LA TRINITE

La Trinité est le dogme central du christianisme, le mystère de trois personnes, le Père, le Fils et le saint Esprit, en un Dieu unique.


Le mot mystère désigne une réalité divine inaccessible à la raison humaine mais que Dieu donne à connaître de lui-même quand il se révèle ; c’est aussi un mystère dans le sens où l'homme ne peut ni expliquer, ni comprendre, ce que Dieu lui révèle ainsi.

Le christianisme admet l'existence de Dieu en trois personnes distinctes, mais consubstantielles d'une même nature.
Le Père, créateur de tout ce qui est, le Fils, engendré de toute éternité et qui s'est fait homme.
Le Christ est le Verbe actif, la Parole, tandis que le Saint Esprit est l'amour du Père et du Fils.

Le mot "Trinité" ne se trouve pas dans le Nouveau Testament, mais la doctrine de la Trinité y a bien son fondement : « La grâce du Seigneur Jésus-Christ, l‘amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous ! » (II Corinthiens 13, 13) ; « Allez donc : de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit ». (Évangile selon Matthieu 28, 19)

Le Nouveau Testament affirme la divinité de Jésus-Christ, qui se révèle comme le "Seigneur Jésus" (1ère épître aux Corinthiens 8, 5-6) par sa résurrection.
Jésus lui-même prétend à une relation unique à Dieu, qu'il appelle "son Père" (Jean 14, 11).
L'Esprit saint est présenté comme don de Dieu aux hommes, au moment du baptême du Christ (Marc 1, 10) et à la Pentecôte (Actes 2, 1-4).
Le mot Dieu renvoie en général au Père dans le Nouveau Testament mais, en même temps, il est dit que "le Fils et l'Esprit appartiennent bien à Dieu, tout en étant distincts du Père".

Lors de son discours d’adieu dans l’Évangile de Jean, Jésus parle du Saint-Esprit comme de celui qui continuera son œuvre dans le monde après son retour au Père.
Il est "l’Esprit de la vérité", qui agira comme "un autre avocat" (paraklètos) pour enseigner et guider ses disciples (Jean 14, 16-17), leur rappelant tout ce que Jésus lui-même a enseigné (Jn 14, 26).
Dans cette section de l’Évangile Jésus nous donne de mieux percevoir la relation entre le paraclet, lui-même et son Père. Jésus promet de l’envoyer "d’auprès du Père", comme "l’Esprit de la vérité qui procède du Père". (Jn 15, 26)
La vérité qu’Il enseigne sera celle que Jésus a révélée dans sa personne (Jn 1, 14 ; 14, 6) : « Il me glorifiera, parce qu’Il prendra ce qui est à moi et vous l’annoncera. Tout ce que le Père a est à moi. C’est pourquoi j’ai dit qu’il prendra ce qui est à moi et vous l’annoncera. » (Jn 16, 14-15)

La foi en un Dieu trinitaire peut être considérée comme le centre de la foi chrétienne.
Le dogme trinitaire fait l'unité de toutes les Églises chrétiennes, divisées sur beaucoup d'autres points.

Les communautés chrétiennes reconnaissent la valeur du baptême reposant sur la Trinité.
C'est le baptême au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit qui marque l'entrée dans une Église.
Le baptême au Nom de Jésus supposait sans doute à l’origine l'emploi d'une formule où le Christ était seul mentionné.
La formule trinitaire qui a ensuite prévalu (Didachê 7, 1-3) dérive de Matthieu 28,19.
Elle exprime excellemment que le baptisé, uni au Fils, l'est en même temps aux deux autres personnes : le croyant reçoit en effet le baptême au nom du Seigneur Jésus et par l'Esprit de Dieu (I Corinthiens 6, 11) ; il devient le temple de l'Esprit (6, 19), l'enfant adoptif du Père (Galates 4, 5), le frère et cohéritier du Christ, vivant intimement de sa vie et destiné à partager sa gloire (Romains 8, 2-9-17-30 ; Ephésiens 2,6). 1

La fête de la Trinité, célébrée depuis le Xe siècle dans certains diocèses, a été étendue à tout le rite romain latin et fixée au premier dimanche après la Pentecôte par Jean XXII en 1334.
Avant le concile Vatican II, elle marquait pour les catholiques la fin d'une période de trois semaines pendant laquelle les mariages étaient interdits : cette période commençait le dimanche des Rogations (cinquième dimanche après Pâques).


CHRONOLOGIE HISTORIQUE

Pour l'Eglise, la première vision biblique de la Trinité est l'apparition (théophanie) de Dieu, près des chênes de Mambré : « Le Seigneur apparut à Abraham... Il leva les yeux et aperçut trois hommes... » (Genèse 18).

Ignace d’Antioche (+107) multiplie les mises en garde contre les interprétations docétistes et les tentations gnostiques.

Depuis le IIe siècle, la profession de foi chrétienne, le Symbole des apôtres, a une structure trinitaire. C’est vers 120 que, selon la tradition ancienne, fut rédigé le Symbole des Apôtres (Credo) élaboré par les Douze avant qu’ils ne se séparent pour évangéliser.
Il comporte trois paragraphes, un pour chacune des personnes de la Trinité : le premier & commence par "Je crois en Dieu, le Père tout-puissant" ; le deuxième & par "Je crois en Jésus-Christ" ; le troisième & par "Je crois au Saint Esprit."
Ces trois assertions correspondent aux trois questions adressées aux candidats au baptême.
Jusqu'au XVe siècle, on pensa que le Symbole des Apôtres avait été conçu par les apôtres, mais il dérive en réalité des questionnaires utilisés aux premiers temps du christianisme par les évêques en vue d’examiner la foi des catéchumènes.
Un modèle de ces "questionnaires" a été conservé dans la Tradition apostolique d'Hippolyte (217-235).
Le texte du symbole actuel, appelé aussi "credo", reprend celui d’une profession de foi baptismale usitée dans l’Église de Rome aux IIIe et IVe siècles.
Il s’était imposé peu à peu et avait été reconnu comme le credo officiel de l’Église d’Occident sous le pontificat d'Innocent III (1198-1216) : « Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du Ciel et de la Terre ; et en Jésus-Christ son Fils unique, Notre-Seigneur, qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort, a été enseveli, est descendu aux Enfers ; le troisième jour, est ressuscité des morts, est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d’où il viendra juger les vivants et les morts. Je crois au Saint-Esprit, à la sainte Église catholique, à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. »

Une œuvre apocryphe, écrite vers 160-170, la version éthiopienne de la Lettre des Apôtres, témoigne de la croyance "au Père, souverain de l'Univers, et en Jésus Christ (notre Sauveur), et au Saint-Esprit (Paraclet), et en la sainte Église, et en la rémission des péchés".

Epipode, avant d'être décapité à Lyon en 178, confesse "que le Christ est Dieu avec le Père et le Saint-Esprit".

Le terme "Trinité" est employé par l’évêque Théophile d'Antioche vers 180.

