Zéphyrin, évêque de Rome

Zéphyrin (Zephyrinus) naît à Rome.
Evêque de Rome de 199 à 217 (+), il établit l’obligation de communier au moins une fois l’an à Pâques.
Il condamne les montanistes.
Il combat le monarchianisme (Théodote le Corroyeur et Asclépiodote), mais ne prend pas nettement position contre Noët (patripassianisme).
Il est attaqué par le prêtre grec alexandrin Hippolyte.
Il meurt le 20 décembre 217 et est enseveli sur la voie Appienne, près du cimetière de Calliste.
Saint Zéphyrin, considéré comme martyr, est fêté le 20 décembre (anciennement le 26 août).

"Il prescrivit que ceux qui devaient être promus aux Ordres sacrés le seraient en présence de nombreux clercs et laïques, au temps convenable et selon la coutume, voulant qu'on ne choisît pour cet office que des hommes de science et de vie recommandable. Il décréta en outre que tous les prêtres assisteraient l'évêque dans la célébration des Mystères. Il établit que patriarche, primat, métropolitain ne pourraient sans l'autorité apostolique condamner un évêque (...) En quatre ordinations au mois de décembre, il créa treize prêtres, sept diacres, et treize évêques pour divers lieux. Il fut couronné du martyre sous Antonin, et enseveli sur la voie Appienne, près du cimetière de Calliste, le sept des calendes de septembre." 2

"Romain d’origine, il s’opposa au prêtre Hippolyte qui d’ailleurs le calomniait allègrement, comme il le fera pour le successeur, le pape saint Pontien. Il mourut paisiblement. On lui attribue la décision d’obliger les fidèles à communier au moins une fois l’an au temps de Pâques" 3.

Le prêtre Gaïus "qui vivait sous Zéphyrin, évêque des Romains", cité par Eusèbe au IIIe siècle, est le premier à rapporter avoir visité les monuments funéraires des Apôtres Pierre et Paul : « Je puis te montrer, écrit-il à Proclus, les trophées [monuments funéraires] des Apôtres. Que tu ailles au Vatican ou sur la route d’Ostie, tu y trouveras les trophées de ceux qui ont établi l’Église romaine ».


Vers 200. Les Goths disputent aux Sarmates les plaines de la Russie méridionale.

200. Les gladiatrices qui se produisent pendant les Jeux Décennaux de Septime-Sévère injurient l'aristocratie installée dans la loge ; l'empereur interdit l'arène aux femmes.

202. Certains chrétiens refusant le service militaire et le culte impérial, les édits de Septime Sévère (qui applique le rescrit de Trajan) interdisent la conversion des païens (prosélytisme juif aussi bien que chrétien) et l’Église connaît des persécutions en Afrique, en Egypte, en Gaule (martyr de l'évêque Irénée à Lyon ?) ; Clément d'Alexandrie 4 trouve refuge en Cappadoce, auprès de l'évêque Alexandre ; Zéphirin doit se cacher jusqu’à la fin des persécutions après 211.

Vers 203. A Carthage, martyre de Perpétue (elle a écrit un journal).

203. A la tête de l’école chrétienne d’Alexandrie, Origène succède à Clément d’Alexandrie. Septime Sévère conquiert la Mésopotamie.

207. Tertullien 1 verse dans l’hérésie de Montanus.

208. En Chine, au cours de l’hiver, la Bataille de la Falaise rouge oppose les armées alliées de Sun Quan et Liu Bei, sous le commandement de Zhou Yu, à celles de Cao Cao qui est ainsi stoppé dans son élan de conquête.

211. 4 février, York, mort suspecte de Septime Sévère : son fils Caracalla partage la charge d’empereur avec son plus jeune frère, Publius Septimius Geta ; Caracalla, empereur romain de 211 à 217, règne sous le nom de Marcus Aurelius Antoninus ; de son premier nom Bassianus, il naquit à Lugdunum (Lyon) ; son surnom "Caracalla" vient du nom du long manteau gaulois qu’il porte et introduit dans la mode romaine.

212. Caracalla devient l’unique empereur après avoir ordonné l’assassinat de Geta et le massacre des milliers de partisans de son frère ; le règne de Caracalla est marqué par la cruauté, l’extravagance et la traîtrise, en particulier lors des campagnes militaires contre les Alamans et les peuples de la Gaule et de la Parthie ; l’Edit de Caracalla confère la citoyenneté romaine à tous les hommes libres de l’Empire.

