La sainteté.
Vies de saints.
Reliques et attributs des saints.
SOMMAIRE

1 Le culte des martyrs 5 Hagiographie
2 Reliques 6 Martyrologes
3 Sainteté, béatification et canonisation 7 Représentation et attributs des saints
4 Vies de saints 8 Citations et proverbes

Le culte des martyrs

Dès les premiers temps de la chrétienté, les fidèles rendent des honneurs à ceux qui, pour témoigner de la vérité de la religion, ont sacrifié leur vie, et mérité par là, le nom de "martyrs" (du grec "martus, marturos" = témoin).
Ils élèvent sur les tombeaux qui renferment leurs restes (reliques) des autels sur lesquels ils célèbrent les saints mystères.
Puis ils exhument leurs corps de leur première sépulture pour les transporter dans des églises érigées en leur honneur où ils leur rendaient un culte particulier.
Ils fêtent régulièrement l'anniversaire de leur martyre (la date de leur naissance au ciel). La présentation des saints selon l'ordre du calendrier relève d'une très ancienne tradition.

Reliques


Les reliques, du latin "reliquiae" (restes), sont les vestiges d’un important personnage ou les témoignages d’un grand événement : ossements, morceaux de vêtements, instruments de supplice (pour les martyrs), morceaux de bannières portées lors de batailles illustres, pages manuscrites, etc.
Parmi les reliques les plus importantes du christianisme se trouvent les morceaux de la vraie Croix, possédés par de nombreuses cathédrales, et la Couronne du Christ (ou seulement ses épines) pour qui Louis IX fit édifier la Sainte-Chapelle de Paris.
Le trafic des reliques, auxquelles on prête des pouvoirs miraculeux, tient une place importante dans l’économie médiévale.
Le protestantisme proscrit rigoureusement le culte des reliques.
La dévotion envers les reliques est également très forte dans les religions asiatiques où elles sont l’objet de nombreux pèlerinages : outre des témoignages du passage terrestre de Bouddha, les reliques du sage Atisha ("le noble maître", l’un des grands saints du bouddhisme tibétain, auteur de "La Lampe qui montre le chemin de l’éveil", mort en 1054) sont pieusement conservées au Tibet dans le monastère de Ne-thang, où elles attirent de nombreux pèlerins.

Dès les premiers siècles, l'autel surmonte les reliques d'un saint.
On met les corps ou les restes d’un martyr ou d’un saint dans une petite construction, appelée "confession", crypte de petites dimensions, enterrée d’une partie de sa hauteur, qui supportait l’autel.
Au Moyen Âge, l’Église exige que tout autel consacré contienne une ou plusieurs reliques.
Aujourd'hui encore on place des reliques dans l'autel, dont la masse est appelée le "tombeau" de l'autel.

En 787, le deuxième concile de Nicée, septième concile œcuménique, décrète : « Ceux (...) qui ôtent quelque chose de ce que l’on conserve dans l’église, l’Évangile, la croix, les images, ou les reliques des saints martyrs ; qui profanent les vases sacrés, ou les vénérables monastères : nous ordonnons qu’ils soient déposés, s’ils sont évêques ou clercs ; et excommuniés, s’ils sont moines ou laïques. » (7e session)

En 1084, le concile de Constantinople approuve la vénération des reliques.

En 1274, le deuxième concile de Lyon, quatorzième concile œcuménique, interdit la vénération des reliques récentes non encore authentifiées.

En 1543, dans son "Traité des reliques", le théologien protestant, Jean Calvin (Jehan Cauvin, 1509-1564) dénonce la multiplication des objets (14 clous de la Croix, 4 couronnes d’épines, etc.).

Le concile de Trente, dix-neuvième concile œcuménique (1545-1563), décrète : "Le concile enjoint au clergé de veiller à ce que les enfants reçoivent au baptême le nom d’un saint qui leur servira de modèle. Il autorise la pratique de la vénération des reliques et formule des règles destinées à s’assurer de leur authenticité".

De nombreuses reliques fantaisistes proviennent de Constantinople depuis le Xe siècle : prépuces de Jésus, cordon ombilical, gouttes de lait de la Vierge, bout de crèche, morceaux des pains multipliés par Jésus, poils de la barbe de Noé, etc.
Que penser de ces reliques de la circoncision de Jésus encore vénérées à l'époque moderne : un couteau à Compiègne, des linges maculés de sang [abbaye de Coulombs (Eure et Loir), cathédrale de Poitiers, Hildesheim (Allemagne), Anvers (Belgique)] et même plusieurs prépuces : 1 à Calcata en Italie (volé en 1983), 1 à Rome, 1 à Chartres, 1 à Anvers et 1 au Puy-en-Velay ?

Sainteté, béatification et canonisation

Définition

Le modèle de sainteté est donné par la vie du Christ.
En un sens général, on appelle "saints" les morts qui sont censés posséder le bonheur du ciel.
Le saint (qui sacrifie sa vie corporelle à sa vie spirituelle) se distingue du sage (qui conçoit la vertu comme un équilibre entre désirs physiques et aspirations spirituelles) et du héros (dont la destinée est une réalisation physique ou une réalisation historique). En d'autres termes, le héros a un destin uniquement terrestre ; le sage équilibre la part des besoins physiques et des aspirations spirituelles ; le saint ne veut vivre que de la vie de l'esprit.
La notion de sainteté est spécifiquement chrétienne, dans la mesure où le détachement spirituel est lié à l'idée de souffrances physiques. Il y a, dans la sainteté, quelque chose de dramatique, qui est absolument étranger à la sérénité de l'ascèse hindoue. L'ascète n'est pas celui qui surmonte sa vie physique, mais celui qui ne la sent pas : le fakir n'a rien de commun avec le saint.

Chronologie historique

Dès les premiers temps de la chrétienté, les fidèles rendent des honneurs à ceux qui, pour témoigner de la vérité de la religion, ont sacrifié leur vie, et mérité par là, le nom de "martyrs" (témoins). Ils élèvent sur les tombeaux qui renferment leurs restes (reliques) des autels sur lesquels ils célèbrent les saints mystères. Ils érigent des églises en leur honneur et fêtent l'anniversaire de leur martyre.
Dans la célébration des saints mystères, on a recours à leur intercession pour implorer les grâces du Seigneur ; on demande à Dieu une place à leur côté. Ces prières, consacrées dans leur formule définitive, sont parvenues jusqu'à nous avec le nom des premiers martyrs, dans ce qu'on appelle le "canon de la messe" ; ce qui explique le mot de "canonisation" employé dans le sens de déclaration de sainteté.