Le montaniste Tertullien (vers 155-222) professe une doctrine trinitaire : "Le Père, le Fils et le Saint-Esprit partagent une même substance divine, une même qualité, une même puissance (...) laquelle, découlant du Père, est transmise par le Fils à l’Esprit." (Traité De la Pudeur, vers 208)

Hippolyte, élu évêque de Rome par un groupe de partisans en 217 (donc premier antipape), reproche à ses adversaires dans l'Église de refuser de reconnaître "la Sainte Trinité".

Pour Origène (+ 252/254), l’action du Père s’étend à tous les êtres, celle du Fils aux seuls êtres raisonnables, celle de l’Esprit se borne aux saints, c’est-à-dire à l’Église.

L’antipape montaniste Novatien (251-258) écrit Sur la Trinité ; c’est le premier théologien romain qui écrit en latin.

Un Hymne à la Trinité, chanté en Égypte en 280, est le premier témoignage de chant d’église.

La doctrine de la Trinité est progressivement précisée par les Pères de l'Église et les conciles, entre le IIe et le IVe siècle, contre les différentes hérésies qui refusent l'égalité des trois personnes en Dieu, et en particulier le monarchianisme.
On appelle monarchianisme l’ensemble des doctrines hérétiques chrétiennes des IIe et IIIe siècles, opposées à la doctrine orthodoxe de la Trinité.
Ces doctrines insistent tellement sur l'unité de Dieu pour sauvegarder le monothéisme dans le christianisme, qu'elles n'admettent pas de personne divine différente du Père.
Il n'y a pour elles qu'un seul principe divin, d'où leur nom issu du grec "monos" (un) et "archè" (principe).
Les sabelliens, les pauliniens (disciples de Paul de Samosate), les eunomiens (de l’arien Eunome) et quelques autres hérétiques, ne baptisent pas au nom des trois personnes divines.
Les métangismonites disent que le Fils est dans le Père, comme un vase plus petit est dans un autre vase plus grand.
Il y a aussi ceux qui pensent que dieu est triforme : en Dieu sont 3 parties qui forment la Trinité, et dont la réunion a pour résultat la perfection de la Divinité, car ni le Père, ni le Fils, ni le Saint-Esprit, séparés l'un de l'autre, ne sont parfaits, et ceux qui pensent que le Fils a eu un commencement dans le temps, mais confessant qu'il est coéternel au Père, ils ajoutent qu'il a été dans le Père, avant de naître de lui : il a toujours existé, mais il n'a pas toujours été le Fils, il n'a commencé à l'être, qu'au moment où il est né du Père.

Les conciles de Nicée (325) et de Constantinople I (381) établissent la distinction réelle des trois personnes en Dieu, leur égalité et leur coéternité.
Le Père, le Fils et le Saint-Esprit constituent l'unique nature de Dieu.
La question demeure toutefois ouverte, entre l'Église orthodoxe et l'Église catholique, de savoir si le Saint-Esprit procède seulement du Père (pour l'Église orthodoxe le Saint Esprit procède du Père "par" le Fils) ou du Père "et" du Fils (ce qui engendrera la querelle du filioque).

Parmi les Pères de l'Église qui défendent le dogme de la Trinité, on peut citer : Athanase (295-373), Hilaire de Poitiers (v. 315- 367) et Basile de Césarée (329-379).

Vers 318, Athanase écrit Sur l’incarnation du Logos.
Pour Athanase, le Logos (Parole ou Verbe) est devenu homme afin que les hommes deviennent dieux. Le baptême permet à tout homme de participer à cette divinisation.
Le péché avait voué les hommes à une corruption dont l’aboutissement était la mort.
En prenant une chair, le Logos a "récapitulé" en lui l’humanité tout entière et l’a revêtue de sa propre incorruptibilité.
"Notre transgression provoqua la philanthropie du Verbe, de telle sorte que le Seigneur vint jusqu’à nous et apparut parmi les hommes. Car nous sommes devenus la cause de son entrée dans un corps. C’est pour notre salut qu’il a été pris d’amour jusqu’à se rendre humain et paraître dans un corps."
"Le Verbe très saint du Père, tout-puissant et absolument parfait, se répand en toutes choses. Il déploie partout sa puissance. Il éclaire toutes choses, visibles et invisibles. Il les contient en lui et les rassemble en lui. Il n’en laisse aucune en dehors de sa puissance, mais il donne vie et protection à toutes choses, en tout lieu, à chacune en particulier et à toutes ensemble."

Vers 319-320, le prêtre alexandrin Arius enseigne que Dieu n’a pas toujours été Père, et qu’il y eut un temps où le Fils, le Logos, n’était pas.
Ce Logos est seulement l’une des nombreuses puissances créées par Dieu, ainsi le Fils n’est pas véritablement Dieu.
L’unique vrai Dieu est le Père inengendré.
Les "ousiai" (substances) du Père, du Fils et du Saint-Esprit sont séparées et totalement dissemblables.

Eusèbe de Césarée (vers 265- 341), historien, théologien et exégète, prend parti pour Arius : "Le Père est le commencement du Fils, qui tient de lui sa divinité. Il n’y a donc qu’un seul Dieu qui soit sans commencement et inengendré. Le Fils, lui, est l’image du seul vrai Dieu, celui seul qui est Dieu par lui-même."

En 325, au concile de Nicée, Athanase s'oppose à Arius par la doctrine homoousienne (de "homoousios" : consubstantiel) : le Fils est consubstantiel au Père. Athanase précise : « Le Père étant la source, le Fils est appelé le fleuve, il est dit que nous buvons l’Esprit ».
Pour Athanase, l’homme ne peut être sauvé si le Christ n’est pas pleinement Dieu et le salut n’est autre que la divinisation de l’humanité : "le Verbe de Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu".
Le premier concile œcuménique adopte une formule de foi, le fameux Symbole de Nicée : « Je crois en un seul Dieu, Père tout-puissant, créateur de toutes les choses visibles et invisibles, et en un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, né du Père, c'est-à-dire de la substance (ousia) du Père, Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré et non fait, consubstantiel (homoousios) à son Père, par qui tout a été fait, aussi bien ce qui est au ciel que ce qui est sur la terre ; qui est descendu du ciel pour l'amour de nous et pour notre salut ; qui s'est incarné ; qui s'est fait homme, a souffert et est ressuscité le troisième jour, est monté aux cieux et viendra pour juger les vivants et les morts. Je crois au Saint-Esprit. Mais ceux qui disent qu'il y eut un temps où il (le Fils, ndlr) n'était pas, ou qui disent qu'il est d'une autre substance, ou que le Fils de Dieu est créé ou soumis au changement, l'Église catholique les frappe d'anathème. »

Un symbole plus tardif, appelé couramment et de manière erronée Symbole de Nicée ou Symbole de Nicée-Constantinople, s'appuie sur un symbole datant du IVe siècle, véritable "credo de Jérusalem", instauré sous l'influence de l'évêque de Jérusalem, Cyrille (+ 387), dans le même sens que celui de Nicée (il est contenu dans l'Ancoratus de l’évêque de Salamine, Epiphane (+ 496), et est considéré comme œcuménique par les confessions orientales et latines ainsi que par la majorité des Églises réformées)

