Petite histoire des vaccins et des sérums

SOMMAIRE

1. Qu'est-ce qu'un vaccin ? - Vaccins obligatoires en France
1.1 Types de vaccins - Vaccins en cours d’étude ou à l’essai
1.2 Techniques de vaccination 2. Qu’est-ce qu’un sérum ?
1.3 Histoire des vaccinations - La sérothérapie
- Jenner - Principaux sérums préventifs
- Pasteur 3. Qu’est-ce que la sérovaccination ?
- Autres vaccins 4. Citations



1. QU'EST-CE QU'UN VACCIN ?

Tout procédé qui suscite la fabrication d'anticorps par l'organisme sans induire d'infection grave est appelé vaccin.

La vaccination est l'administration d'un vaccin ayant pour effet de conférer une immunité active, spécifique d'une maladie, rendant l'organisme réfractaire à cette maladie.

Les vaccins ne s'utilisent que sur des individus sains, car il s'agit d'une méthode préventive et non curative. Dans le cas de sujets atteints, on utilise des sérums immunisants.

Le nom de vaccination vient de vaccine, infection de certains ruminants (variole de la vache), qui, transmise à l'homme, l'immunise contre la variole. En 1881, Louis Pasteur entre dans l'histoire en énonçant le principe de la vaccination, en inoculant dans l'organisme de petites doses de virus affaiblis. Il nomme vaccination sa découverte en hommage aux travaux de l’Anglais Edward Jenner, médecin et membre de la Royal Society, lequel, près d'un siècle plus tôt, inventa la vaccine, la première immunisation sous cette forme dans l'histoire. 

Le principe des vaccinations repose sur un constat simple : confronté à un agent infectieux, viral ou bactérien, l'organisme fabrique des anticorps et des cellules tueuses, qui permettent la guérison et empêchent une infection ultérieure par le même microbe.
Les cellules qui fabriquent des anticorps s'appellent des lymphocytes B, les cellules tueuses sont les lymphocytes T. Ces lymphocytes sont spécifiques d'un microbe donné, ce qui explique que l'on puisse faire plusieurs rhumes tous les ans, car il existe des centaines de virus du rhume. Heureusement, beaucoup de maladies graves sont dues à un virus ou à une bactérie unique, ou ne comportant que quelques variantes. On ne peut avoir qu'une fois la rougeole, la rubéole, la poliomyélite ou la fièvre typhoïde.

La vaccination préventive vise à stimuler les défenses naturelles de façon à prévenir l'apparition d'une maladie.

La vaccination thérapeutique (appelée aussi immunothérapie active) consiste à aider l'organisme des personnes déjà infectées à lutter contre la maladie en stimulant leur système immunitaire pour favoriser la production d'anticorps.


1.1 TYPES DE VACCINS

- Les vaccins vivants atténués sont constitués de germes (virus, batéries) vivants qui ont été modifiés afin qu’ils perdent leur pouvoir infectieux en gardant leur capacité à induire une protection chez la personne vaccinée. Ce type de vaccins est très efficace ; mais parce qu’ils contiennent un agent infectieux vivant, ils sont (sauf exception) contre-indiqués chez les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées. Les vaccins atténués, outre le risque de développer la maladie, peuvent parfois provoquer des inflammations locales, des courbatures fébriles passagères, des encéphalites (vaccin antivariolique).

- Les vaccins inactivés contiennent l’agent infectieux mort ou fragmenté. Cette méthode de vaccination est moins efficace sur le long terme et nécessite des rappels.

- Les vaccins à ARN messager (dont le principe est connu depuis plus d'une dizaine d'années) : un brin d’ARN fournit des instructions d’assemblage à nos cellules qui créent alors des protéines spécifiques à un virus, ce qui va permettre au corps humain de détecter cette protéine, de l'identifier, puis de la combattre.

- Les vaccins sous-unitaires ou à sous-unité protéique ne contiennent pas de composants vivants mais uniquement des fragments antigéniques de l’agent pathogène. Autrement dit, le vaccin va présenter uniquement une protéine spécifique, isolée de son agent pathogène. Le coronavirus possède à sa surface des pointes (des protéines virales) pour entrer en contact avec les cellules à infecter ; ces protéines peuvent être reproduites et présentées ensuite au système immunitaire pour le faire réagir. Dans le cas du coronavirus SARS-CoV-2, il s’agit toujours de la protéine Spike, présente sur sa surface.

- Le vaccin à vecteur viral ou recombinant utilise un autre virus vivant, rendu inoffensif, auquel on a greffé le code de la protéine contre laquelle on veut induire une immunité. Le virus va entrer dans la cellule et y délivrer son ADN. Cette dernière va alors convertir l’ADN du virus en ARN, puis créer les protéines du virus… en l’occurrence, celles qui ont été préalablement greffées à son génome. L’adénovirus opère donc comme une sorte de cheval de Troie. Le système immunitaire va alors détecter ces protéines et produire les anticorps adaptés. 


1.2 TECHNIQUES DE VACCINATION

Application de la toxine directement sur la peau, propulsion du vaccin sous la peau à très grande vitesse, administration par suppositoire ou spray nasal, vaccin en poudre. Des essais d’aliments vaccinants sont positifs.
Pour la majorité des vaccins, l'injection initiale doit être suivie de rappels pour que l'organisme produise et maintienne un taux suffisant d'anticorps.


