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Chronologie historique Le 8 mars 1857, à New York, une manifestation, organisée par des ouvrières du textile pour protester contre leurs mauvaises conditions de travail et les bas salaires, est dispersée par la police. Deux ans plus tard (1859), à nouveau en mars, ces femmes forment leur premier syndicat pour essayer de se protéger et d'acquérir certains droits fondamentaux au travail 8. Des historiens contestent la réalité de la manifestation du 8 mars 1857 dont on ne trouve aucune trace, tant dans les livres d'histoire du féminisme que dans ceux du mouvement ouvrier américain, ni dans les quotidiens de l'époque. Pourtant, en 1957, le journal l'Humanité célèbre le centenaire du 8 mars 1857, ce jour où « Les ouvrières de l'habillement de la ville de New-York s'en allèrent défiler dans les rues, comme des hommes, portant pancartes et banderoles » 7. Antoinette, le mensuel des femmes de la C.G.T., écrit, dans son n°1 de mars 1964, que "ce sont les ouvrières Américaines qui ont commencé : elles ont fait grève le 8 mars 1857, réclamant la journée de 10 heures, l'augmentation des salaires, l'égalité pour un travail égal, la création de crèches et le respect de leur dignité, pour cela, elles ont envahi les rues de New York, s'opposant à la police, qui charge, tire et tue" 7. 1908 : -Le 8 Mars, 15 000 travailleuses du vêtement, y compris de nombreux immigrés, défilent à New York dans le Lower East Side pour réclamer des droits économiques et politiques 3. Le même jour, le maire de Cincinnati (Ohio), considérant le fait que les voitures de l’époque sont difficiles à contrôler, se dit d’avis que les femmes ne seront jamais aptes à conduire une automobile...6 -Le 3 mai, à Chicago, est célébré le premier Woman’s day, présidé par Lorine S. Brown, au Garrick Theater et documenté par le journal mensuel La femme socialiste, avec la participation de 1500 femmes qui applaudissent les revendications pour l’égalité économique et politique des femmes. Ce jour est dédié à la cause des ouvrières dont on dénonce l’exploitation et l’oppression. On demande l’égalité des sexes et l’autonomie des femmes, donc, le vote des femmes, à l’intérieur et à l’extérieur du parti (socialiste). 2 -Le 17 mai, à New-York, Convention nationale du Parti socialiste 4. Les femmes du parti socialiste américain lance un appel pour le droit de vote et la reconnaissance des droits politiques et économiques des femmes ; 2000 personnes marchent sur Manhattan. -Le 21 juin, à Londres (Hyde Park), 250 000 « suffragettes » réclament le droit de vote des femmes. Le 28 février 1909, cinq Woman's Suffrage Demonstrations ou Woman's Suffrage Meetings sont organisés dans la seule région de New York. A Copenhague, lors de la deuxième Conférence Internationale des Femmes Socialistes tenue au cours du Huitième Congrès Socialiste International se déroulant du 28 août au 3 septembre 1910, Clara Zetkin, journaliste allemande, fait voter une résolution proposant que les « femmes socialistes de tous les pays organisent une Journée des Femmes qui servira en premier lieu la lutte pour le droit de vote des femmes » mais sans fixer de date. 1911 : -Le 19 mars, un million d’hommes et de femmes célèbrent la Journée internationale des Femmes en Autriche, Allemagne, Suisse et au Danemark. Outre le droit de voter et d’exercer une fonction publique, elles exigent le droit au travail, à la formation professionnelle, et la cessation de la discrimination sur le lieu de travail. -Le 25, à New York, 146 personnes dont 123 femmes (immigrées pour la plupart) de l'usine de confection de chemisiers Triangle Shirtwaist Factory trouvent la mort dans l'incendie qui ravage les 8e et 9e étages, les portes donnant sur l'escalier étant fermées à clé. Les deux patrons, Max Blanck et Isaac Harris, poursuivis pour homicide involontaire, sont acquittés par le Tribunal (un procès civil, en 1913, accordera aux plaignants une indemnité de 75 $ par victime décédée). L'émotion suscitée par ce drame est telle que 32 lois sont votées pour améliorer les salaires et les conditions de travail des ouvrières du textile. Le Comité d'État de 1915 permet de moderniser les lois du travail de l'État : il fait de l'Etat de New York « l'un des États les plus progressistes en matière de réforme du travail » 5. 