Célestin Ier

Originaire de Campanie, cet archidiacre est élu pape le 10 septembre 422.
Il a grand souci des responsabilités de sa charge et intervient auprès des Eglises de Gaule, d'Afrique et de Provence. Il défend la doctrine d'Augustin d'Hippone attaquée par quelques prêtres et évêques gaulois.
Il soutient Cyrille d'Alexandrie dans son opposition à Nestorius, patriarche de Constantinople, dont il condamne la doctrine hérétique (nestorianisme) selon laquelle les deux natures du Christ (divine et humaine) possèdent leur individualité propre.
Pour convertir les adeptes du pélagianisme, il envoie des missionnaires en Grande-Bretagne (notamment Germain d’Auxerre) et en Gaule.
Le concile d'Ephèse (431) marque l'affaiblissement de Rome devant Alexandrie. Pape énergique, Célestin fera toujours rappel de l'autorité romaine en matière doctrinale.
Il institue l’Introït de la messe.
Il meurt le 27 juillet 432.
Il laisse 14 lettres et une décrétale qui prescrit aux évêques de ne point porter un costume qui les distingue du peuple.
Saint Célestin ler est fêté le 27 juillet et le 6 avril.

"Il avait grand souci des responsabilités de sa charge et nous le voyons intervenir auprès des Eglises de Gaule, d'Afrique et de Provence. Il soutint Cyrille d'Alexandrie dans son opposition à Nestorius et condamna le patriarche de Constantinople. Le concile d'Ephèse marquera l'affaiblissement de Rome devant Alexandrie. Mais le pape saint Célestin fera toujours rappel de l'autorité romaine en matière doctrinale. Désireux de défendre la foi de l’Église et d’étendre ses frontières, il institua, le premier, l’épiscopat en Grande Bretagne et en Irlande et, avec son accord, le Concile d’Éphèse salua, contre Nestorius, la bienheureuse Marie du titre de Mère de Dieu." 2

"On connaît de lui une lettre qu’il écrivit à saint Augustin. Il poursuivra l’oeuvre de restauration de la saine doctrine, entreprise par son prédécesseur, le pape Boniface Ier, contre les novatiens leur retirant les églises qu’ils avaient progressivement occupées. Dans l’Italie, les Gaules et l’Afrique, il pratique une politique interventionniste avec des succès mitigés. En Narbonnaise et à Vienne, il rappelle les évêques à la discipline ecclésiastique. Il soutient Cyrille d’Alexandrie pour que Nestorius souscrive à la foi de l’Eglise, mais en vain. Il obtient la convocation impériale pour le concile d’Ephèse en 431 qui confirme la christologie soutenue par saint Cyrille d’Alexandrie." 3


422. 10 septembre, élection du pape.

423. 2 janvier, Constantinople, Eudoxie, épouse de Théodose II, devient Augusta. Au concile de Cilicie, les pélagiens sont condamnés par Théodore de Mopsueste. 15 août, mort d'Honorius.

424. Le concile d’Antioche, présidé par l’évêque Théodore, condamne Pélage.

425. 27 février, fondation de l'Université de Constantinople par l'empereur Théodose II. 23 octobre, Valentinien III, fils de Constance III et de Galla Placidia, est proclamé "Auguste" par Théodose II ; Galla Placidia, "Augusta", assure la régence.

426. Leu ou Loup (383-478), moine de Lérins, est évêque de Troyes (il accompagne Germain d’Auxerre en Grande-Bretagne pour lutter contre le pélagianisme).

428. 10 avril, Nestorius devient patriarche de Constantinople. 25 juillet, Lettre de Célestin aux évêques de Vienne et de Narbonne relative à leurs vêtements : « Désormais, on commence à interdire aux prêtres de porter des vêtements semblables aux laïcs lesquels étaient le plus souvent soit des paysans vêtus de manière "indigne", c'est-à-dire de la tunique courte, ou encore des soldats en armes » 4. Décret de Théodose II contre l’encratisme.

429. En mai, le vandale Genséric qui occupe l’Espagne, passe d’Espagne en Mauritanie : il envahira l’Afrique du Nord (Carthage tombera en 439), et prendra Corse, Sardaigne et Sicile. Le général Flavius Aetius, vainqueur des Wisigoths et des Francs, est nommé maître des 2 milices. A Constantinople, Célestius cherche à se gagner l’évêque Nestorius. Au concile de Troyes en Champagne, Germain d’Auxerre et Loup de Troyes sont élus pour aller en Angleterre combattre les pélagiens.

