Le S.I.D.A.
Définition

Le syndrome immunodéficitaire acquis (S.I.D.A. ou A.I.D.S.) est le stade avancé de l’infection par un rétrovirus, le virus de l’immunodéficience humaine (VIH ou HIV), caractérisé par une déficience de certaines cellules du système immunitaire, les lymphocytes T CD4 (ou T4), qui facilite les infections par divers micro-organismes (bactéries, champignons, parasites) et l’apparition de certains cancers.


Origine du VIH

Le sous-groupe M du VIH-1 à l'origine de l'épidémie de SIDA (syndrome d’immunodéficience acquis), en anglais AIDS, est issu d'un ancêtre viral unique datant de 1931 (revue « Science », 2000) :
- Transmission précoce : vers 1880, le virus SIV du singe se transmet à l’homme par consommation de chimpanzés d'Afrique centrale et de l'Ouest ; après adaptation, il devient le VIH humain ; 1931 il commence à muter et produire des sous-groupes (M, N, O) responsables de l’épidémie.
- Transmission tardive : en 1931, brusque passage du chimpanzé à l'homme, provoquant le démarrage de l'épidémie, ou, entre 1940 et 1950, passage simultané de multiples souches du VIH des singes à l'homme.

Le 1er octobre 2008 la revue britannique Nature publie une étude réalisée par des chercheurs américains, congolais, français et belges. Elle repose sur la comparaison de deux échantillons viraux datant de 1959 et 1960. Le premier (ZR59) est le plus ancien virus humain disponible à ce jour. Le second (DRC60) provient d’un extrait de ganglion conservé dans de la paraffine et récemment découvert dans les archives de l’hôpital général de Kinshasa (ex-Léopoldville). L'équipe de scientifiques a analysé la séquence génétique de ces deux souches et a constaté de nombreuses différences entre les deux puisqu’elles divergent d’au moins 12%. Selon les chercheurs, pour qu’une telle variation ait été possible dans les années soixante, il a fallu que le virus apparût dans la population humaine au début du siècle et peut être même avant (entre 1884 et 1924) ; soit pratiquement cinquante ans plus tôt que ce qui était admis jusqu’alors par la communauté médicale. (nouvelobs.com, 02.10.2008)

Les changements de notre mode de vie auraient permis à un virus circonscrit dans un endroit isolé de se disséminer et de devenir plus actif : libération des mœurs sexuelles, transfusion et distribution de produits dérivés du sang à travers le monde, partage des aiguilles et seringues chez les usagers de produits injectables, injections de médicaments avec du matériel pas ou mal stérilisé ; en Afrique, transmission du VIH facilitée par les fréquentes lésions de muqueuses génitales et les transfusions avec du sang contaminé.

Certaines hypothèses ont été écartées :
- Une mutation a entraîné une augmentation du pouvoir pathogène du virus. Peu probable : cette mutation aurait du se produire simultanément au niveau des 2 virus VIH-1 et VIH-2 dont les codes génétiques sont relativement éloignés. Le VIH-1 pourrait venir d'un virus présent chez le chimpanzé et qui existerait depuis longtemps dans quelques populations humaines isolées le tolérant bien ; le VIH-2, moins virulent que le VIH-1, viendrait d'un virus de singe africain, le mangabey, qui le tolère bien.
- Le virus a été fabriqué artificiellement par l'homme. Impossible : car les premiers cas d'infection par le VIH ont été recensés au début des années 1970 alors que la technologie ne permettait pas de manipulations génétiques. En 1983, une campagne de désinformation a été lancée par des journaux soviétiques et un professeur est-allemand : le virus aurait été intentionnellement synthétisé aux USA pour anéantir la race noire en Afrique du Sud. Mais un accident se serait produit au Zaïre et le système contaminant réservé aux Noirs se serait trouvé modifié. Le Pt de l'Académie éthique de médecine a démenti cette thèse.
- Un vaccin oral contre la poliomyélite, obtenu à partir de cellules rénales de chimpanzé et administré en Afrique centrale entre 1957 et 1960, aurait permis au virus de passer du singe à l'homme. L’unité de rétrovirologie de l'Institut Pasteur de Paris, choisie par un comité d'experts avec les Instituts Roche de Californie et Max Planck de Leipzig afin d'analyser les échantillons, n'a trouvé aucune corrélation.