Pour éviter des erreurs, Cyprien de Carthage (+ 258) ordonne de prendre des informations exactes sur ceux qui sont morts pour la foi, et de lui envoyer une relation détaillée de leur martyre.

Plus tard, le nombre des martyrs diminuant avec la fin des persécutions, on accorde le titre de saints et un culte spécial aux simples confesseurs qui se sont distingués par leurs vertus.

A la fin du VIème, Grégoire de Tours témoigne de la diffusion du culte des saints dans les campagnes.

A l’origine, ce sont les évêques qui canonisent, puis, vers les XIIe-XIIIe siècle, le pape finira par faire autorité.

En 754, le roi Pépin prie instamment le pape Etienne III (ou II) de mettre l'évêque Suibert au nombre des saints.

En 799/800, le concile de Riesbach (Bavière) crée une fête nouvelle, la Toussaint, aux calendes de novembre (l'idée vient d'Alcuin, abbé à Tours, mais originaire d'Angleterre ; d’ailleurs, Tours sera le seul lieu de France où la Toussaint sera fêtée). En Angleterre, la fête de tous les saints est célébrée le 1er novembre. La coutume de fêter tous les saints se répand en Occident, mais chaque Église le fait à une date différente (13 mai à Rome).

Ce n'est qu'en 835 que la fête de la Toussaint est transférée au 1er novembre, par Grégoire IV. A l’occasion de la venue en France de ce pape en 837, la fête est instituée sur tout le territoire de l'Empire carolingien par Louis Ier le Pieux, 3ème fils de Charlemagne et empereur d'Occident (toutefois, la Toussaint ne sera adoptée à Angers qu’en 1314).

Le 11 juin 993, le pape Jean XV fait paraître la "première bulle de canonisation connue" afin de proclamer la sainteté d'Ulric ou Ulrich ou Udalric (890-973), évêque d’Augsbourg, mort vingt ans plus tôt.

Le terme "canonizare" (canoniser) apparaît dans la bulle adressée au comte de Mantoue où Benoît VIII (1012-1024) confirme le culte de l’ermite Siméon de Padolirone mort en 1016.

En 1153, Gautier de Pontoise est canonisé par l’évêque de Rouen (jusqu’au XIIe siècle, le procès est instruit par les évêques qui font la déclaration de béatification pour leurs propres diocèses).

C’est en vain que, sous Alexandre III, le décret papal du 6 juillet 1170 et le concile de Latran III en 1179, réservent au seul pontife de Rome le droit d'autoriser la vénération d'un saint.

En 1208, les évêques de France, les plus indépendants de la chrétienté, reconnaissent au pape le droit exclusif de canonisation (l'archevêque de Vienne écrit dans ce sens).

En 1215, le quatrième concile du Latran, 12e concile œcuménique, reconnaît que le pape a le monopole de la canonisation.

En 1234, l’introduction du bref Audivimus dans les Décrétales de Grégoire IX consacre, en droit du moins, cette prérogative papale.

Innocent IV (1243-1254) définit la canonisation : « Canoniser consiste à décider en toute régularité et de façon canonique qu’un saint soit honoré comme tel, c’est-à-dire qu’il lui sera rendu un culte solennel comme on le fait pour les saints de la même catégorie : s’il s’agit d’un confesseur, que l’on célèbre pour lui l’office des confesseurs ; s’il s’agit d’un martyr, l’office des martyrs, et ainsi de suite. »

En 1373, Witikind, évêque de Minden, canonise l'évêque Félicien.

Au XVIème, les protestants rejettent le culte des saints, le Christ étant l'unique médiateur entre Dieu et les hommes.

En 1563, le concile de Trente décrète : « Les saints qui règnent avec Jésus-Christ offrent à Dieu des prières pour les humains. C'est une chose bonne et utile de les invoquer et supplier humblement, pour obtenir des grâces et des faveurs de Dieu, par son fils Jésus-Christ, qui est notre seul rédempteur et notre sauveur. » (De invocatione, veneratione et reliquiis sanctorum et de sacris imaginibus, XXVème session)

Le 22 janvier 1588, par la constitution Immensa Aeterni Dei, Sixte Quint crée la congrégation des Rites, à laquelle il confie, entre autres, le soin de traiter des causes des saints, avec les deux étapes désormais obligatoires : la béatification consacrant un culte limité à un lieu ou à un ordre, et la canonisation consacrant un culte universel.

Urbain VIII, dans deux constitutions promulguées en 1625 et 1634 (Cælestis Jerusalem) définit des règles strictes en matière de béatification et de canonisation.

Prospero Lambertini (futur pape Benoît XIV) précise la procédure de béatification et de canonisation dans son traité De servorum Dei beatificatione et de beatorum canonizatione (1734-1758) qui fera autorité jusqu’à la réforme du droit canon de 1917 : « Dès que la réputation de sainteté de quelqu'un est fortement entrée dans l'esprit du peuple et qu'on cite des miracles dus à son intervention, l’Église procède à l'instruction de la cause. Une triple enquête est faite par l'ordinaire : 1° sur la vie du fidèle ; 2° sur les miracles qu'on lui attribue ; 3° sur ses écrits. Elle est ensuite envoyée à Rome pour être soumise à une congrégation spéciale, sur l'ordre du pape. Le résultat de ce premier examen donne lieu à ce qu'on appelle la béatification, qui précède ordinairement la canonisation. Ce n'est qu'après quelque temps que la cause est de nouveau soumise à une autre congrégation et longuement débattue, entre l'avocat de Dieu ou défenseur de celui qui est proposé pour être canonisé, et l'avocat du diable ou son accusateur. Enfin le tribunal, suffisamment éclairé par ces débats, déclare qu'il y a lieu ou qu'il n'y a pas lieu à la canonisation, laquelle, dans l'affirmative, est définitivement décrétée par le pape. »
La canonisation est l’acte officiel de l'Église catholique pour admettre une personne défunte parmi les saints. Elle est l'aboutissement d'un procès ayant permis d'examiner le cas de cette personne à Rome, devant la congrégation des Rites. Au terme de la procédure de canonisation, au cours de laquelle un "avocat de Dieu" s'oppose à un "avocat du Diable", les cardinaux donnent leur avis au pape qui prend la décision finale. La cérémonie solennelle est célébrée à Saint-Pierre de Rome, puis le bienheureux devenu saint reçoit une place dans le calendrier afin qu'il puisse être fêté à date fixe.

