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SOMMAIRE DEFINITION ET VOCABULAIRE L’homosexualité est l’attirance sexuelle et préférentielle pour les individus de son propre sexe, par opposition à l'hétérosexualité (préférence sexuelle pour le sexe opposé) et la bisexualité (attirance pour les deux sexes). Elle est également appelée "inversion sexuelle". L’homosexualité constitue un phénomène relativement fréquent puisqu'elle concerne de 3 à 5 % de la population adulte avant 1990 (en 1972, aux Etats-Unis, on évalue à 4 millions le nombre d'homosexuels des deux sexes). « Homosexuel (elle) », peut-être formé d'après l'anglais homosexual (1869) ou l'allemand homosexuell, désigne (1891) une personne qui éprouve une appétence sexuelle plus ou moins exclusive pour les individus de son propre sexe. Le mot, aussi adjectif (1894), abrégé familièrement en « homo », est aujourd'hui plus souvent employé en parlant d'un homme. « Homosexuel » et « homosexuelle » ont partiellement perdu leurs connotations péjoratives ; cette évolution tient à l'atténuation des interdits sur les relations sexuelles et au développement, après 1970, des mouvements homosexuels, masculins et féminins. Le vocabulaire familier dispose de termes surtout relatifs à l'homosexualité passive de l'homme [ bougre (utilisé au XIVe siècle), bardache (jusqu’à la fin du XVIIIe siècle), antiphysique (XVIIIe), uraniste (XIXe siècle), celui qui est de la manchette ou de la jaquette flottante, sodomite, cinaète, mignon, giton, inverti, enculé, folle, pédale, pédé, tante, lope, lopette, tapette, fiotte, tarlouse, etc.], plus nombreux que pour l'homosexualité féminine (lesbienne, saphiste, tribade, gougnotte, gouine, gousse, goudou, etc.). Les homosexuels utilisent gay (gai), mot de l'argot anglo-américain. Ce terme s'applique généralement aux hommes homosexuels et parfois aux femmes. L'homosexualité masculine est rarement appelée « uranisme ». Dans son « Journal », André Gide, distingue trois catégories : le pédéraste (qui aime les jeunes gens, en tout cas les hommes plus jeunes que lui), le sodomite (qui aime pénétrer les hommes) et l’inverti (qui aime être pénétré). A la fin du XIXe siècle, on dit de deux personnes ayant un rapport homosexuel qu’elles « trempent la soupe ». Les femmes homosexuelles sont qualifiées de lesbiennes ou de saphistes (du nom de Sappho, poétesse du VIIe siècle av. J.-C., qui résidait dans l'île grecque de Lesbos). L’homosexualité féminine est appelée lesbianisme (ou lesbisme), saphisme ou parfois tribadisme. Homophile est utilisé par l’association homosexuelle française « Arcadie » dans les années 1950. Hétérosexuel (elle) adj. (1894) et n. (1895), abrégé aujourd'hui en « hétéro » (av. 1964), s'est répandu après la diffusion d'homosexuel. Son dérivé, hétérosexualité (1894), reste didactique. Unisexuel (elle) est employé pour « unisexué » (1794) et aussi pour « homosexuel » (1894). Bisexualité (1894) : pratique sexuelle indifféremment homosexuelle ou hétérosexuelle. Bisexuel (elle) : celui ou celle qui pratique la bisexualité. Transsexuel (elle) adj. (attesté v. 1965) est formé d'après l'anglais transsexual et s'applique à une personne qui passe d'un sexe à l'autre ; ce mot d'abord didactique a été répandu par les médias sans pour autant devenir courant. Il a fourni transsexualité (v. 1960) qui désigne la situation d'une personne qui passe d'un sexe à l'autre, par modification de la sexualité somatique. Transsexualisme n. m. (1956), d'après l'anglais transsexualism, est un terme de psychiatrie désignant le sentiment délirant d'appartenir au sexe opposé; le mot s'emploie aussi pour transsexualité. Pédéraste est emprunté (1584) au grec paiderastês (qui aime les jeunes garçons, les adolescents), mot composé de pais, paidos (enfant, jeune garçon) et de erastês (qui aime, amant) ; ce dernier est dérivé de eran (aimer d'amour, désirer) et est employé spécialement pour désigner l'aîné du couple homosexuel grec (par opposition à erômenos). Le pédéraste est l’homosexuel qui a des rapports sexuels avec des enfants ou des adolescents. Le mot, rare avant le XIXe siècle, se diffuse en prenant la valeur erronée « d'homosexuel », quel que soit l'âge du partenaire. C'est avec cette acception fautive qu'il est abrégé en « pédé » (1836 ; répandu au XXe s.) souvent utilisé comme terme injurieux, de même que les altérations « pédoque » (1953), « pédale ». Avec l'évolution des mœurs, le mot, synonyme d' « homo », est devenu moins péjoratif, sauf à correspondre à une injure sans contenu. Pédérastie est emprunté (1580) au dérivé grec paiderastia. Par substitution de suffixe, il a donné pédérastique adj. (1862) « qui a trait aux pédérastes, à la pédérastie » (le grec avait paiderastikos : concernant l'amour envers les jeunes garçons). La pédophilie, d’une façon plus générale, est l’attirance hétérosexuelle ou homosexuelle d’un adulte envers les enfants. PSYCHOLOGIE ET PSYCHANALYSE La psychanalyse range l'homosexualité dans le chapitre des perversions (au sens psychanalytique du terme). Freud notait "que la prédisposition aux perversions était la prédisposition originelle et universelle de la pulsion sexuelle" (Trois essais sur la théorie sexuelle, 1905). Les perversions sexuelles sont le signe que le sujet n'a pas renoncé à son désir œdipien et que l'angoisse de la castration qui lui est associée est toujours vivace. L'individu fait alors de toute relation sexuelle l'équivalent de la relation œdipienne tout en se soustrayant au danger de la castration : la relation homosexuelle serait, par le jeu de l'identification à la mère ou au père, la réalisation déguisée du désir incestueux. Le rejet social de l'homosexualité provient de la dimension morale donnée à la perversion "attestée (...) depuis le début du IVe siècle au sens moral de "dépravation, désordre" (Dictionnaire historique de la langue française. Le Robert. 