Serge II, pape

Serge II (Sergius), né à Rome, a été élevé par Léon III.
Pontificat du 27 janvier 844 au 27 janvier 847 (+).


844. 27 janvier, l'élection de Sergius est imposée par la noblesse romaine à la force des armes (Sergius intervient pour sauver la vie de Jean VIII qui a été élu par acclamation populaire à la mort de Grégoire IV) ; Serge est immédiatement consacré ; l’empereur Lothaire I 1, qui n’a pas été consulté, conteste cette élection qui enfreint la Constitutio Romana de 824 selon laquelle aucun pape ne peut être consacré sans que son élection ait l'approbation de l'empereur franc, et envoie une armée commandée par son fils Louis II le Jeune. Serge, pour apaiser l'empereur, sacre Louis roi de Lombardie. En avril, concile de Beauvais présidé par Hildemanus l'évêque de Beauvais. 21 mai, après avoir pillé et ravagé la Bigorre, une bande de Normands est massacré près de Tarbes ; les Normands de Hasteinn et de Björn Côte de fer remontent la Garonne jusqu'à Toulouse, peut-être à l'appel de Pépin II d'Aquitaine. 11 novembre, l'armée d'Abd al-Rahman II (822-852) écrase les Vikings après qu'ils ont pillé et incendié Séville.

845. 6 mars, le calife de Bagdad ayant remporté la victoire contre les Byzantins et, après la prise de la ville d'Amorium en Haute Phrygie (12 août 838), fit passer les habitants au fil de l'épée ne gardant prisonniers que quarante-deux officiers auxquels il demanda d'abjurer leur foi chrétienne pour être libérés ; sur les rives de l'Euphrate devant une foule venue assister à leur exécution, ils s'avancèrent un à un, et présentèrent leur tête au bourreau. 28 mars, après avoir pillé l’abbaye de Saint-Denis et mis à sac Saint-Cloud, les Normands arrivent, pour la première fois, sous les murs de Paris, avec 120 bateaux et environ 6 000 hommes ; ne rencontrant aucune opposition, ils prennent possession de la ville et pillent les faubourgs de la rive gauche, les abbayes de Saint-Germain-des-Prés et de Sainte-Geneviève, tandis qu'une partie des leurs, campés dans la forêt du Rouvre, saccagent les environs ; Charles le Chauve paie rançon (7 000 livres d'argent) au roi Ragnar Lodbrok qui rentre alors au Danemark. 17 juin, ouverture du concile de Meaux : il promulgue des canons contre l'aliénation des biens ecclésiastiques, ce qui provoque l’opposition des Grands, et reprend les anciennes dispositions canoniques légiférant contre les Juifs ; il interdit la vente d’esclaves païens aux Juifs et aux païens. Chine : Edit de l’empereur Tang Wuzong (840 à 846), favorable au taoïsme et au confucianisme, contre les manichéens, les bouddhistes et les nestoriens ; le christianisme nestorien est proscrit ; les nestoriens chinois sont persécutés ; Zan Ning (919-1002), historien chinois de la mouvance bouddhique, énonce que le christianisme a disparu de Chine en 845, en même temps que le manichéisme et le zoroastrisme. 27 septembre, à Cordoue, les chrétiens Adolphe et Jean, deux frères nés d’un père maure et d’une mère chrétienne, sont exécutés ; l'émir de Cordoue, Abd al-Rahman II (822-852) impose l'apostasie des enfants chrétiens nés de couples mixtes ; la loi islamique oblige en effet tout enfant de musulman à adopter la religion paternelle, sous peine de mort. 22 novembre, près de Redon, le duc breton Nominoë bat les troupes du roi Charles le Chauve : la Bretagne ne paiera plus tribut ; elle devient indépendante du royaume et le restera pendant plus de six siècles.

846. 14 février, Synode de Paris : reprenant les canons du concile de Meaux de 745, il interdit aux Juifs de faire du prosélytisme auprès de leurs esclaves, d’occuper des fonctions publiques, de se montrer en public au moment de Pâques et de construire de nouvelles synagogues ; après une assemblée des Grands du royaume tenue à Épernay en juin, Charles le Chauve refusera d’appliquer les dispositions du synode. En juin, Charles le Chauve marche avec une armée sur la Bretagne. 4 juillet, le moine eunuque Ignace (fils de Michel Ier) est élu patriarche de Constantinople. En juillet, Traité de paix entre Nominoë et Charles le Chauve ; le roi aurait reconnu à Nominoë comme duc et son autorité sur la Bretagne à l'exception des marches de Rennes et de Nantes ; Lambert est écarté du comté de Nantes et nommé par Charles le Chauve comte d'Angers et abbé de Saint-Aubin. Les Maures attaquent Marseille, la Corse et la Sardaigne. 24 au 26 août, Rome, les Sarrasins pillent Saint-Paul et Saint-Pierre et prennent Bénévent (ils ravagent toute la contrée aux environs de Rome). Hiver rigoureux ; en Aquitaine, 300 loups font régner la terreur.

846-852. Suite au sac de Rome, l’empereur Lothaire Ier, petit-fils de Charlemagne, fortifie une partie de la cité, celle qui contient Saint-Pierre.

847. 27 janvier, mort du pape.


Note
1
Lothaire Ier (795-855), empereur d’Occident (840-855), interdit la pratique de l’ordalie par la croix « car personne n’oserait faire une épreuve par la croix, de peur de faire mépriser la passion du Christ ». Les deux parties, l’accusateur et l’accusé, étaient placées, pendant la messe, devant une croix, et devaient garder les bras à l’horizontale ; le premier qui montrait des signes de fatigue en laissant retomber un bras était déclaré coupable. Son grand-père Charlemagne avait demandé, dans son testament, qu’on eût recours à cette épreuve pour régler les différends provoqués par le partage de son Empire entre ses fils. Au début du IXe siècle, Agobard, évêque de Lyon, s’était prononcé contre les ordalies en parlant de la « détestable opinion de ceux qui prétendent que Dieu fait connaître sa volonté et son jugement par les épreuves de l’eau et du feu ».

Sources


Liste des papes


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; toute reproduction à but non lucratif est autorisée.

Date de mise à jour : 06/03/2019

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