Cannibalisme. Anthropophagie.
Hémophagie. Vampirisme.

SOMMAIRE

1 Définitions
2 Petite histoire du cannibalisme
3 Cannibalisme de pénurie ou de survie.
4 Hémophagie, vampirisme
5 Citations


DEFINITIONS

L’anthropophagie (du grec anthropos = homme et phagein = manger) est le fait, pour un homme, de manger de la chair humaine. C'est la manducation de l'homme par l'homme.

Le cannibalisme est le fait, pour un homme ou une espèce animale, de dévorer des individus de sa propre espèce.
Le cannibalisme, phénomène social, observé dans certaines sociétés traditionnelles, consiste à ingérer rituellement de la chair humaine.
Le terme "cannibal" provient du mot espagnol "caníbal", altération du mot arawak "cariba" signifiant "hardi, courageux" et désignant les Indiens Caribes qui avaient la réputation de manger des êtres humains et vivaient dans les Antilles à l'arrivée de Christophe Colomb (1492).
Intimement associé à la guerre, à la mort et à la régénération, le cannibalisme ne consiste pas à nourrir des hommes mais s'apparente à des concepts d'identité sociale, de royauté et au transfert de l'âme d'une personne à une autre.
Là où le travail n'était pas imposé par la nécessité, l'esclavage n'existait pas : on tuait les prisonniers de guerre et souvent même on les mangeait.

L'exocannibalisme est le fait de manger réellement la chair d'un ennemi ; il exprime la férocité, la revanche et l’appropriation des qualités guerrières de l’adversaire : la bravoure et la force notamment.
L'hémophagie ou vampirisme est le cannibalisme du sang.

L'endocannibalisme, pratique funéraire, est le fait d’ingérer les restes d’un parent décédé. Certains réduisent en poudre les ossements du défunt auxquels ils ajoutent de la bière de manioc, et font boire cette mixture aux proches parents. Les ossements sont censés contenir les éléments vitaux de l'esprit de la personne morte qui sont ainsi transmis aux consommateurs. D’autres ingèrent seulement le cerveau et/ou le cœur, sièges supposés de l’âme du disparu.
Il est avéré que certaines Chinoises mangent leur embryon ou leur foetus après une fausse couche. Il n’est pas exclu que cette pratique soit plus répandue dans le monde qu’on n’ose le croire.
Quant au placenta, il est, selon les traditions, enterré respectueusement ou rejeté comme maléfique ou mangé par la famille. La placentophagie est assez répandue aux Etats-Unis [.] Le placenta est en effet bourré de vitamines et le manger permettrait à la maman de se rétablir plus rapidement après l’accouchement 46. Si la science reconnaît les bienfaits hormonaux et nutritifs du placenta in utero, il n'existe aucune étude scientifique aboutie sur les bienfaits de la placentophagie chez les humains, affirme Daniel Benyshek, un anthropologue de la santé à l'université du Nevada (ouest) ; de même, aucun chiffre officiel ne circule sur le nombre d'adeptes de cette pratique née dans les années 1970 aux Etats-Unis 47.
La nécrophagie est le fait de manger des cadavres d'une autre espèce. On ne parle de nécrophagie que lorsque la proie n’a pas été tué par l’individu qui la mange ni par un de ses congénères. Les nécrophages trouvent leur proie déjà morte, ou encore mourante ; dans ce dernier cas, ils attendent sa mort passivement, mais ne la tuent pas eux-mêmes. La nécrophagie ne concerne que la consommation d’êtres d’une autre espèce ; lorsque le cadavre est celui d’un membre de la même espèce, il s’agit d’une forme de cannibalisme. 44


PETITE HISTOIRE DU CANNIBALISME

La pratique du cannibalisme, attestée dans de nombreuses parties du monde, remonte à la nuit des temps.

D'après le livre d'Hénoch, cité par st Jude, les géants, issus du commerce des anges et des filles des hommes, sont les premiers anthropophages.

Des ossements de six Néandertaliens, datant de 100.000 à 120.000 ans et portant des traces de dépeçage et de broyage, sont découverts dans la grotte de la Baume de Moula-Guercy à Soyons en Ardèche. 49

Scientific Reports, un journal du groupe Nature publie, en juillet 2016, les travaux de l'anthropologue française, Hélène Rougier, révélant que, dans la Troisième caverne de la grotte de Goyet en Belgique, plusieurs os humains, issus de six Néandertaliens et datés de 40 000 ans, montrent des traces de découpe : "On peut conclure que certains Néandertaliens sont morts et ont été mangés ici".

Une étude effectuée par une équipe internationale menée par Fernando Ramirez Rozzi, du laboratoire Dynamique de l'évolution humaine : individus, populations, espèces du CNRS, à Paris, suggère que les relations entre l'homme de Neandertal et l'homme moderne (Homo sapiens) n'étaient pas au beau fixe… puisqu'elle fait état d'agressions du premier par le second ! 14 "Surprenants, nos résultats suggèrent que les néandertaliens ont été en contact avec les premiers représentant des hommes modernes ; et ces derniers semblent avoir rapporté des corps de néandertaliens dans leur caverne pour les manger"… précise Fernando Ramirez Rozzi. Pour parvenir à cette conclusion, le paléoanthropologue, spécialiste du développement dentaire, et son équipe ont analysé des fossiles trouvés sur le site préhistorique des Rois, à Moutiers en Charente... 15

Une recherche franco-allemande s'intéresse aux pratiques du cannibalisme, il y a entre 5.300 et 4.950 avant notre ère, sur le site d'Herxheim situé au sud du Land allemand de Rhénanie-Palatinat, découvert par prospection de surface dans les années 1980 17 puis de 2005 à 2008 : plus de 500 squelettes d'individus étrangers à la population locale révèlent qu'ils ont été cuits et consommés 48. Des os portent des traces de morsures, des côtes ont été apparemment cuites au feu, des fémurs broyés probablement pour en extraire la moelle... Ces hommes ne semblaient pas originaires de la région, mais de contrées beaucoup plus lointaines, correspondant à la civilisation "rubanée". C'est ce que révèlent les fragments de céramique découverts sur le site. Ce cannibalisme n'obéirait pas à des raisons bassement alimentaires mais à des rituels précis. 51

Les Hittites (apparus vers 1900 av. J.-C.) empalent, avec toute leur famille, les chefs des villes rebelles ; ils les découpent en morceaux qu'ils mettent à cuire et qu’ils distribuent au peuple pour terroriser les opposants.

Vers 1450 avant notre ère, après l'explosion volcanique de Théra (Santorin), les Minoens rescapés pratiquent des sacrifices sanglants ; une découverte récente, sur le site de Cnossos en Crète, d’un amoncellement d’os de jeunes gens taillés en pièces, ne laisse désormais plus aucun doute sur les pratiques anthropophagiques du peuple de Minos. Les Mycéniens, envahisseurs venus du Péloponnèse, furent choqués par le cannibalisme pratiqué par les Minoens survivants, d'où son association avec le dieu-taureau des Minoens, en la personne du fameux Minotaure.

L'historien grec Hérodote (484-425 av. J.-C.) ainsi que d'autres auteurs de l'Antiquité décrivent des peuples qu'ils qualifient d’anthropophages : Massagètes, Padéens, Issédons, Scythes et Thraces. Certains sont nécrophages, d'autres sacrifient les vieillards et les malades avant de les faire cuire et de les consommer.
Strabon (+ 21/25) constate des actes d’anthropophagie chez les Massagètes ; Pline (+ 79) chez les Scythes et les Sarmates.

Galien rapporte qu'au temps de l'empereur Commode (180-192), des Romains vont jusqu'à goûter de la chair humaine.