Chronologie historique

Le sida est apparu en Afrique. Sur la base d’analyses de sérums sanguins conservés à des fins d’études biologiques sur les maladies infectieuses, on pense qu’il a émergé vers la fin des années 1950.

1959 : un bantou habitant Léopoldville est le 1er cas de virus VIH-1 (identifié en 1998).

1969 : le sida est introduit aux Etats-Unis par un immigrant haïtien célibataire. C’est le résultat de l’étude de Michael Worobey, professeur de biologie à l'Université d'Arizona (sud-ouest), publiée dans les Annales de l'académie nationale américaine des sciences (PNAS) le 29 octobre 2007.

1981 : Le 5 juin, le Center for Disease Control d’Atlanta publie un rapport sur 5 cas graves de pneumonie survenus à Los Angeles, au cours des 8 mois précédents, chez des hommes jeunes et homosexuels.
Un cas similaire est également découvert en France.

1982 :
- En janvier et février 1982, la transmission par voie sexuelle et sanguine du SIDA, syndrome d’immunodéficience acquis (en anglais : AIDS), est démontrée dans les groupes à risques (Haïtiens et hémophiles).
- La description des premiers cas de sida chez les hémophiles (sujets à de fréquentes transfusions sanguines) et chez les toxicomanes par voie veineuse, et l’identification dans certains cas du patient à l’origine de la contagion permettent de confirmer l’origine infectieuse de la maladie et de préciser ses modes de transmission : le sang et les relations sexuelles.
- Des médecins français (dont Mayaud, Leibowitch et Picard) avancent que le syndrome n’est peut être pas lié à la seule homosexualité, pourtant risque majeur, et qu’il pourrait être présent en Afrique.

1983 : En mars, le virus responsable du SIDA, un rétrovirus baptisé LAV-1, est identifié par l’équipe de Luc Montagnier, à l’Institut Pasteur (Paris). Cette découverte est publiée le 20 mai dans la revue Science.

1984 : En avril, Robert Gallo (USA) rapporte l’association de la maladie avec un rétrovirus appelé HTLV3 et affirme que les deux virus sont différents.
Après une polémique féroce, il sera démontré que les deux virus sont identiques.

1985 : En janvier, l’ensemble du message génétique porté par le virus du sida est publié.

1986 : l’Institut Pasteur découvre un deuxième virus du sida humain : VIH-2 dont le code génétique est différent de celui du VIH-1. L’azidothymidine (AZT) devient le premier médicament actif dans la lutte contre le sida.

1987 :
- La divergence génétique entre le virus le plus répandu en Europe et aux États-Unis et certaines souches isolées en Afrique occidentale étant très grande, il faut développer un test de dépistage différent et définir deux types viraux principaux (VIH-1 et VIH-2).
- En octobre, l’Assemblée générale des Nations unies vote une résolution appelant toutes les nations de la planète à soutenir la stratégie de prévention du sida définie par l’Organisation mondiale de la santé.

1991: en octobre, le scandale du sang contaminé par le virus du sida éclate en France.

1992 à 1999 : en France, procès du sang contaminé.

1994 : Le 11 juillet, les Etats-Unis reconnaissent la paternité de l'Institut Pasteur dans la découverte du virus du Sida.

1995 : Le 12 février, l’épiscopat français, dans son rapport Sida, la société en question, admet le recours au préservatif pour prévenir la transmission du virus du sida.

1996 :
- début de la trithérapie qui consiste à administrer trois médicaments antiviraux en même temps. Elle réduit considérablement la mortalité mais ne permet pas de guérir définitivement du sida : les patients sont en rémission, contraints à un traitement à vie.
- Le 31 août, le cardinal de Nairobi, Maurice Otunga, livre publiquement aux flammes des boîtes de préservatifs et des petits livres sur le SIDA.

