LES DEMONS

SOMMAIRE

1. Le Dragon 7. Liste des principaux démons
2. Les démons babyloniens 8. La hiérarchie infernale
3. Les raksasas de l'Inde 9. L'enfer.
4. Les kouei chinois 9.1 Charon
5. Les tengu japonais 9.2 Cerbère
6. Les démons dans le judaïsme et le christianisme 9.3 Eurynome
6.1 Lilith 9.4 Le chef de l'enfer
6.2 Satan, Lucifer, le Diable, le Démon, le Malin, Le Serpent, etc. 9.5 Les tourments infernaux
6.3 Les anges déchus 9.6 Le purgatoire
6.4 L'orphisme 10. Le dieu du mal des gnostiques et des manichéens
6.5 La kabbale 11. Les démons de l'islam
6.6 Succubes et incubes 12. Citations


Les démons et esprits maléfiques des mythes et folklores du monde entier reflètent toutes les peurs et les angoisses des hommes.

D’une variété considérable, monstres, dragons, hybrides semi-humains, géants, nains, diables et démons livrent un combat perpétuel contre les dieux.

Certains sont même sans forme, comme les oni du Japon qui servent des divinités chthoniennes et passent pour être responsables des tempêtes.

En Ecosse, les légendaires kelpies hantent les étangs, prêts à attirer au fond de l’eau les voyageurs imprudents.

Dans le christianisme, le démon devient un ange déchu, capable de dévoyer les hommes pour les mettre au service de son maître : Satan. Appelé aussi Lucifer (Porteur de lumière en latin), du nom qu’il portait avant sa déchéance, il est très puissant, intelligent, beau, orgueilleux, séducteur, rusé, rebelle à toute loi, fourbe et pervers. C’est le "Prince de ce monde" comme Jésus le nomme.

L’idée d’un salut final de Satan remonte à Origène ; mais elle est tenue pour hérétique et condamnée par le concile de Constantinople II, car Satan n’a pas été rejeté par Dieu : il s’est au contraire séparé de lui. Dieu ne peut pardonner à qui ne demande pas le pardon. Le premier engagement libre de la volonté de Satan est définitif, son péché est irréversible ; il « est irrémédiable parce qu’il l’a commis sans que personne le lui eût suggéré, sans qu’il eût non plus quelque penchant au mal lui venant d’une suggestion antérieure : d’aucun péché de l’homme on ne peut en dire autant ». (Thomas d’Aquin)

Les Yezidi, Kurdes du djebel Sindjar (Irak), qui pratiquent une religion curieusement syncrétiste associant des éléments juifs, chrétiens, musulmans et païens, sont appelés, par les musulmans, "Adorateurs d’Iblis" (le diable) car ils croient à sa réhabilitation : repentant, ce dernier a éteint l’enfer avec ses larmes.

Au XIXe siècle, Satan est présenté comme le symbole de la révolte et de la liberté, la liberté absolue ne pouvant être qu’une revendication de soi contre Dieu.
De manière symétrique, certains chrétiens condamnent toute revendication de liberté comme satanique, et même, à la fin du siècle, une hostilité vis-à-vis de la franc-maçonnerie leur fait assimiler cette dernière à une contre-Église satanique.

Selon Freud, "le diable n’est pas autre chose que l’incarnation des pulsions anales érotiques refoulées".

Les démons sont innombrables et invisibles : chaque humain en 1 000 à sa droite et 10 000 à sa gauche (Talmud de Babylone, traité Berakoth 6a).

Ils habitent de préférence les lieux isolés et impurs, le désert, les ruines.

Ils sont à redouter, surtout la nuit.

Ils s’attaquent aux bêtes comme aux hommes.

Ils sont cause des maladies physiques et des troubles psychiques, ils font naître des passions désordonnées, ils provoquent la colère et attisent la jalousie.

Les démons sont tentateurs.

Dès l’origine, sous la forme du serpent, Satan séduit Eve. Il lui dit : « Est-il vrai que Dieu vous a dit « Vous ne mangerez d’aucun des arbres du jardin ». Le serpent ajouta : « Il est faux que vous mourrez. Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux ». (Genèse 3, 1 5)

La tentation est grande pour les hommes d’utiliser la puissance des démons : Merlin l’Enchanteur, Robert le Diable, Tannhäuser et Faust nouent des alliances avec eux et tirent de ces contrats des pouvoirs merveilleux (Goethe utilise dans Faust le démon médiéval Méphistophélès (celui qui hait la lumière).

Toutes les pratiques magiques sont illicites, funestes et vaines.

Celui qui prétend faire appel à des puissances supérieures, toujours démoniaques, pour utiliser leurs pouvoirs prend un grand risque.
En effet il n'est pas au pouvoir de l'homme de commander aux démons. Seul Dieu (et celui qui est mandaté par Lui) le peut. Par conséquent, celui qui s'imagine se servir d'eux est dans l'illusion ; les démons ne lui obéissent pas, ils y condescendent momentanément. Et il y a un prix à payer pour la prestation de services…

Lorsque le sorcier fait explicitement appel aux démons, ceux-ci peuvent donner à son action une efficacité particulière, dite praeter-naturelle, à cause de leur puissance angélique toujours intacte. D'où les prodiges subjectifs (hallucinations) ou sensoriels (bruits, apparitions diverses) qui accompagnent certains sortilèges.


Le dragon

Symbolisme et mythes


Vivant dans les entrailles de la Terre, doté d’un corps de lézard, d’une queue de serpent, d'ailes d'aigle, de griffes de lion et de poumons crachant le feu, le dragon (du grec dracôn = serpent géant) symbolise à lui seul les 4 éléments de la tradition occidentale, ainsi réunis en une seule créature capable d'inspirer les plus épouvantables cauchemars.
Il offre des significations contradictoires et exprime le paradoxe qui réside au cœur même de la vie l'interdépendance de la lumière et des ténèbres, de la création et de la destruction, du masculin et du féminin.
Mais, plus que ces opposés, le dragon personnifie la source unique dont ils tirent leur origine. II n'est ni bon ni mauvais en lui-même : il symbolise l'énergie primordiale du monde matériel (le chaos des origines) qui peut être indifféremment utilisée pour le Bien ou pour le Mal (le bon ou le mauvais côté de la Force).
Le dieu babylonien Mardouk attaque Tiamat, la Mer salée qui, sous la forme d'un dragon-serpent, symbolise le chaos primordial qu'il doit vaincre avant d'ordonner l'univers. Les armes de Mardouk sont la foudre, la massue et le filet (Texte Enuma Elisha, v. 2000 av. J.-C.).
Avant même la grande lutte qui opposa Mardouk à Tiamat, le dieu sumérien Enki, dieu de la mer, avait dû livrer un assaut redoutable contre un monstre du nom de Kur qui avait enlevé une déesse du nom d'Ereshkigal. Le dieu Enki arma un bateau et livra combat au monstre sur les eaux. Kur jeta pierre sur pierre contre la barque divine, déchaîna contre l'esquif les eaux de la mer primordiale mais en vain : Enki finit par arrêter ces assauts et par délivrer la déesse. (Récit du IIIe millénaire avant J.-C.).
Le dieu-solaire égyptien Rê mène un combat quotidien contre le dragon des ténèbres Apophis. Cette lutte est relatée dans un livre étrange, le Livre de l'Am Douat (ou Livre du monde inférieur), qui décrit le parcours souterrain du soleil pendant les heures de la nuit.
Selon un mythe hittite, Teshub, le dieu de l'Orage et un compagnon (peut-être son fils) attaquent le dragon Illuyanka et déversent sur lui des torrents de grêle. D'abord vaincu par le monstre, le dieu finira cependant par triompher.
On peut rattacher l'image biblique de la baleine rejetant Jonas à la symbolique du dragon, monstre qui avale et recrache sa proie, après l'avoir transfigurée. Cette image d'origine mythique solaire représente le héros englouti dans le dragon obscur. Le monstre vaincu, le héros conquiert une éternelle jeunesse. Son voyage aux enfers accompli, il remonte du pays des morts et de la prison nocturne de la mer vers la lumière.
Dans tous les textes hébraïques, le dragon est assimilé au mal ou à la mort (le prophète Daniel tue le dragon qui protège le dieu Mardouk des Babyloniens (Daniel 14,23-32) ; le christianisme héritera de cette symbolique.


Les dragons de l’Occident

En Occident, le dragon représente la nature primitive sauvage, de l'homme, qui doit être dominée par la force et l'autodiscipline dans le christianisme, il personnifie la puissance de Satan et du monde souterrain, vaincue par l'archange Michel.
Avec l'association du serpent à Satan, le Tentateur, le christianisme a fait du dragon un symbole effrayant du chaos, de la force destructrice aveugle, du Mal intrinsèquement lié au monde de la matière.
Le Christ lui-même est parfois représenté foulant aux pieds les dragons qui représentent l'armée de Lucifer opposée à l'armée des anges de Dieu.
Georges triomphant du dragon, symbolise la victoire de l'esprit sur la matière, du Bien sur le Mal, de la lumière divine (figurée par la lance) sur les ténèbres infernales.
Marguerite (ou Marina) s’échappe d’un dragon qui l’a avalée (elle perce le dos du monstre avec une croix) et Marthe en soumet un autre : Jacques de Voragine affirme dans La Légende dorée que c’est à Marthe, venue des Saintes-Maries-de-la-Mer, et patronne de Tarascon, qu’il faut attribuer le mérite d’avoir débarrassé la région de la monstrueuse Tarasque ; elle la neutralisa en lui présentant la croix et en l’aspergeant d’eau bénite, avant de la livrer à la fureur de la foule qui la lapida.
Au Moyen Age, le dragon est le gardien jaloux d'un trésor (la sagesse spirituelle) ou le geôlier impitoyable d'une jeune vierge (la pureté) prisonnière dans son antre souterrain.
Par extension, le dragon en est venu logiquement à symboliser, dans la civilisation occidentale, le monde des émotions et les profondeurs insondables de l'inconscient.
Il figure l'animal tapi à l'intérieur de nous, les énergies primitives qui, si nous les libérions, nous ramèneraient immanquablement au niveau des bêtes.
Pour les Grecs et les Romains, les dragons possèdent la faculté de comprendre les secrets de la terre et de les transmettre aux mortels, et l'animal figure fréquemment sur les étendards romains.
Un féroce dragon sévit dans le poème épique anglo-saxon "Beowulf" (VIIIe siècle). Le dragon crache du feu et possède des ailes lui permettant de voler dans la nuit. La mort du roi danois Beowulf, empoisonné par le souffle venimeux, fait écho à celle de Thor qui, à la dernière bataille du Ragnarok, tue le Serpent du Monde mais succombe ensuite à son venin.
Les guerriers celtes qui envahissent l'Angleterre choisissent, pour leur part, le dragon comme emblème héraldique, symbole de souveraineté. Le dragon figure sur les boucliers des tribus teutoniques qui envahissent tour à tour l'Angleterre et, jusqu'au XVIe siècle, sur les pavillons de guerre des rois d'Angleterre ainsi que sur les armoiries traditionnellement portées par le prince de Galles.
Le dragon rouge est l'emblème du Pays de Galles. Le Mabinogi de Lludd et Llewelys raconte la lutte du dragon rouge et du dragon blanc, ce dernier symbolisant les Saxons envahisseurs.
Finalement les deux dragons, ivres d'hydromel, sont enterrés au centre de l'île de Bretagne, à Oxford, dans un coffre de pierre. L'île ne devrait subir aucune invasion tant qu'ils n'auront pas été découverts. Le dragon enfermé est le symbole des forces cachées et contenues : les deux faces d'un être voilé. Le dragon blanc porte les couleurs livides de la mort, le dragon rouge celles de la colère et de la violence. Les deux dragons enterrés ensemble signifient la fusion de leur destin. La colère est tombée, mais les dragons pourraient resurgir ensemble. Ils demeurent comme une menace, une puissance virtuelle, prompte à se lancer contre tout nouvel envahisseur.
Les Scandinaves ornaient la proue de leurs "drakkars" (nom dérivé de « dragon ») de sculptures reproduisant les traits du monstre.
Un récit scandinave raconte que le dragon Fafnir est tué par le jeune héros Sigurdr le Vôlsungr. Sigmundr, père de Sigurdr, est l'un des plus valeureux héros d'Odin (en fait, il pourrait bien être le tueur du dragon, le nom de Sigurdr n'étant pas mentionné dans les sources anciennes). Ce même récit réapparaît plus tard dans la tradition germanique avec Siegfried pour héros.
La geste de Sigurd est le plus ancien texte épique de la poésie nordique. Ses racines historiques sont établies : le prototype de Sigurd est le roi mérovingien Sigebert qui avait pour épouse Brunehaut, modèle probable de la Brunehilde de l'épopée. L’œuvre sous sa forme la plus ancienne fut écrite au Xème siècle et reprise par la suite, à partir du XIIème, en Scandinavie et en Germanie.
Dans les contes serbes et russes, le dragon est « le Serpent flamboyant ». II a des liens avec le feu, l'eau et les montagnes, c'est-à-dire avec les frontières de l'Autre Monde.
En Russie préchrétienne, on croit que les éclairs sont des dragons et on les associe au dieu du tonnerre Perun.
L'Epopée de Dobrynia, vainqueur du dragon, exprime sous une forme allégorique la conversion de la Russie (à la fin du Xe siècle).
Le dragon slave apparaît habituellement comme un ravisseur de femmes, soit une femme proche du héros, qui est transportée dans l'Autre Monde, soit des jeunes filles qu'il terrorise. Il joue également le rôle de gardien du pont en bois de tremble qui enjambe une rivière tumultueuse et mène à l'Autre Monde. Dans un cas comme dans l'autre, le héros doit vaincre le monstre et, au moment opportun, délivrer la prisonnière. Avant d'essayer de décapiter le dragon, il doit ignorer les railleries et lutter contre une irrésistible envie de dormir.
Les chansons serbes et bosniaques sur "Zmaj Ognjeni Vuk" (le dragon-loup de feu) font le lien entre un loup-garou et un roi du XVe siècle : Vuk le Tyran. Les chansons rapportent qu'il est né avec une tache de vin (une marque rouge en forme de sabre sur son épaule droite) et des touffes de poils de loup, et qu'il crache le feu. Grandissant à une vitesse prodigieuse, il devient un guerrier, et il est seul capable de vaincre le dragon (peut-être parce que dragon lui-même).
Le dragon nous apparaît essentiellement comme un gardien sévère ou comme un symbole du mal et des tendances démoniaques.
Il est en effet le gardien des trésors cachés, et comme tel l'adversaire qui doit être vaincu pour y avoir accès. C'est en Occident le gardien de la Toison d'or et du Jardin des Hespérides ; en Chine, dans un conte des T'ang, celui de la Perle.
La légende de Siegfried confirme que le trésor gardé par le dragon n'est autre que l'Immortalité. Mais ces aspects négatifs ne sont pas les seuls, ni les plus importants.
Le symbolisme du dragon est ambivalent, ce qu'exprime d'ailleurs l'imagerie extrême-orientale des deux dragons affrontés, qu'on retrouve dans l'art médiéval, et plus particulièrement dans l'hermétisme européen et musulman, où cet affrontement prend une forme analogue à celle du caducée.
C'est l'alliance des contraires, la neutralisation des tendances adverses, du soufre et du mercure alchimiques (alors que la nature latente, non développée, est figurée par "l'ouroboros", le dragon qui se mord la queue).
En alchimie, le dragon est le symbole du mercure philosophal.
Deux dragons qui se combattent désignent les deux matières du Grand Œuvre, l'un est ailé et l'autre pas, pour signifier la fixité de l'une, la volatilité de l'autre. Lorsque le soufre, fixe, a changé en sa propre nature le mercure, les deux dragons font place à la porte du jardin des Hespérides, où l'on peut cueillir sans crainte les pommes d'or...

Les dragons de l’Orient

En Orient, où l'accent est toujours été mis sur les aspects positifs de cette énergie, le dragon est traditionnellement appréhendé comme la synthèse des caractères bénéfiques des éléments.
Unissant l'eau (écailles, forme reptilienne), la terre (caverne) et l'air (ailes, souffle), il représente l'union de la matière et de l'esprit.
Le dragon comporte des aspects divers en ce qu'il est animal aquatique, terrestre (voire souterrain), et céleste à la fois ; ce en quoi on a pu le rapprocher de "Quetzalcoatl", le serpent à plumes des Aztèques.
En réalité, il ne s'agit que d'aspects distincts d'un symbole unique, qui est celui du principe actif et démiurgique : puissance divine, élan spirituel.
Symbole céleste en tout cas, puissance de vie et de manifestation, il crache les eaux primordiales ou l’œuf du monde, ce qui en fait une image du Verbe créateur.
Principe K'ien, origine du Ciel et producteur de la pluie, il est la nuée qui se déploie au-dessus de nos têtes et va déverser ses flots fertilisants.
Si le symbolisme aquatique demeure évidemment capital, si les dragons vivent dans l'eau, font naître des sources, si le Roi Dragon est un roi des nâga (mais il s'identifie, ici encore, au serpent), le dragon est surtout lié à la production de la pluie et du tonnerre, manifestation de l'activité céleste.
Unissant la terre et l'eau, il est le symbole de la pluie céleste fécondant la terre.
Les danses du dragon, l'exposition de dragons de couleur appropriée permettent d'obtenir la pluie, bénédiction du ciel.
En conséquence le dragon est signe de bon augure, son apparition est la consécration des règnes heureux. Il arrive que, de sa gueule ouverte, sortent des feuillages : symbole de germination.
La montée du tonnerre, qui est celle du yang, de la vie, de la végétation, du renouvellement cyclique, est figurée par l'apparition du dragon, qui correspond au printemps, à l'Est, à la couleur verte.
Le dragon s'élève dans le ciel à l'équinoxe de printemps et s'enfonce dans l'abîme à l'équinoxe d'automne ; ce que traduisent les positions des étoiles kio, et takio, Epi de la Vierge et Arcturus, les cornes du dragon.
Astronomiquement, la tête et la queue du Dragon sont les nœuds de la lune, les points où ont lieu les éclipses : d'où le symbolisme chinois du dragon dévorant la lune et celui, arabe, de la queue du Dragon comme région ténébreuse.
Mais l'ambivalence est constante : le dragon est yang comme signe du tonnerre, du printemps, de l'activité céleste ; il est yin comme souverain des régions aquatiques. Yang en ce qu'il s'identifie au cheval, au lion (animaux solaires), aux épées ; yin en ce qu'il est métamorphose d'un poisson ou s'identifie au serpent. Yang comme principe géomantique ; yin comme principe alchimique (mercure).
L'axe des dragons, dans le thème astrologique, est aussi nommé axe de destinée.
La tête du dragon, qui indique le lieu du thème où doit se construire le foyer de l'existence consciente, est opposée à la queue du dragon, qui brasse toutes les influences venues du passé, le karma dont il faut triompher. Ces deux parties du dragon sont également appelées nœuds lunaires, nord et sud ; il s'agit des points ou la trajectoire de la lune croise celle du soleil.
En Inde, il est principe primordial et s'identifie à Agni ou à Prajapâti. Le Tueur de Dragon est le sacrificateur qui apaise la puissance divine et s'identifie à elle. Le dragon produit le soma, qui est breuvage d'immortalité. Indra, roi des Cieux, tue Vitra, le dragon des eaux, pour libérer la pluie.
En Chine, Tchouang-Tseu enseigne que la puissance du dragon est chose mystérieuse : elle est la résolution des contraires. C’est pourquoi Confucius vit, selon lui, en Lao-Tseu la personnification même du dragon. Par ailleurs, si le dragon-soma procure l'immortalité, le dragon chinois y conduit également : les dragons volants sont les montures des Immortels. Houang Ti, qui avait utilisé le dragon pour vaincre les tendances mauvaises, monta au Ciel sur le dos d'un dragon. Mais il était lui-même dragon, de même que Fou-hi ou Fuxi, le souverain primordial (2852-2737 av. J.-C.), qui avait torse humain et corps de poisson.
Dans cette Chine, où il draina la Terre au début des temps, le dragon accompagne les saisons. Il est le principe K’ien, origine du Ciel et producteur de la pluie et l'on croyait autrefois que les images de dragons portant des perles (le tonnerre) pouvaient amener la pluie. Son sang est noir et jaune, couleurs primordiales du Ciel et de la Terre. Les 6 traits de l'hexagramme k'ien, qui figurent traditionnellement les 6 six étapes de sa manifestation, sont 6 dragons attelés.
La semence du dragon, déposée dans les entrailles de la terre, est devenue jade.
Les 5 griffes de Lung, le dragon impérial chinois, représentent les 5 éléments de la tradition extrême-orientale (eau, feu, bois, métal, terre). Elles rappellent l'autorité que l'empereur, représentant du Ciel, était supposé exercer sur la totalité du monde. Puissance céleste, créatrice, ordonnatrice, le dragon était le symbole de l'empereur. Yu le Grand (2205-2197 av. J.-C.), fondateur mythique de la dynastie des Xia, aurait été à l'origine un dragon (ou fut conseillé par un dragon), et chaque empereur était considéré comme l'incarnation de cet animal.
Il est remarquable que ce symbole du pouvoir s'applique non seulement en Chine, mais aussi chez les Celtes (le légendaire Roi Arthur était le fils d’Uter Pendragon = Uter à tête de Dragon), et qu'un texte hébreu parle du Dragon céleste comme d'un roi sur son trône. Il est associé à la foudre (il crache du feu) et à la fertilité (il amène la pluie). Il symbolise ainsi les fonctions royales et les rythmes de la vie, qui garantissent l'ordre et la prospérité.
En Orient, le dragon sortant de la mer ou du fleuve est associé à l'acquisition de la connaissance et à l'esprit créateur alors qu'en Occident, on y voit le symbole du surgissement brutal des énergies maléfiques de l'inconscient.
Au XIIIe siècle, Phajo Drugom Shigpo fait de l'école Drug-pa Kagyu-pa du bouddhisme Mahayana, l'école dominante. La lignée Drug-pa Kagyu-pa, qui appartient au véhicule de Diamant, signifie « lignée du dragon Kagyu-pa » ; ses enseignements sont magnifiquement exposés dans Vie et Chants de Drug-pa Kun-Legs le Yogin qui vécut au XVe siècle, et dont le nom signifie « Beau Dragon ». Il est vénéré au Bhoutan, près du Tibet (le Bhoutan étant "Druk Yul" : Pays du Dragon). Le Bhoutan est un royaume dont le souverain est "druk gyalpo" (roi-dragon). Le dragon en est le symbole national.
Le patriarche zen Houei Nêng fait des dragons et des serpents les symboles de la haine et du mal.
Le terrible Fudo Myô-o nippon, le plus important des « rois de sagesse », dominant le dragon, vainc par là même l'ignorance et l'obscurité.