1994). Pourtant, une perversion n'est moralement et socialement condamnable que lorsque pour satisfaire son désir, le sujet atteint déroge au principe du respect de l'autre et de ses droits ; ce qui ne s'applique guère à l'homosexualité en tant que relation librement consentie. Chez l'homme comme chez la femme, l'inversion sexuelle résulte de complexes inconscients. Selon A. Adler, il s'agirait d'un sentiment d'infériorité (la crainte de l'échec pousse l'individu à rechercher un partenaire de son sexe). Chez le garçon, elle est souvent la conséquence d'une éducation mal conduite : l'homme, trop attaché à sa mère, s'identifie à elle et se comporte comme il aurait voulu qu'elle se conduisît avec lui. Pour Freud, qui a souligné l'importance du narcissisme et du complexe de castration dans la genèse de l'homosexualité, l'inverti rechercherait un partenaire identique à lui-même. Chez la femme, l'homosexualité serait la conséquence d'une déception lointaine, liée à la découverte des sexes : « L'homosexuelle excelle à donner ce qu'elle n'a pas, c'est-à-dire que, relevant le défi de la castration féminine, elle s'attribue imaginativement le pénis » (A. Hesnard). À l'homosexualité assumée, il est habituel d'opposer l'homosexualité latente, tendance inconsciente qui s'exprime dans des conduites de substitution (par exemple, des amitiés électives nouées exclusivement avec des personnes du même sexe) ou par une inhibition du comportement hétérosexuel (frigidité ou impuissance). BIOLOGIE Le concept d’« identité sexuelle », introduit par R. Stoller en 1968, vise à établir une distinction entre les données biologiques, qui font objectivement d’un individu un mâle ou une femelle, et celles, psychologiques et sociales, qui l’installent dans la conviction d’être un homme ou une femme. La détermination du sexe biologique dépend d’un certain nombre de facteurs physiques, objectivement mesurables, qui sont le génotype (XX femelle et XY mâle), le dosage hormonal, la constitution des organes génitaux externes et internes et les caractères sexuels secondaires. La somme de ces éléments aboutit, dans la plupart des cas, à une détermination globale « mâle » ou « femelle » non équivoque, même s’il existe chez tous les êtres humains, à ce niveau même, une certaine bisexualité due à l’indifférenciation originelle de l’embryon. On trouve ainsi des hormones mâles et femelles, dans des proportions différentes, chez les individus des deux sexes, de même que l’on reconnaît dans les organes masculins et féminins le résultat de l’évolution ou de l’involution de mêmes organes originels. Dans certains cas se présentent des anomalies physiologiques qui vont de l’aberration chromosomique à l’ambiguïté des attributs anatomiques. Elles produisent des situations d’intersexualité, repérées depuis très longtemps sous le terme vague d’hermaphroditisme et qui ont été les premières à soulever des questions d’ordre psychologique sur l’identité sexuelle, du fait des problèmes évidents que de telles anomalies posent quant à l’attribution du sexe. Cependant, ces données biologiques n’interviennent que partiellement dans ce qui constitue le noyau de l’identité sexuelle. En effet, on a pu constater que, dans le cas d’anomalies physiologiques, on se trouvait en présence des développements les plus divers de l’identité sexuelle selon la manière dont l’entourage de l’enfant y avait réagi. Un des exemples les plus frappants exposés par Stoller est celui du développement d’une identité sexuelle féminine normale chez une personne XO, c’est-à-dire neutre sur le plan chromosomique, dépourvue donc d’utérus et d’activité hormonale femelle, du fait que, dès sa naissance, ses parents l’avaient reconnue comme fille. Par contre, dans des cas où le caractère anormal des organes génitaux externes provoque la perplexité et l’inquiétude chez les parents, la question de son sexe se posera à l’enfant sur un mode problématique, dont l’évolution dépendra à chaque fois de l’histoire singulière du sujet. Ce genre d’observations justifie à lui seul la conception selon laquelle l’élément majeur dans la constitution de l’identité sexuelle est d’ordre psychologique. Mais les cas les plus intéressants sont néanmoins ceux dans lesquels ne se présente aucune anomalie d’ordre biologique et qui pourtant posent un problème d’identité sexuelle. C’est à partir de cas de ce genre que Freud, dès les Trois Essais sur la théorie de la sexualité (1905), peut affirmer qu’une grande part de ce qu’on appelle sexualité est pour chacun déterminée par des expériences de la vie infantile et ne dépend donc pas seulement de l’hérédité et des facteurs organiques, ce qui lui permet de distinguer, en particulier à propos de l’homosexualité féminine (1920), les caractères sexuels physiques des caractères sexuels psychiques. L’illustration la plus démonstrative de cette dissociation entre le biologique et le psychique est offerte par les transsexuels. TRANSSEXUALITE Les transsexuels sont des individus qui ne présentent aucune anomalie biologique ou même simplement anatomique et qui, tout en convenant de la réalité de leur anatomie sexuelle, ont la conviction d’appartenir à l’autre sexe. Ils se présentent comme « une femme dans un corps d’homme » ou, plus rarement, l’inverse et, le plus souvent, réclament la « rectification » chirurgicale de leur anatomie dans le sens de ce qu’ils considèrent comme leur identité profonde. Il convient de les distinguer de plusieurs autres cas avec lesquels ils risquent d’être confondus. Tout d’abord, ils ne s’identifient pas à l’autre sexe de manière inconsciente, dans leurs rêves ou dans certains de leurs comportements, c’est-à-dire que leur revendication ne se présente pas sous la forme propre à la névrose. D’autre part, il ne faut pas non plus les confondre avec les travestis fétichistes, qui jouissent précisément de la présence de leur pénis sous les vêtements féminins et ne remettent donc pas du tout en question leur identité masculine. Enfin, ce ne sont pas non plus des homosexuels efféminés, qui, même s’ils jouent parfois le rôle d’une femme au point même de se travestir, le font comme une parodie et conservent à leur pénis une fonction essentielle dans leur vie sexuelle. Seuls les transsexuels exigent l’ablation de leur organe viril, afin de rendre leur corps conforme au sexe dont ils revendiquent l’identité. Ils constituent donc une entité singulière, qui pose des problèmes tout à fait spécifiques. On remarque que les transsexuels, quoique désirés comme garçons, reconnus sans équivoque et bien acceptés comme tels, présentent dès leur petite enfance un comportement féminin, aussi bien dans leurs choix vestimentaires, leurs jeux, que dans leur gestuelle, leurs intonations de voix et leur vocabulaire. D’autre part, leurs mères présentent certaines caractéristiques communes, qui sont de s’être mariées tard et sans enthousiasme avec des hommes qui ne comptent guère et s’absentent beaucoup, d’avoir eu avec leurs fils une relation de