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SOMMAIRE 1 Confucius 2 Le confucianisme 3 Sentences confucéennes 4 Le tchouisme 5 Citations Confucius Kongzi ou Kong Fuzi (v. 551-479 av. J.-C.), dont le nom, qui signifie "Maître Kong", fut latinisé par les jésuites en Confucius, serait né dans une grotte de la montagne de Qiufu. On ne sait presque rien sur sa vie. Avant la naissance du Maître, une licorne vomit un livre orné de pierres précieuses (c’est encore une licorne qui annoncera sa mort). Dans son nom se trouve le caractère « hirondelle ». Or, l’empereur Huangdi ou Houang-ti, « le souverain jaune » (2697-2597 av. J.-C.), fondateur de la dynastie des Shang ou Yin d'où descendrait Confucius, naquit de Jiandi, laquelle fut miraculeusement fécondée par un œuf d’hirondelle qu’elle avala. A noter que Huangdi passe pour avoir fondé le taoïsme avec Lao-Tseu. Selon la tradition, on découvrit chez le jeune Kong, âgé de six ans, les signes précurseurs d'une sagesse extraordinaire : il méprisait les jeux familiers à l'enfance et ne mangeait rien sans l'avoir offert au ciel, suivant la coutume pratiquée par les anciens. Après ses études, il se mit à voyager afin d'acquérir l'expérience des hommes et de répandre le goût de la justice. Certains de ses biographes ajoutent qu'il ne réussit point dans son entreprise et que, dégoûté des hommes, il se retira dans la solitude avec quelques disciples. D'autres indiquent qu’il aurait quitté ses emplois publics à l'âge de vingt-quatre ans, à l'occasion de la mort de sa mère (les anciennes lois de la Chine prescrivaient aux enfants de quitter les fonctions publiques à la mort de leur père ou de leur mère, et de vivre trois ans dans la solitude). Confucius, aux obsèques de sa mère, remit en honneur les cérémonies funèbres suivant les rites traditionnels. En 79, une commission de lettrés fixa le texte des œuvres attribués à Confucius et à son école. Dans ses Mémoires historiques, Seu Ma Tsien (+145) réunit les propos de Confucius et de ses disciples.
Le confucianisme Les uns ont fait de maître Kong un législateur (mais il ne paraît pas avoir eu assez d'autorité pour avoir pu initier des lois de son vivant) ; les autres n’ont vu en lui qu'un moraliste : « La loi de la grande étude ou de la philosophie pratique consiste à développer et à remettre en lumière le principe lumineux de la raison que nous avons reçu du ciel, à renouveler les hommes et à placer sa destination définitive dans la perfection ou le souverain bien. » « Depuis l'homme le plus élevé en dignité jusqu'au plus humble et au plus obscur, devoir égal pour tous : corriger et améliorer sa personne, ou le perfectionnement de soi-même, est la base fondamentale de tout progrès et de tout développement moral. » L'idée centrale de l'éthique confucéenne se résume dans la notion de ren, traduite par « amour », « bonté », « humanité » ou « qualité de cœur ». Ren est la vertu suprême symbolisant les meilleures qualités de l'homme. À l'époque de Confucius, le terme était associé à la classe dirigeante et prit davantage le sens de « noblesse », mais sa signification s'élargit par la suite. Dans les relations humaines telles que celles qui existent entre deux personnes, ren se manifeste par le zhong, c'est-à-dire la fidélité envers soi et les autres, et par le shu ou altruisme, exprimé par la règle d'or de Maître Kong : "Agissez envers les autres comme vous aimeriez qu'ils agissent envers vous" ; "Ne faites pas à autrui ce que vous ne voulez pas qu'on vous fasse à vous-même" (Analectes, XV.23) Selon Confucius, l'homme peut agir pour la justice (yi) ou pour le profit (li) : "L'homme supérieur comprend le yi ; l'homme vulgaire comprend le li" (Fong Yeou-Lan, Précis d'histoire de la philosophie chinoise, Payot-Le Mail, 1985, p. 61). C'est le choix fondamental qui se pose à l'homme. Le profit (li) rejoint la convoitise : "L'homme supérieur pense à la vertu. L'homme petit pense au confort." (D. Huisman / M.