1998 : le professeur François Simon (hôpital Bichat) découvre une nouvelle souche (VIH-1-N) chez une femme morte au Cameroun en 1995.

2000 : En mars, le Pt sud-africain Thabo Mbeki déclara soutenir les thèses de Peter Duesberg et David Rasnick récusant la responsabilité du VIH dans le sida (?!)

2001 : 17 avril, les groupes pharmaceutiques titulaires de droits sur les trithérapies contre le sida abandonnent leurs poursuites contre le gouvernement sud-africain qui a mis en place la fabrication de médicaments génériques. La France compte 130 000 séropositifs.

2002
: France, 1480 cas diagnostiqués, 683 décès.

2003 : un vaccin est testé sur l'homme en Thaïlande.

2004
:
- Janvier : après une prise de position de l'épiscopat espagnol en faveur du préservatif contre le Sida, le cardinal Barragan, président du Conseil pontifical pour la santé, explique : « L'utilisation du préservatif pour éviter la propagation du Sida n'est pas acceptable, parce que l'objectif est la lutte contre la fornication. »
- Le 14 juillet, à Bangkok (Thaïlande), la Conférence internationale sur le sida appelle à concentrer la lutte contre la maladie sur les femmes particulièrement touchées par la pandémie à travers le monde. Les femmes représentent une proportion croissante des adultes séropositifs, passée de 41 % en 1997 à 48 % à la fin 2003. En Afrique sub-saharienne, région du globe la plus touchée, cette proportion atteindrait même les 60 %.
Sur l’ensemble de l’Hexagone, la proportion des femmes dans la population atteinte du sida a subi l’augmentation de la fréquence de la transmission du VIH par les rapports hétérosexuels (devenus le premier mode de contamination ; ce qui fait des hétérosexuels le premier groupe à risque devant les homosexuels et les toxicomanes). Alors que les femmes ne faisaient qu’un cinquième des personnes adultes infectées par le VIH au début des années 1990 en France, elles constituent dix ans plus tard, plus d’un tiers de ces personnes.

2005 :
- Dans un livre intitulé Mon Dieu… pourquoi ? coécrit avec le directeur du Monde des Religions, Frédéric Lenoir, et publié chez Plon en 2005, l’abbé Pierre (1912-2007) prend position en faveur de l’usage du préservatif dans la lutte contre les maladies vénériennes et le SIDA, affirmant « qu’il faut regarder les problèmes en face ».
- Publié le 21 novembre, le rapport de l’Onusida (programme commun des Nations unies sur le VIH/sida) montre que les chiffres de l’épidémie restent alarmants : « Cette année, le nombre de personnes vivant avec le VIH dans le monde a atteint son niveau le plus élevé jamais enregistré, avec 40,3 millions de personnes (contre quelque 37,5 millions en 2003). L'accès aux traitements du VIH s'est amélioré : plus d'un million de personnes dont la survie en dépend, en bénéficient désormais dans les pays à faible et moyen revenus (contre environ 700 000 fin décembre 2004 et environ 970 000 fin juin 2005 sur 6,5 millions de malades en ayant besoin d'urgence). Pourtant, la majorité en sont exclus avec, en moyenne, au mieux, une personne sur dix en Afrique et une sur sept en Asie qui y accèdent. »
L’OMS et l’Onusida notent, dans tous les pays industrialisés, un relâchement de la vigilance de la population sexuellement active (homosexuelle comme hétérosexuelle) vis-à-vis du sida. En 2005, 2,8 millions de personnes ont perdu la vie à cause de la maladie et 4,1 millions ont été contaminées par le virus. A la fin de 2005, 38,6 millions de personnes dans le monde vivaient avec le sida, un chiffre qui continue à augmenter du fait de l'accroissement de la population, mais aussi des effets de la thérapie antirétrovirale, qui permet de prolonger la vie des malades.
- Le 28 novembre, par un communiqué de presse, GlaxoSmithKline Biologicals et l'Institut Pasteur annoncent que, soutenus par une subvention de 5,5 millions d'euros de l'Union européenne, ils collaborent au développement d’un vaccin antisida à partir du vaccin contre la rougeole dont le génome du virus atténué est combiné avec deux ou trois gènes du HIV.
- Le 14 décembre, par la voix du cardinal Barragan, président du Conseil pontifical pour la santé, le Vatican demande à tous les chrétiens du monde de donner 5 euros pour aider à lutter contre le Sida.
- D’après l’Institut de veille sanitaire, le sida progresse en France. En 2005, on dénombre 6 700 nouvelles découvertes de séropositivité, soit une augmentation de 15% par rapport à 2003 ; 125 000 personnes sont atteintes par le virus du sida.

