PETITE HISTOIRE DU VOILE

La première preuve textuelle du port du voile vient de la Mésopotamie où le culte de la déesse Ishtar est associé avec la prostitution sacrée. Ishtar, nom akkadien de la déesse, est représentée voilée. Dans un hymne, l’Exaltation d’Inanna (nom sumérien donné à Ishtar), écrit vers 2300 avant J.C. par le grand prêtre du dieu de la Lune à Ur, cette déesse est appelée "hiérodule (prostituée sacrée) d’An", "An" étant le plus ancien dieu des Sumériens.

Le premier document légal, qui mentionne les prostituées sacrées (ou hiérodules), est le Code d’Hammourabi qui date de 1730 av. J.-C. 10

Une loi de Téglath-Phalasar Ier (Tiglath-Pileser sous la forme hébraïque, Tukulti-apil-Esharra en assyrien), roi d'Assyrie de 1116 à 1077 av. J.-C., réglemente le port du voile (tablette A 40) : "Les femmes mariées […] qui sortent dans la rue n’auront pas leur tête découverte. Les filles d’hommes libres seront voilées. La concubine qui va dans les rues avec sa maîtresse sera voilée. La prostituée ne sera pas voilée, sa tête sera découverte. Qui voit une prostituée voilée l’arrêtera […]. Les femmes esclaves ne sont pas voilées et qui voit une esclave voilée l’arrêtera." 11

Dans la Bible (Genèse 24, 65), on lit que Rebecca « prit son voile et se couvrit » (Bible du Chanoine Crampon).

L'usage du voile existe dans le monde gréco-romain, chez les Celtibériens, les Mèdes, les Perses (les reines achéménides - 556 à 330 avant J.-C. - portent déjà le tchador 1), les Arabes, les peuples de l’Asie Mineure. 12

En Palestine, du temps de Jésus, les femmes portent le voile.
Paul, dans la Première Epître aux Corinthiens (11,2-16), insiste sur la nécessité pour la femme de se couvrir la tête quand elle prie ou prophétise. La femme doit porter un voile à l'assemblée du culte, exprimant par ce symbole que sa dignité chrétienne ne l'a pas affranchie de sa dépendance à l'égard de son mari, ni du second rang qu'elle occupe encore dans l'enseignement officiel : elle ne doit pas "parler" à l'Église, c'est-à-dire qu’elle ne peut enseigner (I Corinthiens 14,34 ; I Timothée 2,12) ; tel est le "commandement du Seigneur" reçu par Paul (I Co 14,37).
Lin, successeur de Pierre comme évêque de Rome vers 67, interdit aux femmes d'assister nu-tête aux assemblées.
En 213, dans De Virginibus velandis (Du voile des vierges), Tertullien (vers 155-222), théologien chrétien de Carthage, demande aux jeunes filles de porter le voile hors de chez elles, comme les femmes mariées. Il ajoute : « Femme, tu devrais toujours porter le deuil, être couverte de haillons et abîmée dans la pénitence, afin de racheter la faute d’avoir perdu le genre humain. »
Depuis octobre 1964, les femmes sont autorisées à entrer tête nue dans les églises catholiques ; auparavant elles étaient tenues de porter une voilette (fixée au chapeau) ou une mantille (dentelle) ou un foulard (carré) ou un fichu (triangulaire). L'obligation pour les femmes de se couvrir la tête n'apparaît plus dans le code de droit canonique de 1983.
Dans la tradition religieuse chrétienne monastique, le voile de la religieuse signifie qu'elle se sépare du monde pour une plus grande intimité avec Dieu. Le pape Léon Ier (440-461) décrète que l'on ne donnerait aux religieuses le voile sacré qu'après qu'elles auraient gardé la virginité jusqu'à l'âge de quarante ans (âge canonique).