Le 27 mai 1917, par la bulle Providentissima Benoît XV promulgue le Codex Iuris Canonici (nouveau code de droit canonique élaboré par Pie X et Pietro Gasparri, entrant en vigueur le jour de la Pentecôte 1918 soit le 19 mai) appelé aujourd'hui Codex Iuris Senior ou Code de Droit Canon de 1917 ; le Code stipule (art. 2101) : "La discussion sur les vertus ou le martyre ne peut être commencée que cinquante ans après la mort du serviteur de Dieu."

Le 6 février 1930, par motu proprio, Pie XI institue une section historique à la congrégation des Rites, à laquelle sont confiées les causes "historiques" (celles qui nécessitent une étude critique) ; en 1939 il renverra aux évêques concernés l’instruction de ces causes, rendant superflu tout procès romain.

Paul VI établit que, pour toute cause, ancienne ou récente, on ne fera plus qu’un procès, instruit par l’évêque avec l’autorisation du Saint-Siège (lettre apostolique Sanctitas clarior du 19 mars 1969). Il institue, le 8 mai de la même année, la "congrégation pour les Causes des saints".

Selon la constitution apostolique Divinis perfectionis magister de Jean-Paul II (25 janvier 1983), il appartient à l’ordinaire (l’évêque diocésain) d’ouvrir la procédure en vue de la béatification d’un serviteur de Dieu soit d’office, soit à la demande de fidèles. Il confie à un postulateur le soin de mener une enquête sur la vie de la personne et, le cas échéant, sur ses écrits. Si ces enquêtes sont positives, il transmet le dossier à la congrégation pour les Causes des saints, où le collège des Rapporteurs étudie, avec l’aide de collaborateurs externes, les causes qui lui sont confiées, puis prépare le dossier ou positio sur les vertus ou/et le martyre du serviteur de Dieu. Une commission spéciale étudie la question des miracles, avec des médecins et des théologiens. Il appartient aux consulteurs de la congrégation de voter la validité et la recevabilité de diverses démarches : leurs conclusions sont soumises aux cardinaux et évêques de la congrégation, qui étudient encore le cas avant de remettre leur avis au pape : c’est à ce dernier seul que revient de droit la décision sur la béatification, puis sur la canonisation. Une déclaration de "vénérabilité", décret reconnaissant "l’héroïcité des vertus du serviteur de Dieu", précède l'étape de la béatification.
Le serviteur de Dieu est "béatifié" (proclamé "bienheureux") s'il est reconnu qu'un miracle a eu lieu par son intercession après sa mort. Si un deuxième miracle est reconnu, il est "canonisé" (proclamé "saint").
Le culte public du bienheureux n'est autorisé que là où le Saint-Siège le prévoit. Celui du saint est autorisé, voire même prescrit, partout dans l'Église universelle. La canonisation est une sentence définitive, irréformable, sur la sainteté de la personne. Elle engage l'autorité suprême du pape et touche au dogme de l'infaillibilité pontificale.

Le 7 février 1983, sont promulguées les Normes pour la cause des saints (Novæ leges pro causis sanctorum) : l'article 9a stipule que les évêques doivent attendre cinq ans après la mort de la personne concernée avant d'introduire sa cause.

Le 7 avril 1983, le cardinal Palazzini, Préfet de la Congrégation chargé de suivre l’examen des causes de béatification et de canonisation, note qu'on constate actuellement "une très notable augmentation du nombre de miracles signalés dans le monde".

Au début de son pontificat (2005), Benoît XVI décide que la proclamation solennelle des bienheureux aura lieu désormais dans leur diocèse d’origine et non plus au Vatican, comme il était d’usage sous le pontificat de Jean-Paul II.

Dans l’Instruction Sanctorum Mater du 17 mai 2007, publiée le 18 février 2008, la Congrégation pour les causes des saints explique le déroulement précis d’une enquête diocésaine et invite les évêques à faire preuve de plus de rigueur. Avant d’entreprendre l’enquête, "l’évêque devra procéder à certaines vérifications déterminantes pour prendre sa décision", notamment en ce qui concerne la réputation de sainteté ou de martyre qui doit être " spontanée et non pas procurée artificiellement".

Le 3 avril 2014, le pape François procède à trois canonisations équipollentes (sans la mise en oeuvre des procédures et en usant de son ministère pétrinien), celle de François de Laval, de Marie de l'Incarnation et de José de Anchieta. Cette canonisation n’est pas arbitraire car elle est bien motivée ; en effet, elle ne peut avoir lieu que quand sont réunies trois conditions précises : existence antique du culte, attestation constante et commune d’historiens dignes de foi sur les vertus ou sur le martyre et une renommée ininterrompue de miracles. (source : VIS)
Le 27 avril, le pape François canonise le pape Jean XXIII, sans qu’un miracle attribué à l’intercession de celui-ci et survenu après sa béatification ait été vérifié canoniquement, et Jean Paul II : "nous déclarons et définissons saints les bienheureux Jean XXIII et Jean Paul II, et nous les inscrivons dans le catalogue des saints et établissons que dans toute l'Eglise ils soient dévotement honorés parmi les saints".

Vies de saints

Les premières vies de saints sont rédigées pour leurs commémorations annuelles, et des recueils en sont composés pour l'utilisation liturgique.
Avec le temps, certains saints quittent le niveau simplement local et viennent enrichir des calendriers plus généraux, tels que le Martyrologe romain ou le Synaxaire de Constantinople.

Hagiographie

Née de l'importance donnée au Moyen Âge à la vénération due aux saints de l'Église chrétienne, l'hagiographie, texte biographique relatant la vie d'un saint ("hagies" : saint en grec), trouve ses sources principales dans les Actes des martyrs, dans les différents martyrologes et ménologes (calendriers des martyrs de l'Église byzantine), ainsi que dans les enquêtes et les bulles de canonisation.

Martyrologes

Le Martyrologe d'Eusèbe de Césarée (265-340, évêque de Césarée en Palestine) traduit en latin par Jérôme (345-419) fut célèbre dans les premiers siècles de l'Église.
On connaît aussi le Martyrologe de Bède (dit le Vénérable, moine anglo-saxon, 672-735) continué par Florus (diacre de Lyon du IXe siècle), ceux de Raban Maur (780-856, abbé de Fulda et archevêque de Mayence), d'Oengus (Angus) le Culdee (évêque-abbé de Tamlact près de Dublin, +824), de Wandelbert de Prüm (moine du diocèse de Trèves) publié vers 848, d'Adon (archevêque de Vienne sur le Rhône de 859 à 875) composé sur l'ordre de Charles le Chauve et publié en 858, d'Usuard (moine à Saint-Germain-des-Prés entre 841 et 847) terminé vers 860 1, de Notker (moine de Saint-Gall) publié en 894, du chroniqueur Dithmar (évêque de Merseburg +1018), de Nevelon (moine de Corbie) vers 1089, d'Augustin Bellin de Padoue, de Georgii Vespucci publié à Florence en 1486, de François Maruli (Maurolycus) publié en 1568, de Van der Meulen dit Molanus (1533-1585) paru en 1573 et de Pierre Galesini (protonotaire apostolique) publié en 1578.
Les Protestants ont aussi les leurs : ceux de Fox, de Bray et de Clarke.

