Sixte Ier

Sixte (ou Xiste ou Xyste), fils de Pasteur, est Romain.
L'Eglise catholique l'a reconnu comme septième évêque de Rome même si les dates de son épiscopat n'ont pu être déterminées avec certitude : 116 à 125 ? 7 ; l'édition de 2003 de l'Annuario pontificio du Vatican mentionne qu'il aurait été évêque de Rome de 117 ou 119 à 126 ou 128.
Il aurait lutté contre les gnostiques qui opposaient l'esprit pur et la matière, principe du mal.
Quelques auteurs lui attribuent l’institution des règles du jeûne du carême établi par les apôtres.
Selon la tradition, il défendit aux laïcs de toucher les vases sacrés et ordonna de chanter le Sanctus à la messe.
Considéré comme saint et martyr par l'Église catholique romaine, Sixte Ier est fêté le 3 avril.
Il est le saint patron des villes italiennes d'Alatri et d'Alife.
Un dicton est attaché à sa fête : "S'il vente bien fort à la Saint-Sixte, le bois sera cher"

Le Sixte mentionné dans le canon de la messe est Sixte II martyrisé en 258.

Quatre autres papes portent le nom de Sixte : Sixte II (257-258), Sixte III (432-440), Sixte IV (1471-1484) et Sixte V (1585-1590.

Autre Sixte : selon la légende, Sixte de Reims, né à Rome, a été nommé archevêque de Reims (57 à 67) par Pierre en personne ; en réalité, il fut le 1er évêque de Reims et de Soissons de 250 à 290 ; il est fêté le 1er septembre.

D'autres localités de France se nomment Saint-Sixte sans qu'on sache à quel saint elles se sont vouées ; on peut légitimement avancer qu'elles sont dédiées à Sixte II qui est le plus vénéré. Saint-Sixte se trouve dans le département de la Loire ; Saint-Sixte dans le département du Lot-et-Garonne ; Saint-Sixte-le-Lac dans le département de l'Isère ; Saint-Sixt dans le département de la Haute-Savoie.


117. L'armée romaine massacre les Juifs de Cyrène et d'Égypte qui s'étaient révoltés contre les Grecs en 115. 8 ou 9 août, à l'escale de Sélinonte de Cilicie, revenant d'une campagne malheureuse contre les Parthes 1, Trajan meurt d'apoplexie ; son petit-neveu Hadrien (Publius Ælius Hadrianus, 76-138) qu’il a désigné comme successeur, est proclamé empereur le 11 août. Pour rétablir la paix aux frontières de l'empire, Hadrien signe un traité avec les Parthes 1 et abandonne la Mésopotamie, l'Arménie et l'Assyrie. A l’époque de Hadrien le Pacifique (117-138), le culte de Sérapis 2 ou Sarapis (associé à Isis) tend à devenir universel : Sérapis, divinité tutélaire d’Alexandrie, manifestation humaine du taureau sacré qui symbolisait Osiris, est assimilé à Zeus et à Hélios. En Mésopotamie, révolte juive. Tacite 3 publie Les Annales (Histoire de Rome depuis la mort d'Octave Auguste).

118. Construction d'un temple de Hadrien à Ephèse (Hadrianeum). 9 juillet, Hadrien entre dans Rome ; il blâme le Sénat qui, en son absence, a fait exécuter quatre conspirateurs (Complot des consulaires). Révolte des Juifs en Judée et en Cyrénaïque.

119. Hadrien divise l'Italie en quatre districts et place à leur tête quatre consulaires pour juger les procès civils ; il rend ainsi les magistrats romains incompétents en Italie et rapproche les cités italiennes du statut des villes provinciales.

119-125. Règne en Inde du Nord de Nahapana, roi des Scythes 4, après qu'il a attaqué le royaume Andhra et annexé le sud du Rajputana.

Vers 120. En Syrie, rédaction de l'Enseignement (Didakhê) des Douze Apôtres que la tradition attribue aux Douze avant qu’ils ne se séparent pour évangéliser. Ce document était inconnu jusqu'à sa découverte en 1873 ; c'est le métropolite grec de Nicomédie, Philotheos Bryennios, qui le publia en 1883. Le Didakhê 8 contient les plus anciennes prières et les directives eucharistiques écrites sur le baptême, le jeûne, la prière et le traitement des évêques, diacres et prophètes. Hermas, prophète chrétien, généralement identifié comme le frère de Pie Ier (142-157), écrit Le Pasteur qui se compose de cinq visions, de 12 préceptes et de 10 similitudes (ou paraboles). Construction du temple de Bacchus à Baalbek.

121. A Rome, le grand temple de Vénus et de Rome (consacré en 137) est mis en chantier.

121-126. Hadrien voyage dans l'empire : Gaule, Germanie, Bretagne, Gaule, Espagne, Grèce, Sicile, Afrique, Grèce, Cappadoce, Arabie, Egypte. Il fait renforcer le limes du Rhin : de Mayence à Ratisbonne, les champs Décumates sont protégés par un mur.

121-122. A Lyon, Hadrien fait construire un nouvel aqueduc et restaurer le théâtre et l'amphithéâtre.

