VACCINS ET SERUMS
SOMMAIRE

1 Qu'est-ce qu'un vaccin ? 1.3.4. Vaccins obligatoires en France
1.1 Types de vaccins 1.3.5 Vaccins en cours d’étude ou à l’essai
1.2 Nouvelles techniques de vaccination 2 Qu’est-ce qu’un sérum ?
1.3 Histoire des vaccinations 2.1 La sérothérapie
1.3.1 Jenner 2.2 Principaux sérums préventifs
1.3.2 Pasteur 3 Qu’est-ce que la sérovaccination ?
1.3.3 Autres vaccins 4 Citations

QU'EST-CE QU'UN VACCIN ?

Tout procédé qui suscite la fabrication d'anticorps par l'organisme sans induire d'infection grave est appelé vaccin.

La vaccination est l'administration d'un vaccin ayant pour effet de conférer une immunité active, spécifique d'une maladie, rendant l'organisme réfractaire à cette maladie.

Les vaccins ne s'utilisent que sur des individus sains, car il s'agit d'une méthode préventive et non curative. Dans le cas de sujets atteints, on utilise des sérums immunisants.

Le nom de vaccination vient de vaccine, infection de certains ruminants (variole de la vache), qui, transmise à l'homme, l'immunise contre la variole.

Le principe des vaccinations repose sur un constat simple : confronté à un agent infectieux, viral ou bactérien, l'organisme fabrique des anticorps et des cellules tueuses, qui permettent la guérison et empêchent une infection ultérieure par le même microbe.
Les cellules qui fabriquent des anticorps s'appellent des lymphocytes B, les cellules tueuses sont les lymphocytes T. Ces lymphocytes sont spécifiques d'un microbe donné, ce qui explique que l'on puisse faire plusieurs rhumes tous les ans, car il existe des centaines de virus du rhume. Heureusement, beaucoup de maladies graves sont dues à un virus ou à une bactérie unique, ou ne comportant que quelques variantes. On ne peut avoir qu'une fois la rougeole, la rubéole, la poliomyélite ou la fièvre typhoïde.

La vaccination préventive vise à stimuler les défenses naturelles de façon à prévenir l'apparition d'une maladie.

La vaccination thérapeutique (appelée aussi immunothérapie active) consiste à aider l'organisme des personnes déjà infectées à lutter contre la maladie en stimulant leur système immunitaire pour favoriser la production d'anticorps.

Types de vaccins

Les vaccins utilisés actuellement s'appuient sur divers procédés, dont le but commun est de mettre en contact l'organisme et un agent infectieux, ou une toxine, incapable de provoquer une maladie grave.

- Les vaccins vivants atténués (rougeole, oreillons, rubéole, varicelle, polio oral, fièvre jaune, B.C.G.).
Ils contiennent un germe vivant que l'on a rendu inoffensif par des traitements physiques ou chimiques. Ils provoquent une infection minime qui conduit l'organisme à se protéger contre ces maladies. Les vaccins atténués, outre le risque de développer la maladie, peuvent parfois provoquer des inflammations locales, des courbatures fébriles passagères, des encéphalites (vaccin antivariolique).

- Les vaccins contenant des anatoxines (diphtérie, tétanos, choléra, coqueluche).
Ils sont utilisés contre des maladies provoquées non pas directement par un germe mais par une toxine qu'il sécrète. Il est possible d'immuniser l'organisme contre cette seule toxine, qui sera immédiatement neutralisée en cas d'infection future. Le vaccin contient une anatoxine, c'est-à-dire une protéine très proche de la toxine microbienne, mais incapable de provoquer les symptômes graves de ces maladies. L'organisme va produire des anticorps efficaces à la fois contre cette anatoxine et contre la toxine microbienne. Le germe lui-même, inoffensif, sera détruit, comme celui d'une infection banale, par les défenses habituelles de l'organisme.