1.3 HISTOIRE DES VACCINATIONS

La première forme connue d'immunisation contre une maladie est la variolisation qui consistait à pratiquer des scarifications avec des croûtelles sèches provenant de varioleux pour guérir de la variole.
Découverte anonyme, la variolisation est utilisée depuis des millénaires en Inde, en Chine et probablement aussi en Afrique.
On ignore la date exacte de sa découverte en Chine, mais on connaît le lieu de ses origines : le mont Emei, dans la province du Sichuan. Et l'on sait quand cette technique fut divulguée : lors de la mort du fils du Premier ministre frappé par la variole. Pour sauver le reste de sa famille, le Premier ministre Wang Dan (957-1027) interrogea un saint homme taoïste, lequel lui prescrivit d'introduire dans la narine du patient un bout de coton imbibé de virus de la variole.
La pratique de la variolisation est importée depuis Constantinople en occident au début du XVIIIe siècle grâce à Lady Mary Wortley Montagu.
En 1760, Daniel Bernoulli démontre que, malgré les risques, la généralisation de cette pratique permettra de gagner un peu plus de trois ans d’espérance de vie à la naissance.
Le 18 juin 1774, Louis XVI et famille royale sont vaccinés contre la variole (ce que Louis XV a eu tort de refuser puisqu’il est mort de cette maladie).

- JENNER

L'histoire des vaccinations proprement dites commence avec le britannique Edward Jenner (1749-1823).
A partir d'observations empiriques recueillies chez les paysans [(il constate que les fermiers contaminés par un virus bovin appelé vaccine (variole de la vache) ne contractent jamais la variole], il imagine une pratique systématique de la vaccination, parfaitement au point dès 1789, mais rendue publique seulement sept ans plus tard.
En 1774, l'agriculteur du Dorset, Benjamin Jesty, a réussi à induire une immunité artificielle chez sa femme et ses deux fils avec la vaccine ou Cow pox, au cours d'une épidémie de variole, en leur transférant une petite quantité prélevée sur une de ses vaches malade. D'abord très malade, tous les trois résistèrent.
Le 14 mai 1796, Edward Jenner inocule le contenu d'une pustule prélevée sur la main d'une servante atteinte de la vaccine à un garçon de 8 ans, James Phipps.


Edward Jenner

Napoléon fait vacciner ses armées en 1805, puis son fils, le Roi de Rome, âgé de 52 jours, le 11 mai 1811.

- PASTEUR

Après Jenner, dont la découverte est basée sur un fait exceptionnel (l'immunisation d'une maladie humaine par une maladie animale), Louis Pasteur (1822-1895) ouvre la véritable ère des vaccins modernes.
Il crée une méthode générale basée sur l'atténuation de la virulence microbienne.
Avant combattu avec succès, grâce à la vaccination, le choléra des poules (1880), le charbon des ovins (1881) et l'érysipèle des porcs, il s'attaque à la rage.
Le 6 juillet 1885, Pasteur vaccine l'Alsacien Joseph Meister, 9 ans, mordu si profondément par un chien enragé que les médecins l'ont condamné. Il le vaccine par injections successives de moelle épinière desséchée de lapins rabiques, réalisant ainsi le premier vaccin antirabique.

Les découvertes d'autres vaccins se succéderont ensuite rapidement.