L'évêque Epiphane de Salamine ou de Chypre (+ 403) écrit dans son Panarion (Adversus Haereses = Contre les hérésies) que la secte ophite des phibionites pratique l’avortement et que le fœtus, démembré, enrobé de miel et d’épices, est dévoré par le groupe comme une sorte d’eucharistie.

Jérôme de Stridon (+ 420) raconte qu'il a vu une horde bretonne, qui s'est jetée sur la Gaule, "manger les cuisses des bergers et les mamelles des femmes".

En 789, le capitulaire de Charlemagne est l'un des premiers textes juridiques à se préoccuper des actes de cannibalisme : « Si quelqu’un, trompé par le diable, croit qu’une femme est une sorcière qui mange des hommes, et que pour cela il la brûle et donne sa chair à manger ou la mange lui-même, il sera puni de la peine capitale ». 12

Le chroniqueur franc Raoul de Caen (+ 1120) rapporte un épisode des croisades : « A Maara, les nôtres faisaient bouillir des païens adultes dans des marmites ; ils fixaient les enfants sur des broches et les dévoraient grillés ».

Le voyageur Marco Polo (+ 1324), raconte que des tribus, du Tibet jusqu'à Sumatra, pratiquent le cannibalisme.

Le cannibalisme fait partie des croyances des Amérindiens : lors du deuxième voyage de Colomb en Amérique (1493-96), le médecin de l’expédition, Diego Alvarez Chanca, rédige ce qui est le premier récit ethnographique consacré aux peuples du Nouveau Monde. Chez les Indiens Caraïbes, les Espagnols trouvent quantité d’ossements humains. Chanca écrit : “Ils (les Indiens, ndlr) prétendent que la chair de l’homme est si bonne à manger que rien au monde ne peut lui être comparé.” 5
Isabelle la Catholique, en 1503, puis Ferdinand d’Aragon, en 1512, ne permettent de réduire en esclavage que les Amérindiens cannibales.
Les Anasazi sont contraints au cannibalisme par la famine causée, selon les climatologues, par une longue sécheresse de 23 ans commencée en 1276 19.
Le cannibalisme (probablement rituel) au Texas, au moins dans la tribu des Karankawas, est connu et relaté (à mots couverts) par Cabeza de Vaca. Les Karankawas conservent leurs prisonniers en vie jusqu'à ce que, pour des raisons non connues, ils décident de les sacrifier 21.
Au Mexique, des milliers de victimes humaines sont sacrifiées tous les ans par les Aztèques. Après la cérémonie, les prêtres et la population mangent les corps des victimes, pour se rapprocher des divinités.
Les Hurons, les Algonkins, les Crees, les Iroquois et leurs voisins pratiquent la capture de prisonniers, mais ils ne mangent (étant strictement exocannibales) que les étrangers tombés à la guerre ; la plupart des captifs sont intégrés dans le groupe et dans le système matrimonial iroquois.
En Amérique du Sud :
- Les prêtres des Mochicas pratiquent des sacrifices humains : ils égorgent les victimes, collectent leur sang dans des bols et le boivent.
- Les Indiens Tupinamba du Brésil constituent, comme nombre de sociétés amérindiennes, un groupe fortement guerrier, pour lequel le fait de capturer des prisonniers et de les consommer représente un rituel complexe. Mort sur le champ de bataille, l’ennemi est mangé sur place ou découpé et emmené au village, tandis que les prisonniers, propriété de celui qui les a capturés, sont incorporés temporairement dans la communauté tupinamba, avant d’y être exécutés et consommés en un rituel collectif de plusieurs jours, assez rapidement s’ils sont âgés, vingt ans plus tard parfois s’ils sont jeunes (ils ont alors reçu une épouse). En 1578, Jean de Léry décrit ces pratiques des Tupinamba ; il en profite pour fustiger ses contemporains en pleines guerres de Religion en dénonçant les cas de victimes, protestantes ou catholiques, dont la chair est vendue et consommée afin de détruire l’hérétique.


Cannibalisme au Brésil en 1557. Gravure de Théodore de Bry, 1562

- D’autres sociétés du groupe Tupi-Guarani pratiquent le cannibalisme : Guarani, Tupinikim, Chiriguano, Guarayu, Shipaia.
Les Guayaki du Paraguay, endocannibales et nécrophages, mangent les morts de leur groupe à l’exclusion de ceux que les règles de la prohibition de l’inceste leur interdisent (père, mère, fils, fille, frère, sœurs).
- Au Brésil, chez les Capanaguas du Rio Ucayale et les Tapuias de l'Etat de Bahia, l'anthropophagie remplace l'enterrement : chaque famille fait rôtir ses morts et les consomme.
- Les Yanomami (Brésil, Venezuela) ingèrent les os pilés de leurs morts, mélangés à des aliments : "Un an après l’enterrement, on déterre les corps et dans un cadre cérémoniel, on leur rend hommage. La meilleure façon de le faire, c’est de manger les os pilés mélangés à des aliments dans une préparation culinaire (généralement de la purée de bananes) et de leur offrir le corps des vivants comme sépulture". (Mondher Kilani, professeur d’anthropologie)
- En 1558-1559, le capitaine Luis Lanchero dirige une expédition contre les Muzos de Colombie, lesquels, guidés par leur chef Quirimaca, égorgent les Espagnols qui tombent entre leurs mains et dévorent les malheureux Muiscas.
- En 1844, alors qu'il fuit Mexico, le président Antonio López de Santa Anna est capturé par des indigènes cannibales de la région de Xico dans l'État de Veracruz qui s'apprêtent à le manger ; il ne doit son salut qu'à l'intervention des troupes gouvernementales. 20

Au XVIe siècle, les Roms sont accusés d’irréligiosité, de commerce avec le diable, d’espionnage au profit des Sarrasins, puis de vols d’enfants et de cannibalisme.

En 1573, le Français Gilles Garnier admet avoir assassiné plusieurs enfants, dont les corps ont été découverts mutilés et à moitié dévorés. Il affirme être un loup-garou ; c'est un démon qui lui a appris à se changer en loup en se frottant le corps d’un onguent. Il admet qu’il aime manger de la chair humaine... et qu’il a les mêmes inclinaisons anormales qu'il soit dans son état d’être humain ou dans celui de loup 1.

En 1587, les tribus cannibales Zimba, venues du Zambèze, attaquent Kiloa (Tanzanie) à revers et massacrent la plupart de ses habitants, puis elles remontent vers le nord en longeant la côte de l'Afrique orientale et détruisant tout sur leur passage.

En Inde centrale, les adorateurs de Kali mangent le corps des personnes âgées ou infirmes et des malades pour plaire à la déesse ; membres de la famille et amis sont invités à partager le festin.

"Chez les Dayak de Malaisie, le cadavre des chefs et des notables était gardé à l'intérieur de leur maison jusqu'aux obsèques définitives. Le cercueil était scellé et les matières putrides qui s'écoulaient par un tuyau de bambou fixé au fond du cercueil, étaient soigneusement recueillies dans un vase de terre. Le quarante-neuvième jour après le décès, on examinait le contenu du vase, et s'il renfermait trop de matières une pénalité était infligée aux parents du mort parce qu'ils n'avaient pas fait leur devoir … En quoi ce devoir consistait, c'est ce que la coutume d'un autre groupe dayak nous apprend : on recueille les liquides provenant de la décomposition du cadavre et on les mêle au riz consommé par les parents du mort." 2

Chez les Battas (ou Bataks) de Sumatra, l'anthropophagie fait partie du système judiciaire pénal. Sont condamnés à être mangés vivants : ceux qui se rendent coupables d'adultère ; ceux qui commettent un vol au milieu de la nuit ; les prisonniers faits dans les guerres importantes ; ceux qui étant de la même tribu se marient ensemble ; ceux qui attaquent traîtreusement un village, une maison ou une personne. C'est sur le lieu même du supplice que le condamné doit être consommé, seulement par les hommes, car la chair humaine est interdite aux femmes.

