La méthamphétamine
Chronologie historique

Un scientifique allemand, Edeleano, fabriqua, en 1887, l’amphétamine à partir de l’éphédrine. Les américains la mirent sur le marché sous le nom de benzédrine en 1937.
L'abus de l'amphétamine a été spectaculaire au cours des années 1960 dans le milieu des hippies qui mélangeaient amphétamine et L.S.D. L'injection intraveineuse d'amphétamine est apparue à cette époque.

La méthamphétamine, qui diffère de l'amphétamine par l'ajout d’un groupe méthyle sur l'atome d'azote, a été synthétisée pour la première fois en 1919 au Japon par le chimiste Akira Ogata.
Cette substance, surnommée "drogue des nazis", "drogue de Hitler" ou "pilule de Göring", fut fabriquée en Allemagne, en 1938, sous le nom de Pervitin, à la demande de Hitler (qui devint lui-même dépendant d'un cocktail de multivitamines, appelé Vitamultin Forte et contenant du Pervitin, que son médecin personnel, le docteur Theodor Gilbert Morell, lui injecta en 1944 6). Le Pervitin stimulait le système nerveux accroissant la vigilance et la résistance à la fatigue. Les médecins de la Wehrmacht distribuèrent des dizaines de millions de doses aux soldats afin de les garder éveillés et de les rendre plus agressifs au combat pendant plusieurs jours d'affilée.
L’amphétamine et son dérivé, la méthamphétamine contenant de l'iode, du phosphore rouge et du gaz chlorhydrique, ont été utilisés massivement par les pilotes allemands, américains, anglais et japonais (notamment les kamikazes) au cours la 2ème guerre mondiale. Dès le début des années 40, le Japon recommanda l’utilisation des méthamphétamines ; les militaires et tous ceux qui travaillaient dans l’industrie de guerre étaient encouragés à en consommer pour la plus grande gloire de l’empire du soleil levant ; le speed donnait aux soldats le Senyoku (énergie guerrière) ; les Kamikazes étaient fréquemment soumis au Philopon dont le nom signifie, en grec ancien, « qui aime le travail ». En 1948, 5% des japonais entre 16 et 25 ans étaient intoxiqués par l'amphétamine.
A la fin de la guerre, le Times titrait en première page : « La méthédrine (de la méthamphétamine, ndlr) a gagné la bataille d’Angleterre » ; en effet, cette drogue avait permis aux pilotes de la RAF, qui manquait d'aviateurs, d'effectuer des dizaines d’heures de vol sans repos.
Dans les années 50, les médecins américains en prescrivaient, sous le nom de "Desoxyn", pour lutter contre l'obésité ou pour traiter la dépression.
En octobre 2010, une enquête allemande a révélé que la victoire de la RFA lors de la coupe du monde 1954 avait été volée car l'équipe allemande s'était dopée à la pervitine. 3

Au début des années 90, une ethnie birmane, déjà détentrice du marché de l'héroïne, décidait d'envahir l'Asie avec la méthamphétamine, plus facile et moins chère à fabriquer, qui rend aussi dépendant que l'héroïne.
Une tribu du nord de la Birmanie, les Was, des anciens coupeurs de têtes devenus barons du marché de la drogue, s’aperçurent qu'ils avaient à portée de leur territoire un marché vaste, riche et peu exploité : celui de la jeunesse thaïlandaise, aveuglée par le strass du matérialisme et qui désertait les temples bouddhistes pour ces cathédrales de la consommation que sont les department stores.
Les Was se lancèrent dans la production massive de yaa baa (ce qui, en thaïlandais, signifie littéralement « la drogue qui rend fou »), facile et peu chère à fabriquer à partir d'éphédrine. En moins de deux ans, la pilule envahit tout le royaume où il y aurait aujourd'hui plus de trois millions de consommateurs. En Thaïlande, le yaa baa a supplanté l'opium, la morphine et l'héroïne. Les effets (violence, suicides, déscolarisation) sont désastreux. Le gouvernement thaïlandais a décrété le yaba « catastrophe nationale ».