proximité physique très étroite beaucoup plus longtemps qu’il n’est habituel et, enfin, de ne voir aucune objection, bien au contraire même, aux conduites féminines de leurs fils. Stoller qualifie cette relation de « symbiotique » mais la distingue de celle qui unit la mère du schizophrène à son enfant en ce qu’il n’existerait ici aucune source de souffrance, simplement l’installation sans conflit d’une identité féminine dans la période préœdipienne par un processus d’identification induit par la mère et dont toute problématique phallique serait exclue. HOMOSEXUALITE ET SOCIETES Les réactions vis-à-vis des homosexuels ont toujours varié en fonction des époques et des groupes de culture et de sous-culture, allant de l'acceptation (dans l’Egypte et la Grèce antique, par exemple), à une tolérance modérée (du temps des Romains), à une condamnation sans appel, par les religieux et les politiques, dans les sociétés occidentales, notamment au XIXe siècle où elle est assimilée à une maladie mentale (l’homosexualité, retirée en 1985 du manuel diagnostique et statistique des maladies mentales, est rayée de la liste des maladies mentales par l’Organisation mondiale de la santé le 17 mai 1991, et déclassifiée lors du congrès de 1992, pour tous les états signataires de la Charte de l’OMS) jusqu’à l’extermination entreprise par les nazis. En 342, l'Empire romain, devenu chrétien, interdit les mariages homosexuels. Le 6 août 390, Théodose I, empereur romain d'Orient, édicte une loi condamnant au bûcher les homosexuels. Entre le VIIIe et le XIIe siècle, la répression de l’homosexualité (surtout masculine) s’accentue en Occident avec la promulgation de lois contre la sodomie punie de la peine de mort. Les peines se diversifieront par la suite, frappant les sodomites pour hérésie ou crime de lèse-majesté divine et royale à partir de la fin du XIIIe siècle. Le 26 octobre 1260, les lois suivantes sont édictées à Orléans : « Celui qui est sodomite prouvé, doit perdre les couilles, et s’il le fait une seconde fois, il doit perdre le membre ; et s’il le fait une troisième fois, il doit être brûlé. » « Femme qui le fait doit à chaque fois perdre un membre, et la troisième fois, doit être brûlée. Et tous leurs biens sont au roi. » D’une manière globale, la répression de l’homosexualité perdure jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, un peu plus tard pour certains pays occidentaux. La dernière exécution par le feu en France a lieu en 1783. En 1791, l'Assemblée Constituante ne maintient pas le « crime de sodomie » dans le code pénal. Dans la plupart des pays d’Europe, les lois homophobes, abolies par le Code Napoléon, réapparaitront avec la montée du nazisme. Le 28 juin 1935, les nazis renforcent le § 175 du Code pénal allemand réprimant l’homosexualité. Le § 175 a été introduit dans le Code pénal Allemand par Bismarck en 1871 mais le texte de loi existait depuis 1794 en Prusse : il concernait les actes sexuels entre hommes (sans limite d’âge) et entre hommes et animaux et prévoyait le retrait des droits civiques ainsi qu’une peine de prison de 1 jour à 6 mois. L’infraction (Vergehen) devient un crime (Verbrechen), la durée de détention va de 6 mois à 5 ans, l’acte sexuel n’est plus nécessaire pour être poursuivi (des hommes sont envoyés en camp de concentration sur de simples présomptions : courrier amoureux, dénonciation, etc.). Le nouveau § 175 ne poursuit toujours pas les actes sexuels entre femmes. Le code pénal est modifié pour permettre la castration « volontaire » des délinquants sexuels condamnés au titre du § 175, puis, le 20 mai 1939, le Reichsführer-SS Himmler autorise leur castration forcée. 50 000 homosexuels (voire 100 000 ou 300 000 selon certains) sont condamnés ; 10 000 à 15 000 sont déportés (l’historien Richard Plant avance le chiffre de 20 000 déportés, portant le triangle rose 8 9, morts dans les camps de concentration où ils font l’objet d’expérimentations pseudo-médicales : injections hormonales, lobotomies, castrations, etc.) Les rares survivants ne sont pas reconnus officiellement comme des victimes. Dans les sociétés démocratiques, les homosexuels se sont organisés, depuis les années 1960, afin de faire reconnaître leur droit à la liberté sexuelle. Les mouvements homosexuels revendiquent la légitimité de leur identité mais également une certaine « culture gay ». Relayé par les milieux artistiques et les médias, le militantisme homosexuel est encadré par de nombreuses associations dont l’IGLA (Association internationale des gays et des lesbiennes). Un certain nombre de symboles et de manifestations, fondent l’unité de cette communauté : le Rainbow flag (drapeau arc-en-ciel), la Gay Pride qui commémore la descente de police musclée du 28 juin 1969 à 1 h 30 dans un bar gay new-yorkais (Stonewall Inn) et le salon européen gay, Rainbow Attitude, à Paris. Cependant, la « communauté » homosexuelle est loin d’être homogène. Chacun vit son homosexualité différemment en fonction des contextes géographiques, socio-économiques et familiaux. Le 25 juin 1977, a lieu, à Paris, de la place de la République à la place des Fêtes, la première manifestation homosexuelle indépendante, en réaction à l'appel ignominieux de la chanteuse américaine Anita Jane Bryant : « tuer un homosexuel pour l'amour du Christ ». Une marche est organisée le 4 avril 1981. Des Etats, comme la Grande-Bretagne, la France (4 août 1982) et l'Allemagne, dépénalisent les relations homosexuelles entre adultes consentants, alors que dans d’autres pays, le fait d'être homosexuel ou d'avoir une relation homosexuelle peut entraîner une perte d'emploi, une discrimination dans l'octroi d'un logement, une mise sur liste noire par le gouvernement, un ostracisme social, voire une peine d'emprisonnement comme dans certains Etats des Etats-Unis. On constate une évolution des mentalités, non seulement quant à l'acceptation des couples homosexuels, mais aussi par l’adoption de dispositions légales ou administratives en faveur des couples homosexuels (PACS, égalité des droits en matière fiscale, droit du travail, sécurité sociale, mutuelle, tarifs SNCF, etc.). En 1988, Israël dépénalise l'homosexualité. Le 17 mai 1991, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) retire l’homosexualité de la liste des maladies mentales. Le 17 mai 2005 a lieu la première Journée mondiale de lutte contre l’homophobie. Le 8 février 1994, le Parlement européen adopte une résolution