Les démons babyloniens

Certaines civilisations anciennes, notamment celles d’Egypte et de Babylone, pensent que certains démons sont responsables du fonctionnement des organes et qu’ils provoquent certaines maladies.

La religion babylonienne a une démonologie compliquée, et l’on y pratique des exorcismes nombreux pour délivrer les personnes, les choses, les lieux ensorcelés ; ces rites essentiellement magiques constituent une part importante de la médecine.

Les démons babyloniens sont les enfants de la Terre et du Ciel. Ils ne peuvent être reconnus ni par les dieux ni par les hommes, car ils sont entourés d’un halo qui les rend invisibles. Ils sont brillants comme des étoiles, mais sales et puants. Ils détruisent la force sexuelle de l’homme. Ils pénètrent partout subrepticement, comme des serpents, enlèvent l’épouse à son mari, séparent le fils du père. Ils se nourrissent de sang et sécrètent un venin redoutable.

Le démon Alû n'a pas de bouche, pas de membres, pas d'oreilles, pas de visage. Il tombe sur l'humain comme un mur, de préférence la nuit, et lui lie bras et jambes, langue et âme. Il est à l'origine de la maladie, appelée « main du démon Alû », caractérisée par une somnolence avec bourdonnements d'oreille. Démon de l'ouragan, il peut se présenter sous la forme d'un taureau écumant. Sorti de l'enfer (arallû) comme Gallû, il est, comme lui, assimilé aux spectres qui sortent des tombeaux.

Mutu, démon de la mort et de la maladie, est combattu avec des simulacres de cire et de faïence.

Idpa est le démon de la fièvre.

Namtar « saisit l’homme par les cheveux ». Serviteur d’Allat, la déesse des Enfers, il est le démon de la peste.

La démone Lamashtu ou Labartu (akkadien), ou encore Dimme (sumérien), fille du dieu An, est également considérée comme une déesse. Stérile, elle provoque des fausses couches et kidnappe les nourrissons pendant l'allaitement ainsi que les jeunes enfants. Elle boit le sang des hommes et consomme leur chair. Elle donne des cauchemars, empoisonne les eaux et apporte la maladie. Elle est représentée, juchée sur un âne, avec une tête de lionne, des serres en guise de pieds, un serpent (parfois à 2 têtes) dans chaque main, allaitant un cochon à son sein droit et un chien à son sein gauche. On utilise, pour la tenir éloignée des malades, des femmes enceintes et de leur nourrisson, des représentations du démon Pazuzu, son époux, sous forme d'amulettes, de plaques de bronze ou de statuettes. De nombreuses incantations et prières servent à la chasser ou à attirer ces faveurs. Lamashtu sera confondue avec Lilith, autre démon femelle, avec lequel elle partage de nombreux points communs.

Pazuzu, fils du dieu Hanpa (ou Hanbi) et époux de Lamashtu, est le roi des démons du vent (pour les Sumériens, il commande particulièrement le vent du sud-ouest qui apporte la malaria, la sécheresse et la famine pendant la saison sèche et des inondations pendant la saison humide). Il est souvent représenté avec le corps d'un homme mais avec la tête d'un lion ou d'un chien, avec des griffes à la place des pieds, 2 paires d'ailes, une queue de scorpion et un pénis en forme de serpent. Il a la main droite levée, et la main gauche baissée, ce qui symbolise la vie et la mort, la création et la destruction. Il protège les humains contre la peste et les forces mauvaises.


Les raksasas de l’Inde

Ce sont des dieux déchus ou des hommes « grands pécheurs » condamnés à assumer pour un temps la fonction démonielle : le raksasa s’acharne à découvrir celui qui doit le remplacer et, pour cela, à détourner les hommes du droit chemin.
Ils ont tantôt des allures séduisantes, tantôt des formes horribles : chevaux, tigres, lions, buffles, monstres à cent têtes et à de nombreux bras.
Les sacrifices sont troublés par leur présence ; on leur jette une portion de riz pour les apaiser et ils viennent la chercher sous la forme d'oiseaux.
Ils pénètrent les cadavres abandonnés, en mangent la chair, et les animent ensuite pour répandre le mal autour d’eux.
Le chef des raksasas est Ravana, un énorme géant avec dix têtes et vingt bras ; il sera tué par le dieu Rama.
Les Indiens ont nommé raksasas des races de peuples voleurs, et entre autres ceux de l'île de Ceylan et de la partie méridionale de la presqu'île.

Les esprits et les êtres démoniaques constituent un élément important de l’hindouisme.
Les textes sacrés hindous, appelés Veda, composés vers 1000 av. J.-C., décrivent divers êtres démoniaques, notamment les asuras et les pani, qui tourmentent les gens et œuvrent contre les dieux hindous.
En sanscrit, le mot asura signifie littéralement "vivant".
Primitivement, le nom d'Asura était donné à l'Etre suprême, à l'intelligence supérieure, qui est la cause et l'origine de tout ; on l'appliqua ensuite au dieu Mithra.
Bizarrement, les Aryas attachèrent peu à peu à ce nom un sens tout aussi défavorable que celui que prit insensiblement le daimôn des Grecs, devenu notre démon ; et les asuras ne furent plus, dans la mythologie hindoue, que de mauvais esprits contre lesquels ont à lutter les hommes et les dieux.
De même, les Iraniens donnèrent au mot deva (qui signifie « dieu » chez les Aryas de l'Inde), l'acception de démon, diable, qui s'est conservée intacte dans le persan moderne "div".
Le Sittim, démon de forme humaine, vit dans les bois.


Les kouei chinois

Les kouei sont des êtres répugnants, de grande dimension, au visage noir ou vert, portant de grandes dents longues et aiguisées, couverts de poils très longs sur toute la figure.
Ils errent dans les lieux corrompus et les ordures, se changent en démons de l’eau et entrent dans la respiration des hommes pour introduire en eux des matières nuisibles et mortelles.
Les maladies, les accidents et les catastrophes sont leurs œuvres. Il convient de les apaiser par des exorcismes et des sacrifices. Rarement, cependant, ils deviennent favorables aux humains.
Ils sont l’incarnation des p’o, esprits mauvais qui investissent les cadavres quand ces derniers sont libérés de leurs âmes supérieures.
On les confond souvent avec les esprits des morts, surtout de ceux qui sont décédés par accident, suicide ou meurtre.

Tch’e-yeou est un démon célèbre. Il a un corps d’homme, des pieds de taureau, quatre yeux et six mains. Sa tête est faite de cuivre et son front de fer. Il a inventé les armes et se plaît à la guerre. Dans la légende, il combattit longtemps Houang-ti, l’empereur jaune, mais fut vaincu par lui. On en a fait une image pour inspirer la terreur.

Tch'eng-Houang est l’un des plus puissants démons chinois. Il oblige les hommes à lui rendre un culte sous menace de représailles.

Yen-Vang est le roi de l'enfer. Il exerce des châtiments horribles sur ceux qui n'ont rien à lui offrir.

A Taiwan, les Yeou-Ying-Kong sont les protecteurs des prostituées.


Les tengu japonais

Etroitement liés aux montagnes, les tengu surgissent subitement. Ils ensorcellent les êtres humains et possèdent des pouvoirs magiques : ils changent d’apparence, se téléportent, peuvent se rendre invisibles, parlent sans ouvrir la bouche et s’introduisent dans les rêves. Ils enlèvent les enfants, sèment la discorde, font s’écrouler les bâtiments, troublent les cérémonies religieuses et même incendient les temples.
Ils sont habituellement représentés sous forme de corbeaux ou d’oiseaux aux griffes puissantes mais aussi sous forme de lutins aux longs nez ou à becs de rapaces.
A la période d’Edo (à partir de 1603), on leur attribue un rôle complètement opposé à celui d’origine : aider à retrouver les enfants disparus et garder les temples (leurs effigies sculptés sont placées autour des lieux sacrés).

Dans la mythologie japonaise, Bakou est un démon mangeur de songes.

Goguis, démon sous forme humaine, accompagne les pèlerins dans leurs voyages.


Les démons dans le judaïsme et le christianisme

L’ancien Orient donne un visage personnel aux mille forces obscures dont la présence est soupçonnée derrière les maux qui assaillent l’homme.
C’est pour les païens une tentation constante de chercher à se concilier les esprits mauvais en leur rendant un culte sacrificiel, en un mot, d’en faire des dieux.
Israël n’est pas à l’abri de la tentation. Abandonnant son créateur, il se tourne aussi vers les « autres dieux » (Deutéronome 13,3-7-14), autrement dit vers des démons (32,17), allant jusqu’à leur offrir des sacrifices humains (Psaumes 106,37). Il se prostitue aux satyres (Lévitique 17,7 ; Isaïe 13,21 et 34,13) qui hantent ses hauts lieux illégaux (2 Chroniques 11,15).
Les traducteurs grecs de la Bible systématisent cette interprétation démoniaque de l’idolâtrie, identifiant formellement aux démons les dieux païens (Ps 96,5 ; Baruch 4,7), les introduisant même dans des contextes où l’original hébreu ne parle pas d’eux (Ps 91,6 ; Isaïe 13,21 ; 65,3). Ainsi le monde des démons devient un univers rival de Dieu.
L’Ancien Testament leur voue des lieux maudits comme Babylone (Is 13) ou le pays d’Edom (Is 34).
Le rituel de l’Expiation ordonne de livrer au démon Azazel le bouc chargé des péchés d’Israël (Lévitique 16,10).
Autour de l’homme malade, on pressent des forces mauvaises qui le tourmentent. Primitivement des maux tels que la peste (Psaumes 91,6 ; Habaquq 3,5), la fièvre (Deutéronome 32,24 ; Ha 3,5) sont regardés comme des fléaux de Dieu. Il les envoie sur les hommes coupables, comme il envoie son esprit mauvais sur Saül (I Samuel 16,14-23 ; 18,10 ; 19,9) et l’Ange exterminateur sur l’Egypte, sur Jérusalem ou sur l’année assyrienne (Exode 12,23 ; 2 S 24,16 ; 2 Rois 19,35).
Le Livre de Tobie sait que ce sont les démons qui tourmentent l’homme (Tb 6,8) et que les anges ont mission de les combattre (Tb 8,3). Cependant, pour présenter le pire d’entre eux, celui qui tue, l’auteur ne craint pas de faire encore appel au folklore perse en lui donnant le nom d'Asmodée (Tb 3,8 ; 6,14). 1
La Bible parle de démons ou génies, comme d’esprits impurs, malfaisants et tentateurs.
Personnalisation de toutes les puissances maléfiques, ils revêtent souvent les visages des dieux étrangers : Bêelzéboul, l’ancien dieu-guérisseur d’Ekrôn (II Rois 1,2), Lilith (Isaïe 34,14), Asmodée (Tobie 3,8), Dagon, dieu phénicien de la fertilité (Juges 16,23 ; I Samuel 5,7), Nergal, dieu babylonien dont le culte s’établit en Samarie (D2 Rois 17,30), Adramélech et Anamélech dieux de Sépharvaïm (2 Rois 17,31).
Les démons ont un nom collectif (les Seirim) ou personnel (Lilith, Azazel, Abaddon, Asmodée, Beelzebul ou Belzébuth, etc.)


Lilith

Parfois donnée pour une fille maléfique d’Adam, premier homme de la tradition hébraïque, la démone Lilith semble dériver d’un esprit mésopotamien hantant le désert, de nature similaire et portant un nom de même consonance.
Lilith, également connue sous les noms de "Lilitu", "Lillake", "Belet-ili", "Belili", "Baalat", "Ardat-Lilli", est présente dans les mythes juifs, babyloniens, sumériens, arabes et même teutons.
Lorsque Dieu créa le monde et son jardin d'Eden, il décida de façonner l'Homme : il prit un peu de glaise afin de modeler le corps d'Adam, le fit cuire et lui insuffla le souffle de la vie. Adam vécut ainsi seul dans le Jardin d'Eden pendant un certain temps et observa les animaux tout autour de lui, constatant que chaque espèce était composée de mâles et de femelles, alors que lui était le seul être de son espèce. Ne comprenant pas pourquoi, il posa la question à Dieu, lui manifestant le souhait d'avoir une autre créature de son espèce. Dieu, reconnaissant la justesse de la demande de l'Homme décida de lui attribuer une compagne : il prit un peu de terre du Jardin et façonna la première femme : Lilith. Mais la terre était impure.
Lorsque se posa la question de l'autorité dans le couple, Adam voulut s'imposer comme chef de la famille mais Lilith refusa, arguant qu'elle avait été créée égale à lui. Ce conflit, auquel s'ajouta le courroux de Dieu devant la désobéissance de Lilith encouragea cette dernière à s'enfuir de l'Eden : elle invoqua le nom de l'Ineffable et reçut une paire d'aile qui lui permit de s'envoler hors du Jardin. Elle s'installa sur le bord de la mer Rouge où elle passa ses journées à s'accoupler aux démons.
Adam, le cœur brisé, prévint Dieu et lui demanda de lui ramener sa compagne. Dieu envoya 3 Anges pour convaincre Lilith de retourner auprès d'Adam mais elle refusa.
Les Anges décidèrent donc, pour la punir, de tuer 100 de ses fils (des démons) par jour. Désespérée par un châtiment si cruel, elle tenta de se suicider en se jetant dans la Mer Rouge. Mus par le remords, les 3 Anges décidèrent de lui accorder, en compensation, tout pouvoir sur les enfants nouveau-nés, pendant 8 jours pour les garçons et 20 pour les filles et un pouvoir illimité sur les enfants nés hors mariage. Cependant, elle devait s'engager à perdre ses prérogatives sur les enfants portant une amulette présentant l'image de ces anges, ce qu'elle accepta.
Dieu, n'ayant pu ramener Lilith, donna à Adam une nouvelle femme, Eve, qu'il créa à partir de la chair de l'homme afin qu'elle lui obéisse.
Mais Lilith vouait à cette nouvelle femme une jalousie haineuse et tenace. Elle épousa Samaël [l'Ange de la Mort, le Serpent de la tentation (Genèse 3, 1-5), condamné à ramper, fuyant et sournois, dont le venin est particulièrement redouté] à qui elle demanda de corrompre Adam et Eve afin qu'ils soient, eux aussi, chassés du Jardin d'Eden.
Ainsi, Adam goûta le fruit défendu et subit le même préjudice que Lilith qui se considéra vengée.
Une autre version fait d'elle le Serpent tentateur et non son époux, et une autre la présente comme la séductrice d'Adam après sa chute (de cette union seraient nés les mauvais esprits).
Lilith est la princesse des démones succubes (lilims) qui tentent les hommes et les enfants mâles dans leur sommeil. Jalouses, luxurieuses, impudiques et sanguinaires, elles tuent en grand nombre leur progéniture. Des théologiens ont distingué les succubes (tentatrices venant, la nuit, rejoindre les hommes) et les incubes (tentateurs rejoignant les femmes).
Lilith possède 180.000 servantes, toujours prêtes à envahir notre univers ; elles sortent la nuit et se nourrissent de pus et de vermine.
Les histoires démoniaques babyloniennes expliquent que Lilith n’était pas un démon à part entière mais simplement une humaine possédant un grand savoir et quelques pouvoirs spéciaux. Repoussé par les démons qui ne voulaient pas d'elle, elle profita de connaître leur nom pour les invoquer, signant ainsi quelques pactes qui lui permirent d'accroître ses pouvoirs. Ce n'est que plus tard qu'elle devint un démon à part entière, elle hantera les légendes et superstitions juives durant le Moyen Age.
Lilith est également connue sous le nom de Déesse Noire, apparenté à Empousa, fille d'Hécate, séduisant les hommes dans leur sommeil pour leur sucer le sang et dévorer leur chair. Dans l'astrologie, Lilith est associée à la Lune noire. Dans la nuit noire, gare à celui qui désire Lilith car elle s'emparera de lui, lui permettant de remplir le monde de sa descendance de démons. Son véritable domicile se trouverait dans les profondeurs de la mer, ce qui l’apparente aux sirènes.


Satan, Lucifer, le Diable, le Démon, le Malin, le Serpent, le Dragon, Léonard

En face des anges fidèles, la Bible présente les anges rebelles ayant à leur tête Satan (de l’expression hébraïque ha-satan = le satan ; dans Zacharie et dans le Livre de Job, il s’agit d’un nom commun, le satan (d'un verbe hébreu signifiant "accuser, s'opposer"), qui désigne un des anges serviteurs de Dieu, l’accusateur de l’homme, un espion rassemblant des renseignements sur les êtres humains lors de ses voyages terrestres ; ce n’est que dans les Chroniques qu’il devient un nom propre, celui de l'adversaire de Dieu) 16 ou Lucifer [celui qui « porte la lumière », c’est également le nom de Vénus (astre ou étoile du matin) et celui du roi de Babylone dans Isaïe (14,12)] ou le Diable (en grec diabolos = celui qui désunit) ou le Serpent ou le Dragon (Léviathan, Béhémoth) ou la Bête ou Bélial ou le Prince des ténèbres ou le Malin ou Moloch (auquel Moïse fait allusion) qui, depuis Adam, attire l’homme vers le mal, ou encore Azazel et Samaël.

Pour certains démonologues, Satan est un prince révolutionnaire dans l'empire de Belzébuth.

Dans la tradition juive tardive et donc dans la pensée chrétienne primitive, on commence à considérer Satan comme un adversaire non seulement des hommes mais aussi et surtout de Dieu. Ce développement est probablement le résultat de l’influence de la religion zoroastrienne, avec ses pouvoirs opposés du bien (Ahura Mazda) et du mal (Ahriman). Mais dans le judaïsme et dans le christianisme, le dualisme est toujours provisoire ou temporaire, le diable étant finalement soumis par Dieu. En France, au XIe siècle, le diable est appelé Aversier (Adversaire).

Dans les écrits de la secte de Qumran conservés dans les Manuscrits de la mer Morte, le diable est personnifié par Bélial, l’esprit de la méchanceté.

Le plus beau de tous les esprits purs, un séraphin ou un chérubin, prend la tête des anges rebelles : il veut être heureux en lui-même par ses propres forces. Tout au moins, il veut mériter strictement cette béatitude que Dieu lui donnerait alors comme un salaire. Il veut ne rien tenir du Créateur et, tout en étant maître des autres créatures, se soustraire à la règle imposée par le Supérieur de toutes choses : « C'est vouloir commander et ne pas obéir, et en cela consiste le péché d'orgueil ; aussi a-t-on raison de dire que le premier péché du démon fut l'orgueil » (Thomas d'Aquin).

Jésus déclare : « Il (le Diable, ndlr) a été homicide dès le commencement, et n'est point demeuré dans la vérité, parce qu'il n'y a point de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fonds, car il est menteur et père du mensonge » (Jean 8,44)

C'est au Moyen Âge que le diable connaît sa gloire, dans la tradition occidentale. On le représente sous les traits d'un serpent, mais aussi d'un crapaud, d'une chauve-souris, d'un léopard, d'un chat noir, d'un bouc ou d'un singe... Il est dragon, créature hybride, corps velu à tête de bouc, mais peut aussi se révéler, surtout auprès des dames, un homme très séduisant. On prétendait, au Moyen Âge, que les coquettes qui passaient trop de temps devant leur miroir finiraient par y voir le diable, et que leur visage deviendrait aussi laid que l'arrière-train qu'il leur montrait. Héritage celtique ? Comme le dieu gaulois Cernunnos qui porte sur son front de splendides cornes de cerf, le diable a des cornes. C'est aussi en se référant au dieu Moloch que l'on a façonné l'image du diable, empruntant à la cruelle idole ses cornes, sa fourche (sur certaines statues, le bras se terminait par un gril sur lequel était exposée la victime jusqu'à ce que son corps bascule dans un bassin d'airain disposé aux pieds de Baal-Moloch) et l’allusion au feu « infernal ». La figure médiévale traditionnelle de personnage cornu et barbu aux pieds de bouc est également due à l’influence du dieu Pan et des satyres antiques qui, au moment où l’empire romain se convertit au christianisme, devinrent les démons et les mauvais esprits de la nouvelle religion. Pan, fils de Zeus et de la nymphe Callisto, principalement adoré en Arcadie, présidait aux troupeaux et passait pour l'inventeur d'un instrument de musique qualifié de chalumeau. Muni de cornes, de pieds de chèvres et d'une petite queue, on lui donnait pour compagnons les égipans, les faunes et les satyres, et il passait pour un grand amateur de filles vierges et de jeunes éphèbes. Certaines nymphes, telles que Syrinx et Echo, avaient cependant repoussé ses avances. Est-ce de là que provenaient ses accès de méchanceté, la terreur que son apparition soudaine provoquait parmi les voyageurs et les populations superstitieuses des montagnes de la Grèce ? Considéré à la fin du monde antique comme le Grand Tout, la vie universelle, il fut rapidement assimilé à un démon, puis au Prince des incubes ayant Lilith pour parèdre. Pour les psychanalystes, Pan représente la libido. Il est le symbole de l'élan vital, de toutes les forces de la nature débordante.

Sous son apparence caprine, le diable prend le nom de Léonard, le grand Bouc noir qui préside au sabbat des sorcières. Démon des premiers ordres, grand maître des sabbats, Léonard est le chef des démons subalternes et inspecteur général de la sorcellerie, de la magie noire et des sorciers. On l'appelle souvent "le Grand Nègre". Il préside au sabbat sous la figure d'un bouc de haute taille. Il a trois cornes sur la tête, deux oreilles de renard, les cheveux hérissés, les yeux ronds, enflammés et fort ouverts, une barbe de chèvre et un visage au derrière, des pieds en pattes d’oie. Les sorciers l'adorent en baisant son visage inférieur, une chandelle verte à la main.


Quelquefois, il ressemble à un lévrier ou à un bœuf ou encore à un grand oiseau noir ou un tronc d'arbre surmonté d'un visage ténébreux. Léonard est taciturne et mélancolique, mais dans toutes les assemblées de sorciers et de diables où il est obligé de figurer, il se montre avantageux et déploie une gravité superbe. Maître Léonard est aussi identifié à Azazel et à Baphomet.