Hilaire de Poitiers (v. 315- 367) écrit (De Trinitate II,1) : « Dans le Père, le Fils et l’Esprit Saint, il y a l’Infinité en celui qui est l’Éternel, la Beauté (Species) en celui qui est son Image, la Jouissance en celui qui est la Grâce ». L’Esprit est à la fois "du Père" (De Trinitate XII, 56), et comme "ayant le Père et le Fils comme source" (ibid. 2, 29).
Hilaire fait référence aux paroles de Jésus : « Tout ce que le Père a est à moi ; c’est pourquoi j’ai dit que (l’Esprit) prendra de ce qui est à moi et vous l’annoncera » (Jean 16, 15), et il se demande "si recevoir du Fils est la même chose que procéder du Père". (ibid. 8, 20)
"Accorde-nous de donner aux mots leur véritable sens, prodigue la lumière à notre esprit, la beauté de l’expression à notre style et établis notre foi dans la vérité. Accorde-nous de dire ce que nous croyons, selon le devoir qui nous incombe, après avoir appris des prophètes et des apôtres que tu es un seul Dieu le Père et qu’il n’y a qu’un seul Seigneur, Jésus-Christ. Donne-nous de te révérer, toi, Dieu unique mais non solitaire, donne-nous de le proclamer, lui, Dieu véritable et non faux-dieu." (Hilaire de Poitiers, De Trinitate I, 6)
"Je t’en prie, conserve intacte la ferveur de ma foi et jusqu’à mon dernier souffle donne-moi de conformer ma voix à ma conviction profonde. Oui, que je garde toujours ce que j’ai affirmé dans le symbole proclamé lors de ma nouvelle naissance, lorsque j’ai été baptisé dans le Père, le Fils et l’Esprit-Saint !" (Hilaire de Poitiers, De Trinitate III, 57)

En 360, le concile de Constantinople dépose Macedonius ou Makedonios (+ v. 370), patriarche de Constantinople et partisan de l’arianisme ; celui-ci fonde la secte des pneumatomaques (ou macédoniens) qui nient la divinité du Saint Esprit.

Basile, évêque de Césarée en 370, se lance dans la lutte contre l’hérésie arienne, alors soutenue par l’empereur Valens. Pour défendre la foi catholique, Basile compose des traités dogmatiques, notamment le Traité du Saint-Esprit.

Le pape Damase Ier (366-384) soutient la foi en la Trinité et combat les ariens et les pneumatomaques.

En 372, un concile, tenu à Rome, traite de la consubstantialité du Saint-Esprit.

En Illyrie, un concile décide, en 375, que le Fils et le Saint-Esprit sont consubstantiels au Père.

A Constantinople, entre 379 et 381, Grégoire de Nazianze prononce des homélies sur la Trinité qui lui valent son nom de Grégoire le Théologien ; il développe la notion du Dieu "un et trine" que la raison doit accueillir dans la foi.

Vers 380, Ambroise de Milan (v. 340-397) soutient que l’Esprit "procède du (procedit a) Père et du Fils" sans être jamais séparé de l’un et de l’autre (Du Saint-Esprit).

Le 28 février 380, à Thessalonique, Théodose (poussé par le pape Damase) publie un édit faisant du christianisme la seule religion officielle de l’Empire et frappant d’infamie les chrétiens qui ne se rallient pas au credo de Nicée (« Tous les peuples doivent se rallier à la foi transmise aux Romains par l’apôtre Pierre, celle que reconnaissent Damase et Pierre d'Alexandrie, c’est-à-dire la Sainte Trinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit ») et précise que ceux qui "refuseront de s’y soumettre devront s’attendre à être l’objet de la vengeance divine mais aussi à être châtiés par nous selon la décision que le Ciel nous a inspirée" : désormais, la foi en la divinité de la sainte Trinité sera obligatoire au sein de l’Empire ; Théodose soutient ainsi les enseignements dispensés par les évêques d’Alexandrie et de Rome contre l’arianisme, alors totalement proscrit ; pour consolider ces dispositions, Théodose réunira un concile œcuménique à Constantinople en mai 381 4.

En 381, lors du concile de Constantinople I, Grégoire de Nysse contribue à l'élaboration du dogme de la divinité et de la consubstantialité de l'Esprit saint.
La génération du Fils et la procession du Saint-Esprit à partir du même et unique Père garantissent l’unité de la substance divine et fondent la distinction de trois personnes co-immanentes qui "ne se distinguent ni par le temps, ni par le lieu, ni par la volonté, ni par la manière d’être, ni par l’action, ni par aucune des passions, qu’elles semblent avoir à l’égard des hommes ; elles diffèrent seulement en ce que le Père est Père et non Fils, et que le Fils est Fils et non Père, et, semblablement, que l’Esprit-Saint n’est ni Père ni Fils." (Grégoire de Nysse, De communibus notionibus)
Le concile confirme celui de Nicée et définit la divinité de l’Esprit-Saint qui, avec le Père et le Fils, forment la Trinité, en rajoutant : « Je crois en l'Esprit saint, qui est Seigneur et qui donne la Vie, qui procède du Père et qui avec le Père et le Fils est conjointement adoré et glorifié. »
Le concile inclut dans le Credo la formule "et son règne n’aura pas de fin" pour marquer son hostilité à la doctrine de Marcel d’Ancyre (+ vers 374). Le concile condamne les marcelliens (de Marcel d'Ancyre) selon lesquels le Fils de Dieu avait commencé d’exister à partir de sa naissance humaine et que son règne cesserait avec la fin du monde et les photiniens (de Photin, ancien évêque de Sirmium en Illyrie et disciple de Marcel) qui nient la Trinité et prétendent que Jésus-Christ était simplement un homme.
Le concile condamne aussi les ariens, les macédoniens et l’apollinarisme.

