel (député Gauche indépendante), Léonel de Moustier (député RIAS : Républicains indépendants et d'action sociale), Marius Moutet (député SFIO), René Nicod (député UPF), Louis Noguères (député SFIO), Jean Odin (sénateur Gauche démocratique), Joseph Paul-Boncour (sénateur USR : Union socialiste républicaine), Jean Perrot (député Parti radical), Georges Pézières (sénateur SFIO), André Philip (député SFIO), Marcel Plaisant (sénateur Gauche démocratique), François Tanguy-Prigent (député SFIO), Paul Ramadier (député USR, initié en 1913 à la loge « La Parfaite Union », à Rodez), Joseph Paul Rambaud (sénateur Gauche démocratique), René Renoult (sénateur Gauche démocratique), Léon Roche (député SFIO), Camille Rolland (sénateur Gauche démocratique), Jean-Louis Rolland député SFIO), Joseph Rous (député SFIO), Jean-Emmanuel Roy (député SFIO), Henry Sénès (sénateur SFIO), Philippe Serre (député Gauche indépendante), Paul Simon (député PDP : Parti démocrate populaire), Gaston Thiébaut (député Parti radical), Isidore Thivrier (député SFIO), Pierre Trémintin (député PDP) et Michel Zunino (député SFIO).
2 Simone Weil, née en 1909, écrivain et philosophe français, a eu pour professeurs Le Senne et Alain. Agrégée de philosophie en 1931, elle enseigne dans des lycées de province. En 1934-1935, elle travaille comme ouvrière chez Renault. En 1936, elle combat aux côtés des républicains espagnols et, en 1942, elle rejoint la France libre. Après sa mort, plusieurs livres réunissent ses articles, manuscrits et journaux intimes : La Pesanteur et la grâce (1947), La Connaissance surnaturelle (1950), L’Enracinement (1950), Lettre à un religieux (1951), La Condition ouvrière (1951), La Source grecque (1953). Son mysticisme chrétien pénètre son engagement dans le monde. Son œuvre est une recherche passionnée de justice sociale et de salut individuel.
3 Mohandas Karamchand Gandhi (1869-1948), surnommé Mahatma (Grande Âme) par le poète Rabindranath Tagore, apôtre national et religieux de l’Inde, était issu d’une famille riche et cultivée. Il fut élève de l’université d’Ahmadabad, fit ses études juridiques à Londres (1888-1891) et devint avocat à Bombay. Prophète de la non-violence, son arme était le jeûne. Sa doctrine politique et morale, fondée en outre sur la valeur spirituelle du travail domestique, dérivait de la religion jaïna à laquelle il appartenait (le droit au suicide par jeûne est inclus dans la doctrine jaïna). Par son charisme exceptionnel et sa célèbre doctrine de la « résistance passive » (satyâgraha : la force de l’âme »), Gandhi eut une influence intellectuelle bien au-delà des frontières de son pays : « Je me considère comme un soldat, toutefois un soldat de la paix, et je connais la valeur de la discipline et de la vérité. C’est pourquoi je vous demande de me croire lorsque j’affirme ne jamais avoir pris à mon compte le fait que la population indienne, si cela devenait nécessaire, pourrait recourir à la violence. » Paradoxalement, Gandhi n’était pas un théoricien, mais un homme d’action, se rendant sur les lieux des combats, organisant des « meetings de prières », agissant sur les masses indiennes par la parole. Il fut l’âme du mouvement protestataire qui, pratiquant une double tactique (d’une part, désobéissance civile, non-participation aux emprunts, grève des tribunaux, boycottage des écoles du gouvernement, refus de tout poste civil ou militaire ; d’autre part, revendication de l’indépendance nationale), aboutit effectivement à l’indépendance de l’Inde le 15 août 1947. Mais Gandhi ne vit que partiellement récompenser la lutte de toute une vie : contre ses vœux, la partition de l’Inde et du Pakistan en deux États indépendants eut bien lieu. Les sanglantes émeutes qui déchirèrent les communautés hindoue et musulmane marquèrent les limites de la non-violence. Durant la guerre civile (1946-1947), Gandhi tenta au péril de sa vie d’apaiser les haines, d’arbitrer le conflit et de restaurer un climat d’humanité. Il réussit par ses jeûnes à faire cesser les violences à Calcutta et New Delhi. Lorsque le gouvernement de l’Inde indépendante décida, avec l’assentiment populaire, de renier sa promesse de donner au Pakistan sa part des biens, il fit front au pays tout entier et réussit, en jeûnant, à calmer les tensions. Cela irrita profondément une partie des nationalistes hindous : l’un d’entre eux, après s’être respectueusement incliné devant lui, l’assassina lors d’une réunion de prière le 30 janvier 1948. Gandhi fut un personnage complexe. Rejetant la « couardise » du célibat des religions traditionnelles, il vécut parmi ses associées féminines et se donna pour but d’explorer les limites extrêmes de la sexualité afin de démontrer qu’il était possible d’atteindre une innocence « absolue », semblable à celle des enfants. Gandhi reste un symbole éternel du « vrai philosophe » qui, après Socrate et peut-être Pyrrhon, fit de sa vie elle-même un enseignement pour le monde. Ses idées se sont fortement répandues hors de l’Inde, inspirant les mouvements non violents, communautaires et de retour à la nature caractéristiques des hippies des années 1960-1970 en particulier.