visant à abolir les inégalités de traitement fondées sur l'orientation sexuelle. En 1994, l'Afrique du Sud est le premier pays au monde à inclure la protection des homosexuels dans sa nouvelle Constitution. Le traité d’Amsterdam du 2 octobre 1997 (art. 13) introduit, au titre des principes devant guider les institutions de la Communauté européenne, la lutte contre la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle. En 1999, Bertrand Delanoë (maire de Paris le 18 mars 2001) est le premier homme politique français à dévoiler son homosexualité en public, en choisissant le plateau de télévision de « Zone Interdite » (M6) pour faire son « coming-out ». Le 14 novembre 2001, en Egypte, la Haute Cour de Sûreté de l'Etat rend son verdict à l’issue du procès fait à 52 homosexuels égyptiens : 29 sont acquittés et 23 condamnés à des peines allant de 1 à 5 ans de travaux forcés, pour « débauche » et « mépris de la religion » (accusés d'appartenir à une secte blasphémant l'islam et pratiquant la sodomie comme rite, ils n'étaient pas officiellement poursuivis pour homosexualité). Finalement, le 15 mars 2003, 21 seront rejugés par la Cour pénale de Qasr-al-Nir qui les condamnera à 3 ans de prison et 3 ans de contrôle judiciaire pour « pratique de la débauche ». Le 26 février 2002, la Cour Européenne des droits de l’homme reconnaît à la France le droit de refuser l’adoption à des homosexuels. La Loi de modernisation sociale n°2002-73 du 17 janvier 2002 interdit toute discrimination à l'embauche et dans le monde du travail concernant les homosexuels. La loi n°2003-239 du 18 mars 2003 (Chapitre IX : Dispositions relatives à la lutte contre l'homophobie. Article 47) crée l'article 132-77 du Code Pénal : "Dans les cas prévus par la loi, les peines encourues pour un crime ou un délit sont aggravées lorsque l'infraction est commise à raison de l'orientation sexuelle de la victime. La circonstance aggravante définie au premier alinéa est constituée lorsque l'infraction est précédée, accompagnée ou suivie de propos, écrits, utilisation d'images ou d'objets ou actes de toute nature portant atteinte à l'honneur ou à la considération de la victime ou d'un groupe de personnes dont fait partie la victime à raison de leur orientation sexuelle vraie ou supposée." Le 5 juin 2004, le maire de Bègles (33), Noël Mamère, marie un couple d’homosexuels malgré les mises en garde du gouvernement français et du parquet. Le tribunal de Grande instance de Bordeaux invalide le mariage. La Cour d'appel de Bordeaux confirme l'annulation. Le 13 mars 2007, la Cour de cassation annule définitivement le mariage, au motif « que, selon la loi française, le mariage est l'union d'un homme et d'une femme » et « que ce principe n'est contredit par aucune des dispositions de la Convention européenne des droits de l'homme et de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne qui n'a pas en France de force obligatoire ». La loi n°2004-1486 du 30 décembre 2004 instaure la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (HALDE), chargée de lutter, entre autres, contre l'homophobie : TITRE III : RENFORCEMENT DE LA LUTTE CONTRE LES PROPOS DISCRIMINATOIRES À CARACTÈRE SEXISTE OU HOMOPHOBE. Le 9 septembre 2006, la Grande Loge Féminine de France (GLFF), principale obédience féminine, accueille une « cérémonie de présentation » d'un couple de femmes homosexuelles, en présence de délégations de la GLFF et de représentants d'autres obédiences maçonniques ainsi que de la Fraternelle des Enfants de Cambacérès, groupement réunissant des francs-maçons homosexuels de toutes obédiences. (Source AFP) Le 20 février 2007, la première chambre civile de la Cour de cassation interdit à la compagne de la mère naturelle d'un enfant de pouvoir l'adopter, estimant que l’adoption qui implique la renonciation à l'autorité parentale pour la mère biologique est contraire à « l'intérêt supérieur » de l'enfant. Dans une autre affaire, elle juge que la délégation ou le partage de l'autorité parentale, accordé, après adoption, à la mère naturelle par la mère adoptante, n'est pas non plus possible, considérant que la délégation ou le partage de l'autorité parentale est « à l'égard d'une adoption, antinomique et contradictoire, l'adoption d'un enfant mineur ayant pour but de conférer l'autorité parentale au seul adoptant ». Le 26 avril 2007, le Parlement européen adopte une proposition de résolution condamnant la montée de l'intolérance envers l'homosexualité en Europe. En 2007, les homosexuels de France ne représentent plus que 7 % des signataires du pacte civil de solidarité (PACS) contre 42 % en décembre 1999. Le 22 janvier 2008, la Cour européenne des droits de l'homme condamne la France pour avoir refusé une adoption à une enseignante vivant en couple avec une psychologue scolaire. La Cour estime qu'elle a été injustement victime de discrimination en violation de l'article 8 (droit au respect de la vie privée et familiale) et de l'article 14 (interdiction de la discrimination) de la Convention européenne des droits de l'homme. Le 10 novembre 2009, le tribunal administratif de Besançon donne son feu vert à l'adoption d'un enfant par ce couple d'homosexuelles en annulant totalement les décisions du Conseil général du Jura qui refusait d'accorder son agrément ; l'agrément est accordé le 21. Le 2 juillet 2009, un arrêt de la Haute Cour de Delhi (Inde) dépénalise les relations homosexuelles entre adultes consentants. Le décret du ministère de la Santé n° 2010-125 du 8 février 2010, publié le 10 février 2010 au Journal officiel, supprime les mots « troubles précoces de l'identité de genre » au 4 du I de l'annexe de l'article D. 322-1 du code de la sécurité sociale relative aux « Critères médicaux utilisés pour la définition des affections de longue durée "maladie d'Alzheimer et autres démences" et "affections psychiatriques de longue durée" ». Cette classification découlait de celle de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). La France est ainsi le premier pays au monde à sortir Le 22 décembre 2010, le président des USA, Barack Obama, promulgue la loi permettant aux homosexuels de servir ouvertement dans l'armée américaine. Mariage civil et union civile Encore exceptionnelles dans la plupart des pays du Monde, les formes d'unions civiles sont surtout présentes en Amérique et en Europe. Dans les pays laïcs, le mariage officiel est une forme d'union civile (c'est le cas en