2006 :
- Le 30 mai, l'Onusida écrit : « Globalement, on pense que la proportion de personnes qui ont contracté une infection par le VIH a atteint son point le plus élevé à la fin des années 1990 et s'est stabilisée depuis ». L’Onusida souligne que le monde marque des points dans la lutte contre le VIH, grâce aux efforts de financement et d'accès au traitement, mais que la prévention reste insuffisante dans de nombreux pays. L'Inde a dépassé l'Afrique du sud comme premier pays au monde pour le nombre de séropositifs (Inde : 5,7 millions ; Afrique du Sud : 5,5 millions).
- Dans son rapport annuel publié le 21 novembre, le Programme commun des Nations unies sur le VIH/sida (Onusida) évalue à 39,5 millions le nombre de personnes vivant avec le virus du sida, soit 2,6 millions de plus qu'en 2004. Chaque jour, 11 000 personnes sont contaminées par le virus, soit un total de 4,3 millions pour l'année, c'est-à-dire 400.000 de plus qu'il y a deux ans. Les jeunes (15-24 ans) représentent 40% des nouvelles infections.
- Le sida a tué 2,9 millions de personnes en 2006 contre 2,7 millions en 2004. L'Afrique noire reste de loin la région la plus touchée par le virus, avec 63% des personnes infectées dans le monde et 72% des décès. L'épidémie progresse surtout dans deux régions du monde : l'ancien bloc soviétique (injection de drogue) et l'Asie du Sud et du Sud-Est (prostitution). Dans les pays pauvres, l'accès aux traitements s'est considérablement accru ces dernières années grâce à la fourniture de médicaments antirétroviraux.
- Selon deux études menées l'une au Kenya, l'autre en Ouganda, dont l'analyse des résultats a été effectuée le 12 décembre, la circoncision, en réduisant considérablement la surface de peau comportant de nombreuses cellules immunitaires (cellules dentritiques) très sensibles au VIH, diminue de moitié le risque de contamination par ce virus lors de relations hétérosexuelles vaginales. La face interne du prépuce est une muqueuse très fine, ce qui la rend très perméable : cette partie du sexe masculin peut donc retenir le VIH pendant et après un rapport non protégé, constituant ainsi une porte d’entrée pour le virus. De plus, après le rapport sexuel, le pénis est humide ; un pénis circoncis sèche plus rapidement qu’un pénis non circoncis et le desséchement est un ennemi et un obstacle pour le VIH. Le virus du sida ne résiste pas à l’air libre. « Nous avons la confirmation que la circoncision faite dans de bonnes conditions médicales peut réduire le risque de contamination par le VIH lors de rapports hétérosexuels » (Anthony Faucy, directeur de l'Institut national américain de lutte contre le sida).
- Selon le bilan 2006 de l’Institut de Veille Sanitaire, 1 022 nouveaux cas de sida ont été diagnostiqués en France contre 1 300 en 2005 et 6 300 personnes ont découvert qu’elles étaient séropositives contre 6 700 en 2005 ; ce sont les homosexuels masculins et les migrants originaires d’Afrique qui sont les plus touchés par cette infection.