1913 : -Le dernier dimanche de février, les femmes russes organisent des rassemblements clandestins, notamment à Saint-Pétersbourg. -Le 3 mars, les Etasuniennes manifestent à Washington pour réclamer le droit de vote des femmes. Manifestations des femmes en Europe. 1914 : -8 mars, les femmes allemandes réclament le droit de vote (elles l’obtiendront le 12 novembre 1918) ; -5 juillet, une manifestation est organisée à Paris par le groupement des femmes socialistes. 1915 : 8 mars, la russe Alexandra Kollontaï organise à Christiana, près d’Oslo, une manifestation des femmes contre la guerre. 1917 : Le 8 mars 1917 (soit le 23 février au calendrier julien de la Russie tsariste), les femmes russes manifestent à Petrograd (Saint-Pétersbourg) pour le pain et contre la guerre. Au fil des heures, les rangs des manifestants grossissent et les slogans prennent une tonalité plus politique. Le lendemain (24), le mouvement de protestation s’étend : près de 150 000 ouvriers grévistes convergent vers le centre-ville. Débordés, les cosaques ne parviennent plus à disperser la foule des manifestants. Le 25 février, la grève est générale, les mots d’ordre sont de plus en plus radicaux : « À bas le tsar ! À bas la guerre ! » Dans la soirée, le général Khabalov, commandant du district militaire de Petrograd, reçoit un télégramme de Nicolas II : le tsar ordonne de « faire cesser par la force, avant demain, les désordres à Petrograd ». Le 26 février, vers midi, la police et la troupe ouvrent le feu sur une colonne de manifestants (plus de 150 personnes sont tuées). Dans la nuit du 26 au 27 février, deux régiments d’élite, traumatisés d’avoir tiré sur leurs « frères ouvriers », se mutinent. Le 27 au matin, soldats et ouvriers prennent l’arsenal où ils s’emparent de dizaines de milliers de fusils, aussitôt distribués à la foule. Face à cette révolution populaire spontanée, les « politiques » tentent de canaliser le mouvement. Aucun des grands leaders révolutionnaires n’étant présent à Petrograd (Lénine et Martov sont à Zurich, Trotski est à New York, Tchernov à Paris, Tseretelli, Dan et Staline en exil en Sibérie), c’est à des dirigeants de second plan qu’échoit la responsabilité de diriger la révolution. Dans l’après-midi, une cinquantaine de militants de tendances différentes (bolcheviks, mencheviks, socialistes révolutionnaires, travaillistes) mettent sur pied un Comité exécutif provisoire des députés ouvriers qui appelle les ouvriers et les soldats de la garnison à élire leurs représentants : ainsi naît le soviet des députés ouvriers et soldats de Petrograd. Parallèlement, un groupe de députés de la Douma forme un Comité provisoire pour le rétablissement de l’ordre et des rapports avec les institutions et les autorités. Entre ce comité provisoire, inquiet devant l’extension des « désordres », et un soviet, troublé par la menace d’une contre-révolution, s’engagent de longues négociations qui aboutissent, le 2 mars, à un compromis. Le soviet reconnaît, en attendant la convocation d’une Assemblée constituante, la légitimité d’un gouvernement provisoire à majorité libérale. Cette reconnaissance reste subordonnée à l’application, par le gouvernement provisoire, d’un vaste programme de réformes démocratiques, fondé sur l’octroi des libertés fondamentales, le suffrage universel, l’abolition de toute forme de discrimination, la suppression de la police, la reconnaissance des droits du soldat-citoyen et une amnistie immédiate de tous les prisonniers politiques. Ce 2 mars 1917 (15 mars selon le calendrier grégorien), à la surprise générale, l’état-major fait pression sur Nicolas II pour que celui-ci abdique « afin de sauver l’indépendance du pays et assurer la sauvegarde de la dynastie » ; Nicolas II renonce aussitôt au trône en faveur de son frère, le grand-duc Michel qui, devant la protestation populaire, abdiquera à son tour, le lendemain. 