Symbole (dit) de saint Athanase

Césaire d'Arles mentionne pour la première fois le Symbole de saint Athanase parfois appelé Quicumque vult (quiconque veut) d'après les premiers mots de la formule latine et attribué de manière erronée à Athanase. C’est probablement l’œuvre de plusieurs auteurs qui s’inspirèrent des décrets de plusieurs synodes. Sa rédaction daterait de la fin du IVe siècle ou de la première moitié du Ve siècle.
"Quiconque veut être sauvé, a besoin, avant toutes choses, de bien connaître la Foi Catholique. Et s'il est quelqu'un qui ne la garde entière et inviolable, sans nul doute il périra éternellement.
Or, telle est la Foi Catholique : nous adorons un seul Dieu dans la Trinité, et la Trinité dans l'Unité. Sans confondre les personnes, sans séparer la substance.
En effet autre est la personne du Père, autre celle du Fils, autre celle du Saint-Esprit.
Mais il n'y a qu'une divinité du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, gloire égale, coéternelle majesté.
Tel qu'est le Père, tel le Fils, tel le Saint-Esprit.
Le Père est incréé, incréé le Fils, incréé le Saint-Esprit.
Immense est le Père, immense le Fils, immense le Saint-Esprit.
Eternel est le Père, éternel le Fils, éternel le Saint-Esprit.
Et cependant il n'y a pas trois Eternels, mais un seul Eternel.
De même qu'il n'y a pas trois incréés, ni trois immenses, mais un seul incréé, et un seul immense.
Pareillement Tout-puissant est le Père, Tout-puissant le Fils, Tout-puissant le Saint-Esprit. Et cependant il n'y a pas trois Tout-puissants, mais un seul Tout-puissant.
Aussi le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu. Et cependant il n'y a pas trois Dieux, mais il n'est qu'un seul Dieu.
Aussi le Père est le Seigneur, le Fils est le Seigneur, le Saint-Esprit est le Seigneur. Et cependant il n'y a pas trois Seigneurs, mais il n'y a qu'un seul Seigneur Maître.
Car de même que la vérité Chrétienne nous force de confesser chaque personne isolément comme Dieu et Seigneur, de même la religion Catholique nous défend de dire qu'il y a trois Dieux ou Seigneurs.
Le Père n'a été fait par personne, ni créé, ni engendré. Le Fils est du Père seul, il n'a été fait, ni créé, mais engendré. L'Esprit Saint est du Père et du Fils, il n'a été fait, ni créé, ni engendré, mais il procède.
Donc un seul Père, et non trois Pères ; un seul Fils, et non trois Fils ; un seul Esprit Saint, et non trois Esprits Saints.
Et dans cette Trinité rien n'est premier ou dernier, rien n'est plus grand ou plus petit, mais toutes les trois personnes sont entre elles coéternelles et coégales.
En sorte que par-dessus tout, comme on vient de le dire, il faut adorer l'Unité dans la Trinité et la Trinité dans l'Unité.
Qui donc veut être sauvé, doit ainsi penser sur la Trinité.
Mais il est nécessaire au salut éternel, que l'on croie aussi fermement à l'Incarnation de Notre Seigneur Jésus Christ.
Voici donc la foi vraie que nous croyons et confessons : c'est-à-dire que Notre Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, est Dieu et Homme. II est Dieu engendré de la substance du Père avant tous les siècles, et il est homme né dans le siècle de la substance d'une mère. Dieu parfait, homme parfait, subsistant avec une âme raisonnable et dans la chair humaine. Egal au Père selon sa divinité, moindre que le Père selon l'humanité.
Et quoiqu'il soit Dieu et homme, il n'y a cependant pas deux Christs, mais un seul Christ.
Or il est Un, non par la conversion de la divinité dans la chair, mais par l'assomption de l'humanité en Dieu. Il est absolument Un, non par la confusion de la substance, mais l'unité de personne. Car de même que l'âme raisonnable et la chair font un homme, de même Dieu et homme font un seul Christ.
Qui a souffert pour notre salut ; est descendu aux enfers ; est ressuscité le troisième jour d'entre les morts, Est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père Tout-puissant, d'où il viendra juger les vivants et les morts.
A son avènement tous les hommes devront ressusciter avec leur corps, et rendront compte de toutes leurs actions. Ceux qui auront fait le bien, iront dans la vie éternelle ; ceux qui auront fait le mal, iront dans le feu éternel.
Telle est la foi catholique ; et si quelqu'un ne la croit fidèlement et fermement, il ne peut être sauvé."


Augustin, dans De Trinitate (404-419), propose une tentative d'explication de la Trinité.
Il nous apprend qu'en disant trois personnes, on a parlé, non pour dire quelque chose, mais seulement pour ne pas rester muet : « Dictum est tres personae non ut illud diceretur, sed ne taceretur ».
Augustin remarque un rythme ternaire à travers toute la création : mesure, nombre, poids ; unité, forme, ordre ; être, forme, subsistance ; physique, logique, éthique ; naturel, rationnel, moral.
Mais c’est dans l’homme surtout qu’il découvre que les facultés psychologiques sont autant d’images trinitaires : esprit, connaissance, amour ; mémoire, intelligence, volonté ; mémoire de Dieu, intelligence, amour.
Augustin exclut de la Trinité toute idée de subordination et pose nettement l'existence d'un seul Dieu en trois personnes.

Consacré patriarche de Constantinople par l’empereur Théodose II en 428, Nestorius insiste sur la séparation de la nature humaine et de la nature divine dans le Christ.
Il considère le Christ comme deux personnes séparées : l'une divine et l'autre humaine, qui agissent en accord. Marie est mère de l'homme Jésus et non du Jésus divin.

En juin 431, Théodose II organise à Éphèse un concile dirigé par Cyrille où Nestorius refuse de paraître et à l’issue duquel le titre de "Theotokos" (mère de Dieu) est reconnu à la Vierge Marie.
Le concile excommunie Nestorius et condamne sa doctrine en déclarant Jésus-Christ "vrai Dieu et vrai homme", les deux natures (l'une humaine et l'autre divine) étant réunies en une seule personne.
Le monophysisme (de "monos" : unique, et "phusis" : nature) soutient que le Christ ne possédait qu'une seule nature : la nature divine. Il refuse que Jésus, consubstantiel à Dieu selon la nature divine, ait été consubstantiel aux hommes selon la nature humaine.
Partisan du monophysisme, le moine Eutychès (378-454) est condamné par le synode de Constantinople en 448.
Le concile de Chalcédoine (451) confirme la condamnation. Le 22 octobre, il définit : le Christ, à la fois vrai Dieu et homme véritable, est néanmoins "une seule personne en deux natures unies sans mélange et sans confusion, sans division ni séparation", les propriétés de chacune de ces natures restent sauves, mais appartiennent à une seule personne ou "hypostase".

Sur la demande de l'empereur Justinien, Jean II (533-535) adopte la fameuse proposition : « Unus de Trinitate passus est in carne », qui avait été repoussée par le pape Hormisdas.

Le théologien Césaire d'Arles (+ 542) écrit dans Expositio symboli : « La foi de tous les chrétiens repose sur la Trinité ».

A partir de 560, les trithéistes considèrent les trois personnes de la Trinité comme trois dieux séparés ; ils sont jugés hérétiques par tous les autres courants.

Le concile de Tolède ajoute le "filioque" au symbole de Nicée

En 589, le concile de Tolède III ajoute au symbole de Nicée le "filioque" : « Credo in Spiritum Sanctum qui ex patre filioque procedit » (Je crois en l’Esprit Saint qui procède du Père "et du Fils").
Cette addition exprime la doctrine selon laquelle le Saint Esprit procède du Père "et du Fils".
Bien qu'elle soit acceptée par l'Église occidentale vers la fin du IVe siècle, cette formule ne sera pas autorisée pour l'usage liturgique général avant le début du XIe siècle.
Le concile anathématise ceux qui n’acceptent pas les décrets des quatre premiers Conciles œcuméniques (canon 11), et ceux qui ne confessent pas que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils (canon 3).
Il semble que les évêques espagnols et le roi wisigoth Reccared croient que l’équivalent du "filioque" en grec fait partie du Credo primitif de Constantinople, et ils pensent apparemment que le filioque s’oppose à l’arianisme en affirmant la relation intime entre le Père et le Fils. Sur l’ordre du roi Reccared on se met à réciter le Credo au cours de l’Eucharistie en suivant la pratique orientale.
L’emploi du Credo avec le filioque se répand en Gaule.