2007 :
- Le 2 mars, en analysant le génome complet de centaines de patients atteints du sida, les équipes du consortium de recherche Euro-CHAVI, dirigé par le Professeur Amalio Telenti de l'Institut de microbiologie de l'Université de Lausanne, identifient trois gènes résistants au virus du sida naturellement activés chez certains individus.
- Le 28 mars, dans un communiqué commun, l'OMS et l'Onusida notent que la « circoncision [devait] être reconnue comme une mesure efficace de prévention du VIH », qu’« il [fallait] considérer la promotion de la circoncision comme une nouvelle stratégie importante de prévention de la transmission hétérosexuelle du VIH de la femme à l'homme » et que si la « circoncision ne protège pas complètement contre l'infection au VIH, elle représente une stratégie additionnelle ».
- Le 9 avril, dans les comptes rendus de l’Académie des sciences américaines (PNAS), des chercheurs français publient les résultats de leur étude portant sur onze patients séropositifs (certains infectés depuis 1983) qui réussissent à contenir naturellement le VIH sans aucun traitement préalable. La particularité de ces « contrôleurs de virus » (une infime minorité des séropositifs : moins de 1%) proviendrait de leurs lymphocytes T CD8, capables d’inhiber totalement les cellules T CD4 lorsque celles-ci sont infectées par le virus.
Le professeur Jean-François Delfraissy, directeur de l’Agence nationale de recherche du sida (ANRS), explique que ces lymphocytes « détruisent immédiatement les cellules CD4 dès qu’elles sont infectées » et que le virus n’a alors pas le temps de se propager dans l’organisme. Il déclare que « cela pourrait servir de modèle pour un vaccin capable d’éliminer le virus du sida ». Il précise toutefois que même si ces « contrôleurs de virus » n’ont pas développé la maladie, ils restent tout de même contagieux et doivent donc adopter des comportements responsables (préservatifs). Pour Jean-Marc Bithoun, président de l’association « Actions traitement » : « Même s’il faut rester prudent face à l’annonce de tel résultats, cette étude ouvre tout de même une voie vers ce qui pourrait être la création d’un vaccin permettant aux séropositifs de développer des défenses spécifiques et ainsi de provoquer une réaction immunitaire ». (Marianne 11/04/2007)
- Le test d'un vaccin élaboré par Merck est interrompu, des études ayant démontré que ce vaccin augmentait le risque d'infection du sida.
- Lors de la conférence de la Société internationale du sida (IAS), réunie à Sydney du 22 au 25 juillet, le professeur américain John Rossi annonce que les premiers essais humains d'immunisation intracellulaire ont débuté à l'hôpital City of Hope de Californie. Ainsi, la thérapie génique, consistant à soigner une maladie par l'introduction de gènes correcteurs, est actuellement testée sur l'homme pour combattre le virus du sida. Deux nouvelles molécules, le darunavir (ou TMC 114) et l’étravirine (ou TMC 125), essayées chez des patients en échec des traitements disponibles, ont été présentées.
- En octobre, le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) annonce que des chercheurs de l'Institut de génétique moléculaire de Montpellier ont développé une molécule chimique (IDC 16) qui bloque la multiplication du VIH.
- Le rapport conjoint de l’Onusida et de l’OMS, rendu public le 20 novembre, fait état de 32,7 millions de personnes vivant aujourd’hui avec le virus. Le nombre de personnes contaminées annuellement passe à 2,5 millions. Le sida a tué 2,5 millions de personnes en 2007. Chaque jour dans le monde, 6 800 personnes contractent le virus et 5 700 en meurent. En Afrique sub-saharienne, 1,7 million de personnes ont été infectées en 2007 ; l’Afrique du Sud est le pays qui compte le plus grand nombre d’infections dans le monde. En Asie qui compte 4,9 millions de malades, dont 440 000 nouveaux cas en 2007, l’Indonésie connaît la plus forte progression. Dans la région Europe de l’Est-Asie centrale, le nombre de séropositifs nombre des séropositifs est passé de 630 000 à 1,6 million entre 2001 et 2007. « Si nous commençons à percevoir un retour sur investissement dans la prévention du sida, les nouvelles estimations ne changent rien à la nécessité d’une action encore plus forte et de financements accrus afin d’avancer vers un accès universel à la prévention, au traitement et aux soins » conclut le rapport.
- Le 18 décembre, l'Agence européenne du médicament autorise la commercialisation de l'Atripla : une seule pilule, à prendre une seule fois par jour, est constituée de trois molécules déjà utilisées dans le cadre de la trithérapie. Deux laboratoires, Bristol-Myers Squibb (BMS) et Gilead Sciences, se sont associés pour créer cette première trithérapie en comprimé à prise unique.
L'Atripla sera commercialisé en France le 6 mai 2008.