Louis Pasteur

- AUTRES VACCINS

1880 : Louis Pasteur : vaccin contre le choléra des poules
1881 : Louis Pasteur : vaccin contre le charbon
1888 : Chantemesse et Widal (F) : vaccin contre la typhoïde
1892 : Waldemar Mordecai Hapfkine (Russie) (travaillait à l'institut Pasteur à Paris) : vaccin contre le choléra
1896 : Sir Almroth Wright (G.-B.) : vaccin contre la typhoïde
1897 : A. Yersin : vaccin contre la peste bubonique
1913 : Behring (All.) : vaccin contre la diphtérie
1921 : Albert Calmette et Camille Guérin (F) créent le B.C.G.
1923 : Gleeny (G.B.) et Gaston Ramon (F) : vaccins contre la diphtérie ; Thorvald Madsen (G.B.) : vaccin contre la coqueluche.
1927 : Pierre Descombey et Gaston Ramon (F) : vaccin contre le tétanos
1932 : A.W. Sellards et Jean Laigret (Institut Pasteur de Dakar) : fièvre jaune
1935 : Leslie Gardner (U.S.A.) : vaccin anticoquelucheux
1937 : Salk, Francis et Magill (U.S.A.) : premier vaccin contre la grippe ; Max Theiler (Afrique du Sud) : fièvre jaune (17 D, souche Carrée).
1939 : Peltier, Durieux et autres (F.) : vaccin contre la fièvre jaune
1949 : Engers, Robbin et Weller (U.S.A.) : vaccin contre les oreillons
1954 : 8 septembre, Jonas Salk (U.S.A.) met au point le premier vaccin contre la poliomyélite (découvert le 26/3/1953) ; Pierre Lépine (F) de l’Institut Pasteur met au point un vaccin antipolio le 22 novembre.
1956 : 6 octobre, Albert Sabin (U.S.A.) découvre le vaccin antipolio oral qu’il met au point le 15 février 1957
1957 : 15 février, Albert Sabin : vaccin anti-poliomyélite atténué (oral) ; laboratoire pharmaceutique allemand Behring
1960 : J. F. Enders (U.S.A.) : vaccin contre la rougeole
1962 : Weller, Neva et Parkman (U.S.A.) : vaccin contre la rubéole
1966 : Weibel, Buynach, Hillemann (USA) : vaccin anti-ourlien (oreillons). M. Takahashi (Japon) : vaccin contre les oreillons
1968 : Gotschlich (USA) : vaccin antiméningococcique C
1971 : Gotschlich : vaccin antiméningococcique A
1973/1974 : M. Takahashi (Japon) : vaccin contre la varicelle
1976 : Philippe Maupas (F) ; Maurice R. Hillemann (U.S.A.) : vaccins contre hépatite B
1978 : Austrian (U.S.A.) : vaccin pneumococcique
1979 : U. S. A. : vaccin haemophilus influenzae
1980 : Pierre Tiollais (Institut Pasteur), vaccin par recombinaison génétique contre l’hépatite B, sur cellules animales, en collaboration avec le laboratoire de C. Chany
1982 : William Rutter, vaccin par recombinaison génétique contre l’hépatite B (levure)
1986 : Mérieux (F.) : triple vaccin R.O.R (rougeole/oreillons/rubéole) ; Labo. Chiron Corp. (U.S.A.) : premier vaccin par génie génétique contre hépatite B ; commercialisation du premier vaccin utilisant un virus génétiquement modifié (vaccin dit recombinant), celui de la rage.
1987 : Eskola (Finlande) : contre la méningite des nourrissons
1989 : Wilson (Brésil) : contre la leishmaniose
1992 : Labo. Smithkline & French (U.S.A.) : premier vaccin contre hépatite A
1994 : Labo. Pasteur/Mérieux (F.) : vaccin pentavalent DTCP et Hib (diphtérie, tétanos, coqueluche, polio et haemophilus influenzae b)
1998 : Smithkline/Beecham (USA) : premier vaccin acellulaire contre la coqueluche. USA : contre diarrhées sévères de l’enfant causées par rotavirus.
1999/2000 : pentavalent amélioré (D, T, C acellulaire, P et Hib) ; hexavalent (pentavalent + hépatite B) ; méningites A et C injectable conjugué et pneumo-conjugué ; varicelle + ROR ; virus respiratoire syncitial ; choléra et typhoïde (nouveaux vaccins) ; grippe (vaccin oral)
2004 : deux vaccins contre la varicelle, le Varivax et le Varilrix, disponibles en France depuis septembre.
2006 :
- Deux vaccins anti-rotavirus (contre les gastro-entérites) sont mis sur le marché en France.
- Essai clinique satisfaisant du vaccin Cervarix, développé par GlaxoSmithKline, contre les virus de la famille des papillomavirus (HPV) de type 16 et 18, responsables du cancer du col de l’utérus.
- 23 novembre : commercialisation en France du Gardasil, vaccin préventif du cancer du col de l'utérus, par Sanofi Pasteur MSD, filiale du laboratoire français Sanofi-Aventis et de l'américain Merck
2007 :
- Au Canada, vaccin pentavalent oral à virus vivant contre la gastro-entérite à rotavirus.
- 17 avril, le groupe français Sanofi-Aventis annonce que le premier vaccin humain contre le virus de la grippe aviaire (virus H5N1) qu'il a fabriqué, a été enregistré par l'agence américaine du médicament américaine, la Food and Drug Administration
2008 : 19 mai, le laboratoire pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline (GSK) annonce avoir obtenu de la Commission européenne la première autorisation de commercialisation dans les 27 pays de l'Union européenne de son vaccin prépandémique contre la grippe aviaire (virus H5N1) : le Prepandrix
2009 : 12 novembre, début, en France, de la campagne de vaccination contre la grippe A/H1N1 dans les centres de vaccination. Le ministère de la santé a acquis 94 millions de doses de vaccin pandémique H1N1 auprès de trois producteurs.
2010 :
-
Dukoral et Shanchol/mORCVAX, deux vaccins oraux contre le choléra.
- Des chercheurs de l'Hôpital universitaire d'Anvers (UZA) et de l'Université d'Anvers ont réussi pour la première fois à développer un vaccin thérapeutique efficace contre la leucémie aiguë chez les adultes.
2012 : le 7 mai, la revue britannique The Lancet Infectious Diseases explique qu'un vaccin efficace contre la méningite B a été développé par une équipe de chercheurs menée par le Dr Peter C Richmond de l'University of Western Australia. Conduit auprès de 539 adolescents (tranche d'âge la plus à risque pour les méningites à méningocoques), les tests donnent des réponses immunitaires indiquant des protections de 80 à 100%.
2013 :
- l'UE autorise le premier vaccin (Bexsero de Novartis) contre la méningite B.
- bactérie E. coli (entéro-invasif responsable de 40% des cas de maladies) et salmonelles (agent de la salmonellose) : des chercheurs de l’Université de Cambridge ont mis au point un vaccin contre la tourista sous forme de gélule 1.
2015 :
- 6 juin, la Commission européenne autorise la commercialisation du Gardasil 9, nouveau vaccin contre les papillomavirus humains (VPH), efficace à 100% contre le cancer du col de l’utérus, de Sanofi Pasteur MSD, coentreprise entre Sanofi Pasteur, la filiale vaccin de Sanofi, et l'américain Merck.
- 10 juin, le vaccin Zostavax® (Sanofi Pasteur) pour la prévention du zona et de ses complications [chez les seniors] est autorisé en France.
- Le 27 juillet, les premiers résultats des essais cliniques d'un vaccin expérimental contre la dengue, le Dengvaxia, élaboré par le laboratoire pharmaceutique français Sanofi Pasteur sont publiés dans la revue New England Journal of Medicine (NEJM). Sanofi Pasteur va déposer d'ici fin décembre des demandes d'autorisation du Dengvaxia pour 20 pays.
- Le 31 juillet, la revue médicale britannique The Lancet publie une étude selon laquelle le premier vaccin contre le virus Ebola, le vaccin VSV-ZEBOV, développé par l'Agence de la santé publique du Canada (dont la licence est détenue par les laboratoires américains NewLink Genetics et Merck) et testé en Guinée sur plus de 4 000 personnes, s'est révélé à 100% efficace.
