AUTOCITATIONS ET POEMES



Autocitations
Poèmes




AUTOCITATIONS

(Car on n'est jamais si bien servi que par soi-même)


C’est mon opinion et je la partage entièrement avec moi-même.

Otez les fers de l'esclave le mieux traité et faites ce constat : les traces de ses pas vous indiquent le chemin de la liberté.

L’esclave libéré récemment éprouve inconsciemment le regret de ses chaînes ; il devra faire l’apprentissage de la liberté.

La véritable égalité c’est l'équité ; l'envieux et le cupide exigent l'égalité, le sage demande l'équité.

L'amour du prochain, c’est s’aimer à travers les autres et aimer les autres à travers soi.

Le philanthrope de salon prétend aimer les hommes. En réalité, il n'en aime qu'un seul : lui-même.

Le bâtonnet ne fait pas la sucette, mais il n'existe pas de sucette sans bâtonnet.

Les peuples font des révolutions pour conquérir des libertés que les pouvoirs successifs et divers s'emploieront à limiter.
La révolution, chimère protéiforme et autophage, est le plus grand ennemi de la révolution.

La misère peut être telle que l'on n'a même plus les moyens d'avoir des principes.

La grande misère ferme sa gueule.

Etre libre c'est être sceptique et avoir toujours le droit de dire le contraire.

On ne doit pas jeter la première pierre ; encore moins la dernière.

On juge généralement le marxisme à travers le stalinisme et le maoïsme, le nationalisme à travers le fascisme italien et le nazisme allemand, le christianisme à travers les croisades et l’inquisition, l'islam à travers l'islamisme, le djihad et le terrorisme, mais jamais le judaïsme à travers ses fondamentalistes et l'ultra-sionisme...

Homme qui a faim te mange dans la main ; homme repu te tourne le cul.

La guerre est un crime contre l'humanité. La guerre, violence collective légale, n’est justifiée, comme la violence individuelle, que par la stricte légitime défense. L’humanité dit qu’elle n’aspire qu’à la paix ; en fait, elle ne rêve que de pouvoir et la quête de ce pouvoir sans partage génère forcément la guerre.

Le temps c'est de l'argent, mais on ne dit pas pour qui !

Même le citoyen probe tremble devant l'envoyé de César.

Le mysticisme est l'opium du peuple mais le peuple aime cultiver le pavot.

Assistanat et manifestations sportives : Panem et circenses ! (Juvénal)

Parmi les originaux, il y a les dérangés et ceux qui dérangent : cette dernière catégorie est de loin considérée comme la plus dangereuse par les hommes de pouvoir.

En politique c'est comme en automobile. Ce ne sont pas les virages à droite ou à gauche qui sont dangereux, ce sont les dérapages.

La France a connu deux monarques au XXe siècle, un roi et un pharaon, Charles le Grand et Akhénatonton : Charles de Gaulle et François Mitterrand.

Si tu veux que les loups t'épargnent, dissimule-toi dans leur tanière, pas dans la bergerie.

Le chat affamé ne joue pas longtemps avec la souris.

L'aigle majestueux est aussi un charognard.

L’inhumanité est humaine puisque l'humanité est inhumaine.

L’argent du divorce : Cupidité après Cupidon.

La galette des Rois fait la galette du boulanger.

Les excès du féminisme : des banderoles aux banderilles...

Prenez garde à la fille « facile » : elle est trop au lit pour être nette.

Femme : organisme concave qu'on vexe facilement.

Belle femme : femme en pleine forme et aux formes pleines.

Au soir de la vie, les humains réagissent comme les vieux moteurs : ils ont souvent des retours de flamme.

Le préservatif ? C'est prendre son pied avec une chaussette !

Courtisane : chère, chair, cher...

L'être humain est à la fois mâle et femelle : l'homme est plus ou moins femme, la femme plus ou moins homme.

La femme pubère a des règles ; l'homme pubère n'en a aucune.

La belle et la bête : la femme n'est pas si belle, l'homme pas si bête.

L’homme invente, la femme enfante : à l’homme le concept, à la femme la conception.

Plus radieuse que soleil dans le ciel est fleur dans le cœur.

La cuisine est la chimie des aliments ; la chimie est la cuisine des éléments.

Le musicien est l'écrivain des notes ; l'écrivain le musicien des mots.

Pour savoir il faut apprendre ; pour connaître il faut comprendre.

L'exemple est la meilleure des leçons.

L'impressionnisme c'est l'expression de l'impression.

Plus je sais et plus je sais que je ne sais rien.

Dieu est assis dans la brouette que l'homme pousse.

Ce qui paraît totalement inconcevable aujourd'hui sera tout-à-fait rationnel demain.

Il n’y a pas de question sans réponse ; la réponse n'est qu'affaire de temps.

Les sociétés devraient savoir tolérer un peu d'intempérance et tempérer beaucoup d'intolérance.

On continue à user d’intolérance face à l'intolérance et de violence contre la violence : Jésus et Gandhi n’en finissent pas de mourir.

Ne brandissez jamais un drapeau ! Il y aura toujours un prétendu partisan de la tolérance pour vous tirer dessus...

L'école actuelle : repère des valeurs ou repaire de voleurs ?

Ne nous attachons pas à des êtres extraterrestres : tâchons plutôt d'être des terrestres extras.

Quand l'Homme a tué Dieu, il ne reste plus à l'Homme qu'à tuer l'Homme.

Aimez-les tous ! Dieu reconnaîtra les saints.

Dieu est le rêve de l’homme ; l’homme le rêve de Dieu.

Dieu ne venge, ni ne se venge : il juge.

Il ne faut pas croire : il faut être sûr !

Chaque partie du tout est comme le tout. Dans chaque partie du tout, il y a tout et son contraire. Le néant n’existe pas.

Il faut se méfier de tout, de son ombre surtout.

L'homme n'agit pas : il réagit.

Tenez-le bien ! Je vais lui montrer que je ne suis pas un lâche...

Le guide des bonnes manières c'est le savoir-faire des manières.

La Mort : faux et usage de faux.

Je n’aime pas la vie car j’aime les histoires qui finissent bien.

L'Homme ne peut être entièrement agnostique. Conscient de sa mort inéluctable, il éprouve l'impérieux besoin de croire à quelque chose qui lui permette de vivre encore, après, au-delà… L'Homme a le sens de l'abstrait ce qui lui donne son pouvoir créateur et artistique. Il a soif de surnaturel, de merveilleux, de mystère et de sacré. Le rituel le rassure. L'Homme ne peut être que religieux.

Les supporteurs ? Insupportables !

L'esprit critique est le meilleur allié de la vérité. Il permet un véritable débat de fond en remettant sans cesse qui ou quoi que ce soit en question.