Le Dragon, incarnation de Satan, donne sa puissance à la Bête (Apocalypse 13,1). L’ange qui tient la clef de l’abîme "se saisit du Dragon, l’antique Serpent, qui est le Diable et Satan" et l’enchaîne pour mille ans (Ap 20, 1-2).

Les aspects du démon sont incroyablement variés et c’est pourquoi la subtilité des théologiens prêta au diable une ambivalence seule capable d’expliquer qu’il puisse être à la fois terrifiant et séducteur. Car ce sont là, on le comprend fort aisément, des apparences inconciliables : comment séduire, tenter l’âme du pécheur si on commence par le terrifier ? Et comment le terrifier si on commence par le séduire ?

Le "prince de ce monde" comme Jésus le nomme (Jean 12, 14, 16), ou le "dieu de ce siècle" comme l’appelle saint Paul (2 Corinthiens 4 : 3-4), dispose donc d’un grand nombre de moyens d’action pour gagner à sa cause l’âme des hommes faibles ou luxurieux.
Tour à tour dragon horrible ou jeune fille séduisante, il attaquera l’homme selon des voies multiples, adaptées à chaque cas. C’est pourquoi on le voit apparaître, dans l’immensité des déserts d’Egypte, par exemple, où il va tenter des ascètes comme saint Antoine, sous les traits d’un serpent ou d’un monstre hideux, propre à glacer le sang de tout homme aux nerfs un peu fragiles ou sous ceux d’une très belle femme, propre à enflammer le plus aguerri des ermites. Ces manœuvres échouent pour la plupart mais les Vies des Pères du désert regorgent d’exemples analogues et révèlent déjà, chez le diable, une personnalité bien affirmée.

"Soyez sobres, veillez. Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera." (1 Pierre 5.8)
"(...) Satan lui-même se déguise en ange de lumière." (2 Corinthiens 11,14)
Satan, Lucifer, Samaël, Azazel, Bélial, Mastéma, Léviathan, Serpent, Dragon (terrassé par saint Michel et saint Georges), Léonard, tels sont donc quelques-uns des noms et aussi des aspects du Diable.

Cette fusion en un seul être, le Diable chrétien, chef de l'Enfer, de personnages autrefois distincts (serpent biblique séducteur d’Eve, astre du matin du nom de Lucifer, adversaire de Yahvé sous le nom de Satan) est sans doute à l’origine de ce pouvoir de métamorphose qu’on lui prête volontiers.


La chute de Lucifer, illustration de Gustave Doré pour Le Paradis perdu de John Milton.


Les anges déchus

Le livre de l’Apocalypse évoque la lutte des anges rebelles contre les anges fidèles, et leur défaite face à l’archange Michel qui les chasse du ciel.
L’Eglise croit à leur influence mauvaise, et même à des cas de possession contre lesquels elle agit par exorcisme ; mais elle refuse le dualisme manichéen (2 principes égaux du Bien et du Mal) et affirme que, créés bons, les démons sont devenus mauvais par leur faute et que, s’ils peuvent tenter l’homme, ils restent soumis à la toute-puissance de Dieu.
Selon le Pseudo Denys l’Aréopagite, les démons sont des anges révoltés contre Dieu ; ils ont trahi leur nature, mais ne sont mauvais ni par leur origine, ni par leur nature. S’ils étaient naturellement mauvais, ils ne procéderaient pas du Bien, ils ne compteraient pas au rang des êtres, et d’ailleurs comment se seraient-ils séparés des bons anges si leur nature avait été mauvaise de toute éternité ? « La race des démons n’est donc pas mauvaise en tant qu’elle se conforme à sa nature mais bien en tant qu’elle ne s’y conforme pas ».
Honorius d’Autun, probablement moine irlandais auteur de l’Elucidarium (vers 1150) déformé plus tard en Lucidaire, ajoute aux données bibliques des éléments des légendes irlandaises de la Vision de Tungdal (diables hideux et cruels résidant en Enfer). Le Lucidaire inspira la Divine Comédie de Dante.
Au XVe siècle, Denys le Chartreux (Denys Leeuwis ou Van Leeuven, né à Ryckel dans le Limbourg belge, 1402 1471), répand les concepts de la Vision de Tungdal, ajoutant la notion biblique de "tentateur" (le Diable, cherchant à avoir de nombreuses victimes à tourmenter pour l’éternité, s’efforce de les faire tomber en enfer). Du XVe s. date l’expression de "Malin", signifiant "cruel et rusé".
Les démons, au sens chrétien du terme, c’est-à-dire les esprits mauvais composant la suite de Satan, sont tous des anges déchus, qui ont perdu leur habitat céleste, mais dont la nature est identique à celle des anges et qui furent, au même titre qu’eux, créés par Dieu.
Ceci les distingue radicalement des démons manichéens, par exemple, qui sont des créations de l’esprit des Ténèbres et foncièrement distincts des anges ou créatures célestes composant le cortège du dieu bon.
Cette différence est importante car elle implique que le Mal et ses prosélytes et instruments que sont les démons n’est pas pour le dogme chrétien une entité distincte du Bien, mais une perversion, une déchéance de ce dernier.
Pourquoi certains sont-ils devenus des démons et furent-ils chassés du ciel ?
Il existe deux réponses traditionnelles différentes :
- La première, d’origine évangélique, indique que certains anges, sous la conduite de Lucifer, se seraient révoltés lors de la création de l’homme et auraient voulu faire obstacle au plan divin.
- La seconde, d’origine biblique, indique que certains anges, ayant trouvé fort belles les filles des hommes, descendirent sur terre pour s’unir à elles, perdant ainsi leurs privilèges angéliques.
La première de ces traditions figure notamment dans l’Epître aux Ephésiens de Paul. Lucifer s’est révolté contre Dieu au moment où celui-ci créa Adam. L’archange saint Michel le chassa alors du ciel et le précipita dans l’abîme. D’autres anges (un tiers des anges selon la tradition), qui, prirent fait et cause pour Lucifer, furent précipités avec lui et relégués dans cet espace intermédiaire qui sépare la terre du ciel (le Graal aurait été taillé par les anges dans l’émeraude tombée du front de Lucifer pendant sa chute). Toujours présents, volant dans les airs, ils ne cessent de harceler les hommes qui doivent, dit saint Paul, « revêtir l’armure de Dieu pour pouvoir résister aux manœuvres du diable ». Et il ajoute : « Car ce n’est pas contre des adversaires de chair et de sang que nous avons à lutter mais contre les Puissances, contre les Principautés, contre les Régisseurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits du Mal qui habitent les espaces célestes. »
L’autre tradition est mentionnée dans la Genèse (6,1-4) en des termes qui déjouent depuis longtemps la sagacité des exégètes et des théologiens : « Alors que les hommes avaient commencé à se multiplier sur la surface du sol et que des filles leur étaient nées, les "elohim" (fils de Dieu) virent que les filles d’homme étaient belles et ils prirent pour femmes celles de leur choix. Le Seigneur dit : « Mon esprit ne dirigera pas toujours l’homme, étant donné ses erreurs ; il n’est que chair et ses jours seront de cent vingt ans. » En ces jours, les "Néphilim" (géants) étaient sur la terre et ils y étaient encore lorsque les fils de Dieu vinrent trouver des filles d’homme et eurent d’elles des enfants. Ce sont les héros d’autrefois, ces hommes de renom. »
Hennins suppose que le terme hébreu "Néphilim", traduit ordinairement par "géants", signifie "nécromanciens", de "nephi" (cadavre) ; le plus souvent, en effet, il fallait un cadavre pour évoquer l'âme des morts.
La majorité des versions anciennes de la Bible, incluant la Septante, Théodotion, la Vulgate, les traductions de la Bible Samaritaine, le Targum Onkeloset le Targum Neofiti, interprètent le mot comme signifiant "géants". Symmaque l'Ébionite, au IIe siècle, le traduit par "les violents" et la traduction d'Aquila de Sinope, datant de la même période, signifie, soit "ceux qui sont tombés", soit "ceux qui tombent" (sous-entendu: "sur leurs ennemis"). Le dictionnaire Brown-Driver-Briggs définit les "nephilim" comme étant des "géants". Bon nombre d'interprétations parmi celles suggérées sont basées sur l'hypothèse que le mot est dérivé de la racine hébraïque "n-ph-l", signifiant "tomber". Selon Robert Baker Girdlestone, les "nephilim" seraient plutôt ceux qui "font tomber". Adam Clarke comprend le mot comme un passé : "tombés", "apostats". Ronald Hendel défend également l'idée qu'il s'agit d'une forme passive, "ceux qui sont tombés". 11
Ces géants eurent des descendants fameux : voir Nombres (13, 32-33), Deutéronome (1, 20-21 ; 3, 11 ; 9, 12), 1er livre de Samuel (17, 4-7), IIe livre de Samuel (21, 15-22), Livre de Baruch (3, 26-28). Selon l’Ancien Testament, Goliath mesurait environ 3 mètres, mais les manuscrits de Qumran, antérieurs, indiquent qu’il atteignait près de 2 mètres (ce qui en faisait un être très grand par rapport à la moyenne de l’époque qui était de 1 m 58). La découverte de squelettes de haute stature dans la région de Bashan prouve l’existence des Rephaïm (géants descendants de Rapha).
Les Pères de l'Eglise, Jean Chrysostome, Cyrille, Théodoret et Augustin, enseignent que les fils de Dieu sont les pieux descendants de Seth et que les filles des hommes appartiennent à la race perverse de Caïn.
Le Livre d’Enoch (patriarche enlevé vivant au ciel par Yahvé et censé avoir eu communication des mystères de la vie et de la mort), livre apocryphe de l’Ancien Testament, cité par saint Jude, raconte qu’au début de la lutte contre le créateur, le chef des esprits rebelles est Samiaxas (ou Semiazas). Il veut se faire homme pour s'unir aux filles des hommes ; 20 autres anges partagent sa résolution. Finalement, ils sont 200 en tout. Ils descendent sur Ardis, le sommet du mont Hermon. Tous ces anges ont quitté le ciel pour regarder les femmes afin de les choisir. Tous s'assemblent sur la montagne du serment et jurent de devenir des hommes, par amour pour les filles de la terre. Samiaxas et ses anges s'unissent aux femmes et engendrent les géants. Ces géants, issus du commerce des anges et des filles des hommes, sont les premiers anthropophages.
Dans la chute des anges, racontée au Livre d’Enoch, il n'est pas question d'une lutte contre Dieu. Hénoch attribue aux anges faits hommes la découverte de la magie et l'enseignement de la divination. Ils façonnent les joyaux et les pierreries. Les femmes sont initiées aux grands mystères, initiation regardée comme une profanation par les anciens cabalistes. Emus des douleurs de la terre, les quatre anges de l'harmonie demandent à Dieu la fin de ses maux. Dieu trouve le déluge nécessaire ; la famille de Noé mérite seule d'être sauvée. Azazel, le dernier des anges déchus, après s'être révolté contre Samiaxas, s'était élevé au rang de chef des rebelles. Dieu ordonne à Raphaël, l'ange de la vraie science, de jeter Azazel dans une caverne, au désert de Dodoel. Raphaël reçoit ensuite du Seigneur la mission de retourner du côté de la vérité les révélations magiques faites aux hommes par Azazel. Ainsi, d'après Hénoch, pour réparer le mal fait à l'humanité par les enseignements du diable ou de la fausse science, de la magie noire, un ange lui apprit à se servir des connaissances acquises pour arriver à la vraie lumière, à la pure magie. Le génie de la fausse science est enfermé, pour qu'il ne puisse plus nuire aux hommes. L'auteur du livre d’Enoch dit que les âmes hybrides des géants flottent dans l'atmosphère et forment des courants mauvais. « Certains anges virent que les filles des hommes étaient belles et ils s’unirent à elles. Leurs descendants furent ces Néphilim ou géants des premiers temps. Le chef des mauvais anges s’appelait Azazel et il apprit aux hommes à fabriquer des épées et des glaives, des boucliers et des cuirasses pour se protéger la poitrine et il leur montra les métaux et l’art de les travailler, l’art de peindre le tour des yeux à l’antimoine et d’embellir les paupières et l’art de travailler les pierres précieuses... » (Livre d’Enoch). Il semble donc que ces « fils de Dieu » sont des anges qui quittèrent leur habitat céleste et « churent » sur la terre.
Ce sont ces anges déchus que Dieu « a enchaînés dans les ténèbres pour se les réserver en vue du Jugement », dit la seconde Epître de Paul. L’Apocalypse en parle en des termes identiques.
Il existerait pour les démons chrétiens deux habitats distincts : l’air entourant la terre (tout particulièrement la zone d’ombre que projette la terre dans l’espace à l’opposé du soleil) et les ténèbres, c’est-à-dire les abîmes souterrains de la terre. Cette dernière conception devait, en tout cas, devenir plus populaire que la première car c’est elle qui prévalut, en fait, dans les visions ultérieures du monde démoniaque.
Au temps même de Paul les textes évangéliques laissent entendre que le Christ lui-même, pendant les 3 jours de sa mort, descend dans l’Hadès (Paul emploie ce mot grec pour désigner l’enfer) pour y « prêcher aux esprits en prison ».
Ces « esprits en prison » ont donné lieu à bien des commentaires et des interprétations : on les identifie tour à tour avec les anges déchus cités plus haut et enchaînés par Dieu dans les ténèbres, ou avec les esprits des défunts noyés au moment du Déluge, interprétation que donne Paul lui-même.


L'orphisme

L'orphisme, courant religieux de la Grèce antique, rattaché à Orphée, le maître des incantations et lié au culte de Zagréos (Dionysos), enseigne que les hommes sont nés des cendres des Titans, ces géants fils de la Terre, qui voulurent détrôner Chronos/Saturne et furent foudroyés par Zeus/Jupiter.
L'âme, enfermée dans le corps comme dans une prison, porte le fardeau du crime originel commis par les Titans ; elle ne s'évadera de cette prison, qu’après de nombreux cycles d'existences (transmigrations), lorsqu'elle sera purifiée par les jeûnes, l'ascétisme et l'initiation qui est essentielle pour suivre l'itinéraire spirituel.
L'orphisme donne naissance à une abondante littérature (poèmes orphiques) qui se développe du VIe s. av. J. -C. jusqu'à la fin du paganisme.
Zagréos se confond avec Orphée auquel on donne le nom de "Orpheus Bakkikos" (Orphée bacchant).
Vers le IIIème siècle, Orphée orne des sépultures chrétiennes ; sur une amulette, il est même représenté crucifié, avec au-dessus de lui un croissant de lune et 7 étoiles en forme de cercle. 2


La kabbale

La kabbale accorde une grande importance aux anges et à leurs légions, lesquels sont souvent sollicités dans les opérations de magie.
Les innombrables démons mentionnés dans la Kabbale, ont des origines diverses mais certains d’entre eux, ont été engendrés par Adam et Eve dans des circonstances singulières : ces derniers auraient eu des relations nocturnes avec des succubes et des incubes.


Succubes et incubes

Les succubes (du latin subcubare : coucher sous) sont des démons femelles venant tenter et séduire les hommes (notamment les moines) pendant leur sommeil pour s’unir à eux et les incubes (du latin "incubare" : coucher dans) des démons mâles agissant de même avec les femmes.
L'homme médiéval pensait que le diable avait le pouvoir, sous sa forme incube, de prélever le sperme d'un homme endormi, puis qu'il en fécondait une femme, toujours pendant son sommeil. 14
Selon le Traité de démonologie de 1575, l'incube peut faire un enfant à une vierge sans la déflorer, par le biais d'un sexe fin et double, qui lui permet de s'introduire dans les deux « vases » de ses victimes. On peut identifier les succubes à leur vagin « glacial ».
Les succubes peuvent se glisser dans le corps d'une femme décédée, et, sous ses traits, se livrer à une nuit d'orgie avant d'abandonner le cadavre aux côtés du partenaire endormi d'épuisement.
Le démon incube n'ayant pas de semence, il se transforme en démon succube pour voler celle de jouvenceaux naïfs. Redevenu incube, il peut mettre des mortelles enceintes.
Les enfants nés de ces étreintes sont maigres, malgré les nourrices qu'ils épuisent, pleurent quand on les cajole, et rient du malheur des autres. Preuve de leur caractère démoniaque, ils ne survivent pas au-delà de sept ans, l'âge de raison.
De doctes théologiens considèrent néanmoins comme enfants d'incubes : Caïn, Alexandre le Grand, Merlin l'enchanteur, les Huns, Luther et l'Antéchrist.
Clément d’Alexandrie, Cyprien et Augustin croient aux succubes et incubes, et avec eux l'Eglise jusqu’au XVIIe siècle.
La kabbale fournit des chiffres extrêmement précis quant aux relations d'Adam avec Lilith, la reine des succubes.
D’après la Bible, Adam, après son départ d’Eden, engendre d’abord Abel et Caïn.
Au bout de 138 ans il engendre Seth « à son image ». La Kabbale avance que pendant ces 138 ans, Adam engendre des êtres qui ne sont pas à son image, étant les fruits de ses relations nocturnes avec Lilith, autrement dit des démons.
Pour certains exégètes, Adam a pour première femme Lilith qui, obéissant à Satan, refuse de se soumettre à lui, l’abandonne et s’en va occuper la région de l’air. Eve est leur fille puisque elle est « tirée d’Adam » et « chair de sa chair ».
Les spéculations rabbiniques quant au nombre exact des démons appartiennent à l’arithmologie sacrée.
Chaque être humain est entouré de vingt mille démons disposés comme suit : 10 000 à sa gauche, 10 000 à sa droite. Lilith, à elle seule, possède 180 000 suivantes. Tous ces démons ne proviennent évidemment pas des rapports nocturnes d’Adam et d’Eve. Certains sont nés, dit la Kabbale, à partir des mues successives des vipères ; ce qui explique leur anatomie entièrement ou partiellement reptilienne. Bien entendu, ils sont impondérables, se déplacent librement à travers l’espace et peuvent, à l’occasion, s’incarner dans les formes ou les personnifications les plus hétéroclites. Ils peuvent devenir maladies. Ils gouvernent les nombres pairs. « Ne buvez donc jamais, conseille sérieusement la Kabbale, deux ou quatre coupes de vin, mais trois ou cinq, sinon vous donnerez prise aux démons de l’ivresse ».
La démonologie kabbalistique évolue vite vers les formes les plus dégradées de sorcellerie et alimente tous les textes, toutes les « formules », tous les « secrets » des sorciers et tenants du Sabbat. Il est vrai que ces démons n’ont pas tous un pouvoir ni une apparence terrifiants et que certains exercent même une séduction indiscutable, une sorte de fascination morbide sur les esprits faibles ou portés au surnaturel.


Liste alphabétique des principaux démons 10

Abaddon (de l'hébreu "abad" : faire périr) ou Apollyon (du grec : exterminateur), souverain du puits sans fond, est l'ange de l'abîme (Ange exterminateur) dans l'Apocalypse. Les démonologues le considèrent comme le chef des démons de la 7e hiérarchie et le roi des démons-sauterelles.

Abalam ou Abalim, de la suite de Paymon, est couronné d'un diadème étincelant de pierreries. Il a un visage de femme et commande 200 légions.

Abigor, Eligor, Eligos : duc, c'est un beau cavalier appartenant aux sphères supérieures du monde démoniaque, portant lance et sceptre (serpent) et chevauchant un monstre ailé. Sa cuirasse rutile sous les feux de l’enfer qu’il parcourt à la tête de ses 60 légions infernales. Il connaît l'avenir et les secrets de la guerre ; il enseigne aux chefs les moyens de se faire aimer des soldats.

Abrahel : succube apparu en 1581 dans le duché du Limbourg, décrit par Nicolas Rémy (Démonolâtrie, 1581).

Abrasax, Abracax, Abraxas, Carabia, Decarabia, du nom duquel on a tiré la célèbre formule « abracadabra », est mentionné dans la liste des principaux démons établie par l'Église lors du concile de Braga (561-563).
Les basilidiens voyaient en lui leur divinité suprême "IAO", écrit "IAW" (iota, alpha, omega), qui, selon certains, est une déformation du nom de Yahvé, le dieu de l’Ancien testament.
Abrasax, roi d'une partie de l'enfer et marquis, commande 30 légions. Il est représenté par une étoile à 5 branches. Il apparaît avec une tête de coq, des pieds de dragon et un fouet à la main. Il porte de courts cheveux bruns bouclés et a la peau claire ; ses ailes noires sont rayées de rouge. Il apparaît aussi en roi (il porte une couronne) anguipède. Il connaît les propriétés des plantes et des pierres précieuses et donne des familiers sous forme d'oiseaux.
La formule "abracadabra" viendrait de l’hébreu "abreg ad hâbra" (Envoie ta foudre jusqu’à la mort).
Selon Serenus Samonicus, médecin du IIe siècle, elle était disposée en triangle renversé, le nom s’écrivant en diminuant d’une lettre à chaque ligne.
Au Moyen Age, ce pantacle, porté autour du cou, était censé guérir les maladies, notamment la fièvre, protéger des sorts et éloigner le mauvais oeil. La formule aurait aussi servi de mot de passe pour rencontrer le diable….

Acham est conjuré le jeudi. Dans le livre Le Prince de ce monde : Précis de démonologie occidentale et dictionnaire des démons écrit par Anubis et Nahéma-Nephthys et publié aux éditions Jourdan, Acham est aussi appelé Silcharde. Ce livre nous dit qu'Acham est le démon du jeudi et qu'il est lié à la planète Jupiter. Acham préside à tout travail de réussite, de gloire, de victoire et de renommée. Il donne de l'argent inattendu, donne la réussite sociale, facilite les issues heureuses des procès et des litiges officiels, calme les ennemis et peut faire le bien comme le mal.

Adès voir Pluton.

Adonis, "démon brûlé", agit dans les incendies.

