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SOMMAIRE
LE MANICHEISME Définition Fondé au IIIe siècle par le Perse Mani (ou Manès), le manichéisme est l’une des formes tardives et syncrétistes du gnosticisme. Mani voulut unir le christianisme (sous sa forme gnostique) au mazdéisme, au bouddhisme et à la philosophie grecque. La doctrine fondamentale du manichéisme est sa division dualiste de l'Univers, divisé en royaumes du Bien et du Mal : le royaume de Lumière (esprit) où règne Dieu, et le royaume des Ténèbres (matière) où règne Satan. À l'origine, les deux royaumes étaient complètement séparés, mais à la suite d'une catastrophe, le royaume des Ténèbres envahit le royaume de Lumière ; ils se mélangèrent et entamèrent une lutte perpétuelle. La race humaine est à la fois résultat et microcosme de ce conflit. Le corps humain est matériel, donc mauvais ; mais l'âme humaine est spirituelle, morceau de la Lumière divine, et doit être rachetée de son emprisonnement dans le corps et le monde. « Le bien et le mal habitent dans chaque homme » (Mani, Kephalaia, I). » Le chemin de la Rédemption passe par la connaissance du royaume de Lumière, communiquée par les prophètes, Zarathushtra (zoroastrisme ou mazdéisme), Bouddha, Jésus et Mani (le dernier). Grâce à cette connaissance, l'âme humaine peut vaincre les désirs matériels qui l'emprisonnent et atteindre le royaume divin. Les manichéens se divisaient en 2 classes, selon leur degré de perfection spirituelle : - Les premiers, qu'on nommait élus, pratiquaient un célibat et un végétarisme rigoureux, ne travaillaient pas et prêchaient. Tout achat, toute richesse, toute possession, la moindre occupation mondaine étaient condamnés. Outre cinq commandements particuliers, la règle des Trois Sceaux était imposée à l’élu dans toute sa rigueur : il devait sans défaillance ni exception se conformer au « sceau de la bouche », c’est-à-dire s’abstenir de la nourriture carnée, du sang, du vin, de toute boisson fermentée, comme de toute parole blasphématoire ; obéir au « sceau de la main », c’est-à-dire ne commettre aucune action capable de léser en quoi que ce soit la Croix de Lumière ; observer le « sceau du sein », c’est-à-dire garder la continence la plus sévère, éviter tout contact ou tout commerce charnel, s’interdire de procréer. Les élus étaient assurés d'entrer au royaume de Lumière après leur mort. - L'autre classe était constituée des auditeurs, beaucoup plus nombreux et d'un niveau spirituel inférieur. Ils devaient se conformer à un « décalogue » : ne pas se livrer à l’idolâtrie ou à la magie, ne pas mentir, ne pas se montrer avare, ne pas tuer, ne pas commettre d’adultère, ne pas faire preuve de duplicité ni de mollesse, ne pas négliger les exercices de piété. Ils étaient libres de posséder, de bâtir, de semer, de récolter, d’être agriculteurs, artisans ou commerçants, de manger de la viande et de boire du vin, de se marier ou de vivre avec une concubine, d’avoir des enfants (bien que la procréation fût déconseillée). Ils observaient des jeûnes hebdomadaires et servaient les élus. Ils ne pouvaient qu’espérer renaître dans le corps d'un élu. La distinction entre les élus et les auditeurs revient à celles qu’établissaient les gnostiques entre « pneumatiques » et « psychiques », les cathares médiévaux entre « perfecti » et « credentes », ou, plus spécialement, les valentiniens et les naassènes entre l’« Église élue » et l’« Église appelée ». À la fin des temps, tous les morceaux de Lumière divine devraient être rachetés, le Monde matériel détruit et Lumière et Ténèbres à nouveau séparées pour l'éternité. Vie et mort de Mani Mani (ou Manès ou Manikhaios ou Manichaeus, c’est-à-dire, en syriaque, Mani hayya, « Mani le Vivant »), appelé parfois Cubricus, naquit le 14 avril 216 en Babylonie. Patik, le père de Mani, s’était joint à un groupe de sectaires appelés baptistaï (baptiseurs ou baptistes) par les documents grecs et coptes, al-mughtasilah (ceux qui se lavent) par les auteurs arabes, menaqqede (ceux qui purifient ou sont purifiés) et hall heware (vêtements blancs) dans la tradition syriaque, et identiques, non pas aux mandéens, mais aux elkhasaïtes, adeptes de la doctrine répandue dans le « pays des Parthes », vers l’année 100, par le prophète Alkhasaï. Ces judéo-chrétiens combinaient avec des traditions et des observances juives certaines théories d’allure plus ou moins « gnostique », mais se réclamaient de l’autorité et des « commandements » de Jésus. C’est au sein de cette communauté que Mani vécut jusqu’en 240. Le 23 avril 240, Mani reçut de l’ange al-Tawm (le Compagnon, le Jumeau) l’ordre de proclamer tout haut sa doctrine. Mani, en qui l’Esprit saint et la Science totale étaient censés s’être alors incarnés, annonça qu’il était l’Apôtre de la Lumière envoyé par Dieu, l’Illuminateur parfait, le Paraclet, le Révélateur suprême et le « Sceau des prophètes » en tant que dernier maillon d’une chaîne de Messagers célestes dont Zoroastre (ou Zarathushtra), Bouddha et Jésus sont les principaux. Il enseigna que les révélations de ces « Apôtres » qui l’avaient précédé, étaient contenues et accomplies dans sa doctrine. Il ne tarda pas à être exclu de la communauté et à se séparer d’elle définitivement. Il la quitta, accompagné de son père et de 2 partisans. Mani parcourut l’Empire iranien en tous sens, prêchant « la Bonne Nouvelle » et organisa l’envoi de missions à l’étranger : « Mon espérance ira vers l’Occident et elle ira aussi vers l’Orient, et l’on entendra la voix de son message dans toutes les langues, et on l’annoncera dans toutes les villes. Mon Église est, sur ce point, supérieure aux Églises qui l’ont précédée. Car ces Églises étaient « élues » en des pays particuliers et dans des villes particulières. Mon Église, elle, se répandra dans toutes villes, mon Évangile touchera chaque pays. » Mani eut un grand nombre de partisans dont le roi de Perse Shahpur (ou Sapor) I (241-272). Mais le mage Kirdir, simple prêtre sous Shahpur, devint le chef suprême du zoroastrisme érigé en religion d’État, avec l’appui de Bahram II (276-293). Kirdir combattit les égarés de la « religion mazdéenne » (maguséens et zervanites) ; il persécuta les juifs, les chrétiens, les bouddhistes, les brahmanes et les manichéens. Ces derniers représentaient un danger sérieux pour le mazdéisme, car le manichéisme était une religion fortement structurée, avec un corps de doctrines que son fondateur avait tôt mises par écrit, et redoutable par son expansion prodigieuse et par sa prétention à l’universalité. Les manichéens opposaient le "vrai Mithra" au "faux Mithra chevauchant le taureau". Sur l’instigation de Kirdir, Mani comparut devant le Roi des rois en personne. Accusé de crime de lèse-religion, il fut condamné et traîné en prison. Epuisé après 26 jours