122. Suétone 5 tombe en disgrâce et doit quitter son poste de secrétaire de l'empereur Hadrien. 13 septembre, début de la construction du mur (limes) de Hadrien contre les Pictes d'Écosse (fin en 127).

122/123. Hadrien se fait sculpter nu à Vaison-la-Romaine.

122-138. A Nîmes, Hadrien fait construire la basilique plotine (en l'honneur de Plotine, épouse de l'empereur Trajan).

123. Hadrien et Osroès, roi des Parthes, font la paix. L'Arménie est placée sous protectorat romain. En Mongolie, les Xianbei (ou Hsien-pei) écrasent les Xiongnu (ou Hsiung-nu) du Nord.

123/125. L’empereur Hadrien fait construire le Panthéon dédié à tous les dieux : surmonté de la plus grande coupole du monde, il remplace un temple plus petit construit par Agrippa en 27 av. J.-C.

124. Au cours de son voyage en Grèce, Hadrien est initié aux Mystères d'Eleusis 6.

124-131. Hadrien fait reconstruire l'Olympion d'Athènes.

Vers 124. L'Assemblée des trois provinces des Gaules décerne à Hadrien le titre de Restaurateur des Gaules.

125. Dans son domaine de Tibur, Hadrien entame la construction d'une villa et fait reproduire les monuments qu'il admira durant ses voyages. Fondation d'Adrianopolis (Andrinople, aujourd'hui Edirne en Turquie) par Hadrien. Le roi du pays Andhra, Gautamîputra Sâtakarnîn s'empare du royaume çaka du Mahârâshtra, occupant ainsi toute la partie centrale de l'Inde.

Vers 125. L’Alexandrin Claude Ptolémée (v.100 - v. 170) publie sa Géographie (le monde occidental en perdra toute trace jusqu’à ce qu’elle lui parvienne par les savants arabes). Mort à Nicopolis (Epire) du philosophe stoïcien Epictète (né vers 55), esclave affranchi, exilé de Rome par Domitien en 94, et qui avait pour maxime : « Supporte et abstiens-toi », qui sera reprise par les stoïciens sous sa forme latine : Sustine et abstine ; Épictète n’a rien écrit ; son enseignement a été préservé dans deux recueils de notes établis par son élève, l’historien grec Arrien : l’Enchiridion (Manuel) et les Entretiens d’Épictète. Plutarque (né vers 46), écrivain et philosophe grec, prêtre d'Apollon à Delphes, biographe et moraliste, auteur des Œuvres morales et des Vies parallèles, meurt à Chéronée (Béotie).


Notes
1 Peuple de cavaliers indo-iraniens, établi entre la Caspienne et la mer d’Aral, dans une province de l’Empire séleucide appelée Parthyène. Les Parthes, dont le nom proviendrait de "Parthaya" signifiant en iranien "combattant, cavalier," pourraient avoir fait partie des Parni, l’un des groupes composant les Dahae (peuple scythe). Pour d’autres, le mot "Parthe" signifiait "banni" dans l'idiome scythique puisque leur tribu avait été chassée de Scythie.
2 Sous Caligula (37-41), Isis et Sérapis eurent leurs sanctuaires dans Rome, et l’on vit dans la ville des prêtres égyptiens ; Caligula consacra une salle de son palais aux dieux égyptiens. En 71, la mention du culte d’Isis et des cultes alexandrins apparut officiellement sur les monnaies impériales.
3 Tacite (Publius Cornelius Tacitus), orateur et historien latin (v. 55-v. 120).
4 Les Scythes sont un ensemble de peuples nomades, vivant dans les steppes allant de l'Ukraine à l'Altaï, en passant par le Kazakhstan, entre le VIIe siècle et le IIIe siècle av. J.-C. Les Perses les appelaient "Saka", francisé en "Sacés" (ce nom est plutôt donné aux Scythes d'Asie).
5 Suétone (Gaius Suetonius Tranquillus, v. 69-v. 140), biographe et historien romain, est principalement connu pour sa Vie des douze Césars qui comprend les biographies de Jules César à Domitien.
6 Les mystères éleusiniens étaient liés au culte des déesses Déméter (la Terre-Mère) et Perséphone (Korè), sa fille, à Eleusis en Attique ; à ces divinités étaient associés Hadès-Pluton (dieu du Monde souterrain), Iacchos (nom de Dionysos dans sa jeunesse), dieu de la Végétation et du Vin, et quelques autres dieux. Déméter, Déesse-mère, retrouvait sa fille Perséphone, après son séjour annuel aux enfers. Perséphone, souvent représentée comme une semeuse, représentait la fécondité. « Celui qui n’a pas connu les saintes orgies et celui qui y a pris part n’auront pas, même après la mort, un sort identique dans les séjours ténébreux. » (Hymne homérique à Déméter, vers 483-480).
7 Dictionnaire des Papes, John N.D.Kelly, éd. Brépols, 1996
8 http://www.cyberquebec.ca/foi-spiritualite/pdf texte/spdidakhe2.pdf

Sources


Liste des papes


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; toute reproduction à but non lucratif est autorisée.

Date de mise à jour : 26
/04/2018
ACCES AU SITE