Adramalech ou Adramélech, démon sumérien, vient tout droit des rivages du Tigre. Son torse humain, sa tête de mulet, sa queue de paon indiquent qu’il occupe de hautes fonctions dans la hiérarchie de l’enfer : Grand chancelier des enfers, président du haut conseil des diables et intendant de la garde-robe de Satan. Il préside la grande assemblée des "schedîn" (terme désignant les démons ou esprits en hébreu). Les habitants de Sépharvaïm, ville de la Samarie, faisaient, en son honneur, passer leurs enfants par le feu.
Adramélech et Anamélech et étaient les principales divinités des Sépharvaïtes qui les imploraient pour la conservation de leurs troupeaux. Anamélech (peut-être un autre nom de Moloch), est parfois représenté par une caille ou un faisan. Son nom signifierait "bon Roi". Il serait la lune, Adramélech étant le soleil.

Aghation est un démon familier qui ne se montre qu'à midi. Il parait en forme d'homme ou de bête. Il se laisse parfois enfermer dans un talisman, dans une bouteille ou dans un anneau magique.

Agathodemon est un bon génie, adoré par les Egyptiens sous la figure d'un serpent à tête humaine. Les Dragons ou les Serpents ailés, vénérés par les anciens, étaient appelés "Aghatodemones" (Bons Génies).

Agaliarept : voir.

Agnan tourmente les deux Amériques, surtout le Brésil.

Aguarès, vêtu d’une tunique à la romaine, chevauche un crocodile, épervier au poing. Grand-duc de la partie orientale des enfers, c’est un démon originaire d’Egypte. Chef des démons de l'ordre des vertus, il commande 31 légions. Il accorde des dignités, enseigne toutes les langues et fait danser les esprits de la terre. Il fait revenir à la charge les fuyards et met l'ennemi en déroute.

Ahriman (voir) divinité du mal chez les anciens Perses.

Aim voir Aym.

Alastor, Alaster, Alastair, que l'on dit le plus cruel des démons, est l’exécuteur des hautes œuvres. Il exécutait les sentences divines ; mais, après sa rébellion (car il n'acceptait plus de recevoir des ordres) il fut réincarné dans le corps d'un mortel. Bourreau infernal, il exécute ses victimes grâce à des sons démoniaques qu'il produit avec sa guitare nommée Heghbas. Il utilise aussi l'épée et le fouet.

Allatou épouse de Nergal.

Alocer, Allocer, Alloces, Aloger, duc de l’enfer, commande 36 légions. Il a une tête de lion, porte un habit de chevalier et monte un cheval gigantesque aux pattes de dragon. Il enseigne les secrets de l’astronomie et des arts libéraux. On assure qu'il rend ceux qu'il protège heureux dans leur famille. Amduscias est placé sous ses ordres.

Alouqua est un démon femelle à la fois succube et vampire qui épuise les hommes et les conduit au suicide.

Alpiel a l'intendance des arbres fruitiers.

Alricaus ou Aalrihaus, est un démon que l'on conjure le samedi. Fauteur de trouble à la cour infernale, il commande 22 légions. Il enseigne la logique et la psychologie.

Alrinach, démon de l'occident, président des tempêtes, tremblements de terre et des pluies, paraît sous les traits et les habits d'une femme.

Les Alrunes sont des succubes d'où serait issue la nation des Huns ; elles prennent toutes sortes de formes, mais ne peuvent changer de sexe.

Amduscias ou Amdusias, placé sous les ordres de Alocer, est grand-duc lui aussi, mais il ne commande que 29 légions. Amduscias peut prendre forme humaine ou l’apparence d’une licorne. Il possède une voix si suave que les arbres s’inclinent sur terre chaque fois qu’il chante. Lorsqu’on le lui commande, Amduscias donne des concerts et, on entend, sans rien voir, le son des trompettes et des autres instruments de musique.

Amon ou Aamon, marquis, dieu suprême de l'ancienne Egypte, commande 40 légions. Tête de loup vomissant des flammes, queue de serpent ou tête de hibou et corps humain, il se repaît du corps des damnés. Il connaît le passé et l'avenir et peut réconcilier les amis brouillés.

Amoymon ou Amaimon est l'un des 4 rois de l'enfer gouvernant la partie orientale. On l'évoque le matin de neuf heures à midi et le soir de trois à six heures. Son lieutenant, Asmodée, est le premier prince de ses Etats.

Amy, Avnas, Asin, Hanar, Hanni, président, règne sur 36 légions de démons. Il apparaît d'abord comme une flamme avant de passer à une forme humaine. Il incite des réactions positives des dirigeants. Il enseigne les secrets de l’astronomie et des arts libéraux. Il permet de trouver les trésors gardés par les démons. Il donne de bons domestiques. Selon Johann Weyer, cet ancien ange de l'ordre des Puissances espère retourner au septième ciel après douze siècles. Selon Rudd, Amy est opposé à l'archange Ieialel.

Anamélech et Adramélech étaient les principales divinités des Sépharvaïtes qui les imploraient pour la conservation de leurs troupeaux. Anamélech (peut-être un autre nom de Moloch), est parfois représenté par une caille ou un faisan. Son nom signifierait "bon Roi". Il serait la lune, Adramélech étant le soleil.

Anarazel est un démon chargé de la garde des trésors souterrains qu'ils transportent d'un lieu à un autre pour les dérober aux recherches des hommes. Avec ses compagnons Gaziel et Fecor, il ébranle les fondements des maisons, excite les tempêtes, sonne les cloches à minuit, fait paraître les spectres et inspire les terreurs nocturnes.

Andras suscite querelles et discordes. Il apprend à tuer maîtres et serviteurs. Grand marquis aux enfers, il est représenté avec le corps d'un ange, la tête d'un chat huant, à cheval sur un loup noir et tenant un sabre. Il commande 30 légions.

Andrealphus ou Androalphus, marquis, est à la tête de 30 légions. Il donne des leçons de géométrie et est astronome. Il enseigne aussi à ergoter habilement : il permet à ceux qui commercent avec lui d’éviter la griffe des juges. Il se montre sous forme humaine ou sous la figure d'un paon à la voix grave. Il est capable de transformer un homme en oiseau.

Andromalius est un grand-duc de l'Enfer. Il apparaît comme un homme ayant un grand serpent en main. Il est capable de ramener les objets dérobés et de punir les voleurs comme les pécheurs. Il gouverne 36 légions infernales.

Angat est le nom du diable à Madagascar ; il a la figure d'un serpent.

Anneberg, rancunier et terrible, démon des mines, se montre surtout en Allemagne : il a la figure d'un cheval, avec un cou immense et des yeux effroyables.

Antéchrist est un démon escamoteur et nécromancien ; à ne pas confondre avec l'Antéchrist de l'Apocalypse.

Apollyon voir Abaddon.

Aquiel est un démon que l'on conjure le dimanche. Il fait tout ce qu'il peut pour détruire et dégrader la pratique religieuse dominicale.

Arias, démon des astrologues, connaît l’astronomie et enseigne l’astrologie. Il peut métamorphoser les hommes à sa volonté et leur faire obtenir dignités et titres.

Arioch est le démon de la vengeance.

Ascaroth dépend de Nergal ; il protège les espions et les délateurs.

Ascik-Pacha : démon turc favorisant les intrigues, facilitant les accouchements et rompant les charmes.

Asin voir Amy

Asmodée, Asmoday, Chammadaï, Sydonaï, est un démon du cercle supérieur, parfois assimilé à Belzébuth, prince des Enfers. Certains ont vue en lui le Serpent qui séduisit Eve. Asmodée apparaît, dans la tradition postérieure hébraïque, en particulier dans le Livre de Tobie de l’Ancien Testament, comme un esprit du mal lubrique (le récit le présente sous les traits de l’amant de Sarah dont il a assassiné les 7 premiers maris). Tobie, désirant épouser Sarah, parvient à chasser le démon avec l’aide de l’archange Raphaël qui poursuit Asmodée jusqu’en Haute Égypte et l’enchaîne : le démon "s'enfuit par les airs. Raphaël l'entrava et l'enchaîna" (Tobie 8, 2-3). Asmodée apprend aux hommes à se rendre invisibles, leur enseigne la géométrie, l’arithmétique, l’astronomie et les arts mécaniques. Il connaît les trésors cachés. Dans la tradition talmudique, Asmodée est associé à Salomon, auquel il apporte son aide lors de la construction du Temple de Jérusalem. On le considère également comme étant la cause des excès attribués à Salomon. Il personnifiait la colère pour les Perses. Surintendant des Enfers, maître des Maisons de jeu, Asmodée sème dissipation et erreur. Prince, il est soumis à la hiérarchie du Roi Amoymon et commande 72 légions. On le représente souvent avec trois têtes : une de buffle, une d'homme et une de bélier, avec une queue de serpent, des pieds d'oie, une haleine enflammée portant à la main une lance et chevauchant un dragon. Sainte Françoise Romaine (1384-1440) relate, dans le chapitre VI de son Traité sur l'enfer, qu'Asmodée était un chérubin avant sa révolte contre Dieu. A l’entrée de l’église de Rennes-le-Château restaurée par l'abbé Saunière, Asmodée présente le bénitier.

Asmoug : démon perse causant discordes, querelles et procès.

Astaroth, avec le titre de grand-duc, règne à l’ouest de l’enfer. Il commande 40 légions. On le représente généralement comme un ange anthropomorphe, laid et nu, tenant une vipère dans la main gauche et chevauchant un dragon. Il assume les fonctions de trésorier infernal et joue un rôle assez équivoque car il lui arrive de protéger les hommes et de leur dévoiler l’avenir. Il donne de très bons conseils quand on établit des lois nouvelles. Il procure l'amitié des grands seigneurs. Il enseigne les arts libéraux et permet de connaître le présent et l'avenir. On ne peut l'évoquer que le mercredi. Il connaît toute l’histoire de la Création, les fautes et les chutes des Anges. Il est cité comme l’un des sept Princes de l’Enfer qui visitèrent Faust. On ne peut se prémunir de son insupportable puanteur qu'en se bouchant le nez avec un anneau magique. Sa femme est Astarté (la grande déesse phénicienne, elle-même déformation d’Ishtar), reine de l'élégance dans le sombre royaume.

Astarté ou Ashtart. Salomon, pourtant "le plus sage des hommes" (I Rois 5,11), rétablit en Israël le culte des divinités étrangères et notamment celui d'Astarté ou Ashtart, déesse sidonienne de la fertilité et de la guerre et Reine du ciel (Ishtar chez les Sumériens). Le culte d’Ashtart (déesse arboricole figurée par un bosquet) fut pratiqué en Israël, notamment sous les règnes d’Achaz et de Manassé, qui osèrent placer le bosquet dans le Saint des Saints (II Rois 16, 3-4 ; 17, 16 ; 21,3-7). Astarté est l'épouse d'Astaroth.

Attuku est un démon auquel les magiciens babyloniens attribuaient le pouvoir de déchaîner les tempêtes et les ouragans.

Ausitif, Béhémoth, Bélaam, Issacarum et Zabulon sont des démons cités lors de l’affaire des Ursulines de Loudun.

Aversier (Adversaire) est le nom donné au Diable au XIe siècle dans les campagnes de France.

Avnas voir Amy

Axaphat, démon de la ruine, est invoqué dans les litanies du sabbat. Démon intermédiaire enchanteur.

Aym, Aim, Haborym est le démon des incendies. Aym, ancienne divinité chthonienne des Moabites, est représenté avec 3 têtes (l'une de serpent, l'autre d'homme, la troisième de chat) chevauchant une vipère et tenant une torche.
Grand-duc des Enfers, il est environné de flammes et commande 26 légions. Il met le feu aux villes, châteaux et places-fortes.

Aypéros voir Ipes.

Azael est l'un des anges rebelles. Selon les rabbins, il est enchaîné sur des pierres pointues, dans un désert, en attendant le jugement dernier.

Azazel
Azazel, appelé également Samaël (ou Shammaël), est surtout connu par le Livre d’Enoch, qui le désigne comme le chef des anges déchus, le Lucifer de la bible.
Nous voyons également dans Origène que les anciens chrétiens donnaient le nom d'Azazel à Satan. 15
Ce chef des démons est aussi nommé : Bélial et Mastéma.
Azazel n’est que le premier porte-enseigne des armées infernales dans le Paradis Perdu de Milton.
A la fête de l'Expiation (Jour du Grand Pardon), que les juifs célébraient le dixième jour du septième mois, on amenait au grand prêtre 2 boucs qu'il tirait au sort : l'un pour le Seigneur, l'autre pour Azazel, le démon du désert. Celui sur qui tombait le sort du Seigneur était immolé, et son sang servait pour l'Expiation. Le grand prêtre mettait ensuite ses deux mains sur la tête de l'autre bouc (le bouc émissaire), confessait ses péchés et ceux du peuple, en chargeait cet animal, qui était alors conduit dans le désert et mis en liberté. « Le bouc emportera sur lui toutes les iniquités dans une terre désolée ; il sera chassé dans le désert. » (Lévitique XVI, 22)
Quant à la cité d'Athènes, elle sacrifiait des humains quand les tensions sociales renaissaient, par exemple lors d’une calamité collective (épidémie, famine, invasion) ; ce rite de purification était appelé Pharmakos qui signifie à la fois "poison" et "remède". Jusqu'au Ve siècle avant J.-C., en Grèce, notamment à Athènes et dans les ports ioniens, les citoyens lapidaient le Pharmakos, bouc émissaire humain, souvent un condamné ou un débile mental, pour guérir la cité d'une épidémie ou de tout autre fléau 8. La pratique du Pharmacos passa à Marseille, colonie grecque. Jane Ellen Harrison écrit 3 que, dans les rites de purification à Éleusis en Grèce antique, "chaque homme prend avec lui son pharmakos (victime sacrificielle, ndlr), un jeune cochon". 19
Dans l'Apocalypse d'Abraham, Azazel est tour à tour identifié au Serpent tentateur et au grand dragon chargé de dévorer les réprouvés en enfer.
Certains textes (notamment Isaïe XIII, 21 et XXXIV, 14) en font le prince des animaux maléfiques vivant dans le désert et notamment le souverain des boucs.
D'autres prétendent qu'Azazel volent sans cesse autour de nous dans les airs.
Le Livre d'Enoch évoque la condamnation d'Azazel par l'Eternel qui, cette fois, l'exile totalement de notre univers.
Raphaël reçut l'ordre de mettre aux fers l'ange déchu Azazel, de le jeter dans une fosse remplie de pierres pointues dans le désert de Dudael et de le recouvrir d'obscurité. Ainsi doit-il rester jusqu'au grand jour du jugement, où il sera jeté dans le feu de l'enfer et la terre sera guérie de la corruption qu'il y a introduite.
Voici comment s'est produite la chute d'Azazel.
Lorsque la génération du déluge commença à se livrer à l'idolâtrie, Dieu fut profondément attristé.
Les deux anges Shemhazai et Azazel se levèrent et dirent « Seigneur de l'univers ! Voici que s'est réalisé ce que nous avons prédit lors de la création du monde et de l'homme, en te disant : Qu'est l'homme, que Tu te souviennes de lui ? » Et Dieu dit : « Et qu'adviendra-t-il du monde maintenant, sans l'homme ? » Les anges répliquèrent : « Nous nous en occuperons. » Alors Dieu dit : « Je le sais bien, si vous habitez la terre, le mauvais penchant vous subjuguera et vous serez encore plus iniques que l'homme n'a jamais été. » Les anges insistèrent : « Donne nous l'autorisation d'habiter parmi les hommes et Tu verras que nous sanctifierons Ton Nom. » Dieu céda à leur désir, et leur dit : « Descendez et séjournez parmi les hommes ! »
Lorsque les anges arrivèrent sur terre et virent les filles des hommes dans toute leur grâce et beauté, ils ne purent maîtriser leur passion. Shemhazai vit une jeune fille appelée Istehar et il fut pris de passion pour elle. Elle promit de se soumettre à lui si d'abord il lui apprenait le Nom Ineffable grâce auquel il s'était élevé jusqu'au ciel. Il accepta cette condition. Mais aussitôt qu'elle l'eut appris, elle prononça le Nom et monta au ciel elle-même, sans accomplir sa promesse faite à l'ange. Dieu dit : « Parce qu'elle s'est tenue à l'écart du péché, nous la placerons parmi les sept étoiles, pour que jamais les hommes ne l'oublient », et elle fut placée dans la constellation des Pléiades.
Toutefois, Shemhazai et Azazel, ne furent pas découragés de conclure des alliances avec les filles des hommes et deux fils naquirent au premier.
Azazel se mit à inventer les parures et les ornements qui permettent aux femmes de séduire les hommes. Dieu envoya alors Metatron auprès de Shemhazai pour lui dire qu'Il avait décidé de détruire le monde et d'amener le déluge. L'ange déchu se mit à pleurer et à s'affliger sur le sort du monde et de ses deux fils. Si le monde disparaissait, que mangeraient-ils, eux qui avaient besoin quotidiennement de 1 000 chameaux, de 1 000 chevaux et de 1 000 bouvillons ? Les deux fils de Shemhazai, Hiwwa et Hiyya, firent des songes. Le premier vit une grande pierre qui recouvrait la terre et la pierre était marquée partout de lignes d'écriture. Un ange vint et avec un grattoir effaça toutes les lignes, ne laissant que 4 lettres sur la pierre. Le deuxième fils vit un grand bocage planté de toutes sortes d'arbres. Des anges portant des haches s'en approchèrent, abattirent les arbres, n'en laissant qu'un seul avec 3 de ses branches. En s'éveillant, Hiwwa et Hiyya rapportèrent leurs songes à leur père qui les interpréta en disant : « Dieu amènera le déluge et personne ne sera sauvé à l'exception de Noé et ses trois fils. » Entendant cela, ils se mirent à pleurer et à sangloter, mais leur père les consola : « Doucement, ne soyez pas affligés ! Chaque fois que les hommes tailleront ou hisseront une pierre, ou lanceront un vaisseau, ils invoqueront vos noms, Hiwwa ! Hiyya ! » Cette prophétie les apaisa.
Alors Shemhazai se repentit. Il se suspendit entre ciel et terre et il se trouve jusqu'à ce jour dans cette position de pécheur pénitent.
Mais Azazel persista dans son péché, égarant l'humanité par des parures sensuelles.
Pour cette raison le Jour de l'Expiation, 2 boucs furent sacrifiés au Temple, l'un à Dieu, pour qu'Il pardonne les péchés d'Israël, l'autre à Azazel, pour qu'il porte les péchés d'Israël.
D’après l’islam, Azazil, maître des anges déchus, enseigna aux hommes l'art de fabriquer des armes, de fondre les métaux pour créer de la monnaie. C'est lui qui montra aux femmes l'art d'employer des fards et autres ornements. Il apprit également aux géants à utiliser leur force et à remuer leurs passions. Il enseigna la vertu des simples (herbes) et la force des poisons, des enchantements, des fascinations. Il enseigna enfin l'astronomie, la divination par les signes de l'air, de la terre et de la lune.
Azazel est mentionné dans la liste des principaux démons établie par le concile de Braga (561-563) soutenu par le pape Jean III.

Baal, Bael, Bel dont le nom signifie "Seigneur, Maître" dans les langues sémitiques, est le plus ancien démon de l’enfer. Duc (général en chef des armées infernales pour certains), il est représenté avec 3 têtes : une tête de chat, une tête d’homme couronnée et une tête de crapaud, et ses jambes se terminent en pattes d’araignée. Il rend invisibles et rusés ceux qui l'invoquent. Il commande 70 légions et règne dans toute la partie orientale.
Considéré comme la figure principale du Panthéon cananéen ou il était adoré comme Dieu dispensateur de richesses, adoré en Phénicie où il était considéré comme étant le mari d'Astarté et à Carthage où on lui offrait des sacrifices humains (en particulier des enfants pour obtenir de belles récoltes ou la déroute des ennemis), il a été assimilé par les Grecs à Apollon et par les Romains à Saturne. L'historien grec, Diodore de Sicile (v. 90 av. J.-C.-21 av. J.-C.), affirme que l'on sacrifiait des humains à ce dieu.

Baalberith, secrétaire général et archiviste des Enfers, est le maître des alliances. Les Phéniciens prêtaient serment devant lui.

Baalzéphon est le capitaine des gardes de l'Enfer. Les Egyptiens l’invoquaient pour qu’il empêche les esclaves de s'enfuir.

Babalon : déesse connue aussi sous les épithètes "la Femme écarlate, la Grande Mère ou la Mère des Abominations". Sous sa forme la plus abstraite, elle représente la pulsion sexuelle féminine et la femme libérée ; de même elle est aussi identifiée avec "Mère Nature", dans son acception de fertilité. Babalon est souvent décrite une épée à la ceinture et chevauchant la Bête (voir Bélial). On la considère souvent comme une prostituée sacrée, et son symbole principal est le Calice ou le Graal. Crowley écrit dans son Livre de Thot : "Elle chevauche la bête ; dans sa main gauche, elle tient les rênes, représentant la passion qui les unit. Dans sa main droite, elle tient la coupe bien haut, le Saint Graal enflammé avec l'amour et la mort..." 9

Babuces : nom donné à des incubes (voir).

Balaam : démon hébreu de l'avarice et de la cupidité.

Balan ou Balam, roi des Enfers commandant 40 légions, est représenté, le plus souvent nu, avec 3 têtes (taureau, homme aux yeux de braise, bélier) et une queue de serpent, épervier au poing et monté sur un ours. D'une voix rauque, il répond à toutes les questions concernant le passé, le présent et l'avenir. Il enseigne les ruses, les astuces et le moyen d'être invisible.