d’épreuve, Mani succomba le lundi 26 février 277, à la 11ème heure. Il fut décapité et sa tête exposée à l’une des portes de la ville. Le reste du corps aurait été mutilé et jeté à la voirie, non sans que les fidèles aient pu en recueillir quelques parties, conservées comme reliques. Selon des versions plus corsées, le cadavre aurait été coupé en deux, ou bien Mani aurait été écorché vif avec des pointes de roseau. La peau, gonflée d’air, de paille ou par d’autres moyens, se serait longtemps balancée au vent, pendue à une porte de Belapat ou ailleurs… ![]() MANI 3 Les démons du manichéisme Les démons de Mani dont le nom générique iranien est deva comme en sanscrit, s'appellent aussi génies, esprits, hmurthas, liliths, faux dieux, archontes, vampires, hobolds, diables et satans... Un texte manichéen, extrait des Chapitres ou Entretiens de Mani avec ses disciples, décrit l'origine et l'aspect de ces hordes démoniaques : « Les mondes des Ténèbres sont étendus et infinis. L'on disait : « Vaste et profonde est la demeure des Mauvais dont c'est là l'empire propre. La terre en est une eau noire, la partie haute une obscurité opaque. (...) De l'eau noire, le roi des Ténèbres fut, de par sa propre nature mauvaise, formé et surgit. II devint grand, fort et puissant. Il créa et propagea des milliers et des milliers d'espèces à l'infini, des myriades et des myriades d'horribles créatures sans nombre. Et les Ténèbres s'agrandirent et se grossirent de ces deva, génies, liliths, esprits des temples et des chapelles archontes, vampires, esprits des lacs et des nœuds, satans, toutes les hideuses formes des ténèbres, de toute sorte et de tout genre, petits mâles et petites femelles issus des Ténèbres : sombres, noirs, balourds, indociles, colériques, rageurs, venimeux, prompts à la révolte, fétides, sales et puants. Certains d'entre eux sont muets, sourds, bouchés, obtus, bégayeurs, égarés, ignorants ; tels autres hardis, fougueux, puissants, énergiques, emportés, lascifs, enfants du sang, de la flamme attisée et du feu dévorant ; tels autres magiciens, faussaires, menteurs, trompeurs, artificieux, conjurateurs, sorciers, devins. Certains rampent sur le ventre, d'autres glissent furtivement dans l'eau ; certains volent, d'autres ont plusieurs pieds comme les vers de terre. Ils ont molaires et incisives en leur bouche. Le goût de leurs arbres est poison et fiel, leur saveur pétrole et goudron (...) Ce roi des Ténèbres a revêtu toutes les formes des enfants du monde : sa tête est celle d'un lion, son corps celui d'un serpent, ses ailes celles d'un aigle, ses flancs ceux d'une tortue, ses mains et ses pieds ceux d'un démon. Il va, rampe, glisse, marche, est plein d'audace, menace, rugit, siffle, clignote des yeux, émet des sons flûtés. Il connaît toutes les langues du monde. Cependant il a l'esprit obtus et confus ; ses pensées sont embarrassées et il ne connaît ni le principe ni la fin. II sait néanmoins ce qui 1 se passe dans tous les mondes. Il est plus grand que tous les mondes ; il est plus puissant et plus vaste qu'eux tous, plus fort que toutes ses créatures et plus vigoureux qu'elles. Quand il lui plaît, il se cache à leurs yeux, de façon à n'en être point vu mais il sait ce qui se passe dans le cœur de qui se tient devant lui. A son gré, il dilate son corps ; à son gré, il se fait petit. Il ramasse ses membres et les étire à nouveau, et il tient de l'homme comme de la femme. Il perçoit tous les secrets. Sa colère s'exprime par cent moyens ou effets : voix, parole, souffle, haleine, œil, bouche, main, pied, force, fiel, fureur, discours, peur, angoisse, tressaillement, tremblement, rugissement; alors tous les mondes des Ténèbres sont plongés dans l'épouvante. Son apparence est horrible, son corps fétide, sa face distorse. L'épaisseur des lèvres de sa bouche mesure 1444 milles. Au souffle de sa bouche, le fer entre en fusion et le roc est par son haleine échauffé. Lève-t-il les yeux, les montagnes s'ébranlent. Au murmure de ses lèvres les plaines sont secouées... » (Satan, le Prince des Ténèbres en son royaume) Expansion du manichéisme Dans le siècle qui suivit la mort de Mani, le manichéisme se répandit à l'Est jusqu'en Chine et, à l'Ouest, dans tout l'empire romain (Rome fut atteinte sous le pontificat de Miltiade, 311-314) jusqu’en Afrique du Nord et en Espagne où il se manifesta au VIe siècle. En 297, l’empereur Dioclétien adressa, d’Alexandrie au proconsul d’Afrique, Julianus, un édit (dit du Maximum) stigmatisant la "pernicieuse et monstrueuse nouveauté introduite par la nation perse dans l’Empire romain" ; l’édit condamnait à la mort et à la confiscation de leurs biens les chefs de la secte manichéenne. Le manichéisme ne succomba pas sous ce coup : nombre de chrétiens égyptiens ne pouvaient être que sensibles à une doctrine qui présentait tant d’affinités avec la gnose, notamment avec l’encratisme. Augustin d’Hippone fut « auditeur » de la secte pendant 9 ans environ (de 373 à 382). Il a imaginé le dialogue suivant entre un manichéen (Fauste) et lui-même : « Augustin : - Croyez-vous qu'il y ait deux dieux ou qu'il n'y en ait qu'un seul ? Fauste : - Il n'y en a absolument qu'un seul. Augustin : - D'où vient donc que vous assurez qu'il y en a deux ? Fauste : - Jamais, quand nous proposons notre créance, on ne nous a ouïs seulement parler de deux dieux. Mais dites-moi, je vous prie, sur quoi vous fondez vos soupçons. Augustin : - C'est sur ce que vous enseignez qu'il y a deux principes, l'un des biens, l'autre des maux. Fauste : - Il est vrai que nous connaissons deux principes ; mais il n'y en a qu'un que nous appelions Dieu ; nous nommons l'autre hylé (la matière), ou, comme on parle communément, le démon. Or, si vous prétendez que c'est là établir deux dieux, vous prétendez aussi qu'un médecin qui traite de la santé et de la maladie établit ainsi deux santés, ou qu'un philosophe qui discourt du bien et du mal, de l'abondance et de la pauvreté, soutient qu'il y a deux biens et deux abondances. » Le marcionisme et l’encratisme se fondirent probablement dans le manichéisme. Dès le IIIe siècle, l'hérésie chrétienne novatienne fut qualifiée de « cathare » (du grec kataros « pur ») parce qu'elle excommuniait tous les chrétiens apostats ou simplement fautifs, même repentis. Epiphane signala sous le nom d’apostoliques ou apotactiques une secte manichéenne du IVe et du Ve siècle qui professait le refus du mariage, la continence et le détachement des biens matériels. Le pape Sirice (384-398) combattit les hérésies des novatiens, des donatistes, des priscillianistes et des manichéens en général. Les Yezidi (ils s'appellent « Dasni »), de langue kurde, qui vivent au nord de Mossoul, ont conservé une religion syncrétiste intégrant des éléments du paganisme chamanique, du mazdéisme (zoroastrisme), du manichéisme, du judaïsme, du nestorianisme et de l'islam. LE PRISCILLIANISME Priscillien, espagnol né près de Cordoue, laïque riche et cultivé, menait vers 370 une vie d’ascétisme sévère, qui lui valut une grande réputation et lui attira de nombreux disciples : des femmes, des clercs, et même des évêques. Sa doctrine était un mélange de sabellianisme, de docétisme, de panthéisme et de manichéisme. On lui reprocha de s’abstenir de la communion, de déclarer la chair des animaux immonde, de tenir des réunions secrètes et de s’y livrer à des pratiques immorales, de professer, par contre, un rigorisme qui allait jusqu’à la condamnation du mariage, et de recommander la lecture de livres apocryphes. En 380, le concile de Saragosse condamna ces pratiques, mais sans nommer Priscillien lui-même. Priscillien, Elpidius et deux évêques, Instantius et Salviano, cités au concile, ne se présentèrent pas. Priscillien fut consacré évêque d’Avila par deux prélats qui partageaient ses idées. Les évêques, Hydacius d’Emerita (Mérida) et Ithacius d’Ossonoba, ayant obtenu de l’empereur Gratien un décret de bannissement contre les « manichéens », Priscillien passa alors en Aquitaine (Bordeaux) où il recruta de nouveaux disciples, puis en Italie où il essaya en vain d’obtenir l’appui de Ambroise et du pape Damase (qui refusa de le recevoir). Priscillien s'adressa alors à l'empereur Gratien afin de faire casser le décret, rendu sur la demande de Ithace, qui chassait les priscillianistes de leurs églises. Il réussit dans cette dernière démarche et revint en Espagne où sa secte prit un accroissement encore plus considérable. Après la mort de l'empereur Gratien (383), l'évêque Ithace s'empressa de s'adresser au nouvel empereur Maxime et de faire appel de nouveau au bras séculier. Maxime, qui s’était emparé du pouvoir en Gaule contre Gratien et cherchait à se gagner les évêques catholiques, convoqua un concile à Bordeaux pour examiner l’affaire (384). Priscillien demanda à être jugé par Maxime lui-même qui résidait à Trèves. Hydacius et Ithacius l’y rejoignirent et jouèrent le rôle d’accusateurs. Malgré l’intervention de Martin de Tours, alors à Trèves lui aussi, Priscillien fut convaincu de « maléfice » et de pratiques immorales. Il fut condamné à mort et exécuté, avec 6 de ses disciples, dont une femme, en janvier 385 : ils furent les premiers dans l’histoire à subir la peine de mort pour hérésie. Martin de Tours, Ambroise et le pape Sirice protestèrent contre cette mesure et rompirent la communion avec Hydacius et Ithacius. Priscillien fut vénéré comme martyr par ses disciples ; après la chute de Maxime, la secte se répandit dans toute l’Espagne. Combattue par Jérôme de Stridon et par Augustin d'Hippone et condamnée par le concile de Tolède (400), elle subsista jusqu’au VIe siècle et fut condamnée une dernière fois par le concile de Braga (561-563) : « Si quelqu'un prétend que le diable n'a pas été d'abord un (bon) ange fait par Dieu, et que sa nature n'a pas été l'œuvre de Dieu, mais (s'il) prétend qu'il est sorti du chaos et des ténèbres et qu'il n'a personne pour auteur de son être, mais qu'il est lui-même le principe et la substance du mal, comme le disent Mani et Priscillien, qu'il soit anathème. (…) Si quelqu’un condamne le mariage humain et abhorre la procréation des enfants, comme Mani et Priscillien l’ont dit, qu’il soit anathème. Si quelqu’un dit que la formation du corps humain est l’œuvre du diable et que la conception dans le sein maternel est le travail des démons, et si, pour ce motif, il ne croit pas à la résurrection de la chair, comme Mani et Priscillien l’ont dit, qu’il soit anathème. » En 445, le pape Léon le Grand fit expulser les communautés dualistes hors de Rome et de l’Italie. Il lutta également contre le pélagianisme, le nestorianisme, le monophysisme et le priscillianisme (Léon invita l’évêque d’Astorga en Galice à réunir un concile contre les priscillianistes). En 491, le manichéisme bénéficia en Orient de la protection de l'empereur Anastase I. Les empereurs Justin et Justinien promulguèrent en 527 la loi édictant contre les sectaires la peine capitale ; la loi fut implacablement mise à exécution par les autorités civiles et ecclésiastiques qui s’en prirent, entre autres, aux manichéens. En 529, le mouvement des mazdakites, proche du manichéisme, fut anéanti dans le sang. LES PAULICIENS Au VIIe siècle, les pauliciens apparus au sein du christianisme d'Asie Mineure et sans doute influencés par le manichéisme perse, adoptèrent à leur tour une théologie dualiste et ascétique. La secte paulicienne se développa surtout en Arménie où elle subit les persécutions des empereurs byzantins à partir du VIIIe siècle. Les hérésiarques pauliciens, aux tendances gnostiques, rejetaient tout le Nouveau Testament, sauf Paul. Sur l’ordre de l’empereur Constantin V Copronyme (741-775), puis de Jean I Tzimiskès (969-976), les pauliciens furent déportés en masse de Syrie et d’Arménie en Thrace et dans les environs de Philippopolis (Plovdiv). Ils contribuèrent, avec d’autres groupes gnostiques tels que les messaliens, à faire naître dans ces régions, vers 940, le mouvement des bogomiles que le patriarche de Constantinople, Théophylacte (933-956), dénonça, dans une lettre au « tsar » Pierre de Bulgarie comme « un manichéisme mâtiné de paulicianisme ». D’après un fragment de texte provenant d’Asie centrale, le manichéisme fit son apparition en Chine en 675. Le 16 juillet 731, sur ordre de l’empereur Xuanzong, le « Catéchisme de la religion du Buddha de Lumière, Mani (Moni guangfo jiao fa yi liüe) » fut composé par un « évêque » manichéen. Le texte, adroit mélange de taoïsme, de bouddhisme et de manichéisme et présentant Laozi et Sakyamuni (Bouddha) comme des précurseurs ou des avatars antérieurs de Mani, était destiné à renseigner les autorités sur les dogmes, les Écritures, la discipline de la secte afin de la faire agréer officiellement. En 732, un édit accorda la liberté de culte à la « doctrine de Mo-mo-ni » (Mar Mani). Entre 754 et 775, « l’Église de la Lumière » eut pour chef suprême, pour « imam», un Africain, Abu Hilal al-Dayhuri. En 757, l'empereur byzantin Constantin V implanta une secte manichéiste dans les Balkans pour protéger sa frontière contre les Bulgares. La conversion, en 763, d’un souverain des Ouïghours (Turcs septentrionaux), sans doute Buqu Qan, fit du manichéisme la religion officielle de l’État ouïghour. Le VIIIe siècle fut une période florissante pour les manichéens de Mésopotamie, grâce au régime de tolérance dont ils jouirent durant le khalifat des Omayyades. L’avènement des Abbassides en 775 amena un revirement de la situation. Al-Madhi (775-785) entama des persécutions sanglantes plus ou moins pratiquées par ses successeurs. Sous al-Moqtadir (908-932), les