La fête de saint Valentin

La légende de Valentin

Le 14 février, fête des garçons et des filles puis des amoureux, on honore saint Valentin (Valentinus). "Valentinus" signifie "originaire de la ville de Valence" (nom de cité très répandu, issu du latin "valens" = robuste, fort, vigoureux, puissant, énergique, efficace 11).

Tout ce qu’on sait de Valentinus, c’est que ce prêtre de Rome est enterré le long de la Via Flaminia après avoir connu le martyre sous le règne de Claude II le Gothique (Marius Aurelius Valerius Claudius Gothicus, proclamé empereur à Milan en septembre 268 après l'assassinat de Gallien).

Valentin célèbre des unions malgré l’interdiction des mariages édictée par l’empereur qui ne peut lever des troupes en raison du manque de motivation des soldats mariés. On raconte que tous les mariages que Valentin bénit furent des unions heureuses, fécondes et durables.
Valentin est dénoncé et arrêté en 269.
L'empereur fait amener le bon prêtre et lui demande : "Qu'est ceci, Valentin ? Pourquoi ne gagnes-tu pas notre affection en adorant nos dieux et en rejetant tes vaines superstitions ?"
Valentin répond : "Si tu connaissais la grâce de Dieu, tu ne parlerais jamais ainsi, mais tu renoncerais aux idoles pour adorer Dieu qui est, au ciel."
Alors un de ceux qui accompagnent Claude dit : "Qu'as-tu à dire, Valentin, de la sainteté de nos dieux ?"
Valentin répond : "Je n'ai rien à dire, sinon qu'ils ont été des hommes misérables et souillés en toute manière."
Claude s'adresse à lui : "Si le Christ est le vrai Dieu, pourquoi ne me le dis-tu pas ?"
Valentin affirme : "Oui, Jésus-Christ est le seul Dieu ; si tu crois en lui, ton âme sera sauvée, l'État s'agrandira, et tu remporteras la victoire sur tous les ennemis."
Claude s'exclame : "Romains, écoutez comme cet homme parle avec sagesse et droiture !"
Le préfet dit : "L'empereur s'est laissé séduire comment abandonnerions-nous ce à quoi nous tenons depuis notre enfance ?"
Et aussitôt le cœur de Claude est changé 13.
L'empereur laisse Valentin au préfet Calpurnius qui le fait amener devant le juge Asterius.
Quand le saint est entré dans la maison de cet homme, il dit : "Seigneur Jésus-Christ, qui êtes la véritable lumière, éclairez cette maison, afin que vous y soyez reconnu comme le vrai Dieu !" 13
Asterius, subjugué à son tour par la foi rayonnante du prêtre, lui dit : "Je suis étonné de t'entendre dire que le Christ est la lumière : certes, si ma fille, qui est aveugle depuis longtemps, recouvrait la vue, je ferai tout ce que tu me commanderas."
Alors, Valentin, par une prière, rend la vue à Julia, la fille du juge auquel il demande de se convertir et de se faire baptiser avec tous ceux de sa maison (46 personnes) ; et Asterius tient sa promesse.
Redoutant un bouleversement de la paix civile, l'empereur fait enfermer Valentin dans une cellule avant de le faire bâtonner puis décapiter sur la Voie Flaminienne, près du pont Milvius, le 14 février 270.
Le corps de Valentin est inhumé par une pieuse matrone, nommée Sabinilla, qui le dépose dans sa propriété 6.

Claude II le Cruel meurt en août 270, à Sirmium, victime de la peste qui décime son armée.

Saint Valentin est représenté, soit tenant une épée et une palme, symboles de son martyre, soit guérissant la fille d'Asterius.
Alexandre IV, pape de 1254 à 1261, le nomme « patron des amoureux ».


Saint Valentin 5

En 1965, la fête est entérinée par l'Union des commerçants de France et la Loterie nationale, avec le soutien des amoureux de Peynet.