Certaines tribus papoues mangent les voleurs et les prisonniers de guerre qu’elles ont engraissés.
Les Papous de Nouvelle-Guinée ont aussi pris l’habitude de consommer les cerveaux de leurs morts afin de leur rendre hommage ; ils se transmettent ainsi le kuru, une affection à prion du système nerveux central. En 1957, les autorités australiennes interdisent la nécrophagie si bien que le kuru est aujourd’hui quasi éradiqué.
L'anthropologue Jack Petrie a effectué des recherches sur le terrain parmi les chasseurs de tête de l'Irian Jaya (Nouvelle-Guinée indonésienne) 3 : "Une fois, il a, sans le savoir, mangé de la chair humaine rôtie ; il a cru que c'était du singe".

L’anthropophagie des Falateka de Mélanésie est étroitement liée à des rituels funéraires et constitue le fondement de leur pensée religieuse et de leur organisation cultuelle. Acte sacrificiel, la consommation d’une victime humaine est le moment principal et la clôture du cycle funéraire en l’honneur de sacrificateurs défunts dont la fonction est de renouer le dialogue avec les ancêtres. Les victimes ne peuvent être prises que dans un clan différent de celui qui effectue le rituel et parmi les hommes, les femmes étant considérées comme impures.

Les habitants de la Nouvelle-Zélande pensent, en mangeant l'oeil et le coeur de l'ennemi, s'assimiler sa vie, s'approprier ses qualités, sa force, son courage…

Le cannibalisme, pratiqué en Polynésie, est perçu comme un transfert de pouvoir et de la force du guerrier tué vers son vainqueur. 4

En mai 1789, à Caen, touché par une famine, la population se révolte. François-Henri duc d'Harcourt et comte de Lillebonne, gouverneur de la Province de Normandie, est témoin d'une émeute au cours de laquelle le jeune vicomte de Belsunce, major en second du régiment Bourbon Infanterie, est assassiné et dépecé par la foule puis grillé et mangé ; une femme dévore son coeur. Sa tête, mise au bout d'une pique, est exhibée sous les fenêtres de l'Abbaye-aux-Dames, dont sa tante est l'abbesse. A l'intérieur de l'abbaye, se trouve une certaine Charlotte Corday... 52

Lorsque les Français arrivent en Nouvelle Calédonie, au milieu du XIXe siècle, les Canaques dominent des tribus-esclaves qu'ils nomment "tribus garde-manger". En 1931, à l'occasion de l'Exposition coloniale de Paris, des Kanaks sont exposés comme "anthropophages" dans un enclos de cases, au jardin d'acclimatation du Bois de Boulogne.

Les Azandé du Congo, surnommés Niam-Niam (ou Nyam-Nyam), ne mangent que les guerriers tués sur le champ de bataille et les criminels. Ce surnom, probablement d'origine dinka (peuple du Sud du Soudan), signifie "grands mangeurs" dans cette langue (c’est peut-être une onomatopée) et serait une allusion à la propension au cannibalisme des Azandé. 13

Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent (+ 1846), officier, naturaliste et géographe, écrit : "On assure que chez la race africaine des Jagas (guerriers africains de l'est et du sud du royaume de Kongo, ndlr) des quartiers d'hommes et de femmes, des membres proprement dépecés, se voient fréquemment exposés en vente, comme de la viande de boucherie, sur les places qui servent de marchés dans leurs campements".

Georges Clemenceau (1841-1929), journaliste et homme politique (le futur "Tigre"), rapporte qu'à la fin du XIXe siècle, on trouvait sur les marchés d'Afrique équatoriale des individus sur lesquels chacun marquait le morceau qu'il désirait acheter pour manger. Lorsque tout était vendu, la personne était abattue, découpée, et les morceaux distribués aux acheteurs.

Le 16 août 1870, jour de la foire annuelle à Hautefaye (Dordogne), tandis que les armées impériales de Napoléon III subissent défaite sur défaite, un hobereau, Camille de Maillard, s'amuse à provoquer les paysans bonapartistes en criant "Vive la République !" et parvient à s'enfuir. Deux cents villageois furieux s'en prennent alors à son cousin, Alain de Moneys, autre gentilhomme, qu'ils martyrisent pendant des heures, après lui avoir fait crier "Vive l'Empereur ! A bas la Prusse !" Puis, ils font brûler le malheureux. Certains enragés consomment de la graisse encore bouillante du "cochon qui grille" étalée sur des tranches de pain ; on n'oublie pas de servir les enfants. En décembre 1870, le tribunal de Périgueux prononce 21 condamnations dont 4 à mort. Le lundi 6 février 1871, à 8h31, les 4 condamnés à mort sont guillotinés sur la petite place du bourg surnommé le "village des cannibales".

En 1907, des soldats japonais prisonniers sont dévorés par la tribu Takou Kan de Formose.

Entre 1918 et 1924, l’allemand Fritz Haarmann assassine une cinquantaine de garçons pauvres et sans logis. Il les attirait chez lui en leur promettant à manger ou à boire, puis les violait et les assassinait. Il les découpait ensuite en morceaux qu’il vendait au marché noir comme étant "du porc ou du cheval". Il déclare ne pas en avoir consommé.

Après la Première Guerre mondiale, William Buehler Seabrook, journaliste au New York Times, voyage en Afrique où il s’interroge sur le cannibalisme. Il finit par rencontrer une tribu d’anthropophages qui mangent leurs ennemis tués au combat. Un des guerriers lui explique quelles parties sont le plus appréciées : pour la viande, tout le dos (ce qui correspond, chez le bœuf, à l’entrecôte, au filet et au rumsteck), pour les abats, le foie, le cœur et le cerveau sont considérés comme les morceaux de choix. Un guerrier lui avoue que, pour lui, "la paume des mains était le plus tendre et délicieux morceau de tous". Revenu en France, il réussit à se procurer un morceau de chair auprès d’un interne de la Sorbonne et, dans la villa du baron Gabriel des Hons, à Neuilly, se livre enfin à son expérience, devant témoins. Il cuisine la viande et la goûte : "Cela ressemblait à de la bonne viande de veau bien développé, pas trop jeune mais pas encore un bœuf. C’était indubitablement comme cela, et cela ne ressemblait à aucune autre viande que j’aie déjà goûtée. C’était si proche d’une bonne viande de veau bien développé que je pense que personne qui soit doté d’une sensibilité normale n’aurait pu le distinguer du veau." 5

Dans les années 1920, l’américain Albert Hamilton Fish, malgré son âge avancé, viole, assassine et dévore plusieurs enfants. Ce cannibale sexuel affirme avoir éprouvé un énorme plaisir sexuel lorsqu’il mangeait un enfant, mais aussi quand il s’imaginait en train de le faire ; il dit qu'il voulait manger de la chair humaine les jours de pleine lune. Il s'introduisait des carottes et des saucisses dans l'anus avant de les manger. Coprophage, il consommait non seulement la chair de ses victimes, mais également leur urine, leur sang et leurs excréments. Le 16 janvier 1936, Fish, surnommé le Vampire de Brooklyn, l'Ogre de Wysteria, le Gray Man ou encore le croque-mitaine, est exécuté, sur la chaise électrique à Sing Sing dans l'État de New York. 13

Georges Grossmann, un Allemand, est arrêté en 1921. Il aurait abattu des jeunes femmes pour sa consommation personnelle et revendu certains morceaux au marché noir. 13

Entre 1921 et 1924, Karl Denke assassine des vagabonds - hommes et femmes - qui passent par Munsterberg, en Silésie (à présent Ziebice, en Pologne), et qu’il invite "gentiment" dans sa pension. Il découpe leurs corps en morceaux qu’il sale, puis mange peu à peu... Il en propose parfois à ses locataires 1. Arrêté le 21 décembre 1924, Denke se pend le lendemain dans sa cellule.