Damase Ier, pape de 366 à 384, ami d'Ambroise et de Jérôme, son secrétaire, à qui il commande la "Vulgate", entreprend un recensement précis des tombes des martyrs romains, restaure les catacombes et crée systématiquement des sanctuaires souterrains pour mettre en valeur ces tombes et permettre aux pèlerins de les vénérer.
Il rédige pour chacun des martyrs une notice plus ou moins longue résumant son histoire comme celle figurant sur le célèbre tombeau du jeune martyr Tarcisius.
Ces textes sont gravés par le calligraphe officiel du pape, Furius Dyonisius Philocalus, qui, lui-même, en signe plusieurs.

Jacques de Voragine, archevêque de Gênes rédige, entre 1250 et 1280, "La Légende dorée" (Legenda aurea), vaste compilation d’histoires des vies et des martyres de saints mêlées d’épisodes de la vie du Christ.

En 1568, le "Martyrologe romain" est refondu et sa première véritable édition paraît.

Grégoire XIII confie au cardinal Baronius la rédaction définitive du "Martyrologe Romain" (1586).

En 1607, le père Héribert Rosweyde (1569-1629), jésuite d’Anvers, dresse une liste de treize cents vies de saints.
Il édite, en 1615, un important recueil de vies de saints moines des premiers siècles, les "Vitae patrum".
La masse de notes et de copies qu’il laisse à sa mort, en 1629, sont confiées à un autre jésuite belge, Jean Bolland (1596-1665), dit Johannes Bollandus, lequel modifie les projets de son prédécesseur et décide d’imprimer tous les textes et tous les renseignements concernant les saints classés selon les jours de leurs fêtes. Cela vaut à Bolland d’être considéré comme le fondateur de l’entreprise à laquelle il laissera son nom. Il s’adjoint un autre jésuite, Godefroid Henskens, dit Henschenius (1601-1681).
En 1643, Bolland et Henskens publient à Anvers le premier volume des "Acta sanctorum", recueils de vies de saints, sous forme de calendrier.
En 1659, un troisième jésuite entre dans l’équipe, Daniel Papebroch, dit Papenbrochius (1628-1714). Plus encore que ses deux aînés, celui-ci applique une méthode critique qui fait l’admiration des contemporains. Cependant certaines affirmations de Papebroch suscitent une controverse avec les Bénédictins. Puis, quand il démolit les légendes relatives à l’origine de l’ordre des Carmes, ceux-ci expriment tant de réclamations qu’ils obtiennent la condamnation des "Acta sanctorum" par l’Inquisition espagnole, sentence qui n'est pas reprise par le Saint-Office.
En 1837, des jésuites belges reconstituent la Société des bollandistes.
A partir de 1876, le père Charles de Smedt (1831-1911) fait appliquer les principes de la critique moderne. Tous les textes concernant les saints sont édités avec leurs variantes et leurs remaniements de manière à permettre de faire non seulement l’histoire des saints, mais aussi celle de leur légende.

En 2001, l’Eglise catholique publie une nouvelle édition du "Martyrologe".

En 2014, il y a environ 10.000 saints recensés dans la liste officielle de l’Eglise, soit celle du martyrologe romain pour l'Église catholique romaine, soit dans les "synaxaires" des Églises orthodoxes ou orientales.

Représentation et attributs des saints

Peints ou sculptés, les saints sont représentés avec leurs attributs :

Abbé bénédictin avec sa crosse : Gilles.
Abbesse bénédictine avec parfois le livre de la Règle sur lequel sont disposés deux yeux : Odile.
Abbesse avec un calice, un lis et un ostensoir : Claire.
Agneau : Agnès.
Agneau (homme vêtu d'une peau de mouton tenant un) : Jean-Baptiste.
Aigle : Jean l'Évangéliste.
Aigle survolant la tête d'un homme : Médard.
Ailes (Homme avec des) : Matthieu.
Ancre (pape avec sa tiare et une) : Clément
Ange avec un poisson : Raphaël.
Ange (Femme accompagnée d'un) : Dorothée.
Ange tenant un lis : Gabriel.
Ange tenant une balance : Jonas.
Ange tenant un rouleau ou un livre : Uriel.
Ange tenant une épée flamboyante : Jophiel.
Ange portant une couronne d'épines et un roseau : Haniel
Ange terrassant un dragon : Michel.
Araignée avec calice : Conrad
Balai : Marthe, Pétronille
Balance (ange tenant une) : Jonas.
Bannière avec sept étoiles (militaire aux cheveux crépus, en armure, tenant une épée et une) : Maurice.
Barbe : portée par les frères convers ou lais.
Bâton : Barthélemy ou Jacques le Mineur.
Bâton de pèlerin, branche d'olivier et évangile selon saint Matthieu : Barnabé.
Bâton en forme de T : Antoine.
Bâton et épi de blé ; Gaudérique.
Bêche : Fiacre.
Bergère tenant un cierge qu'un diable essaie d'éteindre : Geneviève.
Biche : Gilles.
Blé (en gerbe, avec serpe et paire de bœufs) : Isidore
Bœuf ou taureau : Luc
Bœufs (paire de) : Isidore
Bourdon (bâton de pèlerin) et coquilles : Jacques le Majeur, Roch.
Bouteille de parfum : 3 saintes femmes dont Marie-Madeleine
Brebis : les Justes.
Bure franciscaine (la), un livre, l'Enfant Jésus, une mule, des poissons, un cœur enflammé, un lys : Antoine de Padoue.
Cabestan (homme aux intestins enroulés autour d’un) : Elme.
Cailloux (Evêque tenant, dans la main gauche, les Evangiles sur lesquels sont posés trois petits) : Liboire évêque du Mans (+390)
Calice (abbesse avec un), un lis et un ostensoir : Claire
Calice ou coupe (d'où sort un dragon ou un serpent) : Jean l'évangéliste (en souvenir du poison qu’il but sans dommage).
Calice avec araignée : Conrad
Calice (un) dans la main, une colombe tout près de l'oreille, et un rouleau : Thomas d'Aquin
Cavalier perçant de sa lance un dragon : Georges.
Cavalier partageant son manteau : Martin.
Cerf : Eustache.
Cerf dont les bois sont surmontés d’une croix (avec parfois un cor) : Hubert.
Chaîne (diable tenu en laisse avec une) par un diacre : Bernard de Menthon.
Chapelet : Dominique.
Charrue : Isidore
Chaudière (homme dans une) : Jean à la Porte latine.
Chien léchant les plaies d’un pèlerin ou tenant un pain dans la gueule : Roch
Chien noir et blanc portant une torche allumée avec un moineau à ses côtés : Dominique.
Chirurgie (instruments de) : Côme et Damien.
Ciboire surmonté d'une hostie et tour : Barbe
Cierge allumé (tenu par une bergère) que le diable cherche à éteindre : Geneviève.
Cierges croisés (deux) tenus en main par un homme : Blaise de Sébaste
Clés (deux) : Pierre.
Clés (trousseau) : Marthe
Clés (trousseau suspendu à la ceinture) : Zita.
Clochette brisée : Benoît.
Clous (homme soumis au supplice des) : Quentin.
Clous de la Crucifixion (impératrice tenant une croix ou les) : Hélène.
Cochon : Antoine le Grand