- Les vaccins contenant des fragments de germes viraux ou bactériens tués (grippe, rage, coqueluche, choléra, polio injectable, hépatite A, hépatite B, méningite à pneumocoque, méningite à méningocoque, haemophilus, typhoïde).
L'organisme va reconnaître ces substances comme étrangères et fabriquer des anticorps spécifiques. Lors d'une éventuelle contamination ultérieure par ces germes, les anticorps reconnaîtront les substances présentes sur ces germes et les détruiront avant que l'infection ait pu avoir des conséquences graves.

- Les vaccins recombinants, obtenus par génie génétique.
Au lieu de préparer des vaccins à partir de cultures de germes, les substances immunisantes (antigènes) sont obtenues en cultivant des cellules dont le patrimoine génétique a été modifié elles sont « programmées » pour fabriquer des protéines identiques à celles qui sont présentes dans le virus ou la bactérie responsables de l'infection. Cette technique est de plus en plus employée. Elle permet d'obtenir des vaccins contenant une forte concentration de protéines immunisantes (antigènes) hautement purifiées. Un autre avantage réside dans la sécurité apportée par ce mode de préparation : aucun germe infectant n'étant utilisé pour la préparation du vaccin, le risque théorique d'une contamination par un vaccin mal stérilisé est nul. Le principe consiste à injecter un fragment d’ADN ou un ARN messager, codant pour une protéine ou un peptide (fragment de protéine). Une fois dans l’organisme, ces acides nucléiques pénètrent dans les cellules (transfection). L’ARNm, dans le cytoplasme, est traduit en protéines. De même, dans le noyau, l’ADN est, comme le reste du matériel génétique, transcrit puis traduit. En revanche, il ne se réplique pas et ne doit pas s’intégrer au génome. Si les résultats indiquent qu’il n’y a pas intégration lorsque l’on utilise ces vaccins, on ne peut toutefois, aujourd’hui, exclure totalement une telle éventualité. L’injection d’ADN ou son application en pommade force l’organisme à produire des antigènes.

Nouvelles techniques de vaccination

Application de la toxine directement sur la peau, propulsion du vaccin sous la peau à très grande vitesse, administration par suppositoire ou spray nasal. Des essais d’aliments vaccinants sont positifs.
Pour la majorité des vaccins, l'injection initiale doit être suivie de rappels pour que l'organisme produise et maintienne un taux suffisant d'anticorps.

Histoire des vaccinations

La première forme connue d'immunisation contre une maladie est la variolisation qui consistait à pratiquer des scarifications avec des croûtelles sèches provenant de varioleux pour guérir de la variole.
Découverte anonyme, la variolisation est utilisée depuis des millénaires en Inde, en Chine et probablement aussi en Afrique.
On ignore la date exacte de sa découverte en Chine, mais on connaît le lieu de ses origines : le mont Emei, dans la province du Sichuan. Et l'on sait quand cette technique fut divulguée : lors de la mort du fils du Premier ministre frappé par la variole. Pour sauver le reste de sa famille, le Premier ministre Wang Dan (957-1027) interrogea un saint homme taoïste, lequel lui prescrivit d'introduire dans la narine du patient un bout de coton imbibé de virus de la variole.
La pratique de la variolisation est importée depuis Constantinople en occident au début du XVIIIe siècle grâce à Lady Mary Wortley Montagu.
En 1760, Daniel Bernoulli démontre que, malgré les risques, la généralisation de cette pratique permettra de gagner un peu plus de trois ans d’espérance de vie à la naissance.
Le 18 juin 1774, Louis XVI et famille royale sont vaccinés contre la variole (ce que Louis XV a eu tort de refuser puisqu’il est mort de cette maladie).