manichéens durent chercher refuge dans le Khorasan. En 843, Théodora, veuve de l’empereur Théophile (829-842) et régente au nom de son fils, le petit Michel III, persécuta les manichéens qu’elle fit périr en grand nombre. Sous le règne de Michel III l’ivrogne (+ 867), deux grands hommes d’État, le logothète Théoctistos et le césar Bardas, frère de Théodora, prirent l’offensive contre les Arabes et aussi contre les hérétiques pauliciens qui, persécutés par Théodora, avaient constitué sur le haut Euphrate un État indépendant, allié aux Arabes. Après cent cinquante ans de luttes, ils furent définitivement chassés de l'empire d'Orient et se réfugièrent alors en Bulgarie, d'où leur vint le nom de Bulgares, transformé en « Bougres » par les Français. En 843, l’empereur Wuzong interdit le manichéisme dans le Royaume du Milieu et persécuta ses adeptes. Pour échapper à l'autorité du patriarche de Constantinople, les pauliciens se firent catholiques au XIIIe siècle. Aujourd’hui 70.000 fidèles pratiquent le rite paulicien, proche du rite arménien et forment deux diocèses (distincts de l'exarchat bulgare de rite byzantin) : Nicopoli (à Roussé) et Sofia-Philippopoli (à Plovdiv). LES BOGOMILES Vers 940, en Bulgarie, le pope Bogomil (« ami de Dieu » en bulgare) prit la tête d’un mouvement de contestation du régime féodal et du pouvoir de la hiérarchie ecclésiastique. En 973, le prêtre Kosmas lança un appel contre les insurgés bogomiles. La pensée bogomile était fondée sur un système manichéen qui opposait lumière et ténèbres, esprit et matière (Bien et Mal) et puisait ses préceptes dans l’Evangile, n'acceptant dans l'Ancien Testament que les Psaumes et le Livre des Prophètes. Les bogomiles considéraient que la création, qu'ils jugeaient mauvaise, ne pouvait être que l'œuvre d'un Dieu obscur, à laquelle ne saurait participer le Dieu bon. Ils s'opposaient à l’Eglise officielle, pratiquaient un ascétisme très strict, refusaient les images (la croix, en particulier) et le temple ; ils rejetaient la Trinité (qui, pour eux, faisait du Père une personne supérieure au Fils et au Saint-Esprit), la naissance divine du Christ (et même la réalité de sa forme humaine) et les sacrements du baptême, de l’eucharistie et du mariage. Les initiés étaient appelés « Parfaits ». Le terme "bougres" qui va désigner les cathares (voir ci-après) est une déformation de "bulgares". LE CATHARISME Définition Il est probable que les sectes, successivement apparues, des pauliciens, des bogomiles et des cathares formèrent les anneaux d’une même chaîne : le paulicianisme engendra le bogomilisme qui donna, à son tour, naissance au mouvement cathare. Les cathares (du grec kataros : pur) adhéraient à un système dualiste manichéen qui prospérait autour de la Méditerranée depuis des siècles. Les dualistes croyaient en l'existence séparée et indépendante d'un dieu du Bien et d'un dieu du Mal. Les cathares se signalèrent par leur ascétisme rigoureux et une théologie dualiste fondée sur le manichéisme, issu du gnosticisme et du zoroastrisme (mazdéisme réformé par Zarathoustra) : la croyance en l'affrontement du Bien et du Mal, reflet d'un univers composé d'un monde spirituel créé par Dieu opposé au monde matériel créé par Satan. En Europe occidentale le mouvement cathare, diffusé par les réfugiés bogomiles, se répandit, à partir de la fin du Xe siècle, en Italie, en Lombardie, en Rhénanie, aux Pays-Bas, en France (Champagne, Bourgogne, Carcassonne, Toulouse, Albi) et en Catalogne. Les patarins Les cathares d’Italie furent appelés patarins (de l'italien patarino : chiffonnier, de Pataria, quartier pauvre de Milan). A l’origine, les patarins formaient une communauté de clercs du XIe siècle qui tenta de réformer le clergé concubinaire et simoniaque avec l'assentiment du pape Grégoire VII. Elle finit par se lier aux bogomiles et aux cathares au XIIe siècle. Les albigeois et les publicains Les cathares du nord de la France furent qualifiés de « publicains », ceux du Sud-ouest d'« albigeois ». Persécutés puis chassés du Nord, les prédicateurs cathares durent se diriger vers le sud où ils furent mieux accueillis dans la province semi-indépendante du Languedoc et dans les régions environnantes. Vers 1017 : le catharisme, apparu en Limousin, gagna l’Aquitaine. Vers 1020 : le catharisme s’étendit dans le comté de Toulouse et dans le midi. Le 28 décembre 1022, à Orléans, condamnées au bûcher par un concile, 14 bogomiles (des clercs qui avaient pratiqué l'imposition des mains « qui selon eux lavait les péchés, emplissait du don du Saint -Esprit et sauvait l'âme » et des nobles) sont brûlés devant le roi Robert II le Pieux et la reine (peu avant des hérésies similaires avaient été punies par le feu en Espagne et en Italie). En 1030, des cathares furent exécutés à Monteforte et Asti en Italie. En 1114, on exécuta des cathares, désignés sous le terme d’« apostoliques », à Cologne et dans la région de Soissons. 1118 : le grand prédicateur bogomile Vasili, condamné pour hérésie par l'empereur byzantin Alexis I Comnème, périt sur le bûcher. 1120 : le pape Calixte II dénonça l'hérésie cathare. En 1135, les cathares découverts à Trêves et Utrecht furent brûlés sur ordre de l'empereur Lothaire. En 1143, Eckbert von Schönau citait 10 préceptes hérétiques des cathares germaniques : « Ils rejettent le mariage, le baptême des enfants. Ils nient l'existence du purgatoire et la présence du corps et du sang du Christ dans l'Eucharistie ainsi que l'humanité du Sauveur. Ils considèrent comme inutiles les prières pour les âmes des défunts et condamnent la messe de la même manière. A leurs yeux, seul compte le baptême des adultes par l'Esprit-Saint et le feu. Ces hérétiques proclament que la procréation est l'œuvre du diable, que l'âme humaine, esprit rejeté du Royaume céleste et enfermé dans un corps d'homme, ne peut trouver le salut que par les bonnes œuvres. Enfin, les dualistes évitent de consommer toute nourriture carnée » En 1144, le chapitre de la cathédrale de Liège envoya au pape Lucius II une lettre décrivant « les blasphèmes de cette néfaste hérésie qui consistent à nier la rémission des péchés dans le baptême, à réputer vain le sacrement du corps et du sang du Christ, à condamner le mariage, à prétendre qu'il n'y a d'autre Eglise catholique que la leur, à considérer tout serment comme un crime » En 1145, Bernard de Clairvaux accompagna le cardinal-légat Albéric et prêcha à Poitiers, Bergerac, Périgueux, Sarlat, Cahors, Verfeil, Albi, etc. En 1146, Geoffroy d’Auxerre signala que le populus civitatis albigensis (le pays albigeois) était infesté par l’hérésie. En 1147, à Verfeil, Bernard de Clairvaux fut conspué lors d’un prêche contre les cathares. Des francigènes rencontrèrent à Constantinople des représentants de l’ordre (cathare) de Bulgarie, dont