La méthamphétamine, fabriquée au Canada et aux États-Unis, a envahi le monde. Sa consommation s’est surtout développée dans le milieu homosexuel à partir de la côte ouest des États-Unis vers 1985, puis vers la côte est, au cours des années 1990.
En Europe, la meth fait son apparition au début des années 2000 notamment en Grande-Bretagne. La majeure partie de la production européenne est localisée en Europe de l’Est : République Tchèque, Slovaquie, Bulgarie [Rapport mondial sur les drogues 2006 ; Office des nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC). Cependant, la Belgique, le Danemark, l’Estonie, la Grèce, la France, la Lettonie, la Lituanie, la Hongrie, l’Autriche, la Suède, la Roumanie et la Norvège ont déclaré des saisies de méthamphétamine, ce dernier pays enregistrant le nombre le plus élevé de saisies et les quantités les plus importantes. Selon l’EMCDDA (European monitoring centre for drugs and drug addiction), la diffusion de méthamphétamine en Europe, bien qu’en progression, reste bien inférieure à celle de l’amphétamine [État du phénomène de la drogue en Europe. Rapport annuel 2006. Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT)]. En France, la consommation de crystal reste marginale ; le plan 2007-2011 de prise en charge et prévention des addictions intègre les éléments tels que la prévention pour lutter contre l’extension de cette drogue 5.
La substance, nommée aux Etats-Unis : meth, shabu, chrystal, ice, crank, glass, batu, tina ou yellow rock, est de la dexméthamphétamine, produit de synthèse de la famille des amphétaminiques, psychostimulant majeur et hautement addictif, qui provoque les mêmes effets que l’amphétamine sous une forme plus marquée.
Elle se présente en général sous forme de cristaux transparents fumables mais également sous forme de comprimés semblables aux ecstasy. 1
La "meth" est vendue sous la forme de comprimés, de capsules ou de poudre et elle peut être fumée, reniflée, injectée ou avalée 4.
Des trafiquants mexicains ont mis sur le marché de la "ice" pure à 90 % (contre 25 à 40 % pour la "meth" de cuisine) beaucoup plus puissante et donc plus dangereuse.

Produits trouvés dans la "meth" :

Sel, acides, bases, solvants, diluants, acétone, alcool à friction, éther, produits de nettoyage domestiques notamment les déboucheurs d'évier, lithium provenant des batteries de caméra, phosphore rouge, caféine, MDMA (méthylène dioxy-métamphétamine : molécule de l'ecstasy), éphédrine et pseudo-éphédrine contenues dans des médicaments, cocaïne, cannabis, buprénorphine (Subutex), amphétamines. 2 4

Présentation

La "meth" se présente sous forme cristalline (dexméthamphétamine) ou sous forme de comprimés (chlorhydrate de méthamphétamine) de formes et couleurs diverses (orange, rose, rouge, beige,...) qui dégagent une forte odeur de vanille. Ils portent souvent l'inscription WY et sont, en général, plus petits que les ecstas (ecstasy).
Sous forme de comprimés et de gélules, la meth est consommée par voie orale.
En cristaux, elle est fumable. En poudre, elle peut être sniffée.
Il y a un type de crystal meth qui circule et ressemble à une fraise en cristaux durcis (un bonbon qui grésille et qui sautille dans votre bouche). Il sent également comme la fraise et il est distribué aux enfants dans la cour d’école. Ils l’appellent le strawberry meth ou strawberry quick. Il peut également en avoir à la saveur de chocolat, de beurre d’arachide, de cola, de cerise, de raisin et d’orange. Les enfants ingèrent cette drogue en pensant que c’est un bonbon et ils doivent être rapidement conduits à l’hôpital.