En 1969, dans le souci d’épurer son calendrier liturgique de tous les saints plus ou moins légendaires, l’Église catholique en retire la fête de saint Valentin.


Valentin de Terni

L’évêque de Terni en Ombrie (Italie) bénit le 14 février de chaque année les couples devant la tombe de saint Valentin de Terni et leur remet un certificat de "bonheur".
Ce Valentin, issu d'une famille noble, évêque d’Interamnae (aujourd'hui Terni), martyr (exécuté sous Aurélien 17 à Rome en 273 par le préfet Placide 15 ou par le soldat Furius Placidus 18), est fêté le même jour que notre prêtre romain avec lequel il est souvent confondu, à moins qu’il ne s’agisse de la même personne. Louis-Sébastien Le Nain de Tillemont (1637-1698) est pour l'identification des deux martyrs du nom de Valentin (Mémoires pour servir..., t. IV p. 679) 6.
Terni, pour mieux concurrencer Rome, aurait transformé en évêque le petit prêtre ; Asterius et sa fille aveugle auraient été remplacés par le philosophe Craton et un garçon atteint d'un mal incurable. Le professeur de rhétorique, Craton, baptisé par Valentin, aurait été martyrisé à Rome, avec sa famille, en 273 ; il est fêté le 15 février.
Grégoire XVI (pape de 1831 à 1846) confia les reliques de Valentin de Terni à l’église des Carmélites de la rue Whitefriar à Dublin, qui devint alors un lieu de pèlerinage chaque 14 février. 4



Des Lupercales à la Saint-Valentin

La fête des Lupercales (Lupercalia) était une fête de purification qui avait lieu à Rome du 13 au 15 février (ante diem quintum decimum Kalendas Martias), c'est-à-dire à la fin de l'année romaine, qui commençait le 1er mars. Les luperques, prêtres de Faunus, sacrifiaient un bouc à leur dieu, au pied du mont Palatin, dans la grotte du Lupercal (de "lupus" : loup) où, selon la légende, la louve avait allaité Romulus et Remus, les fondateurs légendaires de Rome. 16
La grotte était consacrée à l'ancien roi d'Italie, Faunus, fils de Circé et de Jupiter, assimilé au Pan arcadien, dieu de la fécondité, des troupeaux et des bergers.
Deux jeunes hommes, vêtus uniquement d'un pagne en peau de bouc, assistaient à la cérémonie. Le prêtre sacrificateur leur touchait le front de son couteau. Le sang ainsi répandu était essuyé par un flocon de laine trempé dans du lait. À ce moment-là, les jeunes gens devaient rire aux éclats, puis courir dans toute la ville de Rome en fouettant les passants avec des lanières découpées dans la peau du même animal 16. Les femmes, en particulier, se plaçaient sur leur trajet, dans l'espoir d'avoir une grossesse...