Jenner

L'histoire des vaccinations proprement dites commence avec le britannique Edward Jenner (1749-1823).
A partir d'observations empiriques recueillies chez les paysans [(il constate que les fermiers contaminés par un virus bovin appelé vaccine (variole de la vache) ne contractent jamais la variole], il imagine une pratique systématique de la vaccination, parfaitement au point dès 1789, mais rendue publique seulement sept ans plus tard.
Le 14 mai 1796, il inocule le contenu d'une pustule prélevée sur la main d'une servante atteinte de la vaccine à un garçon de 8 ans, James Phipps.


Edward Jenner

Napoléon fait vacciner ses armées en 1805, puis son fils, le Roi de Rome, âgé de 52 jours, le 11 mai 1811.

Pasteur

Après Jenner, dont la découverte est basée sur un fait exceptionnel (l'immunisation d'une maladie humaine par une maladie animale), Louis Pasteur (1822-1895) ouvre la véritable ère des vaccins modernes.
Il crée une méthode générale basée sur l'atténuation de la virulence microbienne.
Avant combattu avec succès, grâce à la vaccination, le choléra des poules (1880), le charbon des ovins (1881) et l'érysipèle des porcs, il s'attaque à la rage.
Le 6 juillet 1885, Pasteur vaccine l'Alsacien Joseph Meister, 9 ans, mordu si profondément par un chien enragé que les médecins l'ont condamné. Il le vaccine par injections successives de moelle épinière desséchée de lapins rabiques, réalisant ainsi le premier vaccin antirabique.

Les découvertes d'autres vaccins se succéderont ensuite rapidement.