ils adoptèrent la doctrine modérée. De retour en France, ils instituèrent un évêque de France. Ils influencèrent au sud de la Loire les « provinciales » qui embrassèrent leurs idées et créèrent à leur tour quatre évêques, à Carcassonne, Albi, Toulouse et Agen. Pierre de Bruys et Henri l'Ermite En 1148, au concile de Reims, le pape Eugène III fulmina dans un canon une peine d'excommunication pour tous ceux qui viendraient en aide ou recevraient des hérétiques. Le concile condamna Henri l'Ermite à la prison perpétuelle et anathématisa ses doctrines. Malgré les efforts tentés au XIIe siècle pour rétablir la discipline en France, les désordres du clergé étaient extrêmes ; les clercs, les prêtres, les chanoines vivaient publiquement avec des femmes ; dans beaucoup d'églises, tout se vendait à prix d'argent : même les sacrements. Telles furent les circonstances qui aidèrent à la propagation des doctrines de Pierre de Bruys (prêtre et prédicateur français qui parcourut le Dauphiné, la Provence et le Languedoc et périt dans les flammes d'un bûcher qu'il avait allumé pour brûler des croix, vers 1131) et d'Henri l'Ermite ou Henri de Lausanne ou de Bruys (ancien moine qui suivit Pierre de Bruys et mourut en 1148). Un grand nombre de manichéens se rallièrent à la nouvelle secte, qui, en peu d'années, fit des progrès immenses, surtout dans le midi de la France. Les henriciens (partisans d'Henri l'Ermite) rejetaient l'Ancien Testament, le culte extérieur tout entier, surtout le culte de la croix, condamnaient l'usage des églises, des sacrements, des chants et des prières publiques. Ils repoussaient la messe, niaient l'efficacité des prières pour les morts. Ils admettaient le baptême mais ne le conféraient qu'aux adultes comme dans la primitive Eglise. Sous l'influence des prédications des novateurs, dans plusieurs contrées, le peuple entra en fureur contre le clergé. Les sectaires se réunissaient en troupes, maltraitant les prêtres, saccageant les églises, brûlant les croix, rebaptisant de gré ou de force les habitants des lieux qu'ils traversaient. Les contradictions les plus singulières se rencontraient dans les doctrines des henriciens : tandis qu'ils condamnaient généralement le mariage, un certain nombre d'entre eux voulaient contraindre les moines à prendre femme. Les doctrines d'Henri l'Ermite lui survécurent et se fondirent dans l'hérésie des albigeois. Progression de l’hérésie Nicolas, évêque de Cambrai, enregistra la condamnation portée par les évêques de Cologne, Trèves, Liège, entre 1151-1152 et 1156, contre un clerc, Jonas, « convaincu de l’hérésie des cathares ». Dans ses sermons visant les hérétiques rhénans, Eckbert, abbé de Schönau, leur reprochait d’avoir « eux-mêmes assumé cette appellation de "purs" ». Dans sa bulle du 5 février 1153, adressée à l'évêque d'Arras, le pape Eugène III s'inquiétait des progrès de l'hérésie dans le Nord de la France et en Flandre. En 1163, le concile de Tours évoqua les hérétiques albigeois (haeretici albigenses). En 1165, le concile de Lombers (Tarn) condamna des hérétiques. En mai 1167, Papaniquintas (ou Niquinta ou Nicetas ou Nikitas), évêque bogomile ou pape des hérétiques de Constantinople, de l’ordre de Dragovitza, présida, en Lauragais, au château de Saint-Félix de Caraman, près de Toulouse, une assemblée de cathares albigeois et italiens. Six Églises étaient représentées : celles des francigènes au nord de la Loire, d’Albi au sud, avec leurs évêques Robert d’Épernon et Sicard Cellerier, celle de Lombardie que dirigeait Marc, et les conseils des Églises de Toulouse, Carcassonne, Aran (Agen), qui réclamaient et élisaient chacun leurs chefs respectifs. Niquinta conféra à tous le consolamentum de son ordre. Il consacra ensuite et renouvela dans leurs fonctions épiscopales Robert d’Épernon et Sicard Cellerier ; il titularisa Marc, évêque de Lombardie, et consacra les trois dignitaires élus : Bernard-Raimond à Toulouse, Guiraud-Mercier à Carcassonne, Raimond de Casals à Agen. En 1177, le comte de Toulouse, Raimond V, constatait que « l'hérésie a pénétré partout. Elle a jeté la discorde dans toutes les familles ... des prêtres eux-mêmes cèdent à la tentation. Les églises sont désertes et tombent en ruine ». Le pape Alexandre III (1159-1181) envoya son légat Pierre, cardinal de Saint-Chrysogone, en mission auprès des cathares, sans résultat. Précroisade et commissions inquisitoriales 1178-1181 : précroisade contre les albigeois. Les conciles de Latran III (1179) et de Latran IV (1215) condamnèrent les albigeois et les vaudois (bien que les théologiens les distinguassent soigneusement et que les vaudois fussent hostiles aux cathares). En Juillet 1181, le légat du pape Henri de Marcy, cardinal d'Albano, assiégea et prit Lavaur, défendue par Adélaïde de Toulouse, qui se soumit, ainsi que son époux Roger II Trencavel. Arrêtés, deux parfaits furent emmenés devant le concile du Puy-en-Velay (15 septembre) où ils abjurèrent leur foi 6. En 1184, le concile de Vérone condamna le néomanichéisme (catharisme). Le pape Lucius III et Frédéric Barberousse définirent les châtiments corporels à infliger aux hérétiques. Le concile donna ordre aux évêques de rechercher eux-mêmes les hérétiques ; il fit appel aux princes et aux seigneurs pour lutter contre l’hérésie sous peine d’excommunication ; il créa une « constitution » qui faisait des évêques les premiers inquisiteurs et qui livrait aux bras séculiers clercs et laïcs coupables d’hérésie. Le 25 mars 1199, la bulle Vergentis in senium d'Innocent III établit la procédure inquisitoriale contre les albigeois. Innocent III s’adressa au roi Émeric de Hongrie, dans une décrétale, en lui demandant de réagir contre la propagation de l’hérésie patarine en Bosnie. En 1200, les premières commissions inquisitoriales composées de prêtres et de laïcs furent présentes au concile d’Avignon. En 1205, de retour de Danemark, Diègo d'Acebes, évêque d'El Burgo de Osma (Espagne), et Dominique de Guzman allèrent à Rome et obtinrent du pape Innocent III la mission de parcourir, avec quelques compagnons, les régions atteintes par l'hérésie et d'y prêcher l'Evangile par la parole et par l'exemple. Ils furent frappés par les abus du clergé et l'importance qu'avait pris l'hérésie des albigeois. Comme les "bons hommes", ils prirent la route à pied, dans le dénuement, emportant seulement les livres nécessaires à l'office, l'étude et la « dispute » (l’explication théologique qu'il menait avec les hérétiques). En 1206, en accord avec son évêque, Dominique quitta le chapitre d'Osma et la communauté des chanoines de Saint-Augustin, pour devenir curé de paroisse à Fanjeaux (Aude), près de Carcassonne, en plein pays cathare. Pour concurrencer une institution cathare comparable, il fonda à Prouilhe (près de Fanjeaux) un monastère pour