La Société des Auteurs Compositeurs et Editeurs de Musique (SACEM) connaît la musique et fait payer la note, en silence, facture à la clé, sans mettre un bémol et malgré les soupirs.

Il est logique que dans un monde pluriel chacun ait un comportement singulier.

La censure est le bouclier de la morale ; l'autocensure en est la gardienne. Le signe du déclin d'une société n'est pas l'absence de la censure, mais la disparition de l'autocensure. La censure est affaire de police, l'autocensure est affaire de conscience.

L'escalade de la violence : de fracture en fracture, de la boîte aux lettres à la boîte crânienne.

Pourquoi ne serrerais-je pas la main de ce type-là, alors que je caresse les chiens et chats que je rencontre ?

Les Français sont tantôt pour ce qui est contre, tantôt contre ce qui est pour : le tout c'est de prévoir quand ça va basculer.

Seul le lapsus d'autrui est tenu pour révélateur.

Hier, les gens vivaient quarante ou cinquante ans et prenaient leur temps ; aujourd'hui, ils vivent centenaires et n'ont plus le temps.

Hier, on mangeait de la vache enragée, aujourd’hui on bouffe de la vache folle.

J'aime l'uniforme pour le plaisir qu'il me procure quand je le quitte.

L'uniforme le plus contraignant est celui que nous portons à l'intérieur.

La vie en société donne des droits mais exige aussi des devoirs ; les premiers découlent des seconds ; sans devoirs droits ne perdurent.

Quand les majeurs commettent des délits mineurs, les mineurs commettent des délits majeurs.

A voir à quel point les voleurs craignent d’être volés, on pourrait en déduire que les assassins redoutent la peine de mort.

Dans l’œil du loup, vois le regard du chien ; dans l’œil du chien, vois le regard du loup.

Le riche a son garde du corps ; le pauvre son ange gardien.

Les bons cons font les bons amis.

Qui est dans l’ennui n’a plus d’amis.

L’art est la manifestation inutile de la créativité de l’homme.

La vérité vit dans la lumière, le mensonge dans les ténèbres.

Il n’y a qu’une seule ambition : celle du pouvoir.

Ceux qui disent n’avoir ni dieu ni maître,
S’ils n’ont pas de dieu, ont beaucoup de maîtres !

Plus on communique et moins on communie.

La mixité génère l’homosexualité.

L’âme a-t-elle le corps qu’elle mérite ?
Est-ce que le corps de l’âme hérite ?

Est-on comme on naît ou naît-on comme on est ?

Je regrette surtout d’avoir des regrets.

Ce monde solidaire fabrique des solitaires.

Quand on gagne en sécurité on perd en liberté.

Même l’imbécile doit s’efforcer de vivre en bonne intelligence.

Le véritable historien n’écrit ni un roman, ni un article journalistique à sensation. Il ne raconte pas des histoires ; il ne fait pas l'Histoire ; il fait simplement de l’Histoire (nom provenant, par le latin, du grec historia : recherche, enquête, information). Se voulant objectif et impartial, il est en quête de la vérité historique. Sans parti pris, il ne porte pas de jugement de valeurs. Il s’en tient scrupuleusement et strictement aux faits, instruisant à charge et à décharge comme tout bon juge d’instruction. Ce qui ne l’empêche pas de pouvoir légitimement rapporter des événements dont la véracité n’est pas suffisamment certifiée ; à condition toutefois qu’il en fasse clairement mention. Une telle probité nous aurait épargné des siècles de non-dits, d'omissions volontaires, de clichés, de belles phrases jamais formulées, d’anecdotes "bidon", d'inexactitudes pas toujours innocentes, voire même de falsifications.

La masse des regrets et des remords
Constitue la pesanteur de la mort.

Même le diable a son droit chemin.

Lutter contre le diable avec les armes du diable : c’est servir le diable.

Le prêtre ne sert pas l’Etre Suprême : il s’en sert. Le politique agit de même avec le peuple.

Il faut savoir oublier les défauts de ses amis et apprécier les qualités de ses ennemis.

Le devin finit toujours par se croire divin.

La plus grande peur est la peur d’avoir peur.

Il y aura toujours des scatophiles et des coprophages pour suivre un semeur de merde.

Dieu a créé l’Homme, l’Homme a créé la Machine ; l’Homme a remplacé Dieu, la Machine a remplacé l’Homme.

Former un apprenti, c’est faire savoir son savoir-faire.

Les hommes sont tous ego.

Légitimer la vengeance, c’est couvrir la haine d’un manteau de justice.

L’Homme finit toujours par brûler ce qu’il a adoré.

Il y a un endroit et un moment où on éprouve le plus de solitude : l’endroit c’est la foule, le moment c’est la mort. Rien ne doit être pire que de rendre l’âme au milieu d’une manifestation.

Ce n’est pas parce que des putes jouent les gamines qu’il faut prendre les gamines pour des putes.

Le mal-être rend invisible.

A force de vivre l’enfer, on peut finir par y tomber.

Paix sur le front ; guerre dans la maison.

Le prêtre rassure ; la prêtresse inquiète.

Cette paradoxale société condamne l’exclusion et la discrimination mais elle pratique allègrement la sélection et l’élimination.

Le soleil sèche tout, même les pleurs.

Sapeurs-Pompiers : le feu de l’action face à l’action du feu.

Si le loup te convie à sa table, attends-toi à être mangé un jour.

Le principe de la république, c’est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple, et… sans le peuple.

L’homme pense comme un loup mais agit comme un chien.

Le plus grand savant du monde n’apporte pas les réponses aux questions essentielles.

Dans tout être humain, il y a un enfant qui sommeille et un cochon qui s’éveille.

Toute religion nouvelle est nécessairement syncrétiste : pour s’implanter solidement, elle doit se greffer sur les fondamentaux de l’ancienne.

Le gnostique prend ses désirs pour des réalités ; l’agnostique prend les réalités pour ses désirs.

Ce n’est pas le chef qu’il faut craindre le plus : c’est le sous-chef.

L’avenir ? On est toujours trop jeune ou trop vieux pour y penser.

Amours ancillaires : quand une bonne à tout faire devient bonne à faire tout...

Tout homme de loi devrait avoir la science du droit et la conscience du devoir.

La fleur n’est qu’une belle exhibition sexuelle.

Le seul problème, c’est de trouver la solution.

L’homme n’a pas peur de mourir : il redoute simplement de perdre la vie.

Nul n’est prophète en son pays, mais on est si bien chez soi…

Je ne le redirai pas ! Non, je ne le redirai pas !

