Formose, pape

Formose, fils du prêtre Léon, est probablement né à Rome vers 816. Pour d'autres, il est né en Corse à "Vivario dans le hameau de Perello" 4.
Il est cardinal-évêque de Porto (864), puis légat en Bulgarie et en France.
Il est excommunié par Jean VIII (872) pour avoir aspiré à l'archevêché de Bulgarie et à la Chaire de saint Pierre, pour s'être opposé à l'empereur, pour avoir quitté son diocèse sans autorisation du pape, pour avoir dépouillé les monastères de Rome, pour avoir célébré le service divin malgré une interdiction et conspiré avec certains hommes et certaines femmes afin de détruire le siège pontifical, et même pour avoir voulu livrer Rome aux Sarrasins !
Il est réhabilité en 878 à condition de ne jamais retourner à Rome ni d'exercer des fonctions sacerdotales.
Le pape Marin Ier lui rend son diocèse de Porto.
Elu pape le 19 septembre 891, il est consacré le 6 octobre.
Il annule les ordinations de Photius.
Il confirme l'archevêque Adalgar dans la possession de Brême.
Il essaie de réformer l'Église, réunissant dans ce but 4 conciles, mais ses efforts sont vains.
Homme au caractère changeant, il n’est pas toujours heureux dans ses décisions.
Il meurt le 4 avril 896.

"À partir de sa mort, dit le cardinal Hergenröther, commença pour le Saint-Siège une ère d'humiliation profonde."
En huit ans, neuf papes devaient se succéder, dominés par Algitrude (ou Ageltrude), et leurs successeurs ne purent se soustraire à son action néfaste que pour tomber sous un joug plus triste encore, celui de l'infâme Marozia.
"La papauté, dit Fliche (Chrétienté, 1. 196), n'a plus d'empereur pour la protéger, et l'aristocratie romaine... va profiter des troubles de l'Italie pour mettre la main sur la tiare
." 1

Sous l'influence de Lambert de Spolète et d'Agiltrude, Etienne VII (VI) met en jugement Formose en 897. Lors du Concile cadavérique, le cadavre est exhumé, revêtu des vêtements d'apparat pontificaux et assis sur un trône pour faire face à toutes les accusations portées autrefois par Jean VIII. Le verdict est que le défunt n'était pas digne du pontificat. Toutes ses mesures et ses actes sont annulés et les ordres conférés par lui sont déclarés invalides. Les vêtements de cérémonie pontificaux sont arrachés de son corps, les trois doigts de sa main droite (les doigts bénissant) sont coupés et le cadavre jeté dans le Tibre. On le retrouvera pris dans des filets de pêcheurs ; après la mort d'Étienne, Formose sera réenterré à Saint-Pierre. Théodore II lui organisera des funérailles solennelles après l'avoir fait réhabiliter.
Selon certains, Formose sera encore exhumé et rejugé par Sergius III en 905 : le cadavre est décapité, on lui coupe encore 3 doigts, puis on le rejette dans le Tibre où, cette fois, personne ne prendra la peine de le récupérer 2.


891. 19 septembre, élection du pape. 6 octobre, sacre du pape.

892. 30 avril, Guy III de Spolète, Empereur d'Occident, contraint Formoseà consacrer co-empereur son fils Lambert de Spolète pour l'associer à son gouvernement. Vienne sur le Rhône, deux légats du pape Formose tiennent un concile dans lequel on promulgue 4 canons contre ceux qui prennent les biens du clergé, tuent ou mutilent un clerc, fraudent les legs pieux, etc. Rollon, à la tête de guerriers Vikings, se rend maître d'Évreux. En automne, la famine fait partir la plupart des Vikings de Francie occidentale ; ils se rendent en Angleterre par Boulogne ; Alfred le Grand, ralliant tous les "Anglais libres", organise la défense méthodique de son territoire. Eudes, Comte de Paris et Charles le Simple s'opposent en France pour la couronne : le pape se prononce pour Charles.

893. 28 janvier, l’archevêque de Reims, Foulques, sacre le roi de France Charles III le "Simple" (non parce que sot, mais parce que "honnête, sincère, franc, doux, pur, convivial" 3), mais ce dernier doit fuir devant Eudes. Naissance du mouvement fatimide en Petite Kabylie chez les tribus Kutama et à l’ouest, chez les tribus Sanhadja. Nouvelles invasions danoises en Angleterre (jusqu'en 897). Visite à Brioude (Auvergne) du pape Formose.

894. Janvier-mars, appelé par Bérenger Ier de Frioul contre son compétiteur Guy III de Spolète, Arnulf de Carinthie passe en Italie à la tête de la première armée allemande : il met Bergame à sac puis soumet les villes de Lombardie avant de rentrer en Germanie pour se retourner contre Rodolphe de Bourgogne. 12 décembre, mort de Guy III de Spolète : son fils Lambert, associé à l'empire depuis 891, lui succède sous la conduite de sa mère Ageltrude, en compétition avec Arnulf de Carinthie.

895. Les Magyars, venus de l'Est, franchissent les Carpathes et s'installent en Transdanubie. Mai, concile de Tribur (Allemagne) réuni par Arnulf de Carinthie sur la création d'un état lorrain et une intervention de soutien au pape Formose (il décrit les pénitences imposées par l’Église aux pécheurs). 15 juillet, au Reichstag de Ratisbonne, Spytihnev et Vratislav Premyslide, princes de Bohême, prêtent serment de fidélité à Arnulf de Germanie et organisent l’évangélisation du pays. En septembre, sollicité par le pape Formose, l'empereur Arnulf de Carinthie commence sa seconde campagne en Italie : il prend Pavie le 1er décembre.

896. 21 février, Arnulf de Carinthie prend Rome. 22 février, Formose couronne Arnulf "empereur germanique". En mars, Arnulf échoue devant Spolète défendue par Ageltrude, la mère de son compétiteur Lambert de Spolète : frappé d'une attaque, il abandonne le siège et rentre en Germanie. 4 avril, mort du pape, frappé de paralysie.


Notes
1 www.regard.eu.org/Livres.6/Histoire.du.christianisme/Tome.3/02.html
2 www.christianisme.ch/christianisme.htm#ancre714035
3 https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_III_le_Simple
4 Voyages en Corse, à l'île d'Elbe, et en Sardaigne, 1838, Volume 1, page 155. Par Antoine Claude Pasquin Valery.

Sources


Liste des papes


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; toute reproduction à but non lucratif est autorisée.

Date de mise à jour : 04/04/2019

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