Durant la Seconde Guerre mondiale les soldats japonais commettent des actes de cannibalisme à l'encontre des prisonniers et des populations civiles dans les territoires occupés. Ces actes ont pu être motivés par la famine dans certains cas ; mais selon l'historien Yuki Tanaka, "le cannibalisme était souvent une activité systématique menée par des escouades entières et sous le commandement d'officiers". Les plus hauts gradés connus ayant pratiqué le cannibalisme sont le lieutenant-général Yoshio Tachibana (qui, avec 11 membres de son personnel, a été jugé pour avoir fait manger un aviateur américain en août 1944 à Chichi Jima) et le vice-amiral Mori (pour avoir mangé un prisonnier lors d'une réception en février 1945). Selon le témoignage de plusieurs prisonniers, tel que celui du soldat indien Hatam Ali, les victimes étaient parfois dépecées vivantes.

Durant la guerre du Vietnam (1959-1975), des soldats vietcongs ingèrent le foie de leurs ennemis pour s’approprier leur force.
La presse publie des photos d’enfants-soldats laotiens exhibant les foies humains qu’ils vont consommer.

Dans Stèles rouges, l'écrivain Zheng Yi raconte comment, au cours d'une enquête dans la province de Guangxi, il découvrit de nombreux cas de cannibalisme qui eurent lieu durant la révolution culturelle : "Aussi parle-t-on rarement de ce qui 6 arriva en Chine en 1968, en pleine révolution culturelle. Des étudiants du Guangxi ont mangé leur professeur, et le cannibalisme politique est devenu une expression admissible de la cruauté révolutionnaire. Des hommes étaient découpés vivants, on organisait des festins de chair humaine rituels auxquels chaque camarade se devait de prendre part.” 7
À Wuxuan, dans des campagnes isolées de la province du Guangxi (Sud-Est), la barbarie atteignit des sommets : les coeurs, foies et parties génitales de victimes furent découpés et cuits avant d'être consommés par leurs tortionnaires. « C'est un cannibalisme causé par des événements politiques, une haine politique, au nom d'une idéologie et de rituels politiques », explique X. L. Ding, professeur de la Hong Kong University of Science and Technology. 50

Le 8 novembre 1978, Edmund Emil Kemper, un tueur en série américain surnommé "l'ogre de Santa Cruz" , accusé de dix meurtres dont celui de sa propre mère, est condamné à la perpétuité. Il aurait fait cuire des lambeaux de chair d'une adolescente coréenne et les aurait consommés avec des macaronis au fromage.

1981 :
- Issei Sagawa, le "Japonais cannibale", est arrêté à Paris pour avoir dévoré une jeune Hollandaise par "amour".
- Anna Zimmerman, une jeune allemande de 26 ans, mère de deux enfants, assassine son petit ami par colère et désir de vengeance. Elle le démembre ensuite puis congèle les morceaux qu'elle consomme, au fur et à mesure, avec ses enfants. C'est l’un des rares cas connus de femme-cannibale.

En 1981 et 1982, les quatre "éventreurs de Chicago" dévorent les seins des femmes qu’ils ont violées et assassinées. Robin Gecht, le leader du groupe a créé un culte sataniste prônant le meurtre et l’humiliation des jeunes femmes.

Au Burundi, selon l'article 165 du Code pénal (Décret-loi n°1/6 du 4 avril 1981 portant réforme du code pénal) : « Quiconque aura provoqué ou préparé des actes d’anthropophagie, y aura participé, ou aura été trouvé en possession de chair humaine destinée à des actes d’anthropophagie, sera puni de la peine de mort ».

Au Gabon, selon l’article 211 du Code pénal, "tout acte d'anthropophagie, toute cession de chair humaine à titre onéreux ou gratuit faite dans le même but, sera puni de la réclusion criminelle à temps".

Le 11 avril 1989, au Texas, 12 cadavres sont découverts dans le champ d'un ranch, à une trentaine de kilomètres à l'ouest de la ville frontière mexicaine de Matamoros, probablement victimes de trafiquants de drogue, adeptes d'un culte satanique, qui se livraient également à des actes de cannibalisme. 33

Le 22 février 1991, Daniel Rakowitz, un meurtrier et cannibale américain, est jugé non coupable en raison de sa folie et placé dans un hôpital d'état pour criminels aliénés. Il a tué sa compagne de chambre, a fait bouillir sa tête et réalisé un potage avec son cerveau.

La Commission vérité et réconciliation en Sierra Leone, dans son rapport final à l’ONU qui couvre les années 1991 à 1999, mentionne des actes de "cannibalisme forcé".

1994 :
- Le 14 février, Andreï Romanovitch Tchikatilo est exécuté d'une balle dans la nuque ; ce tueur en série ukrainien, surnommé "le monstre de Rostov", aurait mangé des parties des corps de ses victimes, notamment les seins et les organes sexuels, et bu leur sang.
- Selon un rapport des Nations Unies d’août, des militaires cambodgiens ont dévoré "certains organes frits ou grillés" de civils exécutés pour leur supposée sympathie avec les Khmers rouges.
- Le 28 novembre, Jeffrey Lionel Dahmer, un tueur en série américain surnommé "le cannibale de Milwaukee", est assassiné par un codétenu noir américain dans la prison de Portage (Wisconsin). Il a avoué avoir assassiné dix-sept jeunes hommes entre 1978 et 1991 et a reconnu "s'être essayé au cannibalisme" en mangeant le biceps d'une de ses victimes. 13

En 1997, 3 sorciers de Côte d’Ivoire sont condamnés à 3 ans de prison ferme pour avoir mangé 35 personnes. La chair n'est pas chère !

1999 :
- à Helsinki (Finlande), deux jeunes hommes et une adolescente sont arrêtés pour avoir, en 1998, dévoré certaines parties du corps d'un autre jeune âgé de 23 ans : ils affirment être des satanistes ayant accompli un meurtre rituel sous influence. L’instigateur est condamné à la prison à perpétuité.
- en Angleterre, David Harker, 25 ans, est arrêté pour avoir dévoré Julie Patersen, avec des pâtes et du parmesan 30.

2001 :
- des cas d’anthropophagie sont signalés dans des régions reculées de la Papouasie-Nouvelle-Guinée.
- en mars, l’Allemand Armin Meiwes, de Rotenbourg publie une annonce sur internet, indiquant qu’il cherche un bel homme entre 18 et 30 ans, "désirant être mangé" ; à sa propre surprise, un ingénieur de 42 ans originaire de Berlin, Bernd Juergen Brandes, répond à son offre et se rend à Rotenbourg pour le rencontrer. Après avoir discuté, ils décident de couper le pénis de Brandes, qu’ils mettent à frire dans une poêle et mangent ensemble. Meiwes tue ensuite l’ingénieur, coupe des morceaux de son corps qu’il congèle, et enterre le reste dans son jardin. Condamné à la prison à vie en 2006, il explique comment il a préparé un "steak d’ingénieur", qu’il l’a trouvé un peu dur et que la viande "avait un goût de porc, en un peu plus amer, plus fort".
- 30 mars, deux femmes sont arrêtées à Chisinau (Moldavie) pour avoir vendu de la viande humaine ; elles affirment avoir récupéré cette viande dans une clinique publique de cancérologie de la ville.

En 2002, la police ukrainienne arrête 3 hommes et une femme qui ont assassiné et mangé 6 personnes : au domicile d’un des tueurs, âgé de 53 ans, elle découvre des livres de magie noire.