Le partage d’un héritage, comme la liquidation d’un divorce, ne se passe pas plus ou moins bien : il se passe plus ou moins mal !

Il est un temps pour souhaiter à quelqu’un de vivre encore ; il est un temps pour lui souhaiter une bonne mort…

Sois respectueux et respectable et tu pourras exiger d’être respecté !

Le monde ne nous appartient pas : nous appartenons au monde.

La répression, par son effet dissuasif sur le plus grand nombre, est un élément non négligeable de la prévention.

La loi de 1905 sur la laïcité a créé une nouvelle religion d’état : le laïcisme avec sa doctrine, ses dogmes, ses rites et sa liturgie.

Gouvernants ! Moins d’étiquette, plus d’éthique !

Les prêtres mariés veulent être des hommes en chaire et en noces…

A mauvais maîtres, mauvais élèves.

Ne pas s’éclater c’est prendre le risque d’imploser.

Sartre, pour qui rien n’existe, est un inexistentialiste.

Les gens bien portants d’aujourd’hui sont les malades et les handicapés de demain.

Que celui qui pardonne toujours tout se prépare au martyr.

Plus on vieillit, plus le temps passe vite et plus le monde rétrécit.

Battre un adversaire, ce n’est pas l’abattre.

A force de se situer ailleurs, on finit par se trouver nulle part.

Le référendum des uns est le plébiscite des autres.

Les « caprices de la nature » n’existent pas : la nature a des lois. Seul l’Homme est de nature capricieuse et rebelle...

Dans notre société où l’enfant est dieu, on amène chaque jour son petit Jésus à la crèche.

S’il arrive que l’Histoire bégaye, elle ne se répète pas.

A chacun son bien et tout ira bien.

« Pur esprit » ne veut pas forcément dire « esprit pur ».

Société de consommation : l’homme, roseau pensant, est devenu un robot dépensant.

Autrefois, il convenait que l'esprit rejetât le corps ; aujourd’hui, le corps, sous l’effet d’un épicurisme sans éthique, expulse l’esprit.

La France est la patrie des droits de l’homme ; l’Angleterre est celle des droits de la personne.

La démocratie n'est-elle pas bafouée quand le chef de l’Etat ne promulgue pas des Lois votées par le Législateur ou que le gouvernement de la République ne les fait pas appliquer, et aussi lorsque le Ministère Public ne fait pas exécuter des jugements prononcés par les tribunaux ?
La démocratie est le contraire de l’étatisme. La démocratie ne peut s’exercer sans une stricte séparation des pouvoirs : que dire d’un pays où l’exécutif et le judiciaire font la loi au lieu de l’appliquer et où le législatif se trouve à la remorque de l’exécutif ?

Le coiffeur arrange les cheveux des femmes mais leur dérange la tête…

Chaque individu est un cas social.

Quand vous apercevez un ange, demandez-vous toujours s’il ne s’agit pas d’un démon revêtu d’un habit de lumière.

Méfiez-vous de ceux qui vous promettent le paradis : beaucoup s’apprêtent à vous conduire en enfer.

Mieux vaut être que paraître.

On est passé du médecin sans médecine à une médecine sans médecin.

A se renfermer dans son for intérieur, on risque de s'enfermer à l'intérieur de son fort.

Comparaison est raison quand on compare ce qui est comparable.

L'antique Dragon chinois souffle le chaud et le froid...

De plus en plus, les Français parlent une langue qui leur est étrangère : le français.

Le "foulard islamique" : quelle fichue histoire ! Celles qui mettent le voile n'ont pas forcément envie de mettre les voiles...

L'homme jeune souhaite rencontrer la femme de sa vie ; l'homme âgé espère trouver la femme de sa mort.

Il existe peu de femmes capables de faire aussi bien les lits que de les défaire.

La bravoure guerrière que l'on nomme courage
N'est jamais que la peur reconvertie en rage.

Un conseiller financier se livre à des conjectures sur la conjoncture.

Faire son examen de conscience c'est réfléchir à ce que l'on a fait et que l'on n'aurait pas dû faire et à ce que l'on n'a pas fait et que l'on aurait dû faire...

Tout être vivant, même végétal, est le centre de son univers.

Quand on vous tresse des couronnes de laurier, pensez que la disgrâce n'est pas loin.

Et si notre existence terrestre n'était qu'une minuscule parenthèse dans la phrase de notre vie réelle ? Et si cette phrase n'était qu'une petite phrase parmi la multitude des phrases écrites dans l'immense Livre de la Vie ?

Celui qui dort beaucoup trop longtemps n'a pas envie de se réveiller.

Ni confort ni réconfort sans effort.

La jalousie des amis est plus à craindre que la haine des ennemis.

Avoir des facultés ne suffit pas pour entrer à la Faculté.

On peut tout pardonner, tout excuser, mais on ne peut jamais tout oublier.

En matière de droits de l'Homme et de démocratie, nombreux sont les théoriciens, rares les praticiens.

Un urologue sera toujours enclin à prendre les lanternes pour des vessies.

Les sectes poussent comme des champignons : surtout sur du fumier...

Aime-t-on parce que l'on désire ou désire-t-on parce que l'on aime ?

Les riches partagent plus facilement leur lit que leur fortune.

Il n'y a qu'une grande âme universelle dont chaque être vivant est un des multiples visages.

On ne fera jamais un bon rosé en mélangeant un mauvais rouge et un mauvais blanc.

Les philosophes parlent beaucoup, parce que, pleins de doutes, ils essaient de se convaincre.

La révolution, chimère protéiforme et autophage, est le plus grand ennemi de la révolution.

Nul n'est prophète en son pays ; encore moins dans sa maison.

L'oligarchie est une aristocratie sans blason.

Dans la vie, on doit suivre son chemin ; le plus difficile c'est de le trouver.

Le mensonge et le vol sont les deux faces d’une même pièce.

Le libéralisme est du capitalisme sauvage ; il n'y a pas de liberté dans le libéralisme, sauf pour les puissants.

On devrait avoir autant de plaisir à caresser qu'à être caressé.

Comment les acides aminés se sont-ils animés ?

Certains et certaines se dévêtent pour pouvoir mieux s'habiller.

Les démocrates votent avec les mains, les révolutionnaires avec les poings.

L'ignorance est la source de bien des maux et bien des erreurs ; connaître c'est comprendre et comprendre c'est déjà aimer un peu.

Les bons sentiments sont comme les bonnes intentions dont on dit que l'enfer est pavé.

Dans une société trop marécageuse, il suffit d'une goutte d'eau pour faire déborder la vase.

Celui qui revient de l'enfer trouve que le purgatoire est un paradis.

Un capitaine meurt ; un général se rend.