France du mariage civil qui apparut en 1792) : les mariages religieux ne sont pas reconnus par l'État. 7 Aux Pays-Bas, en Belgique, en Espagne, au Portugal, en Norvège, en Suède, en Islande, au Canada, à Mexico, en Argentine, au Brésil et en Afrique du Sud le mariage entre partenaires d’un même sexe est autorisé. En Norvège et en Suède, la loi autorise les homosexuels à se marier civilement et religieusement. Aux USA, l'Iowa, le Vermont, le Connecticut, le New Hampshire, le Massachusetts, Washington D.C. et l'État de New York reconnaissent les unions civiles entre homosexuels. Par contre, six mois seulement après que la Cour suprême de l'Etat a déclaré qu'interdire le mariage homosexuel était inconstitutionnel (15 mai 2008), la Floride, l'Arizona, l'Arkansas et la Californie ont interdit le mariage homosexuel. La France (PACS), l'Allemagne, le Royaume Uni, la République Tchèque, la Croatie, la Hongrie, le Danemark, la Finlande et la Suisse proposent une union civile. La Nouvelle-Zélande accorde aux couples homosexuels déclarés les mêmes droits qu'aux couples hétérosexuels, sauf celui de se marier. L'Uruguay accorde les mêmes droits que le mariage à tout couple vivant en concubinage depuis au moins cinq ans. L'union civile est également reconnue par la Colombie. Adoption L’Espagne, les Pays-Bas, la Belgique, la Norvège, la Suède, l'Islande, le Danemark, le Canada, l'Uruguay, l'Argentine et le Brésil autorisent l'adoption d’enfants par un couple homosexuel. HOMOSEXUALITE ET RELIGIONS La morale judéo-chrétienne et l’islam interdisent l’homosexualité, surtout la sodomie, au sens restreint de coït anal (coitus per anum), quel que soit le sexe de la personne faisant l'objet de l'intromission. Le 3 avril 1916, sous le pontificat de Benoît XV, la Sacrée Pénitencerie affirme qu’une épouse ne peut accepter, « même sous menace de mort », de commettre le péché de sodomie. La Bible et les Eglises chrétiennes En plus du fameux chapitre sur Sodome et Gomorrhe (Genèse 19), on peut lire, à ce sujet, dans la Bible : - Lévitique 20,13 : « Quand un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ce qu'ils ont fait tous les deux est une abomination ; ils seront mis à mort, leur sang retombe sur eux. » 2. « Si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable ; ils seront punis de mort : » 3. - Evangile selon Matthieu 10, 14-15 : « Si l’on ne vous accueille pas et si l’on n’écoute pas vos paroles, en quittant cette maison ou cette ville, secouez la poussière de vos pieds. En vérité, je vous le déclare : au jour du jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité avec moins » 2 - Evangile selon Matthieu 11, 20-24 : « Alors il (Jésus, ndlr) se mit à invectiver contre les villes où avaient eu lieu la plupart de ses miracles, parce qu’elles ne s’étaient pas converties (…) Car si les miracles qui ont eu lieu chez toi (Capharnaüm) avaient eu lieu à Sodome, elle subsisterait encore aujourd’hui. Aussi bien, je vous le déclare, au jour du Jugement, le pays de Sodome sera traité avec moins de rigueur » 2 - Evangile selon Luc 10, 10-12 : « Mais dans quelque ville que vous entriez où l’on ne vous accueillera pas sortez sur les places et dites : « Même la poussière de votre ville qui s’est collée à nos pieds, nous l’essuyons pour vous la rendre. Pourtant sachez-le : le règne de Dieu est arrivé. » Je vous le déclare : ce jour-là Sodome sera traitée à. » 2 - Epître de Paul aux Romains 1, 26 : « C'est pourquoi Dieu les a livrés à des passions avilissantes : leurs femmes ont échangé les rapports naturels, pour des rapports contre nature ; 27 les hommes de même, abandonnant les rapports naturels avec la femme, se sont enflammés de désir les uns pour les autres, commettant l'infamie d'homme à homme (ici la version Darby traduit : « mâles avec mâles », ndlr) et recevant en leur personne le juste salaire de leur égarement. » 2 « C'est pourquoi Dieu les a livrés à des passions infâmes : car leurs femmes ont changé l'usage naturel en celui qui est contre nature ; et de même les hommes, abandonnant l'usage naturel de la femme, se sont enflammés dans leurs désirs les uns pour les autres, commettant homme avec homme des choses infâmes, et recevant en eux-mêmes le salaire que méritait leur égarement. » 3 - Première Epître de Paul aux Corinthiens 6, 9 : « Ne savez-vous donc pas que les injustes n'hériteront pas du royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas ! Ni les débauchés (Darby : fornicateurs, ndlr), ni les idolâtres, ni les adultères, ni les pédérastes de tout genre (Darby : « ni efféminés, ni ceux qui abusent d’eux-mêmes avec des hommes », ndlr), 10 ni les voleurs, ni les accapareurs, ni les ivrognes, ni les calomniateurs, ni les filous n'hériteront du Royaume de Dieu. 11 Voilà ce que vous étiez, du moins quelques-uns. Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus-Christ et par l'esprit » 2. - Première Epitre de Paul à Timothée 1, 9 : « En effet, comprenons bien ceci : la loi n’est pas là pour le juste, mais pour les gens insoumis et rebelles, impies et pêcheurs, sacrilèges et profanateurs, parricides et matricides, meurtriers, 10 débauchés, pédérastes, marchands d’esclaves, menteurs, parjures, et pour tout ce qui s’oppose à la » 2. La condamnation biblique est reprise par les Pères de l’Église, puis par les théologiens et les juristes. Basile de Césarée (+ 379), Jean Chrysostome (+ 407) et Augustin d'Hippone (+ 430) condamnent fermement les pratiques homosexuelles car elles sont très liées à l’idolâtrie. Les conciles de Tolède (693) et de Naplusa (1120) condamnent les actes homosexuels. En 1049, Pierre Damien (1007-1072) adresse au pape Léon IX son Liber Gomorrhianus (Livre de Gomorrhe) dans lequel il accuse certains prêtres d'être homosexuels et de se confesser entre eux pour éviter d'être repérés et bénéficier ainsi de pénitences plus légères ; il demande leur exclusion de l'Eglise, ce que le pape refuse. En 1179, le troisième concile du Latran décrète que « un laïque coupable d'un crime contre nature sera excommunié et chassé de l'assemblée des fidèles. Si c'est un clerc, il sera ou chassé du clergé ou enfermé dans un monastère pour y faire pénitence. » (Canon 11) Thomas d’Aquin (1225-1274) est très sévère à l’égard de la sodomie, qui tend, depuis le Moyen Âge, à désigner tous les actes sexuels dénués de finalité procréatrice : coït interrompu, masturbation, fellation, coït anal, coït entre les cuisses, bestialité... En 