Selon les résultats de l'essai publiés le 23 décembre 2016 dans The Lancet, l'Organisation mondiale de la santé ne cache pas son optimisme après la publication des résultats d'essais sur le vaccin rVSV-ZEBOV, contre l'une des souches d'Ebola, réalisés en Guinée l'an dernier avec le ministère de ce pays et des partenaires internationaux. Parmi les quelque 6 000 personnes qui ont reçu ce vaccin, aucune n'a contracté la maladie, contre 23 cas dans le groupe des non vaccinées. Ce vaccin contre Ebola est déployé le 21 mai 2018 en République démocratique du Congo (RDC). Le 19 octobre 2017, l'Administration chinoise des médicaments et des aliments approuve un vaccin contre Ebola se présentant sous forme posologique lyophilisée élaboré par l'Institut de bio-ingénierie de l'Académie chinoise des sciences médicales militaires et CanSino Biotechnology Inc. Les autorités sanitaires de la République démocratique du Congo (RDC) introduisent un deuxième vaccin expérimental Ebola, fabriqué par la filiale belge de Johnson & Johnson, avec le soutien du programme de recherche européen Horizon 2020. La Commission européenne autorise, le 11 novembre 2019, la mise sur le marché de ce vaccin, l'Ad26-ZEBOV-GP.
- Le 25 novembre, l'Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) homologue une nouvelle indication pour un vaccin contre le charbon (anthrax).
2016 :
- Le 4 avril, le groupe pharmaceutique français Sanofi lance son programme public de vaccination contre la dengue aux Philippines, une première mondiale pour son produit Dengvaxia. Il est ensuite homologué au Mexique, au Brésil et au Salvador.
- Le 1er mai, la Food and Drug Administration (USA) approuve la vente du vaccin contre la dengue pour les enfants de 9 à 16 ans ayant déjà contracté le virus et vivant dans des territoires à risque, comme les îles américaines de Porto Rico dans les Caraïbes, ou Guam dans le Pacifique. L'Union européenne a approuvé en décembre 2018 ce vaccin, mais également seulement pour les personnes ayant déjà été infectées par le virus. Contrairement aux Américains, les Européens l'ont autorisé aux personnes jusqu'à 45 ans. Le vaccin vient d'être interdit aux Philippines.
- En juillet, au sein du bio-incubateur d'Eurasanté à Lille, Vaxinano met au point le premier vaccin contre la toxoplasmose.
2020 : le SRAS causé par un virus appartenant à la famille des coronavirus, le SARS-CoV-1 : vaccins chinois et américain ; le candidat-vaccin de l’Institut Pasteur n’a pas été expérimenté chez l’homme car, quand il fut prê̂t, l’épidémie était heureusement terminée et il n’y avait plus de patients sur lesquels le tester.
2020/2021 :
- la Covid-19 (nouveau coronavirus SARS-CoV-2) :
Le vaccin contre la Covid-19 Pfizer-BioNTech (Comirnaty), développé par l'américain Pfizer et Biontech.
La société biotech américaine Moderna présente son vaccin mRNA-1273, basé sur la technologie ARN.
L'américain Johnson & Johnson et le belge Janssen Pharmaceutica lancent deux essais cliniques de leur vaccin Janssen composé d'un adénovirus modifié (vaccin à vecteur viral).
La biotech américaine Novavax développe un vaccin dit "sous-unitaire" recombinant ; le coronavirus possède à sa surface des pointes (des protéines virales) pour entrer en contact avec les cellules à infecter ; ces protéines peuvent être reproduites et présentées ensuite au système immunitaire pour le faire réagir.
L'Allemagne, la France, l'Italie et le Pays-Bas signent un accord avec le laboratoire anglo-suédois AstraZeneca/Oxford (Covishield) pour garantir la fourniture à l'Union européenne de 400 millions de doses du vaccin contre la Covid-19 le ChAdOx1 nCoV-19 (ou AZD 122), le Vaxzevria, vaccin à vecteur viral qui prend comme support un autre virus, en l’occurrence, un adénovirus de chimpanzé qui a été transformé et adapté pour combattre le virus.
Le français Sanofi, associé au britannique GlaxoSmithKline (GSK) et à l'américain BARDA (Biomedical Advanced Research and Development Authority), cherche à développer un vaccin à protéine recombinante produite par une cellule dont le génome a été transformé par recombinaison génétique.
Le laboratoire Valneva, franco-autrichien, basé à Nantes, a choisi de développer un vaccin à virus inactivé baptisé VLA2001.
Le 18 mai 2021, le laboratoire britannique GSK et la société biopharmaceutique canadienne Medicago annoncent des résultats positifs intermédiaires d'un essai clinique de phase 2 pour leur candidat-vaccin contre le Covid-19. GSK et le laboratoire allemand CureVac tentent par ailleurs de mettre au point conjointement un vaccin à ARN messager contre les nouveaux variants du coronavirus avec l'espoir d'être prêts pour 2022. GlaxoSmithKline travaille également sur trois traitements potentiels contre le Covid-19 et mène une collaboration en stade précoce avec SK Bioscience, une société coréenne qui a reçu des fonds du CEPI et de la fondation Bill and Melinda Gates pour développer des vaccins différenciés, bon marché contre le Covid-19 qui seraient distribués mondialement à travers le système covax vers les pays en développement. GSK va par ailleurs mettre en flacon 60 millions de doses du vaccin "sous-unitaire" à base de protéines mis au point par l'américain Novavax à destination du Royaume-Uni.
L'Institut Pasteur travaille sur un traitement administré par voie nasale ; par ailleurs, si l'institut a abandonné ses projets autour du vaccin anti-Covid basé sur celui de la rougeole, elle poursuit ses recherches sur un second vaccin par ARN messager.
En Chine, les doses produites par les entreprises Sinovac Biotech (CoronaVac, vaccin inactivé) et Sinopharm font partie des projets les plus avancés dans le monde ; Sinopharm lance deux projets de vaccins (dont 1 inactivé) ; CanSino Biological développe Ad5-nCoV, conjointement avec l'armée, un vaccin à base d'adénovirus (vaccin à vecteur viral).
La société indienne Bharat Biotech lance le recrutement de près de 26 000 personnes pour son COVAXIN (vaccin inactivé).
En Russie, produit par le Centre Gamaleï d'épidémiologie et de microbiologie et la société Binnopharm, le vaccin Spoutnik V (vé) utilise deux adénovirus transformés pour combattre la Covid-19 ; contrairement à Pfizer et BioNTech qui utilisent l'ARN messager, la Russie a choisi la solution du vaccin vectorisé (vaccin à vecteur viral).
La Commission européenne approuve un contrat avec la société pharmaceutique allemande (vaccin CureVac, type ARN, le CVnCoV) qui prévoit l'achat initial de 225 millions de doses pour le compte de l'ensemble des États membres de l'UE, ainsi que la possibilité de demander jusqu'à 180 millions de doses supplémentaires, une fois que ce vaccin se sera révélé sûr et efficace contre la COVID-19 après la phase 3 des essais cliniques.
L'Union Européenne envisage de signer un contrat avec l'entreprise pharmaceutique Novavax (sise dans l'État du Maryland aux États-Unis) pour un vaccin protéïque, le NVX-CoV2373.
A Cuba, 4 candidats-vaccins basés sur une protéine recombinante, sont en préparation : Soberana (souveraine) 1 et 2, Abdala (du nom d'un poème du héros national José Marti) et Mambisa (du nom des femmes cubaines ayant lutté pour l'indépendance au XIXe siècle). Les trois premiers sont administrés par injection, le quatrième par spray nasal.