Antoine et son cochon 2

Cœur enflammé (un), une mule, la bure franciscaine, un livre, l'Enfant Jésus, des poissons, un lys : Antoine de Padoue.
Cœur enflammé percé de flèches : Augustin
Coeur avec une flamme ou monogramme JHS surmonté de 3 clous : Ignace de Loyola.
Colombe posée sur l'épaule d'un pape : Grégoire Ier.
Colombe perchée sur les épaules d'un évêque : David.
Colombe sortant de la bouche (femme avec une) et les seins coupés : Julie.
Colombe tout près de l'oreille (un calice dans la main, une) et un rouleau : Thomas d'Aquin
Colombe (évêque de Rome avec une épée et une) ou une massue et une colombe : Fabien.
Coq : Pierre.
Coquillage (enfant avec un) : Augustin
Coquille Saint-Jacques (avec chapeau et bourdon : bâton de pèlerin) : Jacques le Majeur
Cor : Hubert
Corbeau : Benoît.
Corbeille (femme portant une) avec une épée à terre : Dorothée.
Cornes (tables de la Loi portées par un homme barbu avec des) : Moïse
Corps nu (petit) : un petit corps nu sans sexe figure une âme ; plusieurs de ces petits corps tenus dans un linge par un vieillard sont des âmes bienheureuses dans le sein d'Abraham.
Couronne : martyr
Couronne (deux hommes en costume persan avec turban ou) : Abdon et Sennen.
Couronne d'épines (homme portant une) : Acace d'Antioche
Couronne d'épines (ange portant une) et un roseau : Haniel
Couteau : Barthélemy.
Crochet de fer, flèches et serpents : Christine de Tyr.
Croix : Hélène.
Croix (homme tenant une) : Philippe, Matthias.
Croix en X (depuis le XIVe siècle en sautoir) : André.
Croix inversée : Pierre
Croix tenue par une femme devant un dragon : Marguerite (ou Marina) ou Marthe.
Croix (impératrice tenant une) ou les clous de la Crucifixion : Hélène.
Cruche : Zita.
Crucifix ailé (moine marchant sur un globe ; avec un), des rayons et des stigmates : François d'Assise.
Cygnes (évêque avec des) à ses côtés et des colonnes de lumière au-dessus de lui : Cuthbert.
Démon (diacre foulant aux pieds le) : Cyriaque.
Dent (dans une tenaille) ou dents brisées : Apolline.
Diable cherchant à éteindre un cierge allumé tenu par une bergère : Geneviève.
Diable tenu en laisse avec une chaîne par un diacre : Bernard de Menthon.
Diacre foulant aux pieds le démon : Cyriaque.
Dominicain (habit de) : Dominique.
Dragon (archange terrassant un) : Michel.
Dragon (cavalier perçant de sa lance un) ou dragon aux pieds d'un cavalier : Georges.
Dragon avec une femme tenant une croix : Marguerite (ou Marina) d'Antioche ou Marthe.
Dragon (calice ou coupe d'où sort un) : Jean l'évangéliste (en souvenir du poison qu’il but sans dommage).
Dragons (évêque avec les pieds entourés de serpents ou de) : Patrick.
Eglise (impératrice tenant une maquette d') : Hélène.
Enclume : Éloi.
Enfant avec un coquillage : Augustin.
Enfant couché pour être immolé : Isaac (sacrifice d'Abraham).
Enfant (Jésus) sur les épaules d'un géant : Christophe ou Christophore.
Enfant Jésus (l'), la bure franciscaine, un livre, une mule, des poissons, un cœur enflammé, un lys : Antoine de Padoue.
Enfants massacrés : les Saints Innocents.
Enfants (3) dans un saloir et un évêque ou 3 enfants sortant d’une cuve : Nicolas.
Epée ou glaive : divers saints et saintes, notamment Foy, Matthias, Abdon et Sennen, Barbe, Cyprien, etc.
Epée à terre et femme portant une corbeille : Dorothée.
Epée à double tranchant : Paul.
Epée avec fouet et 2 hommes : Gervais et Protais
Epée et palme : Valentin ; martyrs.
Epée (évêque de Rome avec une) et une colombe ou une massue et une colombe : Fabien.
Epi de blé et bâton : Gaudérique.
Epine de la couronne du Christ plantée dans son front : Rita.
Equerre : Thomas, quelquefois Matthieu.
Evangiles sur lesquels sont posés trois petits cailloux (Evêque tenant, dans la main gauche, les) : Liboire évêque du Mans (+390).
Evangile selon saint Matthieu, bâton de pèlerin et branche d'olivier : Barnabé.
Evêque avec des cygnes à ses côtés et des colonnes de lumière au-dessus de lui : Cuthbert.
Evêque avec les pieds entourés de serpents ou de dragons : Patrick.
Evêque avec un ours et le soleil au-dessus de la tête : Colomban.
Evêque avec un ours portant son bagage : Corbinien.
Evêque (colombe perchée sur les épaules d'un) : David.
Evêque de Rome avec une épée et une colombe ou une massue et une colombe : Fabien.
Evêque de Rome tenant une grappe de raisin : pape Urbain Ier.
Evêque debout entre 3 pucelles et 3 clergeons : Nicolas.
Evêque et épée : Cyprien.
Evêque et 3 enfants dans un saloir ou sortant d’une cuve : Nicolas.
Evêque portant sa tête coupée : Denis, Nicaise.
Evêque tenant, dans la main gauche, les Évangiles sur lesquels sont posés trois petits cailloux : Liboire évêque du Mans (+390).
Femme accompagnée d'un ange et portant une couronne de fleurs ou portant une corbeille, avec une épée à terre : Dorothée.
Femme accompagnée d’une fillette : Ursule.
Femme apprenant à lire à sa fille : Anne (mère de Marie).
Femme aux cheveux longs, à la riche toilette, avec un pot d'onguents ou un vase de parfum : Marie-Madeleine.
Femme avec une colombe sortant de la bouche et les seins coupés : Julie.
Femme avec un trousseau de clefs suspendu à sa ceinture et tenant une cruche ou portant sac et clé, ou encore avec des pains et des fleurs : Zita.
Femme couronnée avec épée, palme, livre, roue et l'empereur à ses pieds : Catherine d'Alexandrie.
Femme tenant une croix devant un dragon : Marguerite (ou Marina) ou Marthe.
Fers brisés : Léonard.
Filet : Blandine.
Fillette à laquelle sa mère apprend à lire : Marie et Anne.
Fillette (femme accompagnée d’une) : Ursule.
Flèches : Christine de Tyr.
Flèches (cœur enflammé percé de) : Augustin.
Flèches (homme nu percé de) : Sébastien.
Fleurs (femme accompagnée d'un ange et portant une couronne de) : Dorothée.
Fleurs (femme portant des) : Zita.
Fleuves (quatre) : les évangélistes, les fleuves du paradis.
Fouet (deux hommes avec épée et) : Gervais et Protais.
Géant portant un enfant sur ses épaules : Christophe.