1921 : Lénine décrète le 8 mars « Journée des Femmes » (l'URSS a adopté le calendrier grégorien en 1918). 1924 : la Journée des Femmes est célébrée en Chine. 1943 : des résistantes italiennes manifestent le 8 mars. 1944 : 23 mars, l’Assemblée consultative siégeant à Alger adopte le principe du droit de vote des femmes par 51 voix pour et 16 voix contre : le général De Gaulle signe, le 21 avril, l’ordonnance accordant le droit de vote aux femmes qui deviennent ainsi électrices et éligibles. Cette ordonnance est confirmée le 5 octobre par le Gouvernement provisoire de la République française (G.P.R.F.) Les françaises voteront pour la première fois lors des élections municipales des 29 avril et 13 mai 1945. 1946 : la Journée des Femmes est célébrée dans les pays de l'Est. 1947 : le 8 mars, Léon Blum salue la place importante des femmes dans la Résistance. 1948 : à l'appel du PC et de la CGT, 100 000 femmes défilent le 8 mars, à Paris, de la République à la statue de Jeanne d'Arc, place des Pyramides (30 000 à Marseille, 12 000 à Lille, 5 000 à Lyon). 1967 : 7 Novembre, déclaration de l’Assemblée générale des Nations Unies sur l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes : l’Assemblée proclame la Déclaration Universelle des Droits de la Femme : « Article premier. La discrimination à l’égard des femmes, du fait qu’elle nie ou limite l’égalité des droits de la femme avec l’homme, est fondamentalement injuste et constitue une atteinte à la dignité humaine » 1975 : « Année des Femmes » : l’Organisation des Nations Unies proclame le 8 mars comme Journée internationale des Femmes « pour célébrer la lutte historique concernant l'amélioration des conditions de vie des femmes ». 1977 : le 16 décembre, l'Assemblée générale des Nations Unies invite les États à proclamer, comme il conviendra en fonction de leurs traditions et coutumes historiques et nationales, un jour de l'année : International Day of Women and International Peace (Journée internationale des Femmes et de la Paix Internationale). Les États ont été priés de contribuer à la création de conditions favorables à l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes et à leur pleine participation, sur un pied d'égalité, au développement social (résolution 32/142). Dans la plupart des pays, la Journée internationale des Femmes est observée le 8 mars. 1982 : Yvette Roudy (Ministre chargé des Droits des femmes) ayant persuadé le président de la République de fêter la journée internationale des femmes le 8 mars, François Mitterrand préside une grande cérémonie et prononce un discours prônant "l’autonomie, l’égalité, [et] la dignité" de la femme et confiant à Yvette Roudy la tâche de corriger les injustices dont souffrent les femmes. 1 1986 : 8 mars, au Chili une manifestation est violemment réprimée tandis que 100 000 personnes manifestent à Washington contre les conservateurs qui veulent supprimer le droit à l'avortement. 