PETITE HISTOIRE DU PREMIER MAI

Dans la Rome antique, en 114 avant J.-C., les Floralies ou Jeux floraux, célébrations en l'honneur de Flora, déesse sabine des Fleurs et des Jardins et mère du Printemps, associée à l’aubépine, donnent lieu, du 27 avril au 2 mai, à des réjouissances champêtres qui deviennent rapidement orgiaques ; elles atteignent leur apogée le 1er mai.


Flore dans la Primavera, de Sandro Botticelli

Le nom latin "maius" (mai) désigne le mois consacré à Maia, une des Pléiades, fille du titan Atlas et mère de Mercure, déesse romaine du Printemps et de la Croissance, dont le nom provient de la racine sanscrite "mah" (croître, nourrir).
Ovide (-43 à 17) évoque l'instauration d'un culte, le 1er mai, à Rome, à la demande de la vestale Claudia, pour rendre hommage à "Bona Dea" (la Bonne Déesse). Ce jour-là, le prêtre (flamen volcanilis) effectue un sacrifice en l'honneur de Maia et de Vulcain son époux. 1
Auparavant ce mois était placé sous la protection d'Apollon, et personnifié par un homme entre deux âges, vêtu d'une robe ample à grandes manches, et qui portait une corbeille de fleurs sur la tête. A ses pieds, un paon étalait sa queue parée de belles et brillantes couleurs.

A en croire le Livre des Invasions de l’Irlande (Lebor Gabâla Erenn), écrit par des moines au IIIe siècle, qui raconte la préhistoire mythique de l'Irlande, les Gaëls débarquèrent dans le Sud-ouest de l’Irlande le 1er mai, jour de la fête solaire de "Beltène ou Beltaine ou Beltan" (feu de Bel), l’autre grande fête des Celtes (après Samain).
Beltaine est la fête du feu et des druides. Au lever du jour, ceux-ci allument deux grands bûchers entre lesquels défilent les participants. Afin de prévenir leurs troupeaux contre les maladies, les paysans les font également passer entre les feux.
"Beltaine, feu de bel, feu bénéfique, à savoir un feu que les Druides faisaient par leur magie ou leurs grandes incantations, et on amenait les troupeaux pour les protéger contre les épidémies chaque année à ces feux. Ils faisaient passer les troupeaux entre eux." 2
Au 1er mai, la nature est en plein épanouissement ; le temps est venu de libérer l'énergie vitale, les forces créatrices.
Beltaine est l'occasion de rassemblements festifs où les jeux de forces cohabitent harmonieusement avec l'art du chant et de la danse.
On célèbre les épousailles éternelles de la Reine de Mai et du Seigneur de la Lande, qui donneront les fruits et les blés.
Le chêne préside à la fête, mais la fougère, protectrice, est aussi à l'honneur.
Saint Patrick allume lui aussi un feu à Beltaine, mais pour fêter les Pâques chrétiennes et les druides disent alors au Roi Loegaire de Tara : « Ce feu que nous voyons, qui que ce soit qui l'ait allumé cette nuit, il ne s'éteindra jamais dans l'éternité. Il prévaudra en outre sur tous les feux de notre coutume, et celui qui l'a allumé (le règne survenant de celui qui l'a allumé cette nuit) nous vaincra tous. Il te soumettra et tous les hommes de ton royaume. Tous les royaumes tomberont devant lui. » 4

Le mois de mai, où s'épanouit le printemps, est célébré chez les païens par des cérémonies et des coutumes dont on retrouve des vestiges au moyen âge.

La nation franque tient au mois de mai de grandes assemblées appelées "Champs de mai".

Beaucoup de redevances se paient à la même époque, et on les appelle "maiagium" en bas-latin.

Au Moyen Age, le 1er mai, est l’une des grandes dates de démarrage des contrats d’apprentissage pour de nombreuses corporations d’artisans.

Le premier mai est dans beaucoup de contrées un jour férié.

On croit que le lait tiré ce jour-là porte bonheur et que celui qui en boit beaucoup est assuré de ne pas en manquer durant toute l’année.
Le beurre de mai qu'on prépare, avec certains ingrédients, passe pour posséder de grandes vertus curatives.