quelques « parfaites » converties chargées de prier pour la conversion des cathares. En 1207, une dispute théologique fut organisée sur plusieurs jours à Montréal, près de Carcassonne entre le futur saint Dominique et l’évêque cathare Guilhabert de Castres, mais la prédication échoua. La croisade En 1207, Innocent III, dans une lettre aux évêques du Midi, exposa pour la première fois les principes qui justifiaient l’extension de la croisade en pays chrétien : l’Église n’est plus obligée de recourir au bras séculier pour exterminer l’hérésie dans une région ; à défaut du suzerain, elle a le droit de prendre elle-même l’initiative de convoquer à cette œuvre tous les chrétiens, et même de disposer des territoires contaminés en les offrant, par-dessus le suzerain, comme butin aux conquérants. Cette pratique, appelée terram exponere occupantibus» ou terram exponere catholicis occupandam (livrer la terre aux occupants, ou à l’occupation des catholiques), recevra aux XVIe et XVIIe siècles le nom de "exposition en proie". Le 15 janvier 1208, après une vaine entrevue avec Raimond VI à Saint-Gilles, le légat Pierre de Castelnau était assassiné près d’Arles par un personnage que l’on identifia comme étant un écuyer du comte, sans que cette identification et la responsabilité du comte fussent prouvées. Le 10 mars, le pape appela à la croisade (elle dura jusqu’en 1229 où la lutte de l’Église contre les hérétiques prit alors la forme de l’Inquisition). Le 1er mai 1209, le roi de France, Philippe II Auguste, et le légat du pape, Arnaud Amaury (ou Amalric), abbé de Cîteaux, convoquèrent une assemblée des grands du royaume, près de Sens, pour préparer la croisade contre les Albigeois. En juin, les Croisés se rassemblèrent à Lyon. Le 22 juillet, les croisés de Simon de Montfort saccagèrent Béziers et massacrèrent 7.000 personnes (même celles réfugiées dans l'église), en présence du légat du pape, l'abbé de Cîteaux Arnaud Amaury (ou Amalric), auquel le moine allemand Césaire de Heisterbach attribuera (dans son recueil Dialogues des miracles écrit entre 1219 et 1223) la phrase : « Massacrez-les ! Car le seigneur connaît les siens. ». Césaire est le seul à faire cette citation qui n'est rapportée par aucune autre source locale et contemporaine. Jusqu’à sa mort, Arnaud Amaury niera avoir prononcé ces mots. Au début du siège de la ville, le légat avait exigé que tous les catholiques sortissent de la ville afin qu'ils ne partageassent pas le sort des cathares. En août, Carcassonne était conquise. En 1211, se tint le concile de Tarnovo (Bulgarie) contre les bogomiles jugés comme hérétiques. Le 3 mai, Lavaur fut prise par les croisés qui brûlèrent 400 albigeois ; dame Guiraude ou Géralda de Laurac, après avoir été livrée aux soldats, fut jetée vive au fond d'un puits et enfouie sous les pierres. En 1213, la coalition occitano-aragonaise fut battue par les Croisés à Muret. En 1215, le 4e concile de Latran attribua à Simon de Montfort le pays conquis sur le vieux comte de Toulouse qu’il « déchoit de tout droit de souveraineté » et fit des dominicains les prédicateurs officiels de l'orthodoxie catholique. La même année, Dominique fonda l'ordre des Frères prêcheurs. En 1219, une bulle d'Honorius III débutait par ces mots : « Que chacun de vous ceigne son épée et n’épargne ni son frère ni son plus proche parent. » L’empereur Frédéric II en 1220 et 1224, le roi de France Louis VIII en 1226, la régente Blanche de Castille et le comte de Toulouse lui-même en 1229, publièrent des ordonnances contre les hérétiques. De Pâques 1224 à 1226, Antoine de Padoue, qui avait acquis une expérience en ce domaine en Italie du Nord (Rimini, Bologne), prêcha en terre cathare dans le midi de la France. En 1225, les chefs cathares se réunirent en concile à Pieusse, près de Limoux. Le 28 janvier 1226, le concile de Bourges excommunia Raimond VII de Toulouse. Au printemps, Louis VIII partit en croisade contre les albigeois ; il s’empara des terres des Trencavel et du Languedoc septentrional et oriental (sénéchaussées de Beaucaire et de Carcassonne) mais renonça à attaquer Toulouse. Louis négocia la cession au domaine royal des territoires annexés par Simon de Montfort et son fils. Le 12 septembre, à la demande du pape, le roi prit Avignon où les catholiques avaient été persécutés. Au retour de cette croisade, Louis VIII mourut de la dysenterie (qui ravageait son armée) à Montpensier en Auvergne le 8 novembre. En été 1227, le château de Labécède-en-Lauragais (Aude), commandé par Oliver de Termes, était pris par Humbert de Beaujeu au nom du roi : le diacre hérétique Gérard de la Mole et se compagnons furent brûlés vifs. Le 12 avril 1229, Jeudi saint, Paris, Raymond VII, comte de Toulouse, battu par Amaury de Montfort (fils de Simon) signa le traité de Paris, négocié à Meaux au printemps, avec la régente Blanche de Castille et se réconcilia avec l'Eglise (il reçut l'absolution à l'autel, nu-pieds et en chemise ; le traité de Paris, lu publiquement devant le parvis de Notre-Dame, enlevait à Raimond VII, au profit du roi de France, toute la façade méditerranéenne ; le reste, c’est-à-dire la région toulousaine, passa, à la mort du comte, à son gendre Alphonse de Poitiers, frère de Saint Louis, puis à Philippe III le Hardi en 1271 : dès lors, l’ancien comté servit de cadre au Languedoc royal. En avril toujours, par l’ordonnance Cupientes adressée "aux citoyens de Nîmes et de Carcassonne et aux fidèles des deux diocèses contre les hérétiques et les excommuniés": "le roi ordonne la punition des hérétiques condamnés par leur évêque, défend de leur donner asile, enjoint aux barons et aux officiers royaux de les poursuivre, promet une prime à ceux qui les prendront, prescrit la saisie des biens meubles et immeubles de tout hérétique non réconcilié au bout d'un an, rétablit au profit des églises les dîmes usurpées, avec ordre aux barons, vassaux, et bonnes villes de jurer l'exécution de l'ordonnance entre les mains des baillis et à ceux-ci de prêter le même serment dans le mois de leur nomination" 4. Réuni en automne, le concile de Toulouse fixa la procédure de l’Inquisition : « Les évêques choisiront en chaque paroisse un prêtre et deux ou trois laïques de bonne réputation auxquels ils feront serment de rechercher exactement et fréquemment les hérétiques ... » ; les sentences seront prononcées par l’évêque : en cas d’hérésie sans repentir, c’est le bûcher ; en cas de repentir, c’est la prison à vie. L’inquisition En février 1231, Grégoire IX confirma les décisions du concile de Toulouse de 1229 fixant la procédure de l’inquisition. La constitution Excommunicamus enleva aux évêques « trop timorés» la charge de veiller à l'orthodoxie des fidèles et mit les inquisiteurs sous la juridiction spécifique de la papauté. Pour la première