1972, est créé à Paris un mouvement mixte de chrétiens homosexuels, David et Jonathan, ouvert aux croyants et aux non-croyants qui s’interrogent sur leur spiritualité eu égard à leur homosexualité. Le 29 décembre 1975, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi donne sa Déclaration Persona Humana (la déclaration est approuvée par Paul VI le 7 novembre 1975 et confirmée dans son encyclique Sur quelques questions d’éthique sexuelle) : « 8. De nos jours, à l’encontre de l’enseignement constant du Magistère et du sens moral du peuple chrétien, quelques-uns en sont venus, en se fondant sur des observations d’ordre psychologique, à juger avec indulgence, voire même à excuser complètement, les relations homosexuelles chez certains sujets. Ils font une distinction — et, semble-t-il, avec raison — entre les homosexuels dont la tendance provenant d’une éducation faussée, d’un manque d’évolution sexuelle normale, d’une habitude prise, de mauvais exemples ou d’autres causes analogues est transitoire ou du moins non incurable, et les homosexuels qui sont définitivement tels par une sorte d’instinct inné ou de constitution pathologique jugée incurable. Or, quant à cette seconde catégorie de sujets, certains concluent que leur tendance est à tel point naturelle qu’elle doit être considérée comme justifiant, pour eux, des relations homosexuelles dans une sincère communion de vie et d’amour analogue au mariage en tant qu’ils se sentent incapables de supporter une vie solitaire. Certes, dans l’action pastorale, ces homosexuels doivent être accueillis avec compréhension et soutenus dans l’espoir de surmonter leurs difficultés personnelles et leur inadaptation sociale. Leur culpabilité sera jugée avec prudence. Mais nulle méthode pastorale ne peut être employée qui, parce que ces actes seraient estimés conformes à la condition de ces personnes, leur accorderait une justification morale. Selon l’ordre moral objectif, les relations homosexuelles sont des actes dépourvus de leur règle essentielle et indispensable. Elles sont condamnées dans la Sainte Ecriture comme de graves dépravations et présentées même comme la triste conséquence d’un refus de Dieu. Ce jugement de l’Ecriture ne permet pas de conclure que tous ceux qui souffrent de cette anomalie en sont personnellement responsables, mais il atteste que les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés et qu’ils ne peuvent en aucun cas recevoir quelque approbation. » En 1991, le synode de l’Eglise anglicane admet que les homosexuels, engagés dans une « relation amoureuse fidèle », sont les bienvenus dans l’Eglise. En 1995, cependant, la même Eglise rappelle que le clergé homosexuel doit s’abstenir d’avoir des relations sexuelles. Le 7 décembre 1992, Jean-Paul II promulgue le Catéchisme universel romain qui traite ainsi de l’homosexualité : " 2357 L’homosexualité désigne les relations entre des hommes ou des femmes qui éprouvent une attirance sexuelle, exclusive ou prédominante, envers des personnes du même sexe. Elle revêt des formes très variables à travers les siècles et les cultures. Sa genèse psychique reste largement inexpliquée. S’appuyant sur la Sainte Écriture, qui les présente comme des dépravations graves (Gn 19, 1-29 ; Rm 1, 24-27 ; I Co 6, 10 ; I Tm 1, 10), la Tradition a toujours déclaré que " les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés ". Ils sont contraires à la loi naturelle. Ils ferment l’acte sexuel au don de la vie. Ils ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable. Ils ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas. 2358 Un nombre non négligeable d’hommes et de femmes présente des tendances homosexuelles foncières. Cette propension, objectivement désordonnée, constitue pour la plupart d’entre eux une épreuve. Ils doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse. On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste. Ces personnes sont appelées à réaliser la volonté de Dieu dans leur vie, et si elles sont chrétiennes, à unir au sacrifice de la croix du Seigneur les difficultés qu’elles peuvent rencontrer du fait de leur condition. 2359 Les personnes homosexuelles sont appelées à la chasteté. Par les vertus de maîtrise, éducatrices de la liberté intérieure, quelquefois par le soutien d’une amitié désintéressée, par la prière et la grâce sacramentelle, elles peuvent et doivent se rapprocher, graduellement et résolument, de la perfection chrétienne." Le 3 juin 2003, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi considère : « 11. L’Église enseigne que le respect envers les personnes homosexuelles ne peut en aucune façon conduire à l’approbation du comportement homosexuel ou à la reconnaissance juridique des unions homosexuelles. Le bien commun exige que les lois reconnaissent, favorisent et protègent l’union matrimoniale comme base de la famille, cellule primordiale de la société. Reconnaître légalement les unions homosexuelles ou les assimiler au mariage, signifierait non seulement approuver un comportement déviant, et par conséquent en faire un modèle dans la société actuelle, mais aussi masquer des valeurs fondamentales qui appartiennent au patrimoine commun de l’humanité. L’Église ne peut pas ne pas défendre de telles valeurs pour le bien des hommes et de toute la société. Durant l’audience accordée le 28 mars 2003 au Cardinal Préfet soussigné, le Souverain Pontife Jean-Paul II a approuvé les présentes considérations, décidées lors de la Session ordinaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, et en a ordonné la publication. Rome, au siège de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le 3 juin 2003, mémoire de Saint Charles Lwanga et de ses compagnons. Joseph Card. Ratzinger, Préfet » Le 5 août 2003, au New Hampshire (USA), Gene Robinson, homosexuel notoire, est fait évêque de l’Eglise épiscopalienne. Dans un livre intitulé Mon Dieu… pourquoi ?, coécrit avec le directeur du Monde des Religions, Frédéric Lenoir, et publié chez Plon en 2005, l’abbé Pierre (1912-2007) prend position en faveur d’une « alliance » homosexuelle plutôt que du mariage homosexuel qui « créerait un traumatisme et une déstabilisation sociale forte » : « Je comprends le désir sincère de nombreux couples homosexuels, qui ont souvent vécu leur amour dans l’exclusion et la clandestinité, de faire reconnaître celui-ci par la société ». Le 29 novembre 2005, sous le pontificat de Benoît XVI, le