Louis Pasteur

Autres vaccins

1880 : Louis Pasteur : vaccin contre le choléra des poules.
1881 : Louis Pasteur : vaccin contre le charbon.
1888 : Chantemesse et Widal (F) : vaccin contre la typhoïde.
1892 : Waldemar Mordecai Hapfkine (Russie) (travaillait à l'institut Pasteur à Paris) : vaccin contre le choléra.
1896 : Sir Almroth Wright (G.-B.) : vaccin contre la typhoïde.
1897 : A. Yersin : vaccin contre la peste bubonique.
1913 : Behring (All.) : vaccin contre la diphtérie.
1921 : Albert Calmette et Camille Guérin (F) créent le B.C.G.
1923 : Gleeny (G.B.) et Gaston Ramon (F) : vaccins contre la diphtérie.
1923 : Thorvald Madsen (G.B.) : vaccin contre la coqueluche.
1927 : Pierre Descombey et Gaston Ramon (F) : vaccin contre le tétanos.
1932 : A.W. Sellards et Jean Laigret (Institut Pasteur de Dakar) : fièvre jaune.
1935 : Leslie Gardner (U.S.A.) : vaccin anticoquelucheux.
1937 : Salk, Francis et Magill (U.S.A.) : premier vaccin contre la grippe.
1937 : Max Theiler (Afrique du Sud) : fièvre jaune (17 D, souche Carrée).
1939 : Peltier, Durieux et autres (F.) : vaccin contre la fièvre jaune.
1949 : Engers, Robbin et Weller (U.S.A.) : vaccin contre les oreillons.
1954 : 8 septembre, Jonas Salk (U.S.A.) met au point le premier vaccin contre la poliomyélite (découvert le 26/3/1953).
1954 : Pierre Lépine (F) de l’Institut Pasteur met au point un vaccin antipolio le 22 novembre.
1956 : 6 octobre, Albert Sabin (U.S.A.) découvre le vaccin antipolio oral qu’il met au point le 15 février 1957.
1957 : 15 février, Albert Sabin : vaccin anti-poliomyélite atténué (oral) ; laboratoire pharmaceutique allemand Behring.
1960 : J. F. Enders (U.S.A.) : vaccin contre la rougeole.
1962 : Weller, Neva et Parkman (U.S.A.) : vaccin contre la rubéole.
1966 : Weibel, Buynach, Hillemann (USA) : vaccin anti-ourlien (oreillons). M. Takahashi (Japon) : vaccin contre les oreillons.
1968 : Gotschlich (USA) : vaccin antiméningococcique C.
1971 : Gotschlich : vaccin antiméningococcique A.
1973/1974 : M. Takahashi (Japon) : vaccin contre la varicelle.
1976 : Philippe Maupas (F) ; Maurice R. Hillemann (U.S.A.) : vaccins contre hépatite B.
1978 : Austrian (U.S.A.) : vaccin pneumococcique.
1979 : U. S. A. : vaccin haemophilus influenzae.
1980 : Pierre Tiollais (Institut Pasteur), vaccin par recombinaison génétique contre l’hépatite B, sur cellules animales, en collaboration avec le laboratoire de C. Chany.
1982 : William Rutter, vaccin par recombinaison génétique contre l’hépatite B (levure).
1986 : Mérieux (F.) : triple vaccin R.O.R (rougeole/oreillons/rubéole).
1986 : Labo. Chiron Corp. (U.S.A.) : premier vaccin par génie génétique contre hépatite B.
1986 : Commercialisation du premier vaccin utilisant un virus génétiquement modifié (vaccin dit recombinant), celui de la rage.
1987 : Eskola (Finlande) : contre la méningite des nourrissons.
1989 : Wilson (Brésil) : contre la leishmaniose.
1992 : Labo. Smithkline & French (U.S.A.) : premier vaccin contre hépatite A.
1994 : Labo. Pasteur/Mérieux (F.) : vaccin pentavalent DTCP et Hib (diphtérie, tétanos, coqueluche, polio et haemophilus influenzae b).
1998 : Smithkline/Beecham (USA) : premier vaccin acellulaire contre la coqueluche.
1998 : USA, contre diarrhées sévères de l’enfant causées par rotavirus ; maladie de Lyme.
1999/2000 : pentavalent amélioré (D, T, C acellulaire, P et Hib) ; hexavalent (pentavalent + hépatite B) ; méningites A et C injectable conjugué et pneumo-conjugué ; varicelle + ROR ; virus respiratoire syncitial ; choléra et typhoïde (nouveaux vaccins) ; grippe (vaccin oral).
2005 : Labo. Merck annoncent avoir découvert un vaccin efficace à 100% contre le cancer du col de l’utérus (Gardasil).
2006 : Deux vaccins anti-rotavirus (contre les gastro-entérites) sont mis sur le marché en France. Essai clinique satisfaisant du vaccin Cervarix, développé par GlaxoSmithKline, contre les virus de la famille des papillomavirus(HPV) de type 16 et 18, responsables du cancer du col de l’utérus. 23 novembre : commercialisation en France du Gardasil, vaccin préventif du cancer du col de l'utérus, par Sanofi Pasteur MSD, filiale du laboratoire français Sanofi-Aventis et de l'américain Merck.
2007 : Au Canada, vaccin pentavalent oral à virus vivant contre la gastro-entérite à rotavirus. 17 avril, le groupe français Sanofi-Aventis annonce que le premier vaccin humain contre le virus de la grippe aviaire (H5N1) qu'il a fabriqué, a été enregistré par l'agence américaine du médicament américaine, la Food and Drug Administration.
2008 : 19 mai, le laboratoire pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline (GSK) annonce avoir obtenu de la Commission européenne la première autorisation de commercialisation dans les 27 pays de l'Union européenne de son vaccin prépandémique contre la grippe aviaire (virus H5N1) : le Prepandrix.
2009 : 12 novembre, début, en France, de la campagne de vaccination contre la grippe A/H1N1 dans les centres de vaccination. Le ministère de la santé a acquis 94 millions de doses de vaccin pandémique H1N1 auprès de trois producteurs.
2013 : l'UE autorise le premier vaccin (Bexsero de Novartis) contre la méningite B. Le 7 mai 2012, la revue britannique The Lancet Infectious Diseases explique qu'un vaccin efficace contre la méningite B a été développé par une équipe de chercheurs menée par le Dr Peter C Richmond de l'University of Western Australia. Conduit auprès de 539 adolescents (tranche d'âge la plus à risque pour les méningites à méningocoques), les tests donnent « des réponses immunitaires indiquant des protections de 80 à 100% ».

