LE SHINTOISME
Définition

Religion autochtone du Japon, le shinto serait apparu au cours de la période préhistorique Yayoi, subsumant le chamanisme, l'animisme et les croyances populaires d'origine.

La déesse solaire Amaterasu est la divinité suprême du panthéon shinto et la déesse tutélaire de la maison impériale.

Chronologie historique

Le 11 février de l’an 660 av. J.-C., le prince Jimmu Tennô, descendant de la déesse Amaterasu Omikami, monta sur le trône du Japon après avoir vaincu le royaume Yamato, et fonda l'empire japonais.

Trop simple et désorganisé pour développer une structure ou un dogme, le shinto (Voie du Divin) n'acquit un nom qu'à la fin du VIe siècle, pour le distinguer des nouvelles croyances bouddhistes, taoïstes et confucéennes importées de Chine et de Corée et auxquelles il dut faire face.

Il fut également impliqué dans la consolidation du gouvernement sous le règne de la famille impériale ; ce système fut mis en place vers 645, tandis que l’Etat faisait des offrandes officielles à certains lieux saints importants (environ 3 000 au Xe siècle).

Les concepts et les formes du culte furent empruntés au bouddhisme.

Le bouddhisme devint bientôt le symbole étranger le plus important au Japon, après son introduction en 538, et à partir du VIIIe siècle, les Japonais apprirent à concilier les deux croyances en considérant les kami (800 millions de dieux) comme des incarnations des bouddhas ou bodhisattvas.

Le processus fut facilité par une révélation, sur le lieu saint d'Ise, en 743, dans laquelle Amaterasu Omikami se montra sous l'aspect du bouddha cosmique Vairocana.

Des temples bouddhiques furent construits dans l'enceinte des lieux saints shintoïstes et des prêtres bouddhistes se virent confier les lieux sacrés.

Le shinto pur et intact ne survécut que dans les centres religieux les plus vénérables, tels qu'Isé.

Mais les importations étrangères avaient offert au shinto les idées et même le langage écrit dont il avait besoin pour se donner une forme et une identité, et la synthèse se développa.

Les yamabushi itinérants (prêtres de montagne) servirent au peuple un mélange de rites shintoïstes et bouddhistes.

Au XIIIe siècle, d'influentes familles de prêtres d'Isé et de Kyoto développèrent des doctrines qui dissociaient explicitement le shinto et le bouddhisme.

Le Watarai Shinto, qui doit son nom à l'une de ces familles, souligne l'importance de la prière et d'une nature kami universelle, un esprit créateur sous-jacent à toute chose, y compris les bouddhas.

Yoshida Kanemoto, descendant d'une autre de ces familles, systématisa la doctrine shintoïste et déclara qu'elle était à la base de tous les autres cultes y compris celui du bouddhisme.

Le shinto restauré [Fukko Shinto] afficha un nationalisme militant en réponse aux avancées occidentales dans l'ouest du Pacifique. Son symbole était que les Japonais, en qualité d'uniques descendants du Soleil, ne pouvaient que dominer le monde.

Les radicaux qui renversèrent le shogounat Tokugawa, lors de la restauration Meiji de 1868, prirent pour idéologie le Fukko Shinto qui devint le symbole d’Etat du nouveau gouvernement.

Le shinto et le bouddhisme furent séparés par décret en 1868 : on ordonna le retrait des effigies bouddhistes des lieux sacrés shintoïstes et toute trace du bouddhisme fut éliminée de la maison impériale.

Le shinto d’Etat devint un porte-drapeau pour le régime militariste des années 1930.

Après la défaite japonaise de 1945, les autorités d'occupation américaines décrétèrent la séparation du shinto et de l’Etat ; l'empereur dut reconnaître qu'il n'était pas un dieu mais un simple humain.

La plupart des lieux sacrés shintoïstes se réorganisèrent en 1946 pour former une organisation autonome, l'Association des lieux sacrés shintoïstes.

Les rites d’Etat de l'empereur furent reclassés en rites privés de la famille impériale.

Le shintoïsme prospéra après-guerre, avec l'apparition de plus de 80 sectes, dont certaines se répandirent à l'étranger ; le shinto continua à être une partie évolutive de la vie et de la culture japonaise.


Empereur Hiro Hito 1946

Citations

Si la haine répond à la haine, comment la haine finira-t-elle ? C'est le pardon qui doit y mettre fin. (Précepte shintoïste)

On sait que la religion des shintos ou shintoïsme consiste dans le culte d'une divinité suprême et de demi-dieux ou héros ; elle enseigne que les âmes des hommes vertueux iront habiter les régions lumineuses au seuil desquelles le Japon est placé. (Journal officiel du 20 août 1877, p. 5889, 2e col]


Sources


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; reproduction interdite sans autorisation.

Date de mise à jour : 06/05/2012