4 Emmanuel Mounier, philosophe et écrivain français, né à Grenoble en 1905, conçut, à la lecture de Péguy, l’idée d’une synthèse entre le christianisme et le socialisme, qu’il nomma le « personnalisme » : son principe est de maintenir « le primat de la personne humaine sur les nécessités matérielles et sur les appareils collectifs qui soutiennent son développement ». Mounier fonda, en 1932, la revue Esprit. Ses deux maximes étaient d’ « être soi-même » et de travailler à améliorer les conditions de la vie en société. On lui doit notamment : Révolution personnaliste et communautaire (1935), l’Affrontement chrétien (1944), Liberté sous conditions (1946), Traité du caractère (1946), Qu’est-ce que le personnalisme ? (1947), Introduction aux existentialismes (1947), le Personnalisme (1949), l’Espoir des désespérés (1953), l’Engagement de la Foi (1958)
5 Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955), savant, philosophe et théologien français, entré dans la Compagnie de Jésus en 1899, ordonné prêtre en 1911, enseigne la géologie et la paléontologie à l’Institut catholique de Paris de 1920 à 1923. De 1923 à 1946, il parcourt l’empire chinois (à partir de 1929, il participe aux fouilles de Chou-hou-tien, près de Pékin, où fut découvert le sinanthrope), l’Inde, la Birmanie, Java et participe en 1931-32 à ce qu’on a appelé la « Croisière jaune ». À partir de 1951, il est attaché à la Wenner-Gren Foundation de New York, qui, en 1951 et 1953, le charge de superviser et de financer les recherches anthropologiques en Afrique du Sud. Ses recherches d’anthropologie l’ont amené à concevoir toute une théorie évolutionniste : sa philosophie vitaliste cherche à penser la continuité entre la nature et la vie, puis entre la vie et l’esprit. Cette recherche le rapproche du matérialisme dialectique comme science de la nature et de son histoire. Teilhard de Chardin ordonne toute l’évolution non seulement à la réalisation de l’homme (comme espèce animale supérieure aux autres espèces), mais à celle d’un homme particulièrement spiritualisé, dont le Christ, selon lui, représente la vivante image. En d’autres termes, l’évolutionnisme de Teilhard de Chardin n’est pas qu’une théorie de l’évolution des espèces les plus basses jusqu’à l’homme, c’est aussi une philosophie de l’histoire, qui assigne à l’homme le devoir de réaliser l’« ultra-humain », c’est-à-dire une vie purement spirituelle, l’idéal du Christ. Cette continuité entre une théorie de la vie (« biosphère ») et une théorie de l’esprit (« noosphère ») n’est pas sans évoquer la philosophie de Bergson (les Deux Sources de la morale et de la religion). La philosophie de Teilhard de Chardin a secoué certains milieux chrétiens en montrant qu’une recherche scientifique, de style nettement « matérialiste », portant sur l’histoire de la nature, n’est pas exclusive de la foi. On lui doit notamment : Le Phénomène humain (1938-1940), Le Cœur de la matière (1950), Le Christique (1955).
« Pourquoi donc, homme de peu de foi, craindre ou bouder les progrès du monde ? La véritable attitude chrétienne, c’est tout essayer pour le Christ. Diviniser n’est pas détruire, mais sur-créer. » (Pierre Teilhard de Chardin, Hymne à l’univers).
6 http://eucharistiemisericor.free.fr/index.php?page=1402116_mgr_piacenza
7 The Anatomy of the Nuremberg Trials. A Personal Memoir, New York, Alfred A. Knopf, 1992. Cité par Wikipedia.
8 Edith Stein, née dans le judaïsme, se tourna vers le Christ et devint carmélite sous le nom de Thérèse Bénédicte de la Croix. Dans cette vie nouvelle, elle partagea la persécution de son peuple et mourut en déportation à Auschwitz en 1942. Elle a été béatifiée le 1-5-1987. En 1999, Jean-Paul II l’a proclamée copatronne de l’Europe avec Brigitte de Suède et Catherine de Sienne.
9 Le pèlerinage des Sept saints dormants d’Ephèse à Vieux-Marché (Côtes-d’Armor), le 4e dimanche de juillet, commémore la tradition de 7 fonctionnaires chrétiens du palais impérial, originaires d’Éphèse (Maximilien, Marc, Martinien, Denis, Jean, Sérapion et Constantin) qui se réfugièrent dans une grotte du voisinage d’Ephèse pour échapper à l’obligation de sacrifier aux idoles. L’empereur Dèce les ayant fait emmurer (en 250), ils se réveillèrent sous Théodose II (401- 450) quand des maçons, en creusant une étable, découvrirent la grotte qui existe toujours à Ephèse. Les musulmans ont une légende similaire : à El Kahf (la Grotte) près d’Amman en Jordanie (Coran, Sourate XVIII, 8-25)
10 http://www.linternaute.com/histoire/jour/4/3/a/1/1/index.shtml
11 http://fr.wikipedia.org/wiki/Massacres_du_Constantinois_en_1955
12 Historia, n° 206, décembre 71, page 406
13 Dans le nuit du 18 au 19 mai 1956, à Palestro en Kabylie, la 2e section du 9e régiment d'infanterie coloniale (21 rappelés) est prise en embuscade par des combattants de l'Armée de libération nationale : 15 militaires français sont tués. Six survivants sont faits prisonniers : le sergent Alain Chorliet, le caporal-chef Louis Aurousseau, Serreau, le marsouin Lucien Caron ainsi que deux autres marsouins, Jean David-Nillet et Pierre Dumas. Grièvement blessé, Caron est laissé sur place avec les villageois kabyles du douar.