Vaccins obligatoires en France

Trois vaccins sont obligatoires en France (à partir de 18 mois) : les vaccins contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite ; ils sont en général inoculés en même temps que les vaccins non obligatoires contre la coqueluche et l'Haemophilus influenzae B au sein d'un vaccin pentavalent (cinq actions).

La Ligue nationale pour la liberté des vaccinations, créée le 8 juillet 1954, considère l’obligation d’un acte médical (tel le vaccin) comme une atteinte aux libertés individuelles.

Vaccins en cours d’étude ou à l’essai

Ils concernent :
- dengue (le groupe pharmaceutique Sanofi-Pasteur annonce la mise au point du premier vaccin contre cette maladie tropicale ; le suivi des participants à l'essai se poursuivra jusqu'en 2017),
- SRAS (vaccins chinois et américain à l’essai),
- allergie aux chats (le 4 janvier 2008, l'Institut suisse de recherche, SIAF, annonce qu’un vaccin contre l'allergie aux chats a été testé avec succès sur des souris),
- toxoplasmose (vaccin à l’étude chez l’animal),
- virus respiratoire syncitial responsable des bronchiolites du nourrisson (vaccins en cours d’expérimentation chez l’homme),
- colibacilles impliqués dans les cystites et infections urinaires (vaccins en cours d’expérimentation chez l’homme),
- herpès (plusieurs vaccins antiherpétiques testés chez l’homme),
- cytomégalovirus (vaccin en cours de développement),
- bactérie E. coli (entéro-invasif responsable de 40% des cas de maladies) et salmonelles (agent de la salmonellose) : des chercheurs de l’Université de Cambridge ont mis au point un vaccin sous forme une gélule ; les expérimentations sur les souris ont « bien fonctionné », et des essais cliniques pourraient commencer dans le courant de l'année 2013 1.
- maladie d’Alzheimer (les malades vaccinés ont manifesté une amélioration de leurs fonctions cognitives),
- tabagisme : vaccin (thérapie génique) contre l'addiction à la nicotine,
- drogue (cocaïne),
- obésité (testé sur des souris aux Etats-Unis),
- acné,
- choléra (par génie génétique, des chercheurs américains ayant dressé la carte génétique du vibrion du choléra),
- zona,
- cancers de la peau (mélanomes), du rein, de la prostate et du côlon (vaccins curatifs aidant l’organisme à fabriquer des lymphocytes T),
- cancers du sein, du poumon,
- ulcère gastrique et cancer de l'estomac (Helicobacter pylori ; essais sur l’animal prometteurs),
- certaines leucémies,
- chlamydia,
- mononucléose (virus Epstein-Barr),
- peste,
- lèpre,
- caries dentaires (administré par spray),
- varicelle,
- certains diabètes,
- charbon (anthrax),
- prion,
- etc.

Le 4 janvier 2012, la revue scientifique Science Translational Medicine révèle qu'une équipe de chercheurs français a mis au point un vaccin expérimental contre le VHC (hépatite C) et qu'une étude de phase 1 (la première étape d’un parcours de trois à franchir) vient de montrer qu’il induisait une réponse immunitaire soutenue des lymphocytes T (un premier bon point) et la production de cytokines contre le VHC.

Des chercheurs français ont mis au point un vaccin contre un des allergènes les plus rencontrés chez les patients asthmatiques : les premiers résultats encourageants doivent désormais être confirmés chez l’Homme, des essais en ce sens sont en préparation. (Sciences et Avenir.fr 03/04/2012)

Selon un communiqué commun de Pasteur et de l'Inserm en date du 17 avril 2012, des chercheurs de l'Unité de régulation immunitaire et vaccinologie (Institut Pasteur/Inserm) ont réussi à modifier le génome du bacille responsable de la tuberculose pour en obtenir une souche non virulente chez la souris.