Les atrocités, dont le cannibalisme, perpétrées à l'encontre de la population de l'Ituri, au Nord-Est de la République démocratique du Congo (RDC), sont recensées dans deux rapports des Nations unies adressés au Président du Conseil de sécurité par le Secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, le 25 juin 2003.

2007 :
- Le 2 janvier 2007, Nicolas Cocaign, détenu à la maison d'arrêt de Rouen, tue son compagnon de cellule et mange un morceau de ses poumons. Il explique au juge d'instruction : "Je voulais prendre son âme". Il confie au psychiatre : "Ce qui est terrible, c’est que c’est bon. Ça a le goût de cerf. C’est tendre." Le 24 juin 2010, la Cour d'assises de la Seine-Maritime le reconnaît coupable d'homicide volontaire et d'actes de torture et de barbarie et le condamne à trente ans de réclusion criminelle, assortis d'une peine de sûreté de vingt ans.
- Début 2007, en Inde, dans la banlieue de New Delhi, 69 sacs poubelles contenant des ossements humains sont découverts dans les égouts. Après enquête, la police découvre qu'il s'agit de 19 victimes : des enfants et des jeunes femmes ; elles ont été violées, tuées puis dévorées par le "cannibale des bidonvilles", Surinder Koli, qui déclare aux enquêteurs qu'il a tenté de manger des restes humains mais les a vomis.

2008 :
- Le 17 juin, débute au tribunal de Brno en République tchèque le jugement d'une mère de famille et de cinq autres adultes accusés d'avoir séquestré et sauvagement torturé deux petits garçons, apparemment au nom d'une secte issue du Mouvement du Graal. Klara Mauerova, la mère de famille, est accusée d'avoir cloîtré ses deux fils de 8 et 10 ans, de les avoir torturés, d'avoir abusé d'eux sexuellement et de les avoir forcés à se mutiler pour ensuite donner des morceaux de leur peau à manger aux autres membres de sa secte (cinq membres du Mouvement du Graal dont sa soeur).
- Le 10 septembre, sont découverts, dans une ville située à 300 kilomètres au nord de Moscou (Iaroslavl), les corps de quatre adolescents, mutilés dans des conditions épouvantables par 666 coups de couteau et objets d'actes de cannibalisme, le tout accompagné de revendications explicitement satanistes.

Le 27 juillet 2009, devant le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL), l'ancien président libérien Charles Taylor, poursuivi pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité et interrogé à propos de la déposition d'un témoin de l'accusation racontant qu'il a mangé de la chair humaine avec Charles Taylor lors d'une cérémonie de la société secrète Poro dont l'accusé est aujourd'hui encore le chef, déclare qu'il ne s'est jamais livré au cannibalisme au Liberia, et qu'il n'a "jamais ordonné à aucun combattant de manger qui que ce soit, en précisant qu'il ne conteste pas qu'il y ait des cannibales dans certaines parties du Liberia".

2012 :
- Mi-avril, trois cannibales sont appréhendés au Brésil et accusés du meurtre de plusieurs femmes. D'après Jorge da Silveira, 51 ans, la tête pensante du trio, ils n'ont pas commis de meurtres mais s'adonnaient à des séances de "purification" : "Je n'ai tué personne. J'ai fait trois missions avec la permission de Dieu et les victimes sont toutes avec lui, purifiées". Il précise notamment avoir reçu ces ordres de deux anges. Le trio infernal mangeait la chair des victimes ; avec les restes, il confectionnait des "beignets salés" qu'il vendait dans la rue. 28
- Fin avril, en Chine, Zhang Yongming, 56 ans, un repris de justice de la province du Yunnan (sud-ouest), suspecté d'avoir tué près d'une vingtaine de jeunes gens, puis de les avoir dépecés, d'avoir vendu une partie de leur chair comme de la "viande d'autruche" sur le marché de son village et donné le reste à ses chiens, est arrêté 24.
- Le 13 mai, à Tokyo au Japon, un artiste, Mao Sugiyama, fait préparer, par un cuisinier professionnel, son pénis et ses testicules qui sont dégustés par des convives (au courant évidemment de la nature du plat), lesquels payent chacun 20.000 yens (200 euros). 26
- Le 2 juin, CNN informe qu'Alexander Kinyua, un étudiant kényan, a été arrêté et accusé de meurtre pour des faits remontant au 25 mai. Jesse Bane, le shérif du comté de Harford, précise à la presse que le jeune homme a avoué avoir tué son camarade ghanéen puis l’avoir découpé en morceaux avant de manger son coeur et une partie de son cerveau. 27
- Le 26 mai, à Miami en Floride, un policier doit abattre un homme nu qui est en train de dévorer le visage d'un autre homme, lui aussi en tenue d'Adam. Selon des sources policières, l'agresseur cannibale aurait souffert d'une psychose liée à la prise de LSD ou d'une autre drogue de synthèse de type ecstasy surnommée "sels de bain ou septième ciel": un délire qui s'accompagne d'une hausse brutale de la température corporelle, ce qui expliquerait la nudité de l'assaillant. En avril, un cas relativement similaire était survenu à Miami : un jeune homme nu, sous l'emprise du LSD, avait tenté de mordre le cou de sa victime, avant d'être arrêté. 25
- Le 29 mai, Alexander Kinyua, un étudiant de 21 ans de la Morgan State University aux États-Unis est arrêté dans le Maryland et inculpé d'assassinat. Après avoir tué son colocataire, âgé de 37 ans, Kujoe Bonsafo Agyei-Kodie, il l'a découpé avant de manger son coeur et des parties de son cerveau. 31
- Le 6 juillet, The National, quotidien anglophone de ce pays de l'Océanie, rapporte que la police de Papouasie-Nouvelle Guinée a arrêté les membres d'une secte soupçonnée d'avoir tué, au moins sept personnes, pour manger leurs cerveaux et préparer une soupe avec leurs pénis.

2013 :
- le 4 novembre, un policier allemand, Detlev Günzel, tue et dépèce, apparemment à sa demande, Wojciech Stempniewicz, un consultant de 59 ans d'origine polonaise rencontré sur un site consacré au cannibalisme ; il découpe le corps de la victime en petits morceaux qu'il enterre dans le jardin de sa maison (des parties du corps ne seront pas retrouvées). Le 1er avril 2015, le tribunal de Dresde le condamne à huit ans et demi de prison pour meurtre motivé par le désir sexuel et atteinte au repos des morts.
- Dans la nuit du 14 au 15 novembre, à Nouilhan (Hautes-Pyrénées), Jérémy Rimbaud, ancien militaire, 26 ans, disant entendre des voix, tue un homme de 90 ans à coups de barre de fer avant de faire cuire son corps et d'en extraire le coeur et la langue pour les manger.