En 619, par sa doctrine, le monothélisme ou monothélitisme (du grec "monos" = seul et "thelein" = vouloir), Sergius, patriarche de Constantinople de 610 à 638, essaie, de concilier le monophysisme et l’orthodoxie : il y a bien deux natures dans le Christ (la divine et l’humaine) mais une seule énergie, une seule volonté, théandrique, c’est-à-dire qui soit à la fois divine et humaine.

En 680, le concile de Hatfield, présidé par l’archevêque de Canterbury, Théodore (un byzantin auquel le pape Vitalien a demandé de servir en Angleterre), fixe la doctrine de l’Eglise d’Angleterre sur le mystère de l’Incarnation et donne valeur dogmatique au filioque.
Ce Concile, d’après Bède le Vénérable (Hist. Eccl. Gent. Angl. 4, 15, 17), professe explicitement sa foi comme conforme aux cinq Conciles œcuméniques, et déclare également que le Saint-Esprit procède "de manière ineffable (inenarrabiliter)" du Père et du Fils.

Le sixième concile œcuménique de Constantinople III (7 novembre 680 au 16 septembre 681) condamne les doctrines monophysite et monothélite et affirme la pleine humanité du Christ en lui reconnaissant une volonté humaine, distincte de sa volonté divine : « Nous confessons, conformément à l’enseignement des Saints Pères, deux énergies naturelles et deux volontés naturelles, sans séparation et sans changement, sans division et sans mélange ; deux volontés, non pas opposées l’une à l’autre, mais une volonté humaine subordonnée à la volonté divine. »

En 767, le concile de Gentilly, auquel participent des envoyés byzantins, donne valeur dogmatique au filioque.

En 792 à Ratisbonne et en juin 794 à Francfort, les synodes et le pape Adrien Ier condamnent les adoptianistes ou adoptiens. Ces hérétiques qui professent que Jésus-Christ est fils de Dieu, non par génération, mais par adoption, prétendent que, comme Dieu, Jésus-Christ était de sa nature fils de Dieu, mais que, comme homme, il ne l’était que par adoption. Cette hérésie, remontant à la fin du IIème siècle (monarchianisme), est soutenue par quelques évêques d’Espagne qui ont pour chefs Elipandus (+ 799), l'archevêque de Tolède, et Félix, l'évêque d’Urgel. Félix se soumet aux décisions des conciles et du pape, mais Elipand persiste dans son erreur, écrit contre son ancien ami, et se montre insensible à une lettre que Charlemagne lui adresse pour l’amener à résipiscence. L’hérésie tombera dans l’oubli après la mort d’Elipandus.

En 796-797, durant le concile tenu à Frioul (Fréjus), Paulin d’Aquilée (+ 804), un associé d’Alcuin à la cour de Charlemagne, défend l’emploi du Credo avec le filioque comme un des moyens pour s’opposer à l’adoptianisme. Paulin reconnaît de fait que le filioque est une addition au Credo de 381. Mais il la défend en arguant qu’elle ne s’oppose ni au sens du Credo ni à l’intention des Pères.
L’autorité des Conciles de Francfort et de Frioul fait que le Credo de 381 complété par le filioque, entre largement en usage dans l’enseignement et la célébration de l’Eucharistie dans les Églises d’Occident.

En 807, les moines latins du Mont des Oliviers en appellent au pape Léon III et à l’empereur d’Occident : ils accusent les Grecs d’avoir amputé le credo du filioque.

En 810, l’empereur Charlemagne demande au pape Léon III d’intégrer le filioque au Credo, suivant l’usage d’Aix-la-Chapelle : le pape refuse pour ne pas offenser l’Eglise d’Orient (la formule sera finalement acceptée à Rome dans la première moitié du XIe siècle)

Dans son Encyclique aux Patriarches orientaux (867), le patriarche de Constantinople, Photios, dénonce l’hérésie latine, le filioque : « Credo in Spiritum Sanctum qui ex patre filioque procedit » (Je crois en l’Esprit Saint qui procède du Père et du Fils). Photios affirme que le filioque compromet la "monarchie" du Père : ou bien la Trinité a deux principes, le Père et le Fils, ou bien, pour la spiration de l’Esprit, le Père et le Fils se confondent dans la nature commune.
L'Église orientale n'accepte pas cette addition parce qu'elle a été faite de manière unilatérale, modifiant un symbole approuvé par les conciles oecuméniques antérieurs et qu'elle traduit une conception occidentale de la Trinité, contestée par la plupart des théologiens byzantins.
Photios est amené malgré lui devant le quatrième concile de Constantinople, le 19 octobre 869. Il lui est reproché d’avoir chassé le patriarche Ignace pour usurper sa place et d’être l’adversaire du filioque. Photios, qui refuse d’abjurer, est anathématisé. En 877, le pape Jean VIII acceptera la réinstallation de Photios.
Photios, dans Mystagogie du Saint-Esprit (890), affirme que le "filioque compromet la monarchie du Père" : ou bien la Trinité a deux principes, le Père et le Fils, ou bien, pour la spiration de l’Esprit, le Père et le Fils se confondent dans la nature commune. Photios précise que l’Esprit a son ekporèse "du Père seul".

En 940, naît, en Bulgarie, la secte bogomile (du nom du pope Bogomil) qui nie la sainte Trinité, la naissance divine du Christ (et même la réalité de sa forme humaine) et croit en la dualité entre le Bien et le Mal ; les initiés sont appelés "Parfaits".

Roscelin (+ v. 1120), fondateur du nominalisme et l’un des maîtres d’Abélard, s'oppose à la Trinité qui conduit, selon lui, à un trithéisme. Le concile de Soissons (1092) l’oblige à abjurer sa conception dialecticienne de la Trinité (les trois Entités sont trois Substances indissolublement liées dans un Individu indécomposable).

En mars 1054, le patriarche de Constantinople, Michel Cérulaire (Keroularios), adversaire du filioque (double procession du Saint-Esprit), du célibat ecclésiastique et du pain azyme, s’étant attaqué aux religieux latins établis en Orient et menant une rude campagne contre les églises latines de sa propre ville qu’il fait parfois fermer, le pape Léon IX envoie une ambassade composée de 3 cardinaux (Humbert de Moyenmoutier, l’archevêque d’Amalfi et Frédéric de Lorraine) pour tenter d’apaiser le différend et même d’obtenir l’aide des Grecs contre les Normands.
A Rome, le 19 avril, le pape, malade, meurt au milieu de l’après-midi.
Le samedi 16 juillet, le cardinal Humbert dépose sur l’autel de Sainte-Sophie de Constantinople la bulle d’excommunication contre le patriarche.
Le 24, Cérulaire réunit un concile des évêques d’Orient qui dresse la liste des erreurs de Rome et jette l’anathème sur les accusateurs romains : c’est le schisme entre l’Orient et l’Occident.

En 1121, Abélard publie un traité sur la Trinité (Theologia summi boni) qui est livré aux flammes par le concile de Soissons réuni la même année.

Anastase IV (pape de 1153 à 1154) écrit un traité sur la Trinité.