Le Maitrank ou Maiwein est un vin aromatisé saisonnier, spécialité de la région d'Arlon en Belgique, obtenue par la macération dans du vin blanc de Moselle luxembourgeoise, d'inflorescences d'aspérule odorante — qu'on appelle encore « reine des bois » ou « faux muguet » et qui fleurit au mois de mai, d'où le nom — auxquelles on ajoute du sucre, des oranges en tranches et du cognac. Le Maitrank est mentionné pour la première fois par un moine de Prüm (Allemagne) en 854. 8
On assurait qu'il suffisait d'y tremper les lèvres au 1er mai pour être heureux tout au long de l'année !

Le premier mai est le jour de la fête de ste Walburge ou Walpurgis, religieuse du VIIIe siècle (d’où le nom de "Nuit de Walpurgis" donné à la nuit du 30 avril au 1er mai durant laquelle les sorcières mènent leur sabbat.

Il existe une superstition selon laquelle il ne faut pas s'épouser en mai car la femme serait stérile. Les Romains ne se mariaient pas durant ce mois.
Pour les catholiques, le mois de mai est le mois de Marie.


Arbre de mai et tableau de mai

Dans l’Europe médiévale, il est d'usage "d'esmayer" (de planter un arbre vert qu'on appelle "le mai") devant la porte d'une personne que l'on veut honorer ou d’une bonne amie.
En certaines contrées, cet usage devient même une obligation féodale.
Le premier mai, on érige sur les prés communaux des mâts enrubannés et décorés avec du muguet et des aubépines.
La coutume de planter un mai dans les villes subsiste encore au XVIIe siècle, bien que le concile de Milan ait proscrit cet usage en 1579.
En 1610, à Paris, on plante un mai dans la cour du Palais qui reçoit alors le nom de "Cour du Mai".
La corporation des orfèvres de Paris est dans l'usage de faire un présent tous les ans à l'église de Notre- Dame, le premier jour de mai.
En 1449, ils plantent un arbre vert qu'on nomme "le mai verdoyant". Dans la suite, ils élisent pour présenter le mai deux d'entre eux qu'on appelle "les princes du mai".
En 1499, ils ajoutent au mai une œuvre d'architecture en forme de tabernacle, avec des sonnets, rondeaux et autres pièces de poésie.
En 1533, le tabernacle est orné de petits tableaux représentant l'histoire de l'Ancien Testament.
En 1608, ils offrent trois tableaux avec le tabernacle.
Enfin le présent de mai est converti en un tableau votif qu'un appelle "tableau de mai" ; le sujet est tiré ordinairement des Actes des Apôtres.
Le "tableau de mai" reste exposé devant le portail les premiers jours du mois, et pendant le reste de ce mois, il est suspendu dans la chapelle de la Vierge.


Le Premier Mai des travailleurs

Fabre d’Eglantine (parolier de la célèbre chanson "Il pleut, il pleut bergère"), inventeur des noms des mois du calendrier révolutionnaire décrété par la Convention le 4 frimaire an II (24 novembre 1793), prévoit une fête du Travail fixée au 19 septembre (3 sans-culottides) ; elle est déplacée par Saint-Just au 1er pluviôse (20 janvier).

En 1848, une fête du Travail (fixée au 4 mars, date de l’abolition de l’esclavage) est instituée dans les colonies françaises. Le 14 juillet 1848 est choisi comme Fête des Travailleurs mais la manifestation doit être annulée à cause des émeutes de juin.

Le 21 avril 1856, les travailleurs australiens organisent une journée d’arrêt total du travail, afin de manifester pour la journée de 8 heures.

De nos jours, la "Fête du Travail" est célébrée le Premier Mai, dans de nombreux pays, pour commémorer une grande date de l’histoire syndicale : en novembre 1884, à l’issue du 4e Congrès des Trade Unions à Chicago (USA), les syndicats décident d’organiser un grand rassemblement le 1er mai 1886 pour réclamer la journée de huit heures.
En Pennsylvanie et dans l’état de New-York, le premier mai est alors le "Moving Day" : jour du début de l’année pour les transactions économiques et engagements de travail. La Federation of Organized Trades and Labor Union (F.O.T.L.U.) appelle donc les ouvriers américains à faire grève le 1er mai 1886 en faveur de la journée de huit heures.
Le mouvement est un succès en raison du renfort apporté par les "Knights of Labor" (Chevaliers du travail), organisation héritière de traditions maçonniques, alors beaucoup plus puissante que les syndicats.
La grève est l’occasion de grands défilés ouvriers dans les rues des principales villes industrielles des États-Unis. A Milwaukee, la police, pour répliquer à des jets de pierre, tire, faisant 9 morts.
Le 3 mai, à Chicago, grève aux usines McCormick : les ouvriers du fabricant de tracteurs exigent l'instauration des huit heures journalières ; 6 manifestants sont tués. Le lendemain, place du Haymarket, un anarchiste lance une bombe sur un détachement de police causant la mort de 8 policiers ; les policiers ripostent par un feu nourri (on ignore toujours le nombre de victimes) ; 5 dirigeants, la plupart d’origine allemande, Engel, Fischer, Lingg, Parsons et Spies, sont condamnés à mort le 20 août ; 4 sont pendus le 11 novembre 1887 (Lingg s'est suicidé dans sa prison) ; leur innocence sera reconnue en 1893.