2014 :
- 11 janvier, selon des témoignages recueillis par l'AFP, des scènes de cannibalisme se sont déroulées ces dernières semaines à Bangui, lors de lynchages d'habitants par des groupes de pillards dans des quartiers nord de la capitale centrafricaine. 40
- Le 13 février, un hôtel-restaurant d'Anambra au Nigéria est fermé par les autorités : deux têtes humaines, enveloppées dans de la cellophane, ont été découvertes dans la cuisine. Ce restaurant très particulier vendait à prix d’or de la viande humaine à des gourmets pervers ; au menu notamment, des "têtes humaines rôties". 41
- Le 25 avril, la police sud-africaine annonce l'arrestation après des mois d'enquête et de surveillance d'un ressortissant du Lesotho, Makhele Lehlohonolo Joseph Scott, 27 ans, recherché pour deux meurtres et des faits de cannibalisme. En cavale depuis octobre 2012, il a reconnu le double meurtre d'un écolier de 13 ans dont les voisins avaient retrouvé une partie du corps, le torse et la tête, et d'une jeune femme de 22 ans. Deux bras, une jambe, un pénis et des testicules ont été découverts dans le coffre d'une voiture garée chez lui. Il a avoué avoir mangé une partie de ses victimes, se débarrassant du reste en les enterrant ou en les jetant dans les toilettes de l'école primaire du village. 42
- Le 12 mai, la police pakistanaise arrête Mohammad Arif déjà condamné pour cannibalisme ; il aurait mangé un bébé, dont la tête a été retrouvée chez lui ; un acte commis avec son frère, arrêté à son tour le 13. "Mohammad Arif a raconté que son frère avait ramené le bébé mort d'un cimetière situé à proximité, qu'ils l'avaient fait cuire, puis l'avaient consommé", précise le chef de la police du district local de Bhakkar. Récidivistes, les frères Mohammad Arif et Farman ont été incarcérés il y a trois ans pour une affaire similaire. A l'époque, ils exhumaient des cadavres de cimetières puis les dévoraient. La dépouille d'une jeune femme avait notamment été retrouvée avec une jambe en moins. Profitant d'un vide juridique, la loi n'interdisant pas formellement le cannibalisme au Pakistan, ils avaient été libérés après deux années de prison 43. Le 11 juin, les deux frères sont condamnés à onze ans de prison.
- Le 12 juin, l'AFP publie que l'ex-amant d'une habitante du Cap en Afrique du Sud, Andrew Chimboza, un Zimbabwéen, a mangé au couteau et à la fourchette le coeur de son rival qu'il venait de poignarder, avant d'être arrêté par la police. Andrew Chimboza a été condamné à 18 ans de prison, le 29 avril 2015.
- Dans la nuit du 5 au 6 novembre, au Sirhowy Arms Hotel dans le village d'Argoed au Pays de Galles, une femme de 22 ans, Ceris Marie Yemn, est « assassinée dans un acte de cannibalisme » par un suspect, âgé de 34 ans, avec lequel elle entretenait une relation. Il semble que l'homme, Matthew Williams (qui succombe après un tir de taser), lui ait mangé la moitié du visage et un oeil. 45

On peut penser qu’un cannibalisme résiduel subsiste en Afrique centrale et occidentale, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Mélanésie, à Sumatra, en Papouasie/Nouvelle-Guinée, en Polynésie et dans des régions éloignées d'Amérique du Sud.


CANNIBALISME DE PENURIE OU DE SURVIE

Des cas d’anthropophagie sont à attribuer à l’instinct de survie : c’est le cannibalisme de pénurie ou de survie.

En 14 de l'ère chrétienne, une terrible famine en Chine rend les paysans anthropophages.

Dans l'Empire franc, éprouvé par la famine de 792 à 794, se produisent des cas de cannibalisme et d’hallucination collective notés par les annalistes 8.

La longue période de famine, allant de 1021 à 1040, qui ravage une partie de l'Europe (plus particulièrement la France et surtout la Bourgogne), conduit des miséreux à l’anthropophagie.

En 1590, le siège de Paris par Henri de Navarre d’avril à septembre, cause une famine qui engendre l’anthropophagie.

Durant l'hiver 1609/1610, 80% des colons de Jamestown, la première colonie anglaise établie en Amérique, située en Virginie, meurent de faim ; le 1er mai 2013, des anthropologues du Musée national d'histoire naturelle à Washington expliquent que l'analyse d'ossements d'une jeune fille de 14 ans a révélé que les survivants ont recouru au cannibalisme. 35

Fin 1812, lors de la retraite de Russie, après que les soldats ont mangé les chevaux, ils font griller de la chair humaine prélevée sur leurs compagnons morts 29.

En 1816, suite au naufrage de la frégate La Méduse, 139 marins et soldats s'entassent sur un radeau pendant 13 jours et pratiquent l'anthropophagie pour survivre : il y aura 15 rescapés.

L'Expédition Donner, un groupe de colons américains en route pour la Californie pendant la "fièvre de l'ouest" dans les années 1840, se trouve bloqué par la neige dans la Sierra Nevada au cours de l'hiver 1846-1847 : quelques-uns commencent à manger les morts avant d'être secourus 18.
Les membres de l'Expédition Franklin, disparus dans l'Arctique en 1847, auraient également pratiqué le cannibalisme de survie.

En mars 1883, Alferd Packer, accusé d'avoir consommé la chair de ses cinq camarades dans les montagnes rocheuses du Colorado où leur expédition s'était perdue, est condamné à la peine de mort pour cannibalisme. Sa sentence est commuée en 40 ans de prison par la Cour suprême des États-Unis d'Amérique en 1886. Packer devient, paraît-il, végétarien et s'éteint en prison le 24 avril 1907. 13

Début 1922, en Russie, la famille pousse les paysans de la Province de Samara à déterrer les morts pour les manger. Dans les districts de Pougatchev et de Bouzoulouk, de nombreux cas de cannibalisme sont notés. Selon les témoignages des membres du comité exécutif de la volost [canton], le cannibalisme dans le bourg de Lioudbimovka prit des proportions dramatiques ; on dut isoler les cannibales 9.

En 1933, Staline, ayant décidé de nettoyer les villes de Moscou et Leningrad, de tous leurs "éléments socialement nuisibles", 6.000 d'entre eux sont envoyés sur Nazino, île perdue au milieu d'un fleuve sibérien, où, débarqués sans provision, ils subissent la torture de la faim au point de devenir anthropophages. Le scandale de "L'Ile aux cannibales" finit par remonter à Staline qui prend des sanctions contre les responsables locaux du parti ; les déportés survivants sont envoyés dans des camps de travail.

La population de l'Union soviétique, durement touchée par la grande famine des années 1932-1933 et par le long siège de Leningrad durant la seconde guerre mondiale (872 jours, du 8 septembre 1941 au 27 janvier 1944), va jusqu'à se nourrir de cadavres pour survivre.

Début 1943, l’extrême famine pousse les soldats allemands de la 6ème Armée et les civils russes, enfermés dans la poche de Stalingrad, à manger leurs morts. Les internés des camps nazis font souvent de même.
On soupçonne que l'anthropophagie, avérée dans les goulags soviétiques, est pratiquée dans les camps chinois.

En 1944, sur l’île de Leyte aux Philippines, des soldats japonais, pris en tenaille entre les troupes américaines et les résistants philippins, survivent grâce au cannibalisme.

Le 13 septembre 1945, les troupes japonaises de l'île de Nauru en Micronésie dans le Pacifique Sud se rendent. Coupées de leurs lignes d'approvisionnement, elles ont manqué de ravitaillement : 300 Japonais sont morts suite aux privations et on rapporte des cas de cannibalisme.

En Chine, la "famine du Grand Bond" qui sévit entre 1958 et 1962 provoque la réapparition du cannibalisme sur une grande échelle : les familles échangent les enfants pour les manger (yizi er shi : échanger les enfants pour se nourrir, expression chinoise ancienne), certains découpent de nuit des cadavres pour manger. 16

Les seize rescapés d'un accident d'avion dans la cordillère des Andes en 1972 peuvent ainsi survivre pendant 72 jours. Ils reçoivent l'absolution du pape Paul VI. 36

Selon des témoignages, la population nord-coréenne, lors de la famine de 1995-1999 qui fait de 2 à 3 millions de morts, doit pratiquer l’anthropophagie (de la viande humaine étant même mise à l’étal).

Deux pêcheurs partis, en août 2012, pêcher avec deux autres compagnons en Iakoutie, dans le nord-est de la Sibérie, sont retrouvés fin novembre 2012 près d'une rivière située à environ 250 kilomètres de la ville la plus proche, mais leurs deux compagnons manquent. Alexandre Abdoullaïev, avoue avoir mangé, avec l'autre survivant, Alexeï Goroulenko, le corps de leur compagnon Andreï Kourotchkine. Le quatrième pêcheur disparu, Viktor Komarov, n'est pas retrouvé. 37


HEMOPHAGIE, SYNDROME DE RENFIELD, VAMPIRISME

Le cannibalisme du sang (hémophagie) est de tous les temps et de tous les lieux.