« Les lupercales sont restées célèbres par leur licence. On les fêtait à Rome tous les ans, le 15 des calendes de mars (15 février), en l'honneur, suivant les uns, du dieu Pan, protecteur des bergers et tueur des loups, et, suivant les autres, de la louve qui avait allaité Romulus et Remus. La première opinion est la vraie, selon toute apparence, car les lupercales étaient d'origine pélasgique, et par conséquent bien antérieures à Romulus ; il convient de remarquer que les Grecs avaient leurs fêtes lycéennes, en l'honneur de Pan, ainsi appelées de lycos (loup), absolument comme de lupus les Romains les ont appelées lupercales. Empruntées aux usages de la Grèce, elles vinrent d'Arcadie dans le Latium avec Evandre 1. L'autre tradition, celle qui prêtait à Romulus l'institution de ces fêtes en l'honneur de la louve nourricière, fut arrangée après coup, pour satisfaire la vanité nationale ; la louve romaine n'est du reste elle-même qu'une légende, et si l'on s'en rapporte à M. Ampère qui croit qu'elle a été imaginée à cause des rapports mythologiques existant entre le loup et Pan, défenseur des troupeaux, on retrouve toujours le dieu des bergers à l'origine de l'une comme de l'autre tradition. Il faut y voir de plus une de ces grandes fêtes antiques, dont le sens religieux s'est peu à peu perdu au milieu des pratiques licencieuses ; et qui avaient pour objet de rendre un culte à la fécondité, aux énergies vitales de la nature. Pan était, chez les Romains, le principe de cette force fécondante qu'expriment dans toute sa crudité les grossiers symboles trouvés dans les fouilles d'Herculanum et d'Alatri. Cicéron dit que de son temps, c'est-à-dire aux derniers jours de la République, elle avait, dans les environs de Rome, un caractère tout pastoral. Les lupercales, comme toutes les solennités antiques, commençaient par des sacrifices. On remarquera que la partie symbolique est empruntée à la tradition qui concerne Romulus et Remus. Le jour venu, les luperques ou flamines (prêtres, ndlr) de Pan se réunissaient dans l'antre lupercal ; ils étaient nus, malgré la rigueur de la saison, frottés d'huile, et n'avaient d'autre vêtement qu'une peau de bouc, l'animal lascif par excellence, autour des reins. On immolait au dieu une chèvre et un chien. Le roi des sacrifices, qui assistait à la cérémonie, touchait le front des luperques avec un couteau teint du sang des victimes ; puis avec de la laine reçue des mains du pontifex maximus (grand pontife, ndlr), et qu'il avait soin de tremper dans du lait, il leur lavait cette marque sanglante. Plutarque explique cette étrange coutume de la manière suivante : « Le couteau ensanglanté, dit-il, dont on touche le front des luperques fait allusion aux meurtres commis pareil jour, ainsi qu'au danger auquel furent exposés Romulus et Remus ; et l'ablution de lait rappelle la nourriture des jeunes bergers. Après les sacrifices, les peaux des victimes étaient découpées en lanières et distribuées aux prêtres. » Alors commençait cette singulière procession des lupercales, fameuse par son indécence. Les prêtres, toujours nus ou à peine couverts de la peau flottante du bouc, armés de fouets et de lanières, se partageaient en deux collèges et couraient à travers les rues de la ville, poussent des cris et frappant à droite et à gauche la foule au travers de laquelle ils se frayaient ainsi un passage. Les femmes recherchaient particulièrement cette flagellation, qui devait rendre fécondes les épouses stériles ; celles qui étaient enceintes venaient s'offrir aux coups des lanières sacrées, afin d'éviter, croyaient-elles, les douleurs de l'enfantement. « Il n'y avait pas, dit M. Dezobry dans Rome au siècle d'Auguste, de procession qui causât autant de tumulte que celle des lupercales ; dans tous les endroits où elle passait, le bruit des fouets, les cris et les éclats de rire de la foule, les aboiements des chiens ameutés par le singulier costume des dévots promeneurs, les chants que les luperques répétaient en l'honneur de Pan faisaient retentir au loin les échos. Les bandes étaient fort nombreuses ; car aux deux collèges de luperques conduits par leurs chefs, se joignaient quantité de jeunes gens de bonne famille, appartenant pour la plupart à l'ordre équestre, et aussi des personnages revêtus des premières magistratures, qui n'hésitaient pas à prendre une part active à cette fête regardée comme une cérémonie purificatoire de la ville. La course commençait au figuier ruminal (de rumen "mamelle", ndlr), sous lequel, suivant la légende, Romulus et Remus avaient sucé les mamelles de la louve. Les luperques, qui représentaient les Satyres, compagnons de Pan, se bornaient primitivement à faire le tour de l'antique séjour des Pélasges sur le Palatin ; Varron dit qu'anciennement ils faisaient le tour non de la colline proprement dite, mais de l'ancien Oppidum du Palatin, c'est-à-dire de la Roma Quadrata 2 des Pélasges 3, ce qui confirme bien l'origine pélasgique des lupercales. » 7

En outre, le mois de février était dédié à "Juno Februata", Junon, la déesse de la fièvre (passion).
A noter que, dans le calendrier de l’Athènes antique, la période de mi-janvier à mi-février était le mois de Gamélion, consacré au mariage sacré de Zeus et d'Héra (Junon pour les Romains) 4.