La philosophie est l'art de discourir longuement à partir de rien pour aboutir à rien.

Chacun bâtit son autel.

Le démon se tapit dans l'ombre du saint.

Le fétichisme, c'est, par exemple, prendre son pied avec une chaussure.

Le journaliste s'acharne à remuer le couteau dans la plaie qu'il a, lui-même, ouverte.

L'eunuque doit quand même montrer qu'il en a.

Les temps ne changent pas : ce sont les hommes qui changent !

La force de nos adversaires se trouve surtout dans nos faiblesses.

A force de baisser les bras, on n'a plus la force de les lever.

La Nature n'est pas si exclusive puisque, nonobstant la sélection naturelle, elle laisse subsister de très nombreuses tares.

Le hasard est le plus grand des inventeurs.

Le sang des martyrs est particulièrement fécond.

Les journalistes n'informent plus : ils font de la communication.

Chaque naissance est l'arrivée d'un nouveau condamné dans le couloir de la mort.

Jésus n'est pas un croisé, mais un crucifié.

Iconoclastes, ce ne sont pas tant les idoles de pierre, de bois ou de métal que vous devez rejeter, mais surtout les idoles de chair !

Rites, cérémonials et autres protocoles sont des tocs sociétaux.

Dieu a créé le Paradis ; l'homme, l'Enfer.

Contrairement aux langues vivantes qui sont en constante évolution, les langues, dites mortes, sont paradoxalement éternelles car elles demeurent figées à jamais.

Le présent n'est que l'infime moment où le passé bascule vers le futur ; cet infime moment est un curseur qui se déplace sur la ligne du temps. Ce qu'on appelle présent est du futur proche. Le véritable présent c'est l'éternité, car elle n'a ni passé ni futur. Dieu est toujours présent.

Les mutuelles sont issues des Amicales, Fraternelles et autres sociétés de secours ou d'entraide. Elles ne méritent plus ce nom depuis qu'à l'instar des assurances à but lucratif, elles ne pratiquent plus la mutualisation basée sur le principe de solidarité (ceux qui ne sont pas malades payant pour ceux qui le sont, la cotisation étant la même pour tous) et lui préfèrent la personnalisation du risque, donc celle de la prime.

Les gays veulent être pris au mot.

On serre plus facilement les fesses que les dents.

La misère matérielle amène la misère morale : ainsi, le miséreux peut devenir un misérable.

L'ennui mène aux ennuis.

Tant qu'il y a de l'espoir, il y a de la vie.

Sex toy : sexe à piles.

Les femmes, dignes filles d'Eve, ne cherchent plus un compagnon mais un complice...

Coït anal : en selles !

Mouton à l'atelier, lion au foyer.

L'homme est à la fois son pire ami et son meilleur ennemi.

Porno : lard pour l'art.

Quand on a les foies, on retrouve la foi.

Les anticléricaux (ou mieux, les anti-ecclésiaux) bouffent du curé et cassent du dalaï-lama mais caressent la barbe du rabbin et de l'imam.

Moralisons la politique sans politiser la morale.

En maigrissant, le gros con devient moins gros mais plus con.

C'est quand on est plongé dans l'obscurité qu'on aperçoit le mieux les étoiles.

Rien n'est tout noir ou tout blanc : tout est gris, nuancé du plus clair au plus foncé.

La religion divise ; la foi unit.

On trouve la maison de la sorcière accueillante tant qu'on n'a pas vu ce qui cuit dans le chaudron.

Le dragon te fait croire que tu le maîtrises alors que c'est lui qui te chevauche.

Jésus est le seul Juif que l'on peut moquer sans être accusé d'antisémitisme.

Ceux qui revendiquent leurs racines disent que le Français de souche n'existe pas : et pourtant, c'est de la souche que partent les racines.

Platonique : ça finit toujours par "nique".

Dieu est éternel ; les âmes des hommes vertueux sont immortelles.

La vie est un destin dont l'issue est toujours fatale.

Le média télévisuel est si pressé qu'il en vient à présenter les biographies des célébrités avant leur mort...

Guerres "saintes" : ceux qui considèrent qu'il ne faut pas lier le djihad à l'islam, associent toujours la croisade au christianisme...

Il faudrait un pontife herculéen pour nettoyer "la curie d'Augias".

Sodomie : vice verso.

Avant de partir à la Croisade, les seigneurs mettaient des ceintures à leur épouse pour qu'elles ne puissent pas se faire "sauter" ; aujourd'hui, les terroristes djihadistes équipent leurs femmes de ceinture pour qu'elles se fassent exploser...

Ceinture de chasteté : ancêtre du bracelet électronique pour délinquante sexuelle.
Ceinture de chasteté : une sorte de muselière.

Si Dieu n'existait pas, il faudrait l'inventer ; afin que les salauds aient quelqu'un à qui rendre des comptes.

Le seul Dieu, qualifié pour juger l'homme, est Celui qui l'a créé à son image et qui a revêtu son humanité.

Un grand "chagrin d'amour" n'est, généralement, qu'une grosse blessure d'amour-propre.

L'étalage de la richesse n'est, le plus souvent, qu'un cache-misère.

Tous les marins ont un pied-à-terre.

Douche : bain debout.

Les bons sentiments sont comme les bonnes intentions : l'enfer en est pavé.

Toute idéologie a ses hérétiques et ses inquisiteurs.

Le problème, en maths, c'est le français, parce que les élèves ne comprennent plus les énoncés.

La Mort est le plus grand des médecins.


Citation

Il n’est pas de sentences, de maximes, d’aphorismes, dont on ne puisse écrire la contrepartie. (Paul Léautaud)


POEMES

Ma muse m’use,
Ma muse m’amuse…

SOMMAIRE

1 Tornade 8 Mal d’amour 15 Départ à la retraite
2 Bruits de bottes 9 24 août 39 16 Corbeau
3 L’idiot 10 X files 17 Apocalypse
4 Cloches 11 Clair de dune 18 Ronde
5 Benoît 12 Drôle d’oiseau 19 Un policier repose
6 Natalis dies 13 Le loup, la brebis et l'agneau 20 Orphelin...
7 L'Adoration des bergers 14 Sur le Mont du Crâne  


TORNADE

Les innocents petits drôles
Joignent gentiment leurs mains
Et tournent leur ronde folle.
Ils sont heureux, les gamins !

Ils mènent ces chers enfants
Leur manège émerveillé
Et la tendresse du faon
Luit dans leurs yeux éveillés.

Mais rôdent toujours, immondes,
Des pédophiles d'enfer,
Ignobles briseurs de rondes
Que mille larmes indiffèrent.

Et tournent aussi, atroces,
Les minutes de silence,
Aux enterrements des gosses
Dont on viola l'innocence.