Gravure illustrant la tragédie de Haymarket Square (journal Harper's Weekly)

Les ouvriers américains font encore grève les 1er mai 1887, 1888 et 1889.

Aux États-Unis, bien que le 1er mai y soit né, le Labour Day est fêté le 1er lundi de septembre. En Amérique du Nord, il existe une distinction entre fête du Travail et fête des Travailleurs : la fête du Travail officielle (Labour Day) est célébrée le premier lundi de septembre, il s'agit d'un jour férié marquant traditionnellement la rentrée (scolaire, artistique, etc.) après les vacances d'été ; la fête des Travailleurs, non fériée, a lieu le 1er mai.

La loi allemande du 1er mai 1889 porte sur les associations coopératives.

Le premier congrès socialiste international, qui se tient à Paris du 14 au 20 juillet 1889, en l’absence des Trade-unions britanniques et de l'American Federation of Labor, fonde la IIe Internationale et déclare le Premier Mai "journée internationale de revendication des travailleurs" ; il décide d’organiser, chaque année, ce jour-là, une grande manifestation internationale pour demander la journée de huit heures.


L’églantine

Le 1er mai 1890, l'idée d'une fête du Travail est associée à cette revendication ; les manifestants portent un petit triangle rouge symbolisant la journée idéale (les 3 x 8 : travail, sommeil, loisirs) ; plus tard, ils arboreront l’églantine rouge symbole de la Révolution et fleur traditionnelle du Nord de la France ; Barrès (Cahiers, t. 11, 1917-18, p. 214) qualifie les socialistes et les communistes de "églantinards".


La manifestation internationale du 1er mai 1890 connaît un immense succès.

Le 1er mai 1891, en France, à Fourmies dans le Nord, l’armée ouvre le feu sur les manifestants faisant 9 morts et une soixantaine de blessés ; il y a aussi des heurts très violents avec la police à Clichy.


L'échauffourée de Clichy

Quelques mois plus tard, à Bruxelles, l’Internationale socialiste renouvelle le caractère revendicatif et international du 1er mai.

Le 1er mai 1894, près de Chicago, une manifestation de soutien aux ouvriers de Pullman est brutalement réprimée : 2 morts.

Le 1er mai 1906, à Paris, une manifestation violente pour la journée de huit heures se solde par 800 arrestations et beaucoup de blessés (la troupe a été mobilisée par Clemenceau).
A Hambourg, 6.000 ouvriers, qui fêtent et chôment ce 1er mai, sont licenciés.

Le 6 juin 1906, le conseil municipal de Paris se prononce pour que le 1er mai soit férié.


Le muguet

Le 1er mai 1907, apparaît le muguet de mai (Convallaria majalis), fleur traditionnelle de l’Ile de France, symbole du printemps et du renouveau. L’églantine et le muguet sont considérés comme des porte-bonheur.
Il faut attendre 1976 pour que le muguet soit totalement associé à la fête du 1er mai. Sur la boutonnière des manifestants, il remplace alors l'églantine et le triangle rouge qui symbolise la division de la journée en trois parties égales : travail, sommeil, loisirs. 6
Selon la légende grecque, le muguet fut créé par Apollon, dieu du mont Parnasse, pour en tapisser le sol, afin que ses neuf muses ne s'abîment pas les pieds 7.
Les marins de l’antiquité emmènent du muguet afin de conjurer le mauvais sort.
Les Celtes prêtent au muguet des vertus porte-bonheur.
La déesse nordique, Ostara, célébrée à l'équinoxe de printemps, est associée au muguet ; des "Mâts de Mai" ou "Arbres de Mai" sont parfois utilisés dans le cadre des festivités d'Ostara. 7
Le brin de muguet est souvent associé à la Vierge Marie (les larmes qu'elle versa au pied de la croix auraient donné naissance aux fleurs de muguet en forme de clochettes blanches) ; toutefois ses baies rouges contiennent un puissant bouillon d’onze heures. 7
On dit que le roi Charles IX, âgé de dix ans, est le premier à offrir du muguet (appelé "lys des vallées") aux dames de la cour le 1er mai 1561.
Au XVIIIe siècle, le muguet passe pour aphrodisiaque.