Vers 430. Au Puy-en-Velay (43), après une apparition de la Vierge, une église est construite sur le mont Anis, à l’emplacement d’un sanctuaire païen, un temple de Diane érigé par les Romains et abritant un dolmen ; dès lors commencent les pèlerinages chrétiens, succédant aux cérémonies druidiques du Mont anis ; la Vierge est apparue près de la table du dolmen appelée depuis "Pierre des Fièvres" (pour rappeler les guérisons miraculeuses) ou "Pierre des apparitions" ; de nos jours encore, des pèlerins s’allongent sur la pierre pour en recevoir les bienfaits ; Le Puy en Velay est avec Chartres, le plus ancien sanctuaire marial de la Gaule chrétienne ; on a retrouvé sous le pavé du chœur de la cathédrale les fondations de la première église qui mesurait 12 m x 24 m.

430. En Perse, persécution des chrétiens. Début février, synode à Alexandrie : Cyrille d’Alexandrie écrit à Nestorius, patriarche de Constantinople, pour l’inviter à "corriger sa doctrine et à faire cesser le scandale, en s’attachant aux sentiments des Pères". En avril, synode à Alexandrie : Cyrille communique aux pères les lettres qu’il a écrites à Nestorius et celles qu’il en a reçues ; suivant l’avis des pères, Cyrille écrit au pape Célestin pour l’informer de l’agitation provoquée par les prédications de Nestorius contre le titre de "Theotokos" (Mère de Dieu) donné par la dévotion chrétienne à la Vierge Marie. 10 août, le pape réunit à Rome un synode qui condamne Nestorius et le somme de se rétracter dans les dix jours (Cyrille est chargé de faire exécuter la sentence) : "Nous anathématisons ceux qui affirment deux Fils, existant l'un avant les siècles, l'autre après l'assomption de la chair, né de la Vierge. Nous anathématisons ceux qui disent que le Verbe de Dieu a habité dans une chair humaine à la place d'une âme raisonnable spirituelle, parce que le Fils et Verbe de Dieu n'a pas été en son corps à la place d'une âme raisonnable et spirituelle, mais c'est notre âme (raisonnable et spirituelle) que, sans péché, il a prise et sauvée. Si quelqu'un dit que dans la souffrance de la Croix, c'est Dieu qui ressentait la douleur, et non la chair et l'âme dont le Christ, Fils de Dieu, s'était revêtu - la forme d'esclave qu'il avait prise, comme dit l'Ecriture - il est dans l'erreur". 28 août, à Hippone (Afrique du Nord) alors assiégée par les Vandales, mort de l'évêque Augustin (75 ans). 3 novembre, synode à Alexandrie : Cyrille, en exécution de la commission que le pape lui a donnée, assemble les évêques d’Égypte ; il écrit à Nestorius une lettre au nom de ce concile et de celui de Rome, pour lui déclarer que "si, dans le terme fixé par le pape, c’est-à-dire dans les dix jours après la réception de cette lettre, il ne renonce à ses erreurs, ils ne voudront plus avoir de communion avec lui et ne le tiendront plus pour évêque" ; Cyrille ajoute à la lettre, de son propre chef, 12 anathématismes, 12 erreurs que Nestorius doit condamner : « 1. Si quelqu’un ne confesse pas que l’Emmanuel est véritablement Dieu, et la sainte Vierge mère de Dieu par cela même, puisqu’elle a engendré selon la chair le Verbe de Dieu fait chair ; qu’il soit anathème. 2. Si quelqu’un ne confesse pas que le Verbe, qui procède de Dieu le Père, est hypostatiquement uni à la chair, et ne fait qu’un Christ avec sa propre chair, Dieu et homme tout à la fois ; qu’il soit anathème. 3. Si quelqu’un divise les hypostases du Christ après l’union des deux natures, ne les supposant unies l’une à l’autre qu’en dignité, c’est-à-dire en autorité et en puissance, et non par une union physique ; qu’il soit anathème. 4. Si quelqu’un rapporte à deux personnes ou à deux hypostases distinctes, ce que les évangélistes et les apôtres rapportent avoir été dit de Jésus-Christ, soit par les saints, soit par lui-même, et en applique une partie à l’homme considéré séparément d’avec le Verbe de Dieu, et l’autre partie au Verbe de Dieu séparé de l’homme ; qu’il soit anathème. 5. Si quelqu’un dit que Jésus-Christ est un homme qui porte Dieu, et non pas plutôt un Dieu véritable, Fils unique de Dieu par sa nature, le Verbe fait chair, devenu semblable à nous par la chair et par le sang ; qu’il soit anathème. 6. Si quelqu’un ose dire que le Verbe procédant de Dieu le Père est le Dieu ou le maître du Christ au lieu de le reconnaître Dieu et homme tout à la fois, puisque le Verbe s’est fait chair selon les Écritures ; qu’il soit anathème. 7. Si quelqu’un dit que Jésus, en tant qu’homme, a été conduit par le Verbe de Dieu, et revêtu de la gloire qui convient au Fils unique, comme s’il était lui-même une personne différente ; qu’il soit anathème. 8. Si quelqu’un ose dire que l’homme que le Verbe a élevé à lui doit être adoré, glorifié et appelé Dieu avec lui, comme avec une personne autre que lui-même ; car en disant avec, on donne à penser cette dualité ; au lieu d’honorer l’Emmanuel par une seule adoration, et de lui rendre un seul hommage, comme au Verbe fait chair ; qu’il soit anathème. 9. Si quelqu’un dit que notre unique Seigneur Jésus-Christ a été glorifié par l’Esprit-Saint, comme ayant reçu de lui une vertu qu’il n’avait pas de lui-même, pour chasser les esprits impurs et opérer des miracles sur les hommes, au lieu de dire que l’esprit par lequel il accomplissait ces prodiges était le sien propre ; qu’il soit anathème. 10. La divine Écriture enseigne que le Christ est devenu le pontife et l’apôtre de notre foi, et qu’il s’est offert pour nous à Dieu le Père en odeur de suavité. Si donc quelqu’un dit que ce n’est pas le Verbe de Dieu lui-même qui est devenu notre pontife et notre apôtre, quand il s’est fait chair et qu’il a pris notre ressemblance, mais un homme né de la femme et autre que le Verbe ; ou si quelqu’un dit qu’il a offert pour lui-même son sacrifice, au lieu de l’offrir pour nous seuls, puisque, ne connaissant pas le péché, il n’avait pas besoin de sacrifice ; qu’il soit anathème. 11. Si quelqu’un refuse de confesser que la chair de notre Seigneur est vivifiante, comme étant la chair du Verbe lui-même Fils de Dieu, mais la considère comme la chair d’une personne autre que le Verbe, unie seulement au Verbe par l’excellence de son mérite, ou comme un temple dans lequel le Verbe divin a daigné habiter, au lieu de la considérer comme la chair du Verbe qui a la vertu de tout vivifier, et vivifiante, ainsi que nous l’avons dit, par cela même ; qu’il soit anathème. 12. Si quelqu’un ne confesse pas que le Verbe de Dieu a souffert selon la chair, a été crucifié selon la chair, a enduré la mort selon la chair, et est devenu le premier-né d’entre les morts, en tant qu’il est la vie et qu’il la donne comme Dieu ; qu’il soit anathème » ; la lettre est remise à Nestorius le 30 novembre. 19 novembre, le patriarche d'Alexandrie, Cyrille, s'appuyant sur un fort mouvement populaire contre le nestorianisme, force Théodose II à convoquer un concile général à Éphèse pour le 7 juin 431.