Le 8 mai 2012, est publiée, dans la revue Fontiers of Immunology, une étude des chercheurs de l'Université de la Colombie-Britannique au Canada selon laquelle un vaccin universel contre la grippe saisonnière pourrait prochainement voir le jour ; les spécialistes, sous la direction du professeur John Schrader, ont découvert que le vaccin contre la grippe H1N1 développé en 2009 induirait la production d'anticorps pouvant s'attaquer à plusieurs variantes de la grippe.

Février 2013, le vaccin curatif du sida du Dr Erwann Loret est testé sur 48 patients séropositifs au centre d'investigation clinique de la Conception à Marseille.

Le 16 mai 2013, Frédéric Tangy de l’institut Pasteur, qui travaille à l’élaboration d’un vaccin contre le virus du Chikungunya, déclare à Janlou Chaput de Futura-Sciences que la France, alors que la Réunion était frappée par le chikungunya dans les années 2005 et 2206, a finalement chargé l’Inserm et l’institut Pasteur de rentrer en contact avec les Américains qui ont déjà essayé de développer un vaccin. Mais le virus vaccinal, qui n’avait subi qu’une quinzaine de passages sur cellules pour atténuation, au lieu des 150 à 200 habituellement nécessaires, n’était pas exploitable. Alors on a cessé de suivre cette piste. D’autres chemins ont été empruntés. Actuellement, plusieurs laboratoires à travers le monde courent après ce vaccin, et quelques-uns ont entamé les essais cliniques. 
Le 15 août 2014, la revue médicale britannique The Lancet publie une étude selon laquelle un vaccin prometteur contre le virus du chikungunya, mis au point par des chercheurs américains, a été testé pour la première fois chez l'homme.

Le 5 août 2013, le groupe pharmaceutique Sanofi annonce le lancement d'une étude de phase III de son vaccin contre la bactérie Clostridium difficile (C.difficile) responsable d'infections nosocomiales.

Le 8 août 2013, Stephen Hoffman, P.D.G. de Sanaria, le laboratoire qui a développé ce vaccin avec des financements de l'Institut national américain des allergies et des maladies infectieuses (NIAD), le Naval Medical Center et d'autres organismes aux États-Unis, en Europe et en Afrique annonce des résultats très prometteurs et sans précédent de l'essai clinique d'un vaccin contre le paludisme.
Le 8 septembre 2013, le groupe pharmaceutique britannique GSK a qualifié d'encourageants les essais du RTS S, son vaccin expérimental anti-paludisme.


QU’EST-CE QU'UN SERUM ?

La sérothérapie

Le sérum, obtenu en prélevant le sérum sanguin d'un être malade ou vacciné (sérum qui contient les anticorps), permet d'agir, soit à titre préventif, soit à titre curatif, contre de nombreuses maladies, ainsi que contre des morsures ou des piqûres d'animaux venimeux, en fournissant à l'individu contaminé des anticorps protecteurs nécessaires.

La sérothérapie est l’utilisation thérapeutique de sérums animaux ou humains riches en anticorps. C’est un apport passif d'anticorps spécifiques, puisqu'elle n'agit que par les anticorps du donneur et n'amène pas le receveur à en fabriquer.

La sérothérapie est notamment utilisée dans le cas d'une intoxication ou d'une envenimation par piqûre de serpent ou de scorpion.

Le principe de la sérothérapie est formulé par Charles Richet et Jules Héricourt en 1888. Le 6 décembre 1890, à l'Hôtel-Dieu, à Paris, le physiologiste français Charles Richet injecte du sérum à un tuberculeux : c'est la première injection de sérum dans un but thérapeutique.