Saint-Siège publie l’Instruction sur « les critères de discernement vocationnel au sujet des personnes présentant des tendances homosexuelles, en vue de l’admission au séminaire et aux ordres sacrés », signée par le préfet de la Congrégation pour l’éducation catholique, le cardinal Zenon Grocholewski : « L’Eglise, tout en respectant profondément les personnes concernées, ne peut pas admettre au séminaire et aux ordres sacrés ceux qui pratiquent l’homosexualité, présentent des tendances homosexuelles profondément enracinées, ou soutiennent ce qu’on appelle la culture gay... » L'association française David et Jonathan qui regroupe des catholiques homosexuels, juge cette directive « contraire à la vérité, mais surtout désespérante, inapplicable et dangereuse » et New Ways Ministry, association américaine de prêtres actifs dans la communauté homosexuelle, estime qu'elle « va pousser des prêtres et séminaristes gays à se cacher encore plus, ce qui entraînera plus de dégâts personnels et spirituels.» Le 8 décembre 2005, le Père Igor Vyjanov, porte-parole officiel du Patriarcat de Moscou, souligne que l’homosexualité constitue un péché, clairement condamné par l’Ecriture « d’une manière qui ne laisse aucune latitude pour une interprétation différente ». Le 1er décembre 2006, à la Mission populaire évangélique de la Maison Verte (Paris XVIIIe), une célébration œcuménique réunit plusieurs associations de chrétiens homosexuels (David et Jonathan, Groupe lambda, Devenir un en Christ, Rendez-vous chrétien, Communion Béthanie, Chrétiens et Sida) dans le cadre de la journée mondiale de lutte contre le Sida. Les Eglises protestantes françaises, luthériennes et réformées, sont opposées à la bénédiction de couples homosexuels « non par condamnation morale mais par refus d'ériger des situations particulières en modèle d'identification ». Elles précisent en outre que l'homosexualité d'un pasteur ne peut être un motif de refus d'embauche, mais qu’il doit garder à son homosexualité un « caractère privé ». Les Églises luthériennes d’Allemagne, d’Islande et de Suède bénissent les unions homosexuelles ; celle des Pays-Bas offre aux couples homosexuels un mariage religieux identique à celui des couples hétérosexuels. Le 16 mars 2007, l'Eglise luthérienne suédoise annonce qu'elle est prête à enregistrer ces partenariats, se refusant toutefois à utiliser le terme de mariage. Le 4 août, l'Eglise Luthérienne de Suède participe au festival de la Stockholm Gay Pride ; des pasteurs défilent avec le slogan : « L'amour est plus fort que tout ». Le 25 septembre 2007, les évêques de l'Eglise épiscopalienne des Etats-Unis approuvent à l'unanimité un texte dans lequel ils acceptent de « manifester de la retenue en ne consentant pas à la consécration de tout candidat dont la manière de vivre présenterait un défi à l'ensemble de l'Eglise et conduirait à davantage de tension dans la communauté » et promettent de « ne pas autoriser ou exercer dans leurs diocèses tous rites publics de bénédiction d'unions du même sexe jusqu'à ce qu'un consensus plus large soit trouvé au sein de la communauté ou jusqu'à ce qu'une Convention générale décide de futures actions ». Le 16 novembre 2007, le Synode général de l'Eglise luthérienne de Norvège adopte (par 50 voix sur 84) la proposition annulant l'actuelle interdiction d'embaucher et d'ordonner des homosexuels « actifs », hommes ou femmes, aux postes de pasteur, diacre, vicaire et chantre. Le 13 décembre 2007, l'Eglise luthérienne de Suède se prononce officiellement pour le mariage religieux des homosexuels : « Le mariage et les partenariats (entre personnes de même sexe) sont des formes d'unions équivalentes. Par conséquent, la direction centrale de l'Eglise de Suède a dit oui à la proposition de réunir sous une même loi, la législation sur le mariage et les partenariats ». Toutefois, elle demande que : « le mot mariage devrait cependant être exclusivement utilisé pour les relations entre une femme et un homme ». (Église de Suède) Le 22 octobre 2009, lors de la réunion du Synode général de l´Eglise de Suède à Uppsala, une majorité se dégage en faveur du mariage homosexuel à l´Eglise à partir du 1er novembre (ENI). Le 14 juin 2008, l'Eglise d'Angleterre annonce que deux prêtres homosexuels ont manqué à leurs devoirs, après s'être mariés et avoir échangé leurs alliances, et ce, pour la première fois dans le pays. Le curé de l'église Notre-Dame de Wetzlar, en Hesse, Peter Kollas, se voit retirer ses fonctions de doyen par l'évêché de Limbourg pour avoir célébré en public, le vendredi 15 août 2008, une union homosexuelle (Apic, diocèse de Limbourg). Dans son communiqué du 4 octobre 2008, le diocèse de Pittsburgh en Pennsylvanie annonce qu'il se sépare de l'Eglise épiscopalienne, la branche américaine de l'Eglise anglicane, pour protester contre sa position sur l'homosexualité. Le 31 octobre 2008, les évêques anglicans canadiens ont refusé d'approuver l'arrêt temporaire des bénédictions de mariages homosexuels réclamé par le primat de la Communion anglicane, reportant leur décision à un synode en 2010 (Communion anglicane canadienne). 2009 : - Dans une déclaration publique du 7 mars 2009, l’Assemblée des évêques du Québec (AEQ) affirme que le terme de « mariage » devrait être réservé à l’union entre un homme et une femme, mais elle ne condamne pas l’idée de permettre une union civile pour les homosexuels. Bien plus, cette déclaration laisse ouverte la possibilité de l’adoption par ce genre de « couple », arguant qu’il faut considérer le bien de l’enfant lui-même, car « lorsqu’un des partenaires est le parent biologique, il est possible que l’adoption constitue la meilleure solution. » Cette déclaration fait suite à un décret du gouvernement provincial du Québec permettant aux « couples » homosexuels d’engager une union civile, et accordant à cette union les mêmes droits qu’aux couples mariés (par conséquent, le droit d’adoption). 4 - Le 21 août 2009, lors d'une Convention à Minneapolis, l'Evangelica Lutheran Church in America (ELCA), l'Église Luthérienne d'Amérique, formée de quelque 10.000 congrégations aux Etats-Unis, a voté, à 559 voix contre 451, un texte autorisant que des pasteurs homosexuels "vivant une relation homosexuelle durable et monogame" à exercer un ministère au sein de l'Église. 