431. 7 juin, jour de la Pentecôte, ouverture théorique du concile d’Ephèse, troisième concile œcuménique, convoqué le 19 novembre 430 par Théodose II pour résoudre la controverse suscitée par la doctrine hérétique du nestorianisme ; le concile s'ouvre le 22 juin. 

Vers 432. A Rome, dans l'église Sainte-Sabine, première représentation du Christ crucifié.

432. Patrick 1 (v. 389-461), l’apôtre de l'Irlande, commence à évangéliser Hibernia. 5 mars, Célestin approuve les décisions du concile d'Éphèse et l'élection de Maximien de Constantinople. 27 juillet, mort du pape.


Notes
1 PATRICK (v. 389-461), né d’un père décurion romain et d’une mère bretonne, fut enlevé par des pirates irlandais à l’âge de 16 ans. Il resta 6 ans en esclavage et reçu l’enseignement d’un druide. Il fut ordonné diacre (prêtre?) en France, peut-être par Germain à Auxerre, et retourna en Irlande (Hibernia) où il commença à évangéliser en 432. Patrick fut consacré évêque d’Irlande à la mort de Palladius (450) ; il prêcha dans l’ouest et le nord de l’Irlande ; il fonda le monastère d’Armagh ; il est également possible qu’il soit allé à Rome. Patrick aurait utilisé, pour symboliser la Trinité, un trèfle qui est maintenant le symbole national irlandais ; il se serait également servi d’une clochette pendant la messe (exposée au musée national de Dublin). La Saint-Patrick, qui a lieu le 17 mars (anniversaire de sa mort le 17/3/461), à 3 jours de l’équinoxe de printemps, est la Fête nationale en Irlande. « Parmi les peuples, je ne cesse d’exulter et de magnifier Ton Nom, où que je puisse me trouver et pas seulement quand tout va bien, mais aussi dans les difficultés. Quoi qu’il m’arrive, de bien ou de mal, je dois en conséquence l’accepter d’une âme égale, et toujours rendre grâce à Dieu qui m’a montré comment avoir en lui une foi indéfectible et sans limite » (Profession de foi de saint Patrick)
2 http://nominis.cef.fr/contenus/fetes/6/4/2011/6-avril-2011.html
3 infocatho.cef.fr/
4 http://pages.infinit.net/historia/Decretales_des_papes.pdf

Sources


Liste des papes


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; toute reproduction à but non lucratif est autorisée.

Date de mise à jour : 16/06/2019

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