Baphomet, Bafomet, Baffomet, Bahomet, Bahumet, etc., est le nom d'une idole (une tête humaine à 1 ou 3 visages sur 4 pieds) qu'on dit avoir été adorée par la secte des gnostiques. Silvestre de Sacy pense que le mot "Baphomet" est simplement une déformation du nom du prophète Mahomet. Münter fait remarquer que les figures ou têtes enchantées employées par les sorciers dans l'exercice de leur art, lesquelles étaient réputées animées par le diable, s'appelaient des "têtes de Mahomet", et venaient en partie de l'Orient, en partie de l'Espagne. Raynouard reconnaît dans "Baphomet" le nom de "Mahomet". Des idoles qu'on a désignées, à tort ou à raison, sous le nom de "Baphomet", étaient des représentations humaines, réunissant les attributs des 2 sexes.
Arrêté dès octobre 1307, le Templier Larchant avoue avoir vu cette tête à Paris et précise que les frères l'adoraient, la baisaient et l'appelaient leur Sauveur. Questionnés à Carcassonne en novembre 1307, 2 frères parlent "d'une figure baphométique" et l'un d'eux précise que cette figure est nommée "Yalla". Le procès-verbal d'avril 1310, dressé par Nogaret, établit l'accusation d'idolâtrie : « Ils (les templiers, ndlr) adoraient ces idoles ou cette idole. Ils la vénéraient comme Dieu [...], spécialement dans leurs grands chapitres [...]. Ils disaient que cette tête pouvait les sauver. Les rendre riches. Qu'elle donnait à l'Ordre toutes ses richesses. Qu'elle faisait fleurir les arbres. Qu'elle faisait germer [...] ».
La tête humaine (c’est parfois une vraie tête) est tantôt masculine, jeune ou vieille, imberbe ou barbue, tantôt féminine "à la semblance d'une fée ou de la Vierge" mais elle est parfois androgyne. Certains la disent "noire comme la face d'un infidèle". Pour Radulphe de Gisy c'est un "maufé" (un diable). Hugues de Pairaud affirme qu'il a tenu entre ses mains, dans un chapitre général à Montpellier, cette tête d'homme montée sur 4 pieds, 2 du côté de la face et 2 derrière. La tête comporte 2 nez et 3 yeux ou peut avoir 2 ou 3 faces (dans les églises orthodoxes, la tête à 3 visages est le symbole de la Trinité). La tête peut être aussi celle d’un animal (bouc, bélier, bœuf ou chat noir) qui parle et rend des oracles. Le matériau, parfois recouvert de peau humaine, est varié : bois peint parfois doré, os, or, argent, vermeil.
La plupart des frères avouent avoir peu vue cette idole parce qu’elle était souvent placée dans un lieu sombre, et recouverte d'un voile. Beaucoup disent en avoir seulement entendu parler. A noter que figure fréquemment sur les sceaux templiers un personnage à 2 têtes (celle d’un jeune homme ou d’une jeune fille - ou d’un androgyne - et celle d’un vieillard barbu) tenant une équerre et un compas (voir).
« On se rappelle que les Templiers furent accusés d'adorer certaines idoles nommées têtes de Baphomet. M. de Hammer en a découvert une douzaine dans le cabinet impérial des antiques à Vienne. On les avait prises pour des idoles tibétaines. M. de Hammer a déchiffré les inscriptions arabes, grecques ou latines qu'elles portent, ainsi que les symboles dont elles sont chargées. Le nom de l'idole "Mêté", c'est-à-dire dire la Raison, la Sagesse en langue grecque, s'y reproduit partout, accompagné des doctrines gnostiques et des abjurations de la foi chrétienne. C'est du mot Mêté et de celui de baphé, baptême, que s'est formé le nom de "Baphomet", qui signifie baptême de l'esprit, et qui a rapport au baptême de feu des anciens gnostiques. La Mêté est représentée sur ces idoles, conformément aux idées des gnostiques, et particulièrement à celles des ophites, sous une figure humaine, réunissant les attributs des deux sexes ; elle est accompagnée de la croix tronquée ou de la clef de la vie et du Nil des anciens Egyptiens qui ressemble à un T, du serpent si fameux dans toutes les mythologies, de la représentation du baptême de feu, et en outre de tous les symboles maçonniques, tels que le soleil, la lune, l'étoile signée, le tablier, la chaîne, le chandelier à sept branches, etc. » 3
Selon Michelet, le chef principal de l'accusation contre les Templiers, le reniement, avait un fondement réel : dans la cérémonie initiatrice, il est certain qu'on reniait le Christ, mais ce reniement était-il symbolique, une imitation du reniement de Pierre ?

Barbas voir Marbas.

Barbatos apprend la divination par le chant des oiseaux, le mugissement des taureaux, les aboiements des chiens et les cris de divers animaux. Il réconcilie les amis brouillés et connaît les trésors enfouis. On le rencontre en forêt, sous la forme d’un archer ou d’un chasseur. Comte et duc, il commande 30 légions. Son nom est dérivé du latin "barbatus" qui signifie "vieil homme ou philosophe".

Baron : Gilles de Rays lui sacrifiait les mains et le cœur des enfants dont il avait joui au préalable, pour obtenir la recette de la pierre philosophale lui permettant de fabriquer de l'or.

Baron-Samedi est une divinité provenant du houdou haïtien et fréquemment assimilé à Satan par le clergé catholique. Nommé également Baron-La-Croix, ou encore Maître-Cimetière, il est coiffé d'un haut-de-forme et vêtu de noir. Le Baron, associé à la luxure et protecteur des nécropoles où il réside, est le chef des esprits de la mort. C'est à lui qu'il faut s'adresser lorsque l'on désire créer un zombie (il faut pour cela lui sacrifier un bouc noir).

Bathym, Bathin voir Marthym.

Beal ou Beale voir Berith.

Bébal ou Labal fait partie de la suite de Paymon.

Béchard est désigné dans les Clavicules de Salomon comme agissant sur les vents et les tempêtes. Il fait grêler, tonner et pleuvoir, au moyen d'un maléfice composé avec des crapauds et autres mixtures.

Béchet est conjuré le vendredi.

Béhémoth. Le livre de Job (40,15-24) décrit Béhémoth (le Bestial) comme un bœuf gigantesque qui mangeait le foin que lui servaient les montagnes. Il est le Roi des orgueilleux et sa haine de Dieu le rend très dur et obstiné. On en fait aussi un démon stupide, goinfre et intempérant, représenté comme un hippopotame ou un éléphant bedonnant ; ainsi Béhémoth aime-t-il à fréquenter les marins qui blasphèment dans les cabarets et se satisfaire de toutes sortes de lubricités. C’est le démon de la gourmandise et des plaisirs de la table. Sommelier et grand échanson des Enfers, il est aussi le chef des 1.100 légions de démons qui frétillent de la queue. Béhémoth concentre sa force non seulement dans cette queue « aussi ferme que du cèdre » que dans ses reins. Béhémoth signifie proprement l'universalité des animaux. Certains Juifs, et même plusieurs commentateurs chrétiens, ont voulu y voir Satan en personne. Suivant d'autres auteurs, Béhémoth est un démon lourd, stupide, et dont toute la force est dans les reins. Dans le procès d'Urbain Grandier, une des ursulines de Loudun possédées du démon, sœur Jeanne des Anges, fut accusée d'être possédée par Béhémoth. Les démonologues prétendent qu'il prend à volonté la forme de toutes les grosses bêtes, mais qu'il se déguise de préférence en chien, en renard et en loup.
Bodin, dans sa Démonomanie ou Traité des sorciers, assure que Béhémoth n'est autre que le Pharaon d'Egypte qui pourchassa les Hébreux.

Beherit est le nom syrien de Satan.

Bélaam, Béhémoth, Issacarum, Ausitif et Zabulon sont des démons cités lors de l’affaire des Ursulines de Loudun.

Beleth voir Byleth.

Bélial (beli-ya’al = "malfaisant, vaurien") ou Béliar, Bélias qui, comme tous les démons ayant dans leur nom la racine "Bel ou Bal", est une ancienne divinité phénicienne ou cananéenne. "Prince de la Tromperie et Esprit des ténèbres", il est à la fois très vicieux (parce qu'il avait un culte à Sodome, il devint le démon de la sodomie et de la pédérastie et le patron des incubes) et très drôle, ce qui n’est pas incompatible, et se promène d’ordinaire sur un char de feu (Bélial illustrait les cultes de l'Antiquité pour les chrétiens qui le représentaient conduisant un char de feu). C’est lui que l’Apocalypse désigne sous le nom de "La Bête". On le représente avec un extérieur séduisant. Il a le maintien plein de grâce et de dignité. Il procure dignités et faveurs, donne d’habiles serviteurs et secoure ceux qui se soumettent à lui. Le roi Salomon s'empara de lui et l'enferma dans une jarre qu'il enfouit au fond d'un puits. Mais les Babyloniens, lors de leur conquête de Jérusalem, explorèrent ce puits et brisèrent la jarre, libérant ainsi Bélial. Bien que Bélial eût un culte à Sodome et dans d'autres villes, on n'osa jamais lui ériger publiquement des autels ; les Babyloniens l'adorèrent aussi. Selon Wierus, Bélial, l'un des rois de l'enfer, fut créé immédiatement après Lucifer, et il entraîna la plupart des anges dans la révolte ; aussi fut-il renversé du ciel un des premiers. Il commandait 80 légions de l'ordre des Vertus et de l'ordre des Anges. Bélial est aussi qualifié "d’ambassadeur en Italie". Le nom de Bélial revient souvent sous la plume des écrivains sacrés : leurs ennemis sont des fils de Bélial ; pour eux, le culte de Bélial est le culte des démons, du roi des enfers. Au Moyen âge, on appelait "enfants de Bélial" les Barbares venus du Nord. En Angleterre, les puritains se sont souvent servis du même terme pour flétrir les royalistes. On a fait aussi de Bélial le chef des démons, nommé également Azazel ou Samaël (ou Shammaël).

Béliol voir Chodar.

Belphégor ou Baalphégor, dont le nom signifie étymologiquement "Seigneur du Phégor", était un dieu de la fertilité des plantes adoré sur le mont Phégor, qui signifie crevasse ou fente, par les anciens peuples moabites ; on l'invoquait quelquefois dans les cavernes et on lui jetait des offrandes par un soupirail ; des rabbins disent qu'on lui rendait aussi hommage aux toilettes où on lui offrait les excréments, ce qui était digne de lui. Il est généralement représenté sous les traits d’un démon cornu et barbu, assis sur une chaise percée. Il préside aux richesses qu’il distribue et aux artifices. Ambassadeur en France, démon des découvertes et des inventions ingénieuses, il prend souvent un corps de jeune femme pour plaire aux hommes et séduit aussi les fainéants en leur distribuant des richesses faciles. Certains démonologues ne voient dans Belphégor que le Dieu Pet ou Crepitus, d'autres soutiennent qu'il s'agit de Priape. Wier remarque que c'est un démon qui a toujours la bouche ouverte.

Belzébuth est le "prince des démons", celui que la démonologie chrétienne adoptera comme "lieutenant de Satan". C’est une créature gigantesque, dont la tête est entourée d’un bandeau de feu ou qui porte une ceinture de feu, au visage bouffi, aux yeux étincelants, aux sourcils relevés et à l'air menaçant, aux larges narines, nantie de cornes, avec des ailes de chauve-souris, des pattes de canard et une queue de lion. Quand il est en colère, il vomit des flammes et hurle comme un loup. Les Hébreux, dans leurs égarements idolâtriques, allèrent quelquefois consulter sur l'avenir Belzébuth, considéré comme le chef des esprits malins dans la démonologie du Nouveau Testament (Matthieu XII, 24-27 ; Marc III, 22-24 ; Luc XI, 15-19).
En Syrie, il était Bêelzéboul ou "Baal-Zeboub" (le "seigneur des mouches") ; il a été souvent utilisé dans la démonologie médiévale et la sorcellerie. Selon les Clavicules de Salomon, il apparaît quelquefois comme un veau énorme ou un bouc muni d'une longue queue, mais se montre, le plus souvent, sous la forme d'une énorme mouche. On a cherché d’autres explications du nom de Belzébuth en lisant "Bel-zeboul, le maître, le seigneur des demeures", et "Beel d'bobo", mots syriaques signifiant "le maître de la calomnie", c'est-à-dire le calomniateur ("Beel d'bobo" correspond exactement au mot grec "diabolos" dont nous avons fait "diable").

Berith, Beal, Beale, Bolfri, Bofry répond sur le passé, le présent et l’avenir, mais il ment très souvent. Comme il sait changer les métaux en or, il est parfois considéré comme le démon des alchimistes. Duc aux enfers commandant 26 légions, il est connu sous 3 noms : Berith, Beal (ou Beale) et Bolfri (ou Bofry). Grand et terrible, il se montre sous les traits d'un jeune soldat habillé de rouge, monté sur un cheval de même couleur, et la teinte ceinte d'une couronne d'or.

Bête (La) : voir Bélial.

Bheng : démons des Bohémiens.

Bifrons, prince des morts et comte, mène alternativement des actions discrètes et de grandes campagnes militaires contre les soldats de Dieu à la tête de son armée de morts-vivants. Il apparaît sur Terre rarement. Il se trouvait aux côtés de Satan lors de sa Chute.

Bolfri ou Bofry voir Berith.

Botis, comte-président et duc des Enfers, a l'aspect d'une horrible vipère pouvant prendre une forme humaine, avec de grandes dents, deux cornes, et une épée en main. Il répond sur le passé et l'avenir. Il peut réconcilier amis et ennemis. Il commande 60 légions infernales.

Briffaut : démon qui posséda une femme à Beauvais.

Buer, président, enseigne la philosophie, la logique et les vertus des plantes. Il rend la santé aux malades. Il donne de bons domestiques. Il a la forme d'une étoile à 5 branches ou d'une roue à 5 rayons et avance en roulant. Il commande 50 légions.

Bune hante les cimetières, rassemble les démons sur les sépulcres et déplace les cadavres. Il procure richesse et éloquence à ceux qui le servent. Grand-duc à la tête de 30 légions, il a la forme d'un dragon à 3 têtes, dont une est celle d'un homme.

Busas voir Pruslas.

Byleth ou Beleth est un des rois de l'enfer, fort et terrible, enragé et désobéissant, commandant 80 légions, qui intervient dans les exorcismes. L'exorciste doit être très prudent car il n'obéit qu'avec fureur. Celui qui parvient à le soumettre acquerra une grande puissance. Il monte un cheval blanc, précédé de trompettes et de musiciens de tout genre. Il peut causer l'amour des hommes comme des femmes. Il était autrefois de l'ordre des Puissances et il espère remonter un jour dans le ciel sur le septième trône.

Caacrinolas, Caacrinolaas, Caacrinlas, Caassimolar est connu aussi sous les noms de Glasya-Labolas, Glassialabolas, Glassiabolas et Glassyabolas. Comte et Grand président aux enfers, il a l’apparence d'un chien avec des ailes de griffon. Il donne la connaissance des arts libéraux, incite aux meurtres et rend invisible. Il commande 36 légions.

Caim voir Caym.

Candelier est invoqué dans les litanies du sabbat.

Carabia : voir Abrasax.

Carniveau, démon de possession, est invoqué dans les litanies du sabbat.

Carreau, prince des puissances, est invoqué dans les litanies du sabbat.

Caym ou Caim est le plus grand sophiste et logicien. Grand président aux enfers, il commande 30 légions. Il se montre généralement sous la forme d'un merle d'une grive, mais, lorsqu'il paraît sous forme humaine il tient un sabre et répand du brasier ardent. Il aurait eu une discussion avec Luther 6. Il donne l’art de comprendre le chant des oiseaux, le mugissement des bœufs et le bruit des ondes. Il connaît l'avenir.

Cerbère est le Gardien des enfers. Il fait la fête aux âmes damnées entrant aux Enfers et menace celles qui tentent d'en sortir. Marquis infernal, il commande 19 légions et se montre sous la forme d'un corbeau à la voix rauque. Il donne l'éloquence, l'amabilité et enseigne les beaux-arts.

Chammadaï voir Asmodée.

Chamos ou Chamoos, Grand Chambellan, chevalier de la Mouche.

Charon, le nocher des Enfers dans la mythologie grecque, fils de l'Érèbe et de la Nuit sous les traits d’un vieillard sinistre, fait traverser, dans sa barque, les marais de l’Achéron aux âmes des défunts qui ont reçu une sépulture.

Chax, Shax, Shan, Shass, Shaz, Scox : grand marquis (ou duc) de l'enfer, commande 30 légions. Il enlève la vue, l'ouïe et la compréhension de toute personne à la demande du magicien. Il vole l’argent dans les maisons et ne le restitue qu’au bout de 1.200 ans. Il enlève les chevaux et indique les trésors cachés. Il donne généralement de bons familiers, mais, parfois, ces familiers trompent le magicien. Shax, censé être fidèle et obéissant, est un grand menteur et peut tromper le magicien s'il ne trace pas un triangle. Chax parlera ensuite à merveille et dira la vérité. Il est dépeint comme une cigogne qui parle d'une voix rauque mais subtile ; sa voix devient agréable dès qu'il est entré dans le triangle magique.

Chemosh voir Kemosh.

Chiridirelles secourt les voyageurs et indique leur chemin aux égarés. Il se montre sous la forme d'un passant à cheval.

Chodar, que les nécromanciens nomment aussi Béliol, a l'Orient pour district, et commande aux démons des prestiges.

Cimeries enseigne la grammaire, la logique, la rhétorique. Marquis de l'empire infernal chevauchant un cheval noir, il est à la tête de 26 légions. Il commande aux parties africaines. Il fait découvrir les trésors, les choses cachées. Il rend l’homme léger à la course. Il donne aux bourgeois l’aspect fringant des militaires.

Clauneck agit sur les biens, sur les richesses ; il fait trouver les trésors à celui qu'il sert en vertu d'un pacte. Il est aimé de Lucifer qui le laisse maître de disposer de l'argent.

Clistheret peut faire paraître la nuit au milieu du jour, et le jour au milieu de la nuit.

Cornedur : voir.

Courils : petits démons dansant autour des monuments druidiques (Finistère).

Coutellier, armé d'un couteau, est invoqué dans les litanies du sabbat.

Crocell, Crokel, Procell, Princel, Pucel ou Pocel se manifeste comme un ange avec une tendance à parler de façon sombre et mystérieuse. Ancien ange des Puissances, il est maintenant un duc de l'enfer qui règne sur 48 légions de démons. Pour les Prussiens, il était le roi de l'enfer. Il répond sur les sciences occultes. Il peut enseigner la géométrie et autres sciences libérales. Il est associé à l'eau. Il peut révéler l'emplacement des bains naturels. Il est accusé de faire entendre de violents bruits ou le mugissement des eaux.

Dagon est le boulanger et grand panetier de la cour infernale. Les Philistins, qui l'adoraient sous la forme d'un homme à queue de poisson, lui attribuaient l'invention de l'agriculture. Démon de la mer, il est aussi celui de la vengeance.

Dantalion ou Dantalian est un grand-duc de l'enfer commandant 36 légions de démons. Il enseigne les arts et les sciences. Il tient souvent un livre à la main. Il connaît les pensées de tous les gens et peut les modifier à sa volonté. Il peut aussi provoquer l'amour et faire apparaître le double de toute personne quelle que soit la partie du monde dans laquelle elle se trouve. Il est capable de prendre les visages de tous les hommes et de toutes les femmes.

Decarabia voir Abrasax.

(Le) Diable [du grec diabolos: celui qui désunit, qui divise]. Satan, Lucifer, Samaël, Azazel, Bélial, Léviathan, Serpent, Dragon, Léonard, tels sont quelques-uns des noms et des aspects du diable.

Dolers est invoqué dans les litanies du sabbat.

Eligor, Eligos voir Abigor.

Empuse, démon du midi, est un spectre horrible, au regard atroce, avec un pied d'âne et un pied d'airain. Une flamme autour de sa tête ne cherche qu’à faire du mal. Il prend diverses formes de femmes, de chiens, de bœuf ou de vipère.

Ereshkigal : déesse sumérienne et akkadienne des Enfers (Irkalla) invisible aux humains. Sœur jumelle du dieu Enki, elle règne sur les Enfers avec son époux Nergal.

Eurynome, Prince de la mort régnant aux Enfers, Grand-Croix de l'ordre de la Mouche, présente un aspect particulièrement horrible : il possède un corps blessé tout avec des dents de loup, recouvert en partie d'une peau de renard. Voir.

Fécor et ses compagnons Anarazel et Gaziel, ébranlent les fondements des maisons, excitent les tempêtes, font souffler des vents accompagnés de flammes, inspirent la peur par un grand bruit de cloches et de clochettes, font apparaître les spectres et donnent des terreurs nocturnes.

Flauros ou Fleuretty, grand-duc ou lieutenant-général des enfers, commande 20 ou 36 légions et a la figure d'un léopard. Lorsqu'il prend forme humaine, il a un visage affreux et des yeux enflammés. Il connaît le passé, le présent et l'avenir. Il soulève tous les démons contre les exorcistes. Mais il détruit les ennemis de l'exorciste si celui-ci le désire. Voir.

Focalor commande à la mer et aux vents. Il tue les bourgeois et les jette dans les flots. Duc et Général aux enfers, commandant 30 légions, il obéit en rechignant à l'exorciste. Il se montre sous l’aspect d'un homme avec des ailes de griffon.

Forcas, Forcus, Furcas, Foray, Foras, Forras, Forau rend l’homme invisible, ingénieux et beau parleur. Géomancien, il fait retrouver les choses perdues et découvrir les trésors. Il enseigne les vertus des plantes et des pierres précieuses, la logique, la rhétorique, l'esthétique, la chiromancie, l'astrologie et la pyromancie. Chevalier et président des enfers, il commande 29 légions. Il apparaît sous la forme d'un vieil homme nu, corpulent, à la longue barbe et aux cheveux blancs, monté sur un cheval pâle et tenant une lance ou une fourche. Voir.

Forneus, marquis, instruit les hommes dans les plus hautes affaires. Il fait du bien à ses amis et du mal à ses ennemis.

Fume-Bouche est invoqué dans les litanies du sabbat.

Furcas voir Forcas.

Furfur, démon kabbalistique et chrétien, ancienne divinité sémitique de l’orage, devint un ange avec une queue enflammée : ultime vestige de ses antiques fonctions de divinité ouranienne armée de la foudre. Il entretient l’union entre maris et femmes. Il répond sur des sujets abstraits mais c’est un menteur à moins qu’il ne soit enfermé dans un triangle. Comte aux enfers, commandant 26 légions, il se fait voir sous la forme d'un cerf avec une queue enflammée. Sous la forme d'un ange, il parle d'une voix rauque. Il fait tomber la foudre, luire les éclairs et gronder le tonnerre dans les lieux qu’on lui indique.

Gaap ou Tap excite à l’amour ou à la haine. Il transporte rapidement les hommes dans les contrées qu’ils veulent parcourir. Grand président et grand prince aux enfers, commandant 70 légions, il a l'empire sur les démons soumis à la puissance d'Amoymon. Il se montre à midi sous sa forme humaine. Des nécromanciens lui offraient autrefois des libations et des holocaustes.