- VACCINS OBLIGATOIRES EN FRANCE

La Ligue nationale pour la liberté des vaccinations, créée le 8 juillet 1954, considère l’obligation d’un acte médical (tel que le vaccin) comme une atteinte aux libertés individuelles.
La loi du 4 mars 2002 consacre le principe d'un droit au consentement aux soins. L'article L 1111-4 CSP dispose en ce sens qu'aucun acte médical, ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne et le consentement peut être retiré à tout moment.
Au-delà des cas d’urgence, où le médecin peut se passer du consentement, la loi permet, dans des situations exceptionnelles, de passer outre le consentement de la personne, en imposant des actes médicaux. Le législateur peut ainsi définir une politique de vaccination obligatoire et donc s’affranchir du consentement des personnes afin de protéger la santé individuelle et collective. 
Onze vaccins sont obligatoires en France (Loi du 30 décembre 2017). Il s’agit des vaccinations contre la diphtérie, le tétanos,  la poliomyélite, la coqueluche, les infections invasives à Haemophilus influenzae de type b, l’hépatite B, les infections à pneumocoque, les infections invasives à méningocoque de sérogroupe C, la rougeole, les oreillons et la rubéole. Ces vaccinations sont pratiquées, sauf contre-indication médicale reconnue, dans les 18 premiers mois de l’enfant et sont exigibles, pour l’entrée ou le maintien en collectivité, pour tout enfant né à compter du 1er janvier 2018. (Décret n° 2018-42 du 25 janvier 2018 relatif à la vaccination obligatoire)
Le fait, par le père ou la mère, de se soustraire, sans motif légitime, à ses obligations légales au point de compromettre la santé, la sécurité, la moralité ou l'éducation de son enfant mineur est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30.000 euros d'amende. L'infraction prévue par le présent article est assimilée à un abandon de famille pour l'application du 3° de l'article 373 du code civil. (Code pénal - Article 227-17)