L'évêque de Paris, Pierre Lombard (+ 1160), conçoit une "nature unique des trois Personnes Divines".

En 1215, le concile de Latran IV condamne le livre de Joachim de Flore sur la Trinité (sa pensée n’a cependant jamais été censurée dans son ensemble).
Joachim fait la critique du système trinitaire de Pierre Lombard. Pour Joachim, le mystère de la Trinité peut être symbolisé par un psaltérion décacorde : un trapèze, sur le sommet duquel se tiendrait le Père, et aux extrémités inférieures le Fils et l'Esprit ; puis un cercle intérieur, représenté par la caisse de résonance du décacorde, symbolisant l'unité 3.
Joachim montre la concordance des trois Personnes Divines avec les trois ordres composant le peuple chrétien : l'ordre des conjoints par le mariage lié à la figure du Père, l'ordre des clercs lié à celle du Fils et l'ordre des moines qui est lié à la figure de l'Esprit 3.
La vision prophétique de Joachim de Flore se fonde sur la correspondance entre les trois personnes de la Trinité, trois périodes historiques et trois types d’hommes : l’âge du Père (de la création à la naissance du Christ) correspond au règne des laïcs mariés, de la Loi, de la matière ; l’âge du Fils correspond à celui des clercs et de la Foi ; bientôt viendra l’âge de l’Esprit, où régnera sur terre un nouvel ordre monacal (règne des saints).
Libérés de la lettre, donc de la morale (Loi) et de la doctrine (Foi), convertis à la pauvreté évangélique, les hommes vivront selon l’Esprit.
Sa Concorde des deux Testaments fixe à 1260 le début de cet âge.

Pour Thomas d’Aquin (v. 1224-1274), Dieu est le mystère trinitaire, circumincession (compénétration mutuelle fondée sur l’unité d’essence) des trois Personnes : Père, Fils et Esprit saint, mystère insoupçonnable pour la seule raison.

En 1274, le deuxième concile de Lyon, où Byzance accepte un instant l’union avec Rome pour des raisons purement politiques, énonce que "l’Esprit procède du Père et du Fils comme d’un seul principe et par une seule spiration et condamne ceux qui nient que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils, et ceux qui osent avancer qu'il procède du Père et du Fils comme de deux principes" (1er décret : De la Trinité et de la foi catholique). Mais cette définition est aussitôt après rejetée par les Orientaux.

Le concile de Constantinople débat, en 1280, au sujet de l’interprétation d’un passage obscure de Grégoire de Nysse (335-394), dans lequel il est dit que "le Saint-Esprit est du Père et du Fils".

La fête de la Trinité, célébrée depuis le Xe siècle dans certains diocèses, est étendue à tout le rite romain latin et fixée au premier dimanche après la Pentecôte par Jean XXII en 1334.

Au concile d’union de Bâle-Ferrare-Florence (1438-1439), Byzance, aux abois, accepte le compromis avec l'Église occidentale : l’identification de la procession "du Père par le Fils" à la procession "du Père et du Fils".
Le 6 juillet 1439, à Florence, le décret d’union des Eglises catholique romaine et orthodoxe grecque, est publié au nom du pape Eugène IV et daté de la neuvième année de son pontificat (bulle Laetentur coeli). Il stipule : « 1° que le Saint Esprit reçoit de toute éternité son être du Père et du Fils en même temps, et qu’il procède de l’un et de l’autre comme d’un seul principe ; 2° que l’addition faite au symbole de ce mot, « Filioque », est légitime, comme étant devenue une explication nécessaire du dogme…» Mais l’union est finalement rejetée par l’Orient et tout dialogue cesse pour des siècles, à de rares exceptions près.

Le Bréviaire maronite (1624) contient une Hymne à la Trinité : "Gloire à vous, ô Père, Dieu caché, impénétrable. A vous aussi est due la louange, Fils unique, incompréhensible. A vous nos chants, Esprit-Saint, inexprimable, complément de la Trinité indivise et qu'on ne peut sonder. Le Père engendre, le Fils est engendré de son sein, et l'Esprit procède du Père et du Fils. Le Père est créateur, il a tiré le monde du néant ; le Fils est créateur, avec le Père il a fait tout ce qui est ; l'Esprit-Saint Paraclet, sceau de toutes choses, parfait tout ce qui est, a été, ou sera. Le Père est l'intelligence, le Fils la parole, l'Esprit la voix : trois noms de trois personnes, qui n'ont toutefois qu'une seule volonté, une seule puissance. Telle est la foi de la sainte Eglise, qu'elle a apprise par l'écho des mystères célébrés dans les cieux : Saint, Saint, que trois fois soit dit Saint le Dieu un, célébré par les habitants du ciel et de la terre."

Dans son Magneticum naturae rerum (1667), le père jésuite Athanasius Kircher, surnommé "le Maître de cent arts", analyse les trois règnes de la nature.
Il montre que tous les mouvements des choses, toutes les actions des êtres se font par sympathie et antipathie, attraction et répulsion, Dieu étant "l’aimant central de la nature entière".
Kircher attribue à chacune des personnes de la Trinité une des trois forces caractérisant l’aimant : le Père qui "embrasse toutes choses en lui en tant que source abyssale de tous les êtres et lie à lui le cœur de tous les hommes", est la "force attractive" (vis attractiva) ; le Fils, qui, Logos et Sagesse, est la raison de toutes choses, la "force qui dispose" (vis dispositiva) ; l’Esprit-Saint, qui est amour, la "force de connexion" (vis connectens).
Dans Ars magna lucis et umbrae (2e éd. 1671), Kircher expose que la lumière matérielle est le symbole de la lumière archétypale, Dieu. De même que la lumière matérielle se compose d’une source et d’un rayonnement accompagné de chaleur, le Père est une "lumière de source" (lux) infinie et éternelle ; le Fils une lumière issue de cette lumière (lumen de lumine) ou le rayon de la substance divine et la splendeur de la gloire du Père ; l’Esprit-Saint, la chaleur qui en procède.

Le théologien allemand Schleiermacher (1768-1834) considère Dieu comme la causalité absolue, se manifestant de toute éternité dans la création comme Père, dans le Christ comme Fils, dans l'Eglise comme Esprit.

Le père Félicité de Lamennais écrit dans l’Esquisse d'une philosophie (1840-1846) : « Considéré dans sa substance, l'Être infini étant un, de l'unité la plus absolue, il s'ensuit que chacune de ses propriétés est l'Être tout entier selon sa substance, et comme ces propriétés sont essentiellement distinctes entre elles, il s'ensuit, en second lieu, que la puissance n'est ni l'intelligence ni l'amour et est l'Être tout entier ; que l'intelligence n'est ni la puissance ni l'amour et est l'Être tout entier ; que l'amour n'est ni l'intelligence ni la puissance et est l'Être tout entier ; en d'autres termes, que la puissance, l'intelligence et l'amour sont caractérisés dans l'unité de l'Être absolu par quelque chose qui leur est exclusivement propre, et par conséquent subsistent d'une manière individuellement distincte dans cette unité. Or, l'individualité intelligente, déterminée par quelque chose d'essentiel et de permanent, constitue la notion propre de personne, laquelle suppose de plus un rapport substantiel d'où elle tire sa réalité, son être effectif et radical. Donc il existe trois personnes dans l'unité de l'Être absolu ; et ces trois personnes coexistantes dans la substance unie et infinie, c'est Dieu. »

Le chanoine Félix Kir (1876-1968) explique que la Trinité n’est pas une addition (puisque chaque "personne" est une totalité) mais une multiplication : 1 x 1 x 1 = 1 ; c'est-à-dire 1 puissance 3 (puissance cubique ou cube de 1).