fois, un ensemble de mesures attribuait à une juridiction d’exception (Inquisitio hereticae pravitatis) le châtiment des ennemis de la foi : l’Inquisition était née. Grégoire IX munit l’inquisiteur allemand, Conrad de Marburg, de l’ordre de Prémontré, de pouvoirs très étendus pour poursuivre les hérétiques, et particulièrement la secte cathare extrémiste des lucifériens, qui s’adonnait à des pratiques proches de la sorcellerie ; avec ses auxiliaires Dorso et Jean, Conrad agit avec un tel fanatisme qu’il souleva le mécontentement d’un grand nombre d’habitants et fut massacré par des chevaliers dans le voisinage de Marburg. En 1232, une bulle de Grégoire IX, qui accusait de pratiques sacrilèges (sorcellerie, orgies, crucifixion des prêtres) les cathares du Nord, justifia une série de croisades contre les Stedinger du Bas-Weser auxquels il était reproché de perpétuer la tradition des vieilles tribus germaniques. Une première croisade, payée d’indulgences plénières, échoua ; elle fut suivie en 1233 et 1234 de deux autres croisades qui firent des milliers de morts. En 1233, par la bulle Ille humani generis, Grégoire IX installa l’Inquisition en Languedoc et deux tribunaux fixes furent mis en place à Carcassonne et à Toulouse, malgré des soulèvements populaires à Toulouse, Narbonne et Albi (1234-1235). Le 20 avril, Grégoire informa les archevêques et les autres prélats qu’il les soulageait d’une partie de leur fardeau en choisissant, pour combattre l’hérésie, les Frères prêcheurs. Le 22, le pape donna mandat au provincial des Frères Prêcheurs de Provence pour désigner des religieux chargés de la répression de l'hérésie. Peu de temps après, les franciscains furent adjoints aux dominicains et leur juridiction s'étendit à la chrétienté toute entière. En juin, une deuxième croisade contre les Stedinger pénétra sur le territoire oriental, resté cependant à l’écart des luttes, et se livra à un massacre général (lors de l’attaque de la rive gauche, Oldenbourg, chef des croisés, fut tué avec deux cents de ses soldats). La même année, l’évêque cathare Vigoureux de Baconia était brûlé vif : il fut la première victime de l'Inquisition en France. Le 27 mai 1234, à la bataille d’Altenesch, 6.000 Stedinger furent mis à mort par une puissante armée levée pour une troisième croisade (en 1236, Grégoire consentit à admettre les survivants dans le giron de l’Église, à la condition qu’ils offrissent toutes les garanties d’une parfaite obéissance). En 1235, 210 cathares furent brûlés à Moissac. Ayant voulu faire déterrer du cloître Saint-Salvy les restes de chanoines convaincus d'hérésie pour les incinérer, l'Inquisition suscita une révolte à Albi. En novembre, les dominicains étaient expulsés de Toulouse. « Cette année-là (1239, ndlr), le vendredi de la semaine avant la Pentecôte (13 mai, ndlr), fut fait un immense holocauste agréable au Seigneur en brûlant des Bougres (hérétiques cathares, ndlr) ; 183 furent brûlés en présence du Roi de Navarre et des barons de Champagne au Mont-Aimé » [Aubry du Monastère de Trois-Fontaine (Haute Marne)]. Dans la nuit du 28 au 29 mai 1242, veille de l’Ascension, dans le château d'Avignonet, des chevaliers cathares de Montségur, vinrent tuer à coups de lance, d'épée et de hache les membres du tribunal de l'Inquisition de Toulouse (les dominicains Guillaume Arnaud, Bernard de Roquefort et Garcia d’Aure, les franciscains Étienne de Saint-Thibéry et Raymond Carbonier, le chanoine Raymond de Cortisan, surnommé Escriban, archidiacre de Lezat et son clerc Bernard, le notaire Pierre d’Arnaud, les clercs Fortanier et Aymar, et le prieur curé d’Avignonet dont on ignore le nom), Le 30 octobre, à Lorris (Loiret), Raymond VII, comte de Toulouse, qui avait repris la lutte, fit la paix avec le roi Louis IX : il renonça à Narbonne et Albi et promit de faire la chasse aux hérétiques cathares. Le 14 mars 1244, Montségur, dernier foyer de résistance cathare, tomba. Le 16, plus de 200 cathares, qui refusaient d’abjurer, furent brûlés vifs. Mai à juillet 1246 : condamnations de cathares à Toulouse. En 1247, Raimon VII fit brûler 80 cathares à Berlaigues près d'Agen. Après Padern (1248) et Puilaurens (1250), les châteaux de Quéribus et de Niort-de-Sault se rendirent en 1255. Vers 1250-1280, dans l’Aude, le Nouveau Testament fut traduit en provençal pour les cathares. En 1273, Durand de Rouffiac avoua à l’inquisiteur Ranulphe de Plassac que « l’âme n’est rien d’autre que le sang dans le corps ». En 1277, 178 cathares furent brûlés par l’inquisition en Lombardie. En 1282, fut posée, à Albi, la première pierre de la cathédrale-forteresse Sainte-Cécile (le choeur ne sera consacré que le 23 avril 1480) ; le 1er août 2010, la cité épiscopale d'Albi sera inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO. En 1295, l’Église créa, à Pamiers, un évêché et un tribunal d’inquisition. L’évêque Pierre fournier, inquisiteur plutôt « modéré » fit périr sur le bûcher 5 hérétiques albigeois de Montaillou d’où il extirpa l’hérésie ; il devint le pape Benoît XII en 1334. 1300 : soulèvement albigeois. Vers 1300, en Ariège, Guillemette Benet d’Ornolac et Raimond d’Aire de Tignac soutinrent que l’âme humaine n’est rien d’autre que le sang. En 1308, le château de Montaillou, dernier bastion cathare de Haute Ariège, fut détruit ; les cathares qui s’y trouvaient furent arrêtés et conduits à Carcassonne devant le tribunal de l’inquisition. Les derniers apôtres cathares, les « Bonshommes », allèrent se mettre sous la protection des seigneurs catalans. 1320 : mort en détention du franciscain Bernard Délicieux (Deliciosi) qui défendit les albigeois contre l’inquisition à Carcassonne. Limosus Nigri écrivit vers 1320-1325 : « Dieu créateur de toutes choses a d’abord créé les archanges, fils de Dieu. Il leur a accordé une telle puissance qu’ils ont à leur tour créé les anges, moindres qu’eux en valeur et en force. Tous ces êtres sont appelés anges et Vierge Marie. Ceux-ci ont fondé l’abstinence et la chasteté, qui sont supérieures au soleil et à la lune. Les mictions du soleil et de la lune ont, en s’agglutinant, formé la terre. De ce limon putride, Adam et Ève ont été créés par la force du soleil et de la lune, non par Dieu qui est au-dessus de tout péché. Ainsi le soleil, la lune et tous les êtres inférieurs sont faits de corruption... » Le 24 août 1321, à Villerouge-Termenès, Guilhem Bélibaste, dernier "parfait" cathare, arrêté en Catalogne, était brûlé vif : « Je ne me soucie pas de ma chair car je n'ai rien en elle : elle appartient aux vers. Le Père céleste n'a rien à lui dans ma chair ... car elle appartient au Prince de ce monde qui l'a faite » En 1328, le Sénéchal fit emmurer, dans la grotte de Lombrives, 510 cathares qui s'y étaient réfugiés. À Carcassonne, en 1330, l’inquisiteur Henri de Chamay fut obligé