- VACCINS EN COURS D'ETUDE OU A L'ESSAI

Ils concernent :
- maladie de Lyme transmise par les tiques
- colibacilles impliqués dans les cystites et infections urinaires (vaccins en cours d’expérimentation chez l’homme),
- herpès et mononucléose (virus Epstein-Barr) : plusieurs vaccins antiherpétiques testés chez l’homme,
- cytomégalovirus (vaccin en cours de développement),
- maladie d’Alzheimer (les malades vaccinés ont manifesté une amélioration de leurs fonctions cognitives),
- tabagisme : vaccin (thérapie génique) contre l'addiction à la nicotine,
- drogue (cocaïne),
- obésité (testé sur des souris aux Etats-Unis),
- acné (cette pathologie touche entre 75 à 95% des adolescents et des jeunes adultes des deux sexes, testé sur les souris,)
- peste : un candidat vaccin a été breveté en 2014 (Institut Pasteur)
- lèpre,
- caries dentaires (administré par spray),
- certains diabètes (testé chez les souris),
- prion (des chercheurs de l’Université de New York sont parvenus à retarder l’apparition d’une maladie à prion chez des souris)
- etc.

Le 4 janvier 2012, la revue scientifique Science Translational Medicine révèle qu'une équipe de chercheurs français a mis au point un vaccin expérimental contre le VHC (hépatite C) et qu'une étude de phase 1 (la première étape d’un parcours de trois à franchir) vient de montrer qu’il induisait une réponse immunitaire soutenue des lymphocytes T (un premier bon point) et la production de cytokines contre le VHC.
Le traitement de l'hépatite C a connu un tournant radical en 2014 avec l'apparition des antiviraux d'action directe approuvés par Santé Canada. Grâce à ces molécules, capables de détruire le virus en quelques semaines, l'hépatite C est devenue la seule maladie virale chronique à pouvoir être guérie.

Des chercheurs français ont mis au point un vaccin contre un des allergènes les plus rencontrés chez les patients asthmatiques : les premiers résultats encourageants doivent désormais être confirmés chez l’Homme, des essais en ce sens sont en préparation. (Sciences et Avenir.fr 03/04/2012).
Une équipe de scientifiques a mis au point un vaccin, efficace chez la souris, qui induirait une protection contre l'asthme allergique et ce, avec des effets durables (Futura Santé 13/05/2021).

Selon un communiqué commun de Pasteur et de l'Inserm en date du 17 avril 2012, des chercheurs de l'Unité de régulation immunitaire et vaccinologie (Institut Pasteur/Inserm) ont réussi à modifier le génome du bacille responsable de la tuberculose pour en obtenir une souche non virulente chez la souris.

Le 8 mai 2012, est publiée, dans la revue Fontiers of Immunology, une étude des chercheurs de l'Université de la Colombie-Britannique au Canada selon laquelle un vaccin universel contre la grippe pourrait prochainement voir le jour ; les spécialistes, sous la direction du professeur John Schrader, ont découvert que le vaccin contre la grippe H1N1 développé en 2009 induirait la production d'anticorps pouvant s'attaquer à plusieurs variantes de la grippe.
Selon Science du 2 novembre 2018, un simple spray nasal suffirait à vous protéger efficacement contre les différents virus de la grippe en circulation : une sorte de vaccin universel en quelque sorte. C'est du moins ce qu'envisagent des chercheurs après être parvenus à produire des anticorps artificiels qui protègent les souris contre une soixantaine de souches du virus de la grippe.

Le 16 mai 2013, Frédéric Tangy de l’institut Pasteur, qui travaille à l’élaboration d’un vaccin contre le virus du chikungunya, déclare à Janlou Chaput de Futura-Sciences que la France, alors que la Réunion était frappée par le chikungunya dans les années 2005 et 2206, a finalement chargé l’Insermet l’institut Pasteur de rentrer en contact avec les Américains qui ont déjà essayé de développer un vaccin. "Mais le virus vaccinal, qui n’avait subi qu’une quinzaine de passages sur cellules pour atténuation, au lieu des 150 à 200 habituellement nécessaires, n’était pas exploitable. Alors on a cessé de suivre cette piste". D’autres chemins ont été empruntés. Actuellement, plusieurs laboratoires à travers le monde courent après ce vaccin, et quelques-uns ont entamé les essais cliniques.
Le 15 août 2014, la revue médicale britannique The Lancet publie une étude selon laquelle un vaccin prometteur contre le virus du chikungunya, mis au point par des chercheurs américains, a été testé pour la première fois chez l'homme.
Le 22 février 2021, la biotech franco-autrichienne Valneva annonce le lancement d'une étude sur l'homogénéité des lots de son candidat vaccin contre le chikungunya, actuellement dans la dernière phase des essais cliniques.

Le 5 août 2013, le groupe pharmaceutique Sanofi annonce le lancement d'une étude de phase III de son vaccin contre la bactérie clostridium difficile responsable d'infections nosocomiales.