Gamigyn, Gamycyn, Samigina fait paraître devant l’exorciste les âmes qui ont péri en mer et celles qui souffrent au purgatoire. Il répond à toutes les questions de l’exorciste et reste auprès de lui jusqu’à ce qu’il ait exécuté tout ce qu’on lui a ordonné. Grand marquis des enfers, commandant 30 légions, il apparaît soit sous la forme d'un petit cheval ou d'un âne, soit sous celle d'un homme, à la voix rauque, qui enseigne les arts libéraux.

Gamory voir Gomory

Garandier, démon lunatique, est invoqué dans les litanies du sabbat.

Gargouille : la Gargouille, démon ailé mesurant de 1m 20 à 1m 50, est souvent utilisée comme messagère. Capable de voler à une vitesse de 70 km/h, elle peut se transformer en pierre. Pas très futée mais sournoise et craintive, on lui reproche souvent son infidélité ; elle donnera son nom face à la puissance de l'invocateur. 7

Gaziel est chargé de la garde des trésors souterrains, qu'il transporte d'un lieu à un autre pour les dérober aux recherches des hommes. Avec ses compagnons Anarazel et Fécor, il ébranle les fondements des maisons, excite les tempêtes, fait souffler des vents accompagnés de flammes, inspire la peur par un grand bruit de cloches et de clochettes, fait apparaître les spectres et donne des terreurs nocturnes. Il peut ranimer les cadavres mais seulement pour un moment.

Gemory voir Gomory

Gilbert : démon des Ostrogoths.

Glasya-Labolas, Glassialabolas, Glassiabolas, Glassyabolas : voir Caacrinolas.

Gomory, Gremory, Gamory, Gemory fait découvrir les trésors cachés et répond sur le passé, le présent et l’avenir. Il procure l'amour des femmes, jeunes et âgées, mais surtout des jeunes filles. Duc des enfers, commandant 26 légions, il apparaît sous la forme d'une femme portant une couronne de duchesse attachée à la ceinture et montée sur un chameau.

Gorson, roi de l'Occident, est visible à 9 heures du matin.

Gremory voir Gomory

Grésil : Louis Gaufridy, curé de Notre-Dame des Accoules à Marseille, condamné pour avoir introduit le démon dans un couvent d'ursulines, est brûlé vif le 30 avril 1611. Des ursulines ont accusé Gaufridy des pires turpitudes notamment de les avoir fait posséder par les démons, Belzébuth, Asmodée, Verrine, Grésil, Sonneillon, et autres….

Guland voir Nabam

Gusoyn augmente les dignités et affermit les honneurs. Il découvre les choses cachées. Duc, commandant 45 légions, il apparaît sous la forme d'un chameau.

Haagenti enseigne l’art de transformer les métaux en or. Il peut rendre l’homme habile en toutes choses et faire du vin avec de l’eau. Grand président aux enfers, commandant 33 légions, il apparaît sous la figure d'un taureau avec des ailes de griffon.

Haborym voir Aym.

Hadès voir Pluton.

Hallulaya, dont le nom peut être traduit par « courtilière », est un démon de Babylone qui tourmente les hommes quand ils sont sur les routes.

Halphas bâtit des villes et ordonne les guerres. Grand comte des enfers, commandant 26 légions, il apparaît sous la forme d'une cigogne à la voix bruyante.

Hanar, Hanni voir Amy

Hécate, archidémone, Princesse Souveraine des esprits malins. Des démonologues l'assimilent à Proserpine ou Perséphone, la reine des Enfers. Dans la mythologie grecque, c’est une déesse lunaire et chtonienne régnant sur la terre et la mer stérile et liée aux cultes de la fertilité. Elle préside aux germinations et aux accouchements. Chez Hésiode, elle joue un rôle protecteur auprès des marins et des enfants, assez semblable à celui d'Artémis. Mais elle est aussi la déesse des fantômes et des terreurs nocturnes. Elle est la seule divinité qui possède le pouvoir de pénétrer les 3 mondes : celui des esprits et des morts (le « monde souterrain » ou monde d’en bas, inférieur), celui des mortels (la Terre ou le Monde du Milieu) et celui des Dieux (l’Olympe ou le Monde du Dessus). Progressivement, elle se retrouve associée à la face sombre de l'astre lunaire, et se voit prêter des capacités de divinations et de sorcellerie. On la retrouve alors, maîtresse des arts occultes, liée à la lignée de magiciennes comme Médée et Circé, et invoquée par les magiciens et les sorcières. Elle est souvent représentée portant un grand flambeau et suivie par un chien, ou avec 3 têtes (femme au milieu, chien à gauche et cheval à droite), ou 3 corps ou par 3 femmes adossées à une colonne ou par 3 animaux (la chienne, la truie et la jument). On a retrouvé de nombreuses statuettes à d'anciens carrefours, lieux de la géomancie par excellence, où elle était invoquée lorsqu’un choix devait être fait. On lui offrait des sacrifices et on prononçait des incantations. Sa présence faisait trembler la terre, éclater les feux et aboyer les chiens.

Humtaba, démon de Babylone, a la réputation de ne rien pardonner. Sa voix est ouragan, sa bouche feu, son haleine mort.

Hutgin a du plaisir à obliger les hommes en leur rendant service. Ambassadeur en Turquie.

Incubes : voir.

Ipes, Ipos ou Ayperos donne du génie et de l’audace. Il connaît le passé, le présent et l'avenir. Prince et comte de l'enfer, commandant 36 légions, il apparaît sous la forme d'un ange ou sous celle d'un lion, avec les pattes d'une oie et une queue de lièvre.

Issacarum ou Isacaron (chérubin déchu apparaissant sous la forme d'un horrible cochon), Béhémoth, Ausitif, Zabulon et Bélaam sont des démons cités lors de l’affaire des Ursulines de Loudun.

Junier, prince des anges, est invoqué dans les litanies du sabbat.

Kakos est invoqué dans les litanies du sabbat.

Kelen préside les débauches et les orgies.

Kemosh, Chemosh. Salomon, pourtant « le plus sage des hommes » (I Rois 5,11), rétablit en Israël le culte des divinités étrangères et notamment celui de Kemosh ou Chemosh « l’abomination de Moab » (I Rois 11,4-8) représenté par un singe.

Kobal est le directeur des spectacles et des farces de l’Enfer. Démon perfide qui mord en riant, il est le patron des comédiens.

Labal voir Bébal.

Lamastu, démone spécialisée dans l'avortement, apparaît sous la forme d'une femme à tête de lion, le corps ouvert d'écailles avec une parure d'aile de chauve-souris 5. Voir.

Lamia, démone, apparaît sous la forme d'une vieille femme aux dents acérées. Dans la mythologie grecque, Lamia a une apparence monstrueuse (buste de femme et corps de serpent) et se terre dans une caverne ; jalouse des autres mères, elle en sort parfois pour dévorer un jeune enfant 4.

Les Lamies, sous la forme de femmes ayant des têtes de dragon aux bouts des pieds, se trouvent dans les déserts. Elles hantent aussi les cimetières où elles déterrent les cadavres qu’elles mangent, ne laissant des morts que des ossements.

Léonard, le Grand Bouc Noir, Grand maître des sabbats, Inspecteur général de la sorcellerie, Chevalier de la Mouche : voir.

Leraie, Leraikha, Leraje, Leraye voir Loray

Léviathan (Bête qui se tortille), monstre marin d’origine babylonienne et égyptienne (dragon marin ou crocodile), antique personnification de l’Abîme, devint dans la démonologie postérieure, un démon androgyne, avec le grade de grand amiral (sans doute parce qu’il personnifiait l’Abîme marin). Certains en ont fait une baleine, d’autres un crocodile. Léviathan désigne aussi l'universalité des poissons. C’est un grand menteur, responsable de nombreuses possessions. Il est coriace et difficile à exorciser. Dieu « fracasse les têtes de Léviathan pour en faire la pâture des bêtes sauvages » (Psaumes 74,14).

Lilith, également connue sous les noms de Lilitu, Lillake, Belet-ili, Belili et Baalat, est présente dans les mythes juifs, sumériens, arabes et même teutons. Parfois donnée pour une fille maléfique d’Adam, premier homme de la tradition hébraïque, la démone Lilith semble dériver d’un esprit mésopotamien hantant le désert, de nature similaire et portant un nom de même consonance.

Lilu, démon de Babylone, cherche les femmes malades pour leur faire du mal la nuit.

Loray, Leraie, Leraikha, Leraje, Leraye, Loray, Oray : marquis, il anime les combats. Bel archer que l'on dit être du signe du Sagittaire, il aggrave les blessures faites par les archers (gangrène). Il commande 30 légions.

Lucesme est invoqué dans les litanies du sabbat.

Lucifer, c’est le Diable, Satan, Azazel, Samaël, Bélial ou Mastéma. Lucifer, le plus beau de tous les esprits purs, un séraphin ou un chérubin, prit la tête de la révolte des anges contre le Créateur. Pour les démonologues, Lucifer est le grand justicier de l’enfer. Il est souvent pris pour le roi des enfers, commandant aux Européens et aux Asiatiques. Il apparaît sous la forme d’un bel enfant et aime jouer des tours. Selon les magiciens, il était invoqué le lundi et se contentait de l’offrande d’une souris. On l’invoque dans les litanies du sabbat des sorcières.

Lucifuge-Rofocale : voir.

Magoa, roi de l'occident, est l'un des plus puissants démons.

Maimon est le chef de la 9ème hiérarchie des démons, ceux qui sont des tentateurs et des dresseurs de pièges.

Malafar voir Valefar.

Malphas bâtit des citadelles et des tours inexpugnables. Il renverse les remparts ennemis. Il fait trouver de bons ouvriers et donne des esprits familiers, mais il trompe ceux qui lui sacrifient. Grand président des enfers commandant 40 légions, il apparaît sous la forme d'un corbeau à la voix rauque.

Mammon et Moloch
Mammon et Moloch sont des divinités du panthéon phénicien et ammonite [peuple de l’ancienne Syrie censé descendre d’Ammon (Ben Amm), le fils que Loth eut de sa fille cadette (Genèse 19,38) : les filles de Loth profitèrent de son sommeil pour s’unir à lui et donnèrent naissance à Ammon et Moab] ravalés au rang de démons et représentés avec une tête de veau ou de taureau.
Les Phéniciens et les Ammonites sacrifiaient des enfants à Mammon et à Moloch, lors des rites de fécondité, et ce trait leur est resté dans la démonologie comme dévorateurs des enfants.
- Mammon est le dieu de la richesse des Syriens ; c’est aussi le démon de l’avarice. Il apprit aux hommes à fouiller la terre pour en découvrir les trésors. On le dit Ambassadeur des enfers en Angleterre. Sainte Françoise Romaine (+ 1440) présente Mammon comme étant un des trois princes des Enfers, soumis directement à Lucifer.
- Moloch, Molek, Milkon (qui signifie « Roi »), dieu Solaire des Cananéens de l'ancienne Palestine, cruelle idole des Phéniciens et des Carthaginois, a été identifié à Baal puis à Saturne. La statue du dieu était en bronze, creuse à l'intérieur. D'après Diodore de Sicile, elle avait les bras étendus en avant et un peu inclinés vers le sol, de manière à recevoir les corps qu'on lui offrait et qui retombaient ensuite de leur propre poids, brûlés et consumés, dans un bassin d'airain placé au-dessous. D'après la description de quelques anciens rabbins, les victimes qu'on déposait sur les bras de l'idole, élevés vers le ciel, roulaient dans une cavité ménagée à l'intérieur de la statue de bronze, que l'on faisait rougir au feu et, afin d'étouffer les cris plaintifs des victimes, les prêtres exécutaient autour de l'idole un grand bruit de tambours et d'autres instruments. De là le nom de Tophet (toph : tambour) donné par les Juifs à l'endroit de la vallée de Ben-Hinnôm, près de Jérusalem, où ils offraient des sacrifices à Moloch. Enfin, suivant quelques auteurs, le ventre et l'estomac de la statue étaient divisés en sept compartiments, dans chacun desquels on introduisait une victime vivante ; ici, une brebis ; là, un bélier ; à côté, un veau ; ailleurs, un bœuf, etc., et, dans le septième, un homme. Quelquefois, surtout chez les Juifs, on se contentait de faire passer les enfants à travers de grands feux allumés devant l'idole ; c'est ce qu'on appelait « consacrer son fils ou sa fille par le feu de Moloch ».
Salomon, pourtant « le plus sage des hommes » (I Rois 5,11), rétablit en Israël le culte des divinités étrangères et notamment celui d'Astarté ou Ashtart, déesse sidonienne de la fertilité et de la guerre et Reine du ciel (Ishtar chez les Sumériens), de Milkom (ou Moloch) « l’abomination des Ammonites » à qui il fit élever un temple à Tophet, et de Kemosh ou Chemosh « l’abomination de Moab » (I Rois 11,4-8) représenté par un singe. Les cultes de Moloch, de Baal et d’Ashtart (déesse arboricole figurée par un bosquet) furent pratiqué en Israël, notamment sous les règnes d’Achaz et de Manassé, qui firent passer un de leurs fils par le feu, dressèrent un autel à Baal dans le sanctuaire extérieur et osèrent placer le bosquet dans le Saint des Saints (II Rois 16, 3-4 ; 17, 16 ; 21,3-7). Amon, qui succéda à son père Manassé, continua à servir les idoles (II Rois 21, 20-21). Josias, fils d’Amon, démolit les autels des idoles, brisa les stèles, coupa les poteaux sacrés et souilla tous les hauts lieux en y faisant brûler ou jeter des ossements humains. (II Rois 23, 4-14).

Marbas ou Barbas répond sur les choses cachées. Il donne la connaissance des arts mécaniques. Il envoie les maladies. Grand président aux enfers commandant 36 légions, il se montre sous la forme d'un lion furieux.

Marchiosas obéit aux exorcistes et répond à toutes les questions sans jamais mentir. Ange déchu, il espère retourner au ciel parmi les anges, au bout de 1 200 ans. Grand Marquis de l'Enfer, commandant 30 légions, il apparaît sous la forme d'un loup avec des ailes de griffon et une queue de serpent, ou sous la forme d'un homme.

Marthym, Bathym, Bathin : duc aux enfers commandant 30 légions, il apparaît comme un homme grand et fort avec une queue de serpent, montant un cheval d'une blancheur livide. Il connaît les vertus des plantes et des pierres précieuses. Il peut transporter d’un pays à un autre à une vitesse prodigieuse.

Martinet défendait aux magiciens de ne rien entreprendre sans sa permission, ni de sortir d'un lieu avant qu’il leur donnât congé.

Mastéma voir Azazel

Melchom porte la bourse. Il est le trésorier-payeur des employés publics des Enfers.

Méphistophélès, démon médiéval, est défini par Goethe (dans Faust) comme « celui qui hait la lumière ». Goethe lui fait dire : « Je suis l'esprit qui toujours nie ; et c'est avec justice, car tout ce qui existe est digne d'être détruit, il serait donc mieux que rien n'existât. Ainsi, tout ce que vous nommez péché, destruction, bref, tout ce que l'on entend par mal, voilà mon élément. » Méphistophélès, l'un des principaux seigneurs de l'Enfer, est le démon de la raillerie méchante, du mépris de la vertu, du scepticisme. On le reconnaît à sa froide méchanceté, à ce rire amer qui insulte aux larmes, à la joie féroce que lui cause l'aspect des douleurs. Quand il est convoqué, son but premier est de confisquer votre âme et pour cela, il vous apprend la sagesse et vous donne un pouvoir immense pour tout ce que vous désirez. Le contrat signé avec votre sang n'est pas résiliable et finit avec votre mort.

Mérimin est le démon de la luxure et des plaisirs de la chair, non seulement des plaisirs sexuels, mais aussi de tous les plaisirs consommés de façon excessive.

Milkom : voir.

Minoson fait gagner aux jeux.

Molek ou Moloch : voir.

Montagnards : petits démons des mines de montagnes portant un tablier de cuir et tourmentant les mineurs.

Morax instruit dans l’astronomie et les arts libéraux. Il est le prince des esprits familiers. Capitaine, comte et président de plusieurs bandes infernales, commandant 36 légions, il apparaît sous la forme d'un taureau.

Mullin est le premier valet de chambre de Belzébuth.

Murmur, duc/comte commandant 30 légions, a le pouvoir de contraindre l'âme d'un mort à apparaître devant son conjurateur pour répondre à toute question. Murmur enseigne la Philosophie. Murmur est décrit comme un soldat chevauchant un vautour ou un griffon, ceint d'une couronne ducale. Deux de ses ministres le précèdent au son des trompettes. Démon de la musique, il connaît toutes les musiques du monde. Certains auteurs le représentent simplement en vautour.

Naamah est le démon femelle de la séduction (succube) dans la Kabbale.

Nabam ou Guland est conjuré le samedi. Querelles, agressions, guerres.

Naberius, Naberus, Nebiros est un marquis vaillant à la voix rauque qui se montre sous la figure d'un corbeau (Lemegeton Clavicula Salomonis, XVIIe s.). Il donne l’éloquence, enseigne les arts libéraux, fait trouver la main de gloire, indique les qualités des métaux, des végétaux, et de tous les animaux. Il est aussi l’un des chefs des nécromanciens et prédit l’avenir. Selon le Grand Grimoire (ou Dragon rouge), Nebiros est maréchal et inspecteur général des Enfers. Voir.

Naimbroth est conjuré le mardi.

Nebiros voir Naberius.

Nergal est le chef de la police des Enfers, le premier espion de Belzébuth, considéré parfois comme à l’origine d'épidémies. Dieu mésopotamien des Enfers, il est l’époux de la déesse des Enfers : Ereshkigal. Idole adorée par les habitants de Kouth (II Rois 17, 30), il représentait très probablement la planète Mars que vénéraient aussi les Sabéens sous un nom analogue à celui de Nergal et ayant en syriaque la signification de « hache ». Les légendes consignées dans le Talmud par les rabbins prétendent que le Nergal avait la forme d'un coq.

Nusmiane : voir.

Nybbas est le grand intendant des visions et des songes. La cour infernale le considère comme un bateleur et un charlatan.

Nysrock, seigneur des plaisirs de la table, est le chef de cuisine de Belzébuth.

Ob, démon des syriens, ventriloque, donnait ses oracles par le derrière, d'une voix basse et sépulcrale.

Oilette est invoqué dans les litanies du sabbat.

Olivier est invoqué comme prince des archanges dans les litanies du sabbat.

Oray voir Loray

Orcus ou Horkos, démon de la Mort et des serments (il punit les parjures) représenté dans la peinture funéraire étrusque comme un géant barbu (l'ogre des légendes). Souverain du royaume des morts sous les noms de Pluton ou Hadès, il tourmente les criminels après leur mort. 20

Orias, qui connaît l'astronomie et l'astrologie, est le démon des astrologues et des devins. Grand marquis de l'empire infernal, il commande 30 légions et apparaît comme un lion furieux, assis sur un cheval à queue de serpent et portant dans chaque main une vipère.

Orobas révèle les mensonges, accorde des dignités et des emplois et réconcilie les ennemis. Grand prince, commandant 20 légions, il apparaît sous la forme d'un beau cheval. Il parle de l'essence divine et peut donner des réponses sur le passé, le présent, et l'avenir.

Otis ou Ottis apparaît sous la forme d'une vipère, avec de grandes dents, 2 cornes sur la tête et un glaive à la main. Grand président des enfers, commandant 60 légions, il répond effrontément sur le présent et l'avenir.

Oze, Ose répond sur les choses divines et abstraites. Il rend l’homme insensé au point de lui faire croire qu’il est roi ou empereur. Il rend ses adeptes habiles dans les arts libéraux. Grand président des enfers, il apparaît sous la forme d'un léopard ou sous celle d'un homme ; il porte une couronne, mais ne règne qu'une heure par jour.

Pan, prince des Incubes, démon de la luxure, ou une des représentations du diable.

Paymon ou Paimon, roi de l'enfer, commande à 200 légions. Il apparaît aux exorcistes sous la forme d’un homme chevauchant un dromadaire, couronné d’un diadème étincelant de pierreries avec un visage de femme. Il est accompagné des deux grands princes Labal (ou Bébal) et Abalim (ou Abalam). Il enseigne les arts, les sciences et les choses secrètes. Il faisait partie de l'ordre angélique des Dominations.

Perrier ou Pierrier ou Terrier est invoqué comme prince des Principautés, dans les litanies du sabbat.

Perséphone voir Hécate.

Phoenix, Phénix, Phenex : avant de se montrer à un exorciste, il produit des sons mélodieux. Mais il faut se boucher les oreilles quand on lui commande de prendre forme humaine. Il répond aux questions sur toutes les sciences. Grand marquis des enfers, il apparaît sous la forme d'un phénix avec la voix d'un enfant. Après 1.000 ans, il espère retourner au 7ème ordre des Trônes.

Picollus vénéré par les habitants de la Prusse qui lui consacraient la tête d'un homme mort.

Pierre-de-Feu est invoqué dans les litanies du sabbat.

Pierre Fort est invoqué dans les litanies du sabbat.

Pluton, Hadès, Adès, Prince du feu, Grand-Croix de l’Ordre de la Mouche, est le gouverneur des pays enflammés (Enfers).

Pocel, Princel voir Crocell.

Prisier est invoqué dans les litanies du sabbat.

Procell voir Crocell.

Proserpine (équivalent latin de Perséphone) assurait la germination des plantes. On lui a attribué un caractère redoutable avec ses nouvelles fonctions de Reine des Enfers. Elle est la mère des Érinyes. Voir Hécate.

Pruslas, Pruflas, Busas : il répond à tout ce qu’on lui demande. Grand prince et grand-duc de l'empire infernal, il commande vingt-six légions, envenime les discordes et déclenche les guerres, les querelles. Il réduit les gens à la mendicité. Il régna sur Babylone. Il a la tête d’un hibou.

Pucel voir Crocell.

Pursan, Purson : roi, il connaît le présent, le passé et l’avenir. Il aide à découvrir les choses enfouies, comme les trésors.

Python-Luzbel, chef des chérubins de l'abîme, démon des prophéties, est responsable du besoin d'isolement qui pousse les êtres à se couper de tout contact avec les autres et des faux prophètes qui annoncent la fin du monde et toutes sortes de cataclysmes.

Raum ou Raym détruit les villes et donne des dignités. Grand-duc, il commande 30 légions. Il apparaît sous la forme d'un corbeau lorsqu'il est conjuré. Il appartenait à l'ordre angélique des Trônes.