9 mai 1897 : encyclique Divinum illud munus de Léon XIII sur l'unicité de Dieu et sur la trinité.

“L’Église, qui vit en pèlerinage sur la terre, est missionnaire de par sa propre nature. Elle est née de la mission confiée au Fils, et en même temps de la mission qui appartient à l’Esprit Saint, en fidélité au plan de salut qui vient de Dieu le Père”. (7 décembre 1965, Concile Vatican II, Décret Ad Gentes 2).

"Nous croyons donc au Père qui engendre éternellement le Fils, au Fils, Verbe de Dieu, qui est éternellement engendré, au Saint-Esprit, personne incréée qui procède du Père et du Fils comme leur éternel amour. Ainsi en les trois personnes divines, coaeternae sibi et coaequales, surabondent et se consomment, dans la surexcellence et la gloire propres à l’être incréé, la vie et la béatitude de Dieu parfaitement un, et toujours "doit être vénérée l’unité dans la trinité et la trinité dans l’unité." (Paul VI, Credo du peuple de Dieu, 30 juin 1968)

En 1975, les relations entre les communautés chrétiennes se concrétisent par des décisions doctrinales, notamment la reconnaissance mutuelle de la valeur du baptême reposant sur la Trinité.

Lors de la Conférence de la Commission doctrinale mixte anglicane-orthodoxe qui s'est tenue à Moscou du 26 juillet au 2 août 1976, la représentation anglicane déclare que les Églises anglicanes sont disposées à ôter le filioque de la version latine du Credo de Nicée-Constantinople, puisque le texte grec, qui a toujours été considéré comme le texte de référence, ne le contient pas.

En 1982, la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe fait cette première déclaration (Le mystère de l’Église et de l’Eucharistie à la lumière du mystère de la Trinité § 6) : « Sans vouloir encore résoudre les difficultés suscitées entre l’Orient et l’Occident au sujet de la relation entre le Fils et l’Esprit, nous pouvons déjà dire ensemble que cet Esprit qui procède du Père (Jean 15,26), comme de la seule source dans la Trinité, et qui est devenu l’Esprit de notre filiation (Romains 8,15) car il est aussi l’Esprit du Fils (Galates 4, 6), nous est communiqué, particulièrement dans l’Eucharistie, par ce Fils sur lequel il repose, dans le temps et dans l’éternité (Jn 1, 32) ».

Le Catéchisme de l'Église Catholique (1992) explique :
"246 La tradition latine du Credo confesse que l’Esprit "procède du Père et du Fils (filioque)". Le Concile de Florence, en 1438, explicite : " Le Saint Esprit tient son essence et son être à la fois du Père et du Fils et Il procède éternellement de l’Un comme de l’Autre comme d’un seul Principe et par une seule spiration... Et parce que tout ce qui est au Père, le Père Lui-même l’a donné à Son Fils unique en L’engendrant, à l’exception de son être de Père, cette procession même du Saint Esprit à partir du Fils, Il la tient éternellement de son Père qui L’a engendré éternellement" (DS 1300-1301).
264 "Le Saint-Esprit procède du Père en tant que source première et, par le don éternel de celui-ci au Fils, du Père et du Fils en communion" (S. Augustin, Trin. 15, 26, 47)."

Le Compendium du Catéchisme de l’Eglise catholique (243-248) répond à la question sur l’Esprit Saint : « Il (l’Esprit Saint) est la troisième Personne de la Sainte Trinité. Il est Dieu, uni au Père et au Fils, et égal à eux. Il « procède du Père » (Jn 15, 26), qui, en tant que principe sans commencement, est l’origine de toute la vie trinitaire. Il procède aussi du Fils (Filioque), par le don éternel que le Père fait de lui au Fils. Envoyé par le Père et le Fils incarné, l’Esprit Saint conduit l’Église à la connaissance de « la Vérité tout entière » (Jn 16, 13).

Le document Dominus Jesus, Sur l’unicité et l’universalité salvifique de Jésus-Christ et de l’Église, publié par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi le 6 août 2000, ouvre ses réflexions théologiques sur l’enseignement essentiel de l’Église par le texte du Credo de 381 sans l’addition du filioque. 2


L’UNITARISME

La doctrine chrétienne de la Trinité est jugée incompatible avec le monothéisme par certains groupes religieux, issus de la Réforme : Michel Servet (De Trinitatis erroribus = Des erreurs du dogme trinitaire, 1531), Lelio Socin et son neveu Fausto Socin rejettent la doctrine de la Trinité en faveur de l'unitarisme qui se définit comme "antitrinitaire" et nie la divinité de Jésus-Christ.

En 1568, Francis David, gagné aux idées de Michel Servet, fonde, en Transylvanie, la première Eglise unitarienne.
Le 14 mars 1571, à la mort de Jean Sigismond (Jean II roi de Hongrie), débute la persécution des unitariens de Transylvanie : ils rejoignent l’Église réformée ou fuient en Pologne.
Fausto Socin (+ 1604), réfugié en Pologne, organise l'Église (antitrinitaire ou socinianiste) des Frères Polonais qui reconnaît la naissance miraculeuse de Jésus mais nie sa divinité.

L'unitarisme fleurit en Angleterre au XVIIIe s. puis s'étend dans les pays anglo-saxons et en Amérique latine.

En 1961, le courant chrétien de l’universalisme, implanté en 1817 à Boston par Hosea Ballou (pasteur et franc-maçon) et John Murray, et selon lequel Dieu accorde universellement sa grâce rédemptrice aux hommes, fusionne avec l’unitarisme.

Les unitariens ne se basent que sur l'enseignement de Jésus ; ils refusent les dogmes élaborés par les conciles, ne croient pas à l'Incarnation, à la Trinité, au péché originel, ni à la prédestination.


SYMBOLES DE LA TRINITE

Le triangle équilatéral (seul ou contenant le Tétragramme IEVE [YHVH] ou encore l’œil divin) symbolise la divinité dans le judaïsme ; il est devenu le symbole du Dieu trinitaire dans le christianisme.

Autres symboles de la Trinité :
- trois poissons formant une boucle sans fin ou un poisson n’ayant qu’une seule tête pour trois corps.
- un trône (puissance), un livre (intelligence) et une colombe (amour).
- une croix avec le Père au sommet, le Fils au milieu et le Saint-Esprit à la base.
- trois cercles entrelacés.
- trois anges rappelant l’apparition à Abraham.
- le trèfle à trois feuilles (qui deviendra le symbole national irlandais) choisi par saint Patrick.
- le tricéphale, représenté dans l’art roman ; ce symbole fut interdit par le pape Urbain VIII en 1628.