Jusqu’en 1914, dans de nombreuses régions de France, les jeunes gens déclarent leur flamme à leur belle, le 1er mai, avec des branches et des fleurs ornés de rubans.
Longtemps, sont organisés en Europe des "bals du muguet". C'est d'ailleurs l'un des seuls bals de l'année où les parents n'ont pas le droit de cité. Ce jour-là, les jeunes filles s'habillent de blanc et les garçons ornent leur boutonnière d'un brin de muguet.
A Paris, au début du XXe siècle, les couturiers en offrent trois brins aux ouvrières et aux petites mains.
La vente du muguet dans les rues de Nantes commence peu après 1932, avec l'instauration de la "fête du lait de mai" par Aimé Delrue. Elle se répand ensuite à toute la France aux environs de 1936 avec l'avènement des congés payés. La vente du muguet par les particuliers et les associations non munis d'une autorisation est tolérée le 1er mai en France 5.
En 1982, le muguet devient la fleur nationale de la Finlande.


Le 1er mai 1907, à Paris, un anarchiste russe, Jacob Law, est arrêté pour avoir tiré sur les cuirassiers qui répriment la manifestation.
L'Union ouvrière du Premier Mai de La Paz (Bolivie) envoie un rapport à l’Internationale.

Le Parti socialiste brésilien est fondé le 1er mai 1912.

En 1916, des Allemands opposés à la guerre, rassemblés dans le groupe "Die Internationale", organisent le 1er mai une manifestation à Berlin sur les mots d’ordre : « À bas le gouvernement ! À bas la guerre ! »

Les musulmans de Russie tiennent leur premier congrès panmusulman à Kazan (Tatarstan) le 1er mai 1917.

En France, la journée de huit heures n'est obtenue, après bien des conflits, qu'en 1919 par la loi du 23 avril qui, en outre, fait du 1er mai suivant, à titre exceptionnel, une journée chômée.
Une manifestation importante se déroule à Paris, ce 1er mai 1919, pour fêter cette victoire, mais, suite aux affrontements entre syndicalistes et forces de police, il y a un mort et des centaines de blessés.

En 1920, le Premier Mai donne lieu à une manifestation spectaculaire à Ueno (Japon) et la Russie bolchévique en fait un jour chômé, fête légale des travailleurs.

Le 1er mai 1929, à Berlin, il y a des heurts violents entre les communistes et les policiers (8 morts et 140 blessés).

En 1933, Hitler fait du 1er mai une journée chômée et payée : le "Jour du travail national".

Le chancelier d’Autriche, Engelbert Dollfuss, impose le 1er mai 1934 une Constitution du type corporatiste, prévoyant des élections "quand les circonstances le permettraient".

Le 1er mai 1936, en Espagne, le congrès de la Confédération Nationale du Travail dénonce la conspiration militaire antirépublicaine sans que le gouvernement de Frente Popular réagisse.
Ce jour-là, on vend, en France, des bouquets de muguet cravatés de rouge.

En France, le Front Populaire organise une immense manifestation le 1er mai 1937.

La Loi du 12 avril 1941, modifiée par la loi du 26 avril 1941, consacre le Premier Mai "Fête du Travail et de la Concorde sociale" : "Art. 1er : le 1er mai est jour férié. Art. 2 : ce jour sera chômé comme fête du travail et de la concorde sociale sans qu’il en résulte une réduction du salaire des travailleurs. Dans les cas où, en raison de la nature du travail, celui-ci ne pourrait être interrompu, le travailleur bénéficiera d’une indemnité compensatoire à la charge de l’employeur."

La Loi du 30 avril 1947 (sur proposition des députés Mayer et Croizat) déclare le Premier Mai "jour chômé et payé intégralement" dans toutes les entreprises.
Elle est modifiée par la Loi du 29 avril 1948 qui officialise la dénomination "Fête du Travail".