Les Lupercales sont progressivement associées à la fête de Valentin, puis complètement phagocytées par elle sous le pontificat de Gélase Ier (492-496) qui institue officiellement la Saint-Valentin en 494. Gélase critique les chansons paillardes et les comportements immoraux dans une Lettre contre les Lupercales qu’il adresse au sénateur Andromaque lequel a manifesté son attachement à cette fête romaine traditionnelle.

Jules Ier (pape de 337 à 352) construit une église en l'honneur de Valentin sur la Via Flaminia, où il a été inhumé, et où ses reliques seront placées au VIIe siècle avant d'être transférées à l'église Sainte-Praxède au XIIIe siècle. 4

Le pape Jean Ier (523-526) fait bâtir une église sous l’invocation de Valentin près du Ponte-Mole. Elle est rebâtie par le pape Théodore Ier (642-649) mais il n’en reste aucune trace. La porte appelée "Porte du Peuple" portait auparavant le nom de " Porte Valentin".

Il existe encore, à Rome, une "catacombe de Saint-Valentin", témoin de la vénération dont est, de tout temps, entouré "l’illustre martyr", ainsi qualifié dans le Sacramentaire du pape Grégoire le Grand (590-604). On garde la plus grande partie de ses reliques dans l'église de Sainte-Praxède. Les autres sont apportées en France, en l'église Saint-Pierre de Melun-sur-Seine, mais elles ne s'y trouvent plus aujourd'hui (selon un article paru en 1876). Au Xe siècle, une tête de saint Valentin est transférée d'Italie à l'abbaye Saint-Michel-de-Cuxa (Pyrénées-Orientales) ; placée dans un buste-reliquaire au XVe siècle (Classé MH), elle est déplacée à la Révolution française à l'église Saint-Pierre de Prades où elle figure toujours 12. Au XIe siècle, le "chef de saint Valentin martyr" (est-ce le prêtre de Rome ou l'évêque de Terni ? l'histoire ne le dit pas), est apporté à l'abbaye bénédictine de Jumièges, au diocèse de Rouen : Baudry, évêque de Dol vers 1020, fait le récit de cette translation et des miracles qui l'accompagnent 6.
En 1822, Collin de Plancy, dans son Dictionnaire critique des reliques et des images religieuses nous dit que saint Valentin, (mais lequel ?) avait son corps à Rome dans l’église Sainte-Praxède et sa tête dans l’église de Saint-Sébastien et encore un grand corps à Bologne, une tête à l’abbaye de Jumièges, la moitié d’un corps à Milan, un autre corps à peu près entier à Melun et quelques bras détachés à Macerata, dans la Manche d’Ancône, à l’abbaye de Saint-Denis de Mono, à l’Escurial… et ailleurs ! 14

En cette période de l’année, sous certains climats du moins, les oiseaux entament leurs parades amoureuses. En Gaule, ils ne sont pas en reste, comme l'atteste le proverbe : "A mi-février, bon merle doit nicher".
Aussi, au Moyen Age, on fait de Valentin le patron des fiancés et des jeunes gens à marier quand on observe que la date de sa fête coïncide avec la période où les oiseaux commencent à s’accoupler.
Le 14 février, les jeunes filles essayent de deviner comment sera leur futur mari. Pour cela, elles regardent les oiseaux. Si elles voient un rouge-gorge, elles se marieront avec un marin. Un moineau signifie un mariage heureux mais avec un homme peu fortuné, tandis qu'un chardonneret indique un mariage avec un homme riche.
On prie aussi Valentin pour être protégé de la peste, de l'épilepsie et des évanouissements.