Remmon ou Rimmon, démon syrien, est le premier médecin de l’empereur infernal. Il a le pouvoir de guérir la lèpre. Ambassadeur en Russie.

Roneve, Ronove, Ronwe : il donne la connaissance des langues. Marquis et comte de l'enfer, commandant 19 cohortes, il apparaît sous une forme monstrueuse.

Rosier est invoqué comme prince des Dominations dans les litanies du sabbat.

Sabathan est invoqué dans les litanies du sabbat et de la messe noire ; il est le maître des cérémonies et veille à leur bon déroulement. Il est d'humeur violente et agressive.

Sabras, Sabnac, Sabnoc, Salmac : démon des fortifications, il bâtit des tours avec une adresse surprenante. Il change les hommes en pierres. Grand marquis infernal, commandant 50 légions, il apparaît comme un soldat à tête d'un lion, monté sur un cheval hideux.

Saleos, Sallos, Zaleos : puissant duc de l'enfer commandant 30 légions, il est dépeint comme un beau soldat, coiffé d'une couronne ducale, et chevauchant un crocodile.

Samaël ou Shammaël. Samaël est le nom angélique de Lucifer appelé également Azazel, Bélial ou Mastéma. Le nom "Samaël" est visiblement relié à "se'mol", mot hébreu signifiant "le côté gauche". Il semble que ce soit l'origine de l'utilisation de la gauche comme représentant le diable ("senestre" : "sinistre"). 13
Samaël signifie « le venin de Dieu ». Importante figure du Talmud, reprise dans plusieurs textes postérieurs, il y est décrit comme le délateur, séducteur et destructeur du monde. Prince des airs, il règne sur les sept zones appelé Sheba Hiechaloth. Le nom peut aussi être rapporté au dieu syrien Shemal, diabolisé par le concile de Nicée. Avant d'être relégué aux enfers par le Divin, Samaël était le bras droit de Dieu ; vêtu de feu, lui-même composé de feu, il possède six paires d'ailes et tient un glaive dont l'extrémité contient du poison. D'après les rabbins, c'est lui qui, monté sur l'Antique Serpent, aurait incité Ève à commettre le péché et il serait le véritable père de Caïn. Il fut également l'adversaire mythique de Moïse, dont l'archange Michel lui disputa le cadavre. Il est aussi appelé le "chef des Dragons du mal", et il est généralement tenu pour responsable du torride vent chaud du désert. 12 13
Les cabalistes reconnaissent 2 anges portant le nom de Samaël, l'un blanc, l'autre noir : le Samaël blanc, c'est l'ange des châtiments, l'exécuteur des hautes œuvres divines ; le Samaël noir est l'ange des catastrophes non expiatoires, des malheurs soudains et inexplicables, du moins en apparence.
- Le Samaël blanc est considéré, dans certains écrits rabbiniques et dans la littérature apocalyptique, comme l'Ange de la Mort, le bras gauche de Dieu ; vêtu de feu, lui-même composé de feu, il est représenté avec six paires d'ailes tenant une épée dont l'extrémité contient du poison ou un arc et des flèches.
- Le Samaël noir est aussi nommé le Samaël incirconcis, ou le père des écorces. Les cabalistes donnent le nom d'écorces aux erreurs, parce que les erreurs sont des enveloppes qui cachent la vérité. Les esprits réprouvés sont les écorces vides qui ne contiennent plus la vérité, semblables aux citrons pleins de cendre qui croissent sur les bords du lac Asphaltite. Celui qui exerce la justice de Dieu sur les écorces, c'est le Samaël noir. La circoncision symbolise chez les Juifs le retranchement de l'écorce ou de l'erreur ; c'est-à-dire l'adoration du principe créateur sans aucune espèce de forme visible ou d'enveloppe matérielle. Le Samaël incirconcis est donc le "père de l'erreur", définition analogue à celle des docteurs catholiques, qui nomment Satan "le père du mensonge", en interprétant la parole du Christ, qui avait déclaré le Diable "meurtrier comme son père" ce qui indiquerait peut-être que le diable est en même temps le fils et le père du mensonge. Pour Eliphas Lévi, le diable est "le magnétisme du mal, la force fatale que Dieu a voulue, quand il a voulu la liberté". Samaël, prince des anges déchus (assimilé à Satan par Moïse Maïmonide), monté sur un serpent ayant la taille d'un chameau, vint séduire Eve dans le Jardin d'Eden. Il aurait cohabité avec elle bien avant Adam et de cette union serait né Caïn et de nombreux démons. De son côté, Adam, momentanément séparé d'Eve, se serait accouplé avec Lilith et, lui aussi, en aurait eu plusieurs démons. D'autres prétendant que Samaël, androgyne, aurait forniqué avec les deux (on le confond parfois avec Asmodée, le démon de la luxure). Précipité par la suite aux abîmes, le serpent fut maudit entre toutes les bêtes et Samaël le rejoignit en la troisième résidence sur les sept auxquelles il est fait allusion dans le Zohar : « C'est le lieu des embrasements et des nuages de fumées où débouche le fleuve de feu qui s'écoule et émerge. Il est la maison où sont brûlées les âmes des ignobles car le feu y descend sur la tête des pervers que pourchassent les Anges destructeurs. C'est dans ce lieu aussi que parfois se trouvent les délateurs d'Israël qui les détournent de la bonne voie, sauf quand ceux-ci obtiennent la guérison qui leur permet de les repousser. Le chef qui est à leur tête vient du côté gauche. Tous les êtres qui peuplent cette résidence viennent du domaine obscur ce qu'exprime : « L'obscurité est sur la face de l'Abîme. » (Genèse I, 2). Samaël le réprouvé y vit aussi. »
VOIR Samaël archange.

Samanum est un démon rouge qui attaque les hommes, les plantes et les minéraux, et provoque les pluies rouges. En Babylonie on lui attribuait des pouvoirs sexuels sur l'homme et la femme.

Samigina voir Gamigyn.

Sarcueil est invoqué dans les litanies du sabbat.

Sargatanas : voir.

Satan, de l’expression hébraïque "ha-satan" (le satan). Dans Zacharie et dans le Livre de Job, il s’agit d’un nom commun, « le satan », qui désigne un des anges serviteurs de Dieu, l’ange accusateur de l’homme, un "espion" rassemblant des renseignements sur les êtres humains lors de ses voyages terrestres ; ce n’est que dans les Chroniques qu’il devient un nom propre, celui de l'adversaire de Dieu : Satan. L'adversaire de Dieu porte aussi les noms de Lucifer, le Diable, Serpent, Bélial, Azazel, Samaël, Mastéma...

Satanachia : voir.

Scox voir Chax

Seir, Seire, Seere, Sear : prince de l'enfer avec 26 légions de démons sous son commandement, il peut aller à n'importe quel endroit sur la terre en quelques secondes pour accomplir la volonté du magicien. Il peut apporter l'abondance, aider à trouver des trésors cachés ou à voler. Il n'est pas pervers. Il est dépeint comme un bel homme monté sur un cheval ailé.

Sépar voir Zépar

Shax, Shan, Shass, Shaz voir Chax

Sidragasum a le pouvoir de faire danser les femmes mondaines.

Sonneillon : Louis Gaufridy, curé de Notre-Dame des Accoules à Marseille, condamné pour avoir introduit le démon dans un couvent d'ursulines, est brûlé vif le 30 avril 1611. Des ursulines ont accusé Gaufridy de les avoir fait posséder par les démons, Belzébuth, Asmodée, Verrine, Grésil, Sonneillon, et autres….

Stolas ou Stolos, prince des enfers, commandant 26 légions, apparaît sous la forme d'un corbeau ou d'un hibou. Il enseigne l'astronomie et connaît les propriétés des plantes et des pierres précieuses.

Les stryges ou striges (du grec "strigx" : « oiseau de nuit ») sont des démons femelles ailés, mi-femme mi-oiseau, apparus dès l'Antiquité, surtout dans la croyance romaine ; ils s'en prennent essentiellement aux nouveau-nés, soit en suçant leur sang, soit en les enlevant dans leurs serres crochues ; ils sont souvent confondues avec les vampires. Chez les musulmans, la stryge, appelée "goule" (ou "ghole"), se repaît de la chair des cadavres. Burchard, évêque de Worms de 1000 à 1025, croit en l'existence des stryges ou striges. Il conseille à ses prêtres de demander à leurs pénitentes : "As-tu partagé la croyance de nombreuses femmes de la suite de Satan ? Que pendant le silence de la nuit, après t'être étendue dans ton lit et pendant que ton mari repose sur ton sein, tu as le pouvoir, toute corporelle que tu es, de sortir par la porte fermée, de parcourir l'espace avec d'autres femmes qui te ressemblent ? Que tu as le pouvoir de tuer, avec des armes invisibles, des chrétiens baptisés et rachetés par le Sang du Christ, de manger leur chair après l'avoir fait cuire, et de mettre à la place de leur coeur de la paille ou un tout autre objet ? Que tu as le pouvoir, après les avoir mangés, de les ressusciter et de leur accorder un délai pour vivre ? Si oui : quarante jours de jeûne et une pénitence durant sept ans."

Succor-Benoth, chef des eunuques du sérail, est le démon de la jalousie.

Succubes : voir.

Sustrugiel enseigne, selon les Clavicules de Salomon, l'art magique et donne des esprits familiers.

Sydonaï voir Asmodée.

Sytry, Sitri : prince aux enfers, commandant 70 légions, il apparaît sous la forme d'un léopard, avec des ailes de griffon. Quand il prend forme humaine, il est d'une grande beauté et enflamme les passions. Il découvre les secrets des femmes qu’il tourne volontiers en ridicule.

Tap voir Gaap.

Terrier voir Perrier

Thamuz, dieu sumérien, est l’inventeur de l’artillerie. Ses domaines sont les flammes, les grils, les bûchers. On lui attribue l’invention des bracelets féminins. Il excite les passions érotiques.

Ukobach est chargé par Belzébuth d’entretenir l’huile dans les chaudières infernales. Il se montre toujours avec un corps enflammé. Il serait l’inventeur des fritures et des feux d’artifices.

Uphir, démon alchimiste, connaît aussi les plantes. Il est responsable de la santé de Belzébuth et de la cour.

Uvall voir Wall.

Valefar, Valafar, Valefor, Malafar connaît le passé et l’avenir et donne du génie et de l’audace aux hommes. Démon des voleurs, il pousse les gens à voler et est en charge de toutes les bonnes relations parmi les voleurs. Duc de l'empire infernal, commandant 10 légions, il apparaît sous la forme d'un ange ou d'un lion avec la tête d'un âne, les pattes d'une oie et une queue de lièvre.

Vapula rend l’homme très adroit en mécanique et en philosophie. Il donne du génie aux savants. Grand et puissant duc de l'empire infernal, commandant 36 légions, il apparaît sous la forme d'un lion avec des ailes de griffon.

Vassago, prince commandant 26 légions, il révèle les choses passées et futures mais rend hypocrite, ingrat et parjure.

Vépar voir Zépar

Verdelet, maître des cérémonies de la Cour infernale, est chargé du transport des sorcières au sabbat.

Verrine : Louis Gaufridy, curé de Notre-Dame des Accoules à Marseille, condamné pour avoir introduit le démon dans un couvent d'ursulines, est brûlé vif le 30 avril 1611. Des ursulines ont accusé Gaufridy de les avoir fait posséder par les démons, Belzébuth, Asmodée, Verrine, Grésil, Sonneillon, et autres….

Vine, roi et comte, commande 36 légions de démons. Il peut dire le présent, le passé et l'avenir, découvrir les sorcières et les choses cachées, créer des tempêtes et faire enfler les rivières, abattre des murs et construire des tours et des maisons. Il est dépeint comme un lion tenant un serpent dans sa main et chevauchant un cheval noir.

Volac connaît les planètes et les retraites des serpents. Grand président aux enfers, commandant 30 légions, il apparaît sous la forme d'un enfant avec des ailes d'ange, monté sur un dragon à 2 têtes.

Wall, Vual, Uvall, Voval, Vreal, grand-duc des Enfers commandant 37 légions, apparaît sous la forme d'un dromadaire gigantesque et terrible. Il parle égyptien quand il prend figure humaine. Il donne l'amour des femmes, les causes d'amitié entre amis et ennemis, et raconte des choses passées, présentes et à venir. Il appartenait à l'ordre angélique des Puissances.

Xaphan, qui proposa aux rebelles de mettre le feu au ciel, est chargé d’attiser la braise des fourneaux infernaux avec sa bouche et ses mains.

Xezbeth est le démon des prodiges imaginaires, des contes merveilleux et du mensonge.

Yan-Gant-Yan : démon nocturne portant cinq chandelles sur les cinq doigts, et les faisant tourner avec la rapidité d'un dévidoir (Finistère).

Zabulon, Béhémoth, Issacarum, Ausitif et Bélaam sont des démons cités lors de l’affaire des Ursulines de Loudun.

Zaebas ou Zaebos, grand comte des enfers, a l’aspect d’un beau soldat monté sur un crocodile ; sa tête est ornée d’une couronne ducale. Il est doux de caractère.

Zagan, grand roi et président de l'enfer, commandant 33 légions, a l'apparence d'un taureau aux ailes de griffon mais il peut prendre forme humaine. Il change l'eau en vin, le vin en eau, le sang en vin, le sang en huile, le plomb en argent et le cuivre en or. Il peut faire d'un fou un sage.

Zaleos voir Saleos.

Zapan : voir.

Zépar, Sépar, Vépar pousse les hommes aux passions infâmes. Grand-duc de l'empire infernal, il a l'apparence d'un guerrier. Il commande vingt-huit légions. Il peut apparaître sous la forme d'une sirène, diriger les vaisseaux marchands et infliger aux hommes des blessures venimeuses qu'on ne peut guérir que par exorcisme.


La hiérarchie infernale

(d'après Collin de Plancy Dictionnaire infernal, 1818-1863)

Princes et grands dignitaires :
- Belzébuth, chef suprême de l'Empire infernal, commandant les 6666 légions, fondateur de l'ordre de la mouche
- Satan, prince détrôné, chef du parti de l'opposition
- Eurynome, prince de la mort, grand-croix de l'ordre de la Mouche.
- Moloch, prince du pays des larmes, commandeur de l'Ordre de la Mouche.
- Pluton, prince du feu, gouverneur général des pays enflammés, grand-croix de l'ordre.
- Pan, prince des incubes
- Lilith, princesse des succubes
- Léonard, grand maître des Sabbats, Inspecteur général de la sorcellerie, chevalier de la Mouche
- Baalberith, grand pontife, maître des alliances
- Proserpine ou Hécate, archidiablesse, souveraine princesse des esprits malins, reine des Enfers

Ministères :
- Adramelech, grand chancelier, grande croix de l'ordre de la Mouche
- Astaroth, grand trésorier, chevalier de la Mouche
- Nergal, chef de la police secrète
- Baal, général en chef des armées infernales, grand-croix de l'ordre de la Mouche
- Léviathan, grand amiral, chevalier de la Mouche

Ambassadeurs :
- Belphégor, ambassadeur en France
- Mammon, ambassadeur en Angleterre
- Bélial, ambassadeur en Italie
- Rimmon, ambassadeur en Russie
- Thamuz, ambassadeur en Espagne
- Hutgin, ambassadeur en Turquie
- Martinet, ambassadeur en Suisse

Justice :
- Lucifer, grand justicier, chevalier de la Mouche
- Alastor, exécuteur des hautes œuvres.

Maison des princes :
- Verdelet, maître des cérémonies
- Succor Benoth, chef des eunuques du sérail
- Chamoos, grand chambellan, chevalier de la Mouche
- Melchom, trésorier-payeur
- Nisroch, chef de la cuisine
- Béhémoth, grand échanson
- Dagon, grand panetier
- Mullin, premier valet de chambre de l'Empereur.

Menus plaisirs :
- Kobal, directeur des spectacles
- Asmodée, surintendant des maisons de jeu
- Nybbus ou Nybbas, grand paradiste
- Antéchrist, escamoteur et nécromancien

La Cour Infernale se compose de :
- 7 Rois : Bael, roi de la partie orientale de l’Enfer, général en chef des armées infernales, Grand-Croix ; Pursan, Byleth, Paymon, Bélial ; Asmodée, surintendant des maisons de jeu ; Zapan. Leur métal est l’or.
- 23 Ducs : Aguarès, Busas, Gusoyn, Bathym, Eligor, Valefar, Zepar, Sytry, Bune, Berith ; Astaroth, Grand Trésorier, Chevalier de la Mouche ; Vepar, Chax, Princel, Murmur, Focalor, Gomory, Amduscias, Aym, Orobas, Vapula, Hauros, Alocer. Leur métal est le cuivre.
- 13 Marquis : Aamon, Loray, Naberus, Forneus, Roneve, Marchiosas, Sabnac, Gamigym, Arias, Andras, Androalphus, Cimeries, Phoenix. Leur métal est l’argent.
- 10 Comtes : Barbatos, Botis, Marax, Ipes, Furfur, Raym, Halphas, Vine, Decarabia, Zalcos. Leur métal est un alliage de cuivre et d’argent.
- 11 Présidents : Marbas, Buer, Caacrinolas, Forcas, Malphas, Gaap, Caym, Volac, Oze, Amy, Haagenti. Leur métal est le mercure ; le plomb est seulement attribué au président-chevalier Forcas.
- 18 Secrétaires d'État : Abigor, Aguarès, Asmodée, Baal, Bathym ; Bélial, Ambassadeur en Italie ; Botis, Buer, Baphomet, Caacrinolas, Cornedur, Foray ; Mammon, Ambassadeur en Angleterre ; Marbas, Moloch, Nusmiane, Pruslas, Valefar.

L’étain est le métal des princes et des prélats.

Autres démons importants avec leurs subordonnés respectifs :
- Lucifuge-Rofocale > Bael, Aguarès, Baphomet, Marbas ;
- Satanachia > Pruslas, Nusmiane, Amon, Barbatos ;
- Agaliarept > Buer, Gusoyn, Otis ;
- Fleuretty ou Flauros > Pursan, Bathym, Abigor ;
- Sargatanas > Loray, Valafar, Foray ;
- Méphistophélès > Bélial, Cornedur ;
- Nebiros > Morax, Ayperos, Cerbère, Caacrinolas.

Selon la tradition kabbalistique, des démons particuliers sont opposés aux classes des anges.

Séraphins Belzébuth, prince des séraphins ; Baal ; les Intelligences infernales, forces de destruction
Chérubins Baalberith, prince des chérubins ; Satan, Satanaêl ; forces du Chaos et de la perdition
Trônes Astaroth, prince des trônes ; force de la Mort et de la Tentation
Dominations Rosier, prince des dominations ; Asmodée ; forces de la Matière
Puissances Carreau, prince des puissances ; Mastéma ; forces Élémentaires
Vertus Bélial ou Bélias, prince des vertus ; Meririm ; forces de la Maladie
Principautés Pierrier ou Perrier, prince des principautés ; Semiazas ; forces des Sortilèges et des Poisons
Archanges Olivier, prince des archanges ; Azazel ; forces de la Méchanceté
Anges Junier, prince des anges ; Mammon ; forces du Mensonge
Âmes des bienheureux Les Possédés

D'après Richelmus de Schental, abbé cistercien de Wurtemberg au XIIIe siècle, les démons se comptent par centaines de milliards.

En 1460, Alphonsus de Spina estime leur nombre à 133 306 668.

Selon Jean Wier (XVIe siècle), les forces démoniaques, commandées par 66 princes, comptent 6 666 légions dont chacune comporte 6 666 démons : ce qui porte l'Armée à 44 435 566 démons prêts au combat….

« Aussitôt que Jésus fut hors de la barque, il vint au-devant de lui un homme, sortant des sépulcres, et possédé d'un esprit impur. Cet homme avait sa demeure dans les sépulcres, et personne ne pouvait plus le lier, même avec une chaîne. Car souvent il avait eu les fers aux pieds et avait été lié de chaînes, mais il avait rompu les chaînes et brisé les fers, et personne n'avait la force de le dompter. Il était sans cesse, nuit et jour, dans les sépulcres et sur les montagnes, criant, et se meurtrissant avec des pierres. Ayant vu Jésus de loin, il accourut, se prosterna devant lui, et s'écria d'une voix forte : « Qu'y a-t-il entre moi et toi, Jésus, Fils du Dieu Très Haut ? Je t'en conjure au nom de Dieu, ne me tourmente pas ». Car Jésus lui disait : « Sors de cet homme, esprit impur ! » Et, il lui demanda : « Quel est ton nom ? - Légion est mon nom, lui répondit-il, car nous sommes plusieurs. » (Marc 5 : 2-9)



L’Enfer

C’est un lieu généralement situé dans le monde souterrain et destiné aux âmes des morts qui errent dans les ténèbres, selon les Grecs, ou aux damnés qui y sont suppliciés, selon la plupart des croyances chrétiennes qui y voient les flammes éternelles.
Dans les mythes nordiques et germaniques, l'enfer est au contraire un domaine souterrain de glaces éternelles.
Pour le Bardo Thôdol tibétain, l'enfer est un immense territoire, appelé "Sangsara", dans lequel se perdent et souffrent de désirs inassouvis ceux qui errent d'incarnation en incarnation, d'illusion en illusion, et s'enracinent toujours plus dans la matière terrestre. Après un temps indéfini ils se réincarnent et recommencent un cycle d'expériences, c'est-à-dire de réincarnations. L'enfer "Sangsara" est en réalité le cycle des naissances, morts et réincarnations, qui se poursuit tant que l'entité alourdit son « karma » sans parvenir à se libérer.
Dans l'Ancien Testament, le "shéol" (lieu des morts) désigne la condition spirituelle où se trouvent, après la mort, toutes les âmes : abîme obscur (l'Hadès des Septante, de « a » privatif et de la racine « id » : voir), où l'humanité « gît dans les ténèbres et l'ombre de la mort » (Luc 1,79). Peu à peu, cet aspect tragique de la mort se révèle comme une dimension permanente de l'existence humaine séparée de sa source divine. Certes, les textes plus récents différencient dans le shéol plusieurs états, le « sein d'Abraham » pour les justes et la « géhenne de feu » faite de supplices éternels pour les impies (du nom d'un ravin maudit près de Jérusalem, où les cadavres, rongés de vers, étaient brûlés (Isaïe 66,24). Pourtant tous restent dans une situation de « vie morte » (Grégoire de Nysse) et les prophètes implorent une résurrection qui restaurerait les personnes dans l'unité indivisible du corps et de l'âme.
L’islam a conservé cette notion de l'enfer, territoire dans lequel les damnés subissent les pires souffrances physiques auxquelles échappent cependant les musulmans pécheurs qui purgent leurs fautes dans le purgatoire avant de pouvoir entrer dans le paradis.