Les défilés étant interdits lors des guerres d'Indochine et d'Algérie, la fête disparaît dans les années 1950 et 1960.
Il faut attendre le 1er mai 1968 pour que la CGT réorganise une grande manifestation dans les rues de Paris.

Le dimanche 1er mai 1955, dans l’après-midi, sur la place Saint-Pierre à Rome, Pie XII déclare aux membres du congrès des Associations chrétiennes des travailleurs italiens : « Nous avons le plaisir de vous annoncer Notre détermination d’instituer, comme, de fait, nous instituons, la fête liturgique de Saint Joseph Artisan, en la fixant précisément ». Les textes de la messe et de l’office de Saint-Joseph-Artisan, exemple et protecteur des travailleurs (double de première classe), sont publiés le 24 avril 1956 par la Sacré Congrégation des Rites. 3

En 1961, pendant la marche des travailleurs du 1er mai, Fidel Castro annonce que Cuba est désormais une nation socialiste et que « la révolution n'a pas de temps pour des élections ».

En 1970, à Paris, les syndicats et les partis de gauche défilent ensemble pour la première fois.

Une immense fête populaire marque le 1er mai 1974 au Portugal. Portés par la Révolution des œillets, des partis politiques se constituent ou sortent de la clandestinité. La censure est abolie. Le droit d’association, le droit de grève et la liberté syndicale sont rétablis, des élections libres promises à bref délai. Après quelques heures de flottement dans les chancelleries prises au dépourvu, les reconnaissances internationales affluent.

Les célébrations du 1er mai à Istanbul (Turquie), en 1976 et en 1977, réunissent entre 300.000 et 500.000 personnes. Lors des manifestations de 1977, sur la place Taksimen, des snipers non-identifiés tirent sur la foule, faisant 34 morts.

Le 1er mai 1978, le colonel Kadhafi appelle les Libyens à prendre la direction de leurs entreprises et tous les travailleurs du monde à se libérer du salariat par l’association.
Selon la charte du 1er mai 1978, toutes les entreprises publiques malgaches doivent se transformer en "entreprises socialistes" et les coopératives en "coopératives socialistes", ce qui signifie la prise du pouvoir par les travailleurs. Malgré l’incitation officielle, pressante, la socialisation ne se fait pas.

Selon la Déclaration du gouvernement surinamien du 1er mai 1980 et le Manifeste de la Révolution du 1er mai 1981, les cinq premières années qui ont suivi l’indépendance du Surinam (1975) ont été négatives.

Au Paraguay, a lieu le 1er mai 1985 une manifestation massive de milliers de travailleurs, la première organisée hors du cadre officiel en plus de vingt ans, qui voit naître le Mouvement intersyndical des travailleurs (M.I.T.).

En 1988, le Front National, parti politique français fondé en 1972, choisit le Premier Mai pour honorer Jeanne d’Arc.

En Roumanie, la biographie militante du couple Ceausescu est largement développée à l’occasion des fêtes du 1er mai 1989.

Le 1er mai 1990, Mikhaïl Gorbatchev, hué par des milliers de manifestants sur la place Rouge, quitte la tribune avant la fin du défilé.

Le 1er mai 1991, des dizaines de milliers d’étudiants, réclamant la démission du président Roh Tae-woo, défilent dans les rues de Séoul et de Kwangju (Corée du Sud), afin de protester contre la mort d’un étudiant, battu par la police, le 26 avril. Dénonçant les violences policières, un étudiant s’immole par le feu.

Le 1er mai 1993, l’ex-premier ministre de la République française, Pierre Bérégovoy, se donne la mort, avec l’arme de service de son garde du corps, sur le bord d’un canal à Nevers dont il est le maire.
Le même jour, les "Liberation Tigers of Tamil Eelam" (L.T.T.E) assassinent le président Ranasinghe Premadasa en plein centre de Colombo (Sri Lanka) lors du défilé.

Au Brésil, le 1er mai 1994, le Parti des travailleurs annonce officiellement la candidature de Luís Inácio da Silva, dit Lula à l’élection présidentielle d’octobre.

En 1995, la Confédération Nationale du Travail (C.N.T.), organisation anarcho-syndicaliste française fondée en 1946 et reconnaissable à son emblème (un chat noir hérissé sur fond rouge), participe, pour la première fois, au défilé du 1er mai.