On peut lire dans le Coran dont le texte officiel est établi vers 650 :
"Commande aux femmes qui croient de baisser leurs yeux et d'être chastes, de ne découvrir de leurs ornements que ce qui est en évidence, de couvrir leurs seins de voile, de ne faire voir leurs ornements qu'à leurs maris ou à leurs pères, ou aux pères de leurs maris, à leurs fils ou aux fils de leurs maris, à leurs frères ou aux fils de frères, aux fils de leurs sœurs, ou aux femmes de ceux-ci, ou à leurs esclaves acquêts de leurs mains droites, ou aux domestiques mâles qui n'ont point besoin de femmes, ou aux enfants qui ne distinguent pas encore les parties sexuelles d'une femme. Que les femmes n'agitent point les pieds de manière à faire voir les ornements cachés. Tournez vos cœurs vers Dieu, afin que vous soyez heureux." (Sourate XXIV, 31) 3
"Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu'elles rabattent leur voile sur leurs poitrines ; et qu'elles ne montrent leurs atours qu'à leurs maris, ou à leurs pères, ou aux pères de leurs maris, ou à leurs fils, ou aux fils de leurs maris, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs sœurs, ou aux femmes musulmanes, ou aux esclaves qu'elles possèdent, ou aux domestiques mâles impuissants, ou aux garçons impubères qui ignorent tout des parties cachées des femmes. Et qu'elles ne frappent pas avec leurs pieds de façon que l'on sache ce qu'elles cachent de leurs parures. Et repentez-vous tous devant Allah, Ô croyants, afin que vous récoltiez le succès." (XXIV, 31) 4
"O Prophète ! Prescris à tes épouses, à tes filles et aux femmes des croyants, d’abaisser un voile sur leur visage. Il sera la marque de leur vertu et un frein contre les propos des hommes. Dieu est indulgent et miséricordieux." (Sourate XXXIII, 57) 3
"Ô Prophète! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles : elles en seront plus vite reconnues et éviteront d'être offensées. Allah est Pardonneur et Miséricordieux." (XXXIII, 59) 4
Les passages du Coran relatifs au port du voile ont été diversement interprétés selon les écoles juridiques, les époques et les régions.
"Tout le corps de la femme est awra (à cacher) excepté ses mains et son visage" est invoqué par la majorité des théologiens sunnites, chiites et ibadites, pour justifier l'obligation de voilement.
"Chez Abû Dâwûd on lit : "Aïsha a rapporté que sa sœur Asmâ est rentrée chez le Prophète avec des vêtements légers. Le Prophète se détourna d'elle et lui dit : ô Asmâ lorsque la femme atteint la puberté, elle n'a le droit de dévoiler que ça et ça en désignant le visage et les mains". Ce hadîth n'est pas faible comme prétendent certains : le Muhaddith Al-Albâny l'a mentionné dans les hadiths authentiques des Sunan d'Abû Dâwûd en le désignant par authentique/sahîh. Il l'est, également, par l'aval de Dahaby, Bayhiqy, Ahmad ; pourtant il n'est pas le seul hadîth à ce sujet." 5

En 1516, l'empereur ottoman, Selim Ier, impose le port du voile aux femmes de Syrie : noir et blanc pour les musulmanes, jaune pour les juives et rouge pour les chrétiennes 1.

En 1923, au Caire (Egypte), Huda Sharawi, présidente de l'Union féministe, et ses amies, qui reviennent du Congrès féministe mondial tenu en Italie, retirent leur voile et sont acclamées par le peuple.

Le 27 août 1925, Mustapha Kemal, président de la République turque, déclare (Discours dit "du chapeau" 8), entre autres : « En certains endroits, j'ai vu des femmes qui mettent un bout de tissu, une serviette ou quelque chose de ce genre sur leur tête pour cacher leurs visages, et qui tournent le dos ou s'accroupissent sur le sol lorsqu'un homme passe auprès d'elles. Que signifie ce comportement ? Messieurs, la mère et la fille d'une nation civilisée peuvent-elles adopter ces étranges façons, cette posture barbare ? C'est un spectacle qui couvre la nation de ridicule. Il faut y remédier sur-le-champ. »
En 1934, le droit de vote est accordé aux femmes mais le port du voile est prohibé dans les administrations et les écoles publiques ; il est déconseillé fortement dans tous les lieux publics.
Nathalie Clayer, historienne à l'EHSS, explique : "Mustafa Kemal n'a jamais interdit la burka ; il y a eu à son époque des campagnes antivoile, menées d'ailleurs surtout au niveau local, sans véritable coordination, touchant surtout les élites."

En 1928, les Afghanes et les Persanes peuvent se promener tête nue (le port du voile est facultatif).