BRUITS DE BOTTES

Escortée par ses chiens, elle marchait, inique ;
Ils aboyaient d'un rien et dévoraient l'éthique.
Entraînant les traîneurs, elle marchait, altière,
Et minait les mineurs dans ses traces guerrières.

Elle marchait encore dans les camps, les goulags,
Pour faire œuvre de mort, en employant la schlague.
Elle marchait, terrible, au but qu'elle ignorait,
En aveugle invincible, renversant monts, forêts.

Elle marchait en reine : monstre d’Apocalypse,
Bête pétrie de haine, du Ciel faisant éclipse.
Elle marchait, avide, se distinguant au sacre
Des plus grands génocides et de tous les massacres.

Elle marchait, canaille, sur les champs de bataille,
Décernant des médailles aux morts sous la mitraille.
L'humanité marchait sur des tas d'ossements,
Voulant sur Dieu cracher sa rage et ses tourments.

L'humanité marchait, marchait...


L'IDIOT

Rire comme il vit,
Sans cesse et de tout,
Vivre comme il rit,
Sans gêne et partout.

Rire de bon cœur,
Rire toujours, rire.
Rire du meilleur
Et aussi du pire.

Rire de ses chaînes,
Rire chaque jour.
Rire de la haine,
Même de l'amour.

Rire des rieurs
Et de ceux qui crient
De tous ceux qui pleurent
Et de ceux qui prient.

Rire à tue-tête,
Rire sans raison,
A en perdre tête,
En toute saison.

Bouffon qui réveille,
On le tient pour niais ;
Mais lui, sans pareil,
Rira le dernier.


CLOCHES

Les cloches sonnent à toute volée
Sur les dos voûtés
Des fidèles passifs.
Benoît le benêt, le bedeau,
Tire, tire, la cloche…

La chaisière traîne un sourire radieux
Et s'efface à petits pas
Devant les fesses des barons.
Le prêtre tente une génuflexion,
Puis escamote une oraison.
Benoît le benêt, le bedeau,
Tire, tire, la cloche...

Dans un recoin sombre
D’une pauvre chapelle
Où quelques chandelles vacillent,
Fragiles lueurs dans la pénombre,
Une cloche en guenilles,
Christ humain qui chancelle
Au soir de la Cène,
Tire, tire, sa peine...


BENOÎT

Benoît le benêt, le bedeau,
Dont les gens bien-pensants
Se moquent soi-disant avec gentillesse,
A mis son p'tit béret
Et s'en va avec ces messieurs ;
Car ces messieurs compatissants,
Comme c'est Noël,
Ont décidé en gloussant
D’amener le bedeau puceau
Au bordel...

Benoît le benêt, le bedeau,
A perdu son p'tit béret, l'idiot,
Et il fuit désespérément vers la chapelle,
Le cœur gros,
Les joues baignées de pleurs,
Poursuivi par les rires gras
De ces messieurs qui le rappellent...

Benoît le benêt, le bedeau,
Sans son p'tit béret, l'idiot,
Balance doucement,
Grand et calme,
Au son de sa cloche préférée.
A ses pieds la masse anonyme
Des curieux surexcités
S’agglutine...
« Nom de Dieu ! dit le curé,
Fendant la horde,
Alors quoi ? Coupez la corde ! »


NATALIS DIES

Joyeux Noël !
Crie quelqu'un dans la rue.
Un enfant est né,
Dans les bas quartiers,
Bas morceau,
Un enfant du vin ;
Un petit cœur qui tremble de peur,
De peur d'avoir peur,
Car il est né en vain,
D’un deuxième lit,
D’un deuxième lit de vin.

“ Non ! Pas de ça !
Pas de ça chez moi !”
Gémit l'ivrogne, livide,
Du fond de sa bouteille vide.
“ Non ! Pas de ça !
Pas d'enfant sans bras !”

Et comme un vieux paquet,
Un enfant est jeté,
Un enfant de troupe,
Un enfant de troupe des litres,
Un enfant est jeté,
À travers les cartons sales
De la fenêtre sans vitre.

Joyeux Noël !
Crie quelqu'un dans la rue.
Une loque sanglote.
Un enfant n'est plus.
Une épave humaine
Disparaît entre les flics qui l'emmènent.
Un enfant n'est plus.
Dans les quartiers vils de la ville,
La vie continue...


L'ADORATION DES BERGERS

Bien avant que les mages à l’Enfant rendent hommage
Avec la myrrhe, l’or, l’encens pour témoignage,
Les bergers, sur le champ, présentent leur fromage,
Tandis que sous l’Etoile chante le chœur des anges.


MAL D'AMOUR

Satan conduit le bal, le bal des mal-aimés.
J'adopte le faciès du soudard en conquête.
Les accords déchirants qui me tournent la tête
Ajoutent au frisson de tes seins animés.

Je rêve que tu veux bien me laisser te toucher ;
Mais, belle sans pitié, tu écartes ma main.
Et si, heureux hasard, la trompette bouchée
Fait rencontrer nos fronts : tu t'enfuis. A demain !

Cupidon se démène. Orphée remue l'enfer.
Hercule, déchaîné, lutte contre les dieux.
Et tandis qu'en mon corps, brûlant, Bacchus s'affaire,
Zeus lance des éclairs à travers tes grands yeux.

Que de lambeaux de deuil au roncier de la vie !
L'impassible Destin s'amuse avec les Parques
Et le passeur lugubre mène en la triste barque
Un fantôme docile à l'air presque ravi.

Il faut savoir subir la ténébreuse nuit
Où l'être squelettique fouette ses noirs coursiers ;
Car malgré la distance et son air émacié,
Fidèle au rendez-vous, la Bonne Etoile luit...


24 AOUT 39

Sur l'occulte tapis se pencha la voyante.
Le curieux consultant se redressa soudain :
Les cartes parleraient, brutales, terrifiantes,
Révélant sa fureur, sa haine et son dédain.
« Eh bien, dit la sibylle, le chemin est tracé !
Continue ton combat, le fleuve suit son cours.
Poursuis cette croisade sans être influencé
Par les gueux qui feront du bruit et des discours !
Je te connais, pendant, un immense projet.
N'attends pas plus, va, fonce, au mépris des dangers,
Accomplis ton destin sans aucune vergogne ! »
Huit jours plus tard Hitler attaquait la Pologne...


X FILES

Sans détaler
Ni s’étaler
Dans les dédales,
Mulder est allé
S’atteler
À étaler
L’identité
Des tas
D’antithées
Létales
Dans l'entité
De l’Etat laid.


CLAIR DE DUNE

Un front d'enfant sous la lune.
Un peu de vent sur la dune.
Un bruissement de ramure.
Le doux appel de Nature.