Le 8 août 2013, Stephen Hoffman, P.D.G. de Sanaria, le laboratoire qui a développé ce vaccin avec des financements de l'Institut national américain des allergies et des maladies infectieuses (NIAD), le Naval Medical Center et d'autres organismes aux États-Unis, en Europe et en Afrique annonce des résultats très prometteurs et sans précédent de l'essai clinique d'un vaccin contre le paludisme.
Le 8 septembre 2013, le groupe pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline (GSK) qualifie d'encourageants les essais du Mosquirix (aussi appelé RTS S), son vaccin expérimental antipaludisme. Le 24 avril 2017, un programme pilote est annoncé à Nairobi : il sera mené au Kenya, au Ghana et au Malawi, trois pays ayant participé à de précédents tests à plus petite échelle du Mosquirix mis au point par le géant pharmaceutique GSK en partenariat avec l'ONG Path malaria vaccine initiative. Le Mosquirix agit contre le plasmodium falciparum, la variante la plus mortelle du parasite responsable du paludisme, mais il n'est pas parfait (39% de succès). A partir du 23 avril 2019, le Malawi teste le Mosquirix à grande échelle.
Dans un communiqué du 18 juillet 2016, des chercheurs de l'Institut Pasteur, du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) expliquent avoir mis au point un vaccin expérimental, testé avec succès sur des souris qui ont été protégées de toutes les formes de paludisme pendant plus d'un an.
Le 23 avril 2021, l’université d’Oxford annonce que son candidat vaccin contre le paludisme R21/Matrix-M a démontré une efficacité jusqu’ici inégalée de 77% lors d’essais en Afrique.
Le 6 octobre 2021, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande le déploiement massif du premier vaccin antipaludique (vaccin RTS,S/AS01, développé par les laboratoires GlaxoSmithKline en partenariat avec l’organisation PATH) chez les enfants vivant en Afrique subsaharienne et dans les zones à risque. À savoir que d’autres candidats vaccins contre le paludisme sont actuellement testés. L’un d’entre eux, développé par des chercheurs de l’Université d’Oxford, a montré une efficacité de 77% dans les premiers essais cliniques, menés auprès de 450 enfants au Burkina Faso ; c’est le seul vaccin antipaludique à dépasser l’objectif de l’OMS, fixé à 75% d’efficacité d’ici 2030. Des essais à plus grande échelle, impliquant 4800 enfants, sont en cours dans quatre pays.

Le 28 juin 2016, la revue scientifique Nature publie l'étude dirigée par le professeur d'Harvard Dan Barouch selon lequel une seule injection de l'un ou de l'autre des deux vaccins élaborés offre une protection complète contre le virus zika chez la souris, ce qui suscite l'optimisme pour un vaccin humain.

Le 15 octobre 2016, Sciences et Avenir annonce qu'une équipe de chercheurs de l'université Johannes-Gutenberg et de la société de biotechnologie BioNTech à Mayence (Allemagne) a mis au point un traitement vaccinal permettant d'éliminer n'importe quel type de tumeur cancéreuse en dopant le système immunitaire du patient.
Fin janvier 2017, la revue Science Translationale Medicine publie une étude des chercheurs de l'Université de Stanford, aux États-Unis : cette étude montre que l'injection de deux agents immunostimulants directement dans la tumeur permet de cibler et de détruire les cellules cancéreuses. Ce traitement combiné provoque une réponse immunitaire et peut être facilement administré par injection, d'où la qualification par les scientifiques de vaccin contre le cancer, même si ce n'en est techniquement pas un. Jusqu'à présent testé sur les souris, il va prochainement faire l'objet d'essais cliniques sur l'homme.

En novembre 2016, des chercheurs du Centre de vaccinologie Cochin-Pasteur à Paris annoncent qu'ils vont tester un vaccin contre le virus respiratoire syncitial responsable des bronchiolites du nourrisson.

Le 7 juillet 2018, le virologue Dan Barouch fait état d'un progrès encourageant avec un vaccin expérimental contre le sida qui a provoqué une réaction immunitaire chez des humains et protégé des macaques de l'infection. Le développement de ce potentiel vaccin, sûr pour l'homme, est maintenant suffisamment avancé pour lancer un test sur 2 600 femmes en Afrique australe.
Les vaccins mis à l'étude pour lutter contre le sida se sont pour l'instant tous avérés être des échecs, ou du moins n'ont pas les vertus curatives, mais restent protecteurs, comme dans le cas du RV144 développé par un laboratoire thaïlandais ou le HVTN702 conçu par des chercheurs sud-africains.

Dans un article posté sur Twitter le 8 août 2019, le Journal of Allergy and Clinical Immunology annonce que des chercheurs de l’université de Zurich ont trouvé un vaccin contre les allergies aux chats. Ce vaccin permettra de lutter contre la principale source d’allergie aux chats : la Feld 1. Présent sur son pelage, dans sa salive et dans ses larmes, cet allergène est responsable des éternuements, yeux rouges et asthme, cauchemar des 10% de la population occidentale allergique aux chats. Mais plutôt que de traiter les humains, les chercheurs ont développé un remède qui diffuse des anticorps neutralisant la protéine présente chez le chat.