Par décret royal du 21 mars 1935, Reza, Shah d’Iran, interdit le port du voile en public.
A compter du 7 janvier 1936 (7 dey 1315), le voile est interdit en tous lieux, dans la rue comme dans les universités. Reza Shah demande à la reine et à ses filles, les princesses Ashraf et Shams, de donner l'exemple. La police iranienne arrache aux femmes réticentes le tchador traditionnel.
En mars 1979, l’ayatollah Khomeyni proclame que toutes les femmes travaillant dans l'administration doivent porter le hijab. Par la suite, des manifestations de proclamation de femmes des classes moyennes et hautes, contre le port du voile, alternent avec les manifestations de femmes traditionnelles, qui militent pour le respect de la tenue islamique. Par la suite, les commerçants sont invités à ne pas accepter les femmes sans foulard islamique, et finalement, pendant le printemps et l'été 1982, une campagne vigoureuse est lancée par les pasdaran pour faire respecter la règle dans chaque ville ou village 2.

Au Maroc, à l'avènement de l'indépendance en 1956, le roi Mohammed V demande à sa propre fille d'ôter son voile en public pour marquer la libération de la femme.

En Tunisie, le 10 janvier 1957, Habib Bourguiba interdit le port du hijab dans les écoles.
Le décret 108, promulgué en 1981, interdit le port du voile dans l'administration publique et déconseille fortement aux femmes de le porter en public.

Au cours des dernières années de la guerre d'Algérie, les Français, sans grand succès, organisent des cérémonies de dévoilement collectif pour démontrer l'œuvre civilisatrice de la France en Algérie en faveur de l'émancipation des femmes algériennes 6.

En mai 2000, en Afghanistan, les talibans exigent des femmes (y compris les non-musulmanes) le port du voile.

En Syrie, le 18 juillet 2010, le ministre de l'Education supérieure publie le décret interdisant aux étudiantes des universités de porter la burqa ou le niqab.

Les autorités musulmanes du Kenya affirment qu'elles continueront à s'opposer à la décision prise par les évêques qui ont annoncé le 19 août 2011 que les élèves de leurs écoles catholiques ne sont pas autorisées à porter le hijab. "Si vous voulez envoyer votre enfant dans une école catholique, alors il faut en accepter les règles" déclare l'évêque Mgr Maurice Crowley, du diocèse de Kitale, lors d'une conférence de presse à Nairobi 9.

Le 17 juin 2015, le Premier ministre du Tchad, Kalzeube Pahimi Deubet, annonce que "le port de la burqa, ou tout autre système de port de turban où on ne voit que les yeux (...) est désormais interdit dans les lieux publics par mesure de sécurité, afin d'éviter la dissimulation d'explosifs".

Le 9 janvier 2017, les autorités marocaines ont interdit lundi la commercialisation et la confection de la burqa dans tout le pays. La décision n'a pas été annoncée ni commentée par le ministère de l'Intérieur, mais ordonnée oralement ou par écrit aux commerçants. 13

Le 14 mars 2017, un arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) estime qu'une entreprise peut interdire dans son règlement intérieur le port visible de signes religieux, politiques et philosophiques afin de poursuivre une politique de neutralité, sous certaines conditions : "L'interdiction de porter un foulard islamique, qui découle d'une règle interne d'une entreprise privée interdisant le port visible de tout signe politique, philosophique ou religieux sur le lieu de travail, ne constitue pas une discrimination directe fondée sur la religion ou sur les convictions". L'obligation de neutralité ne doit pas entraîner de désavantage pour des personnes adhérant à une religion ou à des convictions et doit être justifiée par un "objectif légitime", au travers de moyens "appropriés et nécessaires". 14


Femme portant un tchador, Le Tour du Monde de Dieulafoy, 1881-1882


Différents voiles portés par les musulmanes

En usage surtout en ville, le voile intégral est généralement ignoré dans les villages et chez les nomades ; il est souvent remplacé par un foulard cachant cou, gorge et cheveux.