2010 : - Le 2 juin, Katharine Jefferts Schori, évêque présidente de l´Eglise épiscopalienne des Etats-Unis, prend fait et cause pour l´inclusion des homosexuels dans son Eglise. En mai, l´Eglise épiscopalienne a consacré son deuxième évêque ouvertement homosexuel en dépit des mises en gardes selon lesquelles cette mesure accroîtrait les tensions au sein de la Communion anglicane mondiale, dont une grande partie considère l´homosexualité comme un péché (ENI, Apic). - Les 26 et 27 août à Grove City, dans l´Etat de l´Ohio, un groupe de luthériens de l´Eglise évangélique luthérienne d´Amérique (ELCA), en raison de leurs désaccords sur des questions telles que l´ordination de membres du clergé engagés dans une relation homosexuelle, fonde une nouvelle Eglise qui prend le nom d´Eglise luthérienne d´Amérique du Nord (NALC, North American Lutheran Church) et qui "respectera les principes confessionnels". 2011 : - Le 3 février, le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung publie le manifeste "Kirche 2011, Ein notwendiger Aufbruch" (Église 2011 : un renouveau indispensable) dans lequel plus de 140 théologiens catholiques allemands, autrichiens et suisses appellent à une réforme de fond de l'Eglise demandant notamment la fin du célibat des prêtres, l'ordination des femmes, l'acceptation par l'Eglise des partenariats homosexuels et la nomination des évêques par les fidèles ; ils justifient ces mesures pour mettre fin à la "crise sans précédent" que traverse l'Eglise catholique depuis les scandales des prêtres pédophiles 1 - Le 10 mai, les 173 organes dirigeants de l´Eglise presbytérienne des Etats-Unis acceptent un amendement de la Constitution ecclésiale : l´Eglise presbytérienne des Etats-Unis ordonnera des pasteurs homosexuels. - Le 23 mai, l’Église presbytérienne d’Écosse réunie en assemblée générale décide d’autoriser l’exercice du ministère aux pasteurs homosexuels ordonnés avant mai 2009. 2012 : - Le 9 janvier, lors de la cérémonie des voeux au Corps diplomatique, Benoît XVI rappelle que la famille est "fondée sur le mariage d´un homme avec une femme" et estime que "les politiques qui portent atteinte à la famille menacent (...) l´avenir même de l´humanité". Le Coran et l’islam Il est écrit dans le Coran : « Aurez- vous commerce avec des hommes parmi toutes les créatures, abandonnant les femmes que Dieu a créées pour vous ? En vérité, vous êtres un peuple criminel ! » (XXVI, 165-166, 5) « Accomplissez-vous l'acte charnel avec les mâles de ce monde? Et délaissez-vous les épouses que votre Seigneur a créées pour vous? Mais vous n'êtes que des gens transgresseurs ». (XXVI, 165-166 6) « Aurez-vous commerce avec des hommes plutôt qu’avec des femmes ? Vous êtes dans l’égarement. » (XXVII,56, 5) « Vous allez aux hommes au lieu de femmes pour assouvir vos désirs ? Vous êtes plutôt un peuple ignorant » (XXVII,55, 6) La loi musulmane (charia) condamne très sévèrement l'homosexualité : dans certains pays, la sodomie peut être punie de mort . Le judaïsme Des Juifs religieux affirment leur homosexualité. Des cabalistes expliquent que l’homosexualité pourrait être due à la présence d’une âme féminine dans un corps masculin ou d’une âme masculine dans un corps féminin. L'une des trois Eglises israélites de Grande-Bretagne, la communauté des juifs libéraux (Liberal Judaism), a mis en place une bénédiction spécifique pour les unions homosexuelles : « l'Alliance d'amour ». Elizabeth Tikvah Sarah, rabbin de la synagogue réformée de Brighton, a déclaré : « Le judaïsme libéral défend la justice, l'égalité, la compassion et l'accueil de tous (...) la nouvelle liturgie fait en sorte de mettre ces valeurs en pratique pour les juifs gays et lesbiennes, en leur permettant de célébrer leurs couples dans un cadre juif. ». En France, le Beit Haverim (Maison des amis en hébreu) milite dans le sens d'une prise en compte de l'homosexualité dans la communauté juive française. CITATIONS Que les anciens philosophes de la Grèce et de Rome aient dédaigné les intérêts des femmes, il n'y est rien d'étonnant, puisque ces rhéteurs étaient tous des partisans outrés de la pédérastie. (Charles Fourier 1772-1837) L'acte sodomique est le signe d'une dépravation sans remède. (Pierre Joseph Proudhon 1809-1865) Si Adam avait été homosexuel, personne ne serait là pour le dire. (Oscar Wilde 1854-1900) Il n’y avait pas d’anormaux quand l’homosexualité était la norme. (Marcel Proust 1871-1922, A la recherche du temps perdu, Sodome et Gomorrhe). Si j'admets qu'il y a 1 à 2 millions d'homosexuels, cela signifie que 7 à 8% ou 10% des hommes sont homosexuels. Et si la situation ne change pas, cela signifie que notre peuple sera anéanti par cette maladie contagieuse. À long terme, aucun peuple ne pourrait résister à une telle perturbation de sa vie et de son équilibre sexuel... Un peuple de race noble qui a très peu d'enfants possède un billet pour l'au-delà : il n'aura plus aucune importance dans cinquante ou cent ans, et dans deux cents ou cinq cents ans, il sera mort... L'homosexualité fait échouer tout rendement, tout système fondé sur le rendement; elle détruit l'État dans ses fondements. À cela s'ajoute le fait que l'homosexuel est un homme radicalement malade sur le plan psychique. Il est faible et se montre lâche dans tous les cas décisifs... Nous devons comprendre que si ce vice continue à se répandre en Allemagne sans que nous puissions le combattre, ce sera la fin de l'Allemagne, la fin du monde germanique. (Discours sur l'homosexualité prononcé par le chef nazi HimmIer le 18 février 1937) Les homosexuels ne se reproduisent pas entre eux et pourtant ils sont de plus en plus nombreux. (Michel Colucci dit Coluche 1944-1986) Etre homosexuel c'est comme être gaucher. (Michel Berger 947-1992) Je suis pour le mariage homosexuel. Je ne vois pas pourquoi on devrait épargner quelqu'un parce qu'il est homo ! (Michel Galabru, Pensées, répliques et anecdotes) La mixité génère l’homosexualité. (Jean-Paul Coudeyrette, Autocitations)
Notes : 1 http://eucharistiemisericor.free.fr/index.php?page=0702111_fronde 2 La Bible, trad. Œcuménique, TOB, Ed. Grammont. 1980 3 Bible Segond 4 Catholic News Service 5 traduit par Kasimirski, 1840 6 http://quran.al-islam.com/frn/Default.asp 7 http://fr.wikipedia.org/wiki/Union_civile 8 voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Triangle_rose 9 http://d-d.natanson.pagesperso-orange.fr/triangles.htm Sources Auteurs : Jean Puy & Raoul Decette Référence publication : Compilhistoire ; reproduction interdite sans autorisation. Date de mise à jour : 27/04/2012 |