Le pape Sirice

Sirice (ou Cirice) est né vers 320 à Rome.
Il est évêque de Rome (il aurait quitté sa femme pour le devenir) du 22 décembre 384 au 26 novembre 399.
Il combat les hérésies des novatiens, des donatistes, des priscillianistes et autres manichéens.
"Il travaille avec s. Ambroise contre les hérésies, notamment celles de Helvidius et de Bonose de Naïssus selon lesquels la Mère de Jésus aurait eu plusieurs enfants" 5.
Il réunit plusieurs synodes : un à Rome, un à Capoue et un troisième à Milan.
Il aurait célébré les Quatre temps.
Le terme "pape" est employé par l’empereur Théodose Ier le Grand (+ 395) pour qualifier l’évêque de Rome.
Sirice est l'auteur de la première ordonnance authentifiée sur des questions d’administration ou de discipline ecclésiastiques.
Plusieurs de ses épîtres ont été conservées.
Par ses nombreuses lettres aux Eglises d'Afrique, d'Espagne, de Gaule et d'Italie, il signifie qu'en lui "le bienheureux Pierre de Rome portait le fardeau de tous ceux qui ont charge d'âmes".
Il aurait introduit la prière du communicantes dans la liturgie eucharistique. 3
Saint Sirice est fêté le 26 novembre.


385. En janvier, à Trèves, Priscillien dont la doctrine est un mélange de sabellianisme, de docétisme, de panthéisme et de manichéisme, est convaincu de "maléfice" et de pratiques immorales ; il est condamné à mort et exécuté, avec six de ses disciples dont une femme ; ils sont les premiers dans l’histoire à subir la peine de mort pour hérésie ; Martin de Tours, Ambroise de Milan et Sirice protestent contre cette mesure. Le 12 janvier, en réponse à une consultation de l'évêque de Tarragone, Himère, Sirice écrit sa lettre Directa ad decessorem 4, relative à l’administration des sacrements du baptême, de la pénitence et de la prêtrise (notamment au sujet de la continence des clercs). A Alexandrie, la destruction du temple de Sérapis marque la fin du paganisme dans l’Empire romain.

386. Janvier, un concile romain établit plusieurs règlements touchant le célibat des prêtres et des diacres qui sont repris dans la décrétale Cum in unum. Dans sa lettre Dominus inter aux évêques des Gaules, Sirice écrit : « Comment un évêque ou un prêtre oserait-il prêcher à une veuve ou à une vierge la continence ou l’intégrité, ou encore exhorter les époux à la chasteté du lit conjugal, si lui-même s’est plus préoccupé d’engendrer des enfants pour le monde que d’en engendrer pour Dieu ? ». Constantinople, Théodose Ier le Grand, triomphe de l’usurpateur Maxime. Le code théodosien interdit le trafic d’ossements de martyrs. Concile de Trèves : l’évêque Ithace, qui a fait condamner Priscillien au dernier supplice en 385, est reçu à la communion. Le concile de Carthage approuve les règlements disciplinaires du dernier concile de Rome.

387. Valentinien II, empereur d’Occident (375-392), fils et successeur de Valentinien Ier, est chassé d’Italie par Maxime, l’instigateur de la mort de Gratien (les 8 premières années de son règne, il est associé à son demi-frère Gratien, empire composé Afrique du Nord, Italie et partie de l’Illyrie).

388. Théodose Ier, empereur romain Orient, rétablit Valentinien sur son trône. Ambroise de Milan obtient de Théodose que l’évêque de Callinicos ne soit pas obligé à rebâtir la synagogue détruite par les catholiques.

389. Au concile d’Antioche, défense est faite aux enfants de Marcel, évêque d’Apamée tué par les idolâtres, de poursuivre les criminels. 7 août, édit de Théodose abolissant les jours fériés païens et instaurant des jours fériés pour les fêtes chrétiennes.

Vers 390. Le moine anglais Pélage se rend à Rome.

390. Concile de Rome tenu par Sirice contre l’hérésiarque Jovinien. Concile de Milan tenu contre Jovinien et contre les ithaciens [disciples de l’évêque Ithace d’Ossonoba (Espagne), fort liés à l’usurpateur Maxime, qui prétendent que le pouvoir séculier doit régler les causes ecclésiastiques] : la sentence portée l'année précédente par les évêques des Gaules contre les ithaciens est confirmée. Au concile de Carthage II, tenu par l’évêque Genesius, la loi qui impose la continence à l’évêque, au prêtre et au diacre, est renouvelée. Jérusalem, Théodose Ier le Grand (capitale résidence à Arles) fait construire un grand hospice pour les malades pauvres. 6 août, Théodose édicte une loi condamnant au bûcher les homosexuels passifs. 25 décembre, Ambroise 1, évêque de Milan, oblige Théodose à faire pénitence publique pour avoir ordonné au commandant d’Illyrie le massacre de 7 000 habitants de Thessalonique qui s’étaient insurgés suite à l’arrestation d’un cocher "inverti" et avaient tué plusieurs officiers de l’empereur.

391. 24 février, loi de Théodose interdisant toute cérémonie païenne et la fréquentation des temples païens. 19 mai, loi de répression contre les hérétiques. Au concile d’Antioche, l’évêque Flavien anathématise les messaliens qui regardent les sacrements comme inutiles et font consister toute la perfection du chrétien dans la prière. A Hippone, Augustin est ordonné prêtre. A Alexandrie, l’empereur chrétien Théodose Ier fait fermer le temple de Sérapis (Sérapeion) ; il aurait fait détruire, à l’instigation du patriarche Théophile, les manuscrits "non conformes à sa foi" (40 000 volumes de la bibliothèque étaient entreposés dans le Sérapeion).