Le 1er mai 2002, 1.300.000 personnes descendent dans les rues de plusieurs villes de France pour marquer leur opposition au candidat du Front National, Jean-Marie Le Pen, arrivé au second tour de l'élection présidentielle.
Le même jour, 2.000 prostituées défilent à Calcutta (Bengale) pour réclamer la légalisation de la prostitution et de meilleures conditions de travail.
En France, des milliers de personnes reçoivent un SMS, accompagné d'un bouquet de muguet virtuel, sur leur portable, les invitant à composer un numéro à l'occasion de la fête du premier mai. D'autres abonnés reçoivent le message : "Quelqu'un que tu connais t'aime en secret, et nous a chargés de te prévenir. Devine vite qui a flashé sur toi en appelant le 08 99 7XXXX." Evidemment le numéro que l'on incite ainsi à composer, numéro audiotel, est lourdement surtaxé (1,35 euro dès l'appel puis 0,34 euro pour chaque minute de connexion)... 

Le 1er Mai 2008, entre en vigueur, en France, le nouveau Code du travail : Loi n° 2008-67 du 21 janvier 2008 ratifiant l'ordonnance n° 2007-329 du 12 mars 2007 relative au code du travail (partie législative) parue au JORF n°0018 du 22 janvier 2008.

Le 1er Mai 2014 vire à l'affrontement entre policiers et manifestants à Istanbul (Turquie) : 90 blessés et 142 interpellations, selon le bilan officiel.

Le 1er Mai 2016, le Front national troque son défilé contre un dépôt de gerbe devant la statue de Jeanne d'Arc place Saint-Augustin (8e arrondissement de Paris) avant un "banquet patriote" aux abattoirs de la Villette ; Jean-Marie Le Pen organise pendant ce temps un rassemblement statique devant une autre statue de Jeanne d'Arc, place des Pyramides (1er arrondissement de Paris).


Citations

Le capital est du travail volé. (Auguste Blanqui 1805-1881)

(...) Le capital c’est du travail accumulé (...) Le capital, c’est le travail de plusieurs accumulé par un seul. (Paul Laffitte 1839-1909)

Le travail, c’est une belle invention, parce que tout le monde croit que c’est sacré. (Roger Fournier, Journal d'un jeune marié, 1967)

Les hommes ont toujours vu, dans le muguet, un porte-bonheur. Privilège enviable qu'il partage avec le fer à cheval, le nombre 13 et la crotte de chien. Moins encombrant que le premier, moins abstrait que le second, moins direct que le troisième, il possède en outre l'avantage de pouvoir se porter à la boutonnière. (Jean-Paul Lacroix, écrivain) 

Dictons

S'il pleut le 1er mai peu de coings, s'il pleut le 2 ils sont véreux, s'il pleut le 3 il n'y en a pas.
Si le dicton dit vrai, méchante femme s'épouse en mai.
Mariages de mai ne fleurissent jamais.
Femme de mai plaît toujours.
Mai, mois fleuri, mois béni.
Mai, mois de fleurs, mois de pleurs.
Mai froid n'enrichit.
Petite pluie de mai rend tout le monde gai.
Mai pluvieux, laboureur joyeux.
Mai pluvieux marie le laboureur et sa fille.
En avril, ne te découvre pas d’un fil ; en mai, fais ce qu’il plaît ; en juin, tu te vêtiras d’un rien.
Pendant le mois de mai, couvre-toi plus que jamais.


Voir dossier : Au fil de l'an


Notes
1 Silences et non-dits de l'Histoire Antique. Emmanuelle Grün. Yvelinédition. 2008
2 Glossaire de Cornac
3 http://missel.free.fr/Sanctoral/05/01.php
4 http://l-ambrebleu.over-blog.com/pages/Symboles_et_mythologies_Celtes-2385131.html
5 http://wikipedia.orange.fr/wiki/Muguet_de_mai#Symbolique
6 http://www.linternaute.com/actualite/societe-france/1er-mai-les-origines-de-la-fete-du-muguet-et-du-travail.shtml
7 http://fr.wikipedia.org/wiki/Muguet_de_mai
8 http://fr.wikipedia.org/wiki/Maitrank


Sources


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; toute reproduction à but non lucratif est autorisée.

Date de mise à jour : 09/11/2016

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