Le syndrome de Renfield (ainsi nommé par le psychologue américain Richard Noll en 1992), est la déviance mentale qui pousse un individu à boire du sang humain.
D'après Noll, la grande majorité des patients sont des hommes et la maladie peut être évolutive : autovampirisme, zoophagie, vampirisme clinique :
- Le premier stade survient généralement durant l'enfance. À la suite d'une blessure, l'enfant découvre qu'il peut être excitant de boire son sang. Cela peut le mener à l'autovampirisme : le plaisir maniaque de boire son propre sang.
- Le stade suivant est celui de la zoophagie : la consommation de sang animal.
- Le stade le plus avancé est le vampirisme clinique : la consommation de sang humain. Il arrive que certaines personnes, « en manque », s’infiltrent dans les hôpitaux pour voler le précieux liquide entreposé dans les banques de sang.
A son paroxysme, le syndrome de Renfield conduit les malades aux meurtres en série.

En 1901, dans une thèse soutenue à la faculté de médecine de Lyon, le futur Dr Alexis Epaulard utilise pour la première fois le terme de "vampire", non pas pour désigner un buveur de sang mais un nécrophile : Victor Ardisson, le vampire de Muy.

On a longtemps employé le terme de "vampire" pour des malades se livrant à des actes de nécrophilie, de nécrosadisme, voire de nécrophagie, bien que, pour des raisons évidentes, il n’y ait pas, dans ces cas, de succion de sang. À l’inverse, certains individus, tels que les vampires de Hanovre, de Düsseldorf, de Londres et de Nuremberg, ont une fascination réelle pour le sang et non la mort. 11

Les prêtres des Mochicas du Pérou (200 av. J.-C. à 700 apr. J.-C. environ) pratiquent des sacrifices humains : ils égorgent les victimes, collectent leur sang dans des bols et le boivent.

Selon Celse et Pline, dans la Rome antique, les spectateurs atteints du mal caduc se précipitaient dans l'arène pour boire le sang des gladiateurs morts ; il était censé guérir les épileptiques qui y trempaient aussi leurs cheveux. Sribonius Largus, au temps de Tibère, dit avoir vu certains malades prendre "une particule du foie d'un gladiateur mort, en neuf doses distinctes".

Sous la Révolution française, le sang des aristocrates guillotinés est parfois offert aux pauvres comme boisson reconstituante et il est attesté que des enragés dévorèrent le foie de leurs victimes lors des massacres de septembre 1792.

Carl Lehmann, relatant l'exécution de l'assassin Karl Henri Friedrich qui a lieu à Zwickau (Allemagne) le 15 décembre 1823, écrit : « Et nous avons vu de nos propres yeux des personnes vider tout un pot de sang de l'exécuté et comment on donnait des coups de fouet à ces personnes, pour la plupart des enfants, afin de les faire détaler à travers champs ». 10

Le 30 mars 2005, est arrêté le tueur brésilien surnommé "Corumba le Vampire" : il a tué six femmes avant de boire leur sang, disant agir sous les ordres du démon ; par ailleurs, il ne sortait que la nuit. 39

Le 29 décembre 2013, un SDF d'une vingtaine d'années est arrêté à Colombes (Hauts-de-Seine) après qu'il a avoué avoir égorgé le compagnon avec lequel il partageait un abri ; le jeune homme a indiqué qu'il avait "bu son sang". 38



CITATIONS

Les habitants de la Terre de Feu ont été soupçonnés avec raison de cannibalisme ; ils sont dans l'usage de tuer leurs plus vieilles femmes, pour les dévorer, lorsqu'ils craignent de manquer de vivres. (François de Lacroix 1582-1644)

Il n'existe plus que quelques peuplades anthropophages dans le monde connu. Quelques races caraïbes et quelques insulaires de la Polynésie le sont encore. Tous les peuples de l'Amérique septentrionale étaient anthropophages (Voltaire 1694-1778, cité par le Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle, Pierre Larousse 1863-1890, article : Anthropophage).

Les anthropophages de Sumatra et des Iles de la Sonde mangent les condamnés à mort. (Marlès Lacroix + 1850)

On dit qu'il y a eu des anthropophages ; je ne sais, mais cela n'a pas dû être long : ils ont dû mourir empoisonnés. (Lamennais 1782-1854)

L'anthropophagie se rencontre au berceau de presque tous les peuples. La famine a conduit plus d’une fois à l’anthropophagie. (Mathieu Barbaste, De L'Homicide et de L'Anthropophagie, 1856)

Il est évident que l'anthropophagie est née d'une excessive fringale combinée avec l'habitude du régime de la viande. Il arriva que deux hordes de chasseurs se rencontrèrent à la poursuite du même animal, un jour que la proie était rare, et que la faim mugissait dans leurs entrailles, et il y eut guerre entre elles. On se battit, on se tua, et les cadavres des vaincus remplacèrent naturellement au foyer des vainqueurs les cadavres du gibier absent. Puis la fureur de la vengeance sanguinaire s'en mêla, l'ivresse de la victoire aussi ; le fait consacré par la tradition s'incrusta dans les moeurs, et l'on sait ce qu'il en coûte pour déraciner les mauvaises habitudes. J'excuse tous les coupables qui ont faim, parce que la première loi pour tous les êtres est de vivre. (Alphonse Toussenel 1803-1885)

Ceylan n'avait vraisemblablement plus d'habitants cannibales à l'époque où elle était visitée par les Arabes. (Alfred Maury 1817-1892)

Entre les insulaires anthropophages et les animaux féroces, il y a cette différence, que ceux-ci obéissent à leur nature et ne se la sont pas donnée, tandis que les anthropophages se sont fait la leur. Si nous voulons contester qu'ils se la soient faite, il faudra nier la morale ou professer que l'homme est venu sur la terre non dans cet état neutre encore indéterminé, qu'on appelle l'innocence, mais avec une conscience préalablement corrompue, et des doctrines à la fois naturelles et perverses. (Charles Bernard Renouvier 1815-1903)

En ingérant les parties du corps d’une personne, dans l’acte de dévoration, on s’approprie aussi les propriétés qui ont appartenu à cette personne [...] Un jour les frères se rassemblèrent, tuèrent et dévorèrent le père, mettant ainsi fin à la horde primitive [...] Dans l’acte de dévoration, ils accomplirent l’identification avec lui, chacun s’appropriant une partie de sa force. (Freud, Totem et Tabou, 1912)

Un cannibale est un homme qui aime son prochain avec de la sauce. (Jean Rigaux 1909-1991)

Quand les circonstances deviennent pressantes, il n'est pas rare que les gens se livrent à des actes de cannibalisme pour survivre. Cela arrive périodiquement et n'a rien à voir avec le cannibalisme culturel ou pathologique [.] Chez les Inuits, c'est moralement accepté. Il n'est pas rare qu'une personne agonisante donne son autorisation aux autres de la dévorer une fois qu'elle sera décédée, et ce, pour leur permettre de survivre plus longtemps [.] Mais cette pratique n'est pas obligatoire. Certains peuples en proie à la pire des famines ne recourent pas au cannibalisme [.] Il faut des prédispositions pour passer à l'acte, l'environnement jouant un rôle clé. (L'anthropologue français, Georges Guille-Escuret, cité par Le Figaro, 2 mai 2013 36).