Les effets recherchés


Comme toutes les amphétaminiques la "meth" est un stimulant. Mais son effet est plus long et plus intense. On se sent heureux, pleins d'énergie.
Elle donne une impression de grande confiance en soi, et permet de rester éveillé longtemps (on l’a appelé « la drogue des camionneurs »).
Elle est appréciée dans certains milieux (militaires, sportifs etc.) car elle augmente l'agressivité et donne le sentiment d'avoir une énergie hors du commun.
Lorsqu'elle est avalée, les effets se font se sentir au bout de 15 à 45 minutes. Si elle est fumée, les effets sont immédiats.
Au début de la montée on se sent lucide, sûr de soi et maître de ses actes. Mais, après un certain temps, surviennent, en général, de grosses paranos et des angoisses.
Les effets peuvent durer d'une nuit à 3 à 5 jours selon le dosage, le contexte, le poids et la constitution...

La descente

Si la montée est violente, la descente est particulièrement dure, avec la plupart du temps des idées noires, suicidaires, un sentiment de persécution et des douleurs musculaires (crises de tétanie).
Le corps épuisé est léthargique : y a plus moyen de se bouger !

Les risques

La consommation peut entraîner une augmentation du rythme cardiaque, de l'hyperthermie, des convulsions, des accidents vasculaires et cardiaques.
Les effets secondaires immédiats sont une perte d'appétit, une crispation des mâchoires, une sécheresse buccale, des maux de gorge et une tension musculaire, surtout au niveau de la nuque et du dos.
On risque de se sentir nerveux, irritable et de souffrir d'un sentiment de persécution.
On peut devenir agressif, perdre le contrôle de toi-même, avoir des tendances à la violence paranoïaque : des attaques de panique et des hallucinations (notamment sentir des insectes courant sous la peau et entendre des voix) pouvant conduire à des actes incontrôlés.
La meth devient tout de suite une amie pour le consommateur et fait vite partie de sa vie de tous les jours. La dépendance est très forte car les symptômes de manque sont si violents qu'ils conduisent à un usage abusif et répété.
Cette dépendance est particulière, car la meth augmente la libération de dopamine. Un usage d'environ une semaine en épuise les stocks, ce qui oblige le consommateur à dormir jusqu'à ce qu'il sorte de sa torpeur pour reprendre une nouvelle dose.
Il y a des risques de dénutrition qui, alliés à des insomnies prolongées, conduisent à des états d'épuisement important.
Qu'elle soit sniffée, injectée, avalée ou fumée, la dépendance à la meth est très rapide (l'addiction est quasi immédiate).
Quant à ses effets, dus à une libération augmentée de dopamine dans le cerveau, ils sont dévastant et parfois mortels !
On peut constater des convulsions épileptiformes, un coma, une attaque d'apoplexie, des problèmes cardiovasculaires, une forte augmentation de la température corporelle, une destruction de cellules musculaires, des inflammations de la peau (« boutons du speed »), des chutes de dents et de cheveux, des maux d’estomac, des états de psychose (hallucinations, angoisse et paranoïa) et de graves dépressions avec des tendances suicidaires.
La méthamphétamine attaque le cerveau, les poumons, les muqueuses de l’estomac, le foie et les reins. Les personnes atteintes de maladies psychiques, d’hypertension, de maladies du foie et des reins, de diabète, doivent, encore plus que quiconque, s’abstenir d'en consommer. En outre, il n'existe pas de traitement de substitution pour la meth.

Attention !

Certaines analyses ont démontré qu'il y avait des traces de méthamphétamines dans des échantillons de speed.
Par-dessus le marché (c’est bien le mot !), des petits arnaqueurs vendent sous le nom de coke de la méthamphétamine en poudre...


Notes :
1
http://www.ofdt.fr/ofdtdev/live/glossaire-tab/gl-mq.html
2 www.ofdt.fr/BDD/publications/docs/epfxpbj6.pdf
3 http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9thamph%C3%A9tamine
4 http://www.methwatch.ca/whatis_fr.html
5 http://www.em-consulte.com/article/197867
6 http://schikelgruber.net/hitlerL.html


Sources


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; reproduction interdite sans autorisation.

Date de mise à jour : 12/04/2012