Un corps à corps sans combat
Entre contrainte et douceur,
Et des ébats sans débat
Entre regrets et bonheur.

Un bruissement de feuillage.
Un peu de vent sur la plage.
Un peu de sang sur la dune.
Une femme sous la lune.


DROLE D'OISEAU
(Miniconte)

Un oisillon doré tomba un jour du ciel aux pieds d'un pauvre hère ;
celui-ci lui fit incontinent un nid douillet de son vieux chapeau sale.
Les nouveaux amis longèrent le fleuve.
Un rayon de soleil caressait l'onde frémissante.
Le vagabond s'installa sous l'arche d'un pont.
Il se mit en quête d'un endroit confortable et sûr où poser convenablement le salutaire couvre-chef et son précieux contenu.
Au cours de ces investigations, il découvrit, à proximité d'un cageot vide, parmi de vieux cartons, un portefeuille ventru.
Il le saisit fébrilement, le retourna, ébahi, entre ses mains sales et gonflées ;
puis, le souffle court, l'ouvrit : des billets de banque s'échappèrent...
Fou de joie, le veinard, laissant là son protégé, s'éloigna en sifflotant.
Un peu plus tard, il revint au pont, manifestement ivre après maintes libations ;
l'oiseau, inquiet, ne le reconnut point.
L'individu, titubant, maugréant, s'avança tout au bord du quai et, par jeu sadique, lança vers le fleuve le vieux chapeau mou.
Mais, contre toute attente (ô merveille !), celui-ci s'envola à tire d'aile et disparut dans le soleil…
Au bout de trois semaines, le cadavre d’un clochard fut repêché : on ne trouva sur lui qu'un luxueux portefeuille vide…
Chaud et confortable mais combien fragile est le nid de l'amitié !
Que de solitude et d'infortune chez l'homme fortuné !


LE LOUP, LA BREBIS ET L'AGNEAU
(Miniconte)

Au pré l'agneau est sans crainte
Auprès de sa mère.
Mais le loup, de retour,
Rôde alentour…
Bouche bée, bêlant, tremblant,
Blême et trébuchant,
Bébé mouton se blottit dans l'herbe
Qui moutonne au vent de la pluie,
Puis se couche au couchant.
Maman brebis, en éveil,
Veille et surveille.
Elle s'inquiète, respire, soupire,
Enquête, transpire, craignant le pire.
Enfin le monstre qui a faim,
En quête de nourriture,
Montre sa denture.
Sous l'empire du pire appétit qui empire,
Il s'approche, féroce,
La dent dure,
Et négocie la chair du cher gosse.
Refusant le marché atroce,
Maman brebis,
À bout de nerfs, réagit.
Elle fait face à l'animal
Mâle et sanguinaire,
Et offre le cuir de sa gorge
À l'étau de fer,
Donnant ainsi à sa progéniture
Le temps de fuir dans la nature.
Miraculeux effet de l'amour qui les lie !
"Oh ! L’amour d'une mère, amour que nul n'oublie !"*

*ce vers est de Victor Hugo (Les Feuilles d’Automne)


SUR LE MONT DU CRANE

Un roulement de tonnerre
Fuit en l'infini spatial.
Le Ciel épouse la Terre
Qui offre son lit nuptial.

Des cortèges d’autres mondes
Défilent en l'air épais,
Tordant leurs membres immondes
Ensanglantés par l'épée.

Une main de feu dévore
Le rideau du Temple Saint.
Des tombeaux rendent leurs corps :
La terre tremble en son sein.

Un vieil Eole bouffi
Maquille une lune mauve.
Et l’Homme du grand défi
Crée la nuit sur le mont chauve.


DÉPART A LA RETRAITE

Or donc voici venue l'échéance attendue ;
Période difficile, brutale est la rupture.
On se retrouve à nu, en tant qu'individu.
Le fruit reste le fruit, même sans épluchure.

On vous ôte sur l'heure, d'une lourde carrière,
Le corset oppressant comme une camisole.
La scène terminée, s'arrêtent là vos rôles.
Vous croyez perdre un monde ? Vous gagnez l'univers.

Bien sûr il faut subir ce bouleversement,
L'accepter, s'adapter et puis reprendre haleine,
Parce que tout esclave libéré récemment
Eprouve inconsciemment le regret de ses chaînes.

L'un s'en va l'autre vient, c'est la règle implacable.
Pour vous pas d'illusion : nul n'est indispensable.
L'aiguille a fait un tour à l'horloge ironique
Et bouclé vos carrières à l'instant fatidique.

C'est plus qu'un au revoir : un adieu à demi.
Vous laissez des collègues, aussi quelques amis.
Mais, chassons la tristesse, pas de mine défaite !
A tous, bonne santé et heureuse retraite !


CORBEAU

Aujourd’hui
Croa, le corbeau, a dit :
« Je crois que tout le monde croit.
Il y a ceux qui croient qu’ils croient
Et ceux qui croient qu’ils ne croient pas.
Il y a même ceux qui croient qu’ils croient qu’ils croient,
Et ceux qui croient qu’ils ne croient pas qu’ils croient. »


APOCALYPSE
(À la manière de Jacques Prévert)

Ils dirent : « Que notre vérité soit la Vérité ! »
Et ils imposèrent leur vérité.
Et ils dirent que cela était bon.

Ils étaient tous là, assis sur leur nuage confortable.

Ils étaient tous là :
les puissants, les potentats,
Les impotents et les omnipotents,
Les majestés, les tristes sires, les altesses,
Les saintetés et leurs odeurs,
Les éminences et les protubérances,
Les excellences, les révérends,
Les vénérables et les grand maîtres,
Les maîtres étalons et les maîtresses à talons,
Les consuls et les consultants,
Les prêtres à rire et les maîtres à panser,
Les pères blancs et les pervers,
Les frères et les confrères,
Les docteurs de ceci et de cela,
Et même les honoris causa,
Les ministres sinistres, les gardes des sots,
Les tas de secrétaires d'état,
Les grands esprits, les petits génies,
Les machiavéliques, les angéliques,
Les chantres du politiquement correct,
Les tourneurs de langue de bois,
Les manipulateurs, les mystiques mystificateurs,
Les propagandistes, les désinformateurs,
Les démagogues et les pédagogues,
Les monarques et les énarques,
Les hommes providentiels, les sauveurs,
Les pharaons et les nababs,
Les sardanapales, les machiavéliques et les talleyrands,
Les opportunistes et les fumistes,
Les exploiteurs, les esclavagistes, les nihilistes,
Les sybarites et les hédonistes,
Les libertaires à terre, les tolérants intolérants,
Les anars nanars, les républicains monarchistes,
Ceux qui vendent des châteaux en Espagne
Et offrent des pays de cocagne,
Ceux qui font des référendums pour un oui ou pour un non
Ceux qui s'enflamment avec la torche olympique
Et ceux qui se torchent avec la flamme olympique...