Il existe plusieurs sortes de voiles, intégraux ou partiels, portés par les musulmanes :
- burqa ou burka : voile intégral avec une grille de coton devant les yeux, bleu ou marron, porté par les femmes principalement en Afghanistan, au Pakistan et en Inde ; la burqa est appelée parandjah (ou parandja) en Asie centrale ;
- tchador ou tchadri : mot persan ; souvent bleu, il couvre entièrement la tête et le corps, cependant, il ne couvre pas le bas du pantalon et est adapté pour que les femmes puissent sortir leurs bras pour faire le marché, par exemple ; les mains sont visibles ; certains types de tchadri sont même ouverts par devant, légèrement en dessous de la taille, laissant paraître robe et pantalon ; en Iran, en Inde ; il est porté en Afghanistan depuis plus de 1.000 ans ;
- hidjab en Arabie ou hidjeben dans les pays du Maghreb : voile cachant les cheveux, les oreilles et le cou et ne laissant voir que l’ovale du visage ; le hidjab est appelé kichali aux Comores, Tudung en Malaisie et Ibadou au Sénégal ;
- niqab : voile intégral couvrant le visage à l'exception des yeux, porté en tant que prolongement vestimentaire du hijab, principalement au Moyen-Orient, en Asie du Sud-Est et dans le sous-continent indien ;
- sitar (rideau en arabe) : voile complétant le niqab en couvrant les yeux d'un voile assez fin pour que la femme ainsi couverte puisse voir au travers sans que ses yeux ne puissent être vus des autres ; il peut aussi simplement compléter le jilbab ;
- jilbab ou djilbab : foulard cachant les cheveux, les oreilles et le cou en Indonésie ; il n'a rien à voir avec le djilbab utilisé par les Saoudiennes (longue robe, souvent noire, couvrant l'intégralité du corps mais ne cachant pas le visage) ;
- haïk en Afrique du Nord (grande pièce de laine ou de coton, blanche ou noire, dissimulant les formes du corps et voilant le visage) ;
- sefseri (safsari, sefsari) en Tunisie : voile traditionnel composé d'une large pièce d'étoffe blanche ou jaune couvrant tout le corps de la femme, en soie naturelle, en coton ou en satin ;
- abaya : de couleur noire, elle doit couvrir le corps sauf le visage, les pieds et les mains ; elle peut être portée avec le niqab qui couvre tout le visage sauf les yeux en Arabie Saoudite et dans les pays du Golfe persique ;
- tcharchaf : voile noir léger dissimulant le visage des femmes turques.

Le voile s’appelle aussi litham ou lithem (cache-nez) ou encore khimbr, terme générique désignant tout ce qui couvre la tête.


La laïcité française et les signes religieux

A l'automne 1989, des élèves musulmanes refusent de se rendre en classe sans leur foulard ; des proviseurs s'y opposent, invoquant le principe de la laïcité de l'école publique.

Le 27 novembre 1989, le Conseil d’Etat rappelle que, si le port par les élèves de signes par lesquels ils manifestent leur appartenance à une religion n’est pas incompatible avec le principe de la laïcité, cette liberté ne permet pas aux élèves d’arborer des insignes d’appartenance religieuse qui constitueraient un acte de pression, de provocation, de prosélytisme ou de propagande.

Le 2 novembre 1992, le Conseil d’Etat revendique pour chacun "l'exercice de la liberté d'expression et de manifestation de croyances religieuses" et fait valoir que "le port d'insignes religieux n'est pas a priori une entorse à la laïcité, à condition que les personnes concernées s'interdisent tout prosélytisme et remplissent normalement leurs obligations scolaires, sans troubler l'ordre public".

Le 20 septembre 1994, une circulaire du ministre de l’Education, François Bayrou, distingue les "signes religieux ostentatoires par principe interdits et les signes discrets" qui sont admis.

De 1994 à 1998, on dénombre quatre cent cas de port du foulard islamique.

Le 14 février 2000, le Conseil d’Etat considère que "l’exercice de la liberté d’expression et de manifestation de croyances religieuses ne fait pas obstacle à la faculté pour les chefs d’établissement, et le cas échéant les enseignants, d’exiger des élèves le port de tenues compatibles avec le bon déroulement des cours, notamment en gymnastique et en technologie".
Les proviseurs qui veulent interdire le port du foulard islamique, motivent l’exclusion par le prosélytisme et par l’absentéisme : en effet, les porteuses de voile refusent de participer aux cours d’éducation physique et de natation et d’assister à certains cours de sciences naturelles.

Le 19 juin 2003, la cour d’Appel de Paris confirme la décision du Conseil des prud’hommes du 17 décembre 2002 ordonnant la réintégration d’une employée portant le foulard islamique.