Christopherus 3

Globe (moine marchant sur un) ; avec un crucifix ailé, des rayons et des stigmates : François d'Assise.
Gril : Blandine.
Gril (homme tenant un gril ou couché dessus) : Laurent.
Hache : Matthias, Matthieu.
Hache viking : Olaf.
Hallebarde : Matthias, Thaddée ou Jude.
Harpe : David
Homme ailé : Matthieu.
Homme attaché au poteau de torture et soumis au supplice des clous ou homme assis, un clou dans chaque épaule : Quentin.
Homme au milieu de lions : Daniel.
Homme aux intestins enroulés autour d’un cabestan : Elme.
Homme barbu avec des cornes et portant les tables de la Loi : Moïse.
Homme dans une chaudière : Jean à la Porte latine.
Homme déchirant la gueule d'un lion : Samson.
Homme dénudé et décharné : François d’Assise
Homme guérissant une jeune fille ou tenant une épée et une palme : Valentin.
Homme jeune et imberbe : Jean le disciple bien-aimé.
Homme, accompagné d'un chien, montrant son bubon de lèpre à la cuisse : Roch.
Homme noir en costume d’officier romain : Maurice.
Homme nu percé de flèches : Sébastien.
Homme portant un poisson : Tobie.
Homme portant une couronne d'épines : Acace d'Antioche.
Homme tenant un gril ou couché dessus : Laurent.
Homme tenant une croix : Philippe l'apôtre, Matthias.
Homme tenant une épée et une palme, symboles de son martyre, ou guérissant une jeune fille : Valentin.
Homme tenant 2 cierges croisés : Blaise de Sébaste.
Homme vêtu de peaux tenant un agneau : Jean-Baptiste.
Hommes (deux) en costume persan avec turban ou couronne : Abdon et Sennen.
Hommes (deux) avec épée et fouet : Gervais et Protais.
Hommes (deux) avec besace, large chapeau et bâton en main : Fromond et Wendelin.
Hostie (tour et ciboire surmonté d'une) : Barbe.
Impératrice tenant une croix ou les clous de la Crucifixion ou une maquette d'église : Hélène.
Intestins enroulés autour d’un cabestan (homme aux) : Elme.
Jeune fille portant ses seins sur un plat : Agathe.
JHS surmonté de 3 clous : Ignace de Loyola.
Lance : Thomas, Matthias.
Lance (cavalier perçant un dragon de sa) : Georges.
Lèpre (homme, accompagné d'un chien, montrant son bubon de lèpre à la cuisse) : Roch.
Lion : Marc, Abdon et Sennen, Blandine.
Lion (vieillard amaigri, près d'un) : Jérôme.
Lion (homme déchirant la gueule d'un) : Samson.
Lions (homme au milieu de) : Daniel.
Lions : Ignace.
Lis (un), une mule, la bure franciscaine, un livre, l'Enfant Jésus, des poissons, un cœur enflammé : Antoine de Padoue.
Lis (abbesse avec un calice, un) et un ostensoir : Claire
Lis (ange tenant un) : Gabriel.
Livre : Jésus-Christ, apôtres (Matthias), évangélistes, docteurs de l'Eglise.
Livre (un), la bure franciscaine, l'Enfant Jésus, une mule, des poissons, un cœur enflammé, un lys : Antoine de Padoue.
Livre de la Règle sur lequel sont disposés deux yeux (abbesse avec le) : Odile.
Livre (ange tenant un rouleau ou un) : Uriel.
Louche : Marthe.
Loup : François d'Assise, Hervé.
Mâchoire fracassée : Apolline.
Manteau (cavalier partageant son) : Martin.
Marmite : Marthe.
Marteau : Éloi.
Massue : Thadée ou Jude.
Massue (évêque de Rome avec une épée et une colombe ou une) et une colombe : Fabien.
Militaire en armure avec le visage noir et les cheveux crépus tenant une épée et une bannière avec sept étoiles : Maurice.
Militaire ou cavalier partageant son manteau avec un pauvre : Martin.
Moine marchant sur un globe ; avec un crucifix ailé, des rayons et des stigmates : François d'Assise.
Moineau (chien noir et blanc portant une torche allumée avec un) à ses côtés : Dominique.
Mule (une), la bure franciscaine, un livre, l'Enfant Jésus, des poissons, un cœur enflammé, un lys : Antoine de Padoue.
Oiseaux : François d'Assise.
Olivier (branche d'), bâton de pèlerin et évangile selon saint Matthieu : Barnabé.
Onguents (femme aux cheveux longs, à la riche toilette, avec un pot d') ou un vase de parfum : Marie-Madeleine.
Orgue : Cécile.
Ostensoir (abbesse avec un calice, un lis et un) : Claire.
Ours : Blandine, Colomban.
Ours et plume de paon : Colombe.
Ours portant le bagage d'un évêque : Corbinien.
Pain dans la gueule (chien tenant un) : Roch.
Pains (femme portant des) : Zita.
Pains (homme portant des) : Philippe apôtre.
Palme : martyr.
Pape avec une colombe posée sur son épaule : Grégoire Ier.
Pape avec sa tiare et une ancre : Clément Ier.
Parfum (femme aux cheveux longs, à la riche toilette, avec un pot d'onguents ou un vase de) : Marie-Madeleine.
Peau avec des bandes découpées : Crépin.
Peau de bête : Barthélemy.
Peau de mouton (homme vêtu d'une) : Jean-Baptiste..
Peigne : Blaise.
Pelle : Joachim (père de Marie).
Pelle à enfourner le pain : Honoré.
Pierres : Étienne.
Plume de paon et ours : Colombe
Poisson (ange avec un) : Raphaël.
Poisson (homme portant un) : Tobie.
Poissons (des), une mule, la bure franciscaine, un livre, l'Enfant Jésus, un cœur enflammé, un lys : Antoine de Padoue.
Porc : Antoine le Grand.
Poule : Colette.
Puits (de la Samaritaine) et poule : Colette.
Raisin (évêque tenant une grappe de) : pape Urbain Ier.
Rats : Gertrude.
Règle : Thomas.
Reine avec insignes royaux ou religieuse avec une couronne : Radegonde.
Religieuse portant une couronne ou reine avec insignes royaux : Radegonde.
Roi (en costume royal) : Louis IX.
Rose : Germaine.
Roseau (ange portant une couronne d'épines et un) : Haniel.
Roue brisée : Catherine d'Alexandrie.
Rouleau (un calice dans la main, une colombe tout près de l'oreille, et un) : Thomas d'Aquin.
Sac (femme portant un) : Zita.
Scie : Simon.
Seins sur un plateau (jeune fille portant ses) : Agathe.
Seins coupés (femme avec une colombe sortant de la bouche et les) : Julie.
Serpe : Isidore.
Serpent (calice ou coupe d'où sort un) : Jean l'évangéliste (en souvenir du poison qu’il but sans dommage).
Serpents : Christine de Tyr.
Serpents (évêque avec les pieds entourés de) ou de dragons : Patrick.
Soleil au-dessus de la tête (évêque avec un ours et le) : Colomban.
Stigmates : François d'Assise.
T (bâton en forme de T) : Antoine.
Tables de la loi (Homme barbu avec des cornes et portant les) : Moïse.
Taureau : Luc, Sylvestre, Blandine.
Tenailles avec dent : Apolline.
Tête coupée : Jean-Baptiste.
Tête coupée (évêque portant sa) : Denis, Nicaise.
Tiare (vieillard coiffé de la) : Dieu le Père.
Tiare (pape avec une ancre et coiffé de sa) : Clément.
Tiare (homme coiffé d'une ... et tenant des clés) : Pierre.
Torche allumée (chien portant une) : Dominique.
Tour et ciboire surmonté d'une hostie, éclair, livre, épée, couronne ou palme de martyre : Barbe (Barbara).
Trèfle (feuille de) : Patrick.
Turban (deux hommes en costume persan avec couronne ou) : Abdon et Sennen.
Verge fleurie : Joseph.
Veuve avec ceinture et voile entourée de moines augustiniens : Monique (mère de Augustin).
Vieillard amaigri, près d'un lion : Jérôme.
Vieillard coiffé de la tiare : Dieu le Père, Pierre.
Vieillard tenant dans un linge plusieurs petits corps nus (âmes bienheureuses dans le sein d'Abraham).
Vin (évêque avec du) et des raisins : Urbain Ier.
Voile (Jeune fille portant un) : vierge.
Yeux sur un plat : Lucie.
Yeux (abbesse avec le Livre de la Règle sur lequel sont disposés deux) : Odile.