CITATIONS

Certes, même après que le Verbe a pris un corps en Marie, la Trinité demeure la Trinité, sans addition ni diminution. Elle est toujours parfaite : dans la Trinité on reconnaît l'unique divinité, et c'est ainsi que dans l'Eglise on proclame un seul Dieu, le Père du Verbe. (Athanase, 295-373, Lettre à Épictète, évêque de Corinthe)

Il y a donc une Trinité sainte et parfaite, reconnue comme Dieu dans le Père, le Fils et le Saint-Esprit ; elle ne comporte rien d'étranger, rien qui lui soit mêlé de l'extérieur ; elle n'est pas constituée du Créateur et du créé, mais elle est tout entière puissance créatrice et productrice. Elle est semblable à elle-même, indivisible par sa nature, et son activité est unique. En effet, le Père fait toutes choses par le Verbe dans l'Esprit Saint, et c'est ainsi que l'unité de la sainte Trinité est sauvegardée. C'est ainsi que dans l'Église est annoncé un seul Dieu, qui règne au-dessus de tous, par tous et en tous. Au-dessus de tous, comme Père, comme principe et source ; par tous, par le Verbe ; en tous, dans l'Esprit Saint. (Athanase, 295-373, Lettre à Sérapion, évêque de Thmuis)

Le Seigneur a ordonné de baptiser au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, c'est-à-dire dans la profession de foi au Créateur, au Fils unique et à celui qui est le Don [.]
Puisque notre faiblesse serait incapable de saisir aussi bien le Père que le Fils, le Saint-Esprit est un don qui, par son intervention, peut éclairer notre foi pour laquelle l'Incarnation est un mystère difficile. Toutes choses sont donc organisées par les vertus et les attributions divines : une puissance unique de qui tout provient ; une descendance unique par qui tout existe ; une grâce unique donnant une parfaite espérance [.]
Accorde-nous de donner aux mots leur véritable sens. Prodigue la lumière à notre esprit, la beauté de l'expression à notre style. Etablis notre foi dans la vérité [.]
Accorde-nous de dire ce que nous croyons, selon le devoir qui nous incombe, après avoir appris des prophètes et des apôtres que tu es un seul Dieu le Père et qu'il n'y a qu'un seul Seigneur, Jésus-Christ. Donne-nous de te révérer, toi, Dieu unique mais non solitaire, donne-nous de le proclamer, lui, Dieu véritable et non faux-dieu. (Hilaire de Poitiers + 367, De Trinitate, Traité sur la Trinité)

Mon âme vous adore, mon cœur vous bénit, et ma bouche vous loue, O sainte et indivisible Trinité, Père éternel, Fils unique et bien-aimé du Père, Esprit consolateur qui procédez de leur mutuel amour. O Dieu tout-puissant, quoique je ne sois que le dernier de vos serviteurs et le membre le plus imparfait de votre Église, je vous loue et je voue glorifie. Hélas ! Que ne puis-je célébrer vos grandeurs comme les célèbrent vos Anges et vos Saints ! Dans le désert aride de cette vie, appesantis par le poids de notre chair mortelle, éloignés de votre douce présence et distraits par toutes les choses sensibles, nous ne pouvons vous louer dignement. C'est à peine même si nous savons balbutier d'une voix faible quelques paroles d'amour et de reconnaissance Je vous invoque, O Trinité sainte, afin que vous veniez en moi pour me donner la vie et pour faire de mon pauvre cœur un temple digne de votre gloire et de votre sainteté. O Père éternel, je vous en supplie par votre Fils bien-aimé ; O Jésus, je vous en conjure par votre Père ; O Saint-Esprit, je vous en conjure au nom de l'amour du Père et du Fils, augmentez en moi la foi, l'espérance et la charité. Faites que ma foi soit efficace, mon espérance inébranlable et ma charité féconde. Faites que je me rende digne de la vie éternelle, par l'innocence de ma vie et la sainteté de mes mœurs, afin qu'un jour je puisse unir ma voix à celles des Esprits bienheureux pour chanter avec eux durant toute l'éternité : Gloire au Père éternel qui nous a créés ; gloire à son Fils bien-aimé qui nous a rachetés par le sacrifice sanglant de la croix ; gloire au Saint-Esprit qui nous sanctifie par l'effusion de ses grâces. Honneur et gloire à la sainte et adorable Trinité dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il. (Prière d'Augustin d'Hippone + 430)

Trinité supra essentielle, excessivement divine et excessivement bonne, gardienne de la sagesse des Chrétiens relative à Dieu, guide-nous vers le sommet excessivement inconnu, excessivement resplendissant et très élevé des oracles mystiques, où les Mystères simples, absolus et immuables de la théologie sont dévoilés dans la Ténèbre extrêmement lumineuse du silence qui initie à l’arcane: là où il n’y a plus d’obscurité, elle fait briller ce qui est excessivement resplendissant, et dans le siège du tout intouchable et invisible, remplis les intelligences privées de vue des splendeurs merveilleuses. Telle soit ma prière. (Pseudo-Denys, De Mystica theologia, VIIe s.)

Ô toi, Peuple du Livre, n'outrepasse pas les bornes de ta religion et ne dis de Dieu que la vérité. Le Messie, Jésus, fils de Marie, n'est qu'un apôtre de Dieu, son verbe transmis à travers Marie, et un esprit qui procède de lui. Crois donc en Dieu et en ses apôtres, et ne dis pas qu'ils sont trois. Mieux vaudra pour toi. Dieu est le seul et unique Dieu. Qu'il soit indigne de sa gloire d'avoir eu un fils. (Inscription en arabe se trouvant à l'intérieur de la Mosquée d'Omar à Jérusalem et destinée aux chrétiens)

Ô Toi, Trinité éternelle, mer profonde dans laquelle plus je pénètre, plus je te trouve, et où plus je te trouve, plus je te cherche ! (Catherine de Sienne +1380, Dialogo della Divina Provvidenza, CLXVII.)

La puissance, l'amour avec l'intelligence,
Unis et confondus, composent son essence (l'essence de la Trinité, ndlr). (Voltaire 1694-1778)


DICTONS METEOROLOGIQUES

Vent du bas la veille de la Trinité, il y est les deux tiers de l'année.
S'il pleut à la Trinité, le blé diminue de moitié.
Quand il pleut à la Trinité, il pleut six semaines sans s'arrêter.
S'il pleut le jour de la Trinité, il pleut treize dimanches de suite.
S'il pleut le jour de la Trinité, il pleuvra tous les jours de l'année.


Notes
1 Vocabulaire de théologie biblique, Ed. du Cerf. 1977
2 http://www.cccb.ca/site/Files/Filioque_fr.html
3 http://fr.wikipedia.org/wiki/Joachim_de_Flore
4 http://www.linternaute.com/histoire/jour/evenement/28/2/1/


Voir dossier : Jésus ; Pentecôte ; Au fil de l'an


Sources


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; toute reproduction à but non lucratif est autorisée.

Date de mise à jour : 25/06/2017

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