Othon de Grandson (mort en 1397 à Bourg-en-Bresse), poète et capitaine à la cour d'Angleterre, consacre trente pour cent de sa poésie à Valentin : La Complainte de Saint Valentin (I et II), La Complaincte amoureuse de Sainct Valentin Gransson, Le Souhait de Saint Valentin, Le Songe Saint Valentin, etc. 4

Le poète anglais, Geoffrey Chaucer (+ 1400), fait référence à Valentin dans son oeuvre, Le Parlement des oiseaux.

Vers 1460, le terme "valentin" désigne le marchand de cadeaux (des bijoux surtout) que le galant ne manque pas d’offrir à sa bien-aimée.
En 1694, on appelle "valentin" le jeune homme qu'une jeune-fille choisit pour être son cavalier le premier dimanche du Carême (Quadragésime) lors de la Fête des Brandons.
Le soir du premier dimanche de Carême, la Fête des Brandons, vestige des Fébruales latines, est célébrée en faisant allumer un feu de joie par des jeunes mariés et des valentins puis on enflamme quelques tortillons de paille (brandons) que l'on porte dans les champs pour chasser le "mauvais air" des terres, les mulots et les taupes et s'assurer de bonnes récoltes.

Le terme "valentine" est employé par Charles d’Orléans (1391-1465), duc et poète, au sens de "femme aimée". Le British Museum expose la "valentine" (la carte-lettre) qu'envoya le poète à sa femme, en 1415, après sa capture à Azincourt et son emprisonnement dans la Tour de Londres où il sera détenu pendant 25 ans. La carte-lettre montre un couple de jeunes gens s'offrant des fleurs alors que Cupidon vole au-dessus d'eux.
"Valentine" désigne la lettre que les jeunes gens, en Angleterre, écrivent aux jeunes filles le 14 février. Selon la légende, Valentin, avant son exécution, aurait écrit une lettre à Julia.
Durant la semaine des "valentines", les garçons se croient tout permis dans leurs lettres extravagantes écrites sur du "papier valentine" ou "à valentines", papier à lettres spécialement destiné à écrire les valentines.
Quelques-uns avancent que les valentines pourraient bien avoir une origine païenne. Leur nom dériverait tout simplement du mot latin "vale", que l'on mettait autrefois au bas des lettres, pour dire à celui à qui l'on écrivait : « Portez-vous bien ! »
Quoi qu'il en soit, en Grande-Bretagne, les "valentines" pleuvent le 14 février et on échange des coeurs en carton contre des fleurs....
Ces valentines n’ont rien à voir avec sainte Valentine, fêtée le 25 juillet, qui fut brûlée en Palestine vers 308 pour s’être insurgée contre les tortures infligées aux chrétiens et avoir renversé l’autel des dieux païens.

Aux États-Unis, pour Valentine's day, les boys offrent des roses à leur petite amie ; mais on s'adresse aussi des vœux d'amitié.

Au Pays de Galles, des petites cuillères ornées de serrures avec cadenas sont échangées par les amoureux.

En Allemagne, on fête le protecteur des épileptiques, Valentin de Rhétie, évêque de Passau dans le Norique et évangélisateur de la Rhétie (+440/450).

En Autriche, les amoureux défilent dans les rues

A l’occasion de la Saint-Valentin, les amoureux italiens s'offrent des chocolats aux noisettes emballés dans des billets doux.

Dans les entreprises japonaises, les filles célibataires offrent un chocolat, le "Giri choco" (chocolat obligatoire), à leurs collègues masculins préférés. Un mois plus tard, le 14 mars, les garçons, si affinité, répondent à la demande des filles en leur offrant un linge blanc et une boîte de sucreries ; ce jour, appelé "White day" (le Jour Blanc), a été repris par la Corée du Sud, Taiwan et Hong Kong.
En Inde aussi, la fête se déroule au sein des entreprises.

Au Brésil, la Saint-Valentin ("dia dos namorados" = jour des amoureux) est fêtée le 12 Juin ; en Colombie, elle est fixée au 3ème samedi du mois de Septembre ("día del amor y amistad" = jour de l'amour et de l'amitié). Au Pérou, le 14 février est le "Jour de l'amour" ou "Jour de l'amitié".