de renoncer à des procès posthumes. Un édit impérial de 1370 proscrivit, en Chine, la « religion du Vénérable de la Lumière ». En 1412 fut rendue en Italie la dernière sentence de condamnation au bûcher d'hérétiques dualistes. En 1463, le Bosniaque patarin Radak livra la place forte de Yaiche à Mehmed II. La Bosnie fut intégrée dans l’Empire ottoman ; les bogomiles se convertirent à l’islam. La foi cathare Les cathares croyaient que toute l'existence est déterminée par la lutte entre deux dieux : le dieu de la Lumière, de la Bonté et de l'Esprit, généralement associé à Jésus-Christ et au Dieu du Nouveau Testament, et le dieu du Mal, de l'Obscurité et de la Matière, associé à Satan et au Dieu de l'Ancien Testament. La question de savoir si les deux divinités disposent d'un pouvoir égal ou si les forces du mal sont soumises aux forces du bien fut longuement débattue, mais toute entité matérielle (la richesse, la nourriture, le corps humain lui-même) était considérée par définition comme mauvaise et répugnante. L'âme avait été emprisonnée par Satan dans le corps humain ; le seul espoir d'obtenir le salut était de vivre dans le bien et la spiritualité. En vivant dans le bien, on pouvait se libérer après la mort. Mais si on ne pratiquait pas la vertu pendant sa vie, l'âme renaissait sous une autre forme humaine ou même animale (métempsycose). « Dès l’origine, Dieu a sciemment créé ses anges dans une telle imperfection qu’ils n’ont pu, en aucune façon, éviter le mal (...) Le mal est imputable non à ce Dieu bon, saint, juste, mais à un principe mauvais. Il faut donc reconnaître deux dieux, l’un bon, l’autre pernicieux, caput et causa de tout mal. » (Sacconi). L'Interrogatio Iohannis (Questionnaire de Jean), apocryphe d'origine bogomile (fin du XIIème siècle), relate un entretien entre le Christ et Jean au cours duquel ce dernier lui pose diverses questions dont les réponses constituent une bonne part des croyances cathares : « Et ensuite moi, Jean, j'ai interrogé le Seigneur en disant : Seigneur, comment l'homme prend-il sa naissance de l'esprit dans le corps de chair ? Et le Seigneur me dit : Des esprits déchus des cieux entrent dans les corps de boue des femmes, et ils reçoivent la chair de la concupiscence de la chair et l'esprit naît de l'esprit, et la chair, de la chair ; et c'est ainsi que le règne de Sathanas s'accomplit en ce monde. Et j'ai interrogé le Seigneur en disant : Jusqu'à quand Sathanas régnera-t-il en ce monde sur l'existence humaine ? Et le Seigneur me dit : Mon Père lui permit de régner sept jours, à savoir sept siècles » Satan « assouvit sa concupiscence avec Ève en se servant de la queue du serpent » 5. Les cathares condamnaient Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, les Pères de la Bible ainsi que Jean le Baptiste, comme ennemis de Dieu et ministres du diable, lequel est l’auteur de l’Ancien Testament. Néanmoins, ils acceptaient Job, le Psautier, les Sapientiaux et les Prophètes. Ils croyaient que Jésus, premier ange appelé "fils de Dieu", ne s'était pas réellement incarné mais avait pris l'apparence d'un homme avec l'aide d'un autre ange : Marie. La Vierge était un ange dont la réalité était uniquement spirituelle. La doctrine cathare, comme le docétisme, niait l’authenticité humaine du Christ qui n’avait subi aucune servitude corporelle, n’était ni mort, ni ressuscité. Ce monde n’aura pas de fin et le Jugement futur, ayant déjà eu lieu, ne se renouvellera pas. L’enfer est ici-bas, non ailleurs. Les cathares soutenaient que l’Eglise chrétienne traditionnelle, avec son clergé corrompu et son abondante richesse matérielle, était l'agent de Satan et devait être ignorée. Les saints étaient le produit de l'Eglise de Rome dont ils contestaient la légitimité. Ils ne voyaient pas l'intérêt de promouvoir le culte des reliques qui visaient à sacraliser des restes humains appartenant, pour eux, au monde du Malin. Les adeptes de la doctrine albigeoise étaient divisés en simples croyants vivant dans le monde et "parfaits" (perfecti) ou "parfaites". Ces "parfaits ou "parfaites" se présentaient comme "bonshommes" ou "bonnes-Femmes", "bons chrétiens" ou "bonnes chrétiennes". Ils se vouaient à un ascétisme extrême. Renonçant à tous leurs biens, ils vivaient de dons. Il leur était interdit de prêter serment (ce qui suffisait à les rendre hérétiques puisqu’ils refusaient de jurer devant le tribunal de l’Inquisition), d'avoir des relations sexuelles et de manger de la viande, des œufs ou du fromage. Seuls les "parfaits" pouvaient communiquer avec Dieu par la prière. L'aparelhament était une sorte de confession périodique des parfaits. Les simples croyants pouvaient espérer devenir "parfaits" après une longue période d'initiation suivie d'un rite appelé consolamentum ou baptême du Saint Esprit, opéré par l'imposition des mains, leur unique sacrement. Certains n’étaient soumis à ce rite qu'au moment de leur mort : afin d'assurer leur salut, ils devaient observer l’endura (jeûne prolongé). Réduit au pain et à l’eau, ils expiraient sans avoir failli à leur engagement. Il arrivait que l’entourage du moribond prît l’initiative et le privât de nourriture malgré lui... Vers l'équinoxe d'automne, les albigeois célébraient la Manisola, la fête du Consolateur 2. Une grande partie des idées issues du monde gnostico-manichéen survécut jusque dans quelques mouvements modernes, comme la théosophie ou l'anthroposophie. CITATIONS Père Saint, Dieu des Bons esprits, toi qui jamais ne trompas, ni ne mentis, ni n'hésitas à subir la mort dans le monde du dieu étranger, donne-nous de connaître ce que tu connais et d'aimer ce que tu aimes ... (Pater cathare). Tant que le principe manichéen a régné, la volonté de Dieu sur l'homme a été la fatalité. (Eugène Pelletan 1813-1884) Toute action est manichéenne. (André Malraux, L’Espoir, 1937). Notes : 1 Ce qui, ce qu'il : il n'est pas de règle formelle pour distinguer ces deux expressions qu'on emploie indifféremment sauf avec falloir (ce qu'il faut et non ce qui faut) et avec plaire où il convient d'employer ce qu'il quand on veut sous-entendre, après plaire, l'infinitif du verbe employé précédemment (Hanse) : je ferai ce qu'il me plaira (de faire). Je fais ce qui me plaît est plus absolu." (Dictionnaire des difficultés de la langue française. Larousse.) 2 Histoire Des Albigeois : Les Albigeois et L'Inquisition par Napoléon Peyrat, 1872 3 http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Mani.jpg 4 http://www.archives.toulouse.fr/anciensite/fonds/inventaire/articles/AA3/aa3_121.htm 5 R. Nelli (trans.), Écritures cathares, p. 51 6 http://fr.wikipedia.org/wiki/1181 Sources Auteur : Jean-Paul Coudeyrette Référence publication : Compilhistoire ; toute reproduction à but non lucratif est autorisée. Date de mise à jour : 09/05/2013 |