La Loi 2004-228 du 15-3-2004, précisée par la circulaire du 18-5-2004 (J.O. du 22), interdit le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics :
« Article 2.1. La loi interdit les signes et les tenues qui manifestent ostensiblement une appartenance religieuse. Les signes et tenues qui sont interdits sont ceux dont le port conduit à se faire immédiatement reconnaître par son appartenance religieuse tels que le voile islamique, quel que soit le nom qu'on lui donne, la kippa ou une croix de dimension manifestement excessive. La loi est rédigée de manière à pouvoir s'appliquer à toutes les religions (les turbans des sikhs sont également visés, ndlr) et de manière à répondre à l'apparition de nouveaux signes, voire à d'éventuelles tentatives de contournement de la loi. La loi ne remet pas en cause le droit des élèves de porter des signes religieux discrets. Elle n'interdit pas les accessoires et les tenues qui sont portés communément par des élèves en dehors de toute signification religieuse. En revanche, la loi interdit à un élève de se prévaloir du caractère religieux qu'il y attacherait, par exemple, pour refuser de se conformer aux règles applicables à la tenue des élèves dans l'établissement. »
De septembre 2004 à janvier 2005, 48 élèves sont exclus de leur établissement pour non-respect de la loi précitée 7.

La LOI n° 2010-1192 du 11 octobre 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public est publiée au JORF n°0237 du 12 octobre 2010 :
"Article 1 : Nul ne peut, dans l'espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage.
Article 2 : I. Pour l'application de l'article 1er, l'espace public est constitué des voies publiques ainsi que des lieux ouverts au public ou affectés à un service public. II. L'interdiction prévue à l'article 1er ne s'applique pas si la tenue est prescrite ou autorisée par des dispositions législatives ou réglementaires, si elle est justifiée par des raisons de santé ou des motifs professionnels, ou si elle s'inscrit dans le cadre de pratiques sportives, de fêtes ou de manifestations artistiques ou traditionnelles.
Article 3 : La méconnaissance de l'interdiction édictée à l'article 1er est punie de l'amende prévue pour les contraventions de la deuxième classe. L'obligation d'accomplir le stage de citoyenneté mentionné au 8° de l'article 131-16 du code pénal peut être prononcée en même temps ou à la place de la peine d'amende.
Article 4 : Après la section 1 bis du chapitre V du titre II du livre II du code pénal, il est inséré une section 1 ter ainsi rédigée : "Section 1 ter "De la dissimulation forcée du visage. "Art. 225-4-10. - Le fait pour toute personne d'imposer à une ou plusieurs autres personnes de dissimuler leur visage par menace, violence, contrainte, abus d'autorité ou abus de pouvoir, en raison de leur sexe, est puni d'un an d'emprisonnement et de 30 000 € d'amende. Lorsque le fait est commis au préjudice d'un mineur, les peines sont portées à deux ans d'emprisonnement et à 60 000 € d'amende."
Article 5 : Les articles 1er à 3 entrent en vigueur à l'expiration d'un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi (11 avril 2011, ndlr)."
Le 1er juillet 2014, la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) a jugé "légitime" l'interdiction du voile intégral en France et rejeté la requête d'une Française, adepte du niqab et de la burqa, qui contestait la loi de 2010. La Cour a souligné que "la préservation des conditions du vivre ensemble était un objectif légitime" des autorités françaises, qui disposent à cet égard d'une "ample marge d'appréciation", et que, par conséquent, la loi française de 2010 n'était pas contraire à la convention européenne des droits de l'Homme.

En Belgique, la loi, adoptée en avril 2011 par le Parlement et entrée en vigueur le 23 juillet, prévoit que les personnes qui se "présenteront dans l'espace public le visage masqué ou dissimulé, en tout ou en partie, par un vêtement de manière telle qu'ils ne soient plus identifiables seront punis d'une amende" (137,50 euros) et/ou d'une peine de prison de un à sept jours.