Notes
1 tueursenserie.org/article.php?id_article=38
2 anthropologieenligne.com/pages/pbancestralM.html
3 Quelle est la saveur de la chair humaine ? Aspects culturels et historiques des aliments, Allen Gary, 1999, Oregon State University.
4 polynesie.rfo.fr/imprimer.php3?id_article=58
5 blog.slate.fr/ globule-et-telescope2010/09/15/quelle-saveur-a-la-chair-humaine/
6 Ce qui, ce qu'il. Il n'est pas de règle formelle pour distinguer ces deux expressions qu'on emploie indifféremment sauf avec falloir (ce qu'il faut et non ce qui faut) et avec plaire où il convient d'employer ce qu'il quand on veut sous-entendre, après plaire, l'infinitif du verbe employé précédemment (Hanse) : je ferai ce qu'il me plaira (de faire). Je fais ce qui me plaît est plus absolu. J'épouserai la femme qu'il me plaira (d'épouser). J'épouserai la femme qui me plaira n'a pas le même sens : qui sera à mon goût. (Dictionnaire des difficultés de la langue française. Larousse. 1971)
7 Zheng Yi : Scarlett Memorial, Tales of cannibalism in modern China, 1996 ; trad. Stèles rouges, du totalitarisme au cannibalisme, éd. Bleu de Chine, 1999, cit. in Thérèse Delpech, L’ensauvagement, Grasset 2005 et Mao Tsé-Toung, Fayard, 2005
8 Pierre Bonnassie, Consommation d'aliments immondes et cannibalisme de survie dans l'Occident du haut Moyen Âge [archive] Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 1989 Volume 44 Numéro 5
9 Rapport d'information d'État n°60, du 20 janvier 1922, traduit et présenté par Nicolas WERTH dans le n°78 du Bulletin de l'Institut d'histoire du temps présent, n°78, second semestre 2001, p. 108
10 heresie.com/sang.htm
11 Grimoire des Vampires, Cecilia Jamart. www.vampiredarknews.com/museum/vampire/4.html
12 Jean-Paul Doucet, Dictionnaire de droit criminel
13 wikipedia
14 Journal of Anthropological Sciences, vol. 87, 2009, pp. 153-185
15 Kheira Bettayeb, Le Journal du CNRS, septembre 009, N°236
16 http://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_Bond_en_avant
17 CNRS, Institut des sciences humaines et sociales, 13 septembre 2010
18 http://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9dition_Donner
19 http://www.america-dreamz.com/colorado/paysages/mesa_verde_national_park.php
L'anthropophagie est avérée chez les Anasazis par la découverte d'adn humain dans des fèces humaines fossilisées, qui avaient été déposées dans les cendres d'un foyer. C'est la seule preuve irréfutable qu'il ait existé, mais on connaît également des ossements brisés aux arêtes arrondies, comme s'ils étaient restés suffisamment longtemps à bouillir et s'entrechoquer pour s'user. C'est un sujet un peu tabou, car des descendants des Anasazis, les Hopis de l'Arizona, qui se prétendent depuis toujours un peuple pacifique, nient que leurs ancêtres aient pu être cannibales. La politique étant ce qu'elle est, les archéologues sont très réservés lorsqu'on aborde ce sujet. Ces fèces semblent liées à Chaco Canyon 22 plus qu'à Mesa Verde. Il est possible qu'après quelques décennies de domination par une caste qui contrôlait les réserves de nourriture, une révolution ait eu lieu dans la civilisation de Chaco Canyon et que le cannibalisme en soit une conséquence. Des hypothèses plus physiologiques sont que les Anasazis, dont l'alimentation était principalement composée de maïs, le gibier étant devenu très rare, se soient rabattus sur la chair humaine (ils élevaient des dindons pour leurs plumes, mais il semble qu'ils en aient peu mangés). Encore une fois, la seule preuve formelle réside dans ces fèces. Quoi qu'il en soit, la sécheresse de la fin du 13e siècle n'est pas forcément la cause du cannibalisme, l'abandon des villes de Chaco Canyon étant antérieure. Les nombreuses migrations des tribus du Sud-Ouest américain avant l'arrivée des premiers Européens, en 1540, ne sont pas documentées, et le sont très peu pendant les 150 ans suivants, puisque les Espagnols n'installèrent leur première colonie au Nouveau-Mexique qu'en 1680 : les théories sont plus nombreuses que les certitudes. 23
20 Henry B. Parkes, Histoire du, Payot - ISBN|2-228-12790-6
21 http://www.america-dreamz.com/texas/paysages/cavelier_salle.php. Jacques Séassau : redaction@america-dreamz.com
22 http://www.america-dreamz.com/nouveau_mexique/paysages/chaco_culture.php
23 Jacques Séassau redaction@america-dreamz.com.
24 site d'information Guangxi News et The Standard, un quotidien de Hong Kong
25 Miami Herald - lefigaro.fr 28/05/2012
26 next.liberation.fr 25-5-2012
27 lematin.ch 2/6/2012
28 tempsreel.nouvelobs.com 31/05/2012
29 http://lestafette.unblog.fr/2012/04/27/anthropophagie-et-autophagie-durant-la-campagne-de-russie/#
30 http://apocalypse1966.skyrock.com/46.html
31 http://www.metrofrance.com/info/nouveau-cas-de-cannibalisme-aux-etats-unis/mlfa!w34Ahcyx0Jow/
33 http://archives.lesoir.be/magie-noire-et-cannibalisme-a-la-frontiere_t-19890413-Z01JQT.html
35 http://actu.orange.fr/sciences/etats-unis-les-premiers-colons-ont-recouru-au-cannibalisme-pour-survivre-afp_1838588.html
36 http://www.lefigaro.fr/sciences/2013/05/02/01008-20130502ARTFIG00551-le-cannibalisme-de-survie-existe-toujours.php
37 http://www.lepoint.fr/monde/deux-russes-perdus-dans-la-taiga-ont-mange-leur-camarade-pour-survivre-17-12-2012-1602840_24.php
38 http://www.europe1.fr/Faits-divers/INFO-E1-Colombes-il-tue-un-SDF-et-boit-son-sang-1756399/
39 http://fr.wikipedia.org/wiki/Vampire
40 http://lci.tf1.fr/monde/afrique/centrafrique-actes-de-cannibalisme-a-bangui-8345372.html
41 http://www.parismatch.com/Actu/Faits-divers/Nigeria-Des-tetes-humaines-roties-au-menu-du-restaurant-cannibale-548521
42 http://www.arcinfo.ch/fr/monde/afrique-du-sud-la-police-arrete-un-cannibale-577-1286439
43 http://www.metronews.fr/info/pakistan-deux-freres-cannibales-recidivistes-arretes-pour-avoir-mange-un-bebe/mndn!T9U8AxGTDYzTg/
44 http://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9crophagie
45 http://www.20minutes.fr/monde/1477179-20141107-grande-bretagne-mange-amie-police-tue
46 http://www.20minutes.fr/rennes/1530039-20150131-rennes-vole-placenta-femme-vient-accoucher
47 http://actu.orange.fr/insolite/et-votre-placenta-vous-le-voulez-comment-cru-ou-en-gelules-afp_CNT0000007ObDT.html
48 http://www.larecherche.fr/savoirs/archeologie/cannibalisme-masse-au-neolithique-01-09-2009-88424
49 http://www.hominides.com/html/dossiers/cannibalisme-anthropophagie-prehistoire.php
50 http://www.lepoint.fr/monde/la-revolution-culturelle-chinoise-et-ses-banquets-cannibales-oublies-16-05-2016-2039653_24.php
51 http://www.arte.tv/guide/fr/044128-000-A/des-cannibales-en-europe
52 http://fr.guyderambaud.wikia.com/wiki/Charlotte_Corday

Sources


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https://www.internet-signalement.gouv.fr/PortailWeb/planets/Accueil!input.action


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; toute reproduction à but non lucratif est autorisée.

Date de mise à jour : 27/03/2017

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