"Le 19 mai, à 9h, la 6e compagnie parvient enfin sur les lieux de l'embuscade : deux cadavres mutilés sont découverts, gisant dans les buissons. Dans leur fureur démentielle, les assassins ont oublié un des leurs, un fellagha grièvement blessé, qui, avant de mourir, va donner quelques renseignements. Ce n’est qu’en début d’après-midi, qu’un des soldats retrouve d’autres corps. Poussant un cri, il appelle le lieutenant Poinsignon qui arrive au pas de course. Il regarde le soldat qui est tout pâle, prêt à défaillir. S’approchant des rochers qui entourent le village, le lieutenant Poinsignon voit exposés, comme dans un suprême défi, les corps suppliciés de quinze soldats français. Les yeux sont crevés, les corps vidés de leurs entrailles et bourrés de cailloux. Les testicules ont été coupés, et les pieds, dépouillés de leurs chaussures, sont zébrés de coups de couteau. Le 19 Juin 1956, le F.L.N. fait savoir qu'il a exécuté les deux soldats qu'il avait fait prisonniers en mai lors de l'embuscade dite de Palestro : les corps du sergent Chorliet et du caporal-chef Aurousseau ne seront jamais retrouvés" 14.
"A la dechra du douar Ammal, les marsouins ont découvert le cadavre de Caron, qui a été achevé. Le 23 mai au matin, la bande est enfin accrochée près de Tifrène par le 1er R.E.P. et le 20e B.P.C. Les rebelles sont repliés dans des grottes. Les légionnaires montent à l'assaut, tuent 17 fellaghas, délivrent Dumas qui n'y croyait plus, et font 3 prisonniers dont un déserteur. Mais, dans le feu du combat, l'infortuné David-Nillet, compagnon de captivité du soldat Dumas, trouve la mort" 15.
14 http://www.9rima.izispot.fr/phpbb/viewtopic.php?p=48&sid=f1657be75affb7ac110b6515b94ec564
15 http://perso.nordnet.fr/louis.keller/palestro/souvenirs/ville_martyre/historia.htm.
16 http://fr.wikipedia.org/wiki/1948
17 Roger Schutz-Marsauche (frère Roger), protestant et diplômé en théologie, suisse de mère française, fils de pasteur, qui vient de Genève à bicyclette, s’installe seul à Taizé (71) et prépare la création d’une communauté protestante, la Communauté de Taizé, où il sera possible de concrétiser tous les jours la réconciliation entre les chrétiens. Il accueille sans distinction juifs, réfugiés politiques et résistants. Mais le 11 novembre 1942, sa maison est fouillée de fond en comble par la Gestapo. Roger Schutz quitte Taizé et retourne à Genève où le rejoignent ses premiers compagnons de route, Suisses comme lui. Il retourne à Taizé en octobre 1944. Les frères arrivent un à un. A Pâques, le 17 avril 1949, 7 frères prononcent les vœux de célibat, de communauté de biens et d’obéissance. En 1958, frère Roger est l’une de premières personnes à être reçu en audience par le pape Jean XXIII nouvellement élu. En 1969, des frères catholiques intègrent la Communauté qui accueille déjà des jeunes de tous les pays d’Europe. En 1986, Jean Paul II se rend à Taizé. En 1988, frère Roger reçoit le prix Unesco de l’éducation pour la paix. Le mardi 16 août 2005, au cours de la prière du soir, il est mortellement blessé d’un coup de couteau à la gorge par une Roumaine paranoïaque de 36 ans. La communauté rassemble aujourd’hui une centaine de frères d’une trentaine de pays et de diverses origines chrétiennes.
18 http://fr.wikipedia.org/wiki/1943
19 http://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_d'Oradour-sur-Glane
20 Bernard Lecomte, Les derniers secrets du Vatican, Perrin, 2012, 332 p, cité par Wikipedia.
21 http://www.romereports.com/palio/Discover-who-bombed-the-Vatican-during-World-War-II-english-3076.html [archive] http://fr.wikipedia.org/wiki/Bombardement_du_Vatican
22 http://francecrashes39-45.net/bomb_paris.php?PHPSESSID=df718bc16cbe1cca7890fcbda996e6ee


Liste des papes


Sources


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; reproduction interdite sans autorisation.

Date de mise à jour : 18/05/2013