392. 15 mai, Valentinien est assassiné, probablement par Arbogast, général franc, qui installe alors l’empereur des Gaules (fantoche), Eugène, sur le trône le 22 août à Lyon. 8 novembre, à Constantinople, édit de Théodose interdisant tout culte païen : la loi interdit les immolations sous peine de mort et les autres actes d'idôlatrie sous peine de confiscation des maisons ou des terres où ils auraient été commis.

393. Le synode d’Hippone, présidé par Augustin, condamne les donatistes, combat les manichéens et officialise les 27 livres formant le Nouveau testament (4 Evangiles, Actes des Apôtres, Epîtres et Apocalypse de Jean). Théodose supprime les Jeux Olympiens (ou Olympiades) corrompus par certaines pratiques et que Ambroise trouvent impies.

394. 5 et 6 septembre, en Italie, à la Rivière Froide, les troupes de l’usurpateur Eugène sont écrasées par l’armée de Théodose ; Arbogast se suicide, Eugène est décapité.

395. 17 janvier, Milan, mort de l'empereur Théodose Ier ; ses deux fils lui succèdent : Arcadius en Orient (Empire byzantin ; capitale : Constantinople) et Honorius en Occident (Rome). L’Égypte tombe sous la domination byzantine. Préfecture des Gaules à Arles. Au concile d’Hippone, malgré lui, Augustin est ordonné évêque contre les règles.

396. 1er octobre, Nîmes : concile au sujet de l'hérésie des Ithaciens (ou Itaciens) qui porte atteinte à l'unité chrétienne ; le schisme félicien ou itacien est né à Trèves lorsque Ithace et ses partisans, persécuteurs des priscillianistes, ont installé Félix de Trèves comme évêque de la capitale des Gaules ; Martin de Tours refuse de participer à ce concile ; parmi les nombreux absents figurent l’évêque de Marseille, Proculus, celui de Vienne, Simplicius, et l’évêque du Puy, Syagrius, qui charge un de ses collègues de signer pour lui 2 ; Apodème l'évêque d'Angers souscrit, avec d'autres, au concile ; le concile abroge le diaconat féminin.

397. 28 août, le 3e concile de Carthage décrète "qu'il soit défendu à tous laïques d’assister aux Spectacles" (canon II) et "qu'en dehors des Ecritures canoniques (qu’il énumère, ndlr), rien ne doit être lu dans l’Eglise sous le nom de divines Ecritures" (canon 186) ; il canonise les Epîtres et les Actes des Apôtres. 8 novembre, à Candes (37), mort de Martin de Tours.

398. Le 4e concile de Carthage ordonne de chasser de l’assemblée des fidèles "ceux qui s’appliquent aux augures et aux enchantements, aussi bien que ceux qui observent les fêtes judaïques" (canon 84) et décrète : « Celuy qui les jours de Feste, quitte l’Assemblée solennelle de l’Eglise pour aller aux Spectacles, qu’il soit excommunié » (canon 88) ; il règle la cérémonie de l’ordination des exorcistes. Empire d’Orient : l’eunuque Eutrope remporte la victoire sur les Huns.

399. A Alexandrie, un concile, présidé par l’évêque Théophile, condamne les origénistes. Concile de Chypre tenu contre les origénistes. Marcelle (Marcella), "l'honneur de la ville de Rome", veuve romaine, intervient, en faveur de Jérôme, qui a pris position contre Origène, auprès du pape Sirice lors de la querelle origéniste (controverse autour de l'orthodoxie d'Origène). Le nouveau roi de Perse Yezdgerd Ier noue de bonnes relations avec Rome et tolère le christianisme. 26 novembre, mort de Sirice.


Notes
1 Ambroise naquit à Trèves (Allemagne) vers 340. Fils d’un préfet de la Gaule, il étudia le droit à Rome. Il entra dans l’administration et, vers 370, fut nommé consulaire (gouverneur) de Ligurie et d’Emilie résidant à Milan. Venu assurer l’ordre lors d’élection épiscopale agitée, il fut élu évêque par acclamation populaire. Baptisé et ordonné évêque en 8 jours, le 7/12/374, il s’adonna à l’étude du grec et de la théologie. Il chercha surtout à instruire ses fidèles et à réfuter l’arianisme qu’il combattit activement. Ambroise, ami fidèle de Monique, mère d'Augustin d’Hippone, contribua à la conversion de celui-ci et le baptisa en 387. Ambroise mourut à Milan en 397. Parmi ses ouvrages, on trouve bon nombre de traités d’exégèse, de traités moraux dont Sur le devoir des clercs. « D’après Luc, Jésus invite les pauvres, les handicapés, les aveugles. Aux yeux du Maître, les infirmités corporelles ne sont nullement des motifs d’exclusion du Royaume. Il nous dispense des leçons de tendresse. Inviter les pauvres, n’est-ce pas fuir la sécheresse du cœur qui calcule si souvent ses invitations avec l’espoir d’un "rendu". » (Ambroise, Commentaire sur saint Luc)
2 http://fr.wikipedia.org/wiki/Concile_de_N%C3%AEmes_(396)
3 http://nominis.cef.fr/contenus/saint/133/Saint-Sirice.html
4 http://eglise.de.dieu.free.fr/sirice.htm
5 http://nouvl.evangelisation.free.fr/martyrologe_11.htm#25_novembre

Sources


Liste des papes


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; toute reproduction à but non lucratif est autorisée.

Date de mise à jour : 16/11/2017

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