La Saint-Valentin en France

La Saint-Valentin, tombée en désuétude dans la plupart des régions de France, nous revient des États-Unis après la seconde guerre mondiale, à la grande joie des fleuristes, des restaurateurs, des bijoutiers, des parfumeurs et des confiseurs.
En 1965, la fête est officialisée par l'Union des commerçants de France, la Loterie Nationale et les Amoureux de Peynet.

Valentin est particulièrement honoré à Jumièges (Seine-Maritime) où se dresse l’église Saint-Valentin. Au XIe siècle, le crâne du saint a été amené à l'abbaye bénédictine de Jumièges et une procession a traversé toute la campagne, chassant les rats et la sécheresse, étendant la protection et la bénédiction du martyr sur la terre et sur ses habitants. Baudry, évêque de Dol vers 1020, a fait le récit de cette translation et des miracles qui l'accompagnèrent. 6

Une châsse de bois doré, censée contenir des reliques du martyr, se trouve dans la Collégiale de Roquemaure dans le Gard, depuis le 25 octobre 1868, quand Maximilien Richard, un riche viticulteur du pays, en fit l’acquisition à Rome pour que Valentin conjurât une épidémie de phylloxéra signalée à partir de 1863, à Pujault, dans la région de Roquemaure. Ce jour-là, l'évêque de Nîmes, Mgr Plantier, reçut les reliques du saint dont le panégyrique fut prononcé sur la place de la Pousterle. 9
Les années impaires, le village reprend son ancien aspect et les habitants revêtent les costumes d’époque.

A Saint-Chef et à Saint-Savin (Isère), depuis 1891, les vignerons ne fêtent pas la Saint-Vincent mais la Saint-Valentin (probablement en souvenir du miracle opéré à Roquemaure).

L’église de Saint-Pierre du Chemin (Vendée) possède une châsse renfermant des reliques de saint Valentin depuis qu’un prêtre natif de la paroisse, l’abbé Bernier, faisant ses études à Rome vers le milieu du XIXe siècle, les envoya au curé de la paroisse, en 1848. Ces reliques sont authentifiées par un certificat du Cardinal Patrizzi, certificat gardé précieusement dans les archives paroissiales 8. L'association Saint-Valentin organise une semaine de festivités chaque année.

Saint-Valentin, petit village de l’Indre, le seul de France à porter ce nom, s’est baptisé "Village des Amoureux" ; il célèbre la fête chaque année et exporte ses dragées de mariage jusqu'au Japon. Les amoureux de tous âges et de tous horizons peuvent contempler les maisons fleuries ou flâner dans le "Jardin des Amoureux".

La commune de Saint-Amour-Bellevue (Saône-et-Loire) propose aux époux qui le désirent de revenir en mairie "confirmer leur mariage".

Des paroisses organisent une Fête du mariage au cours de laquelle les couples qui le désirent peuvent renouveler leur engagement. Ce renouvellement peut avoir lieu à l'occasion du dimanche de la Sainte-Famille (fête qui se célèbre normalement le dimanche après Noël ; toutefois, lorsque Noël tombe un dimanche, la Sainte-Famille est avancée au vendredi 30 décembre) ou de la "Saint-Valentin" le 14 février.


Citations

A poor young shepherd

J’ai peur d’un baiser
Comme d’une abeille.
Je souffre et je veille
Sans me reposer :
J’ai peur d’un baiser !

Pourtant j’aime Kate
Et ses yeux jolis.
Elle est délicate,
Aux longs traits pâlis.
Oh ! que j’aime Kate !

C’est Saint Valentin !
Je dois et je n’ose
Lui dire au matin ...
La terrible chose
Que Saint Valentin !

Elle m’est promise,
Fort heureusement !
Mais quelle entreprise
Que d’être amant
Près d’une promise !