-A. Malfray, op. cit, p. 142). Parmi les vertus confucéennes importantes figurent la droiture, la bienséance, l’intégrité, la piété filiale et le culte des morts. Sur le plan politique, Confucius plaida pour un gouvernement paternaliste conduit par un souverain bienveillant et honorable, respecté et obéi par ses sujets. Un dirigeant doit cultiver la perfection morale pour servir de bon exemple à son peuple et attirer de nouveaux sujets dans son royaume. En matière d’éducation, Confucius soutint le principe fort en avance sur son époque féodale, selon lequel « en éducation, il n'y a pas de distinction de classe ». Jusqu’en 1905, les fonctionnaires chinois durent étudier la doctrine confucéenne (king). Avec la révolution de 1912, le culte de Confucius cessa d’être officiel et l’enseignement de sa morale ne fut plus obligatoire dans les écoles. Cependant, en 1914, le Président de la République Chinoise décréta que soit fêté, le 28 septembre, l’anniversaire de sa naissance. En 1919, naquit au Vietnam le caodaïsme. De tendance théosophique, composé d’éléments bouddhistes, shintoïstes, taoïstes et chrétiens, le caodaïsme est une tentative de rénovation du confucianisme où dominent le spiritisme et le culte de l’Être suprême. Sentences confucéennes Qui a offensé le seigneur du ciel (Tian) n’a plus aucun protecteur… Le sage est toujours sur le rivage, et l'insensé au milieu des flots ; l’insensé se plaint de n’être pas connu des hommes, le sage de ne pas les connaître... Un bon cœur penche vers la bonté et l'indulgence ; un cœur étroit ne dépasse pas la patience et la modération... Conduisez-vous toujours avec la même retenue que si vous étiez observé par dix yeux et montré par dix mains... Pécher et ne pas se repentir, c’est proprement pécher… Lorsqu’on n’est pas encore en état de servir les hommes, comment pourrait-on servir les esprits et les génies ?... Lorsqu’on ne sait pas ce qu’est la vie, comment pourrait-on connaître la mort ?... Il ne faut pas s’affliger de ce que les hommes ne nous connaissent pas, mais au contraire de ne pas les connaître nous-mêmes... Savoir que l’on sait ce que l’on sait, et savoir que l’on ne sait pas ce que l’on ne sait pas, voilà la véritable science… Si l’on voit une chose juste, et qu'on ne la pratique pas, on commet une lâcheté… Je n’ai pas encore vu un homme qui aimât convenablement les hommes pleins d’humanité, qui eût une haine convenable pour les hommes vicieux et pervers… Avoir assez d’empire sur soi-même pour juger des autres par comparaison avec nous, et agir envers eux comme nous voudrions qu’on agît envers nous-mêmes, c'est ce que l'on peut appeler la doctrine de l’humanité ; il n'y a rien au-delà... Par la nature, nous nous rapprochons beaucoup les uns des autres ; par l’éducation, nous devenons très éloignés. Une image vaut mille mots. Oublie les injures, n'oublie jamais les bienfaits. Celui qui sait obéir saura ensuite commander. La conscience est la lumière de l'intelligence pour distinguer le bien du mal. Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson. Le père qui n'enseigne pas ses devoirs à son fils est autant coupable que ce dernier s'il les néglige. Ne choisis tes amis que parmi tes égaux. Quand le sage montre la lune, l'idiot, lui, regarde le doigt. La vraie faute est celle qu'on ne corrige pas. Je ne cherche pas à connaître les réponses. Je cherche à comprendre les questions. (Confucius, Entretiens) Le tchouisme Le philosophe chinois Tchou Hi ou Zhu Xi (1130-1200) développa le néoconfucianisme en faisant la synthèse du confucianisme avec d’autres courants de pensée. Il est le fondateur du système désigné sous le nom de « tchouisme », qui domina le confucianisme jusqu'à la fin des Ming (1644) et sous les Qings (XVII et XVIIIe s.). La doctrine du faîte suprême (t'ai-ki) est développée dans ses Quatre Livres ; de ce principe suprême émane le li, raison d’être de toute chose ; chaque objet particulier possède sa raison d’être et apparaît comme une émanation du t’ai-ki. On lui doit, en outre, une Histoire de la Chine. Citations Le P. Tellier avait fait un livre [sur le culte de Confucius, ndlr] qui, à force d'intrigues et de crédit à Rome, ne fut mis qu'à l'index. (Saint-Simon 1675-1755) Dans le liquide ambré qui emplit la tasse de porcelaine ivoirine, l'initié peut goûter l'exquise réserve de Confucius, le piquant de Laotsé, et l'arôme éthéré de Cakyamouni lui-même. (Okakura Kakuzo, Le Livre du Thé, 1976) Sources Auteur : Jean-Paul Coudeyrette Référence publication : Compilhistoire ; reproduction interdite sans autorisation. Date de mise à jour : 13/04/2012 |