1998 : la Russie choisit le 8 mars pour lancer son premier concours de beauté. Olympe de Gouges Marie Gouze, dite Marie-Olympe de Gouges (1748-1793), née à Montauban, écrivain de romans et de pièces de théâtre, publia, en septembre 1791, une Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, précédée d’un préambule adressé à Marie-Antoinette : « Cette Révolution ne s’opérera que quand toutes les femmes seront pénétrées de leur déplorable sort et des droits qu’elles ont perdus dans la société. Soutenez, Madame, une si belle cause ; défendez ce sexe malheureux et vous aurez bientôt pour vous une moitié du royaume et le tiers au moins de l’autre. » Elle combattit également pour l'instauration du divorce. En 1792, elle publia différents ouvrages sur le thème de l'esclavage tels que "l'Esclavage des Noirs" ou "Réflexions sur les hommes nègres". Elle rédigea des pamphlets contre la dictature montagnarde, contre Marat « avorton de l'humanité » et Robespierre « animal amphibie ». Celle qui fut guillotinée comme "girondine" (elle avait rejoint les Girondins en 1792) le 3 novembre 1793, avait écrit, à l’article 10 de sa Déclaration, cette phrase prophétique : « Une femme a le droit de monter à l’échafaud, elle doit avoir également celui de monter à la tribune. »
Citations Le vin est fort, le roi est plus fort, les femmes le sont plus encore, mais la vérité est plus forte que tout. (Martin Luther 1483-1546, « Propos de table, Tischreden ») On ne connaît point les femmes, elles ne se connaissent pas elles-mêmes, et ce sont les occasions qui décident des sentiments de leur cœur. (Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, comtesse de La Fayette, 1634-1693, Zaïde 1670-1671) Les femmes sont fausses dans les pays où les hommes sont tyrans. Partout la violence produit la ruse. (Henri Bernardin de Saint-Pierre 1737-1814, Paul et Virginie 1788) L’affranchissement des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. L’homme le plus opprimé peut opprimer un être, qui est sa femme. Elle est le prolétaire du prolétaire même. (Flora Tristan + 1844) Supérieures par l'amour, mieux disposées à toujours subordonner au sentiment l'intelligence et l'activité, les femmes constituent spontanément des êtres intermédiaires entre l'Humanité et les hommes. (Auguste Comte 1798-1857, Système de politique positive 1851-1854) L'homme et la femme peuvent être équivalents devant l'Absolu : ils ne sont point égaux, ils ne peuvent pas l'être, ni dans la famille, ni dans la cité. (Pierre Joseph Proudhon 1809-1865, De la justice dans la Révolution et dans l'Eglise) L'excès en tout est la vertu de la femme. (Edmond Huot de Goncourt 1822-1896, Journal) Les femmes sont héroïques pour souffrir dans le monde, leur champ de bataille. (Alphonse Daudet 1840-1897, La Doulou, Librairie de France) Appeler les femmes "le sexe faible" est une diffamation ; c'est l'injustice de l'homme envers la femme. Si la non-violence est la loi de l'humanité, l'avenir appartient aux femmes. (Gandhi 1869-1948) Nous croyons que le monde est finalement sauvé par un petit nombre d'hommes et de femmes qui ne lui ressemblent pas. (François Mauriac 1885-1970, Bloc-notes, IV) Femmes sont anges à l'église, diables en la maison et singes au lit. (Proverbe français) Dictons météorologiques Soit au début, soit à la fin, mars nous montre son venin Mars est capable de tuer les bêtes à l'étable Le soleil de mars donne des rhumes tenaces Quand mars se déguise en été, avril prend ses habits fourrés Notes : 1 Charles Sowerwine, Yvette Roudy, Notice biographique extraite du "Maitron" 2 http://www.mmf2010.info/our-action-fr/le-8-mars-2013-journee-internationale-des-femmes-a-la-recherche-de-la-memoire-perdue 3 http://www.workers.org/2008/us/iwd_0313/ 4 http://womhist.alexanderstreet.com/iwd/doclist.htm 5 http://en.wikipedia.org/wiki/Triangle_Shirtwaist_Factory_fire 6 http://8mars-online.fr/des-femmes-manifestent-a-new-york 7 http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2008/03/08/1112252_8-mars-journee-internationale-de-la-femme-pourquoi.html 8 http://www.un.org/cyberschoolbus/womensday/pages/how_content_1.asp Voir dossier : Au fil de l'an Sources Auteur : Jade Nycole-Puretteau Référence publication : Compilhistoire ; reproduction interdite sans autorisation. Date de mise à jour : 07/05/2012 |