Ils étaient tous là :
Les réformateurs et les réformés, les informaticiens difformes,
Les refondateurs, les bien-fondés et les fondés de pouvoir,
Les membres des conseils d'administration
Et leurs rejetons de présence,
Les self-made-men, les alter ego, les arrivistes et les parvenus,
Les banquiers usuriers, les boursiers boursouflés,
Ceux qui se perdent en conjectures sur la conjoncture,
Les assureurs avec beaucoup d'assurance,
Les cupides, les prédateurs, les esclavagistes,
Les média et les médiums,
Les hypnotiseurs et les endormeurs de tout acabit,
Les astrologues désastreux, les devins en vain,
Les mages et leurs mirages, les prosélytes du paranormal,
Les adulés de frais, les sectateurs sectaires,
Les grands prêtres à rire et les dieux du stade,
Les dealers et les dopeurs,
Les mentors menteurs,
Les acolytes alcooliques,
Les tabagiques fumeux,
Les mafieux fameux,
Les maniaques du compromis et du consensus,
Les adorateurs du nombril et les contemplateurs de l'anus,
Les luxueux et les luxurieux,
Les agnostiques hystériques et les cathos scatos,
Les faiseurs d'anges et d'idoles,
Les fabricants de symboles,
Les trafiquants d'influence et d'armes,
Les producteurs d'alarmes de crocodile,
Les signataires d'accord de désarmement universel
Qui arment les terroristes et désarment leurs victimes potentielles,
Les géniteurs de génocides, les chefs d'état frères et ta sœur..

Ils étaient tous là :
Les pédophiles, les exhibitionnistes, les bourreaux d'enfants,
Les maniaques, les paranoïaques et les hypocondriaques,
Ceux de l'état nazi et de l'euthanasie,
Les familles décomposées et recomposées,
Les affameurs et les initiateurs d'épidémies,
Les amants de l’amiante,
Les marchands de sang et d'hormones empoisonnés,
Ceux qui ne se faisaient pas de bile
Pour le nuage de Tchernobyl,
Ceux qui font manger de la vache enragée
Et bouffer de la vache folle,
Les responsables non coupables et les coupables irresponsables,

Ils étaient tous là...
Les incendiaires et les preneurs d'otages,
Les prêteurs de serments d'hypocrites,
Les doctrinaires et les endoctrinologues,
Les esthéticiens et les siliconards,
Les psychotrucs et les psychomachins,
Les mandarins et leurs mandarines,
Les cléments et leurs clémentines,
Les hystériques et les dogmatiques,
Les cagots et les bigots, les faux dévots,
Les odieux au Dieu,
Les lanceurs d'anathèmes et d'excommunications,
Les graisseurs de patte, les engraissés et les dégraisseurs,
Les combinards, les cumulards, les pistonnés, les planqués,
Les philosophes de cour, les intellectuels de salon ;
Les nutritionnistes, les végètes ariens,
Les prêcheurs du dessert, les sableurs du désert,
Les associatifs hâtifs, les éducateurs sans éducation,
Les profs grincheux, les maîtres à ruban rouge,
Les donneurs de leçons, les chercheurs qui ne trouvent jamais,
Et même les formateurs des formateurs d'écoles de formation...

Ils étaient tous là :
Les lécheurs de bottes, les thuriféraires,
Les sycophantes, les courbés jusqu'à terre,
Les bélîtres et les bellâtres,
Les branleurs qui branlent le chef,
Ceux qui théorisent, ceux qui thésaurisent, ceux qui terrorisent,
Ceux qui tranchent dans le vif du sujet à grands coups de machettes,
Ceux qui font des effets de manches et les manchettes des journaux,
Les papes et les soupapes,
Les fifres et les sous-fifres,
Les exécuteurs et les exécutants,
Les juges des flagrants dénis et les transfuges,
Les notaires à terre et les avocats caquetants,
Les notables et leurs chaises à porteurs,
les vénéneux et les vénérables,
Les gens « bien », les gens « comme il faut »,
Les chefs de basses œuvres en péril, les tortionnaires en exil,
Les généraux en général, les commissaires à rien,
Les états-majeurs, les stratèges de salon,
Les rats musclés et les flics musqués,
Les idées fixes et les polices parallèles,
Ceux qui fichent et s'en fichent,
Ceux qui écoutent et n'y entendent rien,
Ceux qui pendent , suspendent, stipendient et vilipendent,
Les cerbères des cellules de l'Elysée,
Les services spécieux et les sévices spéciaux,
Les hommes de main, les mains du destin,
Les mains dans le sac, les mains sur le cœur,
Les serins sereins, les affidés,
Les hommes liges et les ligueurs,
Les gros bras et les bras droits,
Les corps de garde et les gardes du corps,
Les reîtres et les traîtres,
Les spadassins assassins,
Les escarpes et les petites frappes
Les brigands et les routiers,
Les grandes compagnies en mauvaise compagnie,
Les barbouzes, les barbus, les estafiers,
Les soudards et les salopards,
Les ostrogoths et les saligauds,
Les vandales et les que-dalle,
Les sbires, les séides, les sicaires, les nervis,
Les gorilles et les acolytes de tout acabit ;
Les grands capitaines et les petits soldats,
Les grands traîtres et les grands prêtres,
Les félons et les faux-frères,
Les ministères désarmés et leurs déclarations de guère,
Les paras ordinaires et les paranormaux,
Ceux qui n'ont qu'une parole et trop de mots,
Ceux qui n'ont pas de parole mais une langue bien pendue,
Les violeurs de traités, les traités de violeurs,
Les vrais et les faux-semblants...
Ceux qui trouvent des tas de raisons à la raison d'Etat...

Ils étaient tous là :
Les vampires qui se font du mauvais sang,
Les gourous qui crient au loup,
Les centristes excentriques et les contorsionnistes,
Les tortionnaires et les totalitaires,
Les exterminators et les dictateurs de tous bords,
Les initiateurs et les exécuteurs
Des camps de la mort, du goulag et du laogaï,
Ceux qui raflent, rafalent et raffolent de remplir les stades et de vider les places,
Les idéalistes, les fanatiques, les politiciens, les démagogues,
Ceux qui font des référendums pour un oui ou pour un non,
L’ONU et ses résolutions sans solution,
L’OTAN en emporte le vent,
Les continentaux incontinents et les insulaires insolents,
Les indépendantistes pendant et dépendant,
Les humanistes étrangement xénophobes,
Les humanitaires sans droit d'ingérence,
Les profanateurs et les inquisiteurs,
Les multiples et les pluriels menant des battues aux singuliers...