213. Les Alamans tentent de franchir le Rhin. Dans ses Hexaples, Origène présente six versions de l’Ancien Testament (texte hébreu, transcription et traductions grecques ; il ne reste presque rien des scholies, des très nombreux commentaires et des sermons qu’il avait rédigés pour chaque livre de la Bible). Dans De Virginibus velandis (Du voile des vierges), Tertullien 1 demande aux jeunes filles de porter le voile hors de chez elles, comme les femmes mariées ; il déclare : « Femme, tu devrais toujours porter le deuil, être couverte de haillons et abîmée dans la pénitence, afin de racheter la faute d’avoir perdu le genre humain ».

215. Dans La Tradition apostolique, Hippolyte, décrit, comme faisant partie du rite du baptême, un jeûne et une veille de préparation, une confession des péchés, la renonciation au mal et à l’idolâtrie, et une aspersion d’eau, suivie d’une imposition des mains sur le baptisé oint d’huile.

217. 8 avril, assassinat de Caracalla : le préfet du prétoire, Macrin (Marcus Opellius Macrinus), qui aurait commandité l'assassinat, lui succède le 10. 14 septembre, à Rome, la Plèbe refuse d'honorer Macrin et son fils Diadumenianus à l'occasion des jeux célébrant l'anniversaire du dernier. En automne, après une défaite à Nisibe, Macrin doit négocier avec les Parthes pour signer un traité de paix désavantageux en 218. 20 décembre, mort de Zéphirin.


Notes
1 Tertullien, Quintus Septimius Florens Tertullianus (+ vers 222), est le premier écrivain chrétien de langue latine. Il naquit vers 155 à Carthage, où il reçut une solide formation littéraire et juridique. Entre 190 et 195, il se convertit au christianisme alors qu’il était à Rome, sans doute édifié par la force morale des martyrs chrétiens. Il se maria et se fit prêtre. Tertullien composa de nombreux traités théologiques destinés à combattre les païens, les hérétiques et à instruire les chrétiens. Des 31 traités qui nous soient parvenus, se détache l’Apologétique (v. 197), dans laquelle il revendique la liberté religieuse pour l’Eglise, dénonce les orgies et l’immoralité païennes, prouve le bien-fondé du christianisme et démontre l’inutilité des persécutions : « Le sang des martyrs est la semence des chrétiens » ; il exerça une profonde influence sur les chrétiens. Parmi les traités de Tertullien réfutant l’hérésie, le plus important reste De la prescription contre les hérétiques (v. 200), dans laquelle il déclare que seule l’Eglise a l’autorité nécessaire pour définir la véritable chrétienté. Contre Marcion dénonce la distinction que fit cet hérésiarque gnostique entre un Dieu sévère et justicier de l’Ancien Testament et un Dieu miséricordieux du Nouveau Testament. L’œuvre de Tertullien, marié et prêtre, comprend également de nombreux traités sur la discipline du chrétien (disciplina fidei) et sur la doctrine sacramentaire : intransigeant (Sur les spectacles, Sur la prière, Sur la pénitence, Sur la toilette des femmes), il manifeste, à partir de 207, date à laquelle il embrassa l’hérésie montaniste, un rigorisme extrême pour condamner le remariage, exalter le jeûne et l’abstinence, inviter les jeunes filles à porter le voile et soutenir que les chrétiens doivent accepter la persécution sans la fuir. Il met en garde ceux qui pratiquent la nécromancie car les démons les trompent en se faisant passer pour les esprits des morts invoqués. Dans l’histoire du christianisme, Tertullien apparaît comme un théologien d’envergure : il aura tenté la synthèse entre la culture païenne et la foi chrétienne ; sa doctrine trinitaire et sa christologie sont un apport précieux à la théologie chrétienne naissante; sa contribution à la formation d’un latin théologique est remarquable. « Dieu aime à pardonner. Il faut donc que les enfants de Dieu soient, eux aussi, pacifiques et miséricordieux, qu’ils se pardonnent réciproquement comme le Christ nous a pardonnés et nous ne jugions pas de peur d’être jugés. » (Tertullien, Traité de la pudeur).
2 L'Année Liturgique, Dom Guéranger, 1841 à 1866, Abbaye Saint Benoît de Port-Valais
3 http://nominis.cef.fr/contenus/fetes/20/12/2011/20-decembre-2011.html
4 Clément d’Alexandrie (+ vers 220) pense qu’il n’y a pas d’opposition entre les vérités du christianisme et la philosophie grecque : « Platon (est) éclairé par l’Ecriture » ; on lui doit Le Pédagogue et Les Stromates.

Sources


Liste des papes


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ;toute reproduction à but non lucratif est autorisée.

Date de mise à jour : 18/08/2017

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