Citations

Les femmes grecques, lorsqu'elles sortaient, se voilaient le visage au moyen d'un coin de leur péplum ou de la draperie appelée credemnon, calyptra, etc., usage encore soigneusement conservé par les femmes d'Orient (...) Les plus anciens auteurs grecs parlent de voiles. Hésiode en a paré Pandore. Pénélope parait voilée devant ses prétendants. Phèdre, dans ses ardeurs, supporte impatiemment son voile. Les femmes thébaines avaient un voile d'une sorte particulière ; elles se l'appliquaient exactement sur la figure comme un masque et le perçaient de deux trous pour les yeux. Chez les Spartiates, les jeunes filles paraissaient en public découvertes ; les femmes mariées seules se voilaient. Toutefois, dans l'antiquité, les femmes obtinrent parfois quelque extension à leurs droits de coquetterie, et l'on voit par des médailles et des pierres gravées qu'elles s'entouraient la tête d'un voile, sans toujours s'en couvrir le visage ; femmes et jeunes filles devaient pourtant être voilées quand elles sortaient. Leurs voiles étaient d'ordinaire teints en rouge ou en pourpre. L'usage du voile existait aussi chez les Celtibériens, chez les peuples de l'Asie Mineure, les Mèdes, les Perses, les Arabes, etc. (…) Le voile fut adopté et conservé par les femmes chez les premiers chrétiens. Elles avaient la tête voilée, non-seulement quand elles sortaient, mais pour prier et prophétiser. Mais le voile, "flammeum virginale", fut surtout l'insigne des vierges. Les évêques consacraient les vierges par l’imposition du voile. Il était simple, court, sans ornements, en laine pourpre. Quelques-unes cependant en portaient de flottants, de couleur violette (…) Les femmes au moyen âge firent souvent usage du voile comme principal ornement de coiffure, notamment au IXe siècle, ou il enveloppait les épaules et descendait presque à terre ; au XIe, ou elles s'en paraient surtout le dimanche pour aller à l'église. Le voile s'appelait alors le dominical, et les statuts synodaux enjoignaient de l'avoir sur la tête quand on allait communier (Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle. Pierre Larousse).

Le "foulard islamique" : quelle fichue histoire !
Celles qui mettent le voile n'ont pas forcément envie de mettre... les voiles. (Autocitations, Jean-Paul Coudeyrette)