Citations

Aurais-tu peur de la mort ? - Non, car la mort, c’est la vie qui s’ouvre enfin, en toute vérité, dans la lumière divine et pour toujours. (Actes des martyrs)

Je confesse que le Christ est Dieu avec le Père et le Saint-Esprit. Il est juste que je lui rende mon âme, à lui mon créateur et mon sauveur. Ainsi la vie ne m’est pas ôtée, elle est transformée en une vie meilleure. Peu importe la faiblesse du corps, par laquelle il se dissout finalement, du moment que mon âme, transportée aux cieux, soit rendue à son créateur. (Epipode avant sa décapitation en 178)

Lorsque des hommes sont dans la lumière, ce ne sont pas eux qui illuminent la lumière et la font resplendir, mais ils sont rendus resplendissants par elle : loin de lui apporter quoi que ce soit, ils bénéficient de la lumière et en sont illuminés. Ainsi en est-il de ceux qui sont au service de Dieu. (Irénée + 202, Contre les hérésies)

Les saints ressemblent à un jardin dont les arbres portent des fruits variés, tout en étant arrosé par la même eau. De fait autre est l’activité de tel saint, autre celle d’un autre, mais c’est un seul Esprit qui agit en eux tous. [Sentences des Pères du Désert ou Apophtegmes des Pères du désert (Apophtegma Patrum), IVe siècle. Ed. Solesmes]

Veuille, en effet, votre charité le comprendre, nous n'élevons pas d'autel à Etienne en ce lieu, mais des reliques d'Etienne nous faisons un autel à Dieu. Dieu les aime, ces autels ; et si vous me demandez pourquoi, c'est que la mort des saints est précieuse devant lui. Pour obéir à Dieu, l'âme invisible a quitté sa maison visible ; mais cette maison, Dieu la garde : et il trouve sa gloire dans les honneurs rendus par nous à cette chair inanimée ; et lui donnant la vertu des miracles, il la revêt de la puissance de sa divinité. » (Augustin d'Hippone + 430, Sermo CCCXVIII, de Stephano Mart. V).