"[...] l’esprit tentateur a plusieurs degrés : serpent tortueux, Satan, ange exterminateur, esprit tentateur. Il a aussi sept noms ! Satan, impur, ennemi, pierre qui fait trébucher, incirconcis, méchant, rusé. Ces sept noms correspondent aux sept palais du côté impur. Il y a également sept compartiments dans l’enfer, lieu de châtiment des coupables : puits, précipice, abîme, fosse bourbeuse, schéol, ombre de mort, terre inférieure. Nous avons déjà dit que, de même que le côté saint, le côté impur a ses sept palais. L’Écriture dit. : « Qui est l’homme qui pourra vivre sans voir la mort ? Qui retirera son âme de la puissance de l’enfer ? » Certes, tout homme qui vit en ce monde voit la mort à l’heure où il doit aller rendre compte de sa vie. Mais l’Écriture parle des sept palais du démon qui constituent les sept compartiments de l’enfer où les âmes des coupables reçoivent leur châtiment durant douze mois. Heureux le sort des justes qui évitent l’accointance avec le démon en ce monde pour éviter l’enfer dans l’autre monde !" (Traité des Palais de Zohar II – folio 261b-268a)


Charon

Dans la mythologie grecque, Charon, le nocher des Enfers, fils de l’Érèbe et de la Nuit, sous les traits d’un vieillard sinistre, fait traverser, dans sa barque, les marais de l’Achéron aux âmes des défunts qui ont reçu une sépulture. En paiement, il prend la pièce de monnaie placée dans la bouche des cadavres. Il lui est interdit de faire passer des vivants (il sera enchaîné pendant toute une année pour avoir laissé Héraclès descendre aux Enfers).
Les Étrusques l’appellent "Charun" et lui attribuent l’aspect d’un génie ailé, armé d’un maillet.
Charon est considéré comme une personnification de la Mort et des Enfers.
Il survit en "Charos" ou "Charontas", l’ange de la Mort du folklore grec moderne.


Cerbère

Cerbère, chien monstrueux auquel Hésiode donne 54 têtes (chiffre doublé par Horace) est chargé de protéger l'entrée et la sortie du domaine de Proserpine et Pluton dans la mythologie gréco-romaine.
En général, on le représente avec trois gueules menaçantes, le dos couvert de serpents venimeux se terminant par une queue de dragon. Orphée parvint néanmoins à le charmer par ses chants ; Enée le calma en lui offrant du gâteau que la Sybille avait drogué et Héraclès parvint à le ramener pour un temps à Trézène.
Les démonologues de la Renaissance font de Cerbère un démon que l'on conjure au cours d'exorcismes.
A propos de la possession d'une femme en 1565, Belleforest écrit : « Légion et Astaroth, colonels sataniques, étant sortis, restaient les grands capitaines Cerbère et Belzébuth à quitter la place et lesquels tenaient encore bon contre les adjurations. » Il décrit Cerbère comme un démon pernicieux, présent sur Terre, mer et air.
Gardien des enfers, il fait la fête aux âmes damnées entrant aux Enfers et menace celles qui tentent d'en sortir. Marquis infernal, il commande 19 légions et se montre sous la forme d'un corbeau à la voix rauque. Il donne l'éloquence, l'amabilité et enseigne les beaux-arts.


Eurynome

Eurynome (Eurynomos), Prince de la mort régnant aux Enfers, Grand-Croix de l'ordre de la Mouche, présente un aspect particulièrement horrible : il possède un corps rempli de plaies couvert en partie d'une peau de renard et a de grandes dents de loup. Il prend le contrôle de certaines personnes qu'il fait sortir la nuit pour qu'ils tuent. Il rend verts les yeux de ses victimes.
Pausanias le décrit comme un diable qui mange les charognes des morts et ne leur laisse que les os. Il est de couleur noir tirant vers le bleu, comme les grosses mouches de boucherie, et montre les dents, assis sur un siège paré et couvert d'une peau de vautour. Il représente la mort désignée par le vautour chez les Egyptiens.


Le chef de l’enfer.

A travers les textes des Pères de l’Eglise, l’enfer chrétien apparaît pauvre à côté des spéculations fantastiques déjà évoquées.
Son chef, Satan-Lucifer-le Diable, est d’apparence anthropomorphe et seule une tradition populaire mais peu canonique, le représentera sous forme de monstre reptilien.


Les tourments infernaux

L’enfer chrétien, tel qu’on l’a imaginé, a toutes les apparences des enfers grec, latin, iranien et judaïque. Poix brûlante, goudron, pétrole, gaz délétère, chaudière en perpétuelle ébullition, grilles à rôtir où les damnés cuisent sur un feu de braises ardentes : il utilise tout l’arsenal des tortures dites orientales.
On peut y ajouter d’ailleurs, comme dans le Tartare grec ou l’Hadès latin, des tourments plus raffinés ou plus particuliers : herses à piquants se refermant sur les malheureux, épieux où ils s’empalent, fouets maniés avec rage par des démons infatigables, sabres ou épées qui les fendent en deux, aiguillons qui les percent à tout moment... Représenté dans les églises, l'enfer est l'opposé symétrique des délices réservés aux saints et aux martyrs ; les flammes et les démons persécutent des personnages dont les bouches se tordent de douleur.
L'Apocalypse de Pierre (apocryphe du IIe siècle) est le premier ouvrage chrétien qui décrit les punitions et les tortures des pécheurs dans l'enfer : ceux-ci sont dévorés par des oiseaux ou suspendus par la langue à des flammes ou encore attachés à des roues de fer tournoyantes, etc.
Deux siècles plus tard, l'Apocalypse de Paul (apocryphe du IV e siècle) reprend et développe abondamment ces motifs. Le texte évoque d'énormes vers à deux têtes, longs de trois pieds, qui rongent les entrailles des condamnés, des roues brûlantes qui font mille tours par jour, des rasoirs chauffés à blanc, un gouffre pestilentiel dans lequel pourrissent ceux qui n'ont reçu le baptême, etc. L'Apocalypse de Paul fut traduite dans toutes les langues d’Europe et pendant un millier d'années sa version latine jouit d'une immense vogue dans les milieux populaires.
En réalité, ce n’est pas juste après sa mort que le sort de l’âme chrétienne se jouera mais à l’instant crucial où, se levant de terre, les morts paraîtront devant le Christ en gloire dans la fanfare des trompettes angéliques, pour connaître la sentence et l’heure suprême du Jugement dernier.
Si Dieu a délivré Jésus des affres de l'Hadès (Actes 2,24), c'est d'abord en l'y plongeant, mais sans jamais l'abandonner (2,31). Le Christ brise les portes infernales, annonce à tous les morts la délivrance (I Pierre 3,19), contraint l'Enfer à rendre ses prisonniers (Hébreux 2,14 ; Apocalypse 1,18 et 20,13 ; Matthieu 27,52). Etant « descendu dans les régions inférieures de la terre » (Ephésiens 4,9), symbole traditionnel d'un état de pesanteur et de déréliction, il peut enfin « remplir toutes choses » de sa lumière (Ep 4,9 et Philippiens 2,10). La Rédemption constitue, pour l'humanité, la libération de l'Enfer. L'Eglise est le lieu sacramentel et l'instrument de cette victoire (Matt. 16,18). Ouvertement, au retour glorieux du Christ, Dieu sera « tout en tous ». C'est la restauration et la plénitude universelles (Actes 2,21). Toutefois, l'homme, répondant à l'amour par l'amour, doit accueillir volontairement cette plénitude pour la ressentir comme joie. Or, selon un adage patristique, « Dieu peut tout, sauf contraindre l'homme à l'aimer ». Ainsi s'ouvre la possibilité de la « seconde mort » (Ap 21,8) : « L'amour divin agit de deux manières différentes : il devient souffrance chez les uns et joie chez les autres. » (Isaac le Syrien, Homélies spirituelles 11,1). 1
Dans l’expression "Jésus est descendu aux enfers", le symbole (Credo) confesse que Jésus est mort réellement, et que, par sa mort pour nous, il a vaincu la mort et le diable "qui a la puissance de la mort" (Hébreux 2,14). Le Christ mort, dans son âme unie à sa personne divine, est descendu au séjour des morts. Il a ouvert aux justes qui l’avaient précédé les portes du ciel.
En Orient, Origène fait de l'« apocatastase » la certitude du salut universel : tous, même les démons, seront restaurés dans leur plénitude originelle après s'être purifiés dans les « éons » infernaux et avoir compris que seul Dieu, et non le mal, peut rassasier leur soif d'infini.
Condamné comme doctrine par le concile de Constantinople en 553, l'origénisme est assumé comme spiritualité.
Tendue vers la Parousie, l'Église prie pour tous les morts, il ne peut y avoir d'enfer définitif avant le Jugement dernier (c'était déjà la conception des Pères subapostoliques : Irénée de Lyon et Hippolyte).
Quant au salut universel, il devient l'espérance et la prière des plus grands saints. Isaac le Syrien prie "même pour les démons".
Pour Ambroise de Milan « le même homme est à la fois sauvé et condamné ».
Mais, dans l'oubli de la descente aux enfers, la scolastique élabore une conception judiciaire de l'enfer : tout homme qui meurt en état de péché mortel descend immédiatement en enfer pour subir la privation éternelle de Dieu (le "dam") et un supplice approprié au péché (le "sens").
La Réforme veut retrouver la grâce souveraine de Dieu, qui triomphe du concept humain de justice, mais l'objective tragiquement dans la doctrine de la double prédestination ; jusqu'à ce qu'au XXe siècle le grand théologien réformé Karl Barth affirme que seul le Christ est doublement prédestiné, à mourir et à ressusciter, pour le salut de tous : version nouvelle de l'« apocatastase », mais qui fait peu de place à la liberté humaine.
En Europe occidentale, au XIXe siècle, c'est la pensée républicaine socialiste qui réclame, avec Hugo, "La fin de Satan". Dans cette ligne, Péguy et Papini raniment la vieille aspiration au salut universel.
Aujourd'hui, dans la plupart des confessions chrétiennes, l'accent est mis sur l'intériorité de l'enfer et la liberté tragique de chacun, le salut étant l'humble attention à « la joie de l'amour du Christ : qu'est-ce que la géhenne, devant la grâce de sa Résurrection ? » (Isaac le Syrien, Traités escétiques, 60e traité).


Le purgatoire

De nombreux témoignages écrits montrent que parmi les premiers chrétiens, certains ont cru, sinon en l'existence d'un lieu, du moins d'un état où le pécheur devait expier ses péchés avant d'atteindre le paradis. Comme l'a montré l'historien Jacques Le Goff, le concept du purgatoire comme lieu spécifique (déjà reconnue par l’islam, ndlr) est en effet beaucoup plus tardif, et n'est entériné dans la doctrine qu'avec le deuxième concile de Lyon (1274) 18.
L'Église formule la doctrine concernant l'existence du purgatoire aux conciles de Florence (8e session, 1439) et de Trente (25e session, 4 décembre 1563) qui affirme l'existence du purgatoire en tant que "Sainte doctrine".
Le 3 août 1476, la bulle Salvater noster de Sixte IV octroie, moyennant finances, une indulgence plénière aux pauvres âmes du purgatoire.


17


Le dieu du Mal des gnostiques et des manichéens

- Les gnostiques expliquent l'origine de l'univers matériel par la chute de l’esprit dans la matière. A partir du Dieu originel inconnaissable, une série de divinités inférieures fut générée par émanation. La dernière de ces divinités, "Sophia" (Sagesse), conçut le désir de connaître l'Être suprême inconnaissable. Ce désir illégitime donna le jour à un dieu mauvais et difforme, le démiurge, qui créa l'univers. Les étincelles divines qui habitent l'humanité tombèrent dans cet univers. Le Dieu suprême envoya un émissaire (Christ-Jésus) révéler aux parcelles divines leur vraie nature et les aider à retrouver leur unité perdue pour qu’elles pussent s’extraire du monde corrupteur. Les gnostiques assimilaient le dieu du Mal au Dieu de l'Ancien Testament qu'ils interprétaient comme le récit des efforts de ce dieu pour maintenir l'humanité dans l'ignorance et le monde matériel et pour punir leurs tentatives d'appropriation de la connaissance. C'est ainsi qu'ils comprenaient l'expulsion d'Adam et Eve hors du paradis, le Déluge et la destruction de Sodome et Gomorrhe.

- La doctrine fondamentale du manichéisme est la division dualiste de l'Univers, divisé en royaumes du Bien et du Mal : le royaume de Lumière (esprit) où règne Dieu, et le royaume des Ténèbres (matière) où règne Satan. À l'origine, les deux royaumes étaient complètement séparés, mais à la suite d'une catastrophe, le royaume des Ténèbres envahit le royaume de Lumière ; ils se mélangèrent et entamèrent une lutte perpétuelle. Les démons de Mani, dont le nom générique iranien est "deva" comme en sanscrit, s'appellent aussi "génies, esprits, hmurthas, liliths, faux dieux, archontes, vampires, hobolds, diables et satans"... À la fin des temps, tous les morceaux de Lumière divine devraient être rachetés, le Monde matériel détruit et Lumière et Ténèbres à nouveau séparées pour l'éternité.


Les démons de l’islam

Voir.


Citations

Les femmes sont des démons qui nous font entrer en enfer par la porte du paradis. (Cyprien de Carthage + 258)

Job, cher à Dieu et d’après son propre témoignage, immaculé et simple, écoute de quoi il soupçonne le diable: «Sa force est dans les reins et sa puissance dans le nombril.» (Jb 40, 11) C’est une manière honnête de désigner par des euphémismes les parties génitales de l’homme et de la femme. (Jérôme de Stridon + 420, Lettre XXII à Eustochium 11)

Il faut éviter les affaires trop compliquées. Il y a toujours du démon dans les complications (Laurent Justinien +1455, Perles de sagesse)

Les hommes recouvrent leur diable du bel ange qu’ils peuvent trouver. (Marguerite d’Angoulême, reine de Navarre 1492-1549)

Derrière la croix se tient le diable. (Cervantès, Don Quichotte I VI, 1605)

Où il y a église à Dieu, le diable bâtit une chapelle. (Robert Burton. The Anatomy of Melancholy [1621])

Ne disons pas du mal du diable : c'est peut-être l'homme d'affaires du bon Dieu. (Fontenelle 1657-1757)

Platon avait imaginé les démons pour former une échelle par laquelle, de créature plus parfaite en créature plus parfaite, on montât enfin jusqu'à Dieu. (Denis Diderot 1713-1784, Opinions des anciens philosophes)

Il est plus facile à l'imagination de se composer un enfer avec la douleur qu'un paradis avec le plaisir. (Rivarol 1753-1801, Discours sur l'homme intellectuel et moral)

Mieux vaudrait encore un enfer intelligent qu'un paradis bête. (Victor Hugo 1802-1885, Quatre-vingt-treize)

[.] la plus belle des ruses du Diable est de vous persuader qu'il n'existe pas ! (Le Spleen de Paris, Petits Poèmes en prose, 1862, Charles Baudelaire)

Quand on lutte contre des monstres, il faut prendre garde de ne pas devenir monstre soi-même. Si tu regardes longtemps dans l'abîme, l'abîme regarde aussi en toi. (Friedrich Wilhelm Nietzsche, Par-delà le bien et le mal, 1886)

Le démon ne peut rien sur la volonté, très peu sur l'intelligence, et tout sur l'imagination. (Huysmans, L'Oblat, 1903)

Je voudrais que l'intelligence fût reprise au démon et rendue à Dieu. (Jean Cocteau, Lettre à Jacques Maritain, 1926)

La musique est le domaine des démons. C'est l'art chrétien au mode négatif. (Thomas Mann 1875-1955, L'Allemagne et les Allemands)

Il y a un démon qui a nom confiance. (Montherlant, Don Juan, IV, 1, 1956)

Le Dieu vaincu devient le diable de la religion qui suit (Pierre Dominique 1889-1973, L'inquisition)

L'enfer existe vraiment, le Paradis n'est pas automatique (Benoît XVI, 10/02/2008)

Il y a certains prêtres lorsqu’ils lisent ce passage de l’Évangile (Luc 11,15-26, ndlr), celui-ci mais également d’autres passages, disent : "Mais Jésus a guéri une personne d’une maladie mentale". Ils ne lisent pas ceci, n’est-ce pas ? C’est vrai qu’en ce temps-là nous pouvions confondre une épilepsie avec le fait d’être possédé par le démon ; mais il est également vrai qu’il y avait un démon ! Et nous n’avons pas le droit de minimiser la chose, comme pour dire "Tous ceux-ci n’étaient pas possédés par le démon, c’étaient des malades mentaux". Non ! La présence du démon figure dans la première page de la Bible et la Bible finit avec la présence du démon, avec la victoire de Dieu sur le démon [.] L’Évangile d’aujourd’hui commence par le démon chassé et finit avec le démon qui revient ! Saint-Pierre le disait : "Il est comme un lion féroce qui rôde autour de nous." (François, pape, 11/10/2013)
Nous sommes tous tentés car la loi de la vie spirituelle, notre vie chrétienne est une lutte : une lutte. Parce que le principe de ce monde -le diable- ne veut pas de notre sainteté, il ne veut pas que nous suivions le Christ. Peut-être que quelqu’un d’entre vous peut dire : « Mais, Père, comme vous êtes antique : vous parlez du diable au XXI siècle ! Mais, voyez que le diable existe ! Le diable existe. Même au XXI siècle ! Et nous ne devons pas être naïfs, n’est-ce pas ? Nous devons apprendre dans l’Évangile comment lutter contre lui. (François, pape, 11 avril 2014, Radio Vatican)
Mais à cette génération, et tant d’autres, on a fait croire que le diable est un mythe, une image, une idée, l’idée du mal. Mais le diable existe et nous devons lutter contre lui. C’est ce que dit Saint Paul, ce n’est pas moi qui le dis ! La Parole de Dieu le dit. Mais pourtant nous n’en sommes pas vraiment convaincus [.] Le diable est un menteur, c’est le père des menteurs, le père du mensonge [.] nous avons besoin de ce bouclier de la foi, parce que le diable ne nous lance pas des fleurs mais bien des flèches enflammées pour nous tuer. (François, pape, messe du 30 octobre 2014)

Même le diable a son droit chemin.
Lutter contre le diable avec les armes du diable c’est quand même servir le diable.
Quand vous apercevez un ange, demandez-vous toujours s’il ne s’agit pas d’un démon revêtu d’un habit de lumière.
Méfiez-vous de ceux qui vous promettent le paradis : beaucoup s’apprêtent à vous conduire en enfer.
Le démon se tapit dans l'ombre du saint.
Le dragon te fait croire que tu le maîtrises alors que c'est lui qui te chevauche. (Jean-Paul Coudeyrette, Autocitations)


Voir dossiers : Les anges. Invocation des Anges. Les Anges dans les catéchismes. Antéchrist et Apocalypse. Sorcellerie. Exorcisme.

Notes
1 Vocabulaire de théologie biblique, Ed. du Cerf. 1977
2 Silences et non-dits de l'Histoire Antique. Emmanuelle Grün. Yvelin édition.2008
3 Mélanges géographiques et historiques, Tome I, Les Mines de l'Orient, 1819
4 http://fr.wikipedia.org/wiki/Lamia_(mythologie)
5 http://www.andora.fr/magie-noire/demons
6 http://www.democraticunderground.com/?com=view_post&forum=1218&pid=39948
7 http://membres.multimania.fr/trident/jdr/eleckase/les_demons/les_demons_dans_eleckase.htm
8 "Au cours des fêtes appelées Thargélies qui se célébraient en mai en l'honneur d'Apollon, le dieu purificateur par excellence, deux pharmakoï, parés l'un d'un collier de figues blanches, l'autre d'un collier de figues noires, étaient escortés à travers la ville ; on les frappait à coups de branches de figuier et de tiges d'oignons marins, et on les expulsait hors de la cité pour écarter avec eux les souillures dont on les supposait chargés.
Sur l'île de Leucade, on pratiquait, à époque archaïque, l'ordalie du katapontismos : on précipitait dans les flots une victime humaine selon un rite de rédemption collective. La victime du "Saut de Leucade" avait des plumes attachées au corps, ce qui pourrait laisser supposer un déguisement animal. Ce rite est décrit par le géographe grec Strabon en ces termes : "Il avait été d'usage à Leucade, que chaque année, le jour de la fête d'Apollon, on précipitât du haut du cap Leucate, à titre de victime expiatoire, quelque malheureux poursuivi pour un crime capital. On avait soin de lui empenner tout le corps et de l'attacher à des volatiles vivants".
Jane Ellen Harrison écrit que, lors des Mystères d'Éleusis, "chaque homme prend avec lui son pharmakos, un jeune cochon, dans les rites de purification à Éleusis en Grèce antique".
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pharmakos
9 http://fr.wikipedia.org/wiki/Babalon
10 http://fr.wikipedia.org/wiki/Ars_Goetia http://fr.wikipedia.org/wiki/Lemegeton http://fr.wikipedia.org/wiki/Pseudomonarchia_daemonum
11 http://fr.wikipedia.org/wiki/Nephilim
12 http://fr.wikipedia.org/wiki/Sama%C3%ABl
13 http://www.dark-refuge.com/demons/demons-importants.php
14 Ernest Martin, Histoire des monstres, p.64.
15 Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle. Pierre Larousse. 1863-1890
16 Encyclopaedia Universalis 2008.
17 http://www.vigi-sectes.org/catholicisme/purgatoire.html
18 https://fr.wikipedia.org/wiki/Purgatoire
19 Prolegomena to the Study of Greek Religion, Princeton University Press, 1903
20 Dictionnaire des Mythologies. Myriam Philibert. Actualité de l’Histoire. 1997


Sources


Remerciements au Padre Juan Ucete Y Pelto et au Père Jean Eloy Dutucat pour leur précieuse et aimable collaboration.


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; toute reproduction à but non lucratif est autorisée.

Date de mise à jour : 23/03/2017

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