Notes
1 L'Histoire des Papes et des Saints, n°8, avril 2010, Ed. SENO.
2 http://dictionnaire.sensagent.com/tchador/fr-fr/
3 Le Coran. Traduction de Kasimirski. GF Flammarion 1970 ; http://fr.wikisource.org/wiki/Le_Koran_%28Traduction_de_Kazimirski%29
4 http://www.coran-en-ligne.com/coran-en-francais ; html ; http://quran.al-islam.com/frn/
5 Cheikh Tahar Mahdi Ben Belkacem : http://www.taharmahdi.fr/articles.php?lng=fr&pg=216
6 Todd Shepard, La bataille du voile pendant la guerre d'Algérie, in Le foulard islamique en questions, sous la direction de Charlotte Nordmann, Paris, éditions Amsterdam, 2004
7 Quid 2007
8 Jean-François Solnon, Le turban et la stambouline, extrait du Discours du chapeau du 27 août 1925 par Mustapha Kemal Pacha Ataturk, P561
9 http://infocatho.cef.fr/fichiers_html/archives/deuxmil11sem/semaine34/210nx342afriquec.html
10 http://www.questionsenpartage.com/le-voile-une-histoire-qui-commence-avec-la-prostitution-sacr%C3%A9e-en-assyrie
11 Odon Vallet, Le Dieu du croissant fertile.
12 "VOILE s. m. [.] Encycl. Les femmes grecques, lorsqu'elles sortaient, se voilaient le visage au moyen d'un coin de leur péplum ou de la draperie appelée credemnon, calyptra, etc., usage encore soigneusement conservé par les femmes d'Orient. Les voiles grecs étaient d'une étoffe légère et transparente, fabriquée dans les îles de Cos et d'Amorgos, en Lydie, à Tarente et à Siris, d'où ils prenaient le nom de coa, amorgina et sirina. Cette étoffe se faisait avec la plus belle espèce de lin, le byssus. Les voiles phéniciens étaient teints en pourpre, et on en exportait dans la Grèce. Les plus anciens auteurs grecs parlent de voiles. Hésiode en a paré Pandore. Pénélope paraît voilée devant ses prétendants. Phèdre, dans ses ardeurs, supporte impatiemment son voile. Les femmes thébaines avaient un voile d'une sorte particulière ; elles se l'appliquaient exactement sur la figure comme un masque et le perçaient de deux trous pour les yeux. Chez les Spartiates, les jeunes filles paraissaient en public découvertes; les femmes mariées seules se voilaient. Toutefois, dans l'antiquité, les femmes obtinrent parfois quelque extension à leurs droits de coquetterie, et l'on voit par des médailles et des pierres gravées qu'elles s'entouraient la tête d'un voile, sans toujours s'en couvrir, le visage ; femmes et jeunes filles devaient pourtant être voilées quand elles sortaient. Leurs voiles étaient d'ordinaire teints en rouge ou en pourpre. L'usage du voile existait aussi chez les Celtibériens, chez les peuples de l'Asie Mineure, les Mèdes, les Perses, les Arabes, etc. Dans les cérémonies nuptiales des Grecs et des Romains, la fiancée était couverte d'un voile. Se voiler, s'envelopper la tête était un signe de deuil, dans l'antiquité. Certaines cérémonies religieuses, le respect dû à certaines divinités exigeaient aussi le voile à Rome et en Grèce. Enée se voile pour sacrifier à Minerve, Œdipe pour prier les Euménides ; les vestales ont la tête couvertes du suffibulum (un long voile blanc qui, s’étendant le long du corps, était retenu par une boucle au-dessous du menton, ndlr) pour offrir leurs sacrifices. Les voiles de deuil des Grecs étaient de couleur noire ; ceux, des Romains étaient blancs. Aux funérailles, chez ces derniers, les fils sont voilés lorsque c'est le père qui est mort, et les filles ont, au contraire, la tête découverte. Les hommes, à Rome, sortaient souvent aussi la tête enveloppée pour toutes sortes de motifs, soit pour ne pas être reconnus ou dérangés, soit pour raison de santé. Toutefois, quand ils rencontraient alors quelque personnage important, ils devaient par respect se découvrir. Le voile fut adopté et conservé par les femmes chez les premiers chrétiens. Elles avaient la tête voilée, non-seulement quand elles sortaient, mais pour prier et prophétiser. Mais le voile, flammeum virginale, fut surtout l'insigne des vierges. Les évêques consacraient les vierges par l'imposition du voile. Il était simple, court, sans ornements, en laine pourpre. Quelques-unes cependant en portaient de flottants, de couleur violette. Le voile et la prise de voile jouent encore aujourd'hui le même rôle dans les congrégations de femmes qu'aux premiers siècles du christianisme. Les femmes au moyen âge firent souvent usage du voile comme principal ornement de coiffure, notamment au IXe siècle, où il enveloppait les épaules et descendait presque à terre ; au XIe, où elles s'en paraient surtout le dimanche pour aller à l'église. Le voile s'appelait alors le dominical, et les statuts synodaux enjoignaient de l'avoir sur la tête quand on allait communier. Au XIIIe siècle, les chaperons, les chapels rivalisèrent avec les voiles dans le costume des femmes. A partir de cette époque, l'importance des voiles diminua, et ils commencèrent à devenir ce qu'ils sont actuellement. Les voiles modernes, en étoffe transparente, gaze, tulle, dentelle, servent à préserver le visage du froid ou de la poussière. Ils sont de couleur blanche, noire, brune ou bleue. Toutefois, en Espagne et dans tous les pays d'Amérique conquis par les Espagnols, le voile est resté la coiffure nationale. Dans tous les pays mahométans, les femmes sont toujours strictement voilées lorsqu'elles sortent..." (Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle. Pierre Larousse. 1863-1890)
13 http://www.rfi.fr/afrique/20170110-le-maroc-interdit-vente-confection-burqas
14 http://actu.orange.fr/france/ue-une-entreprise-peut-interdire-le-port-de-signes-religieux-CNT000000EySQo.html


Sources
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mahomet
La civilisation arabe. Gustave Le Bon. Ed. Minerva. 1974
L’Islam. Dominique Sourdel. Que sais-je ? PUF. 1999
etc.


Voir Djihad (le), Islam (l')

Auteur : Jean Uryel Capet-Detou
Référence publication : Compilhistoire ; toute reproduction à but non lucratif est autorisée.

Date de mise à jour : 27/03/2017

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