J’ai peur d’un baiser
Comme d’une abeille.
Je souffre et je veille
Sans me reposer :
J’ai peur d’un baiser !

(Paul Verlaine, Romances sans paroles, Aquarelles 10

Ne fondez rien sur le sable de sentiments qui vont et viennent. Construisez sur le rocher de l'amour qui vient de Dieu. La famille naît d'un projet d'amour qui grandit afin d'être un espace d'affection, d'espérance et de partage. (14 février 2014, bénédiction inédite de milliers de couples en préparation au mariage par le pape François)


Dicton médical

Saignée du jour Saint-Valentin
Fait le sang net soir et matin,
Et la saignée du jour devant
Garde des fièvres en tout l’an.


Dictons météorologiques

A la Saint-Valentin
La pie monte au sapin ;
Si elle n'y reste point
L'hiver n'est pas à la fin.

A mi-février, bon merle doit nicher.

A la Saint-Valentin, on accouple les serins.

A la Saint-Valentin, la roue gèle avant le moulin.

A la Saint-Valentin, tous les vents sont marins.

Tel temps le jour de Saint-Valentin, tel temps au printemps qui vient.

S'il ne fait froid le jour d'Adam et Eve, 20 jours trop tôt montera la sève.

Ciel clair à la Saint-Valentin annonce plénitude de biens.

Vigneron à la Saint-Valentin doit avoir serpette en main.


Notes
1 Evandre fut accueilli dans le Latium par le roi Faunus ; dans l'Enéide de Virgile, Evandre, qui avait pour mère Carmenta, une prophétesse, et pour père, Echémos, le roi de Tégée en Arcadie, avait émigré d'Arcadie soixante ans avant la chute de Troie.
2 La Roma quadrata des premiers âges ne comprenait que la seule colline du Palatin ; vers 600 av. J.-C, les fondateurs de la cité lui avaient donné la forme d'un rectangle, selon les rites étrusques ; au centre se trouvait la petite fosse carrée (mundus) où chacun des nouveaux habitants allait jeter une poignée de terre apportée de sa ville natale.
3 Selon la tradition grecque, les Pélasges habitaient la Grèce (principalement l'Argolide, l'Arcadie, l'Attique, la Béotie et surtout la Thessalie) avant l'arrivée des Indo-européens. Ils avaient des colonies en Crète, dans les Cyclades, la Phocide et l'Eubée et même en Italie. Quelques auteurs rangent les Etrusques ou Tyrrhéniens de l'Italie et de l'Asie Mineure parmi les Pélasges.
4 http://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Valentin
5 Saint Valentin, enluminure Missel Romain, vers 1370, Avignon, Bibliothèque municipale, ms 0136, folio 231.
6 http://missel.free.fr/Sanctoral/02/14_2.php
7 Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle. Pierre Larousse
8 http://www.saintpierreduchemin.com/patrimoine.htm
9 http://www.saintvalentin.org/
10 http://www.florilege.free.fr/verlaine/romances_sans_paroles.html
11 Lexique Latin-Français. Sommer/Châtelain. 1889. Hachette
12 http://fr.wikipedia.org/wiki/Valentin_de_Terni
13 http://jesusmarie.free.fr/jacques_de_voragine_legende_doree_1.html
14 http://jumieges.free.fr/Valentin.html
15 Bibliothèque sacrée, ou dictionnaire universel historique, dogmatique, canonique, géographique et chronologique des sciences ecclésiastiques ... par les révérends pères Richard et Giraud ... Tome premier, Volume 24. Méquignon-Harvard, éditeur, 1825.
16 https://fr.wikipedia.org/wiki/Lupercales
17 http://www.histoire-russie.fr/icone/saints_fetes/textes/fevrier02.html
18 http://mon-italie-en-ligne.centerblog.net/55-la-veritable-vie-de-saint-valentin

Sources


Voir dossier Au fil de l'an


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; toute reproduction à but non lucratif est autorisée.  

Date de mise à jour : 06/01/2017

ACCES AU SITE