Ils étaient tous là :
Les bêtes de somme qui additionnent,
Les soustracteurs frauduleux et les diviseurs patentés,
Les physiciens faisant la bombe propre et sans dégât,
Les gars des gaz et leur horrible alchimie,
Les biologistes et toutes leurs cloneries,
Les généticiens sans gêne, les sans gêne sans madame,
Ceux qui se rient des tueries de bactéries,
Les têtes vides, les têtes avides,
Les têtes chercheuses et les têtes creuses,
Les têtes folles et les têtes molles,
Les fossoyeurs de déchets radioactifs,
Les requins mazouteurs des mers,
Les enfouisseurs de produits chimiques,
Les empoisonneurs d'atmosphère,
Les surproducteurs à grand renfort de pesticides,
D’insecticides et d'engrais toxiques,
Les zélateurs de Mammon, les fondeurs de veau d'or,
Ceux qui mondialisent et qui globalisent,
Les héros, les hérauts, les zorros, les zéros,
Les heureux de l'Europe et de l'euro,
Ceux par qui l'euro est arrivé,
Les escrocs légaux, les tisseurs de réseau,
Les groupes de pression et d’influence,
Les capitalistes sauvages et les sauvageons des capitales,
Les magouilleurs, les spoliateurs, les thésauriseurs,
Les épargnants qui n'épargnent personne,
Les spéculateurs qui spéculent sur tout sauf sur l'avenir,
Les prétentieux, les narcissiques et les autosatisfaits,
Les concupiscents et les pissant aux culs des cons...

Ils étaient tous là et ils dirent :
“ Que le monde soit à notre image ! ”.
Et ils firent le monde à leur image.
Et ils trouvèrent que cela était bon.

Ils créèrent une sphère énorme indispensable et nécessaire.
Et sur ce globe ils bâtirent leur monde idéal.
Un monde immonde, ignoble, inique, menteur, poussif,
Bourré d'idées reçues, de poncifs et de pontifes.
Un monde sale, repoussant, exécrable, abominable.
Un charnier planétaire, un immense tas de fumier pestilentiel,
Une gigantesque poubelle nauséabonde.
Un monde avec des jours sans jour et des nuits d'encre,
Un air irrespirable, une eau imbuvable, une terre souillée.
Un monde inhumain et inhabitable.
Un monde pourri.

Ils virent tout ce qu'ils avaient fait.
Et ils soutinrent que cela était bon...

Alors, venue du fin fond de l'univers,
Une plume d'ange,
éclatante de lumière,
S’approcha de la sphère
qu'elle frôla.
A son contact, incontinent, le globe implosa...

C'est ainsi que la planète appelée Terre
Quitta le ring solaire,
Vaincue par chaos...


N.B. Les individus ou les groupes d'individus présentés dans ce récit de fiction sont totalement imaginaires. Toute ressemblance avec des personnes vivantes ou décédées ne serait que le fruit du hasard… comme la plume d’ange !


RONDE
(Aux orphelins de policiers)

Les innocents petits drôles
Joignent gentiment leurs mains
Et tournent leur ronde folle.
Ils sont heureux, les gamins !

Ils mènent ces chers enfants
Leur manège émerveillé
Et la tendresse du faon
Luit dans leurs yeux éveillés.

Mais rôdent toujours, immondes,
Monstres dyssociaux, cyniques,
D’ignobles briseurs de rondes :
Les lâches tueurs de flics.

Et tournent aussi, plombées,
Les minutes de silence :
Bel hommage à ceux tombés
Pour le Devoir et la France.


UN POLICIER REPOSE
(Aux orphelins de policiers)

Un policier repose : son âme s'est enfuie.
Les yeux fixant le ciel aux nuages de poudre,
Un policier repose, son arme dans l'étui,
Tel un arbre meurtri, terrassé par la foudre.

Que de lambeaux de deuil au roncier de la Vie !
L'impassible Destin s'abouche avec les Parques
Et le passeur lugubre mène en la triste barque
Le spectre de celui qu'aux siens on a ravi.

Le rosier a des fleurs mais aussi des épines.
L'homicide jouit du fruit de ses rapines.
Si notre Terre aveugle se refuse à punir,
Il ne restera plus au Ciel qu'à en finir.

Il faut savoir subir la Ténébreuse Nuit
Où l'Etre Squelettique fouette ses noirs coursiers.
Car malgré la distance et son air émacié
Il est en quelque part une Etoile qui luit.

Un policier repose, imposant le respect.
Drapée de dignité, encadrée de discours,
La famille, vidée, ne crie plus au secours.
Ci-gît un policier sur l'autel de la Paix.


ORPHELIN...
(A l'Orphelinat de la Police Nationale)

Cierge fragile dont la flamme vacille,
Victime innocente de la folie des dieux ou des hommes,
Angelot gracile à qui le Sort aveugle a rompu les ailes,
Tout au creux de ma dextre, enfant, blottis ta main !

Je veux être et ta mère et ton père :
Mère pour consoler, père pour protéger.
Etre à la fois le bras qui enlace et la poigne qui rassure,
Le bouclier et le glaive, le sucre et le sel.

Je veux être le sein qui nourrit, la verge qui corrige,
La poitrine qui reçoit, le tuteur qui rend droit,
Le miel sur la tartine, le baume sur le cœur
Et le phare qui guide au milieu des récifs.

Je veux être l'astre de tes jours, la veilleuse de tes nuits,
La lampe dissipant les spectres du noir chagrin,
L'éclaireur attentif assurant ta démarche :
Fier de tes succès, meurtri par tes échecs.

Je veux être l'allié indéfectible,
Le Cœur hospitalier grand comme une Maison,
L'inépuisable manne pour ta faim d'Amour,
L'intarissable puits pour ta soif de Vivre,
Le mouchoir toujours prêt qui doucement recueille
Les larmes amères au coin de ton œil.

Je veux être et ton père et ta mère :
La tape sur l'épaule et la caresse sur le front.
Tout au creux de ma dextre, enfant, blottis ta main !
Si tu n'es pas de moi, tu es devenu MIEN !


Citations

Car la poésie est l'étoile
Qui mène à Dieu rois et pasteurs. (Victor Hugo, Les rayons et les ombres)

La poésie est le miroir brouillé de notre société. Et chaque poète souffle sur ce miroir : son haleine différemment l'embue. (Louis Aragon)


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire. Toute reproduction à but non lucratif est autorisée.

Date de mise à jour : 09/02/2017

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