Le 12 août 2019, la revue The Lancet Infectious Diseases annonce que l’équipe du Dr Sonya Abraham (Imperial College London), est en train de développer le premier vaccin contre l’infection à chlamydia (ou chlamydiose) due à la bactérie chlamydia trachomatis, maladie sexuellement transmissible qui peut rendre stérile, et a obtenu des premiers résultats prometteurs qui montrent que ce vaccin est sûr et capable de provoquer une réponse immunitaire.


2. QU’EST-CE QU'UN SERUM ?

LA SEROTHERAPIE

Le sérum, obtenu en prélevant le sérum sanguin d'un être malade ou vacciné (sérum qui contient les anticorps), permet d'agir, soit à titre préventif, soit à titre curatif, contre de nombreuses maladies, ainsi que contre des morsures ou des piqûres d'animaux venimeux, en fournissant à l'individu contaminé des anticorps protecteurs nécessaires.

La sérothérapie est l’utilisation thérapeutique de sérums animaux ou humains riches en anticorps. C’est un apport passif d'anticorps spécifiques, puisqu'elle n'agit que par les anticorps du donneur et n'amène pas le receveur à en fabriquer.

La sérothérapie est notamment utilisée dans le cas d'une intoxication ou d'une envenimation par piqûre de serpent ou de scorpion.

Le principe de la sérothérapie est formulé par Charles Richet et Jules Héricourt en 1888. Le 6 décembre 1890, à l'Hôtel-Dieu de Paris, le physiologiste français Charles Richet injecte du sérum à un tuberculeux : c'est la première injection de sérum dans un but thérapeutique.

La sérothérapie se développe à la fin du XIXe siècle avec le traitement de la diphtérie par des injections de sérum de cheval hyperimmunisé avec de faibles doses de toxine diphtérique : l'injection au cheval, dans des conditions déterminées, du germe ou de la toxine antigénique, suscite l'apparition d'anticorps dans son sang, à partir duquel on prépare le sérum.

Le cheval est longtemps resté la principale source des sérums utilisés en thérapeutique antidiphtérique, antitétanique, antibotulique et antigangréneuse.

Ce type de sérum, dit hétérologue car provenant d'une autre espèce, est abandonné du fait des accidents allergiques qu'il risque de provoquer.
De nos jours, on administre de préférence des gammaglobulines Fab’2 ou Fab (fragments d’immunoglobulines purifiées), d'origine humaine, utilisées notamment contre les hépatites virales A et B et les maladies contagieuses de l'enfance (oreillons, rubéole, varicelle) ; c’est l’immunothérapie.

Les immunoglobulines spécifiques ont perdu de leur intérêt thérapeutique du fait des progrès de la vaccination et de l'antibiothérapie, mais elles sont encore utilisées dans le traitement de la diphtérie, du botulisme et des envenimations (en Europe, essentiellement contre le venin des vipères).

Les immunoglobulines polyvalentes peuvent, quant à elles, rendre de grands services dans la prévention des infections en cas de brûlures étendues, en complément d'une antibiothérapie.

Le sérum doit être administré dès que le diagnostic de la maladie est établi ou immédiatement après l'envenimation (piqûre de serpent, par exemple). Il est généralement injecté par voie sous-cutanée ou intramusculaire.

PRINCIPAUX SERUMS PREVENTIFS

- antidiphtérique : Emile Roux, Louis Martin et Auguste Chaillou (1894)

- antitétanique : découvert en 1890 par Behring, Kitasato, Roux et Vaillard (anatoxine)

- antipesteux : découvert en 1894 par le Français d'origine suisse Alexandre Yersin

- anticharbonneux : découvert en 1895 par l'Italien A. Sclavo et le Français E. Marchoux

- anticholérique : découvert en 1896 par le Français Roux, le Russe Metchnikoff et l'Italien Salimbeni.

Il existe aussi des sérums anticoquelucheux, antibotulique, antigangréneux, antivenimeux, etc.


3. QU’EST-QUE LA SEROVACCINATION ?

C'est l'immunisation, contre un germe ou une toxine, par une injection associant un sérum immun et un vaccin.

Le sérum immun (ou antisérum) apporte, par les anticorps qu'il contient, une immunité immédiate ou quasi immédiate, mais de courte durée, contre le microbe ou la toxine, alors que le vaccin confère une immunité de longue durée mais s'établissant plus tardivement.

La sérovaccination s'utilise principalement pour prévenir le tétanos chez un blessé qui n'est pas vacciné ou qui n'a pas reçu ses injections de rappel.


4. CITATIONS

Les vices entrent dans la composition des vertus, comme les poisons entrent dans la composition des remèdes. (La Rochefoucauld 1613-1680)

La santé n’est qu’un mot, qu’il n’y aurait aucun inconvénient à rayer de notre vocabulaire. Pour ma part, je ne connais que des gens plus ou moins atteints de maladies plus ou moins nombreuses, à évolution plus ou moins rapide. (Jules Romains 1885-1972)

La médecine a fait depuis un siècle des progrès sans répit, inventant par milliers des maladies nouvelles. (Louis Scutenaire 1905-1987)

On est passé d'un médecin sans médecine à une médecine sans médecin. (Jean-Paul Coudeyrette, Autocitations)



Note
1 http://pourquoi-docteur.nouvelobs.com/Un-vaccin-contre-la-tourista-bientot-disponible-2867.html

Sources


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; reproduction interdite sans l'autorisation de l'auteur.

Date de mise à jour : 09/10/2021

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