Puissante armée des saints, troupe bienheureuse des apôtres et évangélistes, des martyrs, des confesseurs, des docteurs, des anachorètes et des moines, des prêtres, des saintes femmes et des vierges pures, priez sans cesse pour nous misérables pécheurs. Tendez-nous une main secourable, détournez de nos têtes coupables la justice irritée de Dieu ; faites entrer par vos prières notre frêle navire dans le port de la bienheureuse éternité. (Texte attribué à Augustin d'Hippone)

Ils décident en commun de piétiner les sentiments du monde et de s’attacher à Dieu. Ils ont hâte de voir la face de celui qu’ils ont servi. C’est par amour pour lui qu’ils ont méprisé le temps qu’il leur restait à vivre et qu’ils fuient la vie présente comme un délai haïssable. (Euloge de Tolède + 859, Vie des martyrs de Cordoue)

Elle nous attend, cette Église des premiers-nés, et nous n'y prêtons pas attention. Ils nous désirent, les saints, et nous n'en faisons guère de cas. Ils comptent sur nous, les justes, et nous restons indifférents. Réveillons-nous enfin, frères, ressuscitons avec le Christ, recherchons les réalités d'en haut, goûtons ces réalités. Désirons ceux qui nous désirent, accourons vers ceux qui nous attendent, empressons-nous de rejoindre par les vœux de notre esprit ceux qui comptent sur nous (...) Il est de notre intérêt, non de l’intérêt des saints, que nous honorions leur mémoire. Penser à eux, c’est en quelque sorte les voir. De la sorte, nous sommes transportés par notre fine pointe spirituelle vers la Terre des Vivants. (Bernard de Clairvaux 1090-1153)

Nous qui avons entrepris de suivre, quoique de loin, les traces des saints Apôtres et autres soldats de Jésus Christ, ne refusons pas de participer à leurs souffrances. (Antoine-Marie Zaccaria + 1539, Sermon)

Ce n’est pas en paradis que se fabriquent les saints. C’est sur terre. (Paroles de sagesse de Joseph de Cupertino + 1663)

Je vois des saints de tous les âges, de tous les tempéraments, de toutes les conditions : il n'y a donc ni âge, ni tempérament, ni condition qui excluent de la sainteté. Ils ont eu au dehors les mêmes obstacles, les mêmes combats que nous : ils ont eu au dedans les mêmes répugnances, les mêmes sensibilités, les mêmes tentations, les mêmes révoltes de la nature corrompue ; ils ont eu des habitudes tyranniques à détruire, des rechutes à réparer, des illusions à craindre, des relâchements flatteurs à rejeter, des prétextes plausibles à surmonter, des amis à redouter, des ennemis à aimer, un orgueil à saper par le fondement, une humeur à réprimer, un amour-propre à poursuivre sans relâche, jusque dans les derniers replis du cœur. (Fénelon 1651-1715)

Je puis donc, malgré ma petitesse, aspirer à la sainteté. Me grandir, c’est impossible, mais je veux chercher le moyen d’aller au ciel par une petite voie bien droite, bien courte et toute nouvelle. Et j’ai lu : « Si quelqu’un est tout petit, qu’il vienne à moi. » Alors, je suis venue. (Thérèse de l’enfant Jésus +1897, Histoire d’une âme)

Je passerai mon ciel à faire du bien sur la terre. (Thérèse de l’enfant Jésus + 1897)

Je ne pars pas comme travailleur, je pars comme missionnaire. Le Christ a été très exigeant pour ses apôtres. Il leur a demandé de tout quitter. Il leur a même annoncé qu’ils mourraient pour lui. Ils sont morts martyrs. (Lettre de Marcel Callo + 1945)

La sainteté est une tentation. (Jean Anouilh, Becket ou l'Honneur de Dieu, 1959)

La sainteté vit dans l'histoire et aucun saint n'échappe aux limites et aux conditionnements propres à notre humanité (...) En béatifiant l'un de ses fils, l'Eglise ne célèbre pas les choix historiques particuliers qu'il a pris, mais elle l'indique plutôt comme devant être imité et vénéré pour ses vertus, comme une louange à la grâce divine qui resplendit en celles-ci. (Homélie de Jean Paul II, septembre 2000)

Chacun devrait avoir un Saint que lui soit familier, pour le sentir proche par la prière et son intercession, mais aussi pour l'imiter. Pour cela, nous devons connaître plus de Saints, à commencer par celui dont vous portez le nom, en lisant sa vie et ses écrits : ils deviendront de bons guides pour aimer encore plus le Seigneur et des soutiens valables pour votre croissance humaine et chrétienne. Comme vous le savez, moi aussi, je suis lié de manière particulière à quelques figures de Saints : parmi celles-ci, outre Saint Joseph et saint Benoît dont je porte le nom, et d'autres, il y a Saint Augustin, que j'ai eu le grand don de connaître, pour ainsi dire, de près à travers l'étude et la prière et qui est devenu un bon "compagnon de voyage" dans ma vie et dans mon ministère. (Benoît XVI, 25 août 2010)

Depuis deux mille ans, il y a une foule immense d'hommes et de femmes qui ont sacrifié leur vie pour rester fidèles à Jésus-Christ et à son Evangile. Et aujourd'hui encore, dans de nombreuses régions du monde, il y a des martyrs : des hommes et des femmes qui sont emprisonnés, tués pour le seul motif d'être chrétiens. Et ils sont même plus nombreux qu'aux premiers siècles de l'Eglise. (François, Angelus, 23 juin 2013) 

C'est dans la fidélité au Christ et jusqu'à lui donner sa vie, que l'Église trouve son unité fondamentale, par-delà les dissensions, les divergences, les séparations. L'oecuménisme du martyre est le témoignage de l'unité (...) Le sang des martyrs est semence de vie parce qu’il se mêle au sang rédempteur du Christ qui s’est offert pour nous. A leur tour, ils ont donné leur vie pour la vérité, et le témoignage de leur fidélité nous incite à notre tour à vivre tout au Christ (...) La vie d’un saint ne nous est pas contée pour satisfaire notre curiosité, mais pour nous entraîner à la suite de sa sainteté. Alors ? Construisons nous-mêmes notre sainteté avec la grâce de l’Esprit Saint. (Lectionnaire Emmaüs)

Proverbes

A chaque saint sa chandelle.
Comme on connaît les saints, on les honore.
Selon le saint, l’encens.
Saint qui ne guérit rien, n'a guère de pèlerins.
Il n'est si petit saint qui ne veuille avoir son offrande.
Il n'est miracle que de vieux saints.
La fête passée, adieu le saint.


Notes
1 Le Martyrologe d’Usuard fut terminé vers 860. Son voyage en Espagne en 858 lui permit l’insertion des saints espagnols dans son ouvrage.
2 Gravure sur acier d'un anonyme (Cologne, 1470 à 1480)
3 Gravure de Meister E. S., Haut-Rhin, seconde moitié du 15e siècle (Furnologia)


Voir
- Toussaint
- Liste des saints : A ; B ; C ; D ; E ; F ; G ; H-I ; J ; K-L ; M ; N-O ; P ; Q-R ; S ; T ; U-V-W-X-Y-Z


Sources


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; toute reproduction à but non lucratif est autorisée.

Date de mise à jour : 15/12/2014