La sérothérapie se développe à la fin du XIXe siècle avec le traitement de la diphtérie par des injections de sérum de cheval hyperimmunisé avec de faibles doses de toxine diphtérique : l'injection au cheval, dans des conditions déterminées, du germe ou de la toxine antigénique, suscite l'apparition d'anticorps dans son sang, à partir duquel on prépare le sérum.

Le cheval est longtemps resté la principale source des sérums utilisés en thérapeutique antidiphtérique, antitétanique, antibotulique et antigangréneuse.

Ce type de sérum, dit hétérologue car provenant d'une autre espèce, est abandonné du fait des accidents allergiques qu'il risque de provoquer.
De nos jours, on administre de préférence des gammaglobulines Fab’2 ou Fab (fragments d’immunoglobulines purifiées), d'origine humaine, utilisées notamment contre les hépatites virales A et B et les maladies contagieuses de l'enfance (oreillons, rubéole, varicelle) ; c’est l’immunothérapie.

Les immunoglobulines spécifiques ont perdu de leur intérêt thérapeutique du fait des progrès de la vaccination et de l'antibiothérapie, mais elles sont encore utilisées dans le traitement de la diphtérie, du botulisme et des envenimations (en Europe, essentiellement contre le venin des vipères).

Les immunoglobulines polyvalentes peuvent, quant à elles, rendre de grands services dans la prévention des infections en cas de brûlures étendues, en complément d'une antibiothérapie.

Le sérum doit être administré dès que le diagnostic de la maladie est établi ou immédiatement après l'envenimation (piqûre de serpent, par exemple). Il est généralement injecté par voie sous-cutanée ou intramusculaire.

Principaux sérums préventifs

- antidiphtérique : découvert en 1890 par l'Allemand E. von Behring et le Japonais S. Kitasato, les Français E. Roux, L. Martin et A. Chaillou (antitoxine) ;

- antitétanique : découvert en 1890 par Behring, Kitasato, Roux et Vaillard (anatoxine) ;

- antipesteux : découvert en 1894 par le Français d'origine suisse Alexandre Yersin ;

- anticharbonneux : découvert en 1895 par l'Italien A. Sclavo et le Français E. Marchoux ;

- anticholérique : découvert en 1896 par le Français E. Roux, le Russe Metchnikoff et l'Italien Salimbeni.

Il existe aussi des sérums anticoquelucheux, antibotulique, antigangréneux, antivenimeux, etc.


QU’EST-QUE LA SEROVACCINATION ?

C'est l'immunisation, contre un germe ou une toxine, par une injection associant un sérum immun et un vaccin.

Le sérum immun (ou antisérum) apporte, par les anticorps qu'il contient, une immunité immédiate ou quasi immédiate, mais de courte durée, contre le microbe ou la toxine, alors que le vaccin confère une immunité de longue durée mais s'établissant plus tardivement.

La sérovaccination s'utilise principalement pour prévenir le tétanos chez un blessé qui n'est pas vacciné ou qui n'a pas reçu ses injections de rappel.


CITATIONS

Les vices entrent dans la composition des vertus, comme les poisons entrent dans la composition des remèdes. (La Rochefoucauld 1613-1680)

La santé n’est qu’un mot, qu’il n’y aurait aucun inconvénient à rayer de notre vocabulaire. Pour ma part, je ne connais que des gens plus ou moins atteints de maladies plus ou moins nombreuses, à évolution plus ou moins rapide. (Jules Romains 1885-1972)

La médecine a fait depuis un siècle des progrès sans répit, inventant par milliers des maladies nouvelles. (Louis Scutenaire 1905-1987)

On est passé du médecin sans médecine à une médecine sans médecin. (Jean-Paul Coudeyrette, Autocitations)



Note
1 http://pourquoi-docteur.nouvelobs.com/Un-vaccin-contre-la-tourista-bientot-disponible-2867.html

Sources


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; toute reproduction à but non lucratif est autorisée.

Date de mise à jour : 19/10/2014