2008 :
- Le 3 mars, l’Inserm communique : "Un groupe de chercheurs canado-américain a découvert comment une protéine présente dans l'ADN de certains individus les protège contre des maladies immunodéficientes mortelles telles que celle induite par le VIH. Ce groupe de scientifiques publie les résultats de leurs recherches dans la revue Nature Medicine où ils expliquent comment la protéine FOX03a prémunit contre les attaques virales. Cette découverte pourrait contribuer au développement d'un vaccin contre le VIH." Le Dr Sékaly, professeur au Centre Hospitalier et à l'Université de Montréal, estime que, au-delà du traitement contre le VIH, la découverte de son équipe est très prometteuse pour d'autres maladies immunodéficientes : " La découverte de la protéine FOX03a permettra aux scientifiques d'élaborer des thérapies adaptées à d'autres maladies virales qui affaiblissent le système immunitaire, telles que des cancers, l'arthrite rhumatoïde, l'hépatite C, de même que les rejets observés dans la transplantation d'organe ou la greffe de la moelle osseuse. "
- Le 2 juin, le tribunal correctionnel de Marseille condamne à trois ans de prison, dont deux ans fermes, un homme reconnu coupable d'avoir "administré volontairement une substance nuisible ayant entraîné une incapacité ou une infirmité permanente". Il avait caché à sa compagne qu'il était porteur du virus.
- Le 26 juillet, la revue britannique The Lancet publie l'étude d'une équipe de chercheurs (conduite par le professeur Robert Hogg) du centre de recherche sur le sida de Vancouver (Canada), selon laquelle l'espérance de vie des patients infectés par le virus du sida dans les pays développés a augmenté de 13 ans depuis qu'on recourt à une combinaison d'antirétroviraux, avec une baisse de la mortalité de près de 40%.
- En août, publication du Rapport annuel de l'Onusida 2008 : "A l’échelle mondiale on estime que 33 millions de personnes vivaient avec le VIH en 2007 (...) En 2007, il y a eu 2,7 millions de nouvelles infections à VIH, et 2 millions de décès liés au sida (...) L’Afrique subsaharienne reste la région la plus fortement touchée par le VIH, avec 67% de toutes les personnes vivant avec le VIH et 75% des décès dus au sida en 2007."
- La revue Science datée du 5 septembre publie une étude des chercheurs californiens du Gladstone Institute of Virology and Immunology qui ont découvert chez les souris un gène pouvant jouer un rôle clé dans la production d’anticorps neutralisant les rétrovirus, comme par exemple le VIH. Ce gène, appelé Apobec3 qui existe aussi chez les humains, pourrait expliquer en partie pourquoi certaines personnes exposées au VIH ne sont jamais infectées. "Cette protéine Apobec 3 n’est pas nouvelle, on y travaille depuis au moins 5 ans, explique Françoise Brun Vezinet professeur à l'hôpital Bichat de Paris. D’ordinaire Apobec 3 est une protéine qui sert à se protéger du virus, car elle agit en déstabilisant tout le code génétique du virus. Mais dans le cas du VIH, il y en a une autre qui contre l’action d’Apobec3. Ce qu’évoque ce travail américain, c’est que les chercheurs auraient mis à jour un nouveau mécanisme, en particulier dans la production d’anticorps neutralisants." (www.liberation.fr/actualite/societe/350351.FR.php)
- Le 6 octobre 2008, le prix Nobel de médecine est décerné aux Français Luc Montagnier et Françoise Barré-Sinoussi pour leurs travaux qui ont permis la découverte du virus du sida.
- 12 novembre 2008, communiqué de l'Hôpital de la Charité de Berlin : une greffe de moelle osseuse chez un patient de 42 ans séropositif, soigné pour une leucémie par une équipe allemande, a rendu le virus du sida indétectable depuis près de deux ans. Cette découverte, si elle se confirme, suggère que la thérapie génique pourrait soigner les personnes atteintes par le VIH.
- Le 26 novembre, l’OMS, à travers un communiqué et un article de la revue Lancet, annonce avoir trouvé une solution pour réduire considérablement le nombre de nouveaux cas de malades du Sida : selon un modèle mathématique mis au point par des chercheurs de l’OMS, un dépistage volontaire universel et annuel du VIH suivi de la mise en œuvre immédiate d’un traitement antirétroviral (à n’importe quel stade de la maladie) pourrait réduire de 95% le nombre de nouveaux cas en 10 ans.
- Le 1er décembre, le Bulletin épidémiologique hebdomadaire publié par l'Institut de Veille Sanitaire indique que (en France) le nombre de cas de sida décédés en 2007 était de 243 et le nombre de cas de sida vivants cumulés à la fin de 2007 était de 28 546.

2009
:
- Le 17 mars, Benoît XVI déclare : "(...) Je dirais qu’on ne peut pas surmonter ce problème du sida uniquement avec de l’argent, pourtant nécessaire. Si on n’y met pas l’âme, si les Africains n’aident pas, on ne peut pas résoudre ce fléau par la distribution de préservatifs : au contraire, ils augmentent le problème. La solution ne peut se trouver que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c'est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui apporte avec soi une nouvelle manière de se comporter l'un avec l'autre, et le deuxième, une véritable amitié également et surtout pour les personnes qui souffrent, la disponibilité, même au prix de sacrifices, de renoncements personnels, à être proches de ceux qui souffrent. Tels sont les facteurs qui aident et qui conduisent à des progrès visibles. Je dirais donc cette double force de renouveler l'homme intérieurement, de donner une force spirituelle et humaine pour un juste comportement à l'égard de son propre corps et de celui de l'autre, et cette capacité de souffrir avec ceux qui souffrent, de rester présents dans les situations d'épreuve. Il me semble que c'est la juste réponse, et c'est ce que fait l'Eglise, offrant ainsi une contribution très grande et importante. Nous remercions tous ceux qui le font."
- Des tests de vaccin préventif effectués sur l'homme en Thaïlande, par des chercheurs américains et thaïlandais, depuis octobre 2003, ont donné des résultats : la prise de ce vaccin a permis de réduire de 31% le risque de contamination, ce qui est de bon augure pour le vaccin sud-africain, testé sur l'homme en Afrique du Sud et à Boston aux Etats-Unis, qui utilise une formule médicale similaire.
- Selon le rapport de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et du programme Onusida publié le 24 novembre, le nombre de personnes infectées par le VIH s'élève à 33,4 millions à travers le monde, en hausse de 400.000 par rapport à 2007. Au niveau mondial, les décès liés à la maladie s'élevaient à deux millions en 2008, soit le même nombre que l'année précédente. Une stabilisation a également été constatée dans la propagation du sida puisque 2,7 millions de nouvelles infections par le virus VIH ont été recensées l'an passé, exactement le même nombre qu'en 2007.

2010 :
- Dans une étude mise en ligne le 8 juillet sur le site de la revue Science, des chercheurs américains indiquent avoir découverts dans le sang d'un patient infecté, deux puissants anticorps, baptisés VRC01 et VCR02, qui neutralisent plus de 90 % de l'ensemble des souches du VIH.
- Selon une étude de l’Institut national de veille sanitaire (InVS) sur l'évolution du sida dans l'Hexagone, publiée le 9 septembre dans le revue spécialisée The Lancet Infectious Diseases, entre 2003 et 2008, 48% des nouveaux cas de contamination par le VIH concernaient les hommes homosexuels, alors même qu’on observe une baisse générale de la transmission du virus en France (en 2008, on comptabilisait 6 940 nouvelles infections, contre 8 930 en 2003).
La transmission est 200 fois plus élevée au sein de la communauté gay que chez les hétérosexuels.
- Du 25 au 27 octobre, des représentants de l’Eglise catholique de la ville de Lucerne en Suisse ont discuté du sida avec les passants et distribué des préservatifs. (http://infocatho.cef.fr)
- Le 23 novembre, le rapport de l'ONUSIDA révèle que le monde a réussi à enrayer l'épidémie de sida et qu'il commence à inverser la propagation du VIH. Les données du Rapport ONUSIDA sur l'épidémie mondiale de sida indiquent que l'on estime à 2,6 millions [2,3 millions–2,8 millions] le nombre de personnes nouvellement infectées par le VIH, chiffre inférieur de près de 20% à celui de 3,1 millions [2,9 millions–3,4 millions] de 1999. En 2009, 1,8 million [1,6 million–2,1 millions] de personnes sont décédées de maladies liées au sida, chiffre inférieur de près d'un cinquième à celui de 2,1 millions [1,9 million–2,3 millions] de 2004. À la fin 2009, on estimait à 33,3 millions [31,4 millions–35,3 millions] le nombre de personnes vivant avec le VIH, chiffre légèrement supérieur à celui de 32,8 millions [30,9 millions–34,7 millions] de 2008. Cela est essentiellement lié au fait que les gens vivent plus longtemps grâce à l'élargissement de l'accès au traitement antirétroviral.
- Benoît XVI, dans son nouveau livre d'entretiens, Lumière du monde, présenté le 23 novembre, déclare : « nous ne pouvons pas résoudre le problème (la propagation du sida, ndlr) par la distribution de préservatifs [...] la seule fixation sur le préservatif représente une banalisation de la sexualité. Or cette banalisation de la sexualité est justement à l'origine d'un phénomène dangereux : tant de personnes ne trouvent plus dans la sexualité l'expression de leur amour, mais uniquement une sorte de drogue qu'ils s'administrent eux-mêmes [...] il peut y avoir des cas particuliers, par exemple lorsqu'un prostitué utilise un préservatif, dans la mesure où cela peut être un premier pas vers une moralisation, un premier élément de responsabilisation permettant de développer à nouveau une conscience du fait que tout n'est pas permis et que l'on ne peut pas faire tout ce que l'on veut. Mais ce n'est pas la véritable manière de répondre au mal que constitue l'infection par le virus HIV. La bonne réponse réside forcément dans l'humanisation de la sexualité ».

2011 :
- La revue Immunity du 10 février publie les travaux d'une équipe constituée de chercheurs publics (Inserm, CNRS, université Paris Descartes, Institut Cochin) et privés (Mymetics) qui a testé avec succès, sur des singes femelles, un nouveau vaccin contre le virus du Sida. Il protégerait efficacement contre une infection par voie vaginale grâce à la synthèse d’anticorps dans la muqueuse. (Claire Peltier, Futura-Sciences)
- 21 novembre, publication du Rapport annuel de l'Onusida selon lequel "Le nombre de personnes vivant avec le VIH (34 millions) en 2010 n'a jamais été aussi important, principalement en raison d'un meilleur accès aux traitements". Par rapport à 2009, le nombre de séropositifs a progressé de 3,3 %, et le nombre de nouvelles infections est resté stable, à 2,7 millions. Le nombre de morts liées au sida est descendu à 1,8 million (moins 5,3 %).
- 29 novembre, publication du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l'Institut de veille sanitaire (InVS) selon lequel, au total, en France, plus de 6.260 personnes ont découvert leur séropositivité vis-à-vis du VIH en 2010. Il s'agit principalement d'hommes (68%) et de Français âgés de 25 à 49 ans (70%) ; plus de la moitié de ces personnes (57%) ont été contaminées par des rapports hétérosexuels, et 40% par des rapports sexuels entre hommes.

Citations

La meilleure prévention contre le SIDA, c'est encore de pas l'attraper. (Jean-Marie Gourio, Brèves de comptoir, 1988)

Si le sida ne s'attrapait qu'à travers des seringues, il n'intéresserait personne. (Françoise Giroud 1916-2003)


Sources


Auteur : Jean-Paul Decoeurtyte.
Référence publication : Compilhistoire